Sixtine et ses camarades de classe

Notes de l’auteur : Pour ce chapire, j'ai discuté avec des personnes qui avaient passé leur bac au gymnase du soir et visionné plusieurs reportages, épluché les programmes aussi. J'y ai découvert des gens de tous bords déterminés, qui se lancent un énorme défi et très solidaires, une ambiance extraordinaire. J'espère pouvoir la retransmettre un peu dans ce chapitre qui n'est pas tant narratif que descriptif. Portaits.

Il lui fit la gueule pendant un mois entier. Du moins, c'est comme cela qu'elle interprétât la disparition des petites traces de son passage. Cela la chagrinait mais elle était trop occupée avec la remise au clair de ses notes, la révision, les cours et la récupération tardive de nuits difficiles qui empiétaient de plus en plus tard sur la matinée. Un mois, c'est le temps qu'il lui fallut pour s'adapter de son mieux à son nouveau rythme, s'organiser, transformer fondamentalement son quotidien. Un mois, pour recommencer à dormir profondément, la tête pleine mais enfin épuisée au point de s'endormir dès que sa tête touchait l'oreiller. Un mois, c'est le temps qu'il lui fallut pour revenir. Elle le sut dès l'instant où elle entra un matin dans le salon et respira son odeur. Sur le guéridon, le mot croisé terminé, la pipe froide et les cendres dans le cendrier. Il n'était pas entré dans la chambre, peut-être encore un peu vexé, ou alors pour ne pas la réveiller. « Je savais que ça te passerait », dit Sixtine avec un air dégagé. Son visage rayonnait. Peu à peu, les jours suivants, il réinvestit le petit logement. Et chaque soir de cours, quand elle rentrait tard, le sentiment de reproche muet que lui adressait l'appartement nocturne se transforma en un sentiment d'attente. C'eut été un chien, il aurait légèrement secoué la queue à son approche.

Au début, elle réserva un coin de la table pour ses études. Mais les semaines passant, des carnets de notes, des piles de photocopies, de nombreux ouvrages et dictionnaires envahirent la table. Elle acheta des classeurs pour les feuilles, et ce sont les classeurs qui s'empilèrent. Elle y archivait ce qu'elle pensait ne plus avoir à emmener en cours tandis que dans un sac à commissions elle empilait quotidiennement les manuels et dossiers dont elle aurait besoin au gymnase. Souvent, elle en prenait trop, et pas toujours les bons. Si elle avait eu un casier là-bas, elle y aurait laissé une bonne partie de ses manuels et serait allée réviser au café d'à côté. C'est ce qu'elle faisait d'ailleurs. Le café de l'Evêché, de tout temps, s'était prêté aux révisions et réunions d'études non seulement des gymnasiens mais des universitaires qui fréquentaient la bibliothèque du musée. Si celle-ci offrait un lieu de travail idéal, il était difficile d'y trouver de la place et il fallait garder le silence, or très rapidement, Sixtine s'était intégrée à un petit groupe d'étude de sa classe qui discutait des cours. Ils étaient cinq et se retrouvaient aussi souvent qu'ils pouvaient pour s'entraider dans la révision et se soutenir.

