Une poignée de fruits secs (scène 4)

Par Amusile
Notes de l’auteur : Voici la fin du chapitre 2.
J'espère que vous n'êtes pas dépassé par le rythme de publication. Je publie un nouveau chapitre une fois par semaine, le mardi, mais n'hésitez pas à me dire si c'est difficile à suivre pour vous.
Bonne lecture à vous.

De nuit comme de jour, les lanternes à naphte éclairaient les remparts du guet et ses chemins de ronde de leur lueur bleue. L’air était cru et humide. Les mains en quête de chaleur sous mes aisselles, je m’appuyais contre l’un des piliers qui soutenaient le porche de l’armurerie. Dans son atelier, le forgeron battait l’acier sur l’enclume, et les chocs me berçaient dans une langueur dont je peinais à m’extraire. J’en bâillais d’ailleurs à en avaler des brumes. Une vraie nuit de sommeil, sans l’inhibition imposée par la décoction à base de valériane, devenait une de mes priorités absolues en cette heure tardive.

Pourquoi diable Aurèle traînait-il autant ?

Des voix couvrirent la pulsation métallique du marteau. Des hommes marchaient envers le baraquement des soldats, non loin de l’armurerie. Parmi eux, un guetteur de grande stature, aux cheveux de broussailles noires, hâblaient ses exploits sur le Rivage à trois recrues. Un coq de sa basse-cour. Flavien et ses cocoricos écorchèrent mes oreilles. Un frisson dressa le duvet sur ma peau. Mes dix ans de domesticité m’avaient pourtant conduite à croiser un sacré lot de personnalités tordues, mais aucune ne me révulsait comme le faisait ce coquard de Flavien. Je me cachais derrière mon pilier avec l’espoir de me soustraire une désagréable rencontre, en vain.   

 — N’aurais-je pas vu les moustaches d’un petit chat ? En pleine partie de cligne-musette… Qu’elle est mignonne. 

Je m’avançai dans la lueur des lanternes avec une assurance feinte

— Qui se cache, Flavien ? mentis-je.

— Ah, enfin. Le voilà, notre petit chat ! 

Il tapa dans ses mains avec un sourire malingre qui en disait long. Pour sûr, il mâchait déjà sa prochaine crétinerie, et ses lèvres se plissaient d’impatience de la cracher.

Mains sur les hanches, l’esbroufeur persifla :

— Quelle est, d’après vous, la plus grande spécifiée du guet de More ?  

— C’est le plus imposant de l’Avant-Ligne, proposa une relève.

— Non.

— Un des plus anciens ?

— Non plus.

— Un des plus avancés sur le Rivage ?

— Toujours pas. Voyons, c’est sous votre nez ! Nous avons le petit chat, dit-il en me désignant du doigt. De tous les guets de Shagon, le notre est seul à compter une dame parmi ses rangs.

Il feignit une piètre révérence.

— N’est-ce pas unique ? Une femme, ça vous change un guet, continua Flavien. Enfin, seulement pour certains privilégiés… Voyez-vous, l’appeler le petit chat du maestre n’est pas approprié. La petite chatte, en revanche, est — d’un point de vue purement grammatical — bien plus à propos. 

Il miaula puis ronronna, ce qui déclencha l’hilarité de ses tristes comparses.

— Notre maestre est un homme chanceux, commenta le plus cynique des trois, entre deux éclats de rire. 

Je bondis hors du porche. 

— Ose seulement médire de messer...

— Oh ! Oh ! Voilà que nous mordrait la minette ? se moqua Flavien. Aurions-nous touché un point sensible ? C’est qu’il te manque, ton maestre, non ? Tu peux toujours venir te cajoler entre nos jambes, si ça te console. 

En chœur, les relèves ronronnèrent, et Flavien jubilait. J’observai l’obscénité de la scène, la mine froissée, mais le menton haut. Hors de question de m’abaisser à ce niveau d’imbécillité.

— Eh bien, en voici une belle brochette de crétins ! 

