Tirer un trait

Notes de l’auteur : Toute ressemblance avec des faits réels n'est absolument pas fortuite.

Je ne suis pas perfectionniste. Je veux juste faire les choses bien.

 

Non, ça ne va pas.

 

Diane n’est pas perfectionniste.

 

Pourquoi Diane ? J’ai pensé d’abord Mireille mais là encore pourquoi Mireille ? Mireille ça fait trop âgée. Ce n’est pas une femme âgée, si ? Peu importe et pourquoi pas après tout ?

 

Mireille n’est pas perfectionniste. Elle ne l’a jamais été. Elle veut juste faire les choses bien. L’exigence est la première des qualités, ma chérie, lui a dit sa mère un jour.

 

C’est nul. On comprend tout de suite qu’en réalité Mireille est perfectionniste. Pourquoi parfois quand on affirme un truc on fait comprendre précisément l’inverse de ce qu’on écrit ? Et dans ce cas-là pourquoi ne pas l’écrire carrément ?

 

Mireille est perfectionniste. Mireille ne le sait même pas. Elle croit qu’elle veut faire les choses bien, mais elle ne se rend pas compte de la hauteur de ses critères.

 

« La hauteur de ses critères » : purée, c’est moche.

 

Elle ne se rend pas compte de l’inaccessibilité de ses standards. Elle n’a pas conscience que ses exigences sont largement au-dessus de la moyenne. Jamais elle n’a réalisé qu’elle s’en demandait beaucoup trop.

 

Rien ne sonne bien. Tant pis. Merde, Mireille. Comment tu peux ne pas te rendre compte que tu es perfectionniste ? C’est pourtant juste là, devant toi. Tu ne te satisfais de rien. Regarde ce que tu peins – enfin ce que tu ne peins pas, surtout, regarde ce que tu ne fais pas alors que tu voudrais le faire, sous prétexte que tu n’es pas sûre d’avoir bien en tête ce que tu veux pour la toile.

 

Mireille s’oublie dans un quotidien confortable. Elle ne ressent plus la véritable envie de peindre. Elle essaye de faire émerger une idée qui la porterait : elle cherche à faire vagabonder son esprit – comme un chien qu’on promènerait en laisse, même si elle sait que la laisse gâche tout –, elle part à la pêche aux songes, elle se remet à observer les gens dans les rues pour capter le moment qui lui donnera l’envie de courir jusque chez elle et d’attaquer sa nouvelle toile – mais cette envie ne vient jamais. Elle imagine des scènes audacieuses, un mélange de couleur original, quelque chose qui accroche l’œil et touche droit au cœur ; face à la toile pourtant elle ne sait jamais par où commencer. Elle essaye de sortir de sa zone de confort. Ça ne marche pas. Elle essaye d’y retourner ; elle ressort de vieilles peintures inachevées, ses carnets de croquis. Elle aime ses anciennes idées, les retouche parfois par-ci par-là, mais ne s’en empare plus vraiment. Ce sont les œuvres d’une Mireille du passé. La connexion entre cet avant et son maintenant est rompue. Elle ne veut pas polluer ses œuvres de jeunesse, vives, folles, torturées, kaléidoscopiques, avec sa sérénité actuelle. Parce qu’elle est sereine, oui. Il n’y a rien à pêcher dans ce lac paisible qu’elle est devenue. Un lac paisible ne peint pas, ne reflète que le ciel, immuable. Pour créer il faut des remous. Une brise qui caresse la surface. Mireille sait qu’elle a des choses à représenter, qu’elle n’est pas faite pour ne refléter que le ciel. Seulement elle est tellement calme en ce moment qu’elle commence à douter. Rien ne l’agite.