Participait bien sûr Jacky, dont les tenues étranges et hétéroclites avaient fini d'étonner Sixtine. Elle venait un soir en training avec un air de sortir de la douche et le lendemain en costume cravate avec les cheveux courts et gominés. Elle possédait toute une collection de perruques qui s'accordaient avec les styles étrange mais cohérents de ses tenues. Elle avait confié à Sixtine, qui après avoir tenté d'ignorer ces étranges transformations avait cédé à la curiosité, qu'elle adorait modeler sa personne bien avant de devenir actrice. Elle rêvait d'ailleurs, enfant, d'être une artiste de rue, une mime ou un clown ou, encore mieux, d'intégrer la compagnie des Mummenschanz. Elle avait finalement suivi une formation de comédienne. Ce qu'elle adorait dans ce métier, c'était de s'imbiber complètement de son personnage, physiquement et psychologiquement, de le devenir, de vivre dans sa peau même quand elle ne jouait pas. C'était à la fois exaltant et épuisant. Sixtine s'était un peu effrayée lorsque Jacky lui avait confié avoir tenté de « l'habiter ». « Tu ne vivras pas grand chose d'intéressant là-dedans », avait-elle dit pour sa défense bien qu'elle savait que si, elle vivrait la fuite, le long voyage vers l'Europe, être africaine en Suisse. Jacky avait une énergie inépuisable et dynamisait le groupe quand les têtes dodelinaient au-dessus des livres. Elle avait une mémoire extraordinaire et pouvait pratiquement répéter les cours mais ne comprenait pas toujours et posait beaucoup de questions. Souvent pertinentes d'ailleurs, parfois étranges mais surtout, spontanées, interrompant souvent l'enseignant. Quelques apprenants de la classe s'en irritaient, lâchant parfois un soupir peu discret. Les enseignants tentaient de répondre au mieux, parfois semblaient eux aussi au bord de l'impatience. Peu à peu, elle apprit à faire un tri et à poser certaines questions qu'à l'intérieur du groupe de travail. Toujours de bonne humeur, elle confia cependant à Sixtine qu'elle avait peur qu'on la prit pour une idiote. Sixtine la rassura mais se retint de lui dire qu'elle-même avait beaucoup de questions, comprenait souvent mal certains cours mais préférait se taire, espérant comprendre à la longue. Même à l'intérieur du petit groupe de travail elle n'osait pas s'exposer ainsi.

C'est pour cela qu'après quelques semaines, Sixtine s'adressa à Simon qui lui consacrait maintenant ses dimanches après-midi, après le repas de famille, pour l'aider dans ses révisions. Elle devait passer un examen en philosophie, histoire ou français et anglais et allemand. Si l'histoire et la philosophie ne lui posaient aucun problème, sa maîtrise des langues était à la fois fantaisiste mais très flexible. L'allemand aurait pu être du chinois sauf que le chinois avait des mots bien plus courts. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un profond découragement devant ces agglutinements de mots qui défiaient tout sens pratique. Il faut dire que si Sixtine n'avait pas de difficulté pour comprendre les langues - elle parlait le swahili et le bantou et avait appris un anglais de manuel vétuste à l'école primaire puis le français sur le tas à son arrivée en Suisse - elle s'exprimait à l'aide de sa propre grammaire simplifiée et mélangeait allègrement les idiomes. Tout en parvenant à se faire comprendre. Ce sont des gens comme Sixtine qui font tomber les barrières linguistiques.

 

Participait également au groupe d'étude Boris, un maçon trentenaire qui suite à un accident de travail souffrait du dos et devait se réorienter professionnellement. Motivé mais peu sûr de ses compétences, il rêvait d'architecture mais visait le social. Jovial, bonne pâte, il se voyait bien animateur avec des adolescents. Ce géant joyeux partait parfois de grands éclats de rire qui faisait vibrer le sol et sursauter ses camarades. Franc, un peu rustre, il ne s'identifiait pas aux universitaires et méprisait le parler académique mais adorait résoudre les problèmes de physique ou de chimie, les calculs techniques et apprendre les langues qu'il tentait d'utiliser le plus souvent possible, spontanément, dans leurs conversations. Souvent, en cours, on entendait sa chaise racler le sol tandis qu'il se levait et allait s'appuyer contre le mur. La position assise pendant plusieurs heures lui était une torture et parfois, quand son dos le faisait trop souffrir et qu'il devait rester allonger, l'un de ses camarades lui apportait ses notes à domicile. Souvent, c'était Sixtine, dont l'emploi du temps était le plus libre, parfois Jacky qui traversait des périodes creuses ou Lionel, un marionnettiste au chômage désabusé qui voulait devenir professeur de philosophie, ou de maths, ou les deux. Sixtine adorait Boris et sa bonne humeur. Sous de nombreux angles, il lui rappelait son petit fils Simon. Ces deux gaillards étaient taillés dans le même bois. Quand elle lui apportait ses notes, ainsi qu'un petit repas qu'elle avait concocté avec amour pour que le malade n'avale pas n'importe quoi sous prétexte qu'il avait mal au dos, elle tentait au mieux de résumer les cours, de réviser avec lui, de répondre à ses questions et parfois, elle s'aventurait à lui en poser. Dès qu'elle s'excusait de son âge pour justifier sa difficulté à comprendre certains cours, il éclatait de rire ou balayait ses arguments du revers de la main, « Oh! Commence pas avec ça! » mugissait-il, « t'es pas plus bête ni plus sénile qu'aucun d'entre nous et c'est pas avec ces arguments-là que tu vas t'en sortir! Je t'explique encore une fois, écoute. »

