Priria

L’esprit de Kadara se mêle au mien. La louve me montre une époque où nul ne connaissait le nom d’Êlo. Elle me révèle des adeptes d’une magie miroitante et vibrante de couleur. 

Les mages de la lignée de Priria éteinte depuis des siècles, évanouis avec le royaume qu’ils dirigeaient avant la naissance de l’Empire.

Leur sort a disparu des mémoires, mais des vestiges de leur gloire et de leurs arts mystiques survivent grâce à des textes anciens, des artefacts dont le fonctionnement reste mystérieux. 

 Seules les créatures sans âge comme Kadara, pourraient lever les interrogations des chercheurs, mais je pense qu’elles offrent toutes la même réponse laconique :

 

« Les Priria sont tous morts. » 

 

Kadara insiste sur cette vérité, qui lui semble ultime, malgré la contradiction dont elle avait été témoin le jour de notre subjugation. Car le doute lui apparaît impossible : c’était la magie des Priria qui m’avait sauvée ce jour-là. 

Qui sait ? Peut-être que Roselynd connaissait un héritier de cette magie ? Cela me paraît une explication tentante : elle entraîne moins de secrets d’état et de machinations… mais elle me semble trop simple. Roselynd, je pensais que ton histoire n’était qu’une variation de celle de Cendrillon… Dans quoi es-tu fourrée ? Hum ! Quelle que soit la raison de tout ceci, je dois faire preuve de prudence…

 

Les images disparaissent dans un coup de vent. 

 

Ma vision revient et mon reflet émerge sur le miroir d’une coiffeuse en bois rare, ornée de moulures d’or. Une femme de chambre finit de me peigner sous le regard de Kadara, assise à quelques pas d’elle. 

Des enveloppes s’entassent devant moi. J’en avais entamé la lecture pour finalement abandonner : après tout, il ne s’agit que d’invitations pour divers évènements sociaux. Depuis mon bal il y a trois jours, ces courriers s’accumulent. Et malgré mes efforts, il m’est impossible d’en voir la fin. Pourtant, je vais devoir y répondre, créer des liens avec les nobles de cet empire me semble nécessaire... sans être urgent. 

 

J’ordonne à la femme de chambre de sortir d’un geste de la main. Je me force à décacheter une dernière lettre, mais n’en finis pas la lecture. J’abandonne la missive pour me lever. Cette chambre de tapis de soie, de décoration d’or et de saphir m’appartient. Du luxe impersonnel. Je ne me plais pas ici, mais qui cela étonne ?

 

Autant quitter cet endroit.

 

Dès ma sortie, je tombe nez à nez avec l’autre peste. Le soleil se pointe à peine en cette journée d’hiver, mais pour Garance, qui doit se rendre à la tour blanche de l’ordre de la Fée-Dragon, il est déjà tard. Créa étend ses ailes, me menaçant. La mage le calme d’une caresse et me gratifie d’un sourire. Je ne l’ai pas croisée ces derniers temps, même si nos chambres se jouxtent. 

 

— Bonjour, Roselynd, comment vas-tu ? Me demande-t-elle d’une voix amusée.

 

Sa gaieté détonne avec l’agitation de Créa. La colère et le mépris de Kadara ressenti comme mien m’empêchent d’afficher une hypocrisie similaire à la sienne. Directement ou non, elle porte le poids de la mort d’une enfant. Et cela ne semble pas perturber son sommeil. Peut-être s’en fiche-t-elle ? Moi, je n’oublierai jamais. Jamais. 

 

— Bien. 

 

J’articule difficilement ce seul mot. La demi-sœur sourit. Peut-être que mon hésitation lui donne confiance puisque son oiseau se calme subitement.  

 

— Tu te rends en ville ? Faisons la route ensemble !

 

Son ton enjoué et ses paroles amicales dégagent tant de chaleur qu’il me semble… sincère. 

 

Qu’est-ce qu’elle prépare ? me demande Kadara, à cran

 

C’est… non ne te fais pas avoir, elle cherche simplement à nous perturber. 

Mes yeux tombent sur son uniforme de capitaine, grade qu’elle a obtenu par pur népotisme avant de répondre :  

 

— Je n’oserai pas t’imposer cela, tes obligations doivent te retenir. 

 

Ma voix, contrairement à la sienne, trahis une animosité qu’elle accueille avec une expression sereine. Ah ! Je le lui ferais bien avaler en même temps que son hypocrisie. Qu’importe. Elle a perdu et il ne lui reste que sa fierté, laissons-la-lui puisqu’elle s’y accroche. 

