Prologue

Notes de l’auteur : Attention ça commence fort ! Âmes sensibles s'abstenir.

Décembre 2019

 

Ethan Cooper sentit qu'il allait se trouver mal. La dernière fois qu'il avait été confronté à la victime d'un meurtre, c'était dans une morgue pendant ses études de criminologie. Il avait dû lutter pour ne pas s'évanouir en pleine salle d'autopsie. A présent, il transpirait et sentait déjà ses jambes trembler. Il n'était pourtant même pas encore sur la scène de crime ! Et s'il lui prenait de dégueuler en voyant le cadavre ? Il frémit à l'idée qu'il pourrait souiller les lieux et altérer des éléments de preuve. Au volant, le commandant Joséphine Cooper , jeta un regard vers lui.

- Ça va aller, Coop ?

Ethan baissa la vitre pour prendre un peu d'air frais.

- On va profiter du fait que je sois là.

- Cette mort ... on ne sait pas si elle a un rapport avec les autres, hasarda Jo avant d'allumer la radio.

Ethan ne répondit pas. Il savait tous les deux qu'un meurtre à Riverview Bay n'avait rien d'anodin. L'animateur de la station locale de l'île d'Aurora Skies parlait déjà du crime. Pourtant, Jo venait tout juste d'en être informé et on était encore en pleine nuit. Il songea qu'il y aurait sûrement des journalistes sur les lieux. Il resserra son nœud de cravate et passa sa main dans ses cheveux. Il tremblait. Pour ne pas perdre son sang-froid, il admira le paysage. Il fut ébloui de nouveau par le spectacle de la nature en mouvement, de ce paysage de carte postale. On ne pouvait rêver mieux que cette île au large de l'État de New York. Malgré le temps exécrable de cette journée d'hiver, au moins il ne neigeait plus, il ouvrit la fenêtre et il respira à plein poumons l'air salin et les embruns. Ses épaules se détendirent, ses lèvres se retroussèrent légèrement au coin, creusant des fossettes sur ses joues rosie par le grand air du ferry, qu'il avait pris quelques heures plus tôt du continent.

Après l'appel de sa cousine et amie Joséphine Cooper, il avait pris le premier bateau en partance. Rien n'était plus éloigné du clinquant de Manhattan. C'était sans doute pour cette raison que cette petite île l'avait temps attiré, avec ses façades colorées, ses rues pavées qui serpentait vers les collines où descendaient vers les quais, ses jardins impeccablement entretenus derrière les clôtures desquels des chiens aboyaient, et des enfants pédalaient sur des bicyclettes rouge ou bleu électrique. Les quais eux-mêmes offraient un spectacle industrieux. Partout, des chalutiers défilaient et des marins au teint vif chaussé de bottes en caoutchouc les déchargeaient. Des bateaux de croisière chargés de touristes sillonnaient la baie. Sur la plage en forme de croissant, des promeneurs courageux se baladaient le long de l'océan. Excursionnistes bardés d'appareils photo grimpaient à la queue leu leu dans un petit bus rouge sur lequel était inscrit en lettres blanches Tour d'Aurora Skies. De l'autre côté de l'île, à l'abri de l'agitation de la ville, se trouvait tout un quartier d'immenses maisons secondaires que de riches New-Yorkais avaient fait bâtir quand il n'y avait plus de place sur l'île voisine de Long Island. À l'ouest, c'était le quartier des affaires avec au milieu le campus de la société Robotics. À l'est, se dressait une falaise escarpée sur laquelle était posée une maison en pierre grise accolée à la tour blanche du phare. L'urbanisation n'avait pas atteint le centre de l'île qui était toujours préservé par une grande forêt touffus.

Alors qu'ils approchaient, le clocher de l'église de Riverview commença à se dessiner au-dessus des toits. Ils tournèrent au coin d'une rue et la petite chapelle apparue dans toute sa splendeur gothique. Elle semblait scintiller. Depuis l'autre bout de la rue, ils apercevaient déjà le rassemblement de camionnettes et de voitures, les silhouettes bardées de micros et de caméras. La lumière bleue des gyrophares de trois voitures de police baignaient la chaussée. Jo se gara aussi prêt qu'elle le put du portail d'entrée. Les deux cousins sortir de la voiture et se frayèrent un chemin à travers la horde de journalistes et la tempête de flash. Ethan gardait la tête baissée, ignorant la foule des plumitifs et des photographes. Se ravisant, il réajusta ses lunettes. Il avait fait ce geste délibérément, pour bien montrer à tout le monde qu'il ne portait pas de menottes. Il en avait un peu honte, mais il ne voulait pas que l'on se méprenne sur lui.

