Priria

L’esprit de Kadara se mêle au mien. La louve me montre une époque où nul ne connaissait le nom d’Êlo. Elle me révèle des adeptes d’une magie miroitante et vibrante de couleur. 

Les mages de la lignée de Priria éteinte depuis des siècles, évanouis avec le royaume qu’ils dirigeaient avant la naissance de l’Empire.

Leur sort a disparu des mémoires, mais des vestiges de leur gloire et de leurs arts mystiques survivent grâce à des textes anciens, des artefacts dont le fonctionnement reste mystérieux. 

 Seules les créatures sans âge comme Kadara, pourraient lever les interrogations des chercheurs, mais je pense qu’elles offrent toutes la même réponse laconique :

 

« Les Priria sont tous morts. » 

 

Kadara insiste sur cette vérité, qui lui semble ultime, malgré la contradiction dont elle avait été témoin le jour de notre subjugation. Car le doute lui apparaît impossible : c’était la magie des Priria qui m’avait sauvée ce jour-là. 

Qui sait ? Peut-être que Roselynd connaissait un héritier de cette magie ? Cela me paraît une explication tentante : elle entraîne moins de secrets d’état et de machinations… mais elle me semble trop simple. Roselynd, je pensais que ton histoire n’était qu’une variation de celle de Cendrillon… Dans quoi es-tu fourrée ? Hum ! Quelle que soit la raison de tout ceci, je dois faire preuve de prudence…

 

Les images disparaissent dans un coup de vent. 

 

Ma vision revient et mon reflet émerge sur le miroir d’une coiffeuse en bois rare, ornée de moulures d’or. Une femme de chambre finit de me peigner sous le regard de Kadara, assise à quelques pas d’elle. 

Des enveloppes s’entassent devant moi. J’en avais entamé la lecture pour finalement abandonner : après tout, il ne s’agit que d’invitation pour divers évènements sociaux. Depuis mon bal il y a trois jours, ces courriers s’accumulent. Et malgré mes efforts, il m’est impossible d’en voir la fin. Pourtant, je vais devoir y répondre, créer des liens avec les nobles de cet empire me semble nécessaire... sans être urgent. 

 

J’ordonne à la femme de chambre de sortir d’un geste de la main. Je me force à décacheter une dernière lettre, mais n’en finis pas la lecture. J’abandonne la missive pour me lever. Cette chambre de tapis de soie, de décoration d’or et de saphir m’appartient. Du luxe impersonnel. Je ne me plais pas ici, mais qui cela étonne ?

 

Autant quitter cet endroit.

 

Dès ma sortie, je tombe nez à nez avec l’autre peste. Le soleil se pointe à peine en cette journée d’hiver, mais pour Garance, qui doit se rendre à la tour blanche de l’ordre de la Fée-Dragon, il est déjà tard. Créa étend ses ailes, me menaçant. La mage le calme d’une caresse et me gratifie d’un sourire. Je ne l’ai pas croisée ces derniers temps, même si nos chambres se jouxtent. 

 

— Bonjour, Roselynd, comment vas-tu ? Me demande-t-elle d’une voix amusée.

 

Sa gaieté détonne avec l’agitation de Créa. La colère et le mépris de Kadara ressenti comme mien m’empêchent d’afficher une hypocrisie similaire à la sienne. Directement ou non, elle porte le poids de la mort d’une enfant. Et cela ne semble pas perturber son sommeil. Peut-être s’en fiche-t-elle ? Moi, je n’oublierai jamais. Jamais. 

 

— Bien. 

 

J’articule difficilement ce seul mot. La demi-sœur sourit. Peut-être que mon hésitation lui donne confiance puisque son oiseau se calme subitement.  

 

— Tu te rends en ville ? Faisons la route ensemble !

 

Son ton enjoué et ses paroles amicales dégagent tant de chaleur qu’il me semble… sincère. 

 

Qu’est-ce qu’elle prépare ? me demande Kadara, à cran

 

C’est… non ne te fais pas avoir, elle cherche simplement à nous perturber. 

Mes yeux tombent sur son uniforme de capitaine, grade qu’elle a obtenu par pur népotisme avant de répondre :  

 

— Je n’oserai pas t’imposer cela, tes obligations doivent te retenir. 

