PROLOGUE

Par Aramis

Au creux du noir profond d’entre deux pavés de basalte, tranchait l’émeraude d’une petite chose à l’aspect moussu. Abigaïl s’était penchée par-dessus, son épaisse chevelure sombre déployée en rideau autour de son visage d’enfant et, les yeux écarquillés, elle observait sa découverte.
Jamais dans le sillon des pierres qui pavaient la cour de la villa n’était encore apparu une telle étrangeté de velours. Cela courrait entre les sillons de roches obscures, formait comme un sédiment mais d’une couleur si allègre que cela narguait la profondeur ténébreuse du pavement, dont la morne teinte en soulignait par contraste le tumultueux éclat. Abigaïl se charmait de ses nuances subtiles de vert de gris, d’olive et de chartreuse. Là où le soleil caressait son crénelage, l’étrangeté en attrapait les rayons et, s’en faisant une parure, se drapait d’un éclat de souffre.

La forme lui évoquait un mamelon miniature, ou la rondeur d’une étoile dont la traîne filante n’aurait achevé de s’éteindre. Si elle y posait presque le nez et scrutait, les yeux emperlés d’efforts, le détail des excavations de cette étonnante comète, elle y retrouvait alors les aspérités incertaines de l’écume, l’intangibilité de la mousse qui gravitait sur les vagues avec ce foisonnement de coton, et elle se demandait quel bizarre cousin de l’océan avait fais son nid dans un lieu si inapproprié.
Son parfum était subtile, aussi délicat que sa petitesse et comparable à aucun de ceux qu’Abigaïl connaissait. Après quelques inspirations d’ailleurs, l’odeur ferreuse de la roche balayait la fragrance délicate, si bien que n’en gardant que le souvenir, elle pensait l’avoir rêvé.

Abigaïl n’avait pas peur, pourtant une partie d’elle lui soufflait les contes et les récits qu’on faisait de la nature sauvage et les lois de l’île qui en résultaient. Son esprit, pris en étau entre la certitude de ne trouver aucune menace dans l’embryon de verdure mais conscient de ce que cet embryon pourrait devenir, demeurait là, saisit du paradoxe, dans une inaction complète. Alors d’accroupie elle se mit à genoux, sans prendre gare au contact du basalte qui râpait ses genoux et, les mains de part et d’autre de l’écume émeraude, elle se mit à réfléchir.

Si elle n’avait jamais vu un végétal réuni à la terre, elle en avait consommé dans bien d’autres circonstances. À table, on servait souvent des anones aux écailles vertes, de la salicorne dont la couleur resplendissait intensément, ou des pomélos dont la peau épaisse n’avait rien n’a envier à la profondeur olivâtre de la comète moussue. Il n’y avait aucun de ces fruits et légumes qui n’étaient pas cultivés au-delà du mur, aucun qui se faufilaient ainsi dans le grès, au hasard des pavés, ni aucun enfin qui existait en dehors d’un cageot ou d’une assiette. De cela, Abigaïl était certaine. Elle n’imaginait pas qu’il ait pu pousser, sous la garde attentive des gens de la maison, une atrocité telle qu’une plante sauvage. Elle envisagea donc qu’il ne s’agisse que d’un oublie, de quelque chose de semblable à ce qu’elle avait l’habitude de manger et qu’on avait laissé là par mégarde. Que ce soit une conséquence de son jeune âge, de sa naïveté d’alors, ou d’un désir plus pernicieux, elle se persuada de cette conclusion discutable et, après avoir posé pouce et indexe contre la délicate écume émeraude, elle en arracha un morceau qui s’effrita entre ses doigts. Elle pencha la tête en arrière et laissa tomber la poudre étrangère entre ses lèvres, contre sa langue, comme une poussière d’étoile.

 Derrière elle des pas s’approchèrent et Abigaïl tourna la tête.
 – Mademoiselle, que mangez-vous ? » Ayant surpris son geste, la gouvernante s’était approchée de l’enfant et s’était penché sur elle pour découvrir dans le voilage de ses cheveux, le secret qu’elle y dissimulait. Lorsqu’elle  révéla les débris verdâtres de la mousse, qu’elle en vit les racines encore collées aux bouts des doigts de sa maîtresse, Döl poussa un hurlement de désespoir et saisissant durement Abigaïl par le bras, étreignit ses joues sans se soucier de lui faire mal. « Recrachez, » ordonna-t-elle en secouant l’enfant qui, prise de peur, agitait la tête et le corps pour se soustraire à l’étau de la matrone. « Mademoiselle, recrachez ! Je vous en prie ! » Le désespoir qui tranchait sa voix la poussa à l’extrême affront : d’un geste elle glissa ses doigts dans la bouche d’Abigaïl pour tenter bravement d’en arracher la mousse. Mais l’enfant avait déjà tout avalé, alors sans céder à la peur, elle l’entraîna dans la cuisine et réitérant son geste, enfonça le majeur dans la gorge d’Abigaïl jusqu’à la faire vomir.