 

Voilà. Maintenant il faut qu’il se passe quelque chose pour Mireille. Il faut qu’elle trouve son instant-foudre. Ou qu’elle laisse tomber, qu’elle fasse autre chose. En tout cas il faut raconter son histoire jusqu’au bout, parce que ça n’existe pas, les histoires qui se contentent d’énoncer un problème sans le résoudre, pas vrai ? Il faut régler ou il faut esquiver. Il faut que quelque chose se passe. Il faut que ce soit bouleversant. Je ne suis pas perfectionniste. Merde.

 

 Mireille regarde sa palette. Elle ne sait plus comme elle faisait avant avec les couleurs. C’était tellement libre – voilà, c’est ça, maintenant quand elle songe à peindre elle ne se sent plus libre. Elle est trop consciente de ses gestes. Elle voudrait réussir à faire comme avant, mais ça ne vient pas. Elle voudrait aller vers un style simple, sans fioritures – mais elle a peur que ce soit fade. Et si elle cherche quelque chose de plus complexe – sauf qu’elle a tellement la flemme, déjà, pour commencer, mais admettons qu’elle se motive, alors elle a peur de ne peindre qu’une pâle copie de ce qu’elle aime. Et puis ça fait tellement longtemps qu’elle n’a pas peint pour de vrai, elle ne sait plus faire.

 

Merde, Mireille. Reprends-toi. Tu disais ça avant, aux jeunes qui demandent des conseils ; tu disais ce qui compte c’est de s’y mettre, ne pas réfléchir à ce qu’on voudrait peindre, juste peindre autant qu’on peut. Ça te fait bien marrer aujourd’hui, hein Mireille ? toi qui cogites à te faire bouillir la cervelle. Et s’il n’y avait que le style ! Mais non,

 

elle se préoccupe de tout. Elle ne peut pas oublier le propos, ignorer la dimension politique. La représentation des corps, ça n’a rien de neutre. La nature morte non plus. Des corps sveltes ou épais, des légumes plastoc ou bio ; elle se pose des questions qui l’auraient fait hurler de rire quelques années plus tôt. Mais c’est vrai, rien n’est neutre dans tout ça, pas plus que la composition, le cadre, la matière, l’endroit où elle va acheter son matériel, le regard qu’elle pose sur les choses, elle, avec les oppressions qu’elle subit et les privilèges dont elle bénéficie – et parfois elle commence à y voir trouble dans tout ça et ses privilèges lui semblent des oppressions, et ses oppressions des privilèges. Rien n’est neutre, tout est politique. Dès qu’elle posera son pinceau sur la toile, elle se positionnera d’un côté et pas de l’autre. La vérité qu’elle choisira de faire émerger ne risque-t-elle pas de faire de l’ombre à toutes les autres vérités ?

 

Mireille, merde. Tu as ta vérité. Peins ta vérité, la tienne. N’essaye pas de tenir le monde entier sous ton pinceau. Ton monde à toi, oui, tu peux lui donner forme. Merde, Mireille. Tu as peur que ta vérité ne suffise pas. Tu as peur qu’elle ne soit pas assez vraie. Tu as peur qu’elle soit trop personnelle, et puis surtout tu ne sais plus bien où elle est à vrai dire, ta vérité. Ce que tu ressentais avant quand tu jetais tes remous sur la toile – quand tu étais un fond marin agité de courants et hanté par des monstres géants, avant le lac paisible – ça c’était vrai, ça te semblait vrai, tous ces remous, c’était tellement vrai que le pinceau menait ta main comme sur une planche de oui-ja, tu te disais, et qu’est-ce que tu aimais donner forme à ton labyrinthe intérieur ! Mais maintenant, hein ? Tout ça est-il plus ou moins vrai que le lac paisible ?

