Quand l'histoire commença, ou recommença, ou quelque chose comme ça

Par Dan

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16 août 1990

 

La fin du monde était survenue quatre fois, aujourd’hui : une apocalypse nucléaire vers dix heures, une invasion extra-terrestre à midi, une guerre mondiale dans la foulée et une épidémie zombies juste après le goûter. Les jauges d’imagination étaient désormais aussi basses que les réserves de Coca ; le dîner se faisait attendre et l’énergie créatrice continuait à décliner avec le soleil, laissant les cinq enfants épuisés, ivres de chaleur et ravis. Rien n’était aussi satisfaisant que de planifier la chute de la civilisation et l’extinction de l’humanité avec les copains.

Dans le château-fort de palettes et de tôles ondulées, le monde réel et relativement bien portant n’existait plus. Seul son air lourd s’insinuait par les fentes et les trous en charriant l’odeur de la résine, qui se mêlait sur les peaux à celle de la lotion solaire à la noix de coco. Malgré la touffeur du crépuscule qui embrasait le toit de fibrociment, un garçon et une fille injectaient leurs dernières forces dans un débat houleux visant à déterminer qui de Terminator ou de Highlander remporterait leur hypothétique duel ; des traits dans la terre battue symbolisaient les points. À côté, deux autres enfants se pressaient autour d’un cinquième, qui manipulait une console Brick Game collante de sueur.

Les jours inédits se suivent sans se distinguer ni se ressembler ; dans l’aventure perpétuelle et l’ennui sans fond des vacances d’été, rien ne peut ni finir ni durer.

Ou quelque chose comme ça.

Un bruit à l’extérieur attira alors l’attention des comparses, fâchés de devoir se rappeler que le monde existait bel et bien et que le barbecue n’était toujours pas prêt. Ils allaient s’en retourner à leurs androïdes, leurs immortels et leur Tetris quand un nouveau crissement de cailloux retentit, accompagné d’un gémissement. Soudain, dans le château-fort, ce fut le froid à la sortie du cours de piscine et la terreur de l’interro-surprise. Ils échangèrent un regard prudent, tâtonnant à la recherche du courage des autres tout en espérant ne pas le trouver pour ne pas avoir à rassembler le leur.

Ils regagnèrent le monde en se maudissant les uns les autres de trop s’aimer pour laisser même le plus téméraire se ruer seul vers le danger, alors que rien ne leur prouvait que le danger était réel – échafauder la fin du monde laissait quelques séquelles et, sur bien des points, l’imagination et la paranoïa se rejoignaient. Leur intuition était juste, de toute façon : le danger était là.

Là, si, juste là, dans les ombres maigres des chênes-liège qui séparaient la garrigue du terrain vague, le royaume du domaine. Une ombre tout aussi maigre y progressait en se raccrochant à l’écorce friable et en raclant les aiguilles à chaque pas chancelant. Quand la silhouette parvint à la clairière, les enfants virent que ses mains étaient trempées de sang.

Ils reculèrent. Plus tard, ils s’apercevraient que les palettes avaient hérissé leurs doigts d’échardes. Ils se souviendraient aussi que l’ombre était celle d’un homme, mince, sec, entre deux âges – tirant sur le « très vieux » pour des préadolescents – au visage creux et pointu de serpent. Non : de varan. Ses petits yeux écartés ajoutaient à son air reptilien, à tel point qu’on s’attendait presque à voir poindre une langue fourchue entre ses lèvres basses, larges et fines, semblables à une plaie.

Ce qui en sortit fut presque pire :

— Where is she?

Une voix grave, teintée d’un accent que les enfants ne reconnaissaient pas et peinaient à comprendre malgré toute l’affection qu’ils portaient aux vacanciers britanniques de la Côte Vermeille. La bouillie chantante des McKenna avait soulevé quelques défis, lors de leur premier séjour, mais aucun de cet ordre-là.

Ils n’avaient pas besoin de saisir le sens de ses paroles, en réalité : le râle profond et le filet de salive avaient suffi à les terrifier.

L’homme allongea les bras dans leur direction. Plus tard, ils se souviendraient de ses mains, dont les ongles avaient été fendus, retournés ou arrachés à force de creuser une terre poussiéreuse, maintenant figée en ciment par le sang coagulé. Ils jureraient tous les cinq que la peau en dessous semblait couverte d’écailles, et les adultes leur répondraient que le choc avait attisé leur trop vive imagination. Il s’agissait de craquelures dans la croûte, tout simplement.