Après cet évènement, la mémoire d’Abigaïl s’égarait dans les limbes et ne lui laissait qu’une série de sensations pénibles.  Elle se rappelait la terreur contagieuse de son entourage, les litres d’eau qu’on lui avait fais boire et les purges quotidiennes. On l’avait alitée de force des semaines durant et lorsqu’enfin on l’avait à nouveau laissé sortir, la comète de mousse  avait disparu d’entre les sillons de basalte.

S’avait été la première rencontre d’Abigaïl avec la nature sauvage, et elle n’en avait jamais revu.

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Edouard PArle
Posté le 05/11/2022
Coucou !
Je suis toujours aussi admiratif de la beauté de tes phrases, de la poésie de tes mots. J'ai eu un peu de mal à situer l'action au début de ce prologue, peut-être qu'une ou deux phrases plus directes pour poser le contexte seraient cool mais je suis rentré assez vite dedans. La fin est très intéressante.
Je me suis dit que ce serait très intéressant si tu utilisais parfois des phrases courtes pour les idées fortes (pas trop souvent non plus), je pense que ça les accentuerait par contraste avec le reste. Par exemple, la conclusion pourrait devenir :
Cela avait été la première rencontre d'Abigail avec la nature sauvage. Elle n'en avait jamais revu.
Qu'en penses-tu ?
Tu fais toujours de belles métaphores, j'ai bien aimé la comparaison de la mousse avec de la poussière d'étoile. Un beau passage !
Mes remarques :
"Cela courrait entre les sillons de roches obscures," -> courait
"avait fais son nid dans un lieu si inapproprié." -> fait
"Son parfum était subtile, aussi délicat que sa petitesse" -> subtil
"demeurait là, saisit du paradoxe," -> saisi
"donc qu’il ne s’agisse que d’un oublie," -> oubli
Je poursuis ma lecture !
Aramis
Posté le 06/11/2022
Coucou Edouard !! Merci d'être passé par là, comme toujours c'est un plaisir de lire tes retours et je suis toujours super contente de constater que tu apprécies mon style et qu'ici tu es rentré dan l'histoire :D
Ta suggestion sur les phrase courtes est tout à fait pertinente, et je la prends en compte. Je pense que c'est un bon outil, à la fois pour casser le rythme, et pour faire ressortir les informations, d'avoir des contractes dans la longueur des phrases. Du coup si pour l'instant je galère à avoir cette équilibre, particulièrement en premier jet, je prends totalement cette idée en compte pour le moment où je retravaillerai le style !

Merci à toi pour les relevés !
Edouard PArle
Posté le 06/11/2022
Tu as raison, il faut avancer de tout remettre en cause ! La réécriture attendra (=
C. Kean
Posté le 01/11/2022
Salut,

Les histoires d'or m'amènent jusqu'ici, à la découverte de nouvelles plumes.

Je ne suis pas déçue de rencontrer cette scène mystérieuse et charnière, contemplative et profonde. Il y a peut-être quelques lourdeurs de style, mais comme on sent le plaisir écarquillé des mots derrière, on s'y laisse un peu paresseusement glisser, comme sous un plaid lorsqu'on partage un tel amour.
Cela rend curieux de ce monde à l'atmosphère poétique et graniteuse.

Je te laisse quelques petites remarques de forme si jamais :

* ou des pomélos dont la peau épaisse n’avait rien n’a envier : n'avait rien à envier (la liaison est trompeuse)

* – Mademoiselle, que mangez-vous ? » : il faut une ouverture de guillemet à la place du tiret si tu suis une mise en forme classique des dialogues, ou alors pas de guillemet et juste le tiret.

* S’avait été la première rencontre d’Abigaïl : je crois qu'on te l'a déjà pointé ;)

A bientôt ~
Aramis
Posté le 03/11/2022
Hello C. Kean ! Merci pour ton passage et merci aux HO de t’avoir emmené jusqu’ici :) Si jamais tu as le temps et l’envie, n’hésite pas à me pointer ce que tu trouves lourd ! J’essaie de trouver un entre deux entre mon naturel et les suggestions qu’on m’apporte, du coup je suis curieuse de savoir où se place ton ressentit !
Je prends en compte tes petites notes pour le reste, et j’espère que si tu es emmené à lire la suite, cela te plaira !
Jupsy
Posté le 25/09/2022
Bonjour !

