Tiens, voilà du bouh-din

Par Dan

Les bénévoles n'étaient pas encore arrivés quand elle se présenta devant la salle des fêtes. L'éclairage urbain venait de s'éteindre et, sur la grande place, la seule lumière provenait de la boulangerie que Merci venait de quitter. Elle y avait rongé son frein et sa touillette à café jusqu'à sept heures trente avant de craquer. Tant pis s'il était trop tôt. Après ça, d'autres tâches cruciales l'attendaient.

Merci tira la porte anti-panique et passa la tête à l'intérieur. Les spots allumés au-dessus de l'estrade donnaient l'impression que l'école de musique allait entamer son légendaire concert de huapango. Il régnait là une odeur étrange, mélange de vestiaires après le cours de savate et de cuisines avant le repas d'anniversaire, qui ne faisait pas bon ménage avec les relents d'antiseptiques et de produits détergents.

— Salut ? lança Merci.

Le fantôme d'une blouse blanche dansa derrière les tables à tréteaux et lui répondit selon la tradition :

— De rien. T'es un peu en avance, non ?

Merci haussa un sourcil en observant son installation. Chaise pliante à chaque poste. Registres et formulaires parés. Thermos remplis. Quand ils débarqueraient, les assistants n'auraient plus qu'à siroter leur thé en attendant les premiers donneurs. De toute évidence, Merci n'était pas la seule à être tombée du lit.

Elle offrit à la docteure un petit sac en papier que ses auréoles de gras rendaient presque transparent.

— Il faut manger. Et arrêter de travailler autant.

Elle avait encore vu la lumière allumée au cabinet jusque tard dans la nuit pendant ses dernières tournées, et ce matin, la docteure avait le teint plus gris qu'ambré. Merci s'empara d'un questionnaire et d'une bouteille d'eau, qu'elle commença à remplir et à vider pendant que Salut "à prononcer Saloute" Calvet grignotait son croissant au chorizo.

— Si t'as une tactique pour attirer un deuxième médecin à Belmont, je suis preneuse, rumina-t-elle, la bouche pleine.

Après neuf années d'exil en études supérieures, la toute fraîche thésée était rentrée au bercail pour reprendre l'affaire familiale - un peu comme Merci, le diplôme et le salaire en plus. Mais la ville ne semblait attirer que les gens qui y vivaient déjà, ou qui y avaient vécu. À part certains collectionneurs de vieux bolides, peut-être…

— On dirait que t'as besoin de renforts, toi aussi, fit Salut en plissant ses yeux fins. C'est l'organisation de la foire qui te met dans cet état ?

— Hm-hmm…

Merci feignit de s'absorber dans ses papiers. Toute la semaine, des rêves de sorcières et de voitures hantées l'avaient réveillée en sursaut, et l'écho des mots de son père l'avait empêchée de se rendormir. Son mal de tête l'accompagnait quand elle se levait aux aurores et la suivait jusqu'à ce qu'elle s'écroule de fatigue, juste avant les cauchemars.

— T'es sûre que t'es d'attaque ? insista Salut. Tu sais qu'il faut être en forme, pour ça.

— Je ne vais pas manquer à mon devoir civique sous prétexte que j'ai été bien occupée.

— Mouais.

Elle esquiva son regard suspicieux et lui rendit son formulaire, en échange de quoi Salut marqua son nom d'une petite croix dans le manifeste des généreux participants. Après ça, elles se dirigèrent toutes deux vers les box de consultation improvisés entre des rideaux tendus. Merci monta sur la balance - presque pas assez - et offrit son bras au tensiomètre - beaucoup trop. Maintenant, Salut avait la tête de quelqu'un qui a confondu le poivron et le jalapeño.

— S'il te plaît, anticipa Merci. C'est important.

— T'as pas besoin de ça pour que Marianne Landry te nomme encore employée du mois.

Merci ne savait pas si elle détestait ses motivations discutables ou le fait que Salut les devine aussi facilement. Elle ravala sa réplique et attendit, parce que bien se connaître, ça marchait dans les deux sens : quand Salut rechignait, il suffisait d'être patiente.

— T'as de la chance qu'on manque de O négatif, capitula Salut moins d'une minute plus tard. Des rapports sexuels à risque, dernièrement ?

— T'en profiterais pas un peu ?

— C'est le protocole. Mais oui, j'en profite, parce que si je te tire pas les vers du nez, tu me dis jamais rien.

— Ben écoute, à moins que mon vibro me fasse des infidélités, pas de risques, non.

— Drogue ?

Les paroles de son père revinrent lui éperonner la cervelle.

— Non, dit Merci.

— Bon. Bouge pas, on va faire ça ici.

Salut revint avec son équipement, enfila des gants, désinfecta le pli du coude, chercha une veine, puis piqua. Merci se prêtait à l'exercice trois ou quatre fois par an, mais la sensation de l'aiguille sous sa peau et du tube chaud le long de son bras avait toujours quelque chose de perturbant. Ça contrariait ses instincts de préservation. Dans l'ordre naturel des choses, on préférait garder son sang à l'intérieur de son corps.

