Reportage de notre envoyé spécial à Stockholm pour la remise du Prix Nobel de Chimie.

Par Letorpe

Chères auditrices et auditeurs, nous nous trouvons dans le Hall bleu de l'hôtel de ville de Stockholm où le Professeur Herbert Deupierre vient de prononcer un discours sur la nature extraordinaire du plumium, après avoir reçu des mains du souverain suédois, le Prix Nobel de Chimie. Nous allons tenter de nous approcher du Professeur Deupierre pour lui poser quelques questions, bien qu'une foule immense l'entoure que le service d'ordre peine à repousser. La foule compacte nous refoule vers l'extérieur, tandis qu'au centre une masse critique d'admirateurs venus du monde entier forment encore rempart. L'ensemble du groupe tourne sur lui-même et se dirige en spirale maintenant vers nous. Nous nous embrèchons au côté du Professeur. Professeur ! En quoi la découverte du plumium va-t-elle révolutionner notre vie au quotidien ?

— Eh bien voyez-vous, avant tout, du fait que c'est un métal plus léger que l'air, je pense qu'il va révolutionner l'aviation en donnant naissance à des aéronefs à réaction plus légers que l'air. Et ce d'autant plus, qu'avec la deuxième loi du plumium, qui dit que son poids est inversement proportionnel à son volume, plus vous le comprimez, plus il est léger !

— Où trouve-t-on du plumium à l'état naturel ? Est-ce une ressource rare ?

— Pas du tout, c'est la matière la plus répandue de tout l'univers. Nous sommes longtemps passés à côté sans l'identifier correctement, on parlait jadis de l'éther qui remplissait le vide de l'univers, puis d'une matière noire invisible s'agglutinant en trous noirs. Il n'en est rien, le plumium est partout le même, sur Terre comme dans l'univers. Nous sommes nous même constitués de 90% de plumium !

— Comment avez-vous pu démontrer, Professeur, son existence ?

— En reprenant fondamentalement les expériences pour faire le vide à partir du néant, mais en inversant leurs processus. C'est à dire, non pas en essayant d'enlever de la matière, mais en cherchant à remplir une sphère précédemment vidée, et en observant les premiers éléments physiques qui envahissent cet espace vacant. Et tandis que la sphère se remplissait progressivement, sa masse se réduisait d'autant. Rappelez-vous, la deuxième loi du plumium !

— Quel a été votre moment Euréka, Professeur Deupierre ?

— En observant ma femme pendant son sommeil. Tout n'était que courbes autour d'elle, tout en légèreté.

— Professeur, je ne saisis pas bien le rapport entre les courbes de votre femme et le plumium...

— C'est pourtant simple. Elle semblait flotter sur son édredon tandis que j'étais enfoncé dans le mien. En faisant un rapide calcul entre la masse des édredons et les corps qu'ils soutenaient, le compte n'y était pas. Ne pouvant retrouver le sommeil, j'ai emporté à mon laboratoire des plumes extraites de son édredon. Et c'est en observant la structure des plumes que j'ai découvert comment elles piégeaient le plumium. Celles qui en contiennent le plus sont celles des eiders, à l'inverse, l'autruche en ait dépourvu.

— Si le plumium est un élément naturel, présente-t-il pour autant des dangers pour la santé ?

— Aucunement, regardez-moi, ai-je l'air en mauvaise santé ?

— Nullement Professeur, votre bonne mine et votre embonpoint semble dire que vous appréciez les bonnes chères.

— Ne vous y trompez pas, je passe ma vie au laboratoire et n'ai nullement le temps pour ce genre de loisirs. J'avale une pilule de plumium pour repas et cela me donne une santé de fer.

— Vous consommez vous-même du plumium Professeur ?

— Oui, vous savez, il est de plus en plus difficile de trouver des cobayes aujourd'hui, question assurance... C'est très fréquent dans les laboratoires, Pierre et Marie Curie ne manipulaient-ils pas le radium eux-même ?

— Oui, mais avec les conséquences que l'on connait !

— Tout est une question d'équilibre, rappelez vous du paradoxe du plumium, plus il est léger, plus il est volumineux ; il vous faut donc choisir entre perdre des kilos ou gagner de l'embonpoint !

— De quoi donner des sueurs aux amateurs de régime effectivement.