 

Je saute le petit déjeuner pour me rendre directement à Kadara, sur la selle nouvellement acquise. Pas de mors ni de rênes cependant. Ce serait aberrant d’infliger ce genre d’équipement à une créature dont je partage les pensées. 

 

Kadara et moi prenons notre temps sur le chemin de la ville, mais une fois entré dans la capitale, nous nous pressons vers notre destination : la tour rouge, quartier général de l’ordre du Lys. 

 

Ce niveau de la cité a été édifié dans l’optique de rendre la circulation la plus claire possible. Si chaque quart d’étage appartient à un ordre, le centre dépend à la guilde de la magie. Même jetés au hasard, les étendards et les teintes des murs indiquent dans quel secteur nous nous trouvons. De même, il suffit de suivre les lignes colorées au sol, pour parvenir aux tours des différents ordres. Lorsque je mets le pied dans ce quartier, je ne peux que me sentir… étrangère accoutrée de mes vêtements civils. J’ai l’impression d’être une tâche sur toile monochrome, une anomalie qui remonte à contre-courant une marée d’uniformes unis. 

 

J’arrive assez rapidement à ma destination. Habillée d’écarlate, la large tour se pare de décorations or et ivoire, les couleurs de l’empereur. La tête, elle, s’arrête là où elle le doit : au pied du palais impérial.

À combien d’étages s’élève le bâtiment devant moi ? Je l’ignore, mais il n’a pas à rougir face aux gratte-ciels de ma jeunesse. 

 

Le hall d’entrée affiche une simplicité élégante : une vaste pièce cramoisie, qui épouse les formes circulaires de l’édifice. Adossée aux murs, se trouve toute une série de portes, non de portails magiques ? Même le château Harriot n’en possède pas. Ce qui fait sens, ce serait une perte d’utiliser un équipement aussi rare pour un domaine privé.

Un agent de l’ordre, posté derrière un pupitre, m’accueille d’un sourire avant de me demander la raison de ma visite.  

 

— Je souhaite m’enrôler. 

 

L’expression du soldat laisse filtrer un éclair d’étonnement, son regard se pose sur Kadara puis reviens vers moi.

 

— Roselynd de Harriott, je présume ? 

 

J’acquiesce, en réponse. Il me tend une carte métallique frappée d’un lys : une sorte de passe absolument indispensable pour la circulation au sein de la tour. Puis il m’indique le deuxième portail sur la droite. 

 

Le portail n’est qu’un simple cadre d’une large envergure, une fenêtre qui s’ouvre sur un espace totalement différent : un couloir plus modeste et d’une longueur quasi infinie. Je sens à peine la transition entre les deux zones. Des indications claires me conduisent au bureau sobrement nommé « recrutement ». 

 

Alors que je m’introduis dans l’office, une jeune fille se trouve là et remet des documents à un agent en rouge, puis s’installe sur une chaise en silence. Le soldat du Lys approche et après lui avoir expliqué brièvement la raison de ma venue, il me transmet un dossier à remplir : un questionnaire assez anodin, avant de me demander de m’asseoir. 

 

Une fois le document complété et sans autres occupations, je détaille la demoiselle en face de moi. Peut-être devrais-je la saluer ? Non. Inutile de la déranger. Elle doit avoir le même âge que Roselynd, peut-être s’avère-t-elle trop vieille pour s’enrôler dans un ordre, car en général, les mages s’engagent après leur subjugation. Je ne la reconnais pas et puisque je ne vois pas sa créature je ne peux pas non plus l’identifier. Un mouvement étrange sous sa chevelure châtaine m’indique cependant que ce doit être une bête de petit gabarit. Ses yeux en amande d’un marron clair, impassible, s’affairent à la lecture d’un document. Mon regard s’arrête sur ses jambes, si musclées qu’il me semble certain qu’elle pourrait briser ses talons hauts d’une simple pression contre le sol.  

 

L’entrée d’un homme interrompt ma contemplation, il prend le temps de nous observer avant de dire :

 

— Je suis le Magister Lewis, aide de camp du commandeur. Si ces demoiselles veulent bien me suivre !

 

Un magister : le plus bas titre auquel un mage puisse prétendre. Ces adeptes ne possèdent ni fortune ni hérédité, cependant, en tant que tels, ils se démarquent des roturiers. Les raisons de l’obtention de ce titre peuvent être nombreuses : famille déchue, bâtardise… Il arrive même que certains roturiers s’éveillent à la magie. Ainsi, on les reconnaît comme utilisateurs de magie, mais ils ne portent pas la dignité de « lord ».