Merci ferma les yeux pendant que la poche s'épaississait. Elle ne savait pas si c'était le confort relatif de la table, le ronron des machines ou la présence de Salut, mais elle se sentait glisser vers un sommeil qui promettait d'être calme et léger. Dix minutes passèrent comme dix secondes, jusqu'à ce que des éclats de voix sortent Merci de sa torpeur. La cavalerie des bénévoles venait de débarquer.

— Docteur Calvet ? Venez voir qui est là !

— On se retrouve cet aprèm ? demanda Salut en terminant son pansement.

— À la buvette, confirma Merci en tanguant vers la sortie.

Un petit attroupement s'était formé de l'autre côté du rideau, et il fallut quelques secondes à Merci pour repérer Augustine Landry au milieu de l'agitation. Elle acquiesçait, remerciait, serrait toutes les mains qui se tendaient vers elle, y compris celle de Merci, qui trouva sa poigne un peu flasque et son sourire un peu fébrile. Elle renonça à lui demander ce qui la tracassait : au moins, ça ne l'avait pas empêchée de venir. En quinze ans, Augustine n'avait raté aucune vendange d'hémoglobine.

Et pour cause. Tout ceci avait débuté par un terrible accident de presse à raisin, dont Augustine n'avait réchappé que grâce à la mobilisation générale des habitants de Belmont. Depuis, le don du sang était devenu une institution aussi respectée que la foire au boudin, qui se déroulait traditionnellement le même jour, histoire de requinquer les anémiés. En gage de gratitude éternelle, Marianne Landry distribuait à cette occasion un panier de saucisses personnalisé à chacun de ses administrés.

Un peu plus tard dans la matinée, Patxi viendrait photographier Augustine pour la gazette locale. Sa présence ici n'avait rien d'un scoop, mais sa détermination à rembourser sa dette forçait le respect, et elle motivait les troupes. Contrairement à sa maire d'épouse, les occasions de la croiser se faisaient rares.

Merci rendit sa main à Augustine - la seule qu'il lui restait - et salua le reste des bénévoles. L'odeur du thé à la fleur d'oranger avait commencé à embaumer l'atmosphère et Merci fit un crochet par le buffet, où elle laissa les préposés à la collation lui graisser la patte à coup de croquants et de coyotas. Nettement requinquée, elle quitta la salle des fêtes à l'heure où les premiers lève-tôt du troisième âge commençaient à faire la queue.

Maintenant débutait sa véritable mission.

Merci commença par vérifier que le labyrinthe des cordons dessinait une file d'attente optimale. Ensuite, elle barra les rues avec des plots de chantier et rallia la place du marché pour jouer les aiguilleuses du sol avec les exposants, leurs camionnettes et leurs remorques. Elle passa un coup de fil au garage et regarda la dépanneuse embarquer le SUV de M. Aznar, puis traça à la craie une belle place handicapé juste à côté de la halle. Elle donna un coup de main pour monter les présentoirs, dresser les parasols et brancher les glacières avant que le soleil leur cuise la nuque et que la soif les terrasse.

Merci était toujours épatée de voir combien de bergers, de bouchers et de traiteurs on comptait à Belmont. Certes, le territoire était vaste en considérant les limites communales, mais la grande majorité de la population vivait en ville, et les quelques agriculteurs qui arpentaient la plaine et les montagnes ne pouvaient pas alimenter tout un commerce de boudin. Le secret, c'était le business parallèle : tous ces tripiers du dimanche, ces apprentis-cuistots et ces amateurs de bidoche qui venaient jouer des coudes pour savoir qui détenait la meilleure recette de friture ou de plancha.

Tito ne tarderait pas à venir fureter, lui aussi - Merci savait qu'il voulait rajouter la morcilla au vin rouge à la carte de ses tapas. Elle se dirigea vers le stand du domaine Landry en espérant le prendre de vitesse. Les vignerons y faisaient déguster leurs associations mets et boissons - du pinard de luxe dans des petits gobelets en carton, accompagné de mini-boudins sur des tartines toastées. Les Landry proposaient même des formations pour accorder cépages et saucisses comme un chef étoilé. Ils avaient l'emplacement le plus large et la guérite la plus haute, aujourd'hui. Il fallait admettre que 4768 paniers garnis, ça faisait beaucoup de marchandises à stocker.

— Tiens, tiens, toi ici.

Merci avait redouté de croiser son père, ou un viandard remonté qui aurait sauvagement attaqué ses andouillettes au tofu. Mais cette rencontre était presque aussi déplaisante.

Victor Hébert lui jeta un regard en biais de sous ses cheveux bouclés avant de reprendre le réassort des bouteilles de vinaigre. Ses grandes oreilles pointaient comme deux paraboles, ornées d'anneaux et de pendentifs en plastique. Il avait une tête de Hobbit hippie, et si Merci préférait le voir gagner sa croûte à la foire que zoner dans la banlieue de Belmont pour refourguer sa came coupée au romarin, elle n'était pas certaine de croire à son petit air repenti.

— Pas trop difficile de se réveiller avant quinze heures un samedi ? demanda Merci en s'emparant de son panier. Pour travailler, qui plus est.

