Vers l'infini et la Sibérie

Par Neila
Notes de l’auteur : Et voilà le dernier chapitre du stock ! Pour la suite, va falloir attendre un petit peu. Je pense continuer à écrire et poster les chapitres par paquets de cinq. è.é Promis, je vais essayer de ne pas trop traîner.
Bonne lecture !

On a quitté la banlieue et couru jusqu’à la grand-route avec une seule idée en tête : mettre le plus de distance possible entre nous et le Chevalier noir. Un camion est apparu à l’angle de la rue et Sacha a bondi dessus. Je l’ai suivie. La seconde d’après, on se laissait tomber à travers le conteneur. On s’est retrouvés dans le noir, couchés sur un amoncellement de cartons plastifié, le nez à dix centimètres du plafond. Les émanations du combat nous parvenaient d’ici, semblables aux grondements d’un terrible orage qui vibrait dans mes os et me hérissait le poil.

— Cache ta présence, vite ! m’a lancé Sacha, et je me suis empressé de faire disparaître ma cape et ma faux.

D’un coup, j’ai eu l’impression que mes membres se changeaient en plomb. Mes muscles et mes articulations irradiaient de douleur et ma cervelle semblait avoir triplé de volume.

Le souffle court, on est restés figés dans la pénombre, tous les sens en alertes. Étendue près de moi, Sacha avait gardé son revolver, auquel elle se cramponnait comme une noyée à sa branche. On a attendu, même après que l’orage se soit tu : trente secondes, une minute, cinq minutes, dix minutes…

Pas de Chevalier. Pas de lance meurtrière. On était vivants.

Remballant son arme et sa cape, Sacha a roulé sur le flanc et rampé tout au fond du camion. Là, elle s’est laissée glisser dans l’espace libre entre la porte et les marchandises. Je suis venu m’asseoir en face d’elle.

On est restés silencieux un bon moment, recroquevillés chacun dans notre coin, les bras autour des genoux, ballottés par les cahots de la route. Je n’étais généralement pas amer face à l’échec : ça faisait partie de la vie et arriver dernier en cours d’éducation sportive ou à une interro ne m’avait jamais attristé. Mais là, la défaite était cuisante. On s’y était mis à trois, et le Chevalier nous avait balayés. Tout ce qu’on avait réussi à faire, c’était fuir. Le pire, c’était que notre rencontre avait peut-être coûté la vie à la faucheuse d’Afrique du Nord.

Après une bonne demi-heure passée à nous morfondre, j’ai fini par briser le silence.

— Tu crois qu’elle s’en est tirée ?

Il faisait trop sombre pour que je puisse décrypter l’expression de Sacha, mais le temps qu’elle a mis à répondre laissait peu de doute sur ses pensées.

— On le saurait, si son âme avait été détruite… on le sentirait.

— Mais pas si elle était juste… morte ?

Cette fois, elle n’a pas répondu du tout. L’image de la jeune femme agonisante dans une ruelle d’Assiout s’est imposée à moi et mon sang s’est glacé malgré la chaleur étouffante.

— On aurait pas dû la laisser, ai-je soufflé tout bas.

— Tu plaisantes ? T’as vu ce qu’il lui a fait ?

Sa voix tremblait. Je comprenais sa frayeur. J’avais beau découvrir la vie de faucheur et ses règles, voir la lance du Chevalier faire saigner l’Africaine avait ébranlé quelque chose en moi. Des certitudes que je ne savais même pas avoir.

— Comment c’est possible ?

— C’est pas possible, a rétorqué Sacha. Les esprits peuvent pas infliger de blessures physiques – pas directement en tout cas. Même les armes des faucheurs peuvent pas trancher la chair…

— Peut-être que c’est une vraie arme ?

— Une arme normale se briserait net contre ta faux ou mes balles. Pour résister à nos armes, sa lance et son armure doivent forcément être faites d’âme…

Une présence familière a soudain envahi le conteneur.

— Fichtre diantre, quel est cet endroit exigu ? Sommes-nous dans une carriole ?

— Hervé !

Sacha, qui avait bondi sur ses pieds, s’est rassise avec un grommellement. Dans la pénombre, Hervé était aussi visible qu’une lune dans un ciel noir. Il s’est installé dans les cartons : littéralement à travers. Sa tête surmontée de son chapeau à plume dépassait au sommet et ses jambes croisées émergeaient entre moi et Sacha, où sa sandale à fleur se balançaient gaiement. J’étais sacrément heureux de le retrouver.

— J’ai eu peur que tu sois resté coincé dans le train.

— Oh… il se trouve que le canasson du diable m’en a éjecté à grands coups de sabots. J’ai bien cru ma dernière heure arrivée une seconde fois ! Mes plus plates excuses pour mon absence prolongée… qu’ai-je manqué ?

— Trois fois rien, a lâché Sacha. On a failli se faire zigouiller par la cinglée de faucheuse d’Afrique du Nord, puis l’autre psychopathe en armure s’est pointé avec tout un car de squelettes.

— Par Saint George !

On a raconté en détail à Hervé tout ce qui s’était passé. À l’évocation des blessures que l’arme du Chevalier avait infligées à la faucheuse d’Afrique du Nord – Azraël, comme on l’appelait apparemment dans le milieu – Hervé s’est écrié d’un ton théâtral :

— Ah ! J’aurais dû vous mettre en garde ! Vos prédécesseurs ont eux-mêmes goûté à cette étrange lame – forgée par le Diable, si vous voulez mon avis. Un des mystères qui entourent le Chevalier.

Une chance qu’Hervé soit déjà mort, ou Sacha l’aurait certainement attrapé par son short bouffant pour le jeter sous les roues d’une voiture.

— Tant qu’on y est, il y a d’autres détails super vitaux que t’as oublié de nous partager ? a-t-elle grondé.

— Eh bien… a commencé Hervé, sans saisir le reproche. Oh ! Ce n’était qu’une supposition de Sam, mais il soupçonnait le Chevalier de rapiner les souvenirs des faucheurs, non seulement pour les diminuer, mais aussi pour s’approprier leur pouvoir.

