Syam (4)

Par Rimeko
Notes de l’auteur : Un chapitre plutôt replet, mais j'avais plein de choses à dire :P

Ce n’était probablement pas une bonne idée de désobéir à son père.

Ce devait être pire, ceci dit, de le prendre en filature depuis les toits, et que dire du fait qu’elle était, théoriquement, toujours assignée à domicile ? Alors elle n’en était plus à une incartade près, mais dans ce cas, pourquoi se sentait-elle particulièrement coupable de se trouver là, en équilibre sur une gouttière, plutôt qu’aux côtés de sa mère comme il lui avait demandé ?

Dans une vaine tentative pour chasser cette pensée, Syam se concentra sur ses mouvements – trouver une prise, se lancer, faire travailler ses bras, reprendre son équilibre. Étrangement, alors même que sa raison lui criait qu’elle était en train de faire une énorme bêtise, elle se sentait heureuse. À croire que le vent sifflant à ses oreilles, la sensation de ses muscles nerveux en exercice et le fourmillement d’excitation au bout de ses doigts, c’était tout ce qu’il fallait – cela, et des réponses.

C’était en quête de celles-ci qu’elle s’était mise en tête de suivre son père à travers les rues de Galatea, après avoir surpris une conversation qui lui avait immédiatement mis la puce à l’oreille. Après tout, qui prononcerait une phrase telle que « Oui, depuis jovae il manque une caisse de farine » si elle ne contenait pas un code quelconque destiné à un mystérieux membre d’un groupe révolutionnaire ? Syam sentit un frisson lui parcourir l’échine à cette pensée. Elle était persuadée que son père se rendait à un rendez-vous secret suite à ce coup de fil inopiné, même si Jack avait tout fait pour la convaincre qu’elle se trompait, et elle se devait d’en apprendre plus ! Elle n’avait attendu qu’un signe du destin pour quitter le chevet de sa mère, si bien qu’elle n’avait pas hésité une seconde en apercevant la fenêtre laissée ouverte au rez-de-chaussée. Autrement, elle ne pouvait quitter la demeure parentale pour la simple et bonne raison que le système de commande automatique des portes refusait catégoriquement de la laisser passer – refus qui s’accompagnait toujours d’une décharge électrique fort déplaisante. La jeune fille frotta son poignet avec un grimace, peu habituée à ne pas y sentir le contact familier de son poignélec, laissé dans sa chambre pour que personne ne puisse la géolocaliser.

Elle revint à l’instant présent alors que son père bifurquait soudainement dans une ruelle presque dissimulée entre deux hautes bâtisses à l’air lugubre. Syam courut jusqu’au bord des toits, légère et leste, et se mit à quatre pattes pour se pencher au-dessus de l’étroit passage qui se finissait en cul-de-sac. Il n’y avait personne et, plus étrange, elle ne voyait ni porte ni aucune ouverture accessible depuis le pavé. Elle s’arrêta, interloquée, cligna des yeux plusieurs fois et dut bien se rendre à l’évidence : son père s’était volatilisé.

Après quelques minutes de flottement à fixer les murs couverts de lichen en espérant que son père s’y dissimulât à la manière d’un caméléon, elle dut bien se résoudre à descendre de son perchoir. Pendant un long quart d’heure, la jeune fille s’attela à fouiller fébrilement les alentours des yeux et des mains, tentant de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Il devait y avoir un moyen d’ouvrir un passage secret – un pavé descellé, une attache de gouttière, une pierre saillante, n’importe quoi !

En désespoir de cause et à bout de patience, Syam se décida à remonter sur le toit pour guetter la sortie de son père. Elle s’assit en tailleur, assez en retrait pour ne pas projeter d’ombre trop visible sur le mur d’en face, et s’employa à fixer la ruelle sans même cligner des yeux, de peur de rater le moment où son père se montrerait à nouveau.

Elle commençait pourtant à s’ennuyer ferme quand des éclats de voix non loin attirèrent son attention. Les quartiers résidentiels étaient plutôt calmes d’habitude, au contraire des zones plus commerciales ou même des bas-fonds, mais ce qui l’étonna surtout, c’était que les bruits provenaient non pas des rues en contrebas, mais bien des toits voisins. Elle se redressa d’un coup, électrisée par la perspective d’un peu d’animation.

Ce qu’elle vit lui fit l’effet d’un coup à l’estomac.

Elle qui pensait trouver d’autres jeunes casse-cou partis comme elle à l’assaut du ciel, ou dans le pire des cas des voyous de bas étages, ne s’attendait certainement pas à découvrir à une trentaine de mètres à peine une escouade de la Garde. Elle fixa la scène, médusée. Non, pas de doute, il était impossible de ne pas reconnaître l’uniforme des hommes à la solde des séraphines – casque intégral, combinaison grise à l’épreuve des décharges, ornée dans le dos d’une esquisse de la Tour d’Amérine, violet et or, paralyseurs dernier cri. Syam frissonna à la vue des armes, ne se rappelant que trop bien la douleur qui avait envahi son corps lorsque la cartouche l’avait frappée dans le dos, une dizaine de jours plus tôt. D’instinct, elle se recula un peu, dissimulée à demi par une large cheminée.