Je reconnus ce timbre rauque sitôt eut-il cisaillé l’air.

Aurèle s’arrêta à ma hauteur.

— De parfaits imbéciles, là. Ou alors… J’ai trouvé ! Vous avez choppé des morpions, ce qui expliquerait vos dandinements du cul. Donc, il va falloir vous faire déparasiter au plus vite, car votre connerie pourrait être contagieuse. Pour les nouveaux, le dispensaire se situe dans le bâtiment à l’ouest des écuries, glissa-t-il en montrant la direction de l’index. Et Flavien, si au bout de trois années dans ce trou à rat, tu ne sais toujours pas t’y repérer, il n’y a vraiment rien à tirer de toi. 

Du menton au front, les traits de Flavien se durcirent aussi vite que le mortier sous un soleil de plomb.

— Toujours à fourrer ton nez partout, Aurèle.

— Mon nez, je n’en sais trop rien. En revanche, à cet instant précis, j’ai une irrésistible envie de te foutre mon poing dans la poire. 

— Qu’attends-tu alors ?

— J’ai peur d’abîmer ce qu’il reste de valable dans ton crâne de pigeon, répliqua Aurèle en se tapotant la tempe.

— Sale bâtard, tu vas mordre la poussière ! 

Flavien se jeta sur Aurèle dans un bruit sourd de corps et de vêtements qui se percutent. Un coup de pied le coucha dans la fange, Aurèle attrapa son adversaire par les chevilles et le fit trébucher à son tour, à portée de poings. Des gerbes de sang éclatèrent leur rouge vermeil sur le sol boueux.

— Arrêtez ! criai-je. Arrêtez de vous battre ! 

J’eus beau m’époumoner, rien n’écourta la mêlée. Appuyé sur le thorax de Flavien, une jambe de chaque côté, Aurèle maintenait le fanfaron par les épaules.

— Tu es à ta place, là. La tête dans la merde. 

Pour seule réponse, Flavien cracha au visage de son adversaire qui répliqua en cognant derechef. Un craquement d’un os de mâchoire. Flavien vomit un caillot glaireux. Je tirai le bras d’Aurèle en arrière, mais il était assourdi par sa colère.

— Aurèle, je t’en prie. Laisse-le. Laisse-le donc ! 

Mon regard se posa sur les trois relèves qui avaient reculé de quelques pas depuis le début de la rixe.

— Vous allez rester là ? À ne rien faire ? 

Ils jaugèrent la situation avec hésitation. Comment pouvaient-ils demeurer impassibles ? Enfin, une recrue courut me prêter main-forte et nous pûmes, en joignant nos forces, retenir Aurèle pendant que les deux autres oisifs tirèrent Flavien hors de portée de son assaillant. Tous deux haletèrent, blessés, fatigués, mais aucun ne décoléra. Ils se fixèrent sans relâche, avec leur trogne écorchée, et cet échange silencieux me parut durer une éternité. Flavien essuya le sang qui s’échappait de sa bouche puis, avec un sourire tordu par la douleur, articula clairement alors que ses acolytes l’aidaient à se relever.

— Tu me le paieras, Aurèle. Au centuple, tu me le paieras.

— Quand tu veux… 

Ils se quittèrent sur cette promesse de revanche qui me laissa un certain malaise au fond de l’âme. Je posai avec douceur une main sur le bras d’Aurèle, sentis ses muscles se relâcher sous ma paume, et éprouvai un soulagement à le savoir sur la voie de l’apaisement. La pommette de sa joue gauche était déjà marbrée d’ecchymoses.

— Tu devrais aller au dispensaire, murmurai-je, la gorge nouée.

— Pour y retrouver l’autre crétin ? Non merci.

— Mets de l’eau au moins. 