Je viens de finir de lire ton prologue qui me donne envie de poursuivre et de connaître la suite. En même temps, j’aime quand il est question de mousse. C’est la faute à Sej, qui lui a dédié un bouquin absurde… où la mousse n’est pas la bienvenue non plus. Pourquoi ne pas laisser courir la mousse sur les murs, c’est si beau ! Qu’est-ce que les contes racontent comme bêtises ? Après ce n’est peut-être pas des bêtises, c’est peut-être la nature qui en a marre et qui cherche à reprendre ses droits ? Bon si elle l’avait vraiment voulu, Abigaïl n’aurait sans doute pas survécu… à moins qu’un parasite… Oui je pars déjà très loin. Désolé·e. (mais c’est signe que je me laisse prendre au jeu, donc bon signe!)

Après si j’ai bien aimé ton style, je raccourcirai quand même quelque phrase. Parfois le lecteurice (dont moi) se laisse emporter par la beauté des mots sauf qu’iel oublie en cours de route le sens de la phrase. J’aime les petites envolées provoquées par de belles images, mais c’est bien aussi d’avoir les clés pour les comprendre. Or les phrases longues peuvent gêner la compréhension par leur taille. Puis il y a les choix des termes qui peuvent troubler. Pourquoi je parle des termes, c’est parce que… mamelon et rondeur d’étoile ? Oui… euh… Je sais pas la forme du coup. Mon cerveau n’a pas su identifier l’image en fait. Déjà mamelon miniature, c’est visible ? Et est-ce que c’est le bon registre pour une enfant ? Peut-être car j’ignore l’univers exact. Et la rondeur d’étoile ? Qu’est-ce que je dois voir ? Je suis perplexe. (Après je ne suis peut-être pas bien réveillé·e et ce soir, je débarque pour te dire qu’en fait j’ai saisi...)

Maintenant c’est du chipotage. En l’état ton texte est déjà solide. L’essentiel est compréhensible, il se lit bien et donne envie de continuer. Donc beau travail !
Aramis
Posté le 26/09/2022
Coucou Ju' !!! Merci de passer par ici et pour tous les commentaires que tu as laissé JE SUIS HONOREE !!

Et je suis bien d'accord avec toi la mousse c'est très joli et très bien, je sais pas pourquoi tout le monde s'acharne dessus. Même si j'ai écris ce prologue, sache que je suis aussi team mousse.

Et je prend note de tes remarques, on m'a déjà souligné cette histoire de mamelon (vous en voulez pas de mon mamelon hahaha il va partir à la réécriture celui-là c'est promis) et oui en fait oui je. C'est en effet peut-être très alambiqué pour juste que heu que c'est rond, quoi. Hahahaha.
Bon tu as déjà posté sur les autres chapitres ahahaha je voulais te prévenir que ça risquait d'être pire, puisqu'il ici ça a déjà été réécris une première fois, ce qui n'est pas le cas du reste et que c'est clairement mes réflexes de trop charger, et que je m'engage du coup à tout édulcorer à la réécriture (sinon je me prend trop la tête dès que j'écris un mot, donc pour l'instant j'essaie de ne pas trop faire attention, mea culpa, c'est pénible pour vous)

En tout cas merciii et heureuse que ça t'ai plu malgré qu'on s'en prenne à la mousse qui ressemble à des petits mamelons !
Feydra
Posté le 24/09/2022
Ce prologue est vraiment très bien écrit. Même si, comme cela a été dit précédemment, certaines réflexions me paraissent un peu matures pour le personnage d'une petite fille, j'aime beaucoup cette façon que tu as de faire comprendre les choses par petites touches, sans trop entrer dans les détails. Ce que tu as laissé entendre sur la dangerosité de la nature m'a happée et m'a vraiment donné envie de lire la suite.
Ton récit a un rythme vraiment calme, comme les rêveries de l'héroïne penchée sur la mousse et tes descriptions sont magnifiques. Puis la panique de la gouvernante envahit le texte et le rythme change, nous faisant sentir le danger ou en tout cas la terreur des personnages et l'incompréhension de la petite fille. C'est vraiment réussi, bravo.
Je vais lire le reste avec intérêt. Un prologue qui a atteint son objectif, donc. 😊
Merci pour ce moment de lecture.
Aramis
Posté le 26/09/2022
Coucou Feydra ! Et bienvenue sur ce texte ci ! Merci beaucoup d'avoir lu et pour ton délicat retour, ça me fais très plaisir !!