— Comment ça ?

— Ah… je ne parle point des pouvoirs que vous avez en commun et que même le plus élémentaire des esprits possède, mais de facultés propres à chaque faucheur. Voyez-vous, à force de réincarnation et d’expérimentation, il se trouve que certains d’entre vous ont cultivé des compétences uniques. Si je ne m’abuse, la capacité de Dame Sacha à faire taire son âme au point de se rendre indétectable, de même que son extrême sensibilité aux esprits, sont des dons qui lui sont tout à fait propres.

— Sans blague ? a fait Sacha. C’est pourtant pas si compliqué… j’aurais cru que tous les faucheurs pouvaient le faire.

— Loin s’en faut !

Et dire qu’elle n’avait pas arrêté de m’engueuler parce que je n’y arrivais pas…

— Le Chevalier, lui, peut le faire… a marmonné Sacha. Je le sens pas arriver.

— Oui ! s’est exclamé Hervé. Mais cela n’a pas toujours été le cas ! Les premières fois que Sam s’est confronté au Chevalier, il ne semblait point jouir de cette faculté. Après votre renaissance ratée, cette corde s’est néanmoins ajoutée à son arc.

— Il aurait appris ça dans mes souvenirs ? L’enflure !

— Et moi ? ai-je demandé avant d’avoir pu m’en empêcher. J’ai un pouvoir spécial ?

— Oh oui, et point des moindres ! Pour être honnête, je n’en croyais pas vraiment la rumeur avant de rencontrer Sam… De tous les faucheurs, dit-on, tu es le seul capable de visiter l’au-delà.

La nouvelle a laissé planer un silence. Sacha a ricané.

— C’est pas franchement utile, ça. Qui a envie de se promener dans l’au-delà ?

— Bah… je sais pas… ça te rend pas curieuse, toi ?

Je me demandais bien à quoi ça pouvait ressembler, et ce qui arrivait aux esprits qu’on envoyait là-bas. Sacha n’a pas partagé mon intérêt. Elle a haussé les épaules et enchaîné :

— Et pour les autres ?

— Les autres ? a répété Hervé, candide.

— Les autres comme nous, à qui l’autre cinglé a volé les souvenirs !

— Oh, eh bien… Izanami, le faucheur japonais, est connu pour sa capacité à dompter les esprits. L’Australien, je confesse ne pas savoir. Quant au faucheur mongol, ma foi… est-ce lui qui aurait acquis la flexibilité d’un serpent ?

L’image d’un Genghis Khan plié en arrière façon contorsionniste, la tête entre les jambes, s’est imposée à moi.

— Alors le Chevalier a utilisé les pouvoirs d’Izanatruc pour invoquer la fourgonnette-fantôme, a déduit Sacha.

— Et les squelettes ? ai-je demandé. Qu’est-ce qu’ils sont, au juste ? Quand la faucheuse d’Afrique du Nord, euh… Azraël les a vus, elle a parlé de nécropsie… ?

— Nécromancie, a corrigé Hervé, avant de plaquer une main sur sa bouche, comme s’il venait de proférer un juron.

— C’est le truc qui ressuscite les morts ?

— Que nenni ! La nécromancie est un art obscur qui permet de communiquer avec les morts et d’animer les cadavres, mais il n’est point question de résurrection. Il s’agit tout bonnement de lier un esprit à un corps vide – dans un état de putréfaction plus ou moins avancé –, ce afin d’animer la dépouille.

Il avait expliqué tout ça d’un air pincé, qui suintait le dégoût.

— Je vois, a fait Sacha. Avec cette combine, il peut rendre n’importe quel esprit dangereux, et en plus, ils peuvent rester sur le plan des vivants à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

— Tout à fait, a acquiescé Hervé en se caressant la barbichette. Les esprits sont bien entendus capables de posséder de leur propre chef des objets ou des corps depuis longtemps dénués d’âme, mais ils s’en trouvent vite éjectés sans l’aide d’un nécromant.

— Alors le Chevalier serait un nécromant ? ai-je demandé.

— Hum… je ne puis dire. Les nécromants sont des vivants qui ont appris à manipuler les morts à l’aide de rituels de mauvais goût, mais ils ne possèdent pas de pouvoirs à proprement parler.

Cette déclaration nous a tous laissés songeurs. Entre son arme et ses pouvoirs, le Chevalier était décidément un vrai mystère.

— J’ai l’impression qu’il veut plus que simplement nous exterminer, a soudain dit Sacha, et j’ai senti son regard peser sur moi. Qu’est-ce qu’il t’a fait ?

Instinctivement, je me suis frotté la tempe en grimaçant. Ma cervelle palpitait encore de douleur.

— Je suis pas sûr. Il a posé sa main sur mon front et mes souvenirs se sont mis à défiler… Je crois qu’il était dans ma tête. Qu’il cherchait quelque chose.

— Quoi ?

J’ai haussé une épaule :

— Je sais pas trop, mais… quand je rêvais que j’étais Sam, j’avais parfois le sentiment que je protégeais quelque chose d’important.

D’un même mouvement, on s’est tourné vers Hervé, qui était aussi dans l’expectative.

— Allô Hector ? s’est impatientée Sacha. Ça te dit rien ?

Hervé a sursauté dans ses cartons, puis rajusté son chapeau pour se redonner contenance.

— Je confesse ne pas avoir connaissance de l’affaire. Sam n’a jamais rien évoqué de la sorte en ma présence, j’en ai bien peur.

— Super. Un vrai duo de champions.

J’ai grimacé un sourire d’excuse tandis qu’Hervé toussotait dans son poing, tout plein d’embarras. Le plus frustrant, c’était que j’avais l’impression d’avoir la réponse sur le bout de la langue. J’ai essayé de me creuser les méninges, mais rien à faire. Elle me glissait entre les doigts comme un morceau de savon.

