Prologue

Notes de l’auteur : Merci beaucoup à Elf qui a su m'aiguiller dans mes corrections. Sans elle, je n'aurais jamais été satisfaite de ce prologue ^^

Prologue

 

 

Ils approchaient. Ils étaient trop nombreux. Ils étaient là, tout près.

Elle sentait la vibration de l’air qui bougeait autour d’eux, leur souffle saccadé et brûlant. Elle en était certaine maintenant : elle ne pourrait plus lutter contre eux. Elle était à bout de force. Un sentiment de peur la tiraillait ; cependant, elle ne fléchissait pas. Ses chaussures élimées avançaient, pas à pas, sans s’arrêter. Elle songea un instant à se réfugier chez Dawa et Dorji Taschi. Mais pour cela, il lui fallait traverser le portail qui la mènerait à Roche-Lieu. Mais malgré tous ses efforts, il était trop loin.

Sous l’étroite surveillance de la garde d’Edelweïss, à 20 kilomètres de là, le menhir le plus petit du monde se logeait dans un versant escarpé de l’Himalaya. Rares étaient ceux qui le connaissaient, et le roi Mickaël, même muni de ses meilleurs espions, n’en savait rien. Seuls certains membres de l’armée océotanienne en avaient connaissance et devaient tenir leur langue face à la pression royale.

Le Vent le lui disait : ils étaient proches, tellement proches, trop proches. Ils la tueraient.

C’était la fin.

La fin de sa vie.

Elle ne devait pas y penser.

Sa silhouette éprouvée se hissa au sommet d’un amoncellement de gravats d’un ancien temple et fixa son regard sur le soleil levant. Il était magnifique. Son jaune étincelant venait s’échouer sur les rochers sombres, et illuminait son visage empreint de tristesse et de douleur. La nature rendrait sa fin moins tragique, plus belle.

Elle avait parcouru des centaines de kilomètres et semé la garde du roi Mickaël à plusieurs reprises. Aujourd'hui, ils remontaient de fausses pistes. Elle mourrait pour ça.

Si elle avait gravi des montagnes, arpenté des forêts, des villes et des villages, c'était pour elle, sa fille, son enfant. Pour la préserver du pouvoir. Elle était allée jusqu’au Tibet pour protéger ceux qu’elle aimait. Sa famille. Celle qui ne savait pas où elle était. Celle qu’elle ne reverrait jamais.

Elle avait caché son enfant dans un endroit improbable. Si on la poursuivait, c'était probablement parce qu'ils pensaient que sa fille était sous sa protection. Et ils se trompaient. Elle sourit. Un sourire effrayant, lorsqu’une larme, une seule, glissa sur sa joue et tomba sur les ruines du temple.

Les sbires du roi étaient à ses trousses.

Le roi Mickaël avait besoin de sa fille pour parvenir à ses fins. Il la détruirait. Il ne resterait plus rien d’elle. Il ne restait déjà plus rien de lui. Lui, le roi qui pourrissait de l’intérieur.

Elle le haïssait. La fureur embrasait son regard lorsqu’elle songeait à lui.

Sa fille venait à peine d’avoir trois ans ! Jamais il ne lui mettrait la main dessus ! La femme s’en était fait la promesse. Sa détermination était sans faille.

Sa fille était la clef de l'immortalité. La clef des portes des Esprits. Elle était indispensable au roi. Elle était aussi sa folie et serait son tombeau.

 

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Benriya
Posté le 14/11/2020
J'ai été attirée par la couverture et je ne le regrette pas !
Ce prologue me met l'eau à la bouche, j'ai toujours adoré les histoires fantastiques et avec ce "ils" que l'on identifie pas encore (bien que l'on se doute de l'implication du roi), souligné par l'italique, l'étau qui se resserre sur cette mère qui cherche à dissimuler, protéger sa fille est encore plus impactant.

J'ai deux petites remarques d'ortho :
- Rare(s) étaient ceux qui le connaissaient
- arpenter(é) des forêts

J'attaque vite la suite
Prudence
Posté le 14/11/2020
Hey !
Merci beaucoup pour ton commentaire <3 (je suis tellement contente que ça t'ait plu ^^)
Merci aussi pour les fautes d'orthographes, celles-là, je ne les avais pas vues... xD
sifriane
Posté le 30/10/2020
Salut Prudence
Ton récit m'a attiré parce qu'il a quelques micro similitudes avec celui que je suis en train d'écrire.
C'est un bon prologue, tu poses bien le décor; Il y a de l'émotion et du suspense. J'aime que tu écrives "Ils" en italique, ça leur donne de l'importance sans en dire un mot
Prudence
Posté le 31/10/2020
Salut sifriane !
Merci pour ton commentaire qui me rassurent sur certains points ^^

Bonne continuation ! :-)
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