Syam (2)

Par Rimeko
Notes de l’auteur : Alors, qu'est-ce que Syam a trouvé dans cet entrepôt ? :P
 
 

L'entrepôt résonnait d'une foule de petits bruits – caquètements, bruissements, feulements, le bruit de dizaines de respirations et de dizaines de griffes cliquetant contre le bois de leurs cages. S'y mêlaient les inspirations tremblantes de Syam, qui faisaient tressaillir la lampe de son poignélec au rythme de son cœur battant, tandis que, les yeux écarquillés, elle tentait de reprendre la maîtrise d'elle-même. Dyne fit un pas en avant et elle tendit le bras pour essayer de le retenir, toutefois ses doigts ne firent qu'effleurer sa manche. Elle voulut alors le suivre. Ses jambes ne bougèrent pas. Elle regarda son ami marcher jusqu'à une des cages, s'accroupir pour observer l'animal qui y était enfermé. Elle n'en avait jamais vu de semblable, pas en vrai du moins. C'était un oiseau de près de vingt centimètres de haut, au plumage délicatement bleuté. Juste au-dessus de lui, un reptile semblait somnoler, si n'était son œil tout rond, bien ouvert et qui semblait les fixer. Tous présentaient des prunelles semblables. Tous restaient étrangement calmes, pas comme s'ils étaient drogués, mais plutôt comme s'ils attendaient patiemment. Qu'ils comprenaient ce qui leur arrivait.

Son ami s'enfonça un peu plus entre les rangées de cages et la jeune fille, apeurée à l'idée de rester toute seule, s'empressa de le rejoindre. C'était elle qui tenait leur lampe improvisée, de toutes façons, et il en avait besoin, même si la pénombre ne semblait jamais le déranger outre mesure. Ses pupilles reflétèrent la lumière de son poignélec lorsqu’il tourna brièvement la tête vers elle.

« Ils me filent la chair de poule », chuchota-t-elle.

À sa droite, un des volatiles ouvrit le bec et un son affreusement proche d’un rire, presque humain, en sortit. Syam agrippa le bras de Dyne sans presque s'en rendre compte. Un frisson gelé courut le long de sa colonne vertébrale.

« Allons-nous-en, supplia-t-elle d'une voix une octave trop haute. On en a assez vu. »

Elle ne se considérait pas comme peureuse, loin de là, mais il y avait quelque chose de différent avec ses créatures, quelque chose qui l'angoissait sans qu'elle ne puisse vraiment expliquer d'où lui venait ce sentiment. Elle se sentait scrutée. Impuissante.

« Vous n'avez encore rien vu. »

Elle eut l'impression que son sang se figeait dans ses veines. Sous ses doigts, le biceps de Dyne s'était contracté. Très lentement, ils se retournèrent, cherchèrent des yeux l'origine de la voix.

À un ou deux pas d'eux, un félin les fixait de ces prunelles sombres qui ne cillaient pas. Lentement, elle acquit la certitude que c'était lui qui avait parlé. Sa queue se séparait en deux à son extrémité, son pelage noir se confondait dans la pénombre, à l'exception de sa patte avant immaculée. Elle remarqua alors que les animaux qui les entouraient arboraient tous le même membre blanc.

« Ce ne sont pas des animaux », énonça-t-elle à haute voix.

Le félin sourit – était-ce vraiment un sourire ? – puis battit l'air de sa queue double. Ses pattes se raccourcirent, ses oreilles disparurent, son museau s'étrécit. Des écailles verdâtres vinrent remplacer sa fourrure en un étrange ballet si rapide qu’il en devenait presque imperceptible pour un œil humain. Seule sa patte antérieure ne changea pas de teinte. Syam ouvrit la bouche, oublia de la refermer. Ses doigts enserraient toujours le bras de Dyne, à lui faire mal.

« Vous êtes des changelins, déclara son ami, avec l'air de ne pas croire lui-même à ce qu'il disait. J’croyais que vous- »

Un brusque fracas l'interrompit. À l'autre bout de l'entrepôt, les lourdes portes venaient de s'ouvrir, déversant un flot de lumière. Éblouie, la jeune fille porta la main à ses yeux, tandis que des cages s'élevaient des protestations sifflantes.

« Merde. Merde merde merde. »

Dyne lui saisit la main et l'entraîna à sa suite. Elle le suivit mécaniquement, trop sonnée pour réagir. Des bruits de pas résonnaient dans l'espace encombré, se rapprochant inexorablement, accompagnés d'éclats de voix. Syam ne parvint qu'à saisir un ou deux mots, parmi lesquels « livraison ». Les nouveaux arrivants, quels qu'ils soient, ne semblaient pas se douter de leur présence. Mais pour combien de temps encore ? Et surtout, que risquaient-ils s'ils étaient pris ? Elle était à peu près certaines que les... changelins ne devraient pas se trouver là, et eux non plus. Jusqu'où ceux qui avaient mis ces créatures en cage seraient prêts à aller pour protéger leur secret ?

« Rentre là-d’dans. »

La voix de Dyne, impérieuse, la ramena à l'ici et maintenant. Ils avaient atteint l'extrémité de l'entrepôt et faisaient désormais face à sa paroi métallique contre laquelle reposaient encore d'autres caisses. Il tenait le couvercle de l'une d'elle. La jeune fille se pencha pour jeter un coup d'œil à son contenu. Des paquets de céréales remplissaient l'espace jusqu'à mi-hauteur environ. Elle en déplaça quelques-uns, les empilant sur le côté pour dégager un espace au milieu. L'urgence lui permettait de se concentrer sur sa tâche et de ne pas paniquer. Elle enjamba la caisse, se roula en boule. Se mordit la lèvre lorsque Dyne referma le couvercle, la plongeant dans le noir.

« Et toi ? demanda-t-elle, sa question étouffée par l'épaisseur du bois.