 

Mireille a compris qu’il n’y a pas qu’une seule vérité. Nous sommes des créatures mouvantes. Mais Mireille ne sent plus le mouvement en elle. (Il n’y a plus d’urgence à peindre puisqu’elle sait qu’elle va rester en vie.) Mireille peint un lac paisible. Elle s’ennuie, se torture à force de rendre intéressant ce qui est plat et terne. Ça ne lui ressemble pas, ce lac. Elle arrête son pinceau au milieu d’un tracé. Elle, un lac paisible, vraiment ? Une mare, plutôt. Une mare pleine de vase. C’est ça le problème : ça remue, là, dans le fond, dans l’ombre, crapeau ou couleuvre, ça remue sans briller, sans couleurs, ça remue sans bouger, ça remue juste assez pour la paralyser. Elle ne sait plus quoi peindre. Elle a peur de tout. Peur de ne plus être rien de ne plus être artiste peur que le fond de la mare l’engloutisse peur de découvrir ce qu’il y a dans la vase peur de rester pour toujours prisonnière de la boue peur peur PEUR et elle en a perdu ses couleurs.

 

Pourquoi maintenant ? C’est une bonne question. À ce stade le lecteur attentif peut s’amuser à imaginer la fin de l’histoire de Mirelle – elle cessa de peindre du figuratif pour se tourner vers l’abstrait et youpi youpla tout finit par s’arranger, comme quoi parfois vraiment la fin on s’en fout – mais il n’a pas les moyens de comprendre ce qui lui arrive, au fond. Avant elle allait mal et elle peignait bien ; et maintenant, elle pensait que c’était l’inverse, mais en fait… peut-être qu’elle va mal, mais différemment ? et elle ne peint plus du tout.

Alors : pourquoi ? Qu’est-ce qui ressurgit, Mireille, parle-moi ? Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans ta vie récemment pour faire ressurgir des craintes aussi enfantines, une peur du noir, une peur des monstres de la vase, une terrible peur de décevoir tout le monde ?

Je ne suis pas perfectionniste. Et Mireille non plus. Nous sommes si peu perfectionnistes que nous avons communément décidé de proclamer à la face du monde : nous ne bouclerons pas cette histoire. Marre des boucles. Merde aux remous, merde au lac paisible, merde à la vase. Parfois il est nécessaire de foutre des couleurs partout, de donner des coups de pinceau rageurs, de mordiller le papier canson, de coller des miettes de papier journal et des paillettes, de laisser venir ce qui vient et de laisser partir ce qui part. Tirons un trait et avançons, Mireille.

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Nathalie
Posté le 11/11/2022
Bonjour EryBlack

