Spirale

Par Rimeko
Notes de l’auteur : (Attention : sujet sensible)

J’ai toujours eu envie de tout contrôler.

En primaire, je me suis retrouvée affublée d’un diminutif que je détestais – Kiki, comme si j’étais un chien. Je m’appelle Christina. Alors, en arrivant au collège j’avais voulu imposer mon propre surnom – seulement, je ne connaissais pas encore la signification du signe « IST ». Inutile de dire que je ne me suis pas fait beaucoup d’amis à cette époque.

Arrivée à l’université, j’ai dû faire une croix sur la vie en colocation. Chez moi, les choses sont à leur place, les journées sont organisées en planning, même pendant les vacances, et je ne déteste rien tant que les coups de fil ou de sonnette improvisés.

En ce dernier jour de 2019, je suis bien entendu chez une amie, une coupe de champagne à moitié vide à la main, comme toute la ville. Les autres se sont assis en cercle, à même le sol, et j’ai bien été obligée de les imiter, même si je n’étais pas censée m’asseoir par terre puisque j’étais en robe. Je suis sûre qu’elle sera toute froissée quand je me relèverai, et je devrai alors cacher les plis avec mon gilet long, alors qu’il fait déjà bien trop chaud dans l’appartement de Houda. Chez moi, le thermostat ne laisse pas la température grimper au-delà de dix-huit degrés.

Quand Houda a distribué morceaux de papier mal découpés et stylos à ses invités un peu confus, avant d’annoncer en se rasseyant que nous allons, tous ensemble, établir notre liste de bonnes résolutions.

Pendant de longues minutes, je fixe la page blanche. Mais je ne peux pas refuser, Houda le prendrait sûrement mal. Enfin, avec réticence, je trace trois mots, de mon écriture régulière :

□ Perdre du poids

C’est une résolution commune, non ?

 

*

 

Le lendemain matin, ce sont les rayons filtrant à travers mes stores qui m’extirpent du sommeil. Quand je me redresse, tout autour de moi tourne de quelques degrés de trop, j’ai l’estomac à l’envers, un étau autour de la tête. Je me mords la lèvre, tente de forcer mon corps à ravaler son malaise. J’ai besoin d’être opérationnelle aujourd’hui, il faut que je finisse d-

11h59.

La sentence affichée en rouge sang est implacable : j’ai oublié de régler mon alarme hier soir. Je sens mon cœur sombrer dans ma poitrine. Je me lève, m’occupe aussitôt de refaire mon lit, comme chaque matin. Ma vision se resserre en tunnel, mais je dois aller prendre ma douche, et puis après je dois faire des courses, je n’ai plus que des pâtes dans mes placards et j’en ai déjà mangé hier.

Je contrains mes pieds à se poser l’un devant l’autre, trébuche sur mon sac, heurte brutalement le coin de mon bureau. Je me rends compte au même moment que je porte encore ma robe. Horrifiée, j’oublie aussitôt la douleur, me tortille pour trouver la fermeture et m’empresser de rectifier cette erreur. Je plie le vêtement, y ajoute mes sous-vêtements et dépose le tout dans mon panier à linge.

Le miroir me renvoie une image affreuse. Mon gloss a débordé, mon mascara a coulé, mes cheveux bouclés forment des épis dans tous les sens. Comment j’ai pu oublier de me démaquiller hier ?! Je sais pourtant que c’est mauvais pour la peau, pour les cils… Je m’empare d’un gant de toilette propre et commence à nettoyer les dégâts, avant de pouvoir prendre ma douche.

Vérifier que ma serviette est bien à sa place. Entrer dans la douche, vérifier que les portes sont bien fermées. Vérifier la température de l’eau. D’abord le shampoing, puis le gel visage, et enfin le gel douche. Vérifier que le robinet réglant la température n’a pas bougé. Me rincer. M’essuyer bien sur le tapis de bain pour ne pas mettre de l’eau part-

Où est mon tapis de bain ?

Tant pis, je n’aurai qu’à passer la serpillière dès que je serai habillée. Mais j’ai déjà perdu assez de temps aujourd’hui, et c’est censé être mon jour d’aspirateur… À moins que je puisse interchanger avec la tâche de demain ? Non, demain c’est le jour où je vais à la laverie, elle n’est pas ouverte aujourd’hui.

Je m’arrête encore une fois devant le miroir, mon regard glisse de mon visage fatigué à mon corps. J’ai déjà un hématome au niveau de mes côtes, trace verdâtre sur ma peau mate, mais ce n’est pas lui que je regarde. Non, mon attention se concentre sur mon ventre, cette bouée en-dessous de mon nombril, l’ombre d’un pli de peau autour, cette masse informe et grelottante, puis je continue mon inspection, remonte brièvement sur mes seins, ressens ce vague sentiment de dégoût qui revient chaque fois que je me rappelle à quel point ils pendent, redescends aussitôt jusqu’à mes cuisses. Ma peau se creuse de petits trous, comme une peau d’orange, juste en dessous de mes hanches, et puis l’intérieur de mes cuisses se touche, se frotte, jusqu’à former des traces violacées.