Ses rapports avec Lionel étaient plus difficiles. L'homme était souvent de mauvaise humeur, déçu de sa vie, plein d'amertume, et débordant d'opinions politiques tranchées qu'il éructait avec colère. Il avait des opinions sur tout. Jugeait tout du point de vue de sa colère, de ses malheurs. S'il avait la délicatesse de ne pas mentionner son point de vue sur l'immigration devant Sixtine, celle-ci était parfaitement au courant de ses vues. Il était très studieux, très concentré sur les cours et apportait beaucoup de réponses à leur questions. Il adorait les maths et se passionnait de philosophie, lisait tout ce qui lui tombait sous la main et plongeait souvent son entourage dans des discussions qui semblaient nébuleuses à Sixtine. Athée convaincu, il connaissait néanmoins très bien les textes bibliques et lançait parfois Sixtine dans des débats théologiques qui l'enflammaient autant que son adversaire. Elle considérait néanmoins cela comme un bon exercice et en discutait volontiers avec lui, tant qu'il n'élevait pas la voix. Il s'imposait au groupe plus qu'il n'y était invité et on le tolérait tant qu'il ne se mettait pas à vociférer sur un sujet ou un autre. À l'intérieur du groupe, quelques règles avaient peu à peu été posées. La première était le respect. La seconde de ne pas boire de l'alcool en étudiant. La troisième de ne pas déranger l'étude. Cette dernière était parfois utilisée lorsque Lionel s'envolait dans des digressions pleines de colère. Il s'excusait alors pour revenir au sujet de l'étude ou s'enfermait dans un mutisme studieux, vexé.

Et Marianne ! Elle aussi avait essuyé de nombreux déboires avec son exploitation agricole en reconversion biologique avant de décider de finalement jeter l'éponge. Elle n'en gardait néanmoins pas d'amertume bien que son regard se teintait parfois de tristesse, ombre qu'elle chassait d'une petite secousse de la tête avant de se remettre au travail. Marianne n'accusait personne. Elle tournait la page. Elle s'accrochait à son projet, se plongeait dans le travail et regardait de l'avant. Seule manière de survivre. Marianne voulait devenir chercheuse en biologie. Étudier les interactions dans les biotopes et réfléchir à une agriculture à la fois productive et respectueuse de la biodiversité. Intelligente, sensible, calme elle savait ramener la conversation à son sujet quand elle s'égarait, planifiait la révision, encourageait le groupe. Sixtine l'admirait beaucoup.

Le bagage de Prazit ressemblait un peu à celui de Sixtine. Cambodgien, il avait fui sa patrie pour débarquer dans cet étrange petit pays propret et silencieux où la population méfiante et soucieuse de sa tranquillité redoutait au-delà de tout de déranger autrui. Prazit était médecin généraliste mais ne pouvait pas pratiquer en Suisse. Il avait donc trouvé un travail de manœuvre et encouragé son fils à faire des études mais finalement, il avait décidé de s'y remettre aussi. Taciturne, il était très studieux malgré la langue qu'il maîtrisait assez pour étudier mais moins bien que ses camarades. Il souriait beaucoup, comme réponse, comme assentiment, peut-être comme reproche. Chez lui le sourire était un passe-partout. Toujours à l'avance aux cours, il repartait seul sans un mot jusqu'au jour où Jacky, bénéficiant un certain temps du véhicule de sa mère partie en voyage autour du monde, se proposa de "pousser" ceux qui habitaient sur sa route chez eux. Il s'entassèrent donc à cinq dans la Fiat Punto couleur pistache. Sixtine s'amusait à imaginer la mère en question à partir de sa voiture, sa fille et son échappée indéfinie. Elle imaginait une vieille hippie. Une rencontre fortuite quelques mois plus tard lui prouva qu'elle était loin du compte. En attendant, grâce à cette promiscuité, le groupe finit par intégrer Prazit qui, toujours discret, s'ouvrit peu à peu.