Elle avait menacé de sévir quelques mois plus tôt. Finalement, plus que la promesse du centre de redressement pour mineurs, c'était l'offre d'embauche des Landry qui semblait l'avoir remis sur le droit chemin. Ou au moins en direction du droit chemin. Enfin, Merci supposait qu'admirer l'altruisme de madame la maire, ça signifiait accepter qu'elle en fasse profiter tout le monde.

— Tu pourrais me répondre, fit Merci.

Il haussa une épaule. Fut un temps, Victor aurait envoyé une réplique douteuse sans se soucier d'aggraver son cas. La vie active l'avait-elle à ce point transfiguré ? Avait-il mûri avec les horaires fixes et la paie de stagiaire ?

— Pas la peine de faire tout ce zèle tant que Madame Landry n'est pas là, tu sais ? insista Merci, qui commençait à s'ennuyer.

— Elle viendra pas.

Merci resta un moment la bouche ouverte. Comment ? Pourquoi ? On n'avait jamais vu de foire sans Marianne Landry. Est-ce que c'était pour ça qu'Augustine semblait inquiète, tout à l'heure ? Pour ça que Victor tirait la tronche ? Merci s'aperçut qu'elle tripotait distraitement le nœud d'une saucisse, et que les sourcils de Victor avaient disparu sous sa tignasse.

— Rien de grave, j'espère ? demanda-t-elle.

Merci comprit sa boulette avant que l'étonnement de Victor vire à la goguenardise : en avouant qu'elle en savait moins que lui, elle lui donnait du pouvoir. Et ça, c'était mauvais. Mauvais pour une enquêtrice et pire pour une figure d'autorité qui espérait garder les petites frappes à leur place. Mais au moment où Merci envisageait d'effacer son sourire insolent à coup de boudin au seitan, une invective proche du hurlement détourna son attention. L'appel provenait d'un homme en pyjama et en espadrilles, qui fondait sur Merci.

Elle planqua son panier sous la table, puis carra les épaules contre la déferlante : de la colère, des menaces, des postillons. M. Aznar n'était vraiment pas content que son 4x4 ait disparu, mais elle ne sourcilla pas quand il manqua de lui enfoncer un index accusateur dans la narine. Il flirtait dangereusement avec l'outrage à agent quand les collègues du service des loisirs surgirent de nulle part, lui passèrent un chapelet de saucisses autour du cou et l'entraînèrent dans le dédale de la foire.

Merci ravala sa petite déception : elle avait raté l'occasion de lui mettre une amende salée, mais peut-être aussi celle de se prendre une tarte. Elle laissa Victor au montage de son stand et oublia l'absence de Marianne Landry : il fallait gérer les marchands qui empiétaient sur la parcelle de leur voisin, orienter les premiers visiteurs et sermonner les ados crétins qui inscrivaient leur sœur au concours du plus gros boudin. Les animations démarrèrent un peu avant midi, l'apéro méridien bien avant ça, et tandis que la moitié de Belmont se pressait encore à la salle des fêtes, la place du marché commençait à crépiter d'odeurs d'huile d'olive et de fumée. Merci assista au blind-test de la barbaque, puis décrocha la médaille d'argent au lancer de saucisses. Après ça, tout se confondit dans un tourbillon d'urgences, de petits accidents et de tournées gratuites.

— Y a des poches de sang qui ont disparu.

Merci n'avait aucune idée de quand Salut l'avait rejointe. Elle n'avait même pas souvenir de s'être assise aux tables de pique-nique dressées près de la buvette, ou d'avoir éclusé un deuxième pastis. De temps à autres, l'équipe des loisirs faisait une nouvelle entrée, distribuait un collier dans un geste qui ressemblait davantage à un lancer de lasso qu'à un accueil de vahinés, puis disparaissait avec sa victime. Merci aurait pu croire à une vaste opération de kidnapping si elle ne savait pas qu'ils sélectionnaient des volontaires pour le spectacle de clôture.

— Tu m'écoutes ? fit Salut en secouant la main devant les yeux flous de Merci.

— Quoi ?

— Des poches. De sang. Disparues.

— Hm.

— Ah, d'accord. Pour une fois qu'on te parle d'un sujet d'enquête sérieux, toi tu…

Merci avait vaguement dressé l'oreille au mot "enquête", mais en dressant le reste, elle avait aperçu quelque chose qu'elle n'était pas prête à voir. Un polo bien repassé. Un pantalon à plis. Des mocassins. Des lunettes noires et une grosses chaîne moche qui renvoyaient des éclats de lumière. Elle espéra un moment que les reflets lui jouaient des tours, mais en distinguant son profil abrupt et son petit air cynique, elle dut se rendre à l'évidence : l'étranger était de retour.

— C'est lui ? demanda Salut, qui avait suivi son regard. Que t'as vu aux Yuccas vendredi dernier ?

Merci lui avait tout raconté, évidemment : c'était quand même beaucoup plus intéressant que son manque d'activité sexuelle ; mais elle était trop focalisée pour lui répondre, là maintenant. Pourquoi était-il revenu ? Pure curiosité, vraiment ? Passion solitaire pour la viande en boyau ? Merci n'avait revu ni sa Chevrolet ni le reste de sa clique de dangers publics, et elle ne savait pas ce qu'elle devait en déduire. Elle se levait du banc avec la ferme intention d'éclaircir ce mystère quand les doigts de Salut attrapèrent les siens.