— Je comprends pas, a lâché Sacha. Si Sam a caché quelque chose, le Chevalier devrait déjà savoir où trouver ce truc : il a les souvenirs de tes vies antérieures !

— Hum… ai-je fait, pensif.

Tout à mes réflexions, je me suis soudain demandé :

— Qu’est-ce qui se passe si un faucheur meurt avant sa renaissance, en se faisant écraser par une voiture ou quelque chose ? Et si le successeur est même pas né ? Est-ce que les souvenirs et les pouvoirs sont… perdus ?

— Grand Dieu, non. Dès lors qu’un faucheur décède, son successeur vient immédiatement au monde – s’il n’est pas déjà né – et les pouvoirs, ainsi que les souvenirs, finissent par retrouver d’eux-mêmes le chemin jusqu’au faucheur. Le processus peut néanmoins prendre du temps. Plusieurs mois, voire quelques années pour les pouvoirs. Quant aux souvenirs, il faut parfois plusieurs vies pour qu’un faucheur se les réapproprie dans leur intégralité ! D’où l’intérêt pour vous de transmettre directement pouvoirs et souvenirs à votre prochaine incarnation.

C’était bon à savoir.

— Sam s’est retrouvé dans ce cas de figure, a ajouté Hervé.

— Tu veux dire que… ?

— Son prédécesseur est mort avant l’heure. Autrichien, il me semble. Il s’est un peu trop mêlé aux histoires des vivants. C’était durant cette épouvantable Seconde Guerre mondiale… Toujours est-il que tu as été exécuté par les vivants. Après cela, Sam a dû repartir de zéro. Ses pouvoirs se sont éveillés alors qu’il grandissait, mais il n’a pas immédiatement compris quel usage en faire. Le moment était particulièrement mal choisi pour rater ta renaissance, la guerre ayant produit des masses d’esprits errants !

— Tu t’es fait descendre par des vivants ? a relevé Sacha. La honte !

Du moment que j’avais été dans le bon camp de l’Histoire, je ne voyais pas ce que ça avait de honteux. Je me suis laissé aller contre la paroi du camion. Ça me réconfortait un peu de savoir que Sam avait été dans le même cas de figure que moi : ces responsabilités, ces pouvoirs, et pas de mode d’emploi. Ç’avait même était pire pour lui, puisqu’il avait dû reprendre le flambeau dès sa naissance et seul, sans Sacha ni Hervé pour le guider. S’il avait pu le faire… si j’avais pu le faire, alors je pouvais le refaire.

Armé d’une détermination nouvelle, j’ai demandé :

— On doit être assez loin d’Assiout maintenant, non ?

Sacha s’est résignée à sortir sa carte, dont les détails nous apparaissaient aussi clairement qu’Hervé malgré l’obscurité. Le blanc du papier et le bleu de l’encre fluoresçaient et les points blancs et noirs qui représentaient les esprits errants brillaient comme des petits soleils.

— On dirait bien qu’on roule vers le nord, a-t-elle remarqué.

— Mince. Va falloir qu’on trouve un autre moyen de transport.

On s’était penchés sur la carte pour l’examiner et, à cette distance, j’ai pu voir ses lèvres se pincer.

— Je crois qu’on devrait laisser tomber l’idée de contacter les autres, a-t-elle dit de but en blanc.

Ça m’a tant surpris que je n’ai pas réagi. Elle a dû prendre mon silence pour un reproche, car elle s’est aussitôt enflammée :

— C’est du suicide ! Si le Chevalier a deux brins de jugeote, il aura deviné qu’on cherche à rejoindre l’ancêtre faucheur…

— Le faucheur originel, a corrigé Hervé, mais Sacha l’a royalement ignoré.

— Il va nous attendre à la frontière, c’est obligé !

— Ben… la frontière est vaste… ai-je objecté.

— Il a une armée de morts à son service ! Des morts qu’il peut même invoquer en plein jour ! Et puis réfléchis… même si on arrivait à lui passer sous le nez et à trouver l’ancêtre, ça finirait comme avec Azraël. Tout le monde pense que c’est toi qui as fauché l’Indien.

Mon cœur a raté plusieurs battements et l'air m'a manqué, comme si je venais à nouveau de recevoir un coup de khépesh. Hervé a aussitôt pris ma défense.

— D’injustes accusations ! Sam était allé trouver l’Indien en quête d’assistance. Le Chevalier l’a lâchement frappé par derrière !

Comme il l’avait fait avec Azraël. Avoir la confirmation qu’il s’agissait d’un malentendu aurait dû me rassurer, pourtant, j’avais toujours ce malaise au creux du ventre.

— Ouais ben en attendant, c’est sa tronche que tout le monde a vue quand l’Indien a calanché, a fait remarqué Sacha. Aucun des autres faucheurs voudra nous faire confiance.

Ses paroles ont remué quelque chose, une chose que Sam avait dite avant de mourir.

— Hervé… ai-je commencé. Pendant qu’on se battait, Azraël nous a traités de « prématurés ». Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Oh. C’est ainsi que vous nommez les faucheurs étant renés avant l’heure.

— Parce qu’il y a une heure ?

— Fort bien. Vois-tu, les faucheurs sont programmés pour vivre une soixantaine d’années. Si tout se déroule comme mère nature l’entend, le successeur est alors âgé de quinze ans lorsque le prédécesseur vient le trouver pour effectuer la renaissance.

Sacha et moi, on est resté silencieux. Du haut de mes douze ans, ça paraissait lointain ; c’en était pas moins bizarre de s’entendre annoncer qu’on était nés avec une date de péremption. D’un autre côté, on ne mourait pas vraiment, on se réincarnait. Je ne savais pas encore si ça me rassurait. Concrètement, qu’est-ce qu’il resterait de moi dans ma prochaine vie ? Qu’est-ce qu’il restait de Sam, aujourd’hui ? Ignorant les questions qui me taraudaient, Hervé a continué sur sa lancée :

— Lorsqu’un faucheur se voit obligé d’exercer sa fonction avant ses quinze printemps, l’on parle alors de faucheur prématuré.