Posté sur son épaule, un corbeau, qui dégage un froid qui me glace malgré la distance, nous épie.  

Nous reprenons le long du corridor où nous montons quelques marches. Un nouveau portail se trouve là, gardé par deux hommes qui nous laissent passer sans encombre. Un couloir plus loin, nous entrons dans une antichambre.

 

— Le commandeur va vous recevoir. Nous apprend-il. 

 

L’autre fille s’installe sur l’un des fauteuils posés ici sans discuter. Je suppose que je dois faire de même ? Le Magister Lewis, lui, pénètre dans le bureau adjacent.  

 

— Vous êtes Lady Roselynd de Harriott ? me demande la demoiselle.

 

Je crois qu’accompagnée de Kadara, je peux oublier toute prétention à l’anonymat. La figure d’une petite fouine apparaît sous sa chevelure et me salue d’un signe de la tête. Aucune créature magique ne ressemble à une autre, ainsi, une connaissance suffisante du Livre et de la noblesse elôite permet de savoir à qui l’on s’adresse. 

 

— Et vous, Lady Serika d’ Orial.

 

Son visage impassible et ses lèvres pincées me rappellent Clarisse. Mais je suppose que les similitudes s’arrêtent là. Après tout, il existe une énorme différence de pédigrée entre la fille d’un marchand et la troisième enfant du duc de la terre. 

Notre conversation s’interrompt et le Magister Lewis réapparaît. Il se tourne vers Lady Serika pour l’inviter à le suivre. 

 

Je savais que la première étape du recrutement serait un entretien, mais j’ignorais que Lord Glenn lui-même s’en chargerait. Même si cela fait partie de leur attribution, j’imagine que beaucoup de Commandeurs délèguent cette tâche somme toute ingrate pour s’occuper de choses plus essentielles… 

L’ordre du lys n’attire pas les foules, se permet-il de passer ces entretiens parce qu’il ne perd pas énormément de temps ?

 

Des heures s’écoulent avant que Lady Serika ne sorte de son entrevue. Elle me salue d’un signe de la tête avant de partir, accompagnée par l’aide de camp. 

 

— Lady Roselynd ? 

 

Je me lève à l’appel du Magister Lewis. Cette fois, il se contente de m’ouvrir la porte du bureau et me laisse entrer seule.

Dans l’immense cabinet, mon regard se pose sur un haut vitrail coloré relatant la création de la cité par le Fondateur. Des lumières teintées flottent dans la pièce, elle me semble beaucoup trop tranchée, trop mouvante. Factice. Et parmi les grains de poussière qui habitent toujours les éclairages crus, des formes insolites se dessinent. Des plumes immatérielles à la voix timide et qui disparaissent dans un souffle.  

Kadara quitte mon côté, avance, s’assoit face au vitrail, silencieuse… Une tristesse douce me brouille la vue. Un souvenir étranger, un éternel enfant… 

 

— Quand êtes-vous venue ici pour la dernière fois, Lady Kadara ?

 

La voix de Lord Glenn me sort de ma transe. Il se tient debout, derrière son bureau, installé juste devant le vitrail. 

« Lady » Kadara ? Je ne crois n’avoir jamais entendu un seul mage utiliser ce genre de formule. 

La louve pose ses yeux sur le dirigeant du Lys. Elle compte, mais son esprit immortel n’appréhende pas les âges comme nous, simples humains à l’existence éphémère… Pour Kadara un jour intense équivaut à un siècle d’ennui. Consciente de différences de perception, elle réplique :

 

— Je l’ignore.

 

La voix de Kadara me surprend, parce qu’elle répond d’elle-même au Commandeur. Mais on ne me laisse pas le temps de questionner cela, Lord Glenn désigne le fauteuil face à lui. Je ne remarque la présence de Lady Alexandra qu’à ce moment-là, elle est debout appuyée sur un mur à ma gauche, son hibou sur l’épaule. L’homme s’assoit, me présente son profil et croise les jambes. Sa main se porte sur un calice, dont il boit quelques gorgées. Du vin ? Si tôt dans la matinée ? Il ne daigne me regarder qu’après avoir déposé son verre. 


 

— Lady Roselynd, quel plaisir de vous voir.

 

Son salut neutre m’informe qu’il ne s’agit là que d’une formule de politesse. 

 

— Le plaisir est partagé. Je réponds du même ton.