Les hommes ne parlaient pas, avançant presque silencieusement malgré leurs lourdes bottes, se déployant selon un schéma savamment préparé. Ils étaient quatre, et deux vinrent se placer de chaque côté de la ruelle, un peu en amont de la cachette de la jeune fille, le canon de leurs armes pointé vers le bas. Les deux autres disparurent de sa vue, cependant il ne faisait aucun doute qu’ils restaient dans le périmètre – probablement dans la rue principale pour…

En un éclair, Syam comprit ce qui les amenait là et son souffle se bloqua dans sa gorge.

Elle se rencogna derrière la cheminée, le dos plaqué contre la pierre, le cœur battant. Elle osait à peine respirer. S’ils découvraient sa présence, la Déesse seule savait ce qu’ils étaient capables de faire ! D’ordinaire, elle s’inquiétait peu de la présence des autorités, persuadée qu’elle n’aurait qu’à leur montrer ses papiers pour qu’ils la laissent tranquille. Toutefois, cette escouade-là était en intervention, prête à faire feu sans aucune somation – et sur les toits, le moindre déséquilibre pouvait entraîner une chute mortelle. Et même s’ils prenaient la peine de vérifier d’abord son identité, ils découvriraient immédiatement qu’elle n’avait rien à faire ici, hors de son domicile, et également qu’elle avait déjà été prise en flagrant délit de tentative de fraude, à la douane… Et s’ils la prenaient pour une des révolutionnaires qu’ils cherchaient ? Et s’ils faisaient le lien entre son nom de famille et son père, qui lui était engagé pour de bon dans des activités illicites, est-ce que…

Son père ! Syam avait envie de se gifler pour ne pas y avoir pensé plus tôt, trop absorbée par sa petite personne. Elle-même était là pour guetter sa sortie d’un passage secret, passage qui ne pouvait que mener à une planque secrète des Réformeurs… dont la Garde avait eu vent de l’existence, d’une manière ou d’un autre. Et maintenant son père était en danger !

Ses mains se crispaient et se décrispaient sur ses genoux, impuissantes. Elle se devait d’agir, de cela au moins elle en était sûre, mais comment ? Elle n’avait pas son poignélec, aucun moyen de contacter son père ou les gens qu’ils rencontraient, aucun moyen de les avertir du danger qui les attendait à leur sortie. Par la Déesse, elle ne savait même pas où se trouvait cette foutue entrée ! Elle pourrait peut-être essayer de rentrer chez elle et de récupérer son appareil dans sa chambre, mais y parviendrait-elle à temps ? Elle n’avait aucune idée du délai dont elle disposait, et puis… Elle réalisa tout à coup que, si la fenêtre par laquelle elle était passée avait été refermée entre deux, elle ne serait même pas capable de pénétrer dans la maison. Pourquoi faillait-elle toujours qu’elle agisse sans réfléchir au préalable aux conséquences de ses actes ?

Mais en l’occurrence, si elle tergiversait trop, il serait trop tard. La jeune fille se mordit la lèvre, faisant de son mieux pour réprimer les larmes de frustration qui lui montaient aux yeux. Que pouvait-elle bien faire ?

« Mouvement repéré aux infrarouges. Tenez-vous prêts. Terminé. »

L’annonce lui fit l’effet d’un électrochoc et elle se pencha pour jeter un œil depuis sa cachette. L’homme n’était qu’à cinq ou six pas d’elle, sa main s’attardait sur le bord de son casque, là où se situait le bouton pour transmettre un message au reste de l’escouade. Un grésillement annonça l’arrivée d’une réponse :

« Ce s- … eux. Tir- … à vue. … -iné. »

L’urgence court-circuita l’instinct de survie de Syam et elle sortit de sa cachette.

« Hé ho ! Par ici ! »

Et alors que la partie raisonnable de son cerveau déroulait tout son répertoire d’insultes à son intention, elle détala juste à temps pour éviter les premières cartouches de paralyseur, se retint une fraction de secondes au rebord du toit, se laissa tomber. Elle amortit le choc avec les pavés d’une roulade, se redressa et commença à courir dans le même mouvement, ignorant de son mieux la douleur éveillée par le choc dans ses mains et ses genoux. Deux cartouches sifflèrent à ses oreilles. Elle aperçut du coin de l’œil un des hommes qu’elle avait perdu de vue quelques minutes plus tôt, bifurqua brutalement. Tandis qu’il faisait feu à son tour, elle plongea vers le sol, roula à nouveau, se releva et profita de son élan pour bondir en direction d’un appui de fenêtre saillant. De là, elle s’élança à l’assaut de la façade, se jouant de la gravité alors qu’elle sautait de prise en prise, les découvrant alors qu’elle s’était déjà jetée à corps perdu dans les airs. Il lui fallait être rapide, imprévisible ; la moindre erreur risquait bien de se solder par sa mort contre les pavés de Galatea.