Je décide de me peser, puis de vérifier mon IMC sur mon portable. Je suis encore dans la fourchette « corpulence normale », mais je suis vraiment à la limite. Non, vraiment, je me suis laissée aller. J’ai bien fait de prendre cette résolution de nouvelle année, en fin de compte.

 

*

 

« Madame Christina Nasri. »

Je me lève, suis docilement la doctoresse jusqu’à son cabinet. Je dépose ma veste sur le dossier de fauteuil destiné au patient, comme à chaque fois.

« Vous venez pour une raison particulière ?

— Non. Ma mère m’a seulement encouragée à aller faire une visite de contrôle, expliqué-je. J’en ai déjà fait une, juste avant la rentrée, comme toujours, mais je crois qu’elle a peur que je fasse une carence en fer. »

La doctoresse me jette un regard indéchiffrable.

« Je vois. Je vais vous faire une ordonnance pour une prise de sang. En attendant, enlevez vos chaussures et montez sur la balance, s’il vous plaît. »

J’avais déjà commencé à dénouer mes lacets, habituée à la routine de l’examen. Je me place sur le pèse-personne, observe posément l’aiguille jusqu’à un peu plus de cinquante-cinq kilos. Mon sourire vacille un peu. Ma propre balance indiquait seulement cinquante-quatre ce matin ! Qu’est-ce que j’ai bien pu manger entre-temps ? Mon petit-déjeuner… ? Non, je m’en suis tenue à ma tasse de thé et à une seule clémentine. Peut-être que je devrais songer à sauter tout à fait ce repas, j’ai lu dernièrement un article qui expliquait que-

« Ce n’est pas beaucoup, » observe la doctoresse.

Elle semble peser chacun de ses mots et je me demande si elle dit cela seulement pour me faire plaisir. Je suis contente qu’elle ne m’ait pas demandé de me déshabiller entièrement, elle aurait alors vu à quel point mes fesses sont grosses et molles. Heureusement, mon legging noir m’amincit. Je ne porte plus de jeans, ils me boudinent tous.

« J’ai vérifié, lui assurai-je, avec un mètre soixante-dix et cinquante-cinq kilos, je suis d’une corpulence normale, d’après l’IMC.

- Vous savez, commence-t-elle, l’IMC n’est pas toujours fiable… Ça ne prend en compte ni votre morphologie, ni votre masse musculaire, ni le poids de vos os…

- Oh, les femmes de ma famille ont des ossatures fines.

- Mais si, par exemple, insista-t-elle, vous être plus musclée que la moyenne, alors il est possible que vous soyez en sous-poids sans que l’IMC ne le reflète. Or, vous paraissez athlétique, et-

- Oui, je fais régulièrement du sport. C’est bon pour la santé, non ? »

Son discret soupir ne m’échappe pas.

« D’accord… On va passer à la suite de l’examen, maintenant, si vous le voulez bien. »

 

*

 

La prise de sang a montré que je manquais effectivement de fer, mais aussi de vitamine B1 et de zinc. On m’a dit que je devais manger plus de viande, seulement j’ai lu des dizaines d’articles qui recommandent de ne plus consommer de viande rouge. Peut-être que je pourrais encore manger du veau, ou de la volaille, cela dit, mais dans les batteries les animaux sont bourrés d’antibiotiques et c’est horrible pour le système immunitaire. Déjà que je tombe souvent malade en ce moment, ce n’est pas la peine d’en rajouter : j’ai déjà manqué plus de journées de cours que je ne m’y autorise normalement, il faut que je réagisse.

Finalement, depuis trois mois, je prends des compléments alimentaires, alors je n’ai pas à m’inquiéter.

Je ralentis ma course, consulte mon téléphone, placé dans une poche sur mon biceps. Douze kilomètres, quarante-cinq minutes. Je cours une heure tous les matins, puis je fais de la gym un soir sur deux, et du vélo le week-end. Chaque jour, je vais un peu plus loin pendant mon temps imparti, je force mon corps à aller un peu plus vite. Ce matin, j’espère enfin atteindre les quinze kilomètres.

Alors j’accélère encore un peu. Les muscles de mes jambes hurlent, mes poumons me brûlent, le sang bat à mes temps. Au moins, le feu qui embrase d’ordinaire ma poitrine dès que je fais du sport s’est un peu apaisé.

Encore un peu.

Alors que j’arrive près du pont, ma vision se trouble. Je commence à grimper les marches, deux à deux pour aller plus vite, et la douleur dans ma poitrine revient, intense au point que je sens des larmes me monter aux yeux. Je m’entête. Je peux y arriver, je le sais. Encore une marche, des étoiles dansent devant mes yeux, encore une, et puis ap-

Mes jambes se bloquent, mon pied se prend dans une marche.

Je me reçois brutalement, mon poignet cède dans un craquement. Je m’entends à peine hurler à travers le sifflement qui a envahi mes oreilles. J’agrippe la rampe de ma main valide, commence à me redresser. Une brusque nausée me retourne l’estomac. Je vacille.

Noir.

 

*

 

Je me suis cassé la jambe en plusieurs endroits, en plus de mon poignet, et mon torse est couvert d’hématomes. Les médecins m’ont interdit de faire du sport, n’importe lequel, pendant au moins deux mois.