— Pourquoi cette question ? a demandé Sacha, qui sentait bien que j’avais quelque chose derrière la tête.

— Sam m’a dit de trouver les autres prématurés, ai-je expliqué.

Alors que je l’énonçais à haute voix, je réalisais à quel point c’était censé.

— Eux aussi ont perdu les souvenirs de leurs vies antérieures, ils nous feront confiance !

Sacha n’a pas partagé mon enthousiasme.

— Ça nous avancerait à quoi ? L’idée c’était de réunir les faucheurs expérimentés, pas de monter une équipe de bras cassés !

— Ben… entre toi, moi, l’Australien, le Japonais et le Mongole, on serait quand même cinq.

— Cinq fois zéro, ça fait toujours zéro, a-t-elle rétorqué. Sans compter que ça va nous prendre une éternité de tous les retrouver. Tu te rends pas compte… même avec ma capacité à sentir les âmes de loin, il m’a fallu des mois avant de réussir à te mettre la main dessus.

— Mais... qu’est-ce que tu voudrais qu’on fasse ?

— Je crois qu’on devrait essayer de retrouver nos souvenirs, a-t-elle déclaré. Avec nos souvenirs, on saurait à nouveau maîtriser tous nos pouvoirs. On pourrait se déplacer et aller trouver les autres faucheurs en un clin d’œil, on pourrait tenir tête au Chevalier !

Je me suis abstenu de lui faire remarquer que, même en pleine possession de ses pouvoirs, Azraël s’était pris une raclée.

— En plus, en retrouvant tes souvenirs, tu sauras peut-être enfin ce que l’autre boîte de conserve te veux. C’est peut-être la clef de tout !

Sur ce point, je n’ai pas trouvé d’argument pour la contredire.

— C’est pas que je veux pas récupérer les souvenirs qu’il nous a volés, ai-je commencé, mais… on sait pas où ils sont.

Mais Sacha avait bien réfléchi à la question.

— Je connais quelqu’un qui pourrait nous renseigner : Baba Yaga.

— Baba… quoi ? ai-je bredouillé.

— C’est un très vieil esprit russe. Elle sait tout ce qui se passe dans le monde des morts. Si on a de la chance, elle répondra à nos questions.

— Si on a de la chance ?

Sacha a haussé les épaules.

— C’est un mauvais esprit. D’après les contes, soit elle te vient en aide soit elle essaye de te dévorer.

— D’accord.

— C’est pour ça que je le propose que maintenant. C’est un pari un peu risqué, mais étant donné la situation, je pense que c’est notre meilleure chance.

Et moi, je restais convaincu qu’on aurait dû chercher les autres prématurés et tenter d’unir les faucheurs, mais quelque chose me disait que Sacha ne dévirait pas de son plan. Si j’insistais, elle était capable de partir de son côté, ce qui ferait passer notre petite équipe de trois à deux. J’ai rendu les armes – après tout, peut-être qu’elle avait raison.

— Il va falloir qu’on aille en Russie alors ?

— Oh, magnifique ! s’est exclamé Hervé avant que Sacha ait pu dire quoi que ce soit. Où allons-nous ? Saint-Pétersbourg ? Moscou ? Peut-être pourrons-nous apercevoir la cathédrale Basile-le-Bienheureux ?

— C’est ça, et on pourrait aller à l’opéra et manger un Stroganov ! s’est exclamé Sacha en mimant l’enthousiasme d’Hervé.

— Vraiment ?

— Non, a-t-elle répondu, en retrouvant sa sécheresse habituelle. Calme tes ardeurs, Victor. On va pas à Moscou. On va en Sibérie.

Ça l’a aussitôt refroidi.


 

Puisque le camion dans lequel on s’était invités filait déjà en direction du nord, on a décidé de rester à son bord jusqu’à ce qu’il arrive à destination ou dévie de sa route. On en a profité pour finir nos provisions et faire un somme. Couchée au sommet des cartons plastifiés, Sacha s’est endormie en quelques secondes et s’est mise à siffler du nez. Malgré la fatigue, je n’ai pas réussi à trouver le sommeil tout de suite – une première. Chaque fois que je fermais les yeux, je revoyais Azraël qui me crachait au visage :

« Ce ne serait pas la première fois que tu prends sur toi de détruire l’un d’entre nous. »

— Hervé ? ai-je appelé à voix basse pour ne pas réveiller Sacha.

— Hum ?

Contre toute attente, il était toujours là, sa tête pointant hors des cartons comme si on l’avait décapitée.

— Hier, t’as dit qu’avant l’apparition du Chevalier noir, il était déjà arrivé deux fois dans l’Histoire que des faucheurs soient détruits par d’autres faucheurs… est-ce que tu sais de qui il s’agissait ?

— Navré, mais je l’ignore. Ces événements sont survenus bien avant ma naissance et ma mort.

— Au quatorzième siècle, par exemple ?

Hervé a observé le silence, puis dit :

— Quelque chose te préoccupe.

— Azraël a dit que j’avais fauché le faucheur américain au quatorzième siècle, ai-je avoué, les yeux rivés au plafond.

— Si c’est bien le cas, je ne doute pas une seconde que tes raisons eussent été nobles.

J’ai grimacé. Je ne voyais pas vraiment ce qui pouvait justifier ce genre d’acte. Hervé a soupiré.

— Il ne sert à rien de te tracasser sur les affaires du passé. C’était il y a fort longtemps, dans une autre vie et à une autre époque.

— T’as sûrement raison…

— Tâche de trouver le sommeil à présent. Ah ! que ne donnerais-je pour en faire de même !

Un bras calé sous la tête, j’ai roulé sur le côté et fait de mon mieux pour chasser le malaise qui me grignotait les entrailles. Hervé me conseillait d’oublier le passé, mais Sacha et moi faisions justement route vers nos souvenirs. Et plus j’en apprenais, moins j’avais envie de les récupérer. Combien de squelettes est-ce que j’allais découvrir dans mes placards ? Le Chevalier noir avait l’air de m’en vouloir tout particulièrement, et peut-être qu’il avait raison.