Dès qu’elle se fut hissée sur les tuiles, les deux hommes restés de chaque côté de la ruelle la prirent à nouveau comme cible et Syam n’eut d’autre choix que de s’abriter in extremis derrière une seconde cheminée. Elle entendait les pas du garde qui se rapprochait, savait qu’elle n’aurait que quelques secondes de répit. Le souffle court, elle réfléchissait déjà à ses prochains mouvements, quand le grésillement du communicateur du garde, à un pas ou deux seulement d’elle, la fit sursauter.

« … -formeurs … repérés, … -ssion… échec ! »

Elle avait réussi ! Sa diversion avait fonctionné, son père et les autres n’étaient pas sortis !

Revigorée par cette certitude, la jeune fille se mit en mouvement, filant juste sous le nez de l’homme trop surpris pour réagir. Elle l’entendit jurer, faire feu, puis à nouveau il n’y eut qu’elle et le vide alors qu’elle dévalait la demeure jusque dans la rue. De là, elle comptait bien essayer de se perdre au milieu des quartiers résidentiels jusqu’à se retrouver hors de danger…

Une fraction de secondes plus tard, elle comprit que ce scénario était soudainement devenu beaucoup plus improbable ; de chaque côté s’élevait des murs aveugles, quasiment dépourvu d’aspérités, et en face d’elle se tenait un des gardes, bien campé sur ses deux jambes, son paralyseur pointé vers elle. Elle s’apprêtait à faire volte-face et à se taper le sprint de sa vie quand des cartouches vinrent s’écraser à ses pieds, venant de… derrière elle… Syam eut l’impression que son cœur coulait comme une pierre au fond de son estomac alors qu’elle réalisait qu’elle était prise au piège.

« Les mains sur la tête ! Allongez-vous ! Allongez-vous !! »

Elle n’avait d’autre choix que d’obtempérer. Lentement, elle leva les bras, entremêla ses doigts au-dessus de son crâne et se mit à genoux. Il lui semblait évoluer dans un cauchemar, qu’elle allait se réveiller d’une minute à l’autre. Ce ne pouvait pas être vrai. Ce ne pouvait pas être la fin.

Elle se demanda brièvement comment elle allait pouvoir s’allonger à même le sol avec ses mains toujours plaquées à l’arrière de sa tête, du moins sans se manger violemment les pavés, puis un chuchotement empressé sur sa droite attira son attention. Là, à demi dissimulé derrière une portion de mur coulissante se tenait quelqu’un dont elle ne discernait que la pâleur, si bien qu’on aurait dit un fantôme au milieu des ombres – son seul espoir. Elle jeta un coup d’œil aux hommes qui la tenaient en joue, décida qu’ils étaient trop loin, et pour avoir déjà remarqué l’ouverture qui s’offrait par elle, et pour la viser correctement si elle décidait tout à coup de se jeter tête la première contre ce qu’ils pensaient n’être qu’un mur. Elle rassembla son courage, banda ses muscles, et sauta.

Pendant un bref instant, ce fut la confusion la plus totale : il y avait les vociférations des gardes, l’exclamation de surprise de son sauveur, son propre cri alors que son épaule heurtait brutalement le bord du passage. Des mains la tirèrent à l’intérieur, ses pieds patinèrent sur les pavés pour hâter son mouvement, son genou, ses coudes, son dos cognèrent contre les marches qui s’enfonçaient dans le sol. Une cartouche s’écrasa sur sa chaussure et sa semelle en caoutchouc absorba le plus gros de la décharge, ce qui ne l’empêcha pas de glapir de douleur alors que son pied s’embrasait. L’ouverture se referma derrière elle avec un claquement sec, rassurant, et les bruits de l’extérieur furent soudainement atténués.

« Allez viens, faut qu’on bouge. »

Les mains la tirèrent une nouvelle fois, l’encourageant à se relever, mais Syam n’entendait que les battements désordonnés de son cœur alors que l’adrénaline refluait dans ses veines. Elle se raccrocha à ce qu’elle voyait de son sauveur, à ses paumes calleuses, au bandage autour de son avant-bras… Brusquement, elle releva la tête et ses yeux plongèrent tout droit dans les prunelles d’un vert surnaturel de Dyne. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit.

« Je t’expliquerais plus tard, dit-il rapidement, on a pas l’temps là. Ils ne vont pas tarder à forcer l’entrée. »

Elle le laissa la relever, trop saisie pour émettre un son, puis s’engagea à sa suite dans l’étroit couloir chichement éclairé, boitillant à cause de son pied engourdi. Ils ne parlèrent pas pendant plusieurs minutes. Lui tapait hâtivement un message sur un appareil qu’elle ne lui avait encore jamais vu et qui ressemblait à un croisement entre son poignélec et un antique talkie-walkie, en même temps qu’il la guidait à travers un embranchement compliqué, véritable toile d’araignée qui s’étendait sous la terre, étayée par de longs étais en bois clair. Le plafond, les murs, le sol, tout était irrégulier, déformé par le poids des habitations au-dessus, et Syam trébucha plusieurs fois.