Tout simplement.

— Where is she? Where’s Frankie?

— On ne…

— WHERE IS SHE?

Les enfants s’enfuirent sans se consulter – ils avaient tous perçu le basculement, ce moment où la voix mentale des parents passait de « soyez polis » à « ne vous fiez pas aux étrangers », et surtout pas à ceux qui criaient en bavant. Les hautes herbes leur fouettant les jambes, ils suivirent les sentiers de moutons ponctués de crottes Dragibus et les chemins de randonnée flanqués de panneaux où d’exotiques noms catalans invitaient à se perdre dans le massif des Albères. Parvenus au passage d’entretien qui liait les lotissements, ils fournirent un dernier effort pour accélérer l’allure. L’adrénaline avait chassé la lassitude et la faim.

— Papa ! Maman ! Y a un monsieur ! scandèrent-ils avec cette innocente courtoisie qui enjolivait sacrément la vérité.

La vérité étant : il y a un type flippant et certainement taré qui veut nous faire la peau.

Mais personne ne les écoutait : Mme McKenna avait été transportée d’urgence à la maternité de Perpignan moins d’une heure plus tôt, frappée de contractions terribles et prématurées d’un mois. Voilà pourquoi le barbecue n’était toujours pas prêt, abandonné au milieu de la pelouse jaunie qui faisait office de lieu communautaire : les voisins, trop inquiets à son sujet, en étaient restés au Banyuls et au Martini.

— Maman, Papa !

Aucune maman ni aucun papa n’avait de patience pour les élucubrations des enfants, ce soir-là, et quand il fut question d’un « homme-lézard », seule Célestine Londo tendit l’oreille avec intérêt.

Célestine fabriquait des bijoux sertis de pierres magiques qu’elle vendait aux touristes sur le marché nocturne d’Argelès-sur-Mer et, les soirs de pleine lune, elle pratiquait un genre de chamanisme tellurique qui ressemblait autant au yoga qu’au jardinage. Elle n’hésitait pas à affirmer que l’homéopathie pouvait guérir le cancer et elle avait déjà rédigé un thème astral de douze pages pour le futur bébé McKenna – à qui elle promettait une naissance mémorable et un destin crucial.

La plupart des adultes se moquaient d’elle en son absence, peut-être parce qu’ils se surprenaient à l’apprécier et parfois à l’écouter sérieusement ; la mépriser devenait alors le seul moyen de garder la face devant les autres cartésiens hypocrites. Les enfants, eux, avaient une trouille bleue de la sorcière.

Quand elle les prit à part et s’agenouilla pour les écouter, pourtant, ils furent submergés d’amour et de gratitude pour cette jeune femme au visage brun bleui par le fard et roussi par le soleil. Chaque été faisait fleurir autant d’éphélides noires sur ses joues que d’étoiles dans le ciel.

— Un homme-lézard ? répéta-t-elle.

Autour d’eux, une brise légère agitait les feuilles des eucalyptus aux troncs à demi épluchés, quelqu’un avait oublié d’éteindre la radio dans la maison d’à côté où Vincent Lagaf’ chantait « Il est bo le lavabo » et, soudain, l’idée d’une créature maléfique surgie de la forêt leur parut complètement absurde. Les enfants étaient en sécurité, entourés de leurs parents, et les McKenna rentreraient bientôt avec un nouvel objet d’émerveillement.

— C’est pas grave. C’est juste…

— On peut vous aider, monsieur ?

Un papa avait interrompu le flot des pronostics de naissance plus terre-à-terre ; verre et cigarette dans la main droite, main gauche dans la poche du bermuda, il observait l’entrée de l’aire de retournement ceinte par des murets crépis et des haies de lauriers roses. Dans le contre-jour, un homme immobile.

Les enfants reconnurent immédiatement les contours accidentés des mains qui avaient trop griffé, la silhouette mince, les membres effilés, même si le soleil rasant les empêchait de distinguer ses traits. Seuls témoins de sa première apparition, ils en fourniraient tous les détails au commissariat, le lendemain ; des détails qui, ajoutés au silence craintif de leurs parents, peupleraient leurs cauchemars pendant encore longtemps.