J'ai tout à fais pris en compte tes remarques sur les réflexions qui pourraient ne pas être adapté, c'est vraiment difficile d'écrire un regard d'enfant et plusieurs points on été soulevés dans ce sens, du coup je tâcherai de revoir certaines comparaisons à la correction !

J'espère que tu trouvera la suite du récit à ton goût, elle a besoins de beaaaaucoup plus de retravaille que ce prologue qui a déjà subi quelques réécritures hahaha, en tous les cas je prends tout avis éclairé sur la question !
hannah.gurnard
Posté le 07/09/2022
Salut !

Un prologue assez intriguant (qu'est-ce qu'elle a bien pu avaler cette petiote ?) dans une écriture très belle (j'ai appris l'existence et le sens du mot crénelage).

J'ai adoré la description de la nature minérale/végétale : les couleurs, le toucher (velours), l'odeur (de fer),...

Bref un très bon début pour moi.
Aramis
Posté le 26/09/2022
Bonjour Hannah ! Merci beaucoup pour ta lecture et ton retour, j'ai essayé d'utiliser tous les sens à disposition donc je suis contente de voir que ça marche et que ça se note ! J'espère que la suite, qui est a un stade nettement moins aboutie, te plaira malgré tout !
Annaïck-autrice
Posté le 21/07/2022
Salut, un super prologue, très intriguant sur la fin qui laisse entrevoir un monde où la nature sauvage est banie. Il y a surement une sacrée histoire derrière cela.
Quelques petites remarques sur la forme cependant. Ton style d'écriture est très original et le coté précieux est sympa, mais fait attention parce que parfois cela en devient un peu lourd. Attention à tes métaphores : quand tu compares la forme de la mousse à un mamelon notamment, je suis pas sûre que ce soit cohérent avec le personnage qui est une enfant.
Autre chose : ta première phrase est un peu longue. Tu pourrais reprendre une autre phrase à partir de "les yeux écarquillés"
Voila, hâte de lire la suite,
A bientôt !
Aramis
Posté le 28/07/2022
Bonjour ! Merci beaucoup pour ce retour ! Je suis particulièrement touchée par la mention d'originalité, c'est la première fois qu'on me dit ça, et c'est un très beau compliment ! J'ai conscience de la lourdeur inhérente à ma façon d'écrire cependant hahaha, je promets qu'il y aura un gros travail de réécriture pour alléger tout ça, donc si de nouvelles lourdeurs sont présentes par la suite : pas de panique !
Je note tout à fait la note sur le mamelon qui est très juste, je corrigerai la métaphore.
Merci encore !
Fabe
Posté le 17/07/2022
Je suis admiratif de la qualité des descriptions de la matière ou des actions. ça plonge le lecteur dans la réalité du récit. On comprend bien le rapport à la nature.
En dire sur un univers sans trop s'étendre est bien fait, ici. vivement la suite.

Dernier point : je crois avoir décelé une coquille sur lavantderniere ligne. "S’avait été...". Ne serait-ce pas "Ç'avait été..." ?
Aramis
Posté le 17/07/2022
Helloooo ! Déjà bienvenue par ici et merci d'avoir lu :D Ensuite merci également beaucoup pour ton commentaire, et ces beaux compliments ! La suite aura besoins de réécritures, mais j'espère que tu y trouvera les mêmes qualités !

Et je pense que tu as tout à fait raison concernant le point orthographique, que je note pour y remédier !

Au plaisir de te revoir sur la suite :D
Cléo
Posté le 20/06/2022
Hello !

Intriguée par un extrait vu sur le Discord et par le nom de l’œuvre, me voici ! Franchement je ne regrette pas de m'être laissée pousser par la curiosité. Ta plume est super jolie, prenante et imagée, et l'entrée en matière suffisamment intrigante pour qu'on ait envie d'en savoir plus !

Comme Maé, je salue la façon dont tu amènes tout un tas de lore dans tes descriptions, sans avoir l'air de vraiment nous déballer ton univers. On comprend que le monde d'Abigaïl est très aseptisé, que la végétation sauvage semble être considéré comme une abomination, et on a carrément envie d'en savoir plus (pourquoi, comment, c'est quoi leur problème avec la mousse ? xD).

Je rajouterais que j'ai relevé une mini coquille à "oubli" que tu as écris "oublie" dans " Elle envisagea donc qu’il ne s’agisse que d’un oublie, de quelque chose de semblable à ce qu’elle avait l’habitude de manger et qu’on avait laissé là par mégarde." Les autres petites choses ont été signalées.

