PROLOGUE

Par Yannick
Notes de l’auteur : (Version simplifiée - novembre 2020)

Yaguana, Cacicazgo de Jaragua

 

     Il avait beau avoir voyagé des lunes durant et connaitre chaque recoin des cinq royaumes d’Ayiti, jamais Mabó n’avait vu autant de monde réuni en un même endroit. Les Taïnos étaient venus de toutes les provinces pour les célébrations qui devaient avoir lieu. Même le chant des passereaux colorés, qui d’ordinaire remplissait l’air du lever au coucher du soleil, ne parvenait à couvrir le tumulte des arrivants.

     Depuis près d’une lune, les habitants de Yaguana s’attelaient aux tâches qui leur étaient réparties par les nobles, les nitaïnos. Leurs allées-et-venues en dehors du village rappelaient les colonnes de fourmis qui apparaissaient en quelques minutes dès qu’on jetait un bout de fruit mûr.

     Les hommes partaient tôt le matin en direction des conucos[1], ces parcelles que les femmes avaient plantées et dont elles s’étaient longuement occupées. Ils y déterraient de grandes racines de manioc, avec d’autant plus de difficultés qu’il ne pleuvait plus depuis maintenant cinq lunes et que la terre était sèche et dure comme la roche. Ils récoltaient également des patates douces, des piments ou encore du maïs pour faire de la bière qui serait distribuée les jours précédant la grande cérémonie. Une ribambelle d’enfants les accompagnaient pour cueillir les fruits que l’on trouvait en abondance dans la forêt : ananas, corossol, pomme-cannelle… Même en saison sèche, le généreux gardien des plantes Baraguabel offrait plus de fruits que les jeunes taïnos ne pouvaient en ramener.

     Les plus jeunes femmes allaient chercher de l’eau à la rivière et remplissaient de grandes jarres qu’elles disposaient ensuite à l’ombre des cases. D’autres, restées au village, préparaient la cassave. Après avoir lavé et pelé les tubercules, elles râpaient le manioc sur de grandes plaques de bois incrustées de pierres. Une fois réduit en fins copeaux, il était placé dans des paniers tressés de feuilles de palmes et suspendus à l’intérieur des cases. À l’aide d’un bâton placé dans une boucle à leur extrémité, les jeunes femmes le pressaient pour en extraire le liquide et le poison qu’il contenait. Une ancienne surveillait toujours discrètement cette opération pour s’assurer de son bon déroulement : le poison du manioc amer provoquait de terribles douleurs, voire la mort. Lorsque plus une goutte ne sortait des paniers, la pulpe obtenue reposait durant un jour et une nuit avant d’être réduite en farine. Les femmes mariées prenaient alors le relais pour préparer le délicieux pain de cassave. On les reconnaissait facilement puisque c’étaient les seules à porter la nagua, cette jupe de coton qui cachait leur sexe. Les femmes non mariées, comme d’ailleurs tous les autres taïnos – enfants, hommes et vieillards – vivaient entièrement nus, comme ils étaient venus au monde. Elles étalaient la farine sur de grandes pierres plates chauffées par un feu de bois. L’opération était minutieuse, il fallait veiller à ce que l’épaisseur de la galette soit la même partout. Au besoin, elles rajoutaient de la farine aux endroits les plus fins puis étalaient le tout à l’aide d’une spatule taillée à cet effet dans du bois de garagu. Une fois cuite des deux côtés, la galette se retirait du feu et pouvait se conserver pendant de nombreuses lunes.

 

     Mabó se faufila entre les femmes et rejoignit celle qu’on appelait l’ancienne. Depuis longtemps déjà, elle ne participait plus à la fabrication de la cassave mais se contentait de recevoir les galettes cuites pour les empiler en tas réguliers. Il la salua avec le respect dû aux anciens et s’accroupit en face d’elle, les coudes collés aux genoux, les mains écartées. Son regard se voulait grave, plongeant directement dans les yeux délavés de la vieille femme. L’ancienne le dévisagea à son tour de façon mystérieuse, comme si elle cherchait à connaitre la raison de cette visite dans le fond de ses pupilles.

- Je dois te dire une chose importante, commença-t-il d’une voix posée. Aujourd’hui, la course du soleil dans le ciel nous annonce de grands évènements, des faits dont personne n’a la moindre idée.

     Il leva ses yeux plissés vers le ciel, pointant de son index en direction du grand astre. La vieille releva instinctivement la tête, se demandant ce que la course du soleil pouvait avoir de particulier, juste le temps pour Mabó de chiper une galette et d’en croquer un généreux morceau, un large sourire sur le visage.