Rien que des craquelures dans la croûte. Pourtant, quand la nouvelle aurait fait le tour du village, des campings et des hameaux, le journal local titrerait « Un monstre dans nos montagnes ? » et la rumeur galoperait plus vite qu’un orage sur la Méditerranée, éperonnée de temps en temps par les ragots de Célestine Londo, qui explorerait longtemps les bois alentour avant d’affirmer que leur abominable homme des chênes-liège avait émergé d’une brèche de lumière violette.

L’homme bougeait à peine la tête, comme s’il examinait chacun de leurs visages – en particulier celui de Célestine, qui avait fait un pas dans sa direction lorsqu’il dit du bout des lèvres :

— We were wrong. We were wrong and the world will end because of us.

Il se détourna et, dans la lumière dorée, les spectateurs statufiés virent une larme rouler de sa pommette saillante à sa mâchoire ciselée. Quelques secondes plus tard, l’inconnu faisait volte-face et disparaissait derrière les oliviers qui marquaient la limite de la civilisation, semblant chercher quelque chose qu’il savait introuvable.

Quand les McKenna réintégrèrent leur location estivale deux semaines plus tard et présentèrent la petite Francis sortie de couveuse à tout le quartier, il fut décidé d’un accord tacite qu’on n’inquiéterait pas davantage les jeunes parents avec des histoires d’homme-lézard échappé du maquis. Les enfants s’extasièrent devant le nourrisson, soulagés que le monde ait survécu, jusqu’à ce que M. McKenna leur dise :

— We know Francis is mostly a boy’s name, but you can call her Frankie.

Ils ne s’approchèrent plus du bébé, ni du fort où Terminator et Highlander attendaient encore d’être départagés, pendant qu’au gré des tempêtes, la console Brick Game rouillait.

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Eryn
Posté le 22/01/2021
Coucou !
Très sympa cette ambiance sud de la France, et cette plongée dans les jeux d'enfants ! On se demande si l'homme-lézard est vraiment spécial, ou s'il a juste fait flipper les enfants !
ça me donne envie de lire la suite !
Dan Administratrice
Posté le 24/01/2021
Coucou Eryn !

Merci pour ta lecture et ton commentaire, je suis très contente si ce premier chapitre t'a plu :D On en saura plus sur l'homme-lézard dans... quelque temps x'D

J'espère que la suite te plaira !
Raph
Posté le 22/01/2021
Hello Dan,

Je débarque après le décernement des Histoires d'or, et ce premier chapitre m'a complètement accroché !
J'adore ce flou entre imagination enfantine et surnaturel, j'adore l'univers des cinq enfants soutenu de longues journées d'été et de jeux, et j'adore leur amitié indéfectible qui se dessine en creux.
(et j'aime bien aussi cet homme-lézard aussi, même si pour le moment on n'en sait pas grand-chose.)

A très bientôt :)
Dan Administratrice
Posté le 24/01/2021
Hello Raph !

Merci pour ta visite ! Et pour ton retour sur ce chapitre, surtout :D Ravie de savoir qu'il a fonctionné pour toi ! Par contre, au risque de te décevoir, les enfants en eux-mêmes n'auront pas de rôle dans la suite ; c'est plutôt leur point de vue (et ce mélange imagination/surnaturel) qui m'intéressait pour aborder l'histoire.

Si tu t'aventures dans la suite, j'espère qu'elle te plaira malgré tout !
DraikoPinpix
Posté le 24/11/2020
Re-coucou !
Sacrément étrange et, pourtant, j'aime beaucoup ! C'est inquiétant et à la fois drôle. Bon, par contre, j'ai eu mal aux ongles en lisant les descriptions sur le grattage de la terre. Bref, ça me donne envie de poursuivre :)
A bientôt !
Dan Administratrice
Posté le 08/12/2020
Re !

J'ai un peu trop tendance à désamorcer tout ce qui est inquiétant par de l'humour douteux x'D Ravie que ça t'ait plu, en tout cas, et désolée pour les ongles v.v

Merci encore !
tiyphe
Posté le 23/11/2020
Coucou Dan !

