Y croire

Quand j’avais sept ans

Les histoires de chevaux me transportaient

J’y croyais dur comme fer

Je me voyais devenir pégase

Et courir dans les cieux

J’étais un oiseau heureux

J’avais des ailes dans la tête

Ancrées au corps, gravées dans la chair

Invisibles, je m’envolais à tire d’aile

Dans les livres, dans les films

Les dessins animés, je les vivais

Rien n’était impossible

Et si y avait des preuves pour réfuter

Je les envoyais parler au diable

J’y croyais, tutoyais les étoiles

Et j’ai grandi, les mots adultes

Impossible, t’y arriveras pas

Les pégases, ça n’existe pas

Ont rangé mes ailes dans un placard

Au milieu des vieux dessins, des natures mortes

Mes rêves ont commencé à prendre la poussière

Et alors que je pleurais mon âme

Fontaine à souffrance

Terne la vie, je déteste qui je suis

C’est l’adolescence, ma tendre amie

C’est forcément difficile

Faut devenir une adulte

Et dans cette folle entreprise

Des luttes pour ne pas devenir

J’oublie l’essentiel…

J’ai oublié où j’ai mis la clé

La place de l’interrupteur

J’ai oublié mon placard

Et mes rêves à l’intérieur

Au final, j’ai grandi

Avec mes regrets en bandoulière

Le vide trouant mon dos

Le cœur atrophié d’avoir bobo.

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Pluma Atramenta
Posté le 11/12/2021
Mais Prupru... :,) Pour moi, les "vrais" adultes sont ceux qui ont gardé leur âme d'enfant ; et ce n'est pas (uniquement) parce que j'ai trop lu *Le Petit Prince* que je dis ça. Grandir ne devrait pas être vu comme une douloureuse prise de conscience car aujourd'hui encore (et bien des années après ce commentaire) tu pourras toujours voler.
Tu voleras, tu voyageras encore à travers les mots, les livres, les films...! comme tu le dis si bien. Rien n'est perdu et devenir adulte ne doit en aucun cas signifier "se conformer" aux désirs d'une société. (capitaliste avec ça...)

Alors vole, Prudence ! Vole encore ! ne regrette pas... Tout est encore à ta portée, si l'on regarde bien - et les nuages ne seront jamais trop hauts pour une grande âme comme la tienne <3
Et si jamais tes ailes se fauchent, si jamais tu ne parviens plus, un jour, à t'envoler... eh bien... Je ne demande qu'une chose : que si tu ne voles plus, que nous, au moins, nous le fassions encore grâce à tes mots.

Amitiés,
Pluma.
Prudence
Posté le 12/12/2021
Quel message, Pluplu <3 J'ai les mots qui s'amoncellent, mais je ne trouve pas les bons afin de rédiger une réponse à la hauteur de ton commentaire... Tes mots sont réconfortants et je te dis merci, vraiment. Merci. Je garderai ton message précieusement pour me souvenir, ouvrir les yeux quand les doutes reviennent.
J'ai écrit ce poème pour éviter de finir comme cette version narratrice. Effectuer une embardée afin de s'en éloigner, de ne pas perdre ses ailes, ou de les retrouver ; reprendre ses rêves là où on les a laissés ; contrer les mots "impossible", "irréversible" et "tu ne peux pas", des mots qu’on ne prononce pas mais qui nous hantent, nous habitent, s'insinuent en nous jusqu'à nous priver de notre libre arbitre !
Je suis heureuse que ce poème ait trouvé résonance, écho. Je t’envoie des câlins virtuels et des petites ailes de papier pour les amener à bon port. Même sous la pluie.
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