« Apparemment ce sont des restes d’anciennes constructions, déclara Dyne après avoir rangé son transmetteur, genre des caves ou queq’chose du genre… »

La jeune fille ne répondit pas. Elle avait une conscience aigüe des doigts du jeune homme qui enserrait toujours son poignet comme s’il avait peur qu’elle s’éloigne et se perde. Ou alors, il trouvait juste qu’elle n’avançait pas assez vite.

« Y a une troisième issue, enfin, ça donne sur les égouts à vrai dire, et faut marcher bien un quart d’heure avant de trouver une sortie, mais ça devrait leur faire perdre notre trace. Les autres sont déjà partis devant, en se dépêchant un peu on devrait quand même pouvoir les rattraper.

— Les autres ? répéta-t-elle comme en écho. »

Dyne se tordit le cou pour lui jeter un regard indéchiffrable.

« Bah, oui. J’étais pas tout seul… »

Syam aurait voulu lui expliquer qu’elle pensait à son père, qu’elle demandait en fait indirectement s’il allait bien, mais les mots se bousculaient dans sa tête, trop nombreux et impatients pour s’ordonner correctement, sa langue restait collée à son palais.

« Mon père…

— Oh ! Il est d’jà plus là. Honnêtement, il est passé en coup de vent, il avait juste une disquette à récupérer, normalement c’était le Boulanger qui devait l’faire et lui amener, mais on a plus de nouvelles de lui alors il a fallu qu’ton père se déplace en personne.

— Oh.

— "Le Boulanger", c’est un nom d’code hein.

— J’avais compris. »

Un silence pesant s’installa à nouveau. Une ou deux minutes après, ils atteignirent une bouche d’égout circulaire, couverte de rouille. Des petits copeaux orange gisaient sur le sol, preuve qu’elle avait été manipulée récemment. Syam resta en retrait alors que son ami la retirait à son tour, puis elle enjamba le rebord et attendit encore qu’il la remette en place. La puanteur du boyau la prenait à la gorge, la suffocant presque, et elle avait désormais plus qu’une envie : sortir d’ici au plus vite.

Aussi prit-elle les devants dès que Dyne eut fini de replacer correctement le disque de métal et il allongea le pas pour la rattraper.

« Hé, tu connais le chemin ?

— Non, mais à part tout droit je vois pas trop où je pourrais aller.

— Tu te trompes ; on pourrait piquer une tête… »

Il accompagna ces mots d’un geste de la main en direction du flot d’eaux usées nauséabondes qu’ils longeaient, ce qui lui attira un regard franchement paniqué de Syam.

« Hein ? Pour de vrai ?! »

Il rit, la bouscula gentiment.

« Mais non, je blague !

— Haha, se renfrogna-t-elle. Très drôle. »

Elle devait toutefois admettre que la pique avait légèrement détendu l’atmosphère, lui rappelant ses précédentes escapades avec Dyne dans des coins peu recommandables de Galatea. Elle n’avait qu’à se convaincre que ce n’était rien d’autre qu’une autre de ces fois, qu’ils s’amusaient et que dans quelques heures ils seraient rentrés sans encombre chez eux, avec le frisson de l’adrénaline qui s’attardait dans leurs veines. Elle n’avait qu’à oublier l’escouade de la Garde à leurs trousses, son pied qui l’élançait douloureusement, la peur nichée au creux de son ventre – le danger qu’avait couru son père, et puis aussi son ami – le fait que deux des personnes les plus importantes de son existence appartenaient à un groupe rebelle dont jusque-là elle ne connaissait qu’à peine l’existence, qu’ils risquaient ainsi leur vie tous les jours, et qu’elle n’en aurait probablement jamais rien su si elle n’avait pas la fâcheuse manie de fourrer son nez là où elle n’aurait pas dû.

Elle secoua la tête. Non, rien à faire, elle n’arrivait pas à digérer cette affaire !

« Dyne, attaqua-t-elle, ça fait combien de temps que tu fais partie des Réformeurs ? »

Le jeune homme lui jeta un regard en coin.

« J’me demandais d’à quel point tu étais courant des nos affaires, et si je n’en avais pas trop dit en parlant de la disquette…

— Ça répond pas à ma question. Mais pour ta gouverne, j’ai trouvé des dossiers sur l’ordinatrice de mon père indiquant qu’il faisait partie de ce mouvement, c’est tout.

— Il y avait quoi dans ces dossiers ? s’inquiéta soudain Dyne. Ils étaient pas protégés ?

— Pas. Ma. Question. Réponds-moi, et alors je t’expliquerai. Peut-être.

— Madame ne supporte pas d’attendre, hein ? »

Elle savait qu’il plaisantait, mais cela n’empêcha pas son cœur de se serrer. Elle avait beau tenter de l’ignorer, passer ses journées sur les toits habillée de ses vieilles fringues aux couleurs passées, elle restait toujours une habitante des beaux-quartiers, à laquelle la vie n’avait jamais rien refusé.