Quelle belle façon de présenter la page blanche, de présenter celle d'une peintre pour mieux cacher celle de l'écrivain qui cherche son histoire sans la trouver, pour finalement laisser tomber et s'en suffire parce que oui, rien n'y personne ne doit obliger l'auteur à s'arrêter à ce moment-là plutôt qu'un autre. Le lecteur veut la fin ? Il n'a qu'à l'imaginer lui-même, non mais ! J'adore !
EryBlack
Posté le 12/12/2022
Bonjour Nathalie, merci pour ce retour ! Avec cette nouvelle, j'ai tenté de retrouver une manière d'écrire un peu dissidente que je pratiquais quand j'étais ado. Bon, c'est un peu gros sabots, mais je suis contente que ça ait pu te convaincre un minimum !
Tac
Posté le 11/11/2022
Yo !
J'ai beaucoup apprécié tes nouvelles ! ça faisait longtemps que j'en n'avais pas particulièrement lues, alors j'avais un peu d'appréhensions sur ma capacité à en profiter car c'est quand même pas mon format favori (j'aime rester loooongtemps avec les personnages). Mais j'aime bien ce que tu en as fait !
La première m'a un peu retourné le cerveau, j'ai su anticiper la fin mais cette même anticipation m'a apporté pas mal de plaisir en se confirmant à la lecture.
La seconde m'a fait vriller car je m'attendais à ce que cette pauvre enfant meure quand on lui enlèverait sa fleur, et je suis un peu frustré qu'on n'ait pas de nouvelles de sa santé ! (désolé pour le morbide/glauque...) je ne peux aussi m'empêcher de me questionner sur la symbolique de ladite fleur.
La troisième m'a bien sûr beaucoup parlé, hein, ça faisait un peu speech motivationnel à la fin et ça m'a un peu sorti de la lecture, mais j'ai néanmoins beaucoup apprécié et les mots me sont apparus plutôt justes.
Plein de bisous !
EryBlack
Posté le 12/12/2022
Coucou Tac ! Un triple retour, trop sympa :D Moi non plus les nouvelles ne sont pas mon genre de prédilection à la base, ni à lire ni à écrire, pour la même raison que toi, parmi d'autres. Mais je suis heureuse que tu les aies appréciées !
Oh là là, ça aurait été une fin possible de faire mourir Flora, mais quelle tristesse ;.; non, je voulais un truc très amer mais pas désespérant non plus, ça ne m'est donc pas venu à l'idée. La symbolique aurait pris une coloration bien plus dramatique, la fleur devenant une question de vie ou de mort, alors qu'à mes yeux elle est plus une question de joie ou de tristesse. Après, on peut y voir ce qu'on veut. De quoi les adultes privent-ils les enfants quand ceux-ci ne grandissent pas tout à fait comme prévu ? On aura toustes une réponse différente. J'aurais aimé creuser ma propre réponse et en même temps, je voulais quelque chose d'universel.
Aha oui c'est tout à fait ça, y a un côté coach de vie dans ce texte que j'aurais bien voulu éviter ^^' il est construit de manière assez artificielle, j'aurais bien aimé pouvoir dire la même chose différemment, mais justement comme l'idée c'est de ne plus se laisser polluer par un perfectionnisme pénible, j'essaye d'appliquer mes propres préceptes. Et si malgré tout ça peut toucher juste au moins en partie, j'en suis très heureuse !
Poutouxxxx
MrOriendo
Posté le 10/11/2022
Hello !

J'ai beaucoup aimé ce texte, la mise en abîme m'a attrapé et le parallèle entre cette peintre fictive et l'auteur qui se cache derrière est vraiment bien relaté. Ça en dit long sur le processus de création, ces moments de doute que l'on rencontre parfois.
EryBlack
Posté le 12/12/2022
Salut ! Merci pour ce retour, je suis heureuse que le texte ait pu parler à d'autres créateurs :) Je l'ai vraiment écrit pour me donner un coup de pied aux fesses.
Edouard PArle
Posté le 01/11/2022
Coucou !
Très osé cette manière d'écrire avec l'alternance avec l'italique.
La lecture est très agréable, on comprend les doutes et le perfectionnisme de Mireille. La métaphore de l'océan, du lac etc sont très belles. J'ai bien aimé le passage où elle dit qu'elle écrivait bien quand elle allait mal.
La chute est très bien trouvée ! La note de l'auteur est bien vue aussi xD
Un plaisir,
A bientôt !
EryBlack
Posté le 01/12/2022
Coucou Edouard ! Encore bravo pour ton marathon de commentaires histoire-d'oresque ^^ Merci d'avoir communiqué ton ressenti, c'est chouette de voir quels passages tu as particulièrement remarqués !
C. Kean
Posté le 01/11/2022
Eh bien en parlant de miroir !