Je reviendrai pour lire le reste au fur et à mesure, merci en tout cas pour ce partage !
Aramis
Posté le 07/07/2022
Bonjour Cléo !! Déjà un grand grand merci d'être venu jusqu'ici ! Je n'imaginais pas que les extraits du discord pourraient m'apporter des lecteurs, et j'en suis honorée olalala !!! D'autant plus que ton commentaire est adorable !

Je note la faute, et hâte de te revoir par ici (enfin hâte avec mon rythme de vieille limace fatiguée en terme de publication hahaha)

Tac
Posté le 18/06/2022
Yo !
On ne se connaît pas du tout mais Makara m'a parlé de toi, alors voilà (oui il m'en faut pas beaucoup).
Je n'ai même pas pris le temps de lire le résumé, une fois n'est pas coutume, alors c'est plongée totale à l'aveuglette, c'est assez marrant et je me dis que je devrais faire ça plus souvent !
Pour le moment j'apprécie ton style, c'est un chouette prologue je trouve. Parfois il manque quelques virgules, mais je n'ai rien relevé de particulier encore !
Plein de bisous !
Aramis
Posté le 07/07/2022
BONJOUR ! Désormais on se connaître un peu hahahaha, je vous remercie donc encire, Makara et toi, Mak pour la recommandation et toi pour l'avoir suivi, pris le temps de lire et de commenter !

Je suis très contente que ça te plaise ET je note les petites virgules (ce qui rejoins, je pense, un travaille pour alléger l'ensemble du texte à la réécriture et qui s'annonce être un sacré morceau héhé) Merci encore !!!!
Maé
Posté le 15/06/2022
Hello !

La lecture du résumé m’avait profondément intriguée, je n’avais encore jamais vu passer une histoire sur ce genre de thématique dans le genre fantasy (bon peut-être est-ce dû à mon manque personnel de culture mais soit tu inaugures ça pour moi en tous cas).

J’ai absolument adoré ta description dans le premier paragraphe. On comprend tout à fait l’espèce d’étrangeté qu’il y a à trouver de la mousse comme ça, là entre les pavés. Tu as su rendre quelque chose d’absolument banal pour nous en une étrangeté cocasse à coups de jolies métaphores. J’ai un peu moins aimé l’arrivée de l’étoile filante et de la comète, je trouve que ça vient alourdir ton texte qui jusque-là sonnait très poétique. Point trop n’en faut à mon avis et ton premier paragraphe marche tellement bien (trop bien peut-être et cela élève nos attentes ?) que je trouve dommage de ne pas le laisser faire son effet. A part ce petit détail j’ai beaucoup aimé ton prologue, j’ai hâte de lire la suite.

J’ai pu noter quelques fautes mais rien de bien méchant :
« Après quelques inspirations d’ailleurs, l’odeur ferreuse de la roche balayait la fragrance délicate, si bien que n’en gardant que le souvenir, elle pensait l’avoir rêvé. » => rêvée.
« Son esprit, pris en étau entre la certitude de ne trouver aucune menace dans l’embryon de verdure mais conscient de ce que cet embryon pourrait devenir, demeurait là, saisit du paradoxe, dans une inaction complète. » => saisi.
« Alors d’accroupie elle se mit à genoux, sans prendre gare au contact du basalte qui râpait ses genoux et, les mains de part et d’autre de l’écume émeraude, elle se mit à réfléchir. » => Ici j’ai simplement trouvé que la répétition de « genoux » n’était pas très fluide.
« Elle se rappelait la terreur contagieuse de son entourage, les litres d’eau qu’on lui avait fais boire et les purges quotidiennes. » => faits.
« On l’avait alitée de force des semaines durant et lorsqu’enfin on l’avait à nouveau laissé sortir, la comète de mousse avait disparu d’entre les sillons de basalte. » => laissée.
« S’avait été la première rencontre d’Abigaïl avec la nature sauvage, et elle n’en avait jamais revu. » => Ç’avait … revue.

Au plaisir de lire ton prochain chapitre,
A la revoyure !
Aramis
Posté le 15/06/2022
Bonjouuuur ! Merci beaucoup pour ce retour pleins de jolis compliments !!!
Je ne sais absolument pas moi-même si j'inaugure, j'imagine que quelque chose d'au moins similaire doit bien exister quelque part (?) en tout cas je ne crois pas en avoir lu moi-même pour me moment, somme toute, les thématiques existent déjà différemment dans d'autres récits, ça c'est sur ! Mais c'est déjà une aubaine pour moi d'innover, au moins pour un.e lecteur.ice !