 

Il récupère une paire de lunettes à côté d’un stylo plume débouché et une fois placé sur son nez, il entame la lecture de ce que j’identifie comme les documents remplis plus tôt. 

 

— Je ne vois aucune raison de refuser votre application, m’apprend-il. À cette version de vous, j’entends. 

 

— À cette version de moi ? En existe-t-il une autre ? 

 

Il lève les yeux vers moi, ses lèvres s’étirent d’un sourire amusé : 

 

— Qu’êtes-vous, vraiment ? 

 

Plus que la question c’est l’intensité avec lequel il la pose qui m’effraie. Et si… non. Impossible qu’il connaisse la vérité… Sinon… Il aurait agi d’une manière ou d’une autre. Je suppose qu’il cherche à savoir de quel bois je suis faite ? Bien ! Trouvons une réponse, impressionnante de préférence.

Il retire ses lunettes et les jette sur son bureau. 

 

— Laissez-moi être clair : me mentir ne me semble pas être une bonne idée. Je sais que l’esprit de Lady Roselynd nous a quittés... Et que quelque chose de totalement différent l’a remplacé. 

 

Que fait-on ? me souffle Kadara. Il sait.

Non. Il ne « sait » rien, mais se doute de quelque chose au mieux, donc il bluffe. S’il possédait la moindre preuve de ce qu’il avance, je ne me retrouverais pas assise face à lui, libre. Je me trouverais au fond d’un laboratoire de la guilde ou… décapitée pour avoir usurpé l’identité de Roselynd.

 

— Votre mode de pensée m’étonne, Commandeur, je déclare d’un ton sarcastique. Une femme ne peut donc pas prendre sa vie en main sans devenir une impostrice ? 

 

Il hausse un sourcil. Bien sûr, cette simple réplique ne le persuadera pas. Mais je le convaincrai de son erreur sur la durée et non pendant les quelques minutes de notre entretien. 

Brusquement, son regard dévie du mien... pour se poser sur Kadara, qui, debout et sur ses gardes, semble prête à l’attaque…

J’essaye de la calmer, mais sa nervosité soudaine me… Me battre pour me sauver ? 

 

Fuis ! 


 

— Lady Roselynd, laissez-moi apprendre quelque chose... 

 

Kadara m’entoure de son corps tandis que ses yeux maudissent le Commandeur. 

Peut-on les vaincre ? je demande. 

 

Fuis ! Fuis !

 Même moi, je ne pourrais affronter Lumiel et Sephiriel de front, me répond Kadara. 

Je sais que Lumiel, perché sur l’épaule de sa mage, m’observe… Mais Sephiriel reste invisible. 

Les notes de lumière se taisent et la clarté se fige. Comme s’il lisait dans mes pensées, lord Glenn, bouge. Le mouvement semble anodin ; il se contente de déplacer une feuille volante sur son bureau, mais je le sens prêt à l’attaque. Alexandra se rend lentement jusqu’à la porte. Sa position me coupe toute retraite. 

 

— Tout ceci est ridicule ! Je m’exclame tandis que mes mains s’accrochent à la fourrure de la louve. 

 

Il saisit son calice. Adossé avec nonchalance sur son fauteuil, il fait tournoyer doucement le liquide qu’il contient. Son débit lent quand il reprend la parole me révèle qu’il choisit ses mots avec soin :

 

— Laissez-moi apprendre quelque chose. Personne ne peut mourir et espérer ressusciter. Sauf si une puissante magie est impliquée…  

 

J’inspire... Expire. Lord Glenn m’observe, il cherche la moindre faille dans mon expression. Une magie puissante ? Cela me semble invraisemblable… mais en réalité, je n’en sais rien.

 

— Êtes-vous une nouvelle forme de magie intelligente ? me demande mon interlocuteur, avec un intérêt tout scientifique.

 

— Une forme de magie intelligente ? Cela est-il seulement possible ? 

 

— Vous en avez une qui vous protège. Répond-il, son regard posé sur Kadara. 

 

Mes doigts se referment brusquement sur les poils de la louve. Les Êloïtes considèrent les créatures plus comme des êtres vivants, voire sacrés pour les plus dévots. Sa déclaration le ferait passer pour l’idiot du village, au meilleur des cas. 

 

— Des formes de magies intelligentes et… quoi d’autre ? Mon décès ? Vous faites preuve d’un humour bien curieux Commandeur !

 

— Je ne plaisante pas, réplique-t-il sans même prendre une inspiration. 

 

Kadara émet un grognement sourd. Sa fourrure épaisse cache heureusement mes mains, sinon, le tremblement qui les parcourt m’aurait trahie. 