Quand la fatigue m’a finalement emporté, j’ai fait un rêve. Je n’en ai pas gardé grand-chose, seulement quelques bribes : de gros nuages d’orage, une pluie fine qui me caressait le visage, la lumière du soleil couchant et, au loin, un arc-en-ciel. J’ai tendu la main pour l’atteindre… puis je me suis aperçu qu’on m’observait. Un petit garçon chauve en tenue de moine bouddhiste me regardait, totalement déplacé dans le décor.

— C’est toi qui avais raison, Thanatos… Il est temps…

Le ronron du moteur s’est coupé et j’ai rouvert les yeux. L’espace d’une seconde, j’ai continué à voir le visage du garçon, à dix centimètres du mien. J’ai poussé un glapissement de surprise. Sacha s’est réveillée en sursaut et sa tête a cogné le plafond du conteneur dans un « bang » retentissant. Le visage s’était déjà estompé, comme une image rémanente. J’ai battu des cils et me suis frotté les yeux, perplexe. J’avais déjà vu l’esprit de ce petit moine, juste avant qu’on embarque dans l’Orient Express… et voilà qu’il s’invitait dans mes rêves, maintenant ? Soit j’étais hanté, soit mon cerveau déraillait.

— Qu’est-ce qui se passe ? a rugi Sacha.

— Euh… Je crois qu’on est arrivé, ai-je éludé.

J’étais presque sûr qu’elle se moquerait de moi ou s’énerverait si je lui parlais du petit moine, deux réactions que je préférais éviter. De toute façon, je n’avais pas perçu d’animosité ou de danger, au contraire. Qui qu’il soit, je crois qu’il essayait de me dire quelque chose.

Hervé n’était plus là, mais je ne me faisais pas de souci, je savais qu’il reviendrait à un moment ou à un autre. Recroquevillée entre les cartons et le plafond, Sacha a fait apparaître sa carte et l’a dépliée entre nous.

— On est à Suez.

— Oh, cool. J’ai toujours voulu voir le canal.

— Si tu continues, je te jette dedans…

L’oreille aux aguets, on a attendu que quelqu’un vienne ouvrir l’arrière du camion. On aurait pu se rendre invisible, voire traverser le conteneur, mais Sacha a jugé que ce n’était pas utile. Quand les portes ont pivoté, on s’est contentés de bondir au-dehors et de courir aussi vite que possible. Enfin, aussi vite que possible sans avoir recours à nos pouvoirs de faucheur, ce qui m’a paru terriblement lent. On était toujours plus rapides que le type qui nous a poursuivis en beuglant. Il s’est arrêté après quelques mètres, à bout de souffle, et on l’a finalement semé.

On a ralenti après avoir quitté la zone industrielle dans laquelle notre taxi nous avait déposés. La nuit était tombée. La montre de Sacha indiquait dix-neuf heures.

— Et maintenant ? ai-je demandé, alors qu’on avançait entre les pâtés de maisons, sous les halos des lampadaires. Comment on va faire pour aller en Russie ?

— Pourquoi ne pas reprendre le train ? a alors lancé Hervé, qui marchait derrière nous comme s’il avait toujours était là. Un carrosse ? Il doit bien y avoir quelques transports fantômes dans ces contrées ?

— Ce serait l’idéal, a grommelé Sacha, mais on est pas à l’abri de se faire à nouveau vendre… On peut pas faire confiance aux esprits errants.

Hervé a ouvert la bouche en « O » et porté la main à son cœur :

— Vos paroles me blessent profondément, ma Dame.

— Arrête avec tes « ma Dame », on croirait que j’ai quarante ans.

— D’un certain point de vue, vous avez plus d’une fois mille ans d’âge.

Sacha s’est retournée dans un élan de chat prêt à mordre et Hervé a bondi de côté pour se cacher derrière moi. Il avait beau me dépasser de trois têtes, quand il le voulait, il pouvait se faire vraiment tout petit. J’ai pouffé de rire, ce qui m’a valu à moi aussi une œillade noire.

— Si on peut pas prendre les transports fantôme, alors quoi ? ai-je demandé avant que Sacha se décide à me mettre un coup de boule. On trouve la gare et on s’incruste dans un train de vivants ?

Une moue ennuyée s’est peinte sur son visage et elle a laissé son regard et ses pensées dériver.

— Ça va nous prendre une éternité de regagner Irkoutsk avec les transports des vivants… ou alors…

Ses prunelles se sont éclairées.

— Toi qui aimes les motos et tout ce qui roulent, tu saurais faire ce truc qu’on voit dans les films, où le type démarre une voiture en bidouillant les câbles ?

— Euh… ouais, je connais la théorie, mais ça marche que sur les vieux modèles. Les voitures d’aujourd’hui sont trop sécurisées.

— Là, par exemple…

Elle a pointé quelque chose dans mon dos et je me suis retourné. Il y avait un supermarché et tout un tas de voitures garées devant.

— Lesquelles tu pourrais faire démarrer ?

— Hum… la Peugeot, juste là. Peut-être la Fiat, mais… euh… Sacha ?

Elle avait enjambé le muret qui nous séparait du parking et s’est avancée vers la 205. Comprenant soudain où elle voulait en venir, je me suis dépêché de la rattraper, Hervé flottant dans mon sillage.

— Tu vas quand même pas… ?

Elle s’est assurée que personne ne faisait attention à nous puis, ni une ni deux, elle est passée en mode faucheur, a traversé la portière et l’a ouverte de l’intérieure.

— Diantre ! a fait Hervé.

Comme je restais planté à côté de la voiture, à la regarder avec des yeux ronds, Sacha s’est exclamée :

— Reste pas là comme un radis, monte !

C’était ça, ou partir en courant. Résultat, j’ai plongé dans l’habitacle et fermé la portière en vitesse tandis qu’Hervé se glissait sur la banquette arrière avec un empressement égal.

— C’est le moment de briller, a fait Sacha, sur le siège passager.