Merci beaucoup pour ton retour sur le premier paragraphe, et le second ! J'aurais voulu savoir, si tu as le temps, à partir de quel moment (enfin d'où à où, quoi) le texte te semble alourdit ! J'ai saisis sur quelle métaphore tu as buté, mais je n'arrive pas à savoir si ça concerne du coup tout un paragraphe qui te semble inutile, ou seulement l'image de la comète qui te paraît moins subtile, peut-être ?

Et merci pour tes relevés de fautes et de répétitions !!

Au plaisir de te revoir sur la suite, encore merci !
Maé
Posté le 15/06/2022
Hello !

Oui bien sûr !

« La forme lui évoquait un mamelon miniature, ou la rondeur d’une étoile dont la traîne filante n’aurait achevé de s’éteindre. Si elle y posait presque le nez et scrutait, les yeux emperlés d’efforts, le détail des excavations de cette étonnante comète, elle y retrouvait alors les aspérités incertaines de l’écume, l’intangibilité de la mousse qui gravitait sur les vagues avec ce foisonnement de coton, et elle se demandait quel bizarre cousin de l’océan avait fais son nid dans un lieu si inapproprié.
Son parfum était subtile, aussi délicat que sa petitesse et comparable à aucun de ceux qu’Abigaïl connaissait. Après quelques inspirations d’ailleurs, l’odeur ferreuse de la roche balayait la fragrance délicate, si bien que n’en gardant que le souvenir, elle pensait l’avoir rêvé. »
Voilà en gras ce qui m’a un peu gênée. Ce qui est lourd, je trouve, c’est que l’on passe d’un premier paragraphe très dynamique, les verbes d’action rendent l’ensemble très vivant et c’est appréciable justement parce que cette nature sauvage et incongrue contraste avec l’aspect inanimé du pavage, à quelque chose de beaucoup plus empâté. On a deux métaphores différentes à très peu de distance l’une de l’autre, univers céleste / univers marin, ce qui ne laisse pas l’image de l’une s’installer avant d’être balayée par une autre métaphore totalement antithétique. On a d’un côté l’aspect rocailleux et poussiéreux de l’étoile et de la comète puis l’aspect souple, mouvant de l’eau (aspect que traduisait déjà très bien le premier paragraphe avec ce côté vivant justement). Outre l’opposition sur laquelle on vient buter (dès la « rondeur d’une étoile » où on se demande déjà ce à quoi ça fait écho) car elle tranche avec la première partie très fluide de ton texte, ce sont des métaphores qui ne passent pas inaperçues. Les étoiles et les océans, ça traîne avec eux tellement de topoï métaphoriques qu’on les voit. Je ne sais pas si c’est très clair ce que je raconte mais en gros je trouve que ça fait clignoter la grosse enseigne « ATTENTION METAPHORE » qui personnellement me coupe un peu dans ma lecture.

J’espère que ça répond à ta question ^^

A la revoyure !
Maé
Posté le 15/06/2022
Oups j'ai justement oublié que le gras passait pas ^^'

J'ai seulement gardé les passages qui me gênaient du coup :

« La forme lui évoquait un mamelon miniature, ou la rondeur d’une étoile dont la traîne filante n’aurait achevé de s’éteindre. […] le détail des excavations de cette étonnante comète, […] aspérités incertaines de l’écume, l’intangibilité de la mousse qui gravitait sur les vagues avec ce foisonnement de coton, et elle se demandait quel bizarre cousin de l’océan avait fais son nid […] »
Aramis
Posté le 16/06/2022
Yes c'est très clair, et super interessant comme analyse !! Mille fois merci, je vois tout à fait du coup cette opposition de métaphore qui s'auto annulent en quelque sorte, et à laquelle je n'avais pas du tout fais attention à l'écriture ! C'est très juste, je vais le prendre en compte pour la réécriture ! Grand grand merci à toi pour cette note très constructive !
JeannieC.
Posté le 15/05/2022
Hiha !
Comme promis, puisque j'ai fini "Expériences contraires" me voici pour découvrir cette nouvelle histoire =D

Quelques réactions au fil de la lecture d'abord -
> "Jamais dans le sillon des pierres qui pavaient la cour de la villa n’était encore apparu une telle étrangeté de velours." Pour moi on s'essouffle un peu dans cette phrase, pourquoi pas mettre entre virgules "dans le sillon des pierres qui pavaient la cour de la villa" ? En plus, ça ferait saillir "Jamais"
> "Cela courrait entre les sillons de roches obscures" > courait ?
> "Son parfum était subtile" > subtil - et il manque un alinéa
> "la couleur resplendissait intensément" Pour moi l'adverbe est inutile, "resplendissait" est déjà très fort
> "et s’était penché sur elle" penchée
> "qu’on lui avait fais boire et les purges quotidiennes" fait