Il acquiesça de la tête, et nous nous dirigeâmes avec lenteur vers le puits sous couvert du guet. Aurèle s’assit dans un recoin de la muraille, le dos contre la fraicheur des pierres. J’attrapai l’anse rouillée du seau, lançai le récipient dans l’eau noire par le manque de clarté. Le clapotement de l’ondée me donna le signal. La vieille chaîne, dont les mailles menaçaient de rompre sous le poids, grinça à chaque tour de manivelle. Une fois le seau posé sur la margelle, je trempai mon mouchoir — j’en gardai toujours un dans la poche de ma jupe — dans l’eau froide. À genoux dans la boue, j’approchai mon tissu humide du visage tuméfié d’Aurèle, mais il attrapa mon poignet d’une main et se saisit le linge de l’autre.

— Laisse, je vais le faire. 

Je desserrai mes doigts et, une fois le mouchoir en sa possession, il tapota les ecchymoses de son visage.

— Il ne t’a pas raté… 

— Je ne l’ai pas raté non plus. 

Il tenta de rire, mais une grimace de douleur avala son enjouement. Comme sa remarque eût toutefois apaisé l’austérité ambiante, il tapota alors le sol pour m’inviter à m’assoir à ses côtés.

— Tu vas te récupérer un quintal de corvées à faire une fois que le capiston Renaud sera informé, lui précisai-je.

— Ce sera toujours mieux que le trou… 

Il entrouvrit la bouche pour nettoyer une plaie à la commissure des lèvres.

— Tu devrais te rendre au dispensaire pour faire soigner tes blessures auprès d’Adelin ou de Beorn.

— Et entre-temps, tu vas me filer entre les doigts ! 

— Tout de même, Aurèle. Tu n’aurais pas dû intervenir, enchaînai-je. J’ai l’habitude, tu sais. Je les entends souvent rire ou miauler dans mon dos, mais répondre par la violence n’y changera rien… 

Aurèle expira avec fatigue.

— Dis-le alors que ce surnom t’emmerde, Clervie. Dis-le à Jehan et Kaour. Ces deux grands-pères voient la gosse qui est arrivée au guet, endormie dans les bras de son maestre. Mais les nouveaux venus, eux, sont comme Flavien. Ils n’ont pas connu la gamine, ils ne voient que la femme, et ils ne te protégeront pas comme les anciens.

— Ou comme toi », murmurai-je. 

Il se racla la gorge, visiblement gêné.

— Ce surnom est à bannir ! Dis-le aux deux grisons. Moi, ils ne m’écoutent pas. 

Je signai mon refus de la tête.

— Entendre ce surnom de la bouche de Jehan ou de Kaour, c’est doux comme un bonbon au miel. Cela embaume mon cœur de tendresse, et tu voudrais m’enlever cela ? Non, non et non. Jamais je ne leur dirai. M’as-tu fait attendre sous ce porche, au froid, et de surcroit à la nuit tombante, pour me parler de mon surnom ? 

— Ouvre ta main. »

Je la cachai dans mon dos.

— Que veux-tu en faire ?

— Je viens de prendre ta défense, alors tu pourrais faire table rase sur l’incident aux Fumetiers… tu me dois bien ça, non ? »

À la vue de sa trogne amochée, la culpabilité me força à tendre une paume dans laquelle Aurèle déposa une autre poignée de fruits secs. Je les jaugeai avec circonspection, étonnée qu’il payât déjà mon pardon pour des paroles encore non déclamées.

— Tu manges ces fruits un à un, et tu écoutes, sans interrompre, ce que j’ai à te dire.

— Attends, mais ça signifie que… 

Il attrapa un raisin séché et me le bourra dans la bouche.

— Tu manges et tu m’écoutes, c’est tout. 

J’avalai le raisin. Il s’adossa contre la muraille, leva un regard fatigué vers le ciel d’encre noire. Dans son esprit, il mâchait des phrases dans un silence absolu qui renforçait mes inquiétudes.