C'est toujours périlleux d'écrire l'écrivain qui écrit, souvent le résultat est mitigé, trébuche trop près ou trop loin. Ici je trouve que l'auto-distance fonctionne très bien, elle prend son temps jusqu'à ce que Mireille redevienne ce "je" de la première tentative.
EryBlack
Posté le 01/12/2022
Merci pour ton passage Kean ! Oui, c'est délicat, sur format long ce serait bien difficile à tenir je pense. J'avais vraiment besoin d'exorciser cette façon qu'on a parfois de mettre en doute le moindre mot. Ça m'a fait du bien et je suis heureuse que ça puisse fonctionner à tes yeux !
JeannieC.
Posté le 31/10/2022
J'adore ! <3 Les mise en abyme, le méta-textuel, le texte dans le texte tout ça, tu me prends directement par les sentiments ahah. Cette idée de montrer l'écriture en action est magistralement exécutée. J'ai souri, il y a une tonalité amusante par moments dans le sens où quiconque écrit - et est perfectionniste - ne peut que s'y retrouver xD
L'auteure derrière Mirelle est aussi perfectionniste que Mireille herself ! Efficace jeu de miroirs. Puis vient le moment où tant de pensées émergent à la fois, où on farfouille le passé du personnage et tous les embranchements qui s'offrent à nous pour lui faire vivre quelque chose.
"instant-foudre", excellent ! <3
EryBlack
Posté le 01/12/2022
Coucou Jeannie ! Merci pour ton si gentil commentaire <3 C'était effectivement une idée centrale de montrer l'écriture en action, comme pour me défouler, en montrant ce que ça a d'épuisant dans les périodes scripturalement délicates d'hésiter sur chaque tournure et de toujours, toujours douter de tout ce qui émerge. J'en reviens petit à petit au fil des nouvelles et même si ce texte-ci me laisse insatisfaite (il ne raconte pas vraiment "d'histoire", j'aurais sans doute pu transformer tout ça en une "vraie" intrigue), l'accueil qui lui est fait ici me fait vraiment, vraiment plaisir ! Merci encore pour ton passage et pour ton enthousiaste :D
Liné
Posté le 30/10/2022
Oh, j'aime beaucoup ! Je te reconnais beaucoup dans cette histoire, et je me reconnais aussi. C'est très intelligent mais surtout très vrai, il me semble, ce parallèle entre l'écrivaine réelle et la peintre fictive, et le brouillage graduel de la ligne qui sépare les deux voix. Avec cette courte nouvelle, tu dis beaucoup de choses de la création, du jugement de soi et de notre place parmi les autres.

Je suis aussi éminemment d'accord avec cette conclusion, l'envie et/ou le besoin de tout envoyer valser et de finir par s'écouter soi, au final (pas évident).

J'aime aussi beaucoup, sur tes trois nouvelles, la manière que tu as de rendre une certaine oralité tout en restant dans un cadre littéraire.

Mention spéciale à la "pêche aux songes" et à "l'instant-foudre". Et pour m'avoir faire rire avec la peinture abstraite, que je trouve parfois un peu feignasse !

Je retourne aux Histoires d'or, mais je continuerai de rôder autour de tes nouvelles ;-)
EryBlack
Posté le 01/12/2022
Liné <3 Merci pour ton retour précieux, toi dont j'admire tant les nouvelles ! J'avais vraiment besoin de laisser tout ça sortir et je dois dire que je ne suis pas complètement satisfaite de ce texte, mais ça m'a fait du bien de l'écrire et ça me fait de nouveau du bien de voir la résonance qu'il peut trouver chez quelques Plumes :) Donc encore un grand merci pour tes mots !
Rachael
Posté le 30/10/2022
Il y a tellement d'idées fortes dans ce texte. Tu pars du perfectionnisme comme d'une sorte de monolithe pour ensuite l'attaquer à petits coups de burin .
Et il en sort tellement de choses: le désir (ou son absence), la relation avec notre "moi" d'avant, la liberté face à la "technique" (est-ce que trop connaître "les ficelles" tue l'envie) , l'ambition et le choix (j'aime beaucoup l'expression "tenir le monde entier sous ton pinceau") , la politique, la place de l'artiste dans le monde, et j'en oublie tant tout cela est riche.
La métaphore du lac tranquille me parle énormément. Par moment, j'ai moi aussi envie de secouer l'eau et ce sentiment d'impuissance qui me submerge à la vision du monde (pas évident de regarder le monde entre quat'z'yeux, en ce moment...), et qui fait que les mots/traits/oeuvres semblent bien pauvres...