Une plume toujours aussi agréable et raffinée, avec beaucoup de poésie et une richesse de vocabulaire certaine ! Je suis intriguée par cette fameuse mousse et les conséquences qu'elle aura, ainsi que par le personnage d'Abigaïl. J'aime beaucoup aussi le thème que tu instaures, la nature VS le granit, incarné par tout ce jeu de couleurs entre le vert et le noir qui parcourt tout ce prologue.
Je repasserai donc avec plaisir pour la suite :D
Aramis
Posté le 06/06/2022
Coucouuuu, encore mille fois pardon pour le temps désastreux que je mets à répondre aux commentaires (que je lis toujours attentivement par ailleurs !) Je suis super heureuse de te voir enchaîner avec cette nouvelle lecture au rythme de parution tout aussi cataclysmique (non par manque de volonté, mais, bon, je galère.)

Merci beaucoup pour tes corrections que je vais aller modifier de ce pas, et pour tes compliments que je garde précieusement !
Soah
Posté le 16/03/2022
Coucou toi !
Franchement, je ne vois pas pourquoi tu doutais de mettre tout ça ici. J'ai beaucoup aimé ce prologue, je suis très intriguée et je n'aurai jamais cru m'intéressé·e autant à de la mousse, haha !
Le seul petit défaut que je trouverais, c'est la longueur de certaines phrases. Parfois, tu as des phrases qui sont très longues et qui demanderaient à être coupées pour avoir plus d'impact et pour rendre les choses plus concrètes pour tes lecteurices.
Je suis très curieuse de la suite, j'espère la voir bientôt ! ~
Des bisous
Aramis
Posté le 12/04/2022
Coucou Soah !!! Pardon pour le temps absolument dément que je prends pour te répondre mais MERCI d'être passée lire !! Je suis touchée que tu ai pris le temps de passer ici hehehehe, et merci pour ton retour ! Je suis adepte des phrases longues, je pense que ça va me demander pas mal de travail à la réécriture (dis toi qu'ici j'ai déjà raccourcit certains trucs c'est dire :'D) je garde ça en mémoire, même si ce ne sera peut-être pas visible tout de suite sur les prochains chapitres (j'essaie de ne pas trop faire de corrections, j'ai déjà du mal à accepter les paragraphes que je trouve nuls en me disant qu'ils seront correctibles plus tard) mais c'est une remarque que je n'oublierai pas !
La suite arrive, lentement, mais elle arrive !
Tout comme mon passage sur ce silence est mien hahaha
Zevou
Posté le 09/03/2022
Jolie plume ! J'aime ton style et tes tournures de phrases.
Tu as un vocabulaire riche qui ne dérange pas le rythme de lecture, je reconnais là des influences qui me plaisent !
J'ai envie d'en savoir plus car tu nous en donnes trop peu.
Je lirai la suite avec intérêt.
Aramis
Posté le 13/03/2022
Heeeey, mais, si je ne me trompe pas, je crois savoir qui se cache sous ce pseudo ! (Et j'espère ne pas me tromper autrement le reste de ma réponse risque d'être assez nébuleuse...)

Merci d'avoir pris le temps de lire et de commenter ( et de ne pas l'avoir fais en face de moi hahahahahahaha ) je suis vraiment honorée d'être associée à ces influences, sur lesquelles il me semble, nous tombons d'accord ! J'espère que la suite continuera de te les évoquer, et merci d'avance pour ton suivi !
InTheKiosk
Posté le 06/03/2022
Bonjour !
Je trouve ce prologue assez intéressant : on a envie d'en savoir plus ce monde qui ne semble pas apprécier cette "nature sauvage" (donc c'est plutôt bon signe).
Avant de faire quelques remarques sur ce chapitre, j'ai une petite question : d'où t'es venue l'idée d'appeler la cour "Valadolide" (En fait, ça me fait penser à la controverse de Valladolid, et je me demandais s'il y avait un rapport ou absolument pas).
- Je trouve ton écriture très travaillée, notamment sur le style (enfin c'est l'impression que ça me donne, peut-être qu'il est naturel). Il y a a beaucoup d'images, c'est très riche lexicalement parlant. C'est plutôt agréable à lire (je dis plutôt parce que je ne suis pas habituée à lire des histoires avec un style aussi fourni, mais ça ne me dérange pas particulièrement). Toutefois, je trouve que certains mots utilisés sont "trop techniques" comme "excavations" et "anones" entre autres, dans le sens où, dans mon cas, ce sont des mots que je ne connaissais pas, j'ai donc du aller chercher la définition sur Internet. Dans le fond, ça ne me dérange pas tant que ça (ça me permet d'apprendre de nouveaux mots) mais je pense qu'il ne faudrait pas "trop en abuser" (peut-être est-ce seulement qui ait un problème de vocabulaire).