— Il me reste cinq mois à tirer, lâcha-t-il enfin. Après dix années dans ce trou, cinq mois, ça semble dérisoire. Je pense aux Arrière-Terres, à cette chaleur qui te bouffe la peau, à ce soleil brûlant, à cette explosion de couleurs, et à ce que je pourrai bien ficher, une fois ma solde en poche, au milieu de cette foutue lumière. Tu sais, avant de me faire chopper, je travaillais déjà dans l’ombre.

Il se frotta l’arrière de la nuque.

— Le capiston Renaud m’a proposé un poste en tant qu’affranchi, et les vieux se sont débrouillés pour me faire de la place dans leur piaule. Adieu le dortoir nauséabond, mais est-ce que je veux de ce poste, moi ? Contrer ces salopes de brumes jusqu’à ce qu’elles aient ma peau. Ah non ! Je ne veux pas crever dans ce trou, moi. Et peu importe nos efforts, un jour ou l’autre, on se fera bouloter par l’Amertume, et ce sera la fin de notre monde… 

Il rassembla ses pensées, songeur. Voilà donc ce qu’il avait sur le cœur. Personne ne connaissait les attentions d’Aurèle sur cette fin de service obligatoire. Être celle qui recevait ses confidences ne me glorifia d’aucun laurier ; il désirait quitter le guet, il se désespérait dans cette lutte perpétuelle… Or, chaque nouveau jour que nous tenions était un jour de plus offert aux maestres et à leurs recherches. Je voulais lui redonner foi en la sainteté de notre mission, le contraindre à rester au guet de More, mais qui étais-je pour lui imposer ce choix ? Je connaissais pourtant la dureté du Rivage. N’était-ce pas légitime que, de guerre lasse, d’aspirer à rendre les armes ?

Aurèle me restitua mon mouchoir à présent taché de sang.

— Sincèrement, comment peut-on gâcher sa vie dans ce guet ? Comme Jehan. Comme Kaour  continua-t-il.

Il se mordit la lèvre supérieure, soupira, se gratta le front et enfin me confia dans un murmure à peine audible :

— Alors, pourquoi est-ce que je l’envisage ? 

Il répéta à haute voix. 

— Pourquoi est-ce que j’envisage de rester au guet de More, Clervie ? Je me suis noué la caboche. Des nuits et des nuits durant. Et finalement, je crois avoir trouvé ma réponse. 

Il me jeta un regard de travers alors que, suspendue à ses lèvres, j’oubliai de mâcher les fruits secs que j’avais engloutis. Allait-il rester ? Allait-il partir ?

— Je me tire de ce guet, Clervie. Je le veux vraiment. Je veux tout lâcher ! Mais je ne peux pas te laisser ici. Nous sommes arrivés ensemble. Toi et moi, dans le même chariot. Partir de ce trou sans toi… Impensable. Je… Nous pourrions recommencer si tu me suivais. 

Il saisit mes mains.

— Nous irions jusqu’aux confins des Arrière-Terres. Dans le berceau des élyméins. Kaour dit souvent que, là-bas, le soleil est chaud toute l’année. Avec ta tête, avec mes bras, nous trouverions bien de quoi gagner notre pain. Tu n’aurais plus à raser les murs. Nous serions libres. Qu’en dis-tu ? Viens avec moi. Pars avec moi. 

J’avalai de travers ma bouchée de fruits secs. Après plusieurs quintes de toux, l’œsophage à vif, je tentai de rassembler ma voix, ainsi que mes esprits confus, dans le but de formuler une réplique intelligible et raisonnée. Or, elle ne me vint pas. La soudaineté de cette proposition m’avait soutiré mes mots. Aurèle me fixait sans ciller. Attendait-il une réponse immédiate à cette question si déterminante ? Je ne pouvais me décider sans accorder à sa requête un temps de réflexion soigné. Et puis, mon maître avait besoin de ma présence pour mener à bien ses travaux. J’étais son miracle, après tout, et ma vie se dévouait à le servir au mieux.  

— Quitter le maestre est si dur ? me demanda Aurèle, conscient de mon attachement.

— Te savoir sur le départ m’attriste également.

— Rattrape-toi.