— T’es sûre que c’est une bonne idée ?

J’ai eu droit au regard qui tue.

— T’en as une meilleure ?

— Euh…

— Alors au boulot !

— Je veux bien, mais il va me falloir un tournevis et une pince…

Sacha a soupiré, mais alors qu’elle s’apprêtait à sortir pour filer au magasin, je me suis souvenu que j’avais déjà tout ça.

— Attends.

Elle est retombée contre le dossier de son siège. J’ai pris une inspiration et fait apparaître ma cape sur mes épaules. Sans tarder, j’ai fouillé la poche intérieure et en ai tiré tout ce qui pouvait être utile : outils, porte-clés lampe torche et chewing-gum.

— Ah, ça, a soupiré Hervé avec une note d’affection, tu ne vas jamais nulle part sans ce bric-à-brac.

Une chance que Sam et moi ayons les mêmes passe-temps. Enfin, ce n’était pas vraiment de la chance, puisque nous étions censés être la même personne. Tous les objets que je venais d’aligner sous le pare-brise me donnaient une douce impression de déjà vu, alors que je ne les avais encore jamais utilisés.

— Ça va ? ai-je demandé après avoir remballé ma cape. Personne nous a repérés ?

J’étais tellement préoccupé que je n’ai pas réalisé tout de suite que j’avais revêtu la cape sans matérialiser ma faux.

— Détends-toi, a fait Sacha en roulant des yeux. À part Harvey, y a pas d’esprit errant à moins de dix kilomètres à la ronde, et puis bon… c’est pas en restant le cul vissé sur ton siège que tu vas te faire remarquer. Les vivants, en revanche, y vont pas tarder à nous tomber dessus.

— Qui est donc ce Harvey ? a relevé Hervé.

J’ai déballé un chewing-gum que j’ai commencé à mâcher, puis j’ai basculé la tête sous le volant. Sacha m’éclairait avec la lampe tandis qu’Hervé gardait un œil sur le parking. Debout sur la banquette, le buste en travers du capot, il prenait son rôle de vigie très au sérieux.

— Voilà qu’une dame quitte le magasin ! Ne paniquez point, elle se dirige vers son carrosse pour y ranger ses denrées. Ah ! serait-ce des bananes que j’aperçois ?

— Super… préviens-nous si les bananes se dirigent par ici.

Armé de mon tournevis, j’ai enlevé le cache et tiré le faisceau de fils qui menaient à la batterie, à l’allumeur et au démarreur. J’avais beau être en train de voler une voiture dans un pays étranger, entre le sentiment de familiarité que me procurait la mécanique et les commentaires d’Hervé, l’anxiété s’est vite envolée. J’ai dénudé l’extrémité des fils à l’aide de la pince, connecté celui du contacteur à celui de la batterie et entouré les tourtereaux de chewing-gum. Méthode MacGyver. Après ça, j’ai rebasculé en position assise et frotté le fil du démarreur à celui de la batterie. Le moteur s’est allumé et j’ai aussitôt donné un petit coup d’accélérateur pour éviter qu’il cale.

— Génial ! s’est écrié Sacha. En avant !

— Euh, calme-toi. Faut encore que je m’occupe du neiman.

— Le quoi ?

— Une sécurité qui bloque le volant. Passe-moi le cruciforme…

Il m’a fallu encore quelques minutes pour en venir à bout, mais j’en suis venu à bout.

— Et voilà ! me suis-je exclamé en français.

De retour dans l’habitacle, Hervé a applaudi comme si je venais de leur jouer un tour de magie et Sacha a poussé un cri de triomphe tout en me bourrant l’épaule. On était en train de s’esclaffer comme une joyeuse bande de demeurés quand on a remarqué le type. Planté devant la voiture, deux sacs de courses dans chaque main, il nous observait avec des yeux ronds – enfin, moi surtout, Sacha et Hervé étant tous deux invisibles.

Une seconde, on est restés figés comme des biches prises dans des phares. Puis Sacha a hurlé « Fonce ! Fonce ! », Hervé a glapi « Prenons la guérite ! » et j’ai crié « Aaah ! », puis j’ai enclenché la première. J’ai appuyé sur l’accélérateur et braqué le volant, taillant un short au type qui a lâché ses courses. La Peugeot est sortie de la place de parking en bousculant sa voisine, mais l’homme a eu le temps de se ruer sur la portière passager pour l’ouvrir. Pas de chance pour lui, il y avait une Sacha de ce côté. Elle s’est couchée sur le dos et a aplati sa Converse sur le pif du monsieur qui est retombé les quatre fers en l’air. Elle a claqué la portière et on a quitté le parking au son des « Juste ciel ! » et des klaxons.

Jaillissant à fond de train sur la route, j’ai failli emboutir une voiture, puis un lampadaire… Finalement, j’ai redressé la barre et la Peugeot a filé droit. Le silence est retombé. Affalé sur la banquette arrière, Hervé s’éventait avec son chapeau. Sacha m’a regardé, je l’ai regardée, puis on a éclaté de rire.

— Je ne vois pas ce qu’il y a d’amusant, a fait Hervé. Nous aurions pu nous faire molester !

Il avait raison. En soi, voler une voiture n’avait rien de drôle – à ne pas refaire chez vous – mais les nerfs nous lâchaient.

— T’aurais dû voir… ta tête ! a hoqueté Sacha, les larmes aux yeux.

— Quoi ma tête ? ai-je renvoyé en gloussant comme un âne.

Elle s’est lancée dans une imitation peu flatteuse, s’agitant sur un volant invisible, la bouche et les yeux grand ouverts. J’ai ri de plus belle, ce qui n’a pas amélioré ma conduite.

Sortir de Suez n’a pas été une mince affaire. Sacha peinait à lire sa carte et moi à suivre la route, ce qui nous a valu de tourner en rond un bon moment. Finalement, on a réussi à se calmer et à quitter la ville sans se faire arrêter.