« À vrai dire, j’ai pas de date précise à t’donner, expliquait son ami, inconscient de son trouble. Le mouvement menaçait de se dissoudre y a, genre, dix ans, avant de reprendre de l’ampleur grâce à quelques personnes, et j’connaissais l’une d’entre elles parce que ç’avait été ma voisine y a quelqus années. Au départ, je l’aidais elle, en échange d’un peu d’argent ou juste parce que j’lui devais bien ça, tu vois ? Elle m’avait aidé plusieurs fois quand j’étais gosse. Et puis p’tit à p’tit, les autres membres ont commencé à me demander des choses à leur tour : passer un message, faire le guet, trouver du matériel de contrebande, des trucs comme ça. J’crois que c’est à ce moment que j’ai intégré plus ou moins officiellement le mouvement, et c’était y a bientôt trois ans.

— Tu as un nom de code ? s’enquit-elle.

— Pas vraiment… J’utilise simplement mon prénom, parce que nous, les habitants des quartiers inférieurs, on figure dans les bases de données que sous notre matricule. »

Il tapota du bout de l’index les épaisses lignes noires tatouées sur sa clavicule. DW2401. Conformément à la tradition, ses parents avaient dû se baser sur la première lettre de son matricule pour lui trouver son prénom.

« Et- »

La jeune fille fut coupée dans son élan par le bras de Dyne tendu devant sa poitrine. Elle s’apprêtait à protester quand elle remarqua, à son tour, les bruits de pas renvoyés en écho par la voûte crasseuse des égouts.

« C’est la Garde ? chuchota-t-elle anxieusement.

— J’pense pas, ça vient de devant nous.

— T’es sûr ? Moi je trouve que ça résonne tout autour…

— Ça doit être le reste du groupe.

— Les autres Réformeurs ?

— Oui. Allez, on va voir, mais on fait pas d’bruit. Au cas où. »

Quelques minutes plus tard les deux adolescents rejoignaient trois personnes, une femme qui semblait être la meneuse et deux garçons à peine plus âgés que Dyne, tous deux arborant également un matricule sur leur peau mate.

« Alors, c’est toi qui a fait diversion ?

— C’est bien elle que j’ai vue, intervint l’un des garçons. »

Syam se contenta de hocher la tête pour confirmer ses dires.

« Et c’est, comme j’le pensais, la fille d’Inventaire, ajouta Dyne. Elle s’appelle-

— On lui trouvera un alias plus tard, le coupa la femme, mais je ne veux pas connaître son vrai nom. Ici, ajouta-t-elle à l’intention de la jeune fille, on me connaît sous le nom de Lotus. Je viens des beaux-quartiers, comme toi.

— D’accord.

— On a contacté ton père dès que Dyne nous a confirmé qu’il s’agissait bien de toi. »

Les yeux bridés de Syam s’écarquillèrent.

« Ah, mais, euh… »

Les épais sourcils de Lotus s’élevèrent légèrement.

« Laisse-moi deviner, il n’était pas au courant de ta présence dans les environs ?

— Nan… Pour tout dire, répondit-elle en se frottant la nuque, je suis même pas censée être sortie de chez moi, vu que je suis assignée à domicile depuis… euh…  une certaine mésaventure impliquant une douane et Dyne.

— Ah, c’était toi aussi dans cette affaire ? Décidément, ton instinct de survie laisse à désirer ma petite… »

La petite en question aurait bien été en peine de déterminer si c’était de l’amusement ou de la condescendance dans sa voix. Un bref instant, elle se demanda si Lotus avait des enfants.

« Mais en l’occurrence, continua-t-elle, je ne peux que te remercier, parce que je crois bien que tu nous as sauvé la mise. Sincèrement, j’ai été touchée par ton geste ; même si tu ne te souciais que de protéger ton père, c’était très courageux. »

Syam se sentit rougir. Elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, préférant s’éviter un nouveau bafouillage. Dans un effort pour reprendre contenance, elle posa les yeux sur les deux garçons qui l’observaient d’un air circonspect. Est-ce qu’ils auraient aimé être à sa place ? Cette pensée l’emplissait d’une étrange joie.

« Tu n’es pas une Réformeuse, lança soudain l’un d’eux. »

Prise au dépourvu, elle se contenta de secouer la tête en signe de dénégation.

« Alors tu ne devrais pas connaître notre planque.

— Tu veux dire que je n’aurais pas dû suivre mon père ? Oui, c’ét-

— Non, Dyne n’aurait pas dû te montrer l’entrée du passage. On ne peut pas se fier aux civils, donc moins ils en savent, mieux c’est.

— Tout le monde doit se plier à cette règle, renchérit l’autre garçon.

— La Garde allait l’arrêter ! » protesta Dyne.

Il avait fait un pas devant Syam, comme s’il voulait la protéger de la vindicte des deux Réformeurs. Eux s’avancèrent à leur tour, un air de défiance sur leurs visages sombres. Ils dominaient le jeune homme d’une demi-tête.

« Et alors ?

— Elle nous a aidés, s’entêta-t-il, elle a risqué sa vie pour nous !

— Elle l’a fait pour son père, Lotus elle-même l’a dit.

— Le résultat est l’même, elle vous a sauvé la mise, petits cons !