— Professeur, que répondez-vous à vos détracteurs qui affirment que les Japonais avaient découvert le plumium avant vous ?

— Vous faites sans doute allusion au secret des sumos. Effectivement, ils consomment du plumium en grande quantité à travers les recettes que gardent jalousement leurs épouses. On sait désormais que de ne pas cuire le poisson permet en effet de transmettre tout le plumium qu'il accumule. Et plus les sumos en consomment, plus ils deviennent légers mais aussi spectaculairement volumineux ! Mais si les Japonais détiennent des recettes empiriques qui ont donné naissance à ce sport, ils n'ont pour autant fait aucune démonstration scientifique de son origine.

— Avez-vous un message à faire passer à notre micro ?

— Mon souhait aujourd'hui avec le Prix Nobel est de faire taire ces rumeurs de schizophrénie de Professeur Zweistein. Le plumium, ce n'est pas du vent, c'est voyez-vous, la matrice de l'univers, la mère-matière du Big bang !

— Merci Professeur Herbert Deupierre, vos rêves nous promettent de belles découvertes encore. C'était en direct de Stockholm... À vous les studios Paris !

 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Edouard PArle
Posté le 24/11/2021
Coucou !
Original le format de ce texte, je crois que c'est la première fois que je lis une interview de ce type sur PA xD
C'est bien écrit et rendu, on s'y croirait (=
Au plaisir d'autres histoires !
A bientôt (=
Letorpe
Posté le 24/11/2021
Bonjour Edouard et merci pour votre appréciation.
J'ai eu du mal à choisir les étiquettes pour le texte, c'est peut être plus proche de "fiction" que de "science-fiction", mais elle n'existait pas.
Pour les histoires suivantes, faut que je termine leur réécriture avant de publier, mais ça viendra !
Au plaisir,
Olivier
Edouard PArle
Posté le 24/11/2021
oui c'est difficile de trouver un genre pour des histoires comme celle-ci, de toute façon c'est d'une importance très relative.
Au plaisir (=
Visual-Art-R
Posté le 24/11/2021
Bonjour professeur Deupierre,
Je crois que la découverte du Plumium et les nombreuses et diverses applications qui vont suivre vont changer le monde radicalement.
La légèreté des volumes prennent à présent un tout autre sens, les cathédrales gothiques qui défient les lois architecturales se seront plus à présent que des vestiges presque grotesques . Les belles courbes des femmes élégantes vont elles être plus rondes dans un prochain futur , les sportifs ne seront peut-être plus au modèle des grecs de l’Antiquité plutôt des masses mouvantes défiant la stabilité des frictions des molécules en mouvement .
Il est même possible que les applications dépassent l’entendement ,que la masse devenue extrêmement légère brise l’âme et qu’elle s’envole, implose, se mélange en tourbillons crée un nouveau paradigmes , un nouveau paradis ? Il est possible que tout ça soit un peu exagéré , je ne sais pas, et vous ?
Letorpe
Posté le 24/11/2021
Cher ami,
Bienvenue dans le fan club du professeur Deupierre. Votre clairvoyance vous a permis de voir aussitôt les multiples usages que l'on peut tirer du plumium. Ma priorité est qu'il soit utilisé pour aider à lutter contre le changement climatique. Il y a tant à faire !
Amicalement,
Pr. Deupierre
Visual-Art-R
Posté le 29/11/2021
Bonjour professeur Deupierre,
Je suis très enthousiasmé par vos visions, le plumium au secours du changement climatique!
Avez-vous déjà procédé à des expériences?
Pensez-vous qu’il serait possible et heureux dans un avenir proche de concentrer les particules de pollution et de les fixer par un moyen efficace aux molécules du plumium.?
Un physicien hongrois a même après la lecture de votre article déclaré qu’il serait possible de déposer sur la lune les déchets de la terre étant donné que le transport de gros volumes ne pose plus de problème quand ils sont très léger.
Une chose néanmoins reste pour l’instant inconnu écris un astrophysicien danois sur le sujet, est de savoir si la lune reste sur sa trajectoire actuelle ou si à long terme sous l’effet du plumium elle ne va pas s’éloigner de notre planète ou même peut-être sans détacher pour toujours avec les conséquences que cela pourrait avoir.
Je suis curieux de votre avis sur le sujet,et j’attends avec impatience votre prochaine publication.
Respectueusement.
Jean Rigole.
Vous lisez