Je ne savais pas si courir après nos souvenirs était la solution à nos problèmes, mais j’étais heureux de ne pas être tout seul dans cette galère. Quoi qu’on décide, le plus important, il me semblait, était qu’on reste ensemble.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Elka
Posté le 08/02/2021
Tu ne m’en voudras pas si je fais un commentaire général pour les derniers chapitres ?
Mais. Quel. Plaisir. !!
J’ai, avec les Faucheurs, le même plaisir qu’avec DP. J’enchaîne les chapitres, je suis en phase avec le héros, je ris, je me laisse surprendre… Tes romans, Nene, j’aurais adoré les lire quand j’étais ado. Mais tu aurais alors supporté des dessins IMMONDES et des fanfic abominables… C’est peut-être bien que je les découvre aujourd’hui, du coup 8D
Je dis « quand j’étais ado » mais c’est plutôt pour souligner le fait que je n’aurais aucune difficulté à en recommander la lecture à des moins de vingt ans. J’aurais le sentiment de filer une vraie perle, tant imaginative que scripturale ♥
Ce cher Enzo est si chou et fun ! Son ton, sa gentillesse ; ça en fait un personnage avec lequel il est très facile de se connecter. J’aime aussi beaucoup le naturel avec lequel il accepte ce qu’il vit… Comme tu l’as bien écrit, c’est une chose qu’on accepte aussi sans tiquer.
Voyager à bord d’un train fantôme ? No big deal, surtout qu’il est beau.

« — C’est un mauvais esprit. D’après les contes, soit elle te vient en aide soit elle essaye de te dévorer.
— D’accord. »
J’ai tellement ri XD
Sacha est vraiment super aussi. On a beau dire que les Faucheurs se méfient naturellement les uns des autres, elle l’a cherché et le protège autant qu’elle le charrie. Enzo pense qu’elle se serait barré s’il avait refusé d’aller voir la Baba Yaga… Mais je suis pas certaine qu’elle l’aurait fait comme ça, sur un haussement d’épaule. Ils vivent un peu la même épreuve, ça doit être rassurant de juste avoir quelqu’un.
Tu vas rire mais j’avais pas du tout envisagé qu’ils fondent une ligue de Faucheurs Justiciers Prématurés. Du coup tu m’as vachement hyppé et j’espère que la Baba-Yaga dira à Sacha que l’idée d’Enzo était bonne.
Il y a des trucs bizarres autour de Thanatos. Isa a mentionné l’aspect autrichien, y a cette histoire de meurtre du Faucheur américain… Et tu n’aimes pas les héros tout blanc ou tout noir… T’as même tendance à aimer les héros qui ont un lien avec le côté obscur, non ? En tout cas je pense que toute cette histoire offre une véritable renaissance à Thanatos, une possibilité de tourner le dos à des erreurs… Pas très jouasses.
Mais on va garder cette hypothèse dans un coin.
Pour le trop plein de combat, je me demande si ça vaudrait pas le coup de raccourcir l’affrontement avec la Faucheuse Africaine, avant l’arrivée du Chevalier. Que le vrai combat de fou, ce soit avec lui. Et en ce qui concerne le fait de voir les deux filles affronter les squelettes, ce n’était pas un manque pour moi : on est concentré sur Enzo, et on sait déjà comment elles se battent (pas besoin de les voir pour savoir qu’elles ont tout déchiré hehe)
Néanmoins : un grand bravo pour ces longs combats hyper bien écrits !