— J’prends celle d'à côté. »

Elle l'écouta fourrager non loin d'elle, guetta les pas des autres personnes qui s'approchaient, la peur au ventre. Elle se frotta les yeux comme si cela pourrait lui permettre de percer l'obscurité de sa cachette. Elle ne distinguait même pas ses mains.

« Je ne m'y habituerai jamais, à ces bestioles », grogna une voix masculine, si proche qu'elle sursauta.

Comme aucune exclamation de surprise ni aucun bruit de course ne se faisait entendre, elle en déduisit que son ami avait réussi à se cacher à son tour. Elle réprima le besoin de remuer pour soulager une de ses jambes, repliée sous elle, et s'appliqua à respirer le plus silencieusement possible. Autour d'elles, deux hommes et une femme – pour autant qu'elle puisse en juger au ton de leur voix – s'activaient à placer les caisses sur un transglisseur avec force jurons. Syam ferma les paupières, les serra assez fort pour voir des étoiles. Ainsi, elle pouvait se leurrer, se dire que si elle les rouvrait elle ne serait plus dans le noir. Elle n'était pas claustrophobe, non, pas vraiment. Seulement, elle préférait largement courir sur les toits, le vent jouant avec ses cheveux courts et ses yeux bridés tournés vers le ciel, que d'être enfermée dans une boîte. C'était normal. Était-ce normal aussi qu'elle se sente aussi oppressée ? Son pied s’était totalement engourdi. Est-ce que l'on pouvait perdre l'usage d'un membre si la circulation du sang était gênée trop longtemps ? Et est-ce que c'était une crampe qu'elle sentait venir, là, dans son mollet ?

Les voix se rapprochèrent de sa cachette et elle se pelotonna un peu plus sur elle-même. Quelqu'un heurta sa caisse du coude. Et puis, avec l'aide d'un ou d’une autre, il l'attrapa et la souleva. Syam eut brutalement envie de vomir, et ce n'était pas seulement dû au mouvement. Quelques minutes plus tard, le transglisseur se mettait en route, et ils traversèrent l'entrepôt en sens inverse, repassant au milieu des cages des changelins.

Si son père avait donné cher pour jeter un coup d'œil à l'intérieur, elle, elle aurait donné cher pour ne jamais y avoir mis les pieds. Elle regrettait aussi d'avoir mêlé son ami à cette affaire. Au fait, avait-il été également emmené ?

La réponse lui parvint peu de temps après, une fois que les livreurs eurent placé leur chargement sur ce qui semblait bien être un bateau, à en juger par les clapotements de l'eau qui les entouraient.

« Syam ?

— Dyne ? Ça va ? chuchota-t-elle en retour.

— Ah. J'espérais qu’tu y aurais au moins échappé. »

Il laissa échapper un petit rire sans joie. Le bateau démarra, la vibration du moteur se communiquant à l'estomac de la jeune fille.

« J’crois bien qu’on a pas choisi la meilleure des cachettes… »

Elle n'osa pas répondre.

« Tu penses qu'on a une chance de s'échapper ? risqua-t-elle au bout de quelques minutes.

— J’te conseillerai d'attendre de r’voir la terre ferme. T'as pas envie de piquer une tête dans l'eau, crois-moi. »

Syam ne put qu’en convenir. Quoi qu'il arrive sur terre, il valait mieux ne jamais plonger dans l'Aresya. Non seulement l'eau était froide et polluée, mais elle était surtout hantée par beaucoup trop de dents. Ou pire.

« J'ai la nausée.

— Vomis pas. Le voyage en s’ra encore moins agréable.

— Sans blague. »

Le trajet lui sembla durer des heures, alors que son poignélec lui indiquait qu'une vingtaine de minutes seulement s'étaient écoulées. Elle avait du mal à respirer. Peut-être que l'air filtrait mal à travers les parois de la caisse. Ou peut-être que c'était juste elle qui paniquait.

Quand le moteur fut enfin coupé, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle souleva précautionneusement le couvercle de sa caisse, maudit les joints qui grincèrent tout près de son oreille. Ils étaient à l'intérieur d'un bâtiment, dans lequel le canal qu'ils venaient d'emprunter se terminait. Elle comprit très vite qu'il s'agissait d'un poste de douane, placé à la jonction entre l'Aresya et l'Ombelline, la rivière qui menait à la Citadelle. Ce qui impliquait que les caisses allaient être fouillées.

Et donc qu'ils étaient dans la merde.

« Dyne. Il faut qu'on se casse.

— Quoi ? Pourqu- Oh. »

Il venait à son tour de jeter un coup d'œil dehors.

« À trois ? »

Syam déglutit avec difficulté.

« D'accord.

— Un... »

Elle se ramassa sur elle-même, se préparant à bondir hors de sa cachette.

« Deux... »

Elle adressa une prière silencieuse à la Déesse.

« Trois ! »

Elle trébucha contre le bord de la caisse, s'étala sur le pont du bateau, se releva immédiatement. Des cris de surprise et de colère s'élevèrent autour d'elle. Ils l'aiguillonnèrent, la poussèrent à fuir, le plus loin et le plus vite possible. Des échardes s'étaient enfoncées dans ses paumes, cependant elle ressentait à peine la douleur. Elle atterrit sur le sol du poste de douane, se mit aussitôt à courir. Ses membres ankylosés lui compliquaient la tâche.

Elle entendit soudain une détonation derrière elle. Comprit qu'il était trop tard.

La cartouche la frappa entre les omoplates et lui transmit aussitôt une décharge. Ses muscles se tétanisèrent, ses jambes se bloquèrent. Le sol se précipita à sa rencontre. Elle sentit à peine le choc, son système nerveux étant déjà quasiment hors service. Elle eut juste le temps de voir, à la périphérie de sa vision, la silhouette de Dyne qui s'arrêta une seconde avant de reprendre sa course, et puis elle perdit connaissance.