— Répète ça ? Répète ? »

Le plus baraquée des deux s’était rapproché un peu plus, si bien qu’il semblait qu’ils allaient en venir aux mains. La femme choisit ce moment pour s’interposer :

« Hé, mais vous allez pas bien vous trois ?! Qu’est-ce qui vous prend ? »

Dyne tourna la tête vers elle, une expression presque ennuyée peinte sur son visage pâle. Il consentit tout de même à reculer d’un pas, ses mains levés au niveau de sa poitrine en un geste qui aurait pu paraître apaisant.

« Apparemment, commença-t-il tranquillement, ces débiles ici présents n-

— J’vais te-

— Assez ! »

Lotus plaça une main sur le torse des deux garçons et les força à s’éloigner l’un de l’autre.

« Dyne, tu n’as pas à insulter tes équipiers, et vous, les Gémeaux, vous n’avez pas à remettre en cause la légitimité de son action alors que je lui en ai donné l’autorisation explicite.

— Léo-Paul ne lui aurait jamais permis de faire ça, lui. »

Les traits de la femme se durcirent, tandis que Dyne laissait échapper un reniflement méprisant.

« Qu’est-ce que Léo-Paul vient faire là ? demanda-t-elle froidement.

— Ça fait plus de vingt ans qu’il fait partie des nôtres.

— Des "nôtres" ? Tu étais à peine né il y a vingt ans. Et par rapport à Léo-Paul, autant je respecte le rôle qu’il a joué dans notre organisation, autant je suis souvent en désaccord avec ses méthodes. Mais ce n’est ni le moment, ni le lieu pour discuter de cela, et tout ce que vous avez à retenir, c’est que tant que vous êtes sous mes ordres c’est moi, et moi seulement, qui commande. Compris ? »

L’intéressé acquiesça d’un grommèlement.

« De toutes façons, ajouta-t-elle, je doute que cet abri ait été réutilisé de sitôt, pas après que la Garde en ait découvert une des entrées. Elle ne sait donc rien de compromettant.

— Elle a vu nos visages, argua encore l’un des Gémeaux.

— Peut-être, mais-

— Et si je devenais une Réformeuse en bonne et due forme, est-ce que ça te rassurerait ? »

Quatre paires d’yeux se tournèrent vers Syam. Elle venait de contourner Dyne, se refusant à rester en retrait d’une discussion qui, tout de même, la concernait directement, et maintenant, bien campée sur ses pieds écartés, elle faisait face aux trois autres Réformeurs. Lotus secoua la tête.

« Ton père ne voulait pas que tu sois mêlée à tout cela. »

La jeune fille haussa les épaules.

« Je suis grande. »

La femme l’observa pendant quelques secondes, puis elle se ravisa et se contenta de hocher la tête. Un très léger sourire se devinait sur ses lèvres.

« D’accord. Mais on verra ça une autre fois, d’accord ? Tu demanderas à Dyne de te mettre en contact av-

— Euh, je serais peut-être pas dispo… la contredit l’intéressé.

— Ah ? Pourquoi ?

— P- Problème familial.

— Je vois… On passera par ton père, alors, je pense, dit-elle en se retournant vers Syam. En espérant qu’il accepte au moins de jouer les intermédiaires… »

La jeune fille grimaça en réponse, mais n’ajouta rien.

Alors que le groupe se remettait en marche, elle attrapa le bras de Dyne pour le tirer un peu en retrait des autres.

« C’est quoi cette histoire de problème familial ? demanda-t-elle à mi-voix.

— Rien…

— Si c’est rien, pourquoi ça t’empêcherait de passer un message pour moi ? »

Il ne répondit pas immédiatement et Syam réprima l’envie de le secouer. Son expression ne lui disait rien qui vaille.

« Dyne, qu’est-ce qui se passe ?

— Ma mère est malade, j’veux rester à ses côtés, elle a besoin de moi, mais c’est contagieux ce qu’elle a, enfin un peu, mais j’veux pas vous le refiler, j’vais un peu disparaître du coup. »

Il avait parlé très vite, sans même reprendre son souffle. Il évitait son regard.

« Mais… bredouilla Syam, décontenancée. Je savais pas que ta mère… Enfin, tu nous as jamais parlé d’elle… Et, mais si c’est contagieux, c’est pas dangereux pour toi aussi ?

— Ce… c’est pas mortel, mais ça l’empêche de travailler, donc ça va être compliqué de payer le loyer et tout… Je risque de pas avoir beaucoup de temps libre dans les lunes à venir.

— Les lunes, vraiment ?! »

Son exclamation leur attira un coup d’œil curieux de Lotus et la jeune fille se mordit la lèvre. Tout en parlant, ils avaient atteint la sortie des égouts, une plaque de métal accessible par une échelle, très semblable à celle par laquelle ils étaient entrés. Quand un courant d’air frais emplit le boyau, Syam soupira de soulagement, oubliant un court instant son inquiétude pour son ami. À peine eurent-ils mis le pied dehors que les Gémeaux disparurent dans une rue avoisinante, marmonnant à peine un au revoir, et la femme se tourna vers les deux adolescents :

« On se reverra peut-être bientôt, hein, gamine… Et fais attention à toi, Dyne. »

Elle leur adressa un sourire sincère, puis rajusta la bandoulière de son sac sur son l’épaule et s’éloigna à leur tour, les laissant seuls tous les deux. Ils n’osaient pas se regarder. Syam pensait à sa propre mère, à la maladie qui la rongeait, à son choix ce jour-là de courir les toits au lieu de rester auprès d’elle. Au fait, aussi, qu’ils n’avaient pas besoin de son salaire, et que cette angoisse-là ne venait pas s’ajouter à leur douleur.