Bon tu t'en doutes certainement, ce sont les HO qui m'ont menée jusqu'à ton histoire ;)

Pour l'instant, je suis complètement "Que.. quoi... bah... beuh..." bref je bégaie quoi xD J'ai l'impression d'être comme les enfants et de ne pas avoir trop compris ce qu'il s'est passé ahha Cette histoire d'homme-lézard qui parle anglais ! Mais qu'est-ce que ce que ce qu'est-ce ? xD

J'aime bien ton style qui emmène dans le futur avant même que le lecteur ne sache de quoi on parle (sur ce que le journal local va écrire par ex), c'est hyper frustrant ! J'étais en mode "mais accoucheeeee ! IL S'EST PASSE QUOI !?" à imaginer tout pleins de choses et j'adore quand un récit me pousse à imaginer ;)

Voilà, j'irai lire la suite avec plaisir :D
Dan Administratrice
Posté le 08/12/2020
Coucou Tiyphe !

Héhé oui je m'en suis douté :D
Ma foi c'est une réaction normale, je suppose xD Et voulue :p Je crois pas qu'il soit possible à ce stade de comprendre quoi que ce soit à ce qui se passe ici, si ce n'est un mince rapport à Frankie. Va falloir être patiente !

Et merci pour le style ! J'ai fait exprès de mélanger passé, présent et futur, parce que... question de la temporalité, tout ça... (t'as vu je sème des indices jusque dans les réponses de commentaires :p). Promis, dans la suite je reviens à une formule un peu moins frustrante x'D

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !
Herbe Rouge
Posté le 18/11/2020
Ah ! Super ! Vraiment très bien écrit. Un chapitre qui à la fois réussi à me faire sourire (et je suis une lectrice difficile de ce coté là), et à m'inquiéter.
Ce chapitre pose plein de questions, j'ai hâte de lire la suite !
Dan Administratrice
Posté le 08/12/2020
Merci beaucoup ! D'autant plus si tu es exigeante côté humour. D'ailleurs je suis d'accord, je trouve ça très difficile de trouver le bon ton ou la bonne formulation pour décrocher un vrai sourire. Contente que ça ait fonctionné sur toi, en tout cas, et merci encore pour tes retours !
MariKy
Posté le 16/11/2020
Chapeau, c'est vraiment très bien écrit ! J'adore l'intro du chapitre au coeur des jeux d'enfants, ça donne une accroche vraiment originale. Tu as très bien rendu l'ambiance des vacances, le monde de l'enfance : on est tout de suite happé dans l'histoire. Et cette fin de chapitre, wahou ! Une chute impeccable pour inciter à continuer la lecture !
Dan Administratrice
Posté le 08/12/2020
Hello ! Et merci beaucoup !

La mention de la fin du monde est pas innocente, héhé, et tant mieux si l'ambiance est bien rendue et la chute efficace !

Merci pour ta lecture et ton retour :D
Liné
Posté le 15/11/2020
Ow, superbe boucle !

Ce premier chapitre est sublime. Enfin, sublime, y'a des monsieurs-lézards-croutés qui se baladent et tout le monde s'en fout un peu trop à mon goût, mais tu me comprends...

L'intro est particulièrement réussie : j'ai cru qu'on évoluait dans une décennie alternative mais non, simplement des jeux d'enfants. Là aussi, une manière bien particulière de gérer son rapport à la mort, la fin du monde, et aux catastrophes de manière générale.

En bref, c'est un début très divertissant, avec déjà un fond de réflexion !
Dan Administratrice
Posté le 08/12/2020
Re-coucou Linéchou !

Et encore merci ♥ On parle pas assez de la sublimeté des monsieurs-lézards-croutés, je trouve ! Eux aussi ont des sentiments !

Plus sérieusement (quoique :p), je suis ravie que t'aies retiré tout ça d'une scène qui pouvait paraître innocente, parce que toutes ces questions ont une importance cruciale dans l'histoire. Alors vraiment merci beaucoup ♥
Gabhany
Posté le 14/11/2020
Wow je suis d'ores et déjà charmée par ce débit d'histoire, par ta plume (quel style mazette !), par l'ambiance, par l'étrangeté de cette rencontre, de cet homme venu du futur ? Je n'ai qu'une envie c'est de continuer !
Dan Administratrice
Posté le 08/12/2020
Merci beaucoup ! *rougit sous sa barbe*

Le style sera un peu différent dans la suite, mais je suis très heureuse si ce chapitre t'a plu ! Concernant l'homme, je ne dirai RIEN, c'est même pas la peine d'insister héhé !