Cela fait une semaine, une très longue semaine, et j’ai déjà repris presque un kilo. Ma mère pense que c’est à cause des opiacés qu’ils m’ont donnés pour la douleur, alors j’ai arrêté de les prendre. Ma gorge se serre à chaque fois que je dois passer devant mon miroir. Mes cuisses sont tellement larges, je peux à peine passer deux doigts entre elles, et la simple vue de mes fesses m’enjoint d'aller courir, immédiatement. Elles sont molles, et grasses, et-

Et voilà que je ne peux pas faire de sport.

Que vont penser les autres étudiants à l’université, les gens dans la rue ? Mon corps me dégoûte, je ne peux pas leur en imposer la vue. Je dois continuer à perdre du poids. Alors tout ira bien.

Je décide de faire quelques abdominaux. Si je me limite à une dizaine, ce n’est pas vraiment du sport, si ?

J’en suis à quarante.

La douleur dans ma poitrine est revenue, aiguë à hurler.

Cinquante.

 

*

 

Je suis à l’hôpital, encore une fois. Au départ, ils devaient juste enlever mon plâtre, mais ma mère a parlé avec les médecins. Ces derniers jours se perdent dans le flou. Ils ont voulu me forcer à manger, j’ai refusé. Je n’ai pas faim, j’ai mal au ventre, mal à la tête, mal partout. Je veux juste dormir.

L’odeur de la nourriture me rend malade. Je ne veux rien ingurgiter. Je ne veux pas être ici. Pourquoi ne comprennent-ils, ne voient-ils pas à quel point je suis grosse et répugnante ? Si je perds encore un peu, ma vie pourra peut-être redevenir comme avant.

Je les déteste.

Je veux disparaître.

 

*

 

Ils m’ont attachée au lit, m’ont enfoncé un tube dans le nez.

Désormais, ce sont les médecins qui décident pour moi. Ils m’ont pris mon portable, ont interdit à mes parents de venir me voir. Ils me nourrissent de force.

Les médecins – et ma maladie.

J’ai perdu le contrôle.

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Unam
Posté le 16/02/2020
Histoire importante, touchante et qu'on ne peut s'empêcher de lire jusqu'au bout malgré un douloureux pressentiment. J'aime aussi beaucoup comment vous interrompez le fil, comme dans des séquences cinématographiques, pour reconnecter à l'essentiel. C'est vivant, c'est vrai, c'est humain. Et la boucle est bouclée. Bravo, et merci !
Rimeko
Posté le 20/02/2020
Bonjour !
Oui, c'est clair qu'on doit sentir très vite comment ça va très mal tourner... Et bon, pour être honnête, les coupures sont aussi là pour me permettre de respecter la contrainte de longueur (2000 mots maximum), même si c'est vrai que je m'inspire pas mal du cinéma !
Ravie que ça t'ait plu en tous cas =D
Unam
Posté le 23/02/2020
Bonjour Rimeko,
Ce n'était pas une critique l'histoire du pressentiment. Je trouve que c'est très bien fait au contraire. Toute histoire a sa propre dynamique et cette histoire fonctionne très bien comme elle est écrite je trouve. Le titre est également bien trouvé car il permet de connecter avec l'expérience du personnage, qui est très bien dépeinte tout au long de l'histoire. Ce n'est pas un sujet facile à traiter en fiction et tu l'as fait avec beaucoup d'authenticité, de créativité et de talent. Merci encore pour ce partage.
Rimeko
Posté le 25/02/2020
Re-bonjour ^^
Ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas pris comme une critique ! C'est juste que de manière générale, disons que maintenir un suspens n'est pas mon fort :P Faut dire que je ne cherche pas spécialement à y remédier aussi !
J'avoue être assez fière de ce titre, donc ça me fait plaisir que tu en parles !
J'avais peur aussi d'être pas très légitime à aborder ce thème, donc contente aussi de lire ça :)
Captain
Posté le 31/12/2019
Glaciale et touchante description d'un comportement anorexique.
Cette pathologie invoque tellement de processus que même les professionnels de santé y perdent leurs certitudes (pour les plus honnêtes...)
Et, le pire, c'est que l'activité physique, qui sauve tant de vie en tant que "drogue naturelle", leur est interdite. C'est comme si l'on voulait guérir quelqu'un qui pense n'être que pur esprit en l'obligeant à ne vivre que comme un pur esprit ?
Je ne sais pas si mon image est parlante, ni judicieuse ?
Bref, il y aurait tant à dire...
J'espère que ton texte n'est pas autobiographique mais on sent que tu connais le sujet de très très près.
Courage dans tous les cas !
Rimeko
Posté le 10/01/2020
Oui, l'anorexie de prime abord ça peut paraître simple, le besoin de perdre du poids dans une société aux normes de beauté insistantes, mais en vrai, comme pour toutes les maladies mentales malheureusement, il y a tellement plus de choses derrière la pathologie que le seul soucis esthétique, qui se retrouve en général relégué à l'arrière-plan de la psyché de la personne... J'ai l'impression que même les malades ne peuvent vraiment expliquer ce qui les poussent à se tuer.
Je ne crois pas que le sport soit forcément interdit à tous les anorexiques ? Ça doit dépendre de leur relation avec cette activité, s'ils la voient comme une "punition" ou... ? Et surtout, je ne crois pas que les anorexiques se considèrent comme des purs esprits, ni que les soignants les obligent à vivre ainsi, parce que même si le sport leur est interdit, hé bien, on les encourage / force clairement à s'alimenter.
Ce n'est pas autobiographique, non, ça ne tourne pas toujours tout à fait rond dans ma tête, mais je n'ai jamais souffert d'anorexie, ni aucun de mes proches d'ailleurs. J'ai seulement une fascination un peu morbide pour les maladies mentales et leurs paradoxes, ou pour la psyché humaine en général, avec ses merveilles et ses ratés. Et je suis assez empathique pour "absorber" les témoignages que j'ai lus...
Captain
Posté le 10/01/2020
Merci pour l’honnêteté de ta réponse.
Encore bravo pour ton titre qui me semble tout à fait pertinent

