Prologue

Notes de l’auteur : Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle aventure :D
J'avais envie de tenter la publication d'un projet non terminé, pour m'apprendre le lâché-prise, alors j'ai bricolé une couverture vite fait, et c'est parti ! Je vais tenter une publication hebdomadaire, on va bien voir si ça fonctionne ^^
PNE se déroule dans le même univers que le Dernier Chant de Musaraigne, quelques années plus tard, mais pas besoin de l'avoir lu : les deux histoires sont totalement indépendantes.
Bonne lecture :)

Elle sauta au-dessus des flammes, légère comme la nuit, et abattit sa lance dans l’oeil de la créature.

Il en restait encore six autres, et celle-ci n’était toujours pas morte.

Les coups des fusils résonnèrent entre les arbres. Les balles comme les sortilèges rebondissaient sur la peau des Féroces, impénétrable comme la mort.

Mais la lancière tira son arme du crâne de la bête, les manches tachées de sang, et poussa un cri plus perçant que le fer. Les sept créatures s’immobilisèrent, et, pendant un bref instant, tout ce qu’Edgard entendit, terré sous sa racine, fut le tintement effréné de sa propre peur contre ses tympans.

Puis un grondement terrible s’échappa du gosier des Féroces, et elles se jetèrent toutes les sept sur la guerrière. 

Elle tomba. 

Juste devant lui, elle tomba. 

Les créatures l’oublièrent, pour se ruer sur les canons que les miliciens avaient enfin amenés sur la scène. Edgard bondit hors de sa cachette, et ajusta ses lunettes pour examiner en un coup d’oeil l’état de la jeune fille. Ses premières observations ne furent pas optimistes.

— Mon nom est Edgard Dune, et je suis médecin, se présenta-t-il. Vous ne devriez pas bouger, vous êtes très gravement blessée.

Elle tenta quand même, mais cracha immédiatement un sang noir et épais qui recouvrit ses lèvres et son menton. Edgard ajusta sa tête pour qu’elle ne s’étouffe pas, et tressaillit lorsqu’un coup de canon fusa un peu plus près d’eux que les précédents. S’il en croyait les cris de douleurs des Féroces, il semblerait qu’ils avaient plus de succès que les précédentes armes utilisées dans la bataille.

— Vous avez sauvé de nombreuses vies, mais vous pouvez vous reposer, à présent. Les canons sont là. Concentrez-vous sur moi, et sur rester vivante, d’accord ?

Il retira le tissu collé autour de la plus grosse blessure, et la nettoya avec son vaporisateur portatif. Les organes vitaux étaient touchés. Le sang coulait encore, trop, même lorsqu’il appliqua une compresse pour stopper l’hémorragie. La guerrière gémissait de douleur. 

Il savait qu’elle allait mourir. Même s’il avait eu plus de temps, plus de matériel, elle serait morte. Rien ne pouvait plus la sauver, à présent.

Ses yeux noirs le dévisagèrent, et, comme si elle pouvait lire la sentence sur son visage, elle grommela :

— Je peux pas mourir… Ils m’attendent… Je peux pas…

Ses doigts se refermèrent sur son pendentif, et Edgard posa ses mains de velours sur son poing fermé.

— Tout va bien, mentit-il. Vous avez juste besoin de vous reposer un peu. Faites ça pour eux, d’accord ? Tenez, vous aurez moins mal.

Il tira de son sac plusieurs feuilles dentelées, à l’odeur si puissante qu’il dut se retenir d’éternuer, et les plaça sur le front de la jeune fille.

— Je dois… les trouver… Ensembles… J’ai promis… gémit-t-elle.

Elle s’était un peu calmée, cependant, et il garda sa petite patte duveteuse dans sa main libre, jusqu’à ce que la vie ne s’en échappe pour de bon. Il prit son pouls, et vérifia son impulsion magique avec le verre spécial de ses lunettes.

Les canons avaient cessés de retentir, et elle était morte.

— Qui qu’ils soient, je suis désolé de dire qu’ils vous attendront encore, murmura-t-il. 

Edgard desserra les doigts de la jeune fille, et attrapa dans ses paumes poilues le pendentif auquel elle s’était accroché dans ses derniers instants. Il savait d’où le symbole venait… mais que faisait-il autour du cou de quelqu’un comme elle ? Edgard n’en avait pas la moindre idée - mais il savait où envoyer sa lettre de condoléances, au moins.

— Par le Grand Maître Mage, je ne vous ai même pas demandé votre nom…

Il soupira, et détacha le collier le plus délicatement possible, avant de le glisser dans sa poche. Puis il reprit son sac, et courut s’occuper des vivants.

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MayaAubray
Posté le 18/04/2021
Salut,
Ton résumé est très accrocheur, tout comme ce prologue. J'aime beaucoup l'idée de mélanger des créatures et histoires fantastiques à des sujets actuels, je lis la suite sans hésiter
Bonne continuation
AnatoleJ
Posté le 19/04/2021
Salut et bienvenue dans l’aventure :D J’espère que ce mélange te plaira !
Aspen_Virgo
Posté le 02/04/2021
Un prologue court mais efficace, qui met l'eau à la bouche. On se demande qui sont ces Féroces, pourquoi tout ce sang et ces morts... Comme si l'on débarquait entre deux tranchée en pleine guerre !
Ne manque peut-être qu'un bout de description sur les viles créatures et les miliciens, pour aider à les visualiser...

Ton titre est aguicheur et ta couverture simplement splendide.
J'avoue avoir paniqué à la lecture de ton résumé. Il ? Guerrière ? Puis j'ai compris. Et merci pour la représentation. En tant qu'auteur trans, c'est une super surprise et j'attends avec impatience de lire la suite.
AnatoleJ
Posté le 03/04/2021
Merci beaucoup pour tout, c’est très apprécié :D

Je prends note pour les descriptions ! J’ai une « tradition » d’avoir des prologues volontairement flous, mais c’est vrai que ça l’est peut-être un peu trop sur les bestioles, j’étofferais un peu au second jet ^^ Merci de l’avoir souligné !

Je peux comprendre ta panique sur le résumé, heureusement qu’elle a été de courte durée ! Je suis trans aussi, la représentation c’est un petit cadeau de moi à moi (enfin un gros cadeau dans ce cas-ci, parce que trois des quatre personnages principaux sont aussi trans) et si ça fait plaisir à d’autres personnes en bonus, alors double cadeau, c’est comme Noël mais sans le capitalisme.

(J’ai vu que tu écrivais du steampunk avec de la magie ce qui est très chouette, donc c’est désormais dans ma PAL ! Note juste que je lis très lentement malheureusement)
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