 

* *          *

 

« Nom.

— Syam-Apsara. »

Elle avait l'impression de débiter ces informations pour la dixième fois de la soirée. Ou de la matinée. Elle n'était pas très sûre du temps qu'elle avait passé inconsciente, et la cellule du poste de douane était dépourvue de fenêtre. D'abord, cela avait été celui qui lui avait tiré dessus, puis sa supérieure, puis maintenant quelqu'un qui semblait être venu juste pour l'occasion.

« F, M ou X ? »

Elle releva la tête, un peu confuse.

« Ton genre.

- Je… je suis une fille. »

Elle sentit les petits yeux de l'homme glisser de ses cheveux courts à sa silhouette androgyne. À cet instant, elle se fichait complètement de ce qu'il pouvait bien penser. Son poignet l'élançait, elle avait la tête qui tournait dès qu'elle bougeait un peu trop vite, et elle n'avait pas encore récupéré la maîtrise totale de ses jambes. Les douaniers s'étaient moqués d'elle lorsqu'elle avait tenté de quitter sa cellule par la porte restée entrouverte et qu'elle s'était juste misérablement écrasée sur le béton, tête la première. Son ego aurait presque préféré des coups – son corps déjà endolori, toutefois, n'était pas de cet avis, si bien qu'elle avait décidé d'obéir sans faire d'histoire. Pour le moment du moins.

« Âge ?

— Seize ans.

— Activité ? »

Elle ne répondit pas tout de suite. Plusieurs termes tournèrent dans son esprit, toutefois aucun ne lui semblait adéquat. Étudiante. Secrétaire. Assistante. Dame de compagnie. Garde-malade. Au final, il restait qu'elle ne faisait pas grand-chose.

« Héritière », répondit-elle finalement.

L'homme leva un instant les yeux de son écran

« Vous êtes la fille de Shein Taksin, c'est bien cela ?

— Oui.

— On m'a dit qu'on l'avait déjà contacté pour l'informer de votre... situation. »

Elle hocha la tête, se laissa aller contre le mur de la cellule. Elle voulut ramener ses jambes contre sa poitrine, cependant l'une d'elles ne coopéra pas et son pied racla bruyamment le bord du banc.

« Qu’est-ce que vous faisiez dans cette caisse ? »

Elle se contenta de le fixer.

« Oui, je sais, vous l'avez déjà expliqué plusieurs fois, seulement la procédure indique que je dois recueillir un témoignage direct. »

Elle soupira discrètement. Une toute petite partie d'elle hésita à raconter la vérité. Peut-être qu'ainsi ils la laisseraient partir plus vite. Elle eut envie de se gifler. Est-ce que la décharge lui aurait aussi ramolli le cerveau ? Bien sûr que parler des changelins n'engendrerait aucune question supplémentaire ! À condition qu'ils la croient, pour commencer... N'importe quel mensonge serait plus crédible que d'affirmer avoir vu des créatures qui n’existent que dans les légendes.

« J'ai suivi le garçon qui était avec moi, débita-t-elle mécaniquement. Il vient des quartiers inférieurs. Je le connais parce qu'il a travaillé à un chantier non loin de chez moi. Il voulait aller voler de la nourriture et peut-être de l'alcool, dans cet entrepôt. Rapport à la restriction, tout ça. Il m'a entraînée là-dedans. Et puis on a entendu les portes s'ouvrir, on a eu peur, on a voulu se cacher. On ne pensait pas que c'était ces caisses-là qui allaient être déplacés. »

L'homme notait consciencieusement ce qu'elle disait, malgré le petit microphone sur le côté de son appareil qui enregistrait tout.

« Comment s'appelait-il ?

— Jim.

— Vous connaissez son matricule ? »

Elle secoua la tête.

« Son adresse, alors ?

— Non plus. Je ne sais pas grand-chose de lui. »

Hochement de tête entendu de l'interrogateur. Ce qu'il entendait, au juste, restait un mystère.

« Et vous êtes sûre que votre... ami ne tentait pas, lui, de passer la douane en fraude ? Puisqu'il ne peut la passer légalement, contrairement à vous. »

Syam hésita à lui faire remarquer que, dans ce cas, il ne se serait probablement pas enfui à peine arrivé au poste de douane. Elle décida cependant de ne pas risquer d'insulter l'intelligence de son interlocuteur.

« Je ne sais pas. Je ne peux pas parler en son nom.

— Encore une question. Pourquoi l'avez-vous suivi dans cet entrepôt, au début de cette affaire ? »

La jeune fille se força à détacher son regard du sol entre ses pieds pour se tourner vers l'homme. Il avait l'air débonnaire, avec sa grosse moustache et son visage rond. Il lui était en tous cas bien plus sympathique que celui qui lui avait tiré dessus et l'avait ensuite interrogée en braillant tout du long, excité comme une puce à l'idée d'avoir coincé une criminelle. L'annonce de son statut lui avait fait l'effet d'une douche froide.

Elle laissa toute la fatigue et le stress de ses dernières heures l'atteindre. Sentit ses yeux se remplir de larmes. Parfait.

« Parce que je... je... suis amoureuse de lui, hoqueta-t-elle en reniflant peut-être un peu plus bruyamment que nécessaire. Et il... il s'est enfui sans... sans un regard en arrière. Il m'a... abandonnée ! »

Elle cacha son visage dans ses mains, gardant tout de même un espace entre ses doigts pour guetter la réaction de son interlocuteur. Il semblait absolument désemparé. Elle espérait que cela le pousserait à en finir aussi vite.

Il lui tapota l'épaule et elle se crispa à son contact.

« Là, là... murmura-t-il maladroitement. Ça va aller. Je vais voir si votre père est arrivé. »

Et, comme elle l'avait souhaité, il s'éclipsa sans demander son reste. Rien de tel que les pleurs d'une gamine au cœur soi-disant brisé pour faire fuir un homme mûr.