— Je reconnais cette tête, dit la docteure, la mine grave. Et la dernière fois que je l'ai vue, ça s'est mal terminé.

— On dirait mon père…

"Ça t'a pas suffi, la dernière fois ?"

— Ben ton père a raison.

— Mon père pense qu'un garde-champêtre, c'est comme un coiffeur ou un patron de PMU : un psy en moins cher.

— J'ai pas dit que ton père avait raison sur tout.

— On n'est pas censées se soutenir, entre amies ?

C'était bas, mais plus important dans l'immédiat : c'était efficace. Salut la relâcha et Merci sonda la foule. Pendant un instant de panique, elle crut que l'étranger avait disparu ; puis elle capta l'étincelle d'un verre teinté alors qu'il s'éloignait vers la halle. Merci lui emboîta le pas en esquivant tant bien que mal les sardanes improvisées et les chenilles qui redémarrent.

La zone couverte du marché avait la taille et l'allure d'une vieille grange : un bijou de charpente reposait sur une forêt de poteaux biscornus, chaque tuile manquante laissant s'écouler des cascades de poussière aussi lumineuse que des paillettes. Dessous, on avait monté la scène qui accueillerait la représentation de M. Aznar & Cie, moins pour l'ombre que pour l'acoustique, et l'étranger venait de se faufiler derrière une pyramide de petits amplis en direction du local central.

Qu'il se pointe à la foire, c'était déjà suspect, mais qu'est-ce qu'il fichait là ? Seuls les employés municipaux savaient qu'on y planquait des tickets de tombola et des cartons de loto gratuits. Alors quoi ? Il allait saboter le spectacle en coupant le courant ? Voler une balayeuse ? La théorie de l'activiste végan était au moins aussi fumeuse que celle du kleptomane fétichiste des quatre roues. Merci n'avait pas le temps de démêler ses idées, de toute façon : elle ne l'entendait plus marcher. Elle l'entendait parler, par contre. La rumeur de la fête était assourdie, ici, et sa voix résonnait étrangement dans l'espace confiné entre l'estrade et l'abri à poubelles.

Une autre voix lui répondit alors que Merci accélérait :

— Dégagez. Vous avez rien à faire là. Et de toute façon, vous avez aucune chance.

Elle s'avança jusqu'à glisser un œil au détour du générateur de secours. Même de dos, même dans la pénombre, elle reconnaissait cette touffe bouclée et les oreilles trouées de piercings qui en dépassaient.

L'étranger sourit à Victor, et continua à sourire tandis qu'il fouillait dans son tote-bag de la Française des Jeux. Il en sortit un sachet plastique, transparent et refermable, qui contenait quelque chose de semblable à de la poudre ou à des petits cristaux. Merci avait déjà vu ça à la télé, sauf que dans ses souvenirs, c'était blanc ou beige. Pas rouge.

— Essaye ça, et on en reparlera, dit l'étranger en l'offrant à Victor.

— J'en veux pas de votre merde.

Merci était hors d'elle. Pas furieuse, mais presque littéralement à côté de son corps, incapable de dire si elle éprouvait de la terreur, de l'excitation ou de la rancœur, parce qu'elle avait raison, finalement, elle avait peut-être toujours eu raison, il se passait des choses louches avec cet intrus, avec Victor, peut-être avec Luis, à l'époque, mais personne ne l'avait crue, personne ne la croyait, et elle était la seule à pouvoir faire quelque chose. Elle devait faire quelque chose.

L'étranger rangea son sachet et la bizarre projection astrale de Merci lui revint dans la face comme un boomerang. Elle avait la bouche aussi sèche qu'un croûton à l'ail et la sensation que ses globes oculaires palpitaient. Quand elle essaya de parler une première fois, elle n'entendit même pas son propre gargouillement.

— Ne bougez pas ! répéta-t-elle en s'avançant sur des jambes flageolantes. Toi non plus, Victor !

Il avait bondi comme un chat qui voit débarquer l'aspirateur. Heureusement, sa frayeur avait l'air de le paralyser, maintenant. Celle de Merci redoubla, parce que sa réaction confirmait quelque chose qu'elle craignait presque autant qu'elle l'espérait : ce qui se jouait ici n'avait rien d'innocent.

— Vous, lâcha-t-elle en pivotant vers l'étranger, dont elle ne voyait pas les yeux derrière ses lunettes de soleil. Ce que vous venez de mettre dans votre sac, sortez-le. Très lentement.

Il obéit avec un peu trop d'enthousiasme : glissa la main dans son tote-bag, fouilla et empoigna quelque chose. Un objet trop gros pour être un sachet. Une forme longue qui alluma des alarmes dans le cerveau de Merci avant même de la reconnaître. Elle chercha son étui. S'y reprit à trois fois pour défaire le bouton. Trembla en attrapant la crosse. Dans combien de films avait-elle vu un flic ténébreux faire ce geste, vite et bien, aidé par de longues années d'expérience, ou par le scénario ? Elle faillit se le lâcher sur le pied et brandit enfin son pistolet au moment où l'étranger levait le bras en tenant un boudin.

