Une poignée de fruits secs (scène 1)

Par Amusile
Notes de l’auteur : Voici le début officiel du chapitre 2.
Cette fois, notre troupe quitte les vertes contrées pour se noyer davantage dans les brumes.
Oseriez-vous les suivre ?

Finalement, les douze amphores furent bien livrées à la Bedaine Percée, et notre retour vers le guet de More avait aussitôt commencé sous un ciel gris.

La pluie tambourinait contre la toile sous laquelle nous nous étions réfugiés, Aurèle et moi, afin de veiller sur quatre des amphores que nous acheminions dans notre charriot. Les huit restantes furent partagées aux deux autres véhicules dans le but de répartir l’effort de traction à l’ensemble des chevaux.

Nous atteignîmes les hauteurs du Rivage en milieu de journée.

Notre convoi longeait le précipice en direction de sa dernière halte, localisée dans le bourg de Beaune. Dernier hameau avant le Rivage. Ma main écarta le pan de la bâche, et je scrutai en contrebas la bande de terre grise, sèche et craquelée, qui se déroulait au pied des falaises abruptes du Grenet. Juste après ce ruban de désert, l’Amertume s’épaississait en un tapis dense que nul œil ne transperçait. Le brouillard s’étendait à perte de vue, bien au-delà de l’horizon, tel un océan aux flots déchainés que les lignes de défense peinaient à endiguer. Les falaises offraient une enceinte naturelle et protectrice à la cité de Shagon. Venaient ensuite les guets érigés par la main de l’homme. Des bastions fortifiés, reliés les unes aux autres par des chemins de ronde. Ils défendaient les tours lanternes, ces phares contrant les brumes de leur seule lumière bleue, et le Grenet ornaient ainsi ses gorges de colliers d’étoiles filées.

Mon regard se porta plus avant.

Au niveau de la frontière avec les brumes. C’était l’Avant-Ligne. Là résistait le guet de More. D’autres en amont du Rivage avaient sombré sous les brumes à des âges plus ou moins anciens. Désertées, oubliées, elles étaient les tristes témoins de la lutte acharnée que nos fortins menaient contre ce fléau. Un combat perdu d’avance dont nous œuvrions à retarder le sombre dénouement.

Notre passage à Beaune ne dura que le temps d'une halte. Notre équipage comprenait à présent six nouvelles têtes condamnées à contrer l’Amertume en paiement de leurs exactions au sein des Arrière-Terres.Guetteur était rarement une vocation. Les guets, qui ne comptaient plus sur les âmes volontaires, piochaient leur piétaille dans les prisons des cités. Après une formation vite expédiée, la garde beaunoise les poussait dans le premier convoi en direction d’un guet.

Récupérer de la main d’œuvre était la seule raison de notre arrêt.

Sous la bâche de notre chariot, un homme hâlé d’une trentaine d’années, le front haut, les sourcils épais, s’était calé entre deux caisses de fournitures. Sa tournure renfrognée ne trompait personne. Point volontaire, il était de ces bleusailles condamnés à un service obligatoire. J’en aurai parié ma solde. Surpris de me trouver dans le même véhicule, il me dévisageait avec discourtoisie, en crissant l’air entre sa langue et ses dents. Aurèle se décala d’un séant, coupant ainsi la ligne de vue.

— Si tu la siffles encore une fois, une seule fois, tu te récoltes ma main en pleine gueule, c’est compris ? 

Il referma son poing par bravade, et l’homme se chercha une autre distraction que ma personne. Sans mot dire, je guettai Aurèle sous mon coin de bâche. J’éprouvais bien des peines à ravaler colère et frustration depuis le vol de la besace, et voici que ce diablon jouait les saints protecteurs. Je soupirai. Ah, vraiment… Celui-là avait l’art et la manière de me malmener l’âme.

Toute la journée, le convoi enchaînait les interminables lacets et les dangereux raidillons qu’imposait le relief escarpé. N’en tenant plus de tourner, descendre et tourner encore, nous ravalions nausées et vertiges dans le revers de nos manches. Entre deux haut-le-cœur, je vérifiais d’un œil morne la position des amphores. Stabilisées par leur poids, elles ne se heurtaient en aucune façon si bien que ma surveillance se teintait d’ennui.

Soudain, le chariot s’arrêta avec brusquerie. La pluie battante masqua les voix de Jehan et des cochers. Aurèle entrouvrit la bâche. Un filet de brume, qui déposa aussitôt son fiel sur nos langues, s’immisça à l’intérieur. Le nouveau grimaça après en avoir avalé une bouffée. Amertume, oui, elle portait bien son nom.

— Je vais gerber, gémit-il, car l’âpreté tenait en bouche.

Peu sensible à son désarroi, puisqu’il se devait de le dépasser, je jetai un regard à l’extérieur la raison de notre arrêt. Le jour se teintait d’un gris de pierre, et le brouillard s’accrochait aux chariots.

