Prolepse

La douleur n’en finit pas. La fatigue me submerge depuis des heures, sans que je ne puisse la satisfaire. Je n’ai aucune échappatoire. 

 

Mon esprit divague sans cesse. Ma cellule immaculée ne laissant aucune place à l’imagination, il n’y a qu’une chose que je peux faire, penser à nos meilleurs moments, à ses rires, à son sourire. Un petit moment de bonheur dans cet enfer. Mais encore une fois, rien qui ne dure bien longtemps. Comme ils l’ont fait avec mes rêves, ils pénètrent désormais chacune de mes pensées, ne me laissant aucun répit. Il n’y a alors plus qu’une solution. Il y a peu, j’ai décidé de cesser de dormir, pour leur couper l’accès à ses souvenirs agréables. Maintenant, je dois bloquer mon esprit éveillé.

 

Ce qu’ils veulent, c’est me détruire. Détruire ce qui fait de moi ce que je suis. Annihiler mon passé, mes valeurs, ma vie. Ils veulent démanteler mon esprit pour le reforger à leur image.

Dans ma petite cellule, je les entends. Je les ressens. Je discerne de plus en plus clairement leurs sentiments. Ce qui a été le plus facile à concevoir, c’est la joie que mes bourreaux ont lorsqu’ils me torturent. Je les voyais se délecter de ma souffrance, allant chaque fois un peu plus loin, creusant à vif. Ensuite, est venue la déception. De voir que je résistait. Mais celle-ci n’a pas duré longtemps, car c’était un merveilleux signal pour continuer leurs persécutions. Dès qu’un don était inefficace, ils passaient à un autre. Toujours de plus en plus puissants, ils se régalaient de ma peine. J’ai appris la teneur de chacun de leur don. De celui qui permet de contrôler l’esprit, à celui qui permet d’altérer la réalité. Mais le plus redoutable pour moi est le don d’un certain Jake. Ce qu’il appelle la réflexion psychique. Ce malade est capable de se connecter à sa victime et de lui faire ressentir le pire mal qu’il a vécu dans sa vie. Une torture digne de mes tortionnaires, mais au combien douloureuse.

 

J’aurais aimé avoir une vie normale. Vivre il y a des siècles de cela. Ou vivre comme la plupart d’entre nous, passer le Test, travailler, trouver l’amour et vieillir. Mais le destin en a décidé autrement.

 

La fatigue me gagne, chaque minute un peu plus. Elle m’empêche de me concentrer. Elle crée une brèche dans mon armure mentale et physique. Je ne tiendrai pas très longtemps, j’en ai conscience. J’ignore depuis combien de temps je suis ici, des jours, des semaines. Leur tactique est efficace, puisqu’elle m’atteint. Mais je dois me battre, jusqu’à la dernière minute, la dernière seconde. Il est simplement impossible qu’ils mettent la main sur mon don. Quelques en soient les conséquences.

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Audrey
Posté le 08/05/2022
Quelle entrée en matière !
On est tout de suite dans l'histoire. Bravo !

Attention, après "que" c'est presque toujours le subjonctif.
Et "quelle qu'en soient les conséquences".

À bientôt !
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