- Mabó ! s’écria-t-elle, ce n’est digne ni de ton âge, ni de ton statut ! Tu as dû être envouté par l’espiègle zemi[2] Corocote !

     Elle rît à son tour, les traits de son visage cuivré plus plissés encore qu’ils ne l’étaient d’ordinaire.

- Tu ne peux pas attendre que les festivités commencent comme tout le monde ?

- Oh si, bien sûr. Mais la cassave est tellement bonne lorsqu’elle vient d’être préparée, encore chaude de la pierre. Je n’ai pas tellement l’occasion de l’apprécier ainsi lors de mes voyages. Et je sais que le grand esprit du manioc Yocahú ne m’en voudra pas, bien au contraire. Je suis heureux d’être à nouveau parmi vous, l’ancienne. Et ne t’en fait pas, le soleil accomplira sa course comme il le fait tous les jours avant de retourner dans sa grotte, la lune sortira plus ronde qu’hier, nous pourrons alors célébrer la prochaine saison des pluies à venir. La fête va être grande.

- Oui je l’espère, Mabó. Marohu a été particulièrement puissant cette saison, il a éloigné tous les nuages. Il est temps que Boinayel ne s’oppose à lui et apporte les pluies sur notre ile.

- Je ne me fais aucun souci pour ça. La constellation des enfants bleus est revenue dans le ciel depuis près d’une lune. Il pleuvra bientôt et Ayiti se couvrira de son costume vert. D’ailleurs tu le sais mieux que personne, toi qui passes tes nuits à observer les étoiles.

     L’ancienne soupira lentement. Son sourire édenté s’évanouit au milieu des rides.

- J’espère que tu as raison. Oui, les enfants bleus sont revenus dans le ciel, nous honorons nos zemis comme il se doit et nos sorciers-bohiques sont en contact permanent avec l’au-delà. Pourtant quelque chose se prépare, des changements sont à venir, je peux les sentir. Crois-en mes vieux os et mon instinct de vieille femme.

     Mabó ne répondit pas. Il ne faisait aucun cas des divagations de l’ancienne ni de ses prédictions, même s’il respectait l’expérience des anciens.

- Et ton bras, est-ce qu’il te fait toujours souffrir ? demanda-t-elle.

    Il regarda instinctivement le membre déformé. Collés à la peau, on distinguait les os qui formaient un angle étrange au niveau coude, pareil à une branche tordue par le vent. Comparé à la puissance que dégageait son bras droit, le gauche paraissait une pièce rapportée, comme s’il avait été destiné à une autre personne, une femme ou un enfant, et avait été accroché à son épaule par erreur. Il remua doucement les doigts de la main, comme pour montrer qu’il les contrôlait toujours.

- Non, plus vraiment. Les onguents et les soins des bohiques[3] ont mis du temps, mais ils m’ont guéri. À condition de ne pas m’en servir. La main est toujours agile, mais si j’essaye de soulever quelque chose de lourd, j’ai l’impression que le bras va exploser comme du bois mort. Je m’y suis habitué avec le temps. Il faut simplement que j’utilise plus ma tête et moins mes muscles. Mais c’est de toute façon la même chose pour tout le monde en vieillissant, n’est-ce pas, l’ancienne ?

 

     Les cérémonies commencèrent le lendemain. Les plus grands caciques étaient présents, arrivés des cinq cacicazgos[4] de l’ile. Des régions du levant étaient arrivés Guarionex et Cayacoa, chacun accompagné d’une vingtaine de nitaïnos. Mabó les avaient observés de loin. Il connaissait bien les deux caciques puisqu’il passait une grande partie de son temps dans leurs territoires, le Magua et l’Higüey. C’est là qu’arrivaient de plus en plus fréquemment les incursions sanglantes des Caraïbes. La réunion de ces deux caciques à Yaguana représentait pour lui une occasion unique. Son plan était prêt, ses arguments solides ; il devait absolument les réunir et obtenir leur soutien.

     La veille, l’intimidant Caonabo était arrivé du cacicazgo central de l’ile, la Maguana. Contrairement aux autres caciques, Caonabo ne descendait pas d’une famille de dirigeants mais était arrivé enfant sur l´ile, personne ne savait d’où. Certains le disaient même descendant de Caraïbes. C’est par sa bravoure et son audace qu’il avait plus tard gagné son titre et le respect de tous.