Je te confirme pour la proscription du sport.
L'effet premier de cette activité étant de brûler le peu de calories que les soignants réussissent à leur faire accepter...

Pour mon couplet sur le "pur esprit", effectivement, c'est à affiner. C'est comme si elles n'étaient plus que ce que le miroir leur renvoi. Et malheureusement, la vision qu'elles ont de leur corps est complètement déformée.

J'ai été comme beaucoup dégouté par le concept d'alimentation forcée. Jusqu'à ce que je lise des remerciements de femmes qui s'en sont sorties, à leur médecin, de ne jamais jamais jamais les avoir laissée tomber.

En tout cas, maintenant que tu as récolté les témoignages des patientes, étape primordiale, je t'encourage à t'intéresser au pan thérapeutique pour avoir une vision le plus large possible de cette affliction. Mais, c'est déjà beaucoup d'arriver à en parler, de ne pas être simple spectateur...

As-tu employé le terme "morbide" dans son acception médicale (en rapport avec la maladie) ou psychologique (malsain)? Nos passions et centres d'intérêt en disent tellement sur nous.
Il semble que beaucoup de dépressions se soignent mais que ce soit beaucoup plus compliqué lorsque l'on ne s'entoure que de drames.
Redonner un peu d'équilibre au tandem affect/intellect ?
J'avoue que l'époque ne facilite pas vraiment les choses !

Bon courage à toi
Rimeko
Posté le 10/01/2020
Internet me dit que parfois l'activité physique fait partie de la thérapie (bon, sûrement pas au tout début, mais une fois que la personne a fait des progrès...), que ça peut avoir des bénéfices (retrouver l'"utilité" de son corps, mais aussi et surtout remettre en route un métabolisme mis à mal), mais peut-être qu'Internet se trompe. (La source semble sérieuse, ceci dit : https://www.irbms.com/anorexie-et-sport/ ...) Ou alors ça dépend énormément du patient et de son cas particulier...

Ça oui, les personnes souffrant d'anorexie finissent par ne plus penser qu'à leur poids, à associer leur valeur personnelle aux chiffres sur la balance. (D'ailleurs, attention, y a pas que les femmes qui peuvent être anorexiques... En fait, la seule personne que je connais en vrai qui a souffert de ça, c'était un garçon, quand on était au lycée...)

C'est clair que ça a de quoi rebuter, l'idée de nourrir quelqu'un de force. Mais si ça peut, au final, lui sauver la vie... La plupart des survivants sont reconnaissants aux soignants, en fin de compte.

J'ai traîné sur quelques sites parlant de la prise en charge (comme celui dont j'ai donné le lien), mais c'est vrai que mes "connaissances" (bien maigres) sur le sujet viennent de blogs / témoignages de personnes qui s'en sont (plus ou moins) sorties. Je trouve plus "parlant", en même temps, vu que je m'intéresse plus au ressenti d'un point de vue d'autrice...

J'utilisais plutôt "morbide" au sens de "malsain", ouais. Je trouve ça intéressant de voir comment cette magnifique machinerie qu'est notre corps peut se détraquer, et comment le corps en question et l'esprit gèrent ces ratés, ainsi que les traumatismes. Peut-être mon côté scientifique (je suis étudiante ingénieure en bio) qui ressort...
Moi je crois que la dépression est un sujet encore plus vaste qui nous prendrait beaucoup de temps à discuter :P (Je ne suis pas dépressive, si c'est ce que ma première réponse laissait entendre, du moins pas au sens diagnostic du terme. Ceci dit, je suis autiste et j'ai des problèmes d'anxiété.)

Bon courage à toi aussi, tu sembles un peu "trop" proche de ces thématiques... <3
Captain
Posté le 10/01/2020
Proche de métier mais c'est sympa de t'inquiéter !
Désolé d'avoir parlé de dépression...
Après, j'étais pas non plus aux antipodes, non ?
Les catégories, ça va, ça vient à chaque DSM, un peu ?

Au delà du simple constat que notre machine peut, de milles manières, se détraquer, ce qui tu l'avoueras, n'est pas une découverte, ne pourrait-on pas voir chaque pathologie comme une sorte de message aux "biens portants" ?
L'anorexie me parle de notre société de consommation. On met le doigt dans l'engrenage, on pense pouvoir le maitriser mais, au final, on se noie dans la spirale ?