« Bon, bah, j’vais y aller… »

Il ne fit pourtant pas un mouvement.

« Écoute Syam, reprit-il, j’suis très content de t’avoir rencontrée. T’es drôle, courageuse, par instinct tu fais c’qui est juste. J’attendais avec impatience nos rendez-vous quand j’bossais, parce que… parce que c’était bien.

— Pourquoi tu parles au passé ?

— Tu vas me manquer, » dit-il simplement.

Il commençait à se détourner, le pied sur une marche saillante, son regard jaugeant déjà la distance jusqu’au rebord du toit de l’appentis qu’ils jouxtaient. Syam paniqua.

« Dyne ! Qu’est-ce que tu racontes ? J’ai l’impression que… que… »

Il lui jeta un regard triste, puis il prit son élan, une de ses mains agrippa la gouttière tandis que l’autre atteignit les tuiles. La jeune fille fit un pas en avant pour tenter de le retenir, mais son pied touché par la cartouche de paralyseur se déroba sous son poids et elle dut se retenir au mur. Dyne s’était déjà juché en hauteur – hors d’atteinte.

« On va se revoir, hein ? »

Il la regarda longuement. Se détourna sans répondre.

Elle resta là, plantée au milieu de la rue, un fourmillement désagréable irradiant de son pied atteint, avec l’horrible impression qu’il venait de lui dire adieu. Ses larmes avaient un goût de sel.

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Xendor
Posté le 07/12/2019
C'est ... triste de voir Syam et Dyne se séparer. Tout à coup l'intrigue prends une tournure encore plus sombre qu'avant. En tous cas je ne peux m'empêcher de penser que tout ceci ne profitera pas aux humains. Leurs guides ne sont-ils pas des non-humains ? Ils devraient être eux aussi pris en chasse ... À moins qe tout ceci ne soit qu'une mascarade d eleur part pour se débarasser de leurs potentiels rivaux.
Rimeko
Posté le 15/12/2019
Encore une fois, tes coms me rassurent beaucoup, tu réagis comme j’espérais que le lecteur réagisse ;)
Oui, l'intrigue s'assombrit, les persos se retrouvent entraînés de plus en plus dans un beau bordel qui les dépasse. Et oui, il y a un grand paradoxe autour des non-humains... La version officielle, c'est que les prêtres.sses sont des anges / des prophètes, affilié.e.s à la Déesse Lilith, tandis que les autres non-humains, ceux des bas-fonds, sont les enfants des démons. Par exemple, les infernos sont des "anges noirs", avec une rhétorique proche de celle des anges déchus... ^^ (Bon, le fait qu'une bonne partie des non-humains puisse se nourrir d'humains n'aide carrément pas XDD) La version officieuse... Motus et bouche cousue :P
En tous cas, merci du fond du cœur pour ta lecture et le temps que tu as pris pour laisser des coms, ça me motive vraiment à reprendre le prochain chapitre ! J'espère le poster bientôt...
Xendor
Posté le 15/12/2019
Aucune inquiétude 🙂 Ce qui aide beaucoup c'est une lecture en un seul bloc. Sinon j ai du mal à accrocher 😉 Très bien ! Je vais suivre ce complot à la trace 🧐🧐🧐 Je vais découvrir les secrets de ces mystiques mystificateurs 😁
Rimeko
Posté le 15/12/2019
Oui c'est sûr que la lecture en pointillé c'est pas toujours le mieux, surtout avec des histoires un peu moins linéaires... (dans le sens où y a plusieurs arcs narratifs qui s'entremêlent)
Ton enthousiasme me fait très plaisir en tous cas !
Gabhany
Posté le 25/11/2019
Chouette chapitre ! J'ai bien aimé la lucidité de Syam par rapport à elle-même et son existence de privilégiée. La course-poursuite est super, et j'ai aussi adoré la voir prendre des risques pour quelqu'un d'autre qu'elle-même.
L'histoire de Dyne est triste, je me demande ce que c'est que cette maladie, et pourquoi son au revoir sonne comme un adieu pour Syam. Il va s'en aller pour trouver un remède ? Il va faire des choses peu recommandables pour payer le loyer et ne veut pas entraîner sa pote(un peu plus que pote non ?) là dedans ? Mystère et boule de gomme !
J'ai hâte de lire la suite !
Rimeko
Posté le 25/11/2019
Coucou !
Tu la trouves vraiment lucide, Syam ? J'sais pas, c'est pas le premier adjectif qui me vient en tête quand je pense à elle XD Bon, par contre, je suis contente que la scène d'action passe bien !
Mystère et boule de gomme, oui :P On en apprend un peu plus très bientôt... (Quant au "au revoir // adieu", en vrai j'hésite à l'enlever parce que oui, Syam a pas trop de raison de penser ça...)
Ravie que ça te plaise toujours en tous cas, et merci pour ton com' <3
Gabhany
Posté le 26/11/2019
En règle générale, non ^^ mais là dans ce chapitre oui. Elle est bien consciente qu'elle ne devrait pas se trouver là et qu'elle est en train de faire une connerie, j'appelle ça de la lucidité XD
Sorryf
Posté le 04/11/2019
Ouiiii revoila Syambet Dyne! En plus j'avais oublié que le 3eme larron s'appelait Jack, mais j'ai rattrapé mon retard dans supernatural récemment et il y a aussi un perso important qui s'appelle Jack !