Jehan, trempé jusqu’à la moelle, avait mis pied à terre. Fourbu de fatigue, il essuya son visage ruisselant d’un revers de main.

— Nous ne pouvons aller plus avant, pesta-t-il.

— Et pourquoi donc ? demanda Aurèle.

— Venez voir. 

Aurèle sauta du chariot, la recrue et moi lui emboîtâmes le pas. À l’extérieure, les guetteurs, vétérans ou jeunes premiers, formaient une ligne à l’avant du convoi. La mine grave, ils observaient la dépouille scolopendre géante, aux segments longs comme leur tronc. Le cadavre pourrissait à l'air libre, sur le bord du chemin. La taille de la chimère était vertigineuse, ses pattes imposantes. Des champignons, longs comme la moitié d’un homme, recouvraient son exosquelette. Ils poussaient en une colonie si véloce qu’ils envahissaient déjà le sol.

— Elle est... monstrueuse !  s’écria-t-on. Jamais vu d'aussi grosse !

Je balayai les recrues du regard ; ils rencontraient leur premier spécimen du Rivage.

Une relève alpagua Jehan.

— C’est une…

— Une chimère ? Ouais, c’en est une. Et une vraie comme l’on en croise qu’ici.

— Pourquoi si loin des brumes ?

— C’est le boulot des maestres de chercher à comprendre, petit. Le nôtre, c’est de leur régler leur compte vite fait, bien fait. Si tu veux des réponses à tes “pourquoi” ou à tes “comment”, il faudrait t’adresser à messer Sénoc de Basavi ou à Clervie, précisa-t-il en me montrant du doigt. C’est le p’tit chat de notre maestre, et elle s’y connait en brumologie. 

La relève me jaugea des chausses jusqu’à la coiffe. Je lui tournai ma face de trois quarts, rivant mon attention sur la carapace de la scolopendre et ses milliers de champignons. Je préférais rester dans l’ombre du maestre, bien cachée, bien à l’abri, mais Jehan, trompé par sa bonne nature, venait de me plonger dans une situation inconfortable.   

— Et alors, pourquoi s’échouent-elles si loin du Rivage ? insista la relève.

C’était encore un frêle garçon entre deux âges. Ni enfant ni adulte. Un escogriffe qui me dépassait d’une seule phalange. Comparé à ses camarades, mieux bâtis, déjà hommes, il me faisait peine à voir. Même sa tunique ne lui seyait pas. Trop grande. Trop large. Elle amplifiait cette impression de maigreur. J’eus une bien triste pensée envers ce garçonnet. Qui du guet de More lui confierait une javeline ?

Le bleusaillon se balança d’une jambe à l’autre, les joues poudrées du rouge. Je pinçai un sourir, génée. Tant d'émotions pour une simple question. Il était de ces cœurs tendres que le Rivage saurait broyer.

— Les vieilles chimères s’échouent à l’aube de leur mort ; elles aident ainsi l’Amertume à coloniser de nouveaux espaces. Ce sont des cas isolés, comme cette scolopendre, simplifiai-je. Mais, lors d’une crue de vives brumes, elles s’aventurent en nombre sur le Rivage...

— Et là, tu serreras les fesses, railla Aurèle.

— C'est si terrible ?

Le jeunot soupira des tréfonds de son âme.

— J’sais bien, tu sais, que j’suis pas bien taillé pour tout ça. L'Amertume, les chimères, les marées… J’dois pourtant faire quatre ans. J’ai le temps de crever une bonne centaine de fois. Demain peut-être…

Le bleusaillon se détourna, des larmes dans les yeux.

— Ne chigne pas, gamin. Tu n’es pas sorti de ce trou sinon, commenta Aurèle. Et rassure-toi. Personne ne souhaite croupir ici.  Quatre ans, c'est vite passé. À ton âge, j'en devais dix. Pourquoi t'es-tu fait pincé, au juste ?

Il eut un maigre sourire et, dans un mouvement ample du poignet, se gratta la tempe avec un carnet. Un carnet étrangement familier. Avec une plissure dans le cuir de la couverture comme le mien. Je plongeai la main dans la poche centrale de ma jupe. Vide.

— Hé ! Mais… C’est à moi ! m’exclamai-je, surprise. D'où vous vient cette manie de me voler mes affaires, hein ?

J'arrachai le carnet des mains du gamin.

— Le vol à la tire et le crochetage des serrures sont bien mes seuls talents, me dit-il. Enfin, je ne suis finalement pas si doué. J’me suis fait prendre un jour de marché. Mains coupées ou service obligatoire de quatre ans. Quel choix de merde, hein ? J’suis mort sans mes mains, moi.

— Attends, mon gars. C’est quoi ton petit nom ?