Dès qu'il fut hors de vue, Syam se redressa un peu sur le banc, essuya ses joues d'un revers de la main. L'image de Dyne se présenta dans son esprit et elle dut réprimer un sourire. Amoureuse, hein. Cela le ferait probablement bien rire lorsqu'elle le lui raconterait. Elle se mordilla la lèvre. Pourvu qu'ils n'arrivent pas à remonter jusqu'à lui à travers elle.

Elle ne se sentait absolument pas blessée, ni trahie, par sa fuite. Il avait eu raison ; cela n'aurait servi à rien, et il ne s'en serait pas tiré aussi facilement qu’elle. De plus, sa présence l'aurait empêchée de tisser correctement son mensonge et de rejeter la faute sur lui. Non, vraiment, il avait fait le bon choix.

Mais peut-être qu'elle se sentait un petit peu trahie tout de même.

La porte de sa cellule s'ouvrit à nouveau, la tirant de ses pensées. Elle leva la tête et ses yeux plongèrent droit dans ceux de son père. Elle s'empourpra. Il n'avait pas l'air furieux, cependant, juste inquiet. Et fatigué. Elle comprit pourquoi lorsqu'elle mit enfin les pieds hors de cette pièce minuscule où elle avait passé les dernières heures, soutenue par un douanier à cause de ses jambes encore flageolantes. Ce devait être le beau milieu de la nuit. Elle comprit moins, en revanche, ce qui se disait à côté d'elle. Elle avait juste envie de dormir.

Le trajet de retour se déroula dans un brouillard cotonneux. Son père ne parlait pas, se contentant de fixer la route devant lui. Elle ne se souvenait pas que les taches sur ses mains étaient aussi nombreuses. Elle finit par se laisser aller contre la portière de l'autoglisseur et ferma les yeux. Elle ne se souvenait même plus de comment elle s'était retrouvée dans son lit. Peut-être y avait-elle été portée.

À son réveil, les rayons du soleil venaient se déverser en une flaque de lumière aveuglante dans sa chambre. Syam grogna et rabattit sa couverture au-dessus de sa tête. Lentement, les événements de la nuit lui revinrent en mémoire. Elle entrouvrit les yeux, actionna son poignélec. Il était quinze heures. Elle avait un message.

« Dyne me demande de te demander si tu vas bien. Donc, euh, je viens prendre de tes nouvelles. De sa part et de la mienne. Jack. »

Une petite mention, tout en bas, indiquait qu'il l'avait envoyé depuis un terminal fixe, probablement celui de ses employeurs.

« Je vais bien. Je suis chez moi. »

Elle signa, hésita, l'envoya. Elle préférait ne pas trop en dire, au cas où son canal soit surveillé. On n'était jamais trop prudent.

Elle rassembla son courage, repoussa ses couvertures et s'assit sur le bord de son lit. Tout son corps lui faisait mal. Elle se tordit le cou pour tenter d'apercevoir son dos, échoua et se tourna vers le miroir en pied qui faisait face à son lit. Là où la cartouche du paralyseur l'avait touchée, juste entre ses omoplates saillantes, s'étalait un large hématome violacé. Elle se rendit aussi compte que quelqu'un – elle aurait été incapable de déterminer qui – avait bandé son poignet foulé. Au moins, les dernières séquelles de la décharge s'étaient estompées. Elle observa pendant quelques secondes ses orteils s'agiter avec une certaine satisfaction, avant de se décider à aller chercher de quoi manger au rez-de-chaussée. Alors que la jeune fille remontait l'escalier, pieds et torse nus, simplement vêtue de son pantalon de la veille, la vue de son père la figea au beau milieu des marches.

« Viens dans mon bureau. »

Il n'ajouta rien avant de disparaître dans le bureau en question. La porte resta entrouverte. D'habitude, Syam se réjouissait à l'idée de prendre part aux affaires de son père. Aujourd'hui, elle le suivit en traînant les pieds, peu encline à parler de cette affaire en particulier.

« Assieds-toi. »

Elle obtempéra. Le siège était bas, et sa petite taille n'arrangeait rien. De l'autre côté du bureau en acajou, son père la toisait. Il avait croisé ses mains devant lui et ses épais sourcils encore très noirs lui donnaient un air peu commode. Incapable de soutenir le regard de ces yeux bridés, si semblables aux siens, Syam se plongea dans la contemplation des étagères qui meublaient les murs lambrissés. Sa famille avait une certaine nostalgie de l'Ancien Temps, et également les moyens de cette nostalgie. Dans les bibliothèques de vrais livres, papier et reliure, jouxtaient des disquettes, placées à la verticale comme leurs ancêtres.

« Syam. Qu’est-ce qui s'est passé là-bas ? »

Elle ouvrit la bouche et il leva la main pour l'arrêter.

« Et ne me sors pas le même bobard qu'aux douaniers, je n'y croirai pas. »

Elle referma la bouche.

« Nous savons pertinemment tous les deux que tu y es allée, continua-t-il, parce que tu m'as entendu parler de cet entrepôt. Ma question est... »

Il se pencha un peu en avant, appuyant ses mains croisées sur le bois vernis.

« ... qu'as-tu vu là-bas ? »

La jeune fille resta un instant interdite, puis son cœur s'emballa dans sa poitrine. C'était l'occasion d'aider son père, comme elle voulait le faire ! Puis l'image du félin-changelin s'imposa dans son esprit, et elle hésita. Ce n'était pas ce qu'elle pensait y trouver. Par la Déesse, des caisses surnuméraires, des armes, de l'argent, n'importe quoi ! N'importe quoi, sauf des cages contenant des créatures qui n'existaient pas !

Elle serra ses bras autour de son torse en un geste instinctif. Sa peau nue se couvrait de chair de poule.