 

Ma voix, contrairement à la sienne, trahis une animosité qu’elle accueille avec une expression sereine. Ah ! Je le lui ferais bien avaler en même temps que son hypocrisie. Qu’importe. Elle a perdu et il ne lui reste que sa fierté, laissons-la-lui puisqu’elle s’y accroche. 

 

Je saute le petit déjeuner pour me rendre directement à Kadara, sur la selle nouvellement acquise. Pas de mors ni de rênes cependant. Ce serait aberrant d’infliger ce genre d’équipement à une créature dont je partage les pensées. 

 

Kadara et moi prenons notre temps sur le chemin de la ville, mais une fois entré dans la capitale, nous nous pressons vers notre destination : la tour rouge, quartier général de l’ordre du Lys. 

 

Ce niveau de la cité a été édifié dans l’optique de rendre la circulation la plus claire possible. Si chaque quart d’étage appartient à un ordre, le centre dépend à la guilde de la magie. Même jetés au hasard, les étendards et les teintes des murs indiquent dans quel secteur nous nous trouvons. De même, il suffit de suivre les lignes colorées au sol, pour parvenir aux tours des différents ordres. Lorsque je mets le pied dans ce quartier, je ne peux que me sentir… étrangère accoutrée de mes vêtements civils. J’ai l’impression d’être une tâche sur toile monochrome, une anomalie qui remonte à contre-courant une marée d’uniformes unis. 

 

J’arrive assez rapidement à ma destination. Habillée d’écarlate, la large tour se pare de décorations or et ivoire, les couleurs de l’empereur. La tête, elle, s’arrête là où elle le doit : au pied du palais impérial.

À combien d’étages s’élève le bâtiment devant moi ? Je l’ignore, mais il n’a pas à rougir face aux gratte-ciels de ma jeunesse. 

 

Le hall d’entrée affiche une simplicité élégante : une vaste pièce cramoisie, qui épouse les formes circulaires de l’édifice. Adossée aux murs, se trouve toute une série de portes, non de portails magiques ? Même le château Harriot n’en possède pas. Ce qui fait sens, ce serait une perte d’utiliser un équipement aussi rare pour un domaine privé.

Un agent de l’ordre, posté derrière un pupitre, m’accueille d’un sourire avant de me demander la raison de ma visite.  

 

— Je souhaite m’enrôler. 

 

L’expression du soldat laisse filtrer un éclair d’étonnement, son regard se pose sur Kadara puis reviens vers moi.

 

— Roselynd de Harriott, je présume ? 

 

J’acquiesce, en réponse. Il me tend une carte métallique frappée d’un lys : une sorte de passe absolument indispensable pour la circulation au sein de la tour. Puis il m’indique le deuxième portail sur la droite. 

 

Le portail n’est qu’un simple cadre d’une large envergure, une fenêtre qui s’ouvre sur un espace totalement différent : un couloir plus modeste et d’une longueur quasi infinie. Je sens à peine la transition entre les deux zones. Des indications claires me conduisent au bureau sobrement nommé « recrutement ». 

 

Alors que je m’introduis dans l’office, une jeune fille se trouve là et remet des documents à un agent en rouge, puis s’installe sur une chaise en silence. Le soldat du Lys approche et après lui avoir expliqué brièvement la raison de ma venue, il me transmet un dossier à remplir : un questionnaire assez anodin, avant de me demander de m’asseoir. 

 

Une fois le document complété et sans autres occupation, je détaille la demoiselle en face de moi. Peut-être devrais-je la saluer ? Non. Inutile de la déranger. Elle doit avoir le même âge que Roselynd, peut-être s’avère-t-elle trop vieille pour s’enrôler dans un ordre, car en général, les mages s’engagent après leur subjugation. Je ne la reconnais pas et puisque je ne vois pas sa créature je ne peux pas non plus l’identifier. Un mouvement étrange sous sa chevelure châtaine m’indique cependant que ce doit être une bête de petit gabarit. Ses yeux en amande d’un marron clair, impassible, s’affairent à la lecture d’un document. Mon regard s’arrête sur ses jambes, si musclées qu’il me semble certain qu’elle pourrait briser ses talons hauts d’une simple pression contre le sol.  