En conclusion, je vais dire un truc avec lequel tu vas pas être d’accord, mais que je pense très très sincèrement et qui m’a particulièrement frappé en enchaînant ces derniers chapitres : t’as rien à envier à Rick Riordan. Tes histoires, leur rythme, ta plume, tes persos… Y a franchement peu à redire, et c’est un plaisir de te lire à chaque fois !
Neila
Posté le 23/03/2021
Je veux bien ne pas t’en vouloir si tu ne m’en veux pas d’avoir mis une éternité à te répondre. x’D J’ai trop le démon en plus, j’avais commencé à écrire une réponse et puis… j’sais pas, je l’ai perdue. :’(
Mais. Mer. Ci.
Je ne savais pas que DP était une unité de mesure du plaisir. Enfin, tu m’en vois ravie. ❤ Honnêtement, je ne crache pas sur les dessins immondes et les fanfics abominables :p (tant que c’est dans le respect de mes petits personnages…). Qu’est-ce que t’écrirais, comme fanfic ? Par curiosité. :p
Un jour, faudrait quand même que j’essaye de faire lire mes histoires à des moins de 20 ans pour voir ce que ça donne. J’écris de la jeunesse, mais je me rends compte qu’il n’y a aucun jeune (sans vouloir traiter mes lecteurs de vieux fossiles) qui me lit. O.O Je vais aller alpaguer des petits enfants à la sortie des écoles…
Moh, merci pour ce cher Enzo. ❤ Je suis contente que la facilité avec laquelle il accepte ce qui se passe ne paraisse pas juste surréaliste. Ça m’embêterait qu’on pense que c’est une facilité de « roman jeunesse ». En vrai, j’avais juste envie de changer un peu du héros qui n’accepte jamais la situation du premier coup et vois ce qui lui arrive de façon dramatique (j’ai ma dose avec Hayalee…).
Merci pour Sacha ! Ahah, t’es bien optimiste, quand tu crois que Sacha n’abandonnerait pas Enzo s’il ne va pas dans son sens. C’est sûr que ça la rassure de pas être seule dans la mouise, pis y a une raison qui fait qu’elle est venue trouver Enzo en particulier… cela dit, Sacha est quand même une indécrottable solitaire, alors va savoir.
Une ligue de faucheurs justiciers prématurés, ptdr ! J’adopte le nom de groupe. Ou plutôt les faucheurs vengeurs prématurés, tiens. Ben écoute, s’il y a des surprises, c’est bien. :p J’espère réussir à te surprendre tout en étant à la hauteur de ta hyppe.
« Un truc bizarre avec Thanatos »… lol. Bah, il a vécu longtemps, ça paraîtrait bizarre qu’il se trimbale aucune casserole. Mais. J’aime aussi les héros pures comme des licornes. De temps en temps, ça fait du bien. ❤ Surtout quand ils sont dans un univers très noir. Enfin, je m’égare. Seule la suite nous dira ce qu’il en est pour Enzo (encore faut-il que je l’écrive, ah ah).
Raccourcir le combat avec l’Africaine, je rajoute ça dans les possibles rectifications. Après, c’est important pour le propos de l’histoire qu’ils se tapent dessus. è.é Mais je peux peut-être aller un peu plus à l’essentiel. Je verrai ça.
Écoute, si j’arrive à finir cette trilogie et à la publier quelque part, on pourra dire que je n’ai rien à envier à Rick Riordan ! Enfin bon, tant qu’il y a ne serait-ce qu’une personne pour prendre du plaisir à me lire, ça suffit à mon bonheur.
Un gros merci pour tous ces compliments, ça me va droit au cœur. ❤
Isapass
Posté le 07/02/2021
Pas de critique à faire sur ce chapitre que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Tu auras donc droit à mes réactions et hypothèses de lecture, plutôt qu'à des remarques très constructives ;)
Alors d'abord, le retour d'Hervé et de son short bouffant ! ♥ Il me manquait ce cher Hervé ! Et il est particulièrement utile pour les phases de bilan/déduction comme celle-ci ;) J'aime beaucoup le petit jeu des prénoms entre Sacha et lui, surtout quand il ne comprend pas que c'est son nom à lui qu'elle écorche XD
Ensuite, en termes de révélations, je n'ai pas eu l'impression d'un truc incroyable genre "TADAAA", mais je subodore que tu sèmes des trucs qui peuvent se transformer en bombes.
Genre, le Thanatos d'avant Sam qui était Autrichien... Enzo se dit que du moment qu'il était du bon côté, peu importe... Ce qui me laisse à peu près sûre que ce n'était pas le cas et qu'on se prépare quelques bonnes prises de tête avec Sacha a posteriori... C'est une idée comme ça, mais je ne vois pas pourquoi tu l'aurais justement évoqué si tu ne l'exploitais pas ensuite, héhé !
Moi je suis team Enzo (sans blague...) : je pense qu'ils devraient chercher les prématurés. D'ailleurs je pense que Baba Yaga, ça va être une catastrophe. Ils vont encore manquer de se faire trucider, c'est sûr.
Et enfin les révélations sur le chevalier noir, elles sont quand même flippantes. S'il pique les pouvoirs des faucheurs, ça va le rendre vraiment invulnérable ! Et pas d'indice sur ce qu'il cherchait dans l'esprit d'Enzo, argh... C'est frustrant !
Ah si, une petite remarque : ça m'a surprise que Hervé ne soit ni mort ni même né au quatorzième siècle. D'après sa tenue, j'avais cru comprendre qu'il sortait du moyen-âge. Or, le 14ème, c'est vraiment la fin... Mais peut-être que je me plante. Les shorts bouffants, c'est quelle époque ?
L'épisode du vol de voiture est vraiment sympa. Par contre, le voyage jusqu'en Sibérie en voiture, ça va leur prendre des plombes, non. Le père d'Enzo va rentrer entre temps et s'inquiéter pour son fils. D'ailleurs, comme ce chapitre est plus calme que les précédents, je pense que tu pourrais en profiter pour glisser une petite pensée pour lui. Ca parait bizarre qu'avec les plans de fous qu'ils font, Enzo ne pense pas du tout à ce qui risque d'arriver si son père rentre avant lui ? Comme ils sont très proches, son père et lui, ça paraîtrait logique (et ça ne coûte pas très cher ;) ).
Bon courage pour tes exams (si c'est pas fini), pour l'écriture de la suite et tout ! Je serai au rendez-vous, bien sûr !
Bises
Neila
Posté le 09/02/2021
Coucou Isa.
C’est vrai qu’il n’y a pas de grosse révélation dans ce chapitre, juste un peu plus d’explication sur comment fonctionnent les faucheurs, mais c’est nécessaire pour comprendre le mic-mac. Comme tu le subodore, j’ai semé les graines, y a plus qu’à attendre que ça pousse. è.é
Intéressante théorie ! Là, pour le coup, va falloir attendre qu’ils aient retrouvé leurs souvenirs pour avoir les réponses (finalement, il vaut mieux être team Sacha, non ? :p). Mais… Je ne vois absolument pas ce qui pourrait mal tourner. Vraiment pas. Quant à ce que cherche le Chevalier….. mais si…. il y a des indices……
Hervé a vécu fin 16ème siècle, plus précisément de 1586 à 1612. C’est le fils (fictif) de Henri I duc de Montmorency. Je suis pas du tout calée en Histoire, mais j’ai basé son apparence sur les représentations de ce dernier, et sur d’autres représentations du 16ème. Y avait beaucoup de fraises et de shorts bouffants, sur les tableaux en tout cas. Mais t’as raison, ils portaient aussi des shorts au 14ème j’ai l’impression :O (l’élégance…).
Aloreuh… Je spoile un peu, mais j’avais prévu qu’Enzo ait la petite pensée pour son père dans le chapitre d’après. Dans l’histoire, ça se passe, genre, 10 minutes après qu’ils aient commencé leur road trip. Disons que ça va amener à une petite conversation avec Sacha et le chapitre commençait déjà à être un peu long… pis je voulais finir sur une note gaie pour changer. Mais je sais pas, peut-être que quand j’aurai écrit la scène, je déciderai de la décaler ? En tout cas ne t’inquiète pas, ni moi ni Enzo n’avons oublié son pauvre père. ^o^
(merci pour les exams ! C’est déjà derrière moi, houra !)
Un gros merci à toi Isa, pour être toujours au rendez-vous ! Merci pour toutes tes remarques et tes compliments, c’est une vraie source de motivation. ❤ ❤ Je vais redoubler d’effort pour la suite.
Vous lisez