Rimeko
Posté le 11/01/2020
Oh, tu es psy peut-être ?
Pas de problème xD Il me semble qu'on diagnostique une "vraie" dépression quand cet état dure plus de deux semaines, donc vu de ce point de vue ça ne s'applique pas à mon cas. Après... ^^
Oui, au final ces pathologies ne sont "que" des déformations d'une psyché normale, donc ça doit dire des choses sur notre humanité en général.
Gabhany
Posté le 29/12/2019
Ce texte m'a mis une sacrée claque. J'admire la façon dont tu as balisé le chemin jusqu'à la fin avec des petits détails qui pourraient paraître insignifiants mais qui font tout. Cette descente aux enfers est effrayante et parfaitement amenée. Bravo pour la qualité de ton écriture et pour avoir osé écrire sur un thème pareil !
Rimeko
Posté le 10/01/2020
Comment ça, j'ai plombé l'ambiance ? :D
C'était un peu compliqué au début de "disséquer" le quotidien de Christina et toutes les petites actions normalement insignifiantes (se démaquiller, s'asseoir par terre, s'organiser pour le ménage...), pour trouver ce que je pouvais distordre, puis ça venait plus naturellement au fur et à mesure que je m'habituais à sa façon de pensée (ouais, ça a pas été un texte très jouasse à écrire).
Merci pour ton passage, et pour les compliments !
Eresia
Posté le 29/12/2019
Coucou Rimeko !

Pfiou, la claque ! Je trouve ça hyper intéressant que tu aies choisi ce sujet par rapport au thème et j'aime l'idée que cette résolution se réalise dans le temps, ça change part rapport aux autres nouvelles ! C'est une très belle réalisation en tout cas, bravo !
Rimeko
Posté le 10/01/2020
Coucou !
Ouais, j'ai pas fait dans le joyeux cette fois encore :P
J'avais en tête, comme idées de départ, soit un souhait prise dans un sens tordu (pense aux génies des contes...), soit dans une veine réaliste une résolution banale qui se transforme en obsession, que le personnage tient jusqu'à l'extrême, jusqu'à la folie.
Merci de ton passage <3
Fannie
Posté le 29/12/2019
Ah la spirale infernale de l’anorexie ! En lisant ce texte, je n’étais pas dans l’empathie (peut-être par réflexe de protection), mais dans la logique de Christina, qui pense que ses raisonnements sont logiques, ses actions relativement anodines, et qui est dans un tel déni qu’elle met de côté tous les signaux d’alarme que son corps lui envoie. Je pense que même à la fin, elle conçoit son hospitalisation et la thérapie avec toutes ses règles comme une restriction de sa liberté plus que comme des soins nécessaires. Les ruptures abruptes dans le fil de ses pensées sont bien exploitées et tu arrives à raconter avec naturel et réalisme cette descente aux enfers.
Coquilles et remarques :
— sur la vie en collocation [colocation]
— et je devrais alors cacher les plis [devrai ; futur simple]
— notre liste de bonnes résolutions, [C’est bizarre de mettre une virgule et de passer à la ligne ; des points de suspension, peut-être ?]
— Je contraints mes pieds [contrains]
— Tant pis, je n’aurais qu’à passer la serpillière dès que je serais habillée [aurai / serai ; futur simple]
— cette bouée au niveau en-dessous de mon nombril [en dessous ; j’enlèverais « au niveau »]
— J’ai bien fait de prendre cette résolution de nouvelle année au final [virgule après « année » / « au final » est une expression grammaticalement fausse ; je propose « finalement » ou « en fin de compte ». Voir ici : http://www.academie-francaise.fr/au-final]
— et montez sur la balance, s’il-vous-plaît [s’il vous plaît ; sans traits d’union]
— Qu’est-ce que j’ai bien pu manger entre temps [entre-temps]
— Oui, je vais régulièrement du sport [« je fais régulièrement » ou « je vais régulièrement faire »]
— Peut-être que je pourrais encore manger du veau, ou de la volaille, ceci dit [« cela dit » serait préférable : en effet, on emploie « ceci » pour ce qui suit et « cela » pour ce qui précède]
— et la simple vue de mes fesses m’enjoint à aller courir [« m’enjoint d’aller » ; on dit « enjoindre à qqn de »]
Rimeko
Posté le 10/01/2020
J'avoue que je m'y suis un peu trop impliquée, moi, et ça a pas été les séances d'écriture les plus joyeuses... Je suis très empathique, et avec des textes comme ça, ça peut devenir un peu glaçant. Donc je comprends tout à fait le besoin de s'en distancier et d'analyser les actions de la protagoniste de façon plus rationnelle.
Oh et oui, je pense qu'au moins au début, être hospitalisé pour une maladie mentale, spécialement un TCA vu que ça implique directement le comportement, ça doit être un cauchemar... Et puis ça va totalement à l'encontre de la façon dont Christina a toujours mené sa vie, donc.