Merci encore pour ta lecture et ton commentaire :D
Cléo
Posté le 03/10/2020
Attirée par l'extrait posté sur le forum, je suis venue voir de mes yeux ce texte et je dois dire que j'aime beaucoup ! C'est vraiment bien écrit, le rythme est efficace et l'ambiance de désœuvrement caniculaire des vacances d'été est bien rendue. La chute du chapitre est bien amenée, on a un peu la même réaction que les enfants quand ils apprennent le surnom du bébé. Hâte de savoir ce que nous réserve la suite !

Juste une petite remarque. Dans cette phrase :
"à qui elle promettait une naissance mémorable et destin crucial" je me demande s'il ne manque pas un "un" devant "destin".
Dan Administratrice
Posté le 12/10/2020
Coucou Cléo, et désolée pour mon retard !

Je suis très contente que ça t'ait plu, tant mieux si ça fonctionne ^^ Et effectivement, il manque un mot, merci de me l'avoir signalé !

Merci surtout pour ta lecture et ton commentaire :D A très vite !
drawmeamoon
Posté le 01/09/2020
Oh mon dieu mais quelle claque...
Je ne m'y attendais vraiment, mais vraiment pas mais wow, je suis subjuguée.
Déjà le début ! Il était drôle, il était parfait, j'ai juste adoré !
La lecture était agréable, et voir le monde sous le regard imaginatif d'enfant était super bien fait, et prenant !

J'ai rien a dire si ce n'est que j'ai adoré ma lecture du début à la fin, c'est vraiment super intéressant : de plus que la fin est une claque, je peu te le dire, j'avais la bouche grande ouverte au dernier dialogue !
(la fin du monde va débuter a cause d'un bébé T-T c'est exceptionnel, enfin j'en sais rien encore mais je me fais déjà des films !!)

Mention spéciale à cette phrase : "Chaque été faisait fleurir autant d’éphélides noires sur ses joues que d’étoiles dans le ciel." que j'ai trouvé vraiment magnifique, vraiment : j'ai du la lire à ma petite amie pour partager sa beauté à quelqu'un tellement elle m'a plu !

J'ai hâte de lire la suite de ton histoire (même si je suis lente à lire!) Parce que pfiouuu c'est une vrai claque, tu écris tellement bien !

Merci de partager cette histoire T-T <3
Dan Administratrice
Posté le 02/09/2020
Ah non mais merci à TOI ! Je sais plus où me mettre x'D

Je suis vraiment heureuse que ce premier chapitre t'ait plu ! Il y a finalement pas mal de truc qui sont liés à l'enfance et à l'imagination, dans cette histoire, alors je suis contente si cette introduction permet de se mettre un peu dans le bain.

La fin du monde va être encore un peu plus complexe que ce qu'on voit là, mais chaque chose en son temps héhé...

Merci beaucoup pour tes compliments et ton enthousiasme, ça fait vraiment chaud au cœur ! A très vite sur la suite ♥
Kevin GALLOT
Posté le 26/08/2020
Purée, je confirme mon premier com, tu écris vraiment bien, c'est blindé de métaphores délicieuses et poétiques, c'est vivant et très réaliste, humain, et certaines allusions m'ont bien fait sourire. Orthographe grammaire rythme style etc... rien à redire ! L'intro du chapitre est délicieuse ! Et je suis tombé amoureux de cette phrase, si vraie : "La plupart des adultes se moquaient d’elle en son absence, peut-être parce qu’ils se surprenaient à l’apprécier et parfois à l’écouter sérieusement ; la mépriser devenait alors le seul moyen de garder la face devant les autres cartésiens hypocrites."
Je vais lire la suite avec un énorme plaisir, autant séduit par la plume que par l'intrigue. A+
Kevin GALLOT
Posté le 26/08/2020
Du coup je suis intrigué. Tu n'as jamais été publiée ? Tu ne sembles pas être à ton coup d'essai
Kevin GALLOT
Posté le 26/08/2020
Ah pardon je vient de voir ton palmarès, je comprends mieux :D du coup je vais me pencher dessus à l'avenir
Dan Administratrice
Posté le 29/08/2020
Re-salut Kevin !

Alors je ne sais pas de quel "palmarès" tu parles x'D J'ai seulement publié un roman policier, mais effectivement j'ai la chance d'écrire assez vite (et depuis assez longtemps), donc j'ai eu le loisir de sortir beaucoup de bouses avant de réussir à faire un truc à peu près correct - et encore, ça reste inégal.