— Sven. 

Aurèle lui tendit la main, et la relève la saisit avec réserve.

— Sven, toi et tes talents, il nous faudra bientôt causer !

Mon ami lui serra la poigne avec vigueur, et je me doutais déjà que ce fripon entraînerait bien vite Sven dans ses roublardises.

— Hé, vous autres ! Guettez voir là ! 

Nous nous retournâmes tous trois en direction de la voix. Un homme, qui inspectait la dépouille, attira notre regard vers les trois harpons enfoncés dans les anneaux de la scolopendre. Une vague de négativé se propagea au sein du convoi. À en croire l’aigreur des visages, cette découverte n’enchantait personne, et Jehan n’en pensait pas moins.

—Maudits écumeurs ! Ils ne peuvent pas finir le boulot proprement ?

 Les écumeurs, ces marginaux qui vagabondaient dans l’Amertume, pillaient les guets abandonnés et revendaient leurs trouvailles sur les marchés illégaux des Cités comme la chimère aux yeux roses que j'avais croisé à Shagon. Je chassai ce souvenir de mon esprit alors que Jehan déballait toute la richesse de son vocabulaire sur les écumeurs et leurs basses affaires.

— Il va falloir nettoyer leur merdier maintenant, comme si nous n’avions pas perdu assez de temps avec cette satanée pluie… 

Sur ces mots, Jehan rejoignit nos camarades, vers la carcasse. Rien n’empêchait le convoi de poursuivre sa route. Rien, hormis notre devoir. La scolopendre ne devait pas se décomposer à l’air libre. Il existait un cercle vicieux que seules les flammes, et pas n’importe lesquelles, pouvaient rompre. Personne ne savait qui des champignons géants, des chimères ou des brumes était apparu en premier ; ils étaient tous étroitement liés. Les spores relarguées nuit et jour étaient responsables de cette âpreté qui vous pourrissait le palais. Résistantes, légères, ces fines particules s’accumulaient dans l’air au point de former un brouillard perpétuel et dense : l’Amertume. Les spores se répandaient au gré des vents loin de leurs parents et fécondaient de nouveaux territoires. Les fongus se développaient à une vitesse fulgurante pour se dresser en de gigantesques forêts, où régnaient des atmosphères viciées que seules les chimères peuplaient. Elles se nourrissaient de la flore fongique. Leurs excréments et leur dépouille étaient des engrais de premier choix pour les champignons.

Ainsi, la boucle était bouclée. Une boucle où l’espèce humaine était exclue. Pour ne pas dire condamnée.

Les guetteurs déchargèrent une malle avec la plus grande précaution.

— Qu’allez-vous faire ? demanda Sven.

— Brûler la chimère. Seul le feu bleu détruit les germes, sinon les champignons repousseraient en un rien de temps. Clervie ?

— Tout de suite, lui répondis-je.

Je m’agenouillai devant le coffre de voyage puis sortis une clé d’une poche secrète, sous mes jupons. Un petit clic, la serrure céda, et je basculai le dessus. À l’intérieur, entouré par des tissus moelleux afin de prévenir les chocs, se trouvait une trentaine de flacons en céramique que mon maître et moi avions remplis d’amorce et de notre précieux naphte. Le feu bleu avait fauché des milliers de vies humaines avant de devenir notre ultime défense contre l’Amertume et les chimères. Mêmes si les alchimistes étaient parvenus à stabiliser la formule, garder en mémoire ce passé funeste nous rappelait à la prudence. Je vérifiai d’un œil expert l’herméticité des opercules en cire, empêchant le contact entre l’air et le liquide inflammable à l’intérieur des projectiles. Ils étaient en parfait état de fonctionnement.

Je fis un signe de la tête à Jehan.

— Allez, venez-vous servir. Attendez mon signal avant de les amorcer, hein. J’aimerais éviter de vous ramener au guet avec une main en moins ! Qui sait ? La marée arrive, elle pourrait vous servir...

À l’exception des bleusailles, les hommes se munirent de grenades incendiaires, Aurèle m’attrapa par les épaules, et nous reculâmes de plusieurs pas. « Feu ! » Les éolipiles volèrent droit sur le cadavre en décomposition, la céramique se brisa en un tintement clair, et des éclats de lumière d’un bleu intense jaillirent des points d’impact. Je clignai des paupières. La substance pyrophore coula ensuite sur la carapace, grignota la dépouille et ses champignons, et un amas de particules dilua son noir dans le gris morne des brumes. Le feu alchimique redoubla son courroux malgré la pluie battante, car l’eau ne savait en éteindre la fureur.

Alors que la scolopendre s’embrasait sous mes yeux, une vague de chaleur me gagna. Elle empourpra mes joues, irrita mes narines. Je me croyais roussir. Craqueler. Une pensée à ceux, chimères ou embrumés, que le feu bleu dévoraient dans un but de purification du corps ou de l’âme. Je me reculai davantage afin de m’éviter un retournement de flammes, craignant que ma chair souillée ne les attirât à elle.