     Guacanagarix venait du Marien, la région qui bordait la grande mer du côté du couchant. C’était la première fois que Mabó rencontrait ce grand cacique, le plus ancien des cinq. Ses mauvaises relations avec Caonabo étaient connues de tous, tout comme son appétit pour les femmes, malgré son grand âge.

     Organisées par Bohechio, les festivités avaient lieu dans le cacicazgo de Jaragua, l’autre région du couchant. C’était la région favorite de Mabó. Ici, tout était harmonie. Les eaux de la grande baie étaient calmes et regorgeaient de poissons et de lamantins ; des enfants qui savaient à peine marcher allaient pêcher avec leurs pères pour ramener leurs propres prises. Les montagnes aux reliefs arrondis protégeaient de la chaleur si difficile à supporter dans d’autres régions, ainsi que des colères destructrices de Guataubá pendant la saison des ouragans. Les grands lacs pourvoyaient une nourriture riche – poissons, iguanes, caïmans – tandis que les fruits, racines et légumes poussaient en abondance : manioc, maïs, goyaves, ananas… Sur la grande place centrale, appelée batey, les jeux de balle étaient fréquents. À Yaguana, tout était prétexte pour organiser de grandes fêtes durant lesquelles Anacaona, la sœur de Bohechio, faisait admirer ses talents de chanteuse et de musicienne.

     Si la Maguana était le lieu central, Jaragua était la perle de l’ile. C’était également l’unique endroit où réunir les cinq grands caciques, Bohechio étant le seul à entretenir des relations régulières avec ses semblables. Son réseau de messagers l’informait de tout ce qu’il se passait sur l’ile d’Ayiti, en particulier des querelles régulières entre Caonabo et Guacanagarix.

 

     Les divers spectacles, chants et danses organisés toute la journée sur la place du batey[5] avaient été somptueux. Puis avait eu lieu le batú, jeu de balle qui avait opposé deux équipes de presque vingt joueurs, dont les deux plus habiles d’entre eux, Carabi et Amanex. La partie avait été merveilleuse, les deux capitaines déployant autant de talent que d’intelligence pour tenter de faire gagner leur équipe, courant, sautant et plongeant pratiquement jusqu’à l´épuisement pour renvoyer la balle en l’air et l’empêcher de toucher le sol. Alors que le jour déclinait, les éclats de rire se mêlaient aux conversations animées, chacun exprimaient ses émotions de la façon la plus simple, se délectant de cassave, poissons, fruits et autres mets préparés en abondance, ainsi que de la bière de maïs qui transformait les sourires en rires francs.

     Mabó se dirigea vers le caney de Bohechio, grande case de forme carrée située à l’extrémité de la place du batey. Le rituel de la cohoba[6] devait s’y dérouler. Devant le caney, les cinq caciques étaient assis sur leurs sièges personnels, taillés dans les meilleurs bois avec un raffinement infini. Motifs ornés et entrelacés harmonieusement, pieds ciselés comme s’ils appartenaient réellement à un homme, sculptures de chauves-souris, de visages humains aux dents taillées en os de lamantin et aux yeux couverts de feuilles d’or… Chaque cacique montrait à travers son siège – son duho – l’étendue de son pouvoir et l’habilité des artisans de son royaume. Pour qui savait observer, le duho était la fière représentation de son propriétaire qui le faisait sculpter et orner selon les qualités qu’il voulait montrer : la bravoure, la sagesse, ou encore l’hospitalité. Les éblouissants masques que portaient les caciques prouvaient également le rang, le pouvoir et l’influence de chacun. Mabó les observa longuement, fasciné par le jeu des différentes couleurs : le noir et le marron du bois, le doré de l’or, le blanc des coquillages et des os de lamantins, le turquoise des pierres de larimar et l’orange de celles d’ambre. À ces couleurs s’ajoutaient celles des nombreuses plumes de perroquets accrochées dans leurs cheveux : rouge sang, vert forêt, bleu océan ou jaune soleil.