Merci pour ce relevé exhaustif !! Ça m'est toujours aussi précieux <3 (Par contre, aïe, comment j'ai pu faire autant de fautes, faut vraiment que je me relise plus sérieusement moi !)
- Pour la virgule baladeuse, c'est que j'ai dû retaper la phrase plusieurs fois, ça aurait dû être un point - de même pour le "au niveau en-dessous" (??) et l'histoire du sport.
- Pour le "au final" et le "s'il-vous-plaît", le pire c'est que tu m'as déjà dit que c'était faux, mais j'ai du mal à m'en débarrasser xDD (J'ai mis "en fin de compte" d'ailleurs, parce que j'aimais le léger double sens avec le côté "compter", comme compter les calories... Je suis partie trop loin, oui je sais ^^)
- Pour la différence entre "ceci" et "cela", je savais pas, c'est intéressant ! Et du coup ça explique l'expression "ceci explique cela", c'est trop cool :P

Merci pour ton passage et ton com' <3
ChachaLaBaveuse
Posté le 29/12/2019
J'ai lu et j'ai aimé. J'ai relu et encore plus aimé. Et j'ai rerelu pour commenter. La montée en puissance du texte vers l'inexorable est fascinante. La perte de contrôle par l'hypercontrole est parfaite. C'est un récit qui mériterait d'être lu par des jeunes filles malades. C'est difficile d'être enthousiaste pour un tel sujet mais je le suis devant la qualité de ton texte. Bravo
Rimeko
Posté le 10/01/2020
Yo ! Désolée pour le retard de réponse ;)
T'as relu trois fois ?! o.O Rien que ça, c'est un super compliment !
Je suis ravie que tu trouves que c'était bien dépeint, après je suis pas sûre du tout que ça puisse vraiment aider quelqu'un, déjà parce que c'est une fiction écrite seulement à partir de recherches et de témoignages glanés au fil de mes errances sur le Net, et puis ensuite parce que, eh bien... le déni peut être quelque chose de très puissant. Après, si ça peut aider des non-malades a peut-être un peu mieux appréhender ce que vivent ceux atteints de TCA, je serais comblée.
Merci pour ta lecture (et tes éloges lol) ! <3
Verdelaine
Posté le 28/12/2019
C'est très étonnant, au vue du titre je m'attendais à quelque chose de léger et c'est tout sauf cela. Je me suis pris une sacré gifle, le sujet est très bien amené et surtout le texte tout aussi bien écrit. Sans dire les mots de but en blanc, on sent l'obsession et la maladie dans chaque recoin, c'est extrêmement poignant d'être spectateur de cette autodestruction. Merci beaucoup pour ce texte.
Rimeko
Posté le 28/12/2019
Ah ? C'est drôle, "spirale" ça m'évoque en général une descente aux enfers moi... (ouais c'est la joie dans ma tête xDD) J'avais hésité entre "Spirale" et "Sortie de route" (perte de contrôle, toussa) comme titre, mais je trouvais que le deuxième pouvait plus faire que le lecteur attendrait un accident de voiture....
Ouais, du coup si tu espérais un truc léger ça a dû te faire un sacré choc, c'est sûr :P
Oui, ç'aurait été trop facile de sortir les mots "anorexie", "TCA" ou "compulsions", surtout que Christina n'est pas consciente d'être malade, jusqu'à la toute fin. C'est ce que je trouve super intéressant dans le point de vue interne, surtout à la première personne, le fait qu'on soit embarqué dans la tête du personnage, qu'on soit en contact directement avec ses pensées, avec le moins de filtres possibles, avec ses croyances et son déni et sa façon bien à lui.elle de déformer la réalité, et que c'est au lecteur de se distancier et de comprendre par lui-même ce qu'il se passe vraiment.
C'était d'ailleurs une drôle d'expérience que d'essayer de se mettre à la place de la pauvre Christina, d'analyser chaque recoin d'une routine normale pour voir ce que je pouvais déformer, les détails qui pouvaient l'obséder...
(Oups j'ai fait un pavé XD)
Merci pour ton commentaire en tous cas !
Dédé
Posté le 28/12/2019
Oh mon Dieu la spirale… Pour le coup, oui, c'est pas hyper joyeux… Mais ça reste intéressant comme point de vue par rapport au thème. Tellement de manières d'interpréter ce thème, c'est fou !

C'est une sacrée descente aux Enfers que tu nous décris là avec un réalisme de fou… Bravo pour ça !

Merci d'avoir participé en apportant ta propre patte à ce concours ! :D
Rimeko
Posté le 28/12/2019
"C'est pas hyper joyeux", bonjour l'euphémisme :P
J'avais deux trucs en tête par rapport au thème (spoiler : aucun n'était joyeux), l'un avec un vœu interprété d'une façon tordue (comme dans les contes, avec les génies...), l'autre... bah, celle-là. Avec une résolution en apparence banale, tenue jusqu'à l'absurde, la folie...
"Ma patte" xDD En lisant ça j'ai l'impression que tu insinues que je suis une autrice sadique, roh.
Dédé
Posté le 29/12/2019
Je n'insinue rien, j'affirme ! ;) Non mais c'est une bonne chose que tu aies choisi cette option-là. Tu as bien fait ! :D
Rimeko
Posté le 29/12/2019
Bon, en vrai j'assume xDD
Flowrale
Posté le 27/12/2019
Rimeko, toujours aussi poignante et saisissante. Je ne me lasse pas de te lire. Je trouve le rythme très bon avec ces coupures dans les pensées de la protagoniste. Ça créé quelque chose de très intéressant. Une fine douceur amère.
Merci pour ce nouveau partage
Rimeko
Posté le 28/12/2019
Hihi, ça me fait plaisir de lire ces mots associés à mon nom XD Ravie que ça t'ait plu !
J'avais un peu peur pour le rythme, vu que les passages sont assez courts (limite de mots du concours oblige...), alors ça me fait doublement plaisir que ça t'ait semblé bien !
Elga
Posté le 27/12/2019
Coucou!