 

L’entrée d’un homme interrompt ma contemplation, il prend le temps de nous observer avant de dire :

 

— Je suis le Magister Lewis, aide de camp du commandeur. Si ces demoiselles veulent bien me suivre !

 

Un magister : le plus bas titre auquel un mage puisse prétendre. Ces adeptes ne possèdent ni fortune ni hérédité, cependant, en tant que tels, ils se démarquent des roturiers. Les raisons de l’obtention de ce titre peuvent être nombreuses : famille déchue, bâtardise… Il arrive même que certains roturiers s’éveillent à la magie. Ainsi, on les reconnaît comme utilisateurs de magie, mais ils ne portent pas la dignité de « lord ».

Posté sur son épaule, un corbeau, qui dégage un froid qui me glace malgré la distance, nous épie.  

Nous reprenons le long du corridor où nous montons quelques marches. Un nouveau portail se trouve là, gardé par deux hommes qui nous laissent passer sans encombre. Un couloir plus loin, nous entrons dans une antichambre.

 

— Le commandeur va vous recevoir. Nous apprend-il. 

 

L’autre fille s’installe sur l’un des fauteuils posés ici sans discuter. Je suppose que je dois faire de même ? Le Magister Lewis, lui, pénètre dans le bureau adjacent.  

 

— Vous êtes Lady Roselynd de Harriott ? me demande la demoiselle.

 

Je crois qu’accompagnée de Kadara, je peux oublier toute prétention à l’anonymat. La figure d’une petite fouine apparaît sous sa chevelure et me salue d’un signe de la tête. Aucune créature magique ne ressemble à une autre, ainsi, une connaissance suffisante du Livre et de la noblesse elôite permet de savoir à qui l’on s’adresse. 

 

— Et vous, Lady Serika d’ Orial.

 

Son visage impassible et ses lèvres pincées me rappellent Clarisse. Mais je suppose que les similitudes s’arrêtent là. Après tout, il existe une énorme différence de pédigrée entre la fille d’un marchand et la troisième enfant du duc de la terre. 

Notre conversation s’interrompt et le Magister Lewis réapparaît. Il se tourne vers Lady Serika pour l’inviter à le suivre. 

 

Je savais que la première étape du recrutement serait un entretien, mais j’ignorais que Lord Glenn lui-même s’en chargerait. Même si cela fait partie de leur attribution, j’imagine que beaucoup de Commandeurs délèguent cette tâche somme toute ingrate pour s’occuper de choses plus essentielles… 

L’ordre du lys n’attire pas les foules, se permet-il de passer ces entretiens parce qu’il ne perd pas énormément de temps ?

 

Des heures s’écoulent avant que Lady Serika ne sorte de son entrevue. Elle me salue d’un signe de la tête avant de partir, accompagnée par l’aide de camp. 

 

— Lady Roselynd ? 

 

Je me lève à l’appel du Magister Lewis. Cette fois, il se contente de m’ouvrir la porte du bureau et me laisse entrer seule.

Dans l’immense cabinet, mon regard se pose sur un haut vitrail coloré relatant la création de la cité par le Fondateur. Des lumières teintées flotte dans la pièce, elle me semble beaucoup trop tranchée, trop mouvante. Factice. Et parmi les grains de poussière qui habitent toujours les éclairages crus, des formes insolites se dessinent. Des plumes immatérielles à la voix timide et qui disparaissent dans un souffle.  

Kadara quitte mon côté, avance, s’assoit face au vitrail, silencieuse… Une tristesse douce me brouille la vue. Un souvenir étranger, un éternel enfant… 

 

— Quand êtes-vous venue ici pour la dernière fois, Lady Kadara ?

 

La voix de Lord Glenn me sort de ma transe. Il se tient debout, derrière son bureau, installé juste devant le vitrail. 

« Lady » Kadara ? Je ne crois n’avoir jamais entendu un seul mage utiliser ce genre de formule. 

La louve pose ses yeux sur le dirigeant du Lys. Elle compte, mais son esprit immortel n’appréhende pas les âges comme nous, simples humains à l’existence éphémère… Pour Kadara un jour intense équivaut à un siècle d’ennui. Consciente de différences de perception, elle réplique :

 

— Je l’ignore.