Enfin, dès qu'ils rentrèrent dans le campus de Robotics, les grilles se refermèrent derrière eux et l'agitation s'arrêta. La société était parmi l'une des plus prospères de l'île. Sa spécialité était, comme son nom l'indiquait, la construction de robots domestiques et industriels. À sa tête, le jeune PDG Alexander Wilton. C'était une filiale de l'entreprise Denison Industrie, dirigé par Robert J Denison, le meilleur ami de Wilton. Son campus, à la Google, aurait pu se trouver dans la Silicon Valley. Entouré de hautes grilles de fer électrifiés, le site se composait de plusieurs bâtiments en forme de cube blanc dont l'usine de fabrication qui employait des locaux. Plus loin, le centre de recherche avec ses ingénieurs, des logements de fonction et enfin le bâtiment principal où se trouvait la Direction. C'était là, où il n'y avait eu le meurtre. Jo et Ethan y rentrèrent.

Un officier de police les conduisit à travers une grande porte à tambour qui ouvrait sur un immense hall tout en lumière et design. À l'intérieur, un patio, en son centre, un jardin japonais avec une fontaine et un bassin entourés de galets et de bonzaïs finement taillées. L'endroit était bondé de salariés en tenue de soirée. Ils formaient des petits groupes distincts parlant entre eux. Certains étaient assis dans l'herbe, l'air abattu, plusieurs femmes portaient la veste de leurs petits amis ou de leurs maris par-dessus leurs robes. D'autres étaient emmitouflés dans des couvertures fournies par les ambulanciers. Ils murmuraient et leurs voix semblaient bizarrement dénuées d'émotion. Leurs visages étaient ternes et pâles malgré leur bronzage artificiel. Une des filles regarda Ethan, fixant sur lui des yeux plus noirs que la nuit.

- C'était leur soirée de Noël, expliqua l'officier d'une voix calme. C'est pour ça, le hall est éclairé comme un sapin de Noël et le barnum sur la pelouse.

- Ils sont au courant pour le meurtre ? demanda Jo.

Dans la pénombre, le personnel, pour la plupart bien jeune, ressemblait à des fantômes errant sur un champ de bataille.

- Ils ne savent pas la victime, mais oui, ils savent qu'il y a eu un autre meurtre.

Ils prirent l'ascenseur et montèrent au dernier étage, là où se trouvait la Direction. Le couloir grouillait de monde. Dans un coin, un garçon et une fille répondaient aux questions des policiers. Ethan prit une profonde inspiration, il fut saisi par une odeur nauséabonde. Un mélange de parfum cuivré, d'ammoniac et de vomi. L'angoisse le repris soudainement, lui serrant la gorge. Il s'arrêta un instant, s'agrippant au mur de toutes ses forces.

La veille, j'étais en train de me siffler une bière, qu'est-ce que je fabrique ici, bordel ?

- Tu n'es pas obligé d'entrer, Coop, lui répéta Jo en se tournant vers lui.

Ethan esquissa un haussement d'épaule.

- Je veux t'aider, bredouilla-t-il, la gorge sèche.

Jo hocha la tête. Elle n'ajouta rien, se retourna et invita son cousin à la suivre dans le bureau rempli de monde. Un jeune homme en smoking se tenait au centre. Ses mains et son pantalon était couvert de sang et de Dieu c'est quoi encore. La chemise blanche avait été entièrement souillée.

- J'essayais de les remettre dedans, répéta-t-il mécaniquement à une inspectrice. J'essayais juste de les remettre dedans ...

Dans un coin de la pièce, une femme était couchée en position fœtal. Elle était couverte de sang des pieds à la tête. Sa robe de couleur rouge se confondait avec l'hémoglobine. Un ambulancier lui passait une lumière devant les yeux. Reprenant ses réflexes de médecin, immédiatement, Ethan s'approcha d'elle pour voir s'il pouvait se rendre utile. La jeune femme se balançait sur place, les yeux perdus dans le vide, ses pupilles dilatées à tel point que de son iris, seul un mince cerceau bleu était encore visible. Ses lèvres bougeaient mais aucun son ne sortait de sa bouche.

- Elle est blessée ? demanda Ethan.