Ça fait longtemps que je n'ai pas lu du Rimeko alors j'avais envie de passer. Pas déçue du tout. Bravo d'avoir réussi le challenge et avec un tel sujet, ça fonctionne très bien. J'aime bien aussi que la boucle soit bouclée à la fin avec la perte de contrôle. Une terrible descente aux enfers.
Rimeko
Posté le 27/12/2019
Coucou !
T'es pas tombée sur mon texte le plus joyeux dis moi, promis je torture pas (toujours) mes persos :P
Ravie que ça t'ait plu quand même ! Et oui, cette dernière phrase s'est imposée à moi dès que j'ai écrit la première, forcément ça ne pouvait qu'en arriver là, après cette... spirale ? :D (Désolée les révisions ont grillé mon cerveau)
Liné
Posté le 26/12/2019
Ah génial ! Enfin, le traitement que tu fais du sujet, hein, et le choix de ce sujet - pas la maladie en elle-même. On sent venir assez le tôt le problème, mais ça ne nous empêche pas de se sentir complètement impuissant.es - et avouons-le, en empathie pour le perso parce qu'on a toutes (tous aussi ?) des complexes physiques que personne d'autre que nous ne remarque.
Cersie sur le gâteau, dans le cadre du concours, tu as réussi à proposer une histoire crédible et réaliste de A à Z.
Bravo !
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Ah, je t'attendais, je savais que tu n'allais pas râler sur le sujet bien déprimant comme on les aime :P
Oui, encore une de ces nouvelles où le suspens est passé à la trappe... Mais bon, c'était pas ça l'important, donc. (Et oui, tous aussi, sûrement. J'ai d'ailleurs hésité à faire de mon protagoniste un garçon, parce que briser les stéréotypes toussa, mais j'arrivais pas à m'ôter Christina de la tête.)
Oui, que du réalisme, après Ce qui ne change pas (avec le côté surnaturel des âmes-sœurs) ça m'a moi-même étonnée XD
Merci pour ton com' et tes compliments, comme toujours <3
Isapass
Posté le 26/12/2019
Bon ça fout pas du tout la patate, on est d'accord. Le choix du sujet est très très bien servi par le style et la délicatesse de tes choix : les détails qui illustrent son besoin de contrôle pour absolument tout (genre les plus de la robe qui doivent être cachés, alors que tout le monde s'en fout probablement), et ensuite la progression de la phobie. Ce n'était pourtant pas facile dans un format si court !
Quant au sujet lui-même, je ne sais pas si c'est la phobie dysmorphique ou le besoin de contrôle aboutissant à une perte totale de contrôle qui est le plus dérangeant.
Un très beau texte, en tout cas, bravo !
Isapass
Posté le 26/12/2019
Les plis de la robe, pas les plus*
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Ouais, j'ai trouvé qu'il y avait bien trop de textes joyeux / drôles dans ce concours, il était temps de torturer un peu des persos :P
C'était un peu compliqué au début de cibler les détails auxquels elle pouvait prêter une attention démesurée, puis je suis entrée un peu mieux dans sa tête (... ouais, ça a pas été la session d'écriture la plus jouasse que j'ai jamais eue, ahem) et c'est venu plus naturellement. J'ai une certaine fascination (un peu morbide, je l'avoue) pour ce qui peut pousser des personnes à se faire du mal, à dérailler....
Du coup oui, j'ai resserré son trouble autour de ce besoin de contrôle et de cette peur du regard des autres, qui sont les causes les plus "évidentes" de l'anorexie à mon sens...
Bon, désolée pour le côté dérangeant, mais contente que ça t'ait émue <3
peneplop
Posté le 26/12/2019
Coucou ! J’ai été très touchée par le sujet abordé dans ta nouvelle, ainsi que par ton style. Je me suis sentie vraiment mal à l’aise, avec l’impression que ton personnage allait connaître une sortie de route incontrôlée, malgré un besoin de maîtrise intense. C’était très habile, justement. Le passage du jogging m’a donné l’impression d’étouffer et de perdre pieds, comme le personnage. Bravo pour cette immersion psychologique !
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Coucou !
Comme je le disais dans une autre réponse, l'idée du "une résolution de bon sens, mais tenue jusqu'à l'absurdité / la folie" a popé dans ma tête en réfléchissant au thème, et le sujet de l'anorexie a vite suivi. Je trouve ça "intéressant" d'essayer de comprendre ce qui peut pousser les gens à dérailler, à "sortir de la route", comme tu dis, à basculer...
Désolée que tu te sois sentie mal à l'aise, mais en même temps c'était un peu le but recherché, donc pas si désolée que ça :P (Mais honnêtement, le passage du jogging m'a mise mal à l'écriture aussi :(( Le pire bizarrement ça a été la scène où elle s'entête à faire des abdos je crois, je l'ai vraiment vue comme le point de non-retour...)
Merci pour ton com' !
Jupsy
Posté le 26/12/2019
Ce texte fut difficile à lire surtout que l'héroïne me rappelle un membre de ma famille. Du coup je le trouve réaliste même si ce ne fut pas facile d'aller jusqu'au bout. C'est terrible de voir l'héroïne perdre le contrôle, mais aussi être incapable de voir dans quel enfer elle plonge.

