un prénom

Par haïku

Il y a des jours où tout semble suspendu
Des jours où je m’effrite doucement
Jusqu’à disparaitre
Avec délicatesse
Mais vite
Trop vite
Ces jours-là j’essaie de me raccrocher à tout ce qui passe
Un murmure
Du tissu
Une odeur
Et parfois lorsque je m’efface réellement
Un prénom
Son prénom
Celui que j’ai murmuré une fois tard dans une nuit
Dans une de ces nuits éternelles et trop courtes à la fois
Et le matin le goût du café nous arrache des draps et des promesses
Que l’on ne tiendra jamais
Si on avait été fidèle à ces mensonges j’aurais mené une vie qui aurait pu être la mienne
J’aurais pris de la drogue
Une fois ou deux
Je serais allée au Japon
Une fois ou deux
Je serais tombée amoureuse
Beaucoup trop de fois
Tout s’effrite à nouveau
De lui il me reste juste un prénom
Et sa saveur inconnue si j’osais le prononcer
Autant inconnue que je l’étais lorsque ses mains se sont posées sur mon corps
Cette nuit-là

Cette nuit-là
Je n’étais déjà que souvenir
Je m’effritais déjà devant tes yeux
Et toi tu prenais plaisir
À voir jouir de tout petits morceaux de moi
À voir jouir
les tout petits
minuscules
morceaux
de ton
souvenir

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Louison-
Posté le 03/03/2021
Oh c'est si beau, j'aime cette part d'insaisissable qui ressort de ton poème, comme si de la brume recouvrait l'esprit du narrateur. Et c'est admirablement bien rythmé, j'apprécie du moins la finesse de tes retours à la ligne (en particulier la dernière strophe, ma préférée de tout le poème !)
haïku
Posté le 05/03/2021
merci pour ton commentaire et de m'avoir lu <3
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