D'autres groupes s'étaient formés en dehors de celui de Sixtine qui fréquentaient eux aussi l'Evêché ou la crêperie en face du gymnase avant les cours. Inès, une trentenaire devenue mère à l'adolescence et qui voulait étudier le droit s'était liée à Estelle, une bourlingueuse vivant de petits jobs et de services rendus au long de la route, qui avait décidé de reprendre les études mais avait envie de trop de choses et attendait de se laisser inspirer par les cours pour se lancer. Créative, elle visait surtout l'informatique pour créer des jeux ou faire de l'animation mais se disait fascinée par la physique quantique et la robotique. Un jour, elle avait exposé à ses camarades des théories étranges selon lesquelles certains trouvaient dans le transhumanisme la promesse d'éternité de la Bible. Sixtine n'avait jamais réfléchi à cette idée et en était restée bouche bée puis songeuse. Elle avait demandé à Estelle de lui conseiller quelques articles qu'elle avait dévorés. L'idée lui semblait à la fois effrayante, absurde et passionnante. Le dimanche suivant, elle avait sidéré toute sa famille en leur exposant ces nouvelles théories avec la passion de ceux qui viennent d'avoir une révélation.

Il y avait aussi deux solitaires. Un père de famille qui avait perdu son travail dans la restauration après 23 ans de service et tentait, comme Marianne, de transformer le malheur en opportunité. Et Jean-Philippe, un jeune homme de la campagne timide et passionné d'astronomie, grand admirateur de Nicollier. Ceux-là préféraient étudier seuls mais se joignaient parfois aux autres le samedi, après les cours, quand la classe s'accordait une petite pause sociale avant de se remettre au travail, les weekends étant entièrement consacrés aux travaux à rendre et lectures et exercices en retard. Sixtine restait fidèle au repas du dimanche, mais elle s'y rendait avec ses cours et s'isolait dans une pièce en attendant le repas puis avec son petit-fils après le repas. Finalement, toute la famille la soutenait. Il était difficile de contrarier une telle détermination.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Fannie
Posté le 04/05/2020
Cette galerie de personnages est intéressante et touchante. Elle montre que finalement, il y a beaucoup de parcours de vie qui sortent des sentiers battus, des schémas établis. Cette atmosphère, à la fois bouillonnante et bon enfant rend ces groupes très sympathiques. Moi qui n’ai jamais réussi à m’intégrer nulle part, j’ai presque l’impression que je pourrais en faire partie. :-)
Cela dit, je suis d’accord avec ce qui a été exprimé dans ton échange avec Petra. Il faudrait recentrer le chapitre sur Sixtine pour ne pas donner cette impression de descriptions en série un peu hors sujet. Peut-être que la relation qu’a Sixtine avec chacun d’entre eux pourrait être plus développée et constituer une sorte de liant.
Coquilles et remarques :
Dans ce chapitre, il me semble qu’il y a moins de phrases articulées par la combinaison de « et » et « puis » que dans les autres chapitres longs. En revanche, comme dans ces derniers, il y a beaucoup de phrases articulées par « mais » ; là, il y en a franchement trop. Tu peux employer des synonymes (cependant, néanmoins, en revanche, pourtant, seulement, toutefois) selon leurs nuances, ou trouver d’autres tournures.
— Pour ce chapire, (Notes) [chapitre]
— Portaits. (Notes) [Portraits]
— Il lui fit la gueule pendant un mois entier. [« Il lui fit la tête » serait moins vulgaire.]
— c'est comme cela qu'elle interprétât la disparition [interpréta ; passé simple (et pas subjonctif imparfait)]
— Cela la chagrinait mais elle était trop occupée [Virgule avant « mais ».]
— Un mois, pour recommencer à dormir profondément, la tête pleine mais enfin épuisée au point de s'endormir dès que sa tête touchait l'oreiller. [J’enlèverais la virgule après « Un mois ». / Répétition de « tête » ; « dès qu’elle reposait sur l’oreiller », « dès qu’elle retrouvait son oreiller ? » À voir.]
— Peu à peu, les jours suivants, il réinvestit le petit logement. [Investir veut dire cerner, assiéger, mais pas envahir (voir ici : http://academie-francaise.fr/investir-au-sens-denvahir) ; je propose des variantes comme « reprit sa place dans le petit logement », « reprit possession du petit logement », « occupa de nouveau le petit logement », « revint habiter le petit logement ». C’est plus long, je le reconnais ; tu trouveras peut-être mieux.]
— C'eut été un chien, il aurait légèrement secoué la queue à son approche. [C’eût été ; c’est un conditionnel deuxième forme, c’est-à-dire un subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel.]
— tandis que dans un sac à commissions elle empilait quotidiennement les manuels [Virgule après « commissions ».]