Après tout, le sort de tout embrumé était de périr lors d’une Purge.

Or, je fus embrumée un jour.

Et embrumée le resterais-je toujours.

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Jali
Posté le 26/04/2021
Coucou,

Me revoilà après quelques semaines d'absence. C'est toujours un plaisir de te lire, je ne saurais l'expliquer mais je trouve que ton style dégage une certaine sérénité, le ton est calme tout en restant dans une narration fluide, et c'est très reposant à lire.

Ici encore, on en apprend un peu plus sur ton univers et c'est appréciable ! L'ambiance de l'Amertume n'est vraiment pas joyeuse et c'est au final très réaliste d'y envoyer des gens pour purger leur peine suite à leurs méfaits. Cela me fait voir les volontaires d'un autre œil ! Ils doivent avoir une sacrée dose de courage pour s'y enrôler.

La fin est claquante, on découvre que Clervie est embrumée et ça soulève quelques questions, mais je trouve cet aspect intéressant du fait qu'elle doit apparemment y faire attention dans sa profession. Cela démontre une partie de son caractère, puisque malgré le fait que ces flammes bleues peuvent se retourner contre elle, elle a quand même choisi cette voie. Car j'imagine que si cela se savait, elle risquerait peut-être de se faire exécuter ?

Pour la forme je n'ai noté que ceci :
"Peu sensible à son désarroi, puisqu’il se devait de le dépasser, je jetai un regard à l’extérieur la raison de notre arrêt." -> est-ce qu'il ne manquerait pas un mot à la deuxième partie de cette phrase ? "à la raison" ?
Amusile
Posté le 27/04/2021
Bon retour à toi, Jali, et contente que le voyage continue à te plaire.

Clervie a peur des retombées si elle divulgue son secret, d'où son silence à ce propos vis-à-vis de ses compagnons de galère. Quant aux volontaires, oui, ils sont souvent dotés d'un sacré courage. Jehan est un volontaire, par exemple, et il inspire un certain respect aux autres, au sein du guet de More.

Je note également ta remarque sur la forme. Je vais étudier la question.

Merci tout plein pour ce commentaire.
Zlaw
Posté le 10/04/2021
Bonjour bonjour,


On repart ici sur du contexte général, qu'on avait temporairement quitté pour des événements un peu plus spécifiques à notre narratrice. On en apprend notamment encore un peu sur l'organisation géographique, d'un front de rivage petit à petit rongé par des vagues de brumes, et la logistique des guets. Leurs recrues ne sont donc pour l'écrasante majorité pas des volontaires mais des bagnards ou des rescapés. Ils n'ont cependant pas l'air de le prendre si mal que ça, comme en atteste la légèreté dont est capable Sven en expliquant ce qui l'a amené là. Cette démonstration de ses talents par la pratique plutôt que la parole était d'ailleurs un bon tour, de sa part comme du tien. ^^

On a également plus d'informations sur l'écologie de la Brume. Une sorte de cycle de vie vicieux du point de vue des Humains, entre les champignons et leurs spores et les chimères. L'idée de scolopendres géants est terrifiante. Et que de surcroît des champignons tout aussi surdimensionnés se mettent à pousser sur leurs cadavres pourrait paraître charger la mule. Mais c'est appréciable qu'une certaine science se cache derrière cette situation fantastique au sens du registre. Ce ne sont pas juste des monstres et puis c'est tout. Ils doivent venir de quelque part, et on sans doute tout autant le droit d'exister que les humains et la faune qui les accompagne.

Brève mention à nouveau des écumeurs, qui seraient donc le pendant disons maléfique ou en tous cas malveillant des guetteurs. Ils exploiteraient la Brume là où les autres la combattent pour en protéger le reste de la population. Triste à dire mais pas très étonnant de la part de l'espèce humaine.

J'ai aussi beaucoup aimé le changement d'atmosphère. On se sent respirer, sur la route, malgré la façon dont ils sont assez mal installés dans leurs chariots et ce sur quoi ils tombent. D'ailleurs observer l'équipe à l'œuvre, sans se laisser démonter et sachant quoi faire, a quelque chose de rassurant malgré le caractère funeste de la scène. Ils n'en mènent peut-être pas large dans l'ensemble vis-à-vis de la Brume, mais quand vient la tâche, ils agissent sans rechigner.
Amusile
Posté le 13/04/2021
Je savais, à la lecture de tes commentaires précédents, que tu apprécierais quitter la cité et voyager plus près des brumes. Tu as bien ciblé l’ambiance, encore une fois. Le monde vit sous les brumes depuis suffisamment longtemps pour que cette fatalité soit accepté, à présent.
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