Ensuite, il y a quelques petites fautes :
- "avait fais" => "avait fait" (participe passé)
- "sans prendre gare" => je pense que c'est une faute de frappe "sans prendre garde" (à moins que j'aie mal compris)
- "oublie" => "oubli" (il me semble que tu utilises le nom, et non pas le verbe)

Ensuite, quelques répétitions. En soi, je ne vois pas cela comme un problème : seulement, comme tu sembles avoir style comprenant une richesse lexicale importante, je pense que ça "collerait mieux" (mais ça ne reste que mon avis) si elles n'y étaient pas (mais ça peut être un effet voulu).
- "Son parfum était subtile, aussi délicat que [...] la fragrance délicate, si bien que n’en gardant que le souvenir, elle pensait l’avoir rêvé." => il me semble que délicat est aussi utilisé dans un des paragraphes suivant.
- "aucune menace dans l’embryon de verdure mais conscient de ce que cet embryon" => là c'est l' "embryon" qui est réutilisé (tu peux remplacé, si tu le souhaites, par celui-ci" pour éviter la répétition).

Ensuite, deux petites question pour vérifier que j'ai bien compris (ou pas) le sens de deux bouts de phrases.
- "Si elle n’avait jamais vu un végétal réuni à la terre" => qu'entends-tu par "réuni à la terre" ? (est-ce que c'est parce qu'il pousse dans la terre ?)
- "s’égarait dans les limbes" => qu'est-ce que tu entends par "limbes" ?

J'ai fait pas mal de critiques "négatives" (en tout cas, qui peuvent être perçues comme telles) mais ça n'empêche pas que j'ai apprécié ma lecture. J'attends de lire pour en savoir plus et aussi pour m'habituer à ton écriture (j'apprécierai probablement encore plus ma lecture).
Merci pour ce moment !
Aramis
Posté le 13/03/2022
Bonjour !! Merci beaucoup pour ce commentaire détaillé et pleins de remarques intéressantes ! Je vais répondre dans l'ordre histoire de ne pas me perdre !

- Concernant la controverse de Valladolid ça n'a absolument aucun rapport MAIS j'ai conscience que ça évoque ça de suite, du coup je suis un peu en réflexion pour savoir si le nom risque de mal orienter le lecteur, ou si on s'en fiche et passé la surprise, ça n'a plus d’intérêt.

- Concernant le style, déjà, merci à toi ! C'est une bonne nouvelle pour moi de savoir que tu n'es pas habituée à ce genre de lexique mais que ça ne t'a pas totalement repoussé. J'ai un peu retravaillé ce prologue (et c'est sa deuxième réécriture,) mais globalement mon style n'est ni très directe ni très allégé. Du coup effectivement, je tiens à tâcher de simplifier au fur et à mesure, pour ne pas perdre les images, par exemple. Je vais voir ce que je vais pouvoir faire pour anone, en fait comme c'est un fruit exotique c'est difficile d'en trouver qui nous évoque tout de suite quelque chose parce qu'on n'en consomme pas hahaha (je ne connaissais pas du tout non plus ce truc)

- Pour les fautes et le répétitions merci beaucoup pour les relevés !! Je vais corriger ça, les répétitions n'étaient pas voulues (les fautes non plus mais je sais que j'en fais quoi qu'il arrive hehe)

- Ta question concernant le "réuni à la terre" c'est bien ça ! Ça fait juste référence au fait que ça pousse dans la terre.
et par limbes, j'entends une sorte d'état indéfini entre l'éveil et le sommeil, en gros ici ses souvenirs sont simplement nébuleux et peu précis.

Et aucun soucis, au contraire, je prends tes remarques en comptes et n'hésite pas à envoyer la sauce ! Et encore merci d'avoir lu et commenté, alors que ce n'est pas forcément ton type d'écriture habituel ! J'espère que tu ne seras pas rebuté par la suite et que tu trouvera du plaisir au cour de ta lecture !
InTheKiosk
Posté le 08/05/2022
Hello !
D'abord, je m'excuse de ne répondre que maintenant !
- je ne pense pas que ça soit problématique...à voir avec la suite de l'histoire aussi.
- après, comme je te l'ai dit, ce n'est qu'une question de dosage dans les termes utilisés...si tu ne trouves, il n'y a rien de grave !
- avec plaisir :) (on en fait tous, quoiqu'il en soit)
- merci d'avoir répondu à mes questions :
J'attends de lire la suite avec impatience !
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