« Je ne sais pas. »

Son père leva un sourcil surpris.

« Comment ça ? »

Dernière chance de dire la vérité. Elle passa la main dans ses cheveux, joua un instant avec les bandages autour de son poignet.

« Je ne sais pas, répéta-t-elle. Il y avait plein de caisses, avec des conserves, des bouteilles... des trucs normaux, quoi. Et puis… il y avait des cages. »

Voilà, elle l’avait dit.

« Qu’est-ce qu'elles contenaient ?

— Des… »

Des changelins ? Tu vas vraiment prononcer ce mot ?

« … des animaux. Des chats, des oiseaux, des reptiles… Je n’en avais jamais vu autant, pas en vrai en tous cas, et il y en avait que je n’avais jamais vu du tout. Je ne sais pas ce qu’ils faisaient là. C’était très étrange, et je… j’ai pris peur, et puis des gens sont arrivés, et… tu connais la suite.

— Rien de plus ? »

Syam secoua la tête. Un demi-mensonge, ou une demie-confession, selon le sens dans lequel on le prenait, voilà qui était un bon compromis, non ? Elle n’avait pas envie de lui parler des changelins, de cela elle était sûre. Elle voulait qu’il la prenne au sérieux, or mentionner des mythes pouvait paraître légèrement incompatible avec ce dessein. Elle savait que les créatures existaient, bien sûr, qu’elle n’avait pas rêvé, seulement elle avait besoin de preuves concrètes – alors seulement il la croirait, il la considèrerait enfin comme une adulte qui pouvait l’aider dans son travail. Oui, elle allait enquêter de son côté sur cette étrange affaire pour qu’il soit fier d’elle.

« Syam, tu me promets que tu ne retourneras pas du côté de cet entrepôt ?

— Euh… Oui, oui.

— D'accord. Tu peux y aller. »

Elle était surprise qu’il n’insiste pas plus. Pensait-il vraiment qu’une seule injonction suffirait à museler sa curiosité ? Elle se mordilla la lèvre, resta encore un peu sur le fauteuil, puis se résolut à sortir. La porte se referma sans bruit dans son dos. Et elle resta là de longues minutes, devant le battant résolument clôt, à se demander si elle avait fait le bon choix.

Son poignélec vibra tout contre sa peau, attirant son attention.

« Rendez-vous dans vingt minutes ? Jack »

Il devait avoir vraiment été troublé par la récente mésaventure de ses deux amis pour demander à ses employeurs d'utiliser leur terminal deux fois dans la même journée. Elle ne prit pas la peine de répondre – il ne verrait probablement pas son message, de toute façon. Elle se contenterait d'être présente au rendez-vous.

Après avoir enfilé une tenue adéquate, elle se dirigea sans une hésitation vers la porte d'entrée de la vaste demeure. Ses pas étaient étouffés par l'épais tapis émeraude. Leur lieu de rendez-vous ne se trouvait pas bien loin, cependant elle ne se sentait ni l'envie ni l'énergie de courir pour y arriver, que ce soit sur les toits ou dans les rues. Les dernières vingt-quatre heures l'avaient éprouvée plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. Elle n'aurait jamais pensé dire cela quelques jours auparavant, cependant elle avait eu sa dose d'aventure pour toute une longue octane ! Ou peut-être moins. C’était long, huit jours, quand même.

Et puis, il y avait ce truc que lui avait raconté Dyne, avant leur mésaventure, à propos du mystérieux Secteur des Usines ! Il y aurait aperçu quelqu’un, sur une sorte d’esplanade vide entre deux bâtiments, un peu comme celle de leur lieu de rendez-vous… Il avait ajouté que la personne semblait en fauteuil roulant. Il n’était évidemment pas exclu qu’il ait inventé toute l’histoire, elle savait bien qu’il mentait avec une désinvolture surprenante, cependant s’il y avait une chance d’entrer en contact avec un Machiniste, alors qu’ils vivaient tous cloîtrés dans leurs bâtiments cuivrés, elle n’avait rien contre une petite balade dans le coin.

Enthousiasmée par cette perspective, elle posa la main sur la poignée en laiton et la tourna… ou plutôt, voulut la faire tourner, avant d'être obligée de la lâcher avec un glapissement par une courte décharge électrique. Elle fronça les sourcils. Depuis quand le système anti-intrusion faisait ainsi des siennes ? Plus prudemment, elle fit une nouvelle tentative. Même résultat. La poignée ne semblait même pas actionner le mécanisme électronique destiné à ouvrir la porte.

La jeune fille s'apprêta à faire demi-tour pour aller signaler le problème à son père, ou peut-être allait-elle se contenter de filer par la porte de service, quand l'écran rouge et clignotant de son poignélec attira son attention. Elle l'amena à hauteur de ses yeux.

« Interdiction de sortie, clamait une ligne de texte située au-dessus d'un symbole d'alerte. Assignée à domicile, ajoutait celle qui se trouvait en dessous. »

Syam eut l'impression que son cœur sombrait dans sa poitrine. D'un doigt tremblant, elle sélectionna l'option « En savoir plus ».

« En vertu des articles 13-02, 19-01 et 17-06 (type de sanctions à l'égard des résidents des beaux-quartiers), et au vu de vos récents délits (complicité de tentative de vol, tentative de fraude à la douane), vous êtes assignée à domicile pour une durée de deux octanes, à compter du quatrième jour de la première lune.

Le système de votre résidence a été paramétré en fonction de cette décision, et sachez que si vous vous avisiez de contourner cette mesure votre puce vous géolocalisera et alertera aussitôt les autorités compétentes.