— Bouh.

Elle n'entendait plus rien. Ses tympans bourdonnaient et… elle ne pouvait pas avoir entendu ça, si ? Si. Le sourire de l'étranger dévoilait une rangée de dents trop blanches et trop bien alignées. Elle avait chaud. Peur. Envie de s'enfuir, ou de se jeter sur lui. Alors elle ne faisait rien. Et elle eut l'impression de ne rien faire pendant des heures avant qu'un cri ne la secoue :

— Mercedes !

Une silhouette s'agita au coin de son œil droit. Elle ne voulait pas voir Salut, mais c'était pire : son père.

— Qu'est-ce que tu… Range ça ! hurla-t-il.

— Recule, reste pas là.

Elle ne lâchait pas l'étranger du regard, même si la cuisse qu'elle visait entrait et sortait de sa ligne de mire à force de tremblements. La peau de Merci lui semblait trop étroite, maintenant, et les fourmillements qui galopaient du sommet de son crâne au bout de ses orteils faisaient frémir son doigt près de la gâchette. Elle aurait voulu que son père déguerpisse. C'était dangereux pour lui. Pour elle. Elle ne devait pas se laisser distraire et…

— Arrête !

La main de Tito se referma comme une tenaille et Merci faillit lâcher son arme en même temps qu'un gémissement. L'étranger baissa son boudin, comme s'il avait vraiment pu s'en servir pour répliquer, et Victor osa reculer d'un pas. Merci résista un moment avant que son père lui arrache son pistolet, puis il dit quelque chose aux deux trafiquants qu'elle ne comprit pas. Elle avait du coton dans les oreilles. Du plomb dans les mollets. Quand il l'attrapa par le col de sa chemisette d'uniforme, elle se laissa traîner comme un sac.

Loin du couvert de la halle, des dizaines d'yeux l'épluchaient. La musique et les rires s'étaient tus. Son père attendit qu'ils se soient éloignés de la foule pour lâcher :

— Mais ça va pas ?! T'allais tirer sur un mec qui te menaçait avec une saucisse ?

— Il avait…

Il avait quoi ? Qu'est-ce que c'était, au juste ? On aurait dit du paprika. Du chili ? Non. Non. On ne dealait pas des épices dans des recoins sombres. En fait, en général, on ne dealait pas non plus en pleine journée juste à côté d'un marché noir de monde. Mais c'était bien ce qui s'était passé, pas vrai ? Merci n'avait pas rêvé, hein ? Cet hurluberlu l'avait bien mise en joue avec un…

— Mercedes, ça va ?

Il faisait nuit, tout à coup. Elle ne voyait plus grand-chose en dehors de la grande forme de son père qui se penchait vers elle. Quelque chose bourdonnait contre ses tympans et elle avait du mal à respirer. Elle ne sentit même pas les pavés sous ses genoux quand elle s'écroula.

Merci mourut un samedi soir, mais pas ce samedi-là.

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EryBlack
Posté le 24/01/2023
Coucou ! Allez c'est parti pour Mordicus ! J'ai relu ces deux premiers chapitres, que j'avais découverts à l'occasion des HO, avec beaucoup de plaisir. C'est tendrement drôle et entraînant, j'adore l'ambiance de Belmont qui m'évoque un patchwork entre mon village des Cévennes, un coin au Sud vers la Palme où je suis allée un été et le village dans Encanto. Un coin coloré où les gens se connaissent, où les fantaisies des uns et des autres trouvent à s'exprimer, où ça sent bon la bouffe.
Quand à Merci, elle me rappelle un peu Judy de Zootopia (alors oui désolée je vais continuer les réfs xD Mais j'aime vraiment bien quand une histoire m'évoque tout plein d'autres histoires que j'ai aimées !). Le côté "je veux absolument prouver qu'il se passe des trucs louches", tout autant par sincère volonté de protéger que par besoin moins avouable de reconnaissance, j'ai l'impression. Je trouve ça attendrissant et une bonne qualité/défaut pour un perso principal.
Dans la lignée des réfs (enfin réfs... si c'est involontaire de ta part, ce serait plutôt des résonances que je perçois), j'ai adoré que la première phrase puisse renvoyer au début de Twilight et qu'elle soit ensuite "retournée" avec cette fin de deuxième chapitre. Ce genre de pirouettes fonctionne vraiment bien !
Un petit truc m'a perturbée : la scène avec Abuela Sebastiana à la fin du chapitre 1 m'a donné l'impression qu'il allait se passer quelque chose directement ensuite, mais en fait comme il y a ellipse jusqu'au début du chapitre 2, il ne s'est peut-être rien passé de plus que ce "chhhht" perturbant ? Rien de grave, mais sur le coup j'ai quand même cru que j'avais loupé un chapitre.
La scène de fin pose pleiiiin de questions et je suis frustrée d'avance pour Merci : vu qu'elle était ivre et que personne n'a été témoin de l'échange de "drogue" (?), elle va probablement devoir batailler pour qu'on la croie... En tout cas, c'est intrigant juste comme il faut !
Nosir
Posté le 13/01/2023
J'aime toujours autant cette histoire, le ton, l'ambiance, les personnages. Il y a beaucoup d'action, d'humour, d'émotions, de suspense, de mystère, de rebondissements... C'est un vrai plaisir à lire!