     Au milieu de ces costumes luxueux, l’accoutrement des sorciers-bohiques dénotait : nus, maigres, sales, les ongles noirs, les cheveux longs et plus crasseux encore que le corps. Le plus ancien d’entre eux entonna les prières sacrées, sollicitant la présence et l’aide des zemis pour connaitre les choses du passé et du futur. Les autres bohiques se mirent à chantonner à leur tour, formant un chœur aux mélodies langoureuses qui semblaient s’élever jusqu’au ciel. Sur des plateaux en bois richement décorés d’or et de coquillage, ils remirent aux caciques la poudre hallucinogène préparée avec des graines de cojoba[7], du tabac et d’autres substances qu’ils étaient les seuls à connaitre. Les caciques accompagnèrent les sorciers dans leurs chants, puis chacun se saisit de son inhalateur, une sorte de canne creuse à trois branches. Ils placèrent deux extrémités dans leurs narines, la troisième au-dessus du tas de poudre, et inspirèrent fortement. Les bohiques firent de même et tous entrèrent en état de transe, en communication avec les divinités de l’autre monde, prononçant des paroles incompréhensibles pour ceux qui assistaient au rituel. Mabó s’éloigna pour rejoindre les villageois et participer à la fête.

 

     Lorsqu’il revint plus tard avec les principaux dirigeants nitaïnos, il s’attendait à retrouver les caciques apaisés, heureux de leur séjour parmi les zemis et porteurs de bonnes nouvelles, comme à chaque rituel de la cohoba. Une fois revenus dans le monde réel, caciques et bohiques racontaient toujours ce qui leur avait été dévoilé et les grandes choses à venir. Mabó ne croyait pas vraiment en leurs révélations, souvent contradictoires, voire dépourvues de sens commun, mais peu lui importait. Ce moment de paix et d’harmonie serait propice pour s’entretenir avec Guarionex et Cayacoa et mettre en place son plan de défense de l’ile. Peut-être même pourrait-il associer le vieux Guacanagarix au projet, protégeant ainsi toutes les côtes du levant et de la grande mer.

     En s’approchant du caney[8], il aperçut les visages sombres, les yeux hagards, les traits inquiets. Assis sur leurs duhos, les caciques demeuraient silencieux. Ils avaient retiré leurs masques et fixaient le sol devant eux d’un regard vide. Le vieux sorcier-bohique fut celui qui brisa le silence. Il fit quelques pas pour s’approcher du groupe des nitaïnos et déclama d’une voix lente et grave :

- C’est la fin de notre monde. Nous l’avons tous vue. Les esprits sont sans équivoque. Nos ennemis nous contourneront par le ponant et débarqueront sur les côtes du Marien. Ils nous surpasseront en nombre et en force grâce à des armes nouvelles et des démons invincibles. Et cette fois, ils ne se contenteront pas de prendre nos femmes et nos filles. Ils nous extermineront.

 

[1] Conuco : équivalent taïno du jardin créole

[2] Zemi : divinité taïno

[3] Bohique : sorcier-guérisseur et devin

[4] Cacicazgo : territoire dirigé par un cacique

[5] Batey : place centrale des villages taïnos, servant pour les cérémonies religieuses, fêtes ou terrain pour le jeu du batú

[6] Cohoba : mélange de poudres hallucinogènes utilisé pour les cérémonies rituelles et chamaniques

[7] Cojoba : planta aux propriétés hallucinogènes

[8] Caney : grande demeure de forme carrée, possédant des fenêtres, où vit le cacique et sa famille.