Tout manquement aux conditions de cette sanction sera puni d'un allongement de celle-ci. Exception requise : permission de se rendre à la Citadelle pour exercer ses fonctions d’auxiliaire. Permission accordée, sous conditions. Voir détails. »

Elle éteint l'écran d'un geste rageur, dégrafa le bracelet et jeta le tout sur le sol. L'objet émit un « pof » étouffé en s'enfonçant dans le tapis. Elle résista à l'envie de l'écraser d'un coup de talon. Elle était sûre que son père avait été immédiatement informé de cette décision, peut-être même avant de venir la chercher, ou tout au moins quand il avait parlé aux douaniers avant de la ramener à la maison. Et il ne lui en avait rien dit.

Tout d'un coup, elle ne se sentait plus vraiment coupable de lui avoir menti.

 

 

 

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Isapass
Posté le 03/12/2020
Voilà, là, je vibre ! Des bestioles bizarres, de l'action, un plan contrarié et des amis qui vont s'inquiéter... Le fil rouge est bien là et j'ai pleiiiiin de matière pour imaginer la suite ! ;)
Alors après, tout s'enchaîne et il n'y a aucune incohérence, mais c'est vrai que le demi-mensonge à son père, c'est un peu un classique. A partir du moment où le jeune héros (ou en l'occurrence la jeune héroïne) décide de mentir ou de ne pas tout dire à son référent adulte, on sent venir les emmerdes à plein nez. Surtout que je n'ai pas été totalement convaincue par ses motivations de cacher la vérité à son père. De ce que je comprends, l'existence des changelins semble si absurde que c'est comme si dans notre monde un enfant disait "j'ai vu un fantôme". C'est bien ça ? Alors ok dans l'absolu, mais du coup, je trouve que Dyne et elle admettent trop facilement, dans l'entrepôt, que ce sont bien des changelins. Peut-être que tu pourrais imaginer la réaction de quelqu'un qui croit voir un fantôme : il y aurait beaucoup plus d'incrédulité que ça, je pense. Certes, ils n'ont pas beaucoup de temps pour y réfléchir puisqu'ils doivent se cacher, mais je pense que leur réaction devrait être amplifiée. Et aussi que Syam se repose la question "est-ce qu'elle a vraiment vu ce qu'elle a vu ou est-ce qu'elle a déliré ?", jusqu'à la fin du chapitre.
Si ce n'est pas le même degré de "impossible !" qu'un fantôme, alors c'est l'inverse : ok pour que Dyne et Syam admettent qu'ils ont affaire à des changelins dans l'entrepôt, mais alors si Syam est si soucieuse d'aider son père, elle devrait tenter quand même de lui dire (éventuellement avec toutes les réserves possibles).
J'insiste mais c'est la seule chose qui m'a un peu gênée dans le chapitre : ça fait un peu vu et revu, le mensonge au père, alors je pense qu'il faut que ce soit "bétonné" pour ne pas avoir l'air d'une facilité narrative. Tu vois ce que je veux dire ?
Ah oui, et sur la forme : dans le premier paragraphe, il y a beaucoup de "semblait"/"semblable" ;)
Enfin on est plus sur du tuning que sur des vraies remarques, hein !
A bientôt, je te mets dans ma PàL (je croyais que tu y étais déjà, d'ailleurs, pfff)
Des bisous !
Rimeko
Posté le 04/12/2020
Au-delà des problèmes dont on a déjà discuté sur le chapitre précédent, oui, c'est voulu d'alterner la partie d'Ayden, qui restera calme dans tous les cas, avec les pirouettes de Syam xDD
Ah, ce passage du mensonge... ToT Je comprends tout d'un coup tou.te.s les autres auteurices avec des persos jeunes, je veux pas, voire je peux pas, avoir son père qui met son nez dans ses affaires, ah.... Et ouais, du coup, j'vois totalement ce que tu veux dire !
Pour le comparaison avec l'impossibilité d'un fantôme, notamment, c'est presque ça, mais en un peu moins impossible... euh... Genre, il n'y a pas la notion de surnaturel, d'impossibilité au niveau scientifique (surtout que la magie est reconnue dans l'univers), et il y a plusieurs sources plus ou moins fiables (plutôt moins) attestant qu'ils ont existé, un jour. Donc ça serait plutôt de l'ordre des cryptides, genre Big Foot et le yéti ? Pas impossible au point que tu penses avoir déliré, mais assez incongru pour que tu passes un peu pour un con en racontant ça.
Mais t'as raison, je suis pas sûre que ça suffise à blinder cette facilité narrative... Je peux peut-être jouer sur le fait que Syam veut prouver à son père qu'elle peut être utile en lui présentant le travail fini, mais oui, ça retombe un peu dans des solutions vues et revues. J'ai deux pistes pour l'instant pour rattraper le coup : 1) soit Syam se rend compte d'abord qu'elle est assignée à domicile et reporte sa frustration sur son père, ce qui fait assez puéril, mais Syam peut l'être haha, ou 2) je la fais dire quasiment dire la vérité à son père, ça renforcerait leur lien, mais faut que je fasse gaffe à ce que ça ne gêne pas pour l'intrigue... hum...
Je note pour les répétitions :p
Encore merci de ton passage et de ces deux commentaires bien fournis, ça m'aide beaucoup ! Dès que l'inspiration se calme un peu du côté de mon nouveau projet (Apocalypse After), je me mets pour de bon aux corrections de L9CA :P
Bisous Isa !
Xendor
Posté le 07/12/2019
Punaise, tu m'as surpris ! Je ne pensais pas les gens de la cité d'Améthystes capable d'une telle technologie ! Ou alors j'ai mal lu depuis le début ... Mais en tous cas c'est sidérant de voir leur technologie incapacitante en action. C'est un peu bizarre parce que dans ma tête, avec ces histoires de Grande-Prêtresse j'ai pensé à un ville un peu médiévale. Et après relecture je me rends compte qu'on se rapproche plus du steam-punk au final. Sincèrement c'est intriguant tout cela. Hâte de voir comment ça va finir. Et je partage les sentiments de Syam, sauf ceux envers son père. De mon point de vue elle aurait dû lui dire la vérité vu qu'à la base elle voulait l'aider ... Enfin bref. C'est quand même une belle chipie. Heureusement qu'elle est haut rang, sinon elle aurait fini en prison sans que qui que ce soit ne s'en préoccupe. Il faut qu'elle s'assagisse ! Qu'elle aprennen à faire des coups bas, mais sans se faire prendre ^^
Rimeko
Posté le 12/12/2019
(Ah oui, j'ai oublié : bonjour, et désolée pour le délai de réponse, j'ai eu une semaine chargée :P)
Euh, bah, si... L9CA, c'est de la science-fantasy, donc ils ont une technologie un peu plus évoluée que la nôtre (pas de transplaneur temporel ou je sais pas quoi, par contre ça parle d'intelligences artificielles et d'ordinateurs XD C'est mon côté ingénieure ça). C'est vrai que commencer par une scène dans un temple sans mention d'écrans ou d'un truc du genre, c'était p'têt pas la meilleure idée pour informer le lecteur de ce *léger* détail... J'suis pas très douée pour présenter mon univers, ça me semble tellement évident que j'oublie de l'expliquer x)