Merci pour tes compliments ! Ça faisait un bout de temps que j'avais rien posté sur PA et j'ai gardé ce projet dans mon jardin secret un long moment, donc merci pour l'accueil que tu lui réserves. Tu pourrais pas me faire plus plaisir qu'en utilisant les mots "vivant" et "humain" ♥

Si tu poursuis ta lecture, j'espère que ça continuera à te plaire ! Merci encore pour ton retour et à bientôt !
Isapass
Posté le 15/08/2020
Hé hé, je retrouve les mêmes sensations qui me démangent que lorsque j'ai entrepris la lecture de Un cadavre exquis : un mélange d'admiration pour ta plume qui torture légèrement les méninges par sa syntaxe un petit peu labyrinthique (il n'est pas rare qu'on comprenne le vrai sens, ou le double sens, que tu as voulu donner à une phrase seulement en lisant la suivante, et j'adore ça) et l'envie de te suggérer de minuscules changements (de l'ordre du tunning, plutôt que de la correction) en fonction de ma perception à la lecture.
Or, je commente depuis mon téléphone, ce qui ne facilite pas l'exercice. Je te laisse donc un premier commentaire plutôt orienté sur le fond, quitte à revenir plus tard pour te soumettre les deux ou trois réflexions sur la forme qui me sont venues en lisant.
Du coup, ça va être plus court que mon introduction, vu que sur le fond, je n'ai que du bon à dire !
L'ambiance est parfaitement posée : la chaleur, les vacances entre enfants dans un environnement à la fois dépaysant (car lieu de vacances) et familier, le décalage avec les préoccupations des adultes, l'oubli (ou presque) des contingences bassement matérielles comme les horaires (avec le soleil qui se couche à 22h, normal), le dîner, ou la venue au monde du bébé des voisins. Peut-être me manque-t-il quelques odeurs, mais à part ça, je m'y retrouve totalement, moi qui ai vécu ce genre de vacances et qui avais 14 ans en 1990 :)
Les petits détails m'ont rappelé le concours d'halloween de l'année dernière : retrorrifique. De mon côté, j'étais remontée un peu plus loin jusqu'aux 80's, mais j'avais essayé de truffer le texte de références aussi.
J'ai bien visualisé aussi l'arrivée de l'homme étrange, j'ai imaginé le frisson, d'abord agréablement stimulant, puis carrément glaçant, le retour auprès des adultes qui fait tout oublier. Tout m'a paru cohérent et évocateur !
Quant à la réapparition de l'homme et au lien avec le nom du bébé, ils donnent très envie de lire la suite.
En synthèse : un premier chapitre qui fait parfaitement son job !
A+
Dan Administratrice
Posté le 26/08/2020
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire, Isa !

J'ai un peu honte d'admettre que je n'ai même pas conscience d'utiliser une syntaxe labyrinthique, mais désolée pour la torture ^^' Et vraiment, ne te prive pas pour les remarques, que ce soit correction ou tuning (si tu as le temps et l'envie, évidemment). Même si je suis beaucoup repassée sur ce premier chapitre, un œil extérieur fait toujours des miracles (du coup j'ai bien noté ta remarque sur les odeurs).

Je suis contente si c'est crédible, si l'ambiance rétrorrifique fonctionne ; j'ai moi-même passé beaucoup d'étés exactement à l'endroit que je décris, mais entre ce que je visualise et ce que je réussis à retranscrire, y a parfois un sacré gouffre...

Merci encore, et si tu t'aventures dans la suite, j'espère qu'elle te plaira !
Isapass
Posté le 01/09/2020
Je refais un petit passage par ici avant de lire le chapitre suivant, pour te signaler les éventuels petits "tunings" que j'avais entrevus (mais qui sont sans doute issus de ma perception perso, donc, à toi de voir ;) )

"le dîner se faisait attendre et l’énergie créatrice continuait à décliner avec le soleil, laissant les enfants épuisés, ivres de chaleur et ravis. Rien n’était aussi satisfaisant que de planifier la chute de la civilisation et l’extinction de l’humanité en bonne compagnie." : comme on sent depuis le prologue qu'on est dans une ambiance, euh... bizarre et qu'on ne sait pas forcément à quoi s'attendre, je n'ai pas compris tout de suite qu'on était dans un point de vue des enfants, j'ai pensé qu'ils faisaient partie du décor. Peut-être que si tu écrivais "laissant les cinq enfants épuisés", ça mettrait tout de suite la focale sur eux : on ne parle pas des enfants en général, mais de ces cinq-là (dis-moi si je ne suis pas claire). Peut-être aussi que l'expression "en bonne compagnie, dans la phrase suivante, m'a perturbée, parce que c'est une expression que je vois mal dans la bouche d'enfants. Peut-être "avec des copains" ? (je trouverais d'ailleurs intéressant le décalage entre ta syntaxe recherchée et la simplicité de cette expression, comme chute du paragraphe, mais je ne veux pas faire d'ingérence, hein XD )