Ah, et j'oubliais, mais je trouve la forme très originale. C'est clairement l'autrice qui parle mais avec suffisamment de distance pour aller de l'individu vers l'universel, de la créatrice vers les créateurices (j'ai quand même du mal avec ces formes épicènes).

J'espère que ta Mireille a trouvé dans son propre texte des raisons de peindre...
EryBlack
Posté le 01/12/2022
Merci pour ton commentaire qui m'a fait super plaisir Rach <3 Je me suis sentie comprise et oh que c'est précieux ! Tu m'as même fait revoir ce texte, dont pour être honnête je ne suis pas méga satisfaite, d'un œil différent. Je l'ai écrit avec la volonté de surpasser des blocages idiots et en tentant de renouer avec une verve adolescente que je pouvais avoir auparavant dans l'écriture et qui, même avec le recul, me paraît intéressante stylistiquement. Bref... c'est très chouette de savoir que ça a pu toucher juste <3 Ça m'a fait du bien d'écrire et de publier ça, comme une étape de rémission.
Merci encore et à vite, je n'oublie pas ta Clairvoyeuse !
robruelle
Posté le 06/09/2022
Hello
Mireille a raison
On ne peint pas pareille quand on a 17 ans ou le double .
L'urgence n'est pas la même, pourtant l'urgence
Existe encore ...
A 17 ans , dans le souvenir que j'en al , on peint comme Raimbaud , avec les tripes de son mal être. Avec la passion dévorante de l'incompréhension du monde et de soi
Quand on vieillit L'urgence se modifie ... on peint certainement plus sereinement, les semaines deviennent des mois qui se changent en années
Pourtant L'urgence est bien la, terrifiante au fur et à mesure qu'autour de soi tout devient plus calme, tout devient plus froid . Les années comptent à l'envers et nous tétanisent
On ne peint pas comme quand on a 17 ans, mais on peut peindre quand même avec ses trippes d'êtres humain, sublimant en partie du moins sa basse condition
Bravo pour ce texte , du même niveau que les précédents
J'espère que Mireille aura su surmonter ses difficultés de pinceau depuis :)
EryBlack
Posté le 12/09/2022
Salut Robruelle, merci beaucoup pour ton retour, j'ai tardé à y répondre mais il m'a fait du bien à lire. C'est l'impression d'avoir le cul entre deux chaises, entre adolescence et âge adulte, qui n'aide pas à apprivoiser ce nouveau matériau à partir duquel la "peinture" peut se faire. Mais bon, pas le choix, il faut continuer les coups de pinceaux !
maanu
Posté le 19/04/2022
Salut !
Juste un petit commentaire pas très constructif pour te dire que je suis très impressionnée par ton style, qui est à la fois fluide, poétique et prenant !
Ça ne doit vraiment pas être évident de rendre aussi captivant un sujet pareil, une histoire dans laquelle il ne se passe à peu près rien ^^ Plus un essai sur l’art qu’une histoire, d’ailleurs
Excellente idée, de montrer l’art en train de se faire, avec ce parallèle écriture / peinture
Vraiment un très grand bravo pour cette nouvelle et les précédentes (j’ai ADORÉ « Passer la porte » !), j’espère en lire d’autres à l’avenir ;)
EryBlack
Posté le 25/04/2022
Merci beaucoup pour ton gentil commentaire, que je viens de découvrir ! Ça fait vraiment très plaisir, d'autant plus que (je suppose que c'est assez évident) je me trouve un peu dans la même situation que Mireille, donc recevoir ce genre de retour est très motivant : je suis heureuse que tu aies pris le temps de me l'écrire. J'ai l'intention d'en écrire d'autres et je retiens que le style fonctionne bien, ouf c'est déjà ça, reste à rassembler l'énergie, le temps et les idées ^^
À bientôt, ici ou ailleurs !
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