J'ai par contre eu un peu de mal à comprendre certains détails dans la première moitié du texte, ce qui a perturbé plusieurs fois ma lecture. Si cela t'intéresse de savoir quoi exactement, je t'en ferai la liste avec plaisir. À la seconde relecture, je me suis aperçue que les points qui m'ont posé problème relevaient plutôt d'une formulation un peu ambigüe. Mais cela ne tient peut-être qu'à moi.
En tout cas, bravo. Je veux savoir la suite!
CelCis
Posté le 23/12/2022
Ca me tient en haleine!

Toujours ce jeu entre l'humour et la tension, qui permet de vivre un roller-coaster d'émotions. Puis la nourriture. J'ai été farfouiller sur le net pour avoir plus d'infos sur ce dont tu parles. J'ai envie d'essayer les coyotas, maintenant.

Comme Itchane, je m'étais perdue un peu entre Augustine et Marianne (mais j'aurais pu relire, aussi).

J'ai relu le passage avant que Merci ne vise la cuisse de l'étranger. Car je cherchais le moment où elle avait sorti son fusil - était-ce à ce moment-là, où tu parles de la cuisse (ce qui me semble), ou avant, quand elle est intervenue? Peut-être pas assez clair pour moi.

Sinon c'est top, vraiment. Je suis déjà toute inquiète de savoir qu'il n'y a plus qu'un chapitre à lire. Pour l'instant ;)
Dan Administratrice
Posté le 07/01/2023
Tant mieux si ça s'équilibre à peu près, j'ai une fâcheuse tendance à désamorcer des situations dramatiques avec des blagues discutables parce que c'est mon propre mécanisme de défense...

Et oui je me fais plaisir avec la bouffe, je devais avoir faim quand j'ai commencé à écrire cette histoire... !

Je vais me débrouiller pour clarifier la situation entre Augustine et Marianne, promis ! Et si la confrontation finale est un peu floue aussi, je reprendrai ça, merci pour tes remarques à ce sujet.

Et merci tout court, contente que ça te plaise !!
JeannieC.
Posté le 08/11/2022
Wow décidément, je suis fan de ce genre d'ambiance. On balance d'un instant à l'autre entre gravité et humour. La chute est géniale, et j'ai souri à certains détails comme le passage du saucisson. Gros coup de coeur également sur certaines expressions - très bien trouvées - comme "le fantôme d'une blouse blanche" ou les paroles qui "éperonnent la cervelle".
En fait, je me dis que ça colle complètement à la touche mexicaine que tu as choisie : la mort traitée avec des couleurs vives et dans une ambiance festive. Je retrouve de ça dans ton histoire, avec cet humour qui vient habiller un drame. Et les clair-obscur, c'est mon dada. Je sens que cette histoire va passer dans ma PàL et que j'y reviendrai en parallèle de ton autre roman <3
A bientôt !
Dan Administratrice
Posté le 10/12/2022
Merci Jeannie !

J'avais un peu peur que les allers-retours entre le ridicule et l'inquiétant finissent par gâcher les deux, mais tant mieux si ça marche avec toi ! Je ne résiste pas aux mauvaises blagues, malheureusement...

Je suis très très très contente que tu aies remarqué ce contraste et ce rapprochement avec le traitement ""mexicain"" de la mort... c'est important pour la suite !

Merci beaucoup pour tes retours, j'espère que la suite te plaira si tu reviens par ici :D
Nanouchka
Posté le 06/11/2022
◊ J'aime toujours autant l'humour que tu mets dans les descriptions de ce lieu.
◊ J'éprouve la même distance que dans le chapitre précédent par rapport à Merci. Je n'arrive pas à m'identifier à elle ou à me sentir proche d'elle.
◊ Je ne suis pas certaine d'avoir tout compris. Cette phrase notamment m'a déconcertée : "L'étranger rangea son sachet et la bizarre projection astrale de Merci lui revint dans la face comme un boomerang." Quelle projection astrale ?
◊ C'est chouette que les bizarreries se multiplient ; tout fout le camp.
◊ Adoré la dernière phrase du chapitre.
Dan Administratrice
Posté le 10/12/2022
Salut Nanouchka,

Je vais voir pour reprendre cette phrase, c'était une simple image de la "dissociation" de Merci à ce moment-là.

En parlant de Merci, tu saurais me dire ce qui te la rend si distante ? Ce n'est pas forcément facile d'expliquer un manque de quelque chose, mais ça m'aiderait bien à corriger le tir si je savais un peu mieux ce qui t'empêche de t'identifier à elle. Si tu peux me faire un petit retour là-dessus, ce serait top, sinon, merci dans tous les cas pour ta lecture et ton commentaire !
Nanouchka
Posté le 10/12/2022
D'acc :)

Je prends l'exemple de ces deux paragraphes :

"Merci se prêtait à l'exercice trois ou quatre fois par an, mais la sensation de l'aiguille sous sa peau et du tube chaud le long de son bras avait toujours quelque chose de perturbant. Ça contrariait ses instincts de préservation. Dans l'ordre naturel des choses, on préférait garder son sang à l'intérieur de son corps.