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annececile
Posté le 08/05/2020
Voila un debut qui nous plonge tout de suite dans un "ailleurs" rarement explore. Tres belle ecriture et visiblement tu sais de quoi tu parles. Comme les autres commentateurs, je note que c'est aussi un peu ardu a lire, beaucoup de details complexes avec des mots plein de syllabes, on avance pas a pas! Les notes de bas de page, meme si elles sont sur la meme page que le mot auquel elles renvoient, casse le rythme de lecture et il y en a deux dans le premier paragraphe! Mais on est en 1491, a la veille de l'annee charniere, et j'ai hate de lire la suite!
Yannick
Posté le 08/05/2020
Merci pour ton retour.
Ça confirme d'autres commentaires et c'est justement ce que je suis venu chercher ici.
Je modifierai le prologue (et toute la première partie...) pour présenter le vocabulaire et les informations trop "documentaire" au fur et à mesure.
Esmée
Posté le 16/04/2020
On se laisse emporter dès les premières lignes dans ce monde où tout est à découvrir. Le décor, les moeurs, les coutumes, la géographie, la gastronomie : la profusion d'informations pourrait être étourdissante mais le cadre est posé avec soin et l'on a l'impression d'assister à la fête. Je crains de ne pas avoir retenu tous les noms des îles et des protagonistes, il faudrait peut-être réaliser une petite carte - quand le livre sera publié je l'espère - pour qu'on puisse visualiser plus facilement l'univers du héros. En tout cas, bravo !
Yannick
Posté le 16/04/2020
Merci Esmée!
Je pense inclure une carte au début de chaque chapitre, pour suivre les déplacements des protagonistes. L'occasion de découvrir un peu l'ile d'Hispaniola (Haïti/République Dominicaine) et les grandes Antilles.
Je suis tout à fait conscient qu'il y a beaucoup de noms et de lieux dans ce prologue, c'est l'une des raisons qui m'ont incité à le faire lire pour avoir des retours. Ça présente le contexte mais il n'est absolument pas nécessaire de retenir les noms, ils reviendront petit à petit. Si tu t’es sentie comme à une fête où tu ne connaissais personne, alors j’ai atteint mon but !
Zoju
Posté le 13/04/2020
Salut, je peux te dire que ton texte m’a fait voyagé. Pendant un court instant, je me suis trouvée là-bas. J’aime beaucoup tes descriptions même s’il m’est parfois arrivé d’êtrès un peu perdu avec tous ses mots qui me sont peu familiers. Je voulais te demander comment tu as fait pour la description de la vie de ce peuple ? Est-ce que tu t’es documenté ? J’ai dans ton commentaire en bas que l’on connaissait peu de choses sur ce peuple. T’es-tu inspiré d’autres peuples ? J’ai également beaucoup apprécié les dialogues entre les personnages en particulier celui avec la galette. De plus, ton personnage Mabó a titillé ma curiosité notamment avec la question de son bras et le rôle qu’il occupe. Courage pour la suite. :-)
Yannick
Posté le 15/04/2020
Merci, très content que tu aies apprécié ce début.
Oui, je me suis beaucoup documenté sur les Taïnos (le premier journal de bord de colons, quelques textes des premiers missionnaires, d’autres sur les Caraïbes, les études de sites archéologiques, etc.). On en sait assez peu., mais c'est justement ce qui permet d'imaginer un peu tout ce qu'on veut sur la situation avant l'arrivée des colons. C'est toute la première partie de cette histoire et je me suis fait plaisir !
Suze
Posté le 12/04/2020
C'est très bien écrit et détaillé on est vraiment plongé dans un autre univers.

Note: Le nom de la constellation La pléiade vient de la mythologie Grecque, donc à priori, dans l'esprit de votre texte, il faudrait un autre nom pour l'évoquer dans un dialogue.

Le Marien était la région la moins peuplée de l’ile, la moins développée aussi.
Le sens de développé dans ce contexte est ambigüe à mon avis, il vaudrait mieux garder seulement peuplé.

Note de forme: ce n'est pas facile pour le lecteur de lire les notes en bas de page, à cause de la longueur du texte.
Yannick
Posté le 13/04/2020
Bonjour Suze,
Merci pour ton commentaire. Effectivement, c’est difficile de lire les notes de bas de page, d’autant plus sur le format du site (ce texte fait une dizaine de pages et normalement les notes sont réparties (+ ou -) sur chaque page.
Je crois de toute façon que je dois simplifier le vocabulaire historique de ce prologue. Je l’ai écrit il y près de 3 ans, c’était mes tous premiers mots, et je m’aperçois aujourd’hui que je n’ai pas fait « le tri » nécessaire dans l’information. Quelques années et près de 400 pages plus tard, je commence à comprendre que j’ai le temps pour insérer ces détails culturels, en les glissant petit à petit dans l’histoire. Il en va de même pour les mots historiques.
Merci pour le détail des Pléiades. On sait assez peu de choses sur les Taïnos et je ne crois pas qu’on connaisse le nom qu’ils donnaient à cette constellation (mais ils l’utilisaient pour la « météo », ça on le sait). Je vais y réfléchir… Si tu as des idées, elles sont bienvenues !
Suze
Posté le 13/04/2020
Pour le nom des Pléïades, je pense qu'il n'y a pas d'autre choix que d'inventer un nom fictif.
A mon avis, une des choses les plus difficiles à réussir dans un roman historique est de trouver le point d'équilibre entre le documentaire et la fiction. Ce point d'équilibre a un côté subjectif, et la critique que je ferais à ton ton texte (j'ai aussi lu le chapitre 1) est que tu penches un peu trop vers le documentaire.
Mon idole est Marguerite Yourcenar, je trouve qu'elle a parfaitement réconcilié les aspects universel de l'homme avec ceux propres aux contextes historiques dans lesquels elle fait évoluer ses personnages.
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