"Chipie", ça va tellement bien à Syam mdr, c'est exactement ça ! Mais t'inquiète, je me vais me charger de l'assagir de force, héhé.... (Quant au passage avec son père, j'ai besoin qu'elle lui cache des trucs pour des raisons d'intrigue, mais il va décidément falloir que je repasse bien sur ce chapitre pour qu'on comprenne mieux ses motivations d'un point de vue "personnage"... !)
Xendor
Posté le 12/12/2019
(Je comprends tkt ;)) Tu es ingénieure ? Cool ! :) c'est un pdv différent d'un littéraire "classique" si je peux employer une telle expression. Hâte de voir toutes les petites pépites de technologie que tu as inséminées dans ton récit :)
Mmmm. Un assagissement forcé ^^ j'attends de voir ça ;)
Rimeko
Posté le 13/12/2019
(Étudiante ingénieure, plus exactement ^^)
Je voulais de la magie, mais sans m'encombrer de considérations pratiques sur comment on allume un feu sans briquet ou de comment on se bat avec une épée XD Nan en vrai j'aime juste beaucoup trop la SF.
Sorryf
Posté le 21/05/2019
qu'eeeeeeeeeest-ce que c'était que ça dans les entrepots O.O ?
Je te dis ce a quoi je m'attendais : je pensais qu'ils trouveraient des "non-humains"séquestrés, ceux qui sont menacés dans le discours du dirigeant au début du chapitre 1... Quelque part, j'avais raison ! ce qu'ils trouvent est non-humain :p !
Bon, d'ailleurs, comme je suis pas encore familière avec ton monde, et qu'il a justement été question de non-humains, j'ai eu un peu de mal a statuer à quel point c'était étrange, des animaux qui parlent et se transforment. Heureusement, les réactions des persos m'ont guidée.
le félin m'a grave plu ! j'aurais voulu que Syam et Dyne Winchester aient le temps d'ouvrir les cages et de tous les libérer o/
J'ai beaucoup rigolé quand Syam se met a pleurer en disant qu'elle est amoureuse ! bien joué xDD
comme ils se font embarquer par bateau, ça m'aurait fait rire aussi, si j'étais pas aussi inquiete.
 ce dialogue m'a rendu un peu perplexe
« Ton prénom. I ou y ?
— Je suis une fille.
— Y, donc. »
j'ai pas saisi un truc, j'imagine que ce sera expliqué plus tard ? Et Dyne ?
J'ai trouvé étrange que Syam ne raconte pas à son père ce qu'elle a vu, elle a justement fait tout ça pour l'aider, puis j'avais l'impression qu'ils avaient une relation saine, qu'elle n'a pas été élevée dans la peur de le décevoir ou d'être ridicule, qui aurait pu l'empêcher de parler du matou qui parle. Surtout que... bon, encore une fois je sais pas encore a quel point c'est bizarre dans ce monde, mais Dyne dit "c'est des changelins", si ces bestiaux ont un nom connu, qu'elle dise a son père en avoir vu ne peut pas être si fou que ça .
Rimeko
Posté le 21/05/2019
Héhéhé XD
Ben, tu t'attendais au bon truc, parce que je me rends compte seulement maintenant que "non-humains" n'était p'têt pas la meilleure appelation du monde... Parce que même s'il y a très peu d'animaux à Galatea (un p'tit côté post-apo), il y en a quand même, donc ça rajoute une grande catégorie - en gros, il y a "humains" (en majorité), "animaux" (donc) et ce que j'appelle les "non-humains", qui sont les autres peuples "pensants" (avec un développement cognitif semblable à celui des humains)... dont les changelins font partie. La plupart ont des apparences humanoïdes, sauf effectivement les changelins (même s'ils peuvent changer de forme...) et une autre espèce. Arg trop compliqué XD Est-ce que tu penses que "peuples non-humains", ça irait mieux... ? (Vu qu'on ne parle pas de peuple pour des animaux normaux...)
Ouais, du coup ça rejoint ta deuxième remarque, et c'est vrai que ça pourrait être intéressant de le préciser, même si les réactions des persos mettent sur la voie... Bon du coup je te fais ça ici rapidement, et j'irais intégrer ça correctement dans les chapitres : les Hautes-Familles de la Citadelle ont chacune une sorte de pouvoir magique très précis (et donc très restreint) (par exemple, les ailes de la Grande Prêtresse...), et tous les peuples non-humains ont un truc plus ou moins proche de la magie. Mais au final, les habitants de Galatea sont très peu en contact au jour le jour avec le surnaturel, et les peuples non-humains sont en général très méconnus (genre, ils connaissent leur nom, le reste se constitue de rumeurs). Au point que presque tous pensaient les changelins disparus, voire légendaires ;) Voilà, les animaux ne sont donc pas censés se transformer ni parler, comme chez nous !
"Dyne Winchester" XD
Effectivement, c'était pas de bol cette p'tite ballade en bateau hein ? ^^
... Tu as vraiment mis le doigt sur tous les points de background mal expliqués, c'est magique XD Aloooors le "y" est une lettre considérée comme féminine à Galatea, donc quand il y a le son -i dans un prénom de fille, il est remplacé par un -y. (Petite anecdote : j'ai découvert que "Ayden" était un prénom féminin et "Aiden" masculin après avoir décidé de cette "règle", ça m'a fait rire) Oui, du coup, ça implique que Dyne a un prénom de fille, c'est voulu. Mais en vrai, je ne sais pas si je vais vraiment garder tout ça... Je verrais avec du recul :/
Pour la comparaison, les changelins à Galatea, c'est comme si toi tu disais avoir vu un yéti. Il y a des vagues mentions comme quoi ça existerait, mais... Après, tu es la deuxième personne à trouver ça bizarre que Syam n'en parle pas à son père, donc je pense que je vais devoir modifier... Mais aaah, ça coince avec la suite, où il faut qu'elle fasse un truc dans le dos de son père... On va trouver une solution, on y croit XD
Bref, après cette looongue réponse, il me reste à te remercier de ton commentaire, tu m'as donné plein de matière à réfléchir, c'est cool <3
Rachael
Posté le 03/06/2019
Eh, eh, excellent, l’histoire que raconte Syam au policier ! Très chouette chapitre, avec de l’action, de l’angoisse, du suspense.
Pour les changelins, on comprend que ce n’est pas habituel, mais comme on ne connait pas encore bien ton monde on ne réalise pas à quel point. Il faudrait peut-être anticiper et l’introduire avant, quand tu parles des non-humains, histoire de préparer le terrain (ils en font bien partie ?).
Pour répondre à ta question, oui, j’ai trouvé un peu étrange qu’elle mente à son père, alors qu’elle est allée à l’entrepôt pour lui ramener de l’information.
Pas cool, la puce de géolocalisation et la porte qui refuse de s’ouvrir. Ca fait très « big brother »…
 