- Je n'ai pas l'impression, répondit l'ambulancier. Pas physiquement en tout cas. Je ne pense pas qu'il s'agisse de son sang.

- Nom de Dieu ! exclama Jo

Ethan se releva. Alors que les ambulanciers, les policiers et les légistes circulaient dans la pièce, il l'aperçut, gisant à terre dans une mare cramoisie. Le corps était étendu, bras et jambes écartés, les intestins répandus partout sur le plancher. Ses vêtements déchiquetés étaient en lambeaux autour de la masse presque informe. Une rose rouge était posé sur son sein gauche. Le droit avait été sectionné laissant une bouillie de chair à la place. Sa gorge avait été tranchée jusqu'à l'os. Son corps était percé en de nombreux endroits de coups de couteau rageurs et irréguliers. L'intérieur de la peau de ses cuisses et celle de son abdomen avait été arrachée et soigneusement empilée sur le bureau à côté d'elle. Son cœur demeurait introuvable.

D'un seul coup, un hurlement effrayant traversa la pièce. La victime en robe rouge se mit à convulsionner. L'homme en smoking qui était interrogé quelques instants plus tôt, se précipita vers elle. Le visage épouvanté, il l'a pris doucement dans ses bras.

- Qu'est-ce que tu as mon amour ? Qu'est-ce que tu as ?

Mais elle ne lui répondit pas. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites et son cris mourut sur ses lèvres écarlates. Son bas-ventre se teinta de rouge. L'homme se releva portant le corps dans ses bras

- Ma femme fait une fausse couche ! Vite, venez m'aider ! s'écria-t-il.

Ethan compris qu'il se trouvait en présence du PDG Alexander Wilton et son épouse Calience Ainsworth.

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Μέδουσα
Posté le 22/02/2021
Eh ben, eh ben, le tueur s'est rééllement acharné sur sa victime, c'est une véritable boucherie ! Et avec ça, une fausse-couche... ça commence bien, tout ça... Ethan n'est pas au bout de ses peines.

J'ai beaucoup aimé comment tu as amené l'introduction de ton personnage principal dans la narration, de cette manière, ça n'a pas coupé le déroulement de l'histoire, ce qui est une bonne chose, et Ethan a l'air bien sympathique.

Un petit point négatif sur les fautes, très certainement d'inattention, mais sinon c'était top :)
limapearl
Posté le 27/02/2021
Merci pour ton commentaire. Pour les fautes, c'est normal, je ne l'ai corrige pas, le texte est publié en format brouillon.
Éloïse
Posté le 20/02/2021
Hello tout cela commence bien ma foi. J'aime les policier avec des histoires glauques comme ça. J'ai très envie de lire la suite. Faut être un sacré malade pour tuer et dépecer quelqu'un ainsi

Si je devais donner une faiblesse c'est sur tes descriptions qui sont trop longues et pas forcément nécessaire. Tu donnes trop de détails et on s'y perd. Notamment quand tu décris son arrivée sur l'île ou le campus. De plus j'ai remarqué quelques fautes ou tu confonds les mots
- "Dieu c'est quoi encore" mais plutôt "Dieu ne sais quoi encore" .
- au debut "cette petite île l'avait temps attiré" mais plutôt "tant attiré"
Enfin je suppose qu'il s'agit simplement de fautes d'inattention. Il y a aussi quelques s qui manquent par ci par là
limapearl
Posté le 21/02/2021
Merci pour ton commentaire. Pour le tueur, il a des circonstances atténuantes, des petits détails sur lui et son histoire sera donnés tout le long du roman. Pour les fautes, elles ne sont pas corrigés, je publie en mode brouillon et comme j'écris vite, je ne fais pas gaffe.
Éloïse
Posté le 21/02/2021
D'accord parfait je prend note pour la suite ^^
ModesteContesse
Posté le 15/02/2021
Un prologue simple, efficace, clinique. Tes descriptions sont directes, sans fioriture, et elles en sont d'autant plus réalistes. On arrive facilement à imaginer la scène et on voit l'horreur telle qu'elle est.

