L'e-mail

En lisant le message, les larmes ne tardent pas à couler et j’appelles aussitôt ma mère, je suis prise ! Je sautille de joie, ma mère a du mal à me comprendre, tellement j’en bafouille, puis il lui faut un temps pour encaisser la nouvelle.

C’est génial, le premier pas est fait !

Ensuite il faut fixer une date de départ. Mes études finissent fin août, si je me prends un mois pour tout organiser, je pourrais partir début Octobre 2019.

Puis il faut calculer les coûts, trouver un logement, m’inscrire concrètement à cette école. Pour se faire je me rends à Colmar, où mon contact français et un représentant de l’école m’invites à leur rendre visite lors d’un salon sur le Japon, où je pourrais remplir mon dossier d’inscription. Se rendez-vous est prit après de nombreux échanges d’e-mails.

 

Je réserve mon billet de train aller-retour, je préviens mon école de ma future absence (je vais devoir rattraper les heures), j’imprime mes billets, ceux pour le train et celui pour le salon. En plus de tout ça, je me trouve une auberge de jeunesse, pour ne pas avoir à me presser, ne sachant pas combien de temps j’aurais à attendre, combien de temps va mettre mon inscription officielle et Colmar reste assez loin.

Une fois que tout ceci est organisé, je commence à lister les questions que je pourrais poser à mon école. Combien sommes-nous par classe ? Avez-vous déjà accueilli des étrangers ? Quelles tenues puis-je mettre ? …

En attendant le jour de mon déplacement je mets tout le monde à contribution, ne voulant oublier aucune question pertinente. Dans un même temps je continue mes cours de japonais, demandant quelques conseils à ma professeure : Comment s’incliner ? Comment se présenter dans cette situation ? Carte de visite, ou pas ? …

Un peu plus tard j’en crée une avec l’aide d’une amie et je les imprime sur un papier acheté à cet effet, ne sachant pas serait le plus approprié, je reste sur du classique, papier blanc, légèrement cartonné.

Une fois tout ceci en place, j’attends le jour du rendez-vous, tout en réfléchissant à ce que j’allais mettre dans mon sac.

 

Dans le train, j’admire le paysage, comme à mon habitude, tout en me demandant ce que ça va donner. Je suis impatiente et un peu nerveuse à la fois.

Une fois descendu je sors le plan qui me guidera de la gare jusqu’au salon. Le trajet se fait sans encombre.

Une fois arrivée à destination et donné mon billet d’entrée, je me procure un dépliant montrant tous les emplacements et comment s’y rendre.

Je me dirige, un peu nerveusement, jusqu’à celui que l’on m’a indiqué par mail, curieuse et anxieuse à la fois.

 

C’est ma première rencontre avec des japonais, donc j’ai peur de mal faire, ou mal dire quelque chose.

Heureusement je retrouve là-bas la personne à qui appartient le stand et qui a fait le lien entre l’école japonaise et moi.

C’est avec lui que je parle en premier et comme tout se passe bien, cela me rassure un peu.

Viens ensuite le moment fatidique des présentations, je dis : « はじめまして (Enchantée) ルシです (Je m’appelle Lucie)。 », en m’inclinant (probablement trop) et j’ajoute en me redressant « よろしくおねがいします (il n’y a pas d’équivalent français, mais on peut le traduire par « Soyez bienveillant, s’il vous plaît »)。 », le tout en parlant probablement trop vite et pas assez fort.

Je finis mon petit speech en tendant à deux mains ma carte de visite et je renouvelle l’opération à chaque nouvelle personne que l’on me présente, faisant un petit impair en oubliant une fois de donner ma carte, n’ayant pas du tout ce genre de reflexe, mais on ne sembla pas m’en tenir rigueur, une fois que l’oubli fut réparé et ils se montrèrent tous gentils.

J’eus la chance qu’il se trouve une interprète sur le stand, ce qui facilita grandement nos échanges.

Je pus également voir pour la première fois, du Maki-e (prononcé makié), c’est de la poudre d’or collée sur de la laque, à l’aide de laque. L’étudiante présente qui nous faisait la démonstration, nous invita à participer en passant un outil fin, en forme de baguette fine, au bout duquel se trouve une dent de dorade. Avec lui, il faut gratter légèrement l’or avec le dos de la dent, pour faire briller ce dernier. L’effet est assez saisissant.

Pouvoir participer concrètement à une activité qui doit ensuite devenir mes études, me fit très plaisir et m’émerveilla un peu. Ravie j’écoute avec attention les explications de la jeune femme, ayant hâte d’apprendre cet artisanat japonais.

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