Détails
Elle remarqua alors que tous les animaux qui les entouraient arboraient tous le même membre blanc : deux fois « tous »
Des bruits de pas résonnaient dans l'espace encombré, se rapprochant inexorablement,
Et puis, avec l'aide d'un autre quelqu'un : d’un autre ?
Quelques minutes plus tard, le transglisseur se mettait en route, et ils traversèrent l'entrepôt en sens inverse, repassant au milieu des cages des changelins : comment le sait-elle, puisqu’elle ne voit rien ?
On n'était jamais trop prudents : prudent
Il avait croisé ses mains devant lui et ses épais sourcils encore très noirs, alors que ses cheveux avaient depuis longtemps commencé à blanchir, lui donnaient un air peu commode : phrase un peu longue et heurtée
plus qu'elle ne voulait bien l'avouer : le « ne » me parait superflu
complicité pour tentative de vol : complicité de  tentative ?
Rimeko
Posté le 03/06/2019
Ils sont étrangement toujours plus faciles à écrire les chapitres de Syam !
Oui, font partie des non-humains tous les peuples "non-humains" (... haha) qui ont un développement cognitif similaire à celui des humains (en gros, qui parlent XD), j'avais d'ailleurs discuté avec Sorryf sur le sujet, en me demandant si l'appelation "peuples non-humains" ne seraient pas plus adéquate, histoire de bien excluse les animaux "normaux"... Et il faut que je trouve un moyen d'introduire ce qu est normal et ce qui ne l'est pas, en effet ! (Pour faire court, les changelins seraient l'équivalent du yéti de notre monde pour les galatiens...) (Et la magie en général existe, mais dans un cadre bien précis, que chez certaines personnes (non-humains, membres des Hautes-Familles et Machinistes), et tout ça est un peu nébuleux pour la grande majorité du peuple.
Hum... est-ce que tu as lu la version corrigée pour l'histoire du mensonge ? Celle où elle lui dit avoir vu des animaux, mais sans entrer dans les détails... ? Si non, bah, du coup j'ai essayé de corriger ça, si oui... c'est pas bon pour moi XD (Le problème c'est que le mensonge est important dans l'intrigue, donc il faut que je trouve un moyen de le justifier...)
Ouais, ça a des petits côtés dictature Galatea ;P
- Quel est le problème avec la phrase sur les bruits de pas... ?
- J'imagine qu'elle entend les bruits des changelins ? Ou alors elle sait que c'est le seul chemin de sortie...
- Grammaticalement le "ne" est nécessaire... (je viens de vérifier)
Le reste est corrigé, merci encore pour tes commentaires très complets <3
Anna Ferju
Posté le 24/05/2019
Hello ! 
Super chapitre, de l'action et enfin des précisions sur ce qui se trouve dans les cages. On est stressé avec Syam ! Hâte de lire la suite ! 
Quelques mini-corrections :
Ses pattes se raccourcissent, ses oreilles disparut, son museau s'étrécit. (concordance des temps)
Est-ce qu’il avait été également emmené, au fait ? (la tournure de phrase dans ce contexte semble un peu abrupte. Peut-être remplacer par "Avait-il également été emmené ?")
Elle était sûre que son père avait été immédiatement mis au courant de cette décision (il manque un mot)
Rimeko
Posté le 24/05/2019
Hello !
C'est toujours facile de mettre de l'action dans les chapitres de Syam :P Contente que ça t'ait plu en tous cas ; je devrais poster la suite courant de semaine prochaine !
Coquillettes corrigées (ouh ce qu'il est moche ce "ses oreilles disparut"...) !
Merci de ton passage, ça me fait plaisir de te retrouver ici à chaque chapitre <3
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