— Je suis sincère ! me défendis-je. Mais quitter le guet de More… Et où irions-nous ? Je ne connais rien de la culture élyméinne. Il n’y a pas que le maestre. Et Jehan ? Et Kaour ? Y as-tu pensé ? 

Aurèle me glissa un raisin sec dans la bouche.

— Du calme, Clervie, respire. Je devais te le dire, c’est tout. Mais tu as cinq mois pour me répondre, tu sais. Alors, s’il te plaît, mange tes fruits secs… Mange-les et surtout, ne dis rien. 

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Zlaw
Posté le 25/04/2021
Bonjour bonjour ! (Je vais finir par arriver à court de formules de salutation, mais ce serait un peu raide de commencer directement par le commentaire quand même.)


Aww ! Quel ascenseur émotionnel, cet Aurèle ! Je ne m'attendais pas du tout à ça de sa part ! En tous cas c'est extrêmement bien écrit. On arrive à se mettre à la place de chacun des deux personnages.

J'ai dit dans la partie précédente que je ne comprenais pas trop quel semblait être son soudain problème avec le surnom de Clervie, et donc j'ai en effet mon explication. C'est une preuve de la maturité de l'histoire que tu aies réussi à faire interpréter différemment l'appellation selon les personnages et le contexte dans lequel ils l'ont entendu pour la première fois. C'est affectueux pour les plus âgés, qui l'ont connue enfant, et railleur pour ceux qui ne l'ont connue qu'adulte. Et je soupçonne que le fait que les plus âgés sont les plus sages (ne serait-ce que parce qu'ils ont survécu jusque là, peut-être ?) et les autres sont des gros bêtas n'arrange rien à l'affaire, bien sûr. xD En tous cas à la fois Clervie et Aurèle en ont conscience, et encore une fois chacun en a son avis. Elle défend justement son titre pour sa douceur lorsqu'il vient des anciens, prête à faire fi de son dévoiement par d'autres, alors que son ami préfèrerait qu'elle s'en débarrasse pour la protéger. Ce sont deux philosophies, deux tempéraments qui s'opposent. Chacun a clairement sa priorité. Ça met efficacement en lumière le 'problème', si on peut dire : en voulant la préserver il la priverait de quelque chose, quelque part il la sous-estime en imaginant que ce serait mieux pour elle de sacrifier le positif pour se soustraire au négatif, alors qu'elle se sent tout à fait capable de tolérer les deux et assume. Je suis très mauvaise en pronostic mais je présume que c'est ce qui va les séparer à terme. En plus du reste.

Car oui, la proposition d'Aurèle est superbe. Aussi inattendue soit-elle, elle sonne vraiment juste ; il a à la fois les bons mots et le bon rythme. Mais pourtant Clervie a besoin de rester au Guet. C'est chez elle, elle est intéressée par ce qu'elle fait, et surtout (même si c'est dommage que l'argument le plus lourd soit une forme de contrainte mais ainsi va la vie), elle a ses visions nocturnes. Comment pourrait-elle les élucider si elle part ? (D'ailleurs c'est un détail mais la nuit prochaine on devrait en avoir notre premier aperçu et j'ai hâte !) Bien sûr Aurèle ne sait rien de ce point, mais même en dehors de ça, je pense qu'il se prépare à ce qu'elle lui dise non. Il aura au moins eu le courage de demander, ce qui est louable. Pas de regrets. Ce sera quand même triste lorsqu'il va partir. En espérant qu'il ne lui arrive rien avant son départ ! (Et maintenant j'ai peur pour lui.)