C'était bien écrit. Je crois que si ça ne l'avait pas été, ça ne m'aurait sans doute pas tant remué. Beau travail Rimeko !
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Oh, je suis désolée d'apprendre que cette personne a traversé ça :( J'espère de tout cœur qu'iel s'en est sorti.e !
Désolée pour le texte difficile, mais merci beaucoup <3
Lucchiola
Posté le 25/12/2019
Coucou Rimeko !

"même si je n’étais pas censée s’asseoir" : m'asseoir ?
"Quand Houda a distribué morceaux de papier mal découpés" : des morceaux ?

Voilà pour les coquillettes discrètes !

Ton texte est très touchant. Il est difficile aussi, car réaliste.

Sa bonne résolution allait à l'opposé de son mode de vie quotidien finalement. Elle se réveille en perdant le contrôle petit à petit, et elle se perd elle-même en chemin.. En espérant que le trouble alimentaire soit soigné comme il le faut !
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Coucou !
Oui, j'ai modifié cette phrase trop de fois et j'ai pas les yeux en face des trous quand je relis, merci du relevé :P (Pour l'omission de "des", c'était intentionnel ceci dit, je crois que c'est correct d'omettre les déterminants dans une énumération... ?)
Je suis partie sur l'idée "prendre la résolution de perdre du poids et ne plus s'arrêter, même quand on devrait", ce qui a évidemment conduit à l'anorexie, qui est souvent associée à des personnes qui veulent reprendre / conserver le contrôle de leur corps, de leur vie, à travers les restrictions et les chiffres sur la balance... Alors, bien sûr c'est loin d'être la seule cause, mais je crois que c'est la plus "évidente / compréhensible"....
Et oui, on espère que cette pauvre Christina arrivera à ce remettre de ce trouble, et aussi qu'elle sera suivie par un psychiatre parce que son obsession du contrôle ressemble bien à une compulsion (OCD, en anglais).
Merci de ton commentaire <3
Lucchiola
Posté le 26/12/2019
C'est exactement ça ! Ce paradoxe qui veut te donner le sentiment que tu gères tout, alors que tu es sous la coupe d'un trouble ... Très difficile d'en parler, de s'en sortir, mais rien est impossible ! Ca me rappelle un texte de Tac, très sympa qui parle du même sujet. Je crois que c'était "91" ou quelque chose comme ça.
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Oui, Tac est notre spécialiste des textes sur le TCA (troubles du comportement alimentaire), et je me souviens de son texte sur l'anorexique en surpoids, il était particulièrement poignant.
Renarde
Posté le 25/12/2019
Coucou Rimeko,

"je n’étais pas censée s’asseoir par terre" -> m'asseoir ?

Et beh, c'est pas joyeux... On plonge progressivement avec ton héroïne, se demandant jusqu'où est-ce que tu vas nous emmener.
J'en était sérieusement à douter qu'elle survive au fur et à mesure de ma lecture.

Un texte poignant, qui doit bien refléter la dysmorphophobie sous sa forme la plus sévère. Cela n'a pas dû être simple à écrire, bravo !
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Coucou !
Pour être honnête, j'ai hésité quant à la fin, puis je me suis dit que, pour elle, c'était peut-être pire de perdre le contrôle que de mourir, donc j'ai choisir de terminer là-dessus. En plus, je crois qu'il est assez rare de mourir vraiment d'anorexie, il y a parfois des arrêts cardiaques (d'où les douleurs à la poitrine de Christina...) mais le plus souvent les victimes se suicident et je voulais rester dans le thème de la perte de poids seule...
... Ouais, je crois que j'ai un peu plombé l'ambiance :D
Rimeko
Posté le 26/12/2019
Coquillette corrigée, au fait !
Cocochoup
Posté le 25/12/2019
Ouah...
J'arrive au bout de ton texte à bout de souffle, fatiguée et les larmes au yeux.
C'est très fort comme tu nous fait plonger dans la vie de ton personnage. Sans son addiction au contrôle et dans le vide de sa vie
Tu m'a bouleversée...
Cocochoup
Posté le 25/12/2019
*Dans son addiction , pas "sans son addiction"
Rimeko
Posté le 25/12/2019
Désolée pour les larmes, mais merci, encore une fois, pour les compliments <3 Je dois bien avouer m'être mis mal moi-même en l'écrivant... Oups.
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