— non seulement des gymnasiens mais des universitaires [mais aussi]
— Elle venait un soir en training avec [Je propose « survêtement » pour éliminer un anglicisme.]
— avec les styles étrange mais cohérents [étranges]
— avait-elle dit pour sa défense bien qu'elle savait que si, elle vivrait la fuite [Normalement, « bien que » doit être suivi d’un subjonctif ; je propose « bien qu’elle sût » ou « bien que sachant ». / Point-virgule après « que si ».]
— Quelques apprenants de la classe s'en irritaient [Tu veux vraiment employer ce jargon politiquement correct plutôt qu’« étudiants » ou « élèves »?]
— elle apprit à faire un tri et à poser certaines questions qu'à l'intérieur du groupe [à ne poser]
— qu'elle avait peur qu'on la prit pour une idiote [« qu’on la prenne » ou « qu’on la prît » ; subjonctif]
— Sixtine la rassura mais se retint de lui dire qu'elle-même avait beaucoup de questions, comprenait souvent mal certains cours mais préférait se taire [Répétition de « mais » ; je propose « tout en se retenant de lui dire ». / Virgule avant « mais ».]
— Même à l'intérieur du petit groupe de travail elle n'osait pas s'exposer ainsi. [Virgule après « travail ».]
— Elle devait passer un examen en philosophie, histoire ou français et anglais et allemand. [Remplacer « et » par une virgule après « français ».]
— sa maîtrise des langues était à la fois fantaisiste mais très flexible [à la fois (…) et]
— L'allemand aurait pu être du chinois sauf que le chinois [Virgule avant « sauf ».]
— Il faut dire que si Sixtine n'avait pas de difficulté pour comprendre les langues - elle parlait le swahili et le bantou et avait appris un anglais de manuel vétuste à l'école primaire puis le français sur le tas à son arrivée en Suisse - elle s'exprimait à l'aide de sa propre grammaire simplifiée et mélangeait allègrement les idiomes. Tout en parvenant à se faire comprendre. [Il faut des tirets longs / remplacer « et » par une virgule après « le bantou » / virgule avant « puis » / enlever le point après « idiomes ».]
— un maçon trentenaire qui suite à un accident de travail [à la suite d’un accident]
— de grands éclats de rire qui faisait vibrer le sol [faisaient]
— et méprisait le parler académique mais adorait résoudre les problèmes de physique ou de chimie, les calculs techniques et apprendre les langues[Virgule avant « mais » et avant « et apprendre ».]
— quand son dos le faisait trop souffrir et qu'il devait rester allonger [allongé]
— ou Lionel, un marionnettiste au chômage désabusé qui [On dirait que « désabusé » se rapporte à « chômage » ; je propose « un marionnettiste désabusé au chômage ».]
— il lui rappelait son petit fils Simon [petit-fils ; « petit fils » (sans trait d’union) désigne un fils qui est encore petit.]
— et apportait beaucoup de réponses à leur questions [leurs]
— bien que son regard se teintait [« bien que son regard se teintât » ou « même si son regard se teintait »]
— Elle s'accrochait à son projet, se plongeait dans le travail et regardait de l'avant. Seule manière de survivre. [Il vaudrait mieux remplacer le point par une virgule avant « seule » ou faire une phrase complète comme « C’était la seule manière de survivre ».]
— Intelligente, sensible, calme elle savait ramener [Virgule après « clame ».]
— Prazit était médecin généraliste mais ne pouvait pas pratiquer en Suisse. [Virgule avant « mais ».]
— malgré la langue qu'il maîtrisait assez pour étudier mais moins bien que ses camarades. [Virgule avant « mais ».]
— se proposa de "pousser" ceux qui habitaient sur sa route chez eux. [Je propose de "pousser" chez eux ceux qui habitaient sur sa route.]
— Il s'entassèrent donc à cinq [Ils]
— Inès, une trentenaire devenue mère à l'adolescence et qui voulait étudier le droit s'était liée à Estelle [Virgule après « droit ».]
— une bourlingueuse vivant de petits jobs et [Pour éviter l’anglicisme, je propose « de petits boulots ».]
— pour créer des jeux ou faire de l'animation mais se disait fascinée [Virgule avant « mais ».]
— en était restée bouche bée puis songeuse. [J’ajouterais une virgule avant « puis ».]
— consacrés aux travaux à rendre et lectures et exercices en retard [Je propose : « aux travaux à rendre, aux lectures et exercices en retard ».]
— et s'isolait dans une pièce en attendant le repas puis avec son petit-fils après le repas [Virgule avant « puis ».]
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 22/03/2020
J'ai trouvé que c'était un chapitre intéressant. J'ai bien aimé imaginer Sixtine entourée de ces nouvelles connaissances. Ce doit être stimulant pour elle ! C'est un personnage fictif, mais on imagine assez bien qu'elle existe probablement.