La conversation m'a donc laissée à la fois triste pour lui en prévision de la réponse qu'il va recevoir à sa gentille requête bien intentionnée, et embarrassée pour Clervie aussi. Elle est je pense encore plus surprise que nous lecteurs. Je ne m'attendais pas trop à ce que ça en vienne aux mains, alors ça m'a fait commencer à soupçonner qu'Aurèle était plus attaché à Clervie qu'initialement perçu. Mais pour elle, c'est presque habituel, ou en tous cas ce n'est pas la première fois que ça se produit. Donc elle n'y a rien vu de particulier. Il a été malin de la faire manger pendant qu'il vidait son sac. Malin et clément, aussi, car la pauvre ne sait pas quoi répondre et c'est bien normal. Elle se retrouve dans un situation difficile. Qu'elle préfère rester ne signifie pas, comme elle essaye de le souligner mais il est encore peut-être un peu trop à vif pour l'entendre, qu'elle n'est pas triste de le voir partir. Aucun vocabulaire romantique n'est employé, donc de mon point de vue la demande d'Aurèle est potentiellement purement platonique, mais ça rappelle tout de même la situation classique du bon copain ou de la bonne copine qui en voudrait plus que l'autre. On parle beaucoup plus souvent de celui ou celle laissé(e) sur le carreau, alors que la situation est tout aussi épineuse pour la personne qui reçoit la déclaration qu'elle ne peut tout bonnement pas en toute honnêteté réciproquer. C'est fascinant à observer, les relations humaines, parfois, mais à vivre souvent beaucoup moins drôle. xD

Je vais à l'envers, mais la partie sur la bagarre était bien aussi. Un peu porteuse à confusion dans les descriptions peut-être, mais comment faire sens d'une mêlée ? Il me semble avoir entendu des craquements d'os de mâchoire qui curieusement n'empêchent personne de parler, mais c'est peut-être le seul détail qui m'a fait lever un sourcil. Pour le reste la confusion aide au contraire à saisir l'idée qu'ils n'y vont pas de main morte.

Enfin, pour ce qui est du rythme de publication, clairement j'arrive plutôt à suivre, mais c'est vrai que c'est soutenu. Ceci étant dit tout le monde ne lit pas au compte-goutte et certaines personnes doivent avoir un côté engloutisseur et préférer avoir plusieurs parties d'avance pour se lancer dans une session un peu plus longue. Il me semble aussi que tout le monde ne commente pas toujours toutes les parties lues. De ce que je comprends, l'intégralité de cette histoire est déjà écrite, donc je peux concevoir ton envie de publication 'rapide'. Et publier régulièrement est sans doute un point positif aussi pour certaines personnes. Ce que je sais c'est que j'ai déjà suivi et suis encore des auteurs qui publient rarement ou de manière complètement irrégulière (voire les deux), donc pour moi l'intervalle de temps entre les chapitres n'a pas d'importance. Très franchement, si j'ai envie de suivre une histoire, ce n'est pas qu'elle arrive vite ou pas vite qui va m'en empêcher. xD


Sur ces dernières paroles d'aucune aide si ce n'est peut-être de rassurer, je te donne donc rendez-vous au prochain chapitre. =)
Amusile
Posté le 27/04/2021
Si tu veux, on peut garder la même formule de salutations, comme ça, plus de souci ^^.

Coucou, donc.

Merci pour ce nouveau commentaire. Tes remarques sont tellement pertinentes que je les ai donnés à lire à mon époux, et il était aussi impressionné. Je ne veux pas te divulguer de spoiler, mais tu as le nez fin, sache-le.

Je suis bien contente que Aurèle te paraisse comme un ascenseur émotionnel et que sa prise de position, comme celle de Clervie, fasse sens et témoigne - en effet - de la complexité des relations humaines.

Pour la remarque sur le craquement de l'os, en effet, c'est un poil poussé. L'idée était de faire comprendre que les deux n'y allaient pas de main morte. Mais, si ça pose problème vis à vis de la cohérence, je peux trouver un autre exemple. A réfléchir, en effet.

Merci également pour ton retour sur la rapidité de diffusion. Pour l'instant, tu es la plus avancée dans la lecture. Donc, si un chapitre par semaine ne te gêne pas, je vais rester sur ce rythme - surtout que d'autres me font part que ça leur correspondait bien sur le forum.

A très bientôt donc pour la suite.
Et merci.
Vous lisez