Chouette chapitre, j'aime beaucoup Syam un peu a l'abri de la réalité de sa ville mais qui a pas peur de prendre des risques. Et j'adore Dyne. Son histoire avec sa mere (est-ce vrai?) m'a fait trop de peine et on sent bien le désarroi de Syam de meme pas etre au courant, que son meilleur ami ait meme pas jugé utile de lui parler.

J'ai rigolé au "on me connaît sous le nom de [??]" ! Bah alors? Tu as eu une panne d'inspiration ? A tout hasard je propos Cass :p ou Rowey s'il faut un Y
Yuca je trouve que c'est un chouette nom, t'en es pas sure ? (Il etait entre crochets) ou alors tous les noms de code sont entre crochets et la femme s'appelle vraiment [??] xD je te previens ca va pas etre evident a prononcer :p
Je rigole! Je suis contente que t'aies posté ton chap meme sans avoir tous les noms, ca fait moins d'attente xD
Rimeko
Posté le 04/11/2019
AH ZUT C'EST ÇA QUE JE DEVAIS CORRIGER, genre je savais que je devais revoir un truc dans ce chapitre, mais je me souvenais pas de quoi, mais je suis DÉBILE !! Bon au moins l'avantage c'est que ton commentaire m'aura fait exploser de rire XD
Dans une vieille version elle s'appelait Yoa, puis j'ai décidé qu'elle était des beaux-quartiers parce qu'en général j'aime bien inventer des noms de code (j'imagine que tu peux comprendre mdr), mais là c'était la panne sèche x) Du coup j'avais Yuca en tête, parce que ça ressemblait à Yoa, puis c'est le surnom d'un de mes potes aussi (cherche pas), mais comme y a plus beaucoup de plantes à Galatea ça paraissait trop spécifique... Bref je suis toujours en recherche ! Mais t'as raison j'ai qu'à me pencher du côté de Supernatural oui XD (Si je le fais vraiment... mdr) (Parce que oui c'est nom de code obligatoire pour tous les Réformeurs, sauf ceux des quartiers inférieurs ^^ Faut aussi que j'en trouve un à Syam d'ailleurs, j'ai des idées, mais...)
Et d'ailleurs, je plaide non-coupable pour Jack, parce que j'avais pas commencé la série au moment où j'ai créé ce perso (c'était un des tout premiers) ! Faut quand même croire que mon subconscient s'est acharné sur cet arc... (Et encore, t'as pas lu la fin du tome :PP) (Enfin, t'en es où dans la série ??)
C'est bien ce que je voulais transmettre par rapport à Syam, genre elle est prête à se mettre en danger pour les autres, mais elle vit tellement dans son cocon qu'elle n'est pas vraiment au courant de toutes les mer*es qui se passent un peu partout... Quant à Dyne... Héhé :P
Et sinon, j'étais pas trop sûre par rapport à ce chapitre, j'ai l'impression qu'il y a des choses qui vont trop vite / qu'il y a trop de choses tout court, que les transitions sont un peu maladroites.... Tu as eu cette sensation à la lecture, ou c'est juste moi qui psychote ?
Sorryf
Posté le 04/11/2019
J'avais même pas fait le rapprochement entre Yuca et la plante (Qui s'écrit Yucca non ?)
trouver les noms de codes c'est le plus fun !! t'as de la chance !
Dans supernatural, j'avais 3 saisons de retard j'ai tout boulotté ces derniers mois, maintenant je suis a jour xD !
Non le chapitre m'a pas paru aller trop vite ni mal dosé, les transitions rien a dire ! pour moi il fonctionne très bien !
Rimeko
Posté le 04/11/2019
Oui t'as raison c'est bien Yucca XD Décidément les révisions m'ont grillé les neurones...
Le problème c'est que mon cerveau il est juste d'accord pour trouver des noms de code en anglais, mais j'ai pas envie, ça ferait trop nul dans le texte :((
Moi en vrai je suis coincée quelque part dans la saison 7, mais je me suis tellement fait spoiler tout le reste que c'est de vagues références aux saisons 9-10 xDD
Bon bah c'est juste moi qui psychote alors ! J'avais peur de rusher les passages Syam-Dyne parce qu'eux tout ce qu'ils voulaient c'était bavarder tranquilou et moi j'étais "allez non on avance on suit le plan hopopop" x) (J'ai pas l'habitude d'écrire avec un plan je crois mdr)
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