Merci ferma les yeux pendant que la poche s'épaississait. Elle ne savait pas si c'était le confort relatif de la table, le ronron des machines ou la présence de Salut, mais elle se sentait glisser vers un sommeil qui promettait d'être calme et léger."

J'ai l'impression qu'on la voit du dehors, que le narrateur se tient loin d'elle. Ce sont des pensées, tout dans le cerveau, mais j'ai du mal à savoir ce qu'elle ressent plus en termes d'émotions et sensations.
Presque un peu scénaristique comme écriture, j'ai trouvé, très visuel, très factuel, et finalement pas tant dans l'introspection (ce qui est complètement okay, c'est juste moi qui adore les monologues interminables de personnages).
Après, c'est peut-être aussi une question de personnalité, parce qu'elle me semble très terre-à-terre, et que je suis très... l'opposée.
Sabi
Posté le 03/11/2022
Une histoire très bien écrite, c'est le moins qu'on puisse dire. Tous les mots espagnols qui dénotent le Mexique contribuent à créer une très bonne ambiance de pampa mexicaine. Les personnages sont attachants. Et la phrase de chute de ce chapitre est super bien trouvée.
Bravo.
Dan Administratrice
Posté le 10/12/2022
Salut Sabi ! On n'est pas exactement au Mexique, mais c'est l'inspiration. Un Mexique franchouillardisé, disons ;)

Merci !
Hortense
Posté le 03/11/2022
Merci, un agent plein de bonne volonté, probablement d'intuition, mais qui manque encore visiblement d'expérience....
Et j'aime bien la chute qui laisse ouverte toutes les portes.
Un plaisir
Dan Administratrice
Posté le 10/12/2022
Salut Hortense,
Ça oui, elle manque pas de bonne volonté, mais y a encore du chemin à faire avant d'intégrer le GIGN, disons :p
Merci pour ton retour !
Liné
Posté le 02/11/2022
Hahaaa, si ça se trouve elle est morte de sa belle mort, à 97 ans, un samedi soir xD

J'aime beaucoup le ton du roman. Mention spéciale aux échanges entre Merci et Salut, incises incluses ("S'il te plaît, anticipa Merci.") : politess is key, quoi.

Je continue de trouver Mercedes bizarrement attachante. J'aime beaucoup le fait qu'elle veuille bien faire, qu'elle connaisse bien la ville et ses habitant-es, qu'elle soit attentive. Et puis, j'ai envie de faire confiance à son instinct. Sauf que, en même temps, elle a une fâcheuse tendance à la rectitude et à la gaffe, donc... ben non, Merci (<- jeu de mots, t'as vu !)

Question : mais qu'est-ce qui t'as mis sur la piste d'un roman policier latino avec foire au boudin ?!

A bientôt !
Dan Administratrice
Posté le 10/12/2022
Haha ça serait très fourbe de ma part :p

Merci pour ton retour ! Et ça me rassure beaucoup pour Mercedes, parce que j'ai l'impression qu'elle n'est pas forcément attachante pour tout le monde... Enfin, c'est subjectif j'imagine. Je l'espérais juste assez pitoyable pour être sympathique x'D

Promis, il y a un lien à peu près logique entre l'aspect enquête, l'ambiance caliente et le boudin, mais il faudra attendre un peu pour que je puisse partager mes associations d'idées tordues...

En attendant, merci encore pour ta lecture et ton retour !
MrOriendo
Posté le 02/11/2022
Hello Dan !

Un deuxième chapitre qui n'a rien à envier au premier en termes d'ambiance, et la tension que l'on sentait poindre devient maintenant palpable.
L'échange final de Mercedes avec l'étranger, le coup de la saucisse qu'il dégaine de son sac, il y a un vrai mélange d'humour et de tension dramatique dans cette scène qui la rend palpitante et moins innocente qu'elle n'y parait.
La phrase de chute est particulièrement bien trouvée, elle vient briser le climax à point nommé mais laisse entendre qu'il va encore se passer beaucoup de choses...
Je rejoins le commentaire d'Altaïr, cette "chronique d'une mort annoncée" n'est sans doute pas aussi simple qu'elle n'y parait.
En tout cas, c'est un plaisir de te lire.

A bientôt,
Ori'
Dan Administratrice
Posté le 11/12/2022
Hello !

Contente que ce chapitre te plaise tout autant ! J'avais peur que le passage de l'humour à la gravité fasse un trop grand écart ici, donc je suis soulagée de lire ton retour. Eh oui, la menace d'un samedi soir fatal continue à planer...

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !
Edouard PArle
Posté le 02/11/2022
Coucou !
La phrase de chute xD
J'ai aussi beaucoup ri de la scène où l'étranger menace merci de son saucisson. Malgré tout, la tension était très présente dans leur échange. L'étranger ne m'inspire aucune confiance, pour toutes les raisons que Merci évoque. Ça donne envie d'en apprendre plus.
Intéressant la scène du don du sang. Je confirme les ressentis de Merci, même si ça ne fait rien c'est toujours un peu étrange de voir la poche se remplir ^^
Un plaisir,
A bientôt !
Dan Administratrice
Posté le 11/12/2022
Salut Édouard,

Dommage, je vais pas pouvoir utiliser cette chute à chaque fois :p Contente si la tension est palpable malgré les digressions vers les saucisses. Et tant mieux si la scène du don du sang est crédible, j'ai jamais donné moi-même...