 

La voix de Kadara me surprend, parce qu’elle répond d’elle-même au Commandeur. Mais on ne me laisse pas le temps de questionner cela, Lord Glenn désigne le fauteuil face à lui. Je ne remarque la présence de Lady Alexandra qu’à ce moment-là, elle est debout appuyée sur un mur à ma gauche, son hibou sur l’épaule. L’homme s’assoit, me présente son profil et croise les jambes. Sa main se porte sur un calice, dont il boit quelques gorgées. Du vin ? Si tôt dans la matinée ? Il ne daigne me regarder qu’après avoir déposé son verre. 


 

— Lady Roselynd, quel plaisir de vous voir.

 

Son salut neutre m’informe qu’il ne s’agit là que d’une formule de politesse. 

 

— Le plaisir est partagé. Je réponds du même ton.

 

Il récupère une paire de lunettes à côté d’un stylo plume débouché et une fois placé sur son nez, il entame la lecture de ce que j’identifie comme les documents remplis plus tôt. 

 

— Je ne vois aucune raison de refuser votre application, m’apprend-il. À cette version de vous, j’entends. 

 

— À cette version de moi ? En existe-t-il une autre ? 

 

Il lève les yeux vers moi, ses lèvres s’étirent d’un sourire amusé : 

 

— Qu’êtes-vous, vraiment ? 

 

Plus que la question c’est l’intensité avec lequel il la pose qui m’effraie. Et si… non. Impossible qu’il connaisse la vérité… Sinon… Il aurait agi d’une manière ou d’une autre. Je suppose qu’il cherche à savoir de quel bois je suis faite ? Bien ! Trouvons une réponse, impressionnante de préférence.

Il retire ses lunettes et les jette sur son bureau. 

 

— Laissez-moi être claire : me mentir ne me semble pas être une bonne idée. Je sais que l’esprit de Lady Roselynd nous a quittés... Et que quelque chose de totalement différent l’a remplacé. 

 

Que fait-on ? me souffle Kadara. Il sait.

Non. Il ne « sait » rien, mais se doute de quelque chose au mieux, donc il bluffe. S’il possédait la moindre preuve de ce qu’il avance, je ne me retrouverais pas assise face à lui, libre. Je me trouverais au fond d’un laboratoire de la guilde ou… décapité pour avoir usurpé l’identité de Roselynd.

 

— Votre mode de pensée m’étonne, Commandeur, je déclare d’un ton sarcastique. Une femme ne peut donc pas prendre sa vie en main sans devenir une impostrice ? 

 

Il hausse un sourcil. Bien sûr, cette simple réplique ne le persuadera pas. Mais je le convaincrai de son erreur sur la durée et non pendant les quelques minutes de notre entretien. 

Brusquement, son regard dévie du mien... pour se poser sur Kadara, qui, debout et sur ses gardes, semble prête à l’attaque…

J’essaye de la calmer, mais sa nervosité soudaine me… Me battre pour me sauver ? 

 

Fuis ! 


 

— Lady Roselynd, laissez-moi apprendre quelque chose... 

 

Kadara m’entoure de son corps tandis que ses yeux maudissent le Commandeur. 

Peut-on les vaincre ? je demande. 

 

Fuis ! Fuis !

 Même moi, je ne pourrais affronter Lumiel et Sephiriel de front, me répond Kadara. 

Je sais que Lumiel, perché sur l’épaule de sa mage, m’observe… Mais Sephiriel reste invisible. 

Les notes de lumière se taisent et la clarté se fige. Comme s’il lisait dans mes pensées, lord Glenn, bouge. Le mouvement semble anodin ; il se contente de déplacer une feuille volante sur son bureau, mais je le sens près à l’attaque. Alexandra se rend lentement jusqu’à la porte. Sa position me coupe toute retraite. 

 

— Tout ceci est ridicule ! Je m’exclame tandis que mes mains s’accrochent à la fourrure de la louve. 