Les différents portraits présentés et leur parcours sont très touchant aussi. On se rend compte de la diversité et de la multitude de vies qui existent sur terre et qui amènent des gens à se rencontrer dans un même endroit pour des raisons différentes et qui pourtant se ressemblent.

Merci pour ce chapitre :)
MbuTseTsefly
Posté le 23/03/2020
Merci pour ton commentaire, j'ai aimé discuter avec ceux qui ont fait le le gymnase du soir mais j'avais peur que ce chapitre un peu hors sujet et très descriptif ennuie.
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 24/03/2020
Je vois ce que tu veux dire.
J'aime beaucoup le message que ce chapitre fait passer au travers de Sixtine. Il montre que le choix de Sixtine n'est pas aussi absurde qu'il n'y paraît, il casse les préjugés que sa famille avait sur cette idée et que beaucoup peuvent avoir dans la vraie vie. Ma propre mère a repris des études d'infirmière à 40 ans.
Peut-être que pour supprimer cette impression de hors sujet, tu peux insister un peu plus sur ce que ces rencontres procurent à Sixtine : comment ça la conforte dans son choix, comment ça la fait grandir intérieurement, quelle confiance ça lui donne...
Comme ça tu recentres le chapitre sur Sixtine et il s'apparentera moins à une présentation de portraits successifs qui n'auront peut-être pas d'impact sur la suite de l'histoire (en fonction de ce que tu as prévu bien sûr).
Je ne sais pas si ça t'aide un peu, je l'espère.
MbuTseTsefly
Posté le 24/03/2020
C'est une excellente idée, merci, ça l'ancrerais mieux à Sixtine
Vous lisez