Merci pour ton retour !
Tac
Posté le 01/11/2022
Yo !
Hé bien, tout ceci est fort mystérieux. Joliment servi avec un style irréprochable. Je serais incapable de dire vers quoi cette histoire va nous emmener, puisque je sais que tu aimes prendre au dépourvu, mais pour le moment il est très aisé de se laisser porter !
Plein de bisous
Dan Administratrice
Posté le 11/12/2022
Yo Tacou !

Merci pour tes compliments. Ça semble encore nébuleux pour l'instant, mais j'espère que quand le mystère se lèvera, ça se mettra en place comme il faut !

Des bisous
Altaïr
Posté le 30/10/2022
Hola Dan !
Tu nous en mets plein les sens : ta plume débite une profusion de mots joueurs qui nous prennent par les yeux, nous entraînent dans un dédale d'images, d'odeurs et de sons (un peu de force quand même, mais j'avoue que je ma curiosité me pousse à garder les yeux bien ouverts de plein gré !).
Les scènes s'enchaînent à un rythme infernal, pas le temps de réfléchir. Au point qu'on en oublierait presque ton avertissement de départ : tu installes une ambiance de piñata après avoir annoncé dès le début que la fête allait mal tourner. A moins que ce ne soit une corrida, dont l'issue est convenue dès le départ. Mais qui tiendra les rôles du torero et do toro ?
En tout cas, à défaut de m'être attachée au perso (pour me préserver, hein !), je me suis attachée à l'histoire, et je soupçonne même que tu nous caches plein de rebondissements sous cette "Chronique d'une mort annoncée".
A suivre donc ...
Dan Administratrice
Posté le 11/12/2022
Hello Altaïr !

Bon, j'espère que cet entraînement de force n'est pas trop douloureux quand même, faut pas hésiter à me le dire si j'en fais trop, c'est assez difficile à doser finalement...

Idem pour le rythme, si les scènes s'enchaînent trop vite, je peux y remédier ! J'ai tendance à être un peu expéditive maintenant, je crois que j'essaye de contrebalancer mes débuts en écriture qui étaient très très très alambiqués.

En tout cas, tant mieux si les ambiances fonctionnent. Eh oui, la menace rôde toujours, et un de ces samedis, Merci risque de moins rigoler. Mais que ça ne t'empêche pas de t'attacher à elle, on n'est jamais à l'abri d'une surprise... :p

Merci pour ta lecture et ton commentaire !
itchane
Posté le 24/10/2022
Ouah !

Il y a des aller-retours tellement rapides entre le comique et le dramatique ! L'ambiance peut changer totalement d'une ligne à l'autre sans que l'on s'y attende du tout, c'est vraiment extra, l'ascenseur émotionnel est dingue.

Il y a deux petits passages que j'ai mis un peu de temps à comprendre, j'ai d'abord cru qu'Augustine était la maire du village puisqu'elle s'appelle Landry et sert les mains de tout le monde, alors j'ai eu du mal à comprendre ensuite quand le nom de Marianne est arrivé dans le texte... il a fallu que je relise tout calmement pour comprendre qu'elles étaient épouses et que c'était Marianne la maire des deux (c'est bien ça ? ^^), ce n'était pas évident.

Et autre mini détail, je n'ai pas bien compris à qui était le tote-bag française des jeux, comme on parlait de loto et de tombola juste avant j'ai associé les deux et je n'ai pas tout de suite pensé que c'était l'étranger qui le portait, je me suis un peu perdue x'D

Sinon les mystères s'épaississent, en plus de l'étranger, les vols de sang et le passé de Merci viennent s'ajouter au scénario, ça promet !

Les passages quasi burlesque à base de saucisses et de chorizos sont toujours aussi réussis (nouvelle explosion de rire en lisant : "sermonner les ados crétins qui inscrivaient leur sœur au concours du plus gros boudin") et le contraste avec cette fin de chapitre et d'autant plus forte. Quelle tension ! Cet étranger est vraiment glaçant...

C'est toujours aussi bien et spécial et intriguant, j'adore le concept ! : )
Dan Administratrice
Posté le 11/12/2022
Et re-coucou itchane !

Bon, tant mieux si l'ascenseur ne se change pas non plus en montagnes russes violentes !

Ah effectivement je comprends la confusion pour Augustine, j'essayerai de préciser ça (c'est bien la femme de Marianne, et Marianne est la maire, prénom approprié s'il en est, je viens de percuter x'D).

Pour le sac, je reprendrai aussi à tête reposée, j'avais effectivement pas envisagé que ça puisse prêter à confusion mais je comprends pourquoi !

Merci pour ta lecture et ton retour, contente que l'ambiance te plaise et que les saucisses fassent autant d'effet que les étrangers inquiétants <3
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