J'ai remarqué une phrase étrange, peut-être que tu peux m'éclairer là-dessus ? "...avec ses façades colorées, ses rues pavées qui serpentait vers les collines où descendaient vers les quais, ses jardins impeccablement entretenus derrière les clôtures desquels des chiens aboyaient..." -> est-ce que c'est les jardins qui descendent ? Ou alors c'est les rues qui serpentaient (dans ce cas ce sera "-aient" d'ailleurs, petite coquille) ou qui descendaient ? Je ne sais pas bien quel où/ou est utilisé ici ahah ! En espérant que cette remarque t'aidera dans ton écriture ;)
A suivre au prochain chapitre !
limapearl
Posté le 16/02/2021
Ce sont les rues. Merci pour la coquille, je ne l'avais pas vu. Je vais modifier ma phrase que ça soit plus simple et compréhensible. J'aime écrire les descriptions, c'est un de mes points forts :)
Kieren
Posté le 11/02/2021
C'est méthodique je trouve. Les descriptions sont riches, dans toutes les situations : l'état mental d'Ethan, le paysage, l'atmosphère de l'île, le lieu du crime, le crime... Rien à redire. Je ne pense pas que tu sois à ton premier coup d'essai.
J'aime bien la phrase de fin : "Ethan compris qu'il se trouvait en présence du PDG Alexander Wilton et son épouse Calience Ainsworth." C'est limite comique.
limapearl
Posté le 12/02/2021
Non, en effet, c'est mon huitième romans mais le premier en tant que thriller psychologique. Je suis une auteure de romans historiques publié en ME à la base mais je voudrais me diversifier et surtout sortir de ma zone de confort. Merci, pour ton retour, je suis contente que ça te plaise.
Kieren
Posté le 12/02/2021
Publié en ME ? Quesako ?
limapearl
Posté le 13/02/2021
En maison d'édition
Kieren
Posté le 14/02/2021
Mmh, évidemment.
In vinea umbra, c'est toi ?
limapearl
Posté le 15/02/2021
Oui c'est bien moi , lol. Le titre a changé et le contenu aussi. C'est cette saga qui sera publiée, le tome 1 sort en juin 2021. Pourquoi tu l'avais lu?
Kieren
Posté le 27/02/2021
Non malheureusement =)
J'ai juste fait quelques recherches. J'aimerai publier moi aussi mais je ne connais pas de maison d'édition à contacter, et j'aurai voulu trouver un illustrateur pour certains de mes projets. La technique qu'on m'a proposé était de papillonner dans les librairies et de contacter les petites maisons d'édition qui proposent un contenu similaire au mien, pour commencer.
Je me demande comment ça se passe pour toi.
Tu publies sous quel nom par ailleurs ? Que je jette des coups d'œil furtifs dans les librairies =)
limapearl
Posté le 27/02/2021
Je publie sous le nom de Constance Maurin. Ma maison n'est pas encore dans les librairies car elle démarre, elle est toute jeune. Si tu veux, il publie de la romance fantastique. Tu as aussi la maison d'édition WOW édition, legacy édition qui publie en fantastique. Tu en as plein.
Kieren
Posté le 03/03/2021
J'essayerai d'en contacter d'après les conseils des libraires du coin, ça sera sympa =)
Je te souhaite de réussir à faire parler de toi et que tes histoires apportent plein d'émotion à tes lecteurs =)
Buscaa_me
Posté le 09/02/2021
Mon entourage a du mal à comprendre ma passion pour les histoires sordides de meurtre en série. Il est rare que je tombe sur une bonne œuvre mêlant enquête policière, la bonne dose d'horreur et toute une part de mystère. Cher/chère auteur (e), sachez que vous avez fait le bonheur de quelqu'un cette nuit.
Ce n'est que le prologue mais je suis AB-SO-LU-MENT fan !!!
On voit une volonté, de votre part, de mettre des mots sur les choses telles qu'elles sont, sur la folie de l'homme, sa capacité à pratiquer les pires sévices.
J'ai adoré la description du corps démembré (?), décapité (?). C'est fait d'une telle manière qu'on dirait qu'il est sous mes yeux.
Pour toutes ces sensations, je vous dis merci !!! Et j'ai hâte de lire la suite <3
limapearl
Posté le 10/02/2021
Merci Buscaa-me, je suis contente que cela vous plaise. Ce roman est le huitième que j'écris et le deuxième en tant que thriller. Je suis également auteure de roman historique qui est assez noir également. Seuls les 10 premiers chapitres seront mis sur la plateforme pour éviter tout plagiat. Le roman sera ensuite proposé dans son intégralité en numérique durant l'été. Si vous le souhaiter, vous pouvez me suivre sur mes réseaux sociaux. Lien dans mon profil. Je vous souhaite une bonne lecture. Le chapitre 1 sera mis en ligne aujourd'hui.
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