"Les jours inédits se suivent sans se distinguer ni se ressembler ; dans l’aventure perpétuelle et l’ennui sans fond des vacances d’été, rien ne peut ni finir ni durer.
Ou quelque chose comme ça." : J'adore ♥

"Ils échangèrent un regard prudent, tâtonnant à la recherche du courage des autres en espérant ne pas le trouver pour ne pas avoir à rassembler le leur." : pas fan des deux participes présents à la suite, mais je n'ai pas de suggestion à te faire. Sauf peut-être, tant qu'à faire : "Ils échangèrent un regard prudent, tâtonnant à la recherche du courage des autres tout en espérant ne pas le trouver pour ne pas avoir à rassembler le leur." (oui, c'est du surpinaillage, mais tu connais maintenant mon amour pour les microdétails)

"Ils regagnèrent le monde en se maudissant les uns les autres, en se maudissant eux-mêmes de trop s’aimer pour laisser le plus téméraire se ruer seul vers le danger, alors que rien ne leur prouvait que le danger était réel – planifier la fin du monde pendant des heures laisse quelques séquelles et, sur bien des points, l’imagination et la paranoïa se rejoignent." : la phrase est peut-être un chouia longue ? Tu pourrais peut-être mettre un point (ou deux points, ou un point-virgule) après "trop s'aimer" et recommencer sur "Ils ne laisseraient pas le plus téméraire..."

"La bouillie chantante des McKenna avait soulevé quelques défis, lors de leur premier séjour, mais aucun de cet ordre-là." : Au risque de perdre un peu de mystère, je mettrai une précision quant aux McKenna, pour plus de clarté (genre "les nouveaux voisins originaires d'Outre-Manche"). Je me suis demandé si je n'avais pas loupé une mention précédente car tu en parles comme si on devait déjà les connaître (ah ben oui, c'est ça d'avoir des lecteurs à l'esprit moins vif que toi XD )

"Les enfants s’enfuirent sans se consulter – ils avaient tous perçu le basculement subtil où l’injonction parentale à la courtoisie avait laissé place à l’ordre de ne pas se fier aux étrangers, surtout pas à ceux qui criaient en bavant." : alors j'ai globalement compris ce que tu voulais dire, mais je trouve que cette phrase n'est pas claire (voire pas du tout). J'ai du la lire plusieurs fois avant de la comprendre en détail. C'est à cause de la notion de basculement, je pense. La phrase serait peut-être plus lisible comme ça : "ils avaient tous perçu le basculement subtil où leurs parents, s'ils avaient été présents, auraient laissé tomber l’injonction à la courtoisie au profit de l’ordre de ne pas se fier aux étrangers, surtout pas à ceux qui criaient en bavant." (et ça reste un peu compliqué).

"il observait l’entrée de l’aire de retournement ceinte par des murets crépis" : l'aire de retournement ? Qu'est-ce que c'est ?

"qui explorerait longtemps les bois alentour avant d’affirmer que leur abominable homme des chênes-liège aurait émergé d’une brèche de lumière violette." : j'ai un doute sur la concordance des temps de ce dernier "aurait" (aurait émergé). J'aurais plutôt mis "avait émergé", mais c'est à vérifier.

Voilà, je m'en vais maintenant pinailler sur le chapitre suivant :P
Dan Administratrice
Posté le 01/09/2020
Wow merci Isa pour tout ça. C'est très clair, ne t'en fais pas. Très complet et très utile, aussi ! Je vais pouvoir me pencher là-dessus rapidement grâce à ton œil de lynx (les premiers chapitres s'écrivent rarement facilement, et comme j'ai eu pas mal d'ajustements à faire sur celui-ci en progressant dans la suite de l'histoire, ça m'étonne pas qu'il y ait quelques cafouillages). En tout cas merci encore pour le temps passé là-dessus ♥

PS : une aire de retournement c'est simplement un espace dégagé pour faciliter les demi-tours, souvent dans les lotissements au fond des impasses :)
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