 

Il saisit son calice. Adossé avec nonchalance sur son fauteuil, il fait tournoyer doucement le liquide qu’il contient. Son débit lent quand il reprend la parole me révèle qu’il choisit ses mots avec soin :

 

— Laissez-moi apprendre quelque chose. Personne ne peut mourir et espérer ressusciter. Sauf si une puissante magie est impliquée…  

 

J’inspire... Expire. Lord Glenn m’observe, il cherche la moindre faille dans mon expression. Une magie puissante ? Cela me semble invraisemblable… mais en réalité, je n’en sais rien.

 

— Êtes-vous une nouvelle forme de magie intelligente ? me demande mon interlocuteur, avec un intérêt tout scientifique.

 

— Une forme de magie intelligente ? Cela est-il seulement possible ? 

 

— Vous en avez une qui vous protège. Répond-il, son regard posé sur Kadara. 

 

Mes doigts se referment brusquement sur les poils de la louve. Les Êloïtes considèrent les créatures plus comme des êtres vivants, voire sacrés pour les plus dévots. Sa déclaration le ferait passer pour l’idiot du village, au meilleur des cas. 

 

— Des formes de magies intelligentes et… quoi d’autre ? Mon décès ? Vous faites preuve d’un humour bien curieux Commandeur !

 

— Je ne plaisante pas, réplique-t-il sans même prendre une inspiration. 

 

Kadara émet un grognement sourd. Sa fourrure épaisse cache heureusement mes mains, sinon, le tremblement qui les parcourt m’aurait trahie. 

 

— Je ne vous comprends pas. Comment pouvez-vous être convaincue d’une théorie aussi saugrenue alors que vous ne possédez aucune preuve pour l’appuyer ?

 

— Pensez-vous que je vous présenterais une telle idée si je n’en détenais pas ? 

 

Là encore, aucune hésitation dans sa réponse. 

Kadara me saisit par la manche et m’oblige à me lever. Peut-être cherche-t-elle à partir ? Lady Alexandra campe fermement à la porte et je doute que nous puissions la vaincre pour forcer le passage...

 

Que fait-on ? me demande Kadara. 

Fuis ! Fuis !

 Forçons le passage ! Je te protègerai ! 

 

Non ! Non ! Nous ne ferons rien de tout cela ! Nous devons… Je dois réfléchir. Bien sûr, Lord Glenn doit avoir une preuve, quelque chose qui l’a mit sur la piste de la vérité… quelque chose de plus drastique qu’un changement de personnalité… Mais se pose encore la même question : pourquoi ne l’a il pas avancé plus tôt ? Cherchait-il à en tirer parti ? Non. Sinon, il aurait fait le premier pas. Quelque chose de non substantiel ? Peut-être. Une preuve qu’il serait difficile de présenter…

 

— Et qui, selon vous, pourrait opérer ce type de magie ? Je ne pense pas que ce genre de connaissances courent les rues. 

 

Une grimace déforme ses lèvres alors qu’il y porte son verre. 

 

— Qui sait ? Réponds le commandeur. 

 

Je ne crois même pas que ce genre de magie existe en ce monde. En tout cas, pas officiellement. Si ce talent était réel, des empires et des royaumes se déchiraient pour l’obtenir. Aussi, il apparaît logique que si mon interlocuteur connaît l’identité de cette personne, il la taise. 

 

Non, attendez, cela n’a pas de sens. Si un pouvoir comme celui-là existait, pourquoi l’utiliser et encourir sa découverte pour Roselynd ? Qui prendrait de risques pareil pour elle ? Augustin ? Garance ? Le Duc ? Laissez-moi rire !  Surtout que l’opération s’est soldée par un échec... Et si...

 

— Peut-être qu’un Priria en sera capable. 

 

Étaient-ils aptes à de telles prouesses ? Même Kadara l’ignore. Mais… qui sait ? J’observe la réaction du commandeur, dont le petit sourire disparaît. Il finit sa boisson d’une longue gorgée. 

 

Puis il saisit mon document d’application, qu’il frappe d’un coup de tampon avant de me le rendre.

 

— Une épreuve écrite aura lieu la semaine prochaine. Une fois celle-ci réussie, vous serez officiellement intégrée à l’ordre. Ne perdez pas ce document, il vous sera indispensable pour la suite. 

Il me fait un vague signe de la main : ma présence n’est plus requise. Hum. Quelle façon brusque de couper court à toute question…

 

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