 

— Je ne vous comprends pas. Comment pouvez-vous être convaincu d’une théorie aussi saugrenue alors que vous ne possédez aucune preuve pour l’appuyer ?

 

— Pensez-vous que je vous présenterais une telle idée si je n’en détenais pas ? 

 

Là encore, aucune hésitation dans sa réponse. 

Kadara me saisit par la manche et m’oblige à me lever. Peut-être cherche-t-elle à partir ? Lady Alexandra campe fermement à la porte et je doute que nous puissions la vaincre pour forcer le passage...

 

Que fait-on ? me demande Kadara. 

Fuis ! Fuis !

 Forçons le passage ! Je te protègerai ! 

 

Non ! Non ! Nous ne ferons rien de tout cela ! Nous devons… Je dois réfléchir. Bien sûr, Lord Glenn doit avoir une preuve, quelque chose qui l’a mis sur la piste de la vérité… quelque chose de plus drastique qu’un changement de personnalité… Mais se pose encore la même question : pourquoi ne l’a-t-il pas avancé plus tôt ? Cherchait-il à en tirer parti ? Non. Sinon, il aurait fait le premier pas. Quelque chose de non substantiel ? Peut-être. Une preuve qu’il serait difficile de présenter…

 

— Et qui, selon vous, pourrait opérer ce type de magie ? Je ne pense pas que ce genre de connaissances courent les rues. 

 

Une grimace déforme ses lèvres alors qu’il y porte son verre. 

 

— Qui sait ? Réponds le commandeur. 

 

Je ne crois même pas que ce genre de magie existe en ce monde. En tout cas, pas officiellement. Si ce talent était réel, des empires et des royaumes se déchiraient pour l’obtenir. Aussi, il apparaît logique que si mon interlocuteur connaît l’identité de cette personne, il la taise. 

 

Non, attendez, cela n’a pas de sens. Si un pouvoir comme celui-là existait, pourquoi l’utiliser et encourir sa découverte pour Roselynd ? Qui prendrait de risques pareil pour elle ? Augustin ? Garance ? Le Duc ? Laissez-moi rire !  Surtout que l’opération s’est soldée par un échec... Et si...

 

— Peut-être qu’un Priria en sera capable. 

 

Étaient-ils aptes à de telles prouesses ? Même Kadara l’ignore. Mais… qui sait ? J’observe la réaction du commandeur, dont le petit sourire disparaît. Il finit sa boisson d’une longue gorgée. 

 

Puis il saisit mon document d’application, qu’il frappe d’un coup de tampon avant de me le rendre.

 

— Une épreuve écrite aura lieu la semaine prochaine. Une fois celle-ci réussie, vous serez officiellement intégrée à l’ordre. Ne perdez pas ce document, il vous sera indispensable pour la suite. 

Il me fait un vague signe de la main : ma présence n’est plus requise. Hum. Quelle façon brusque de couper court à toute question…

 

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Zlaw
Posté le 13/08/2021
Bonjour Pandasama !


La première chose que j'ai à dire, c'est : Aha ! Lord Glenn a donc une créature ! Du doux nom de Sephiriel ! Qu'est-ce que c'est ? Oh, que je suis impatiente ! Tu ne vois pas mais je sautille dans mon fauteuil. xD J'ai stupidement envie de pencher pour un panda géant de verre, mais je te fais toute confiance pour qu'il soit génial quelle que soit son espèce de référence. ^w^

En dehors de ce détail, admettons-le, c'est un chapitre axé entretien voire duel que tu nous offres là. Comme je l'avais deviné ou plutôt comme tu l'as laissé entendre, tout simplement, Roselynd cherche à trouver refuge auprès de l'ordre du Lys. Je reste très contente de ce développement. Elle ne perd pas le Nord et continue à assurer sa survie. Et ce malgré les obstacles qui persistent à se dresser sur son chemin...

Le quartier puis la tour sont, comme la première fois qu'on a vu la cité entière, très bien décrits. Les marquages au sol, les étendards, les portails magiques, le long couloir, tout en sobriété mais élégance. On s'y croirait, on a envie d'aller s'y promener. L'association du rouge, du blanc, et du doré est très bien choisie, je trouve. Un côté pur mais royal tout de même.

Puis, vient la conversation avec le Commandeur. Hm hm. On est bien loin de leur repas et après-midi partagé dans l'anonymat. Je suis toujours fan de lui et Lady Alexandra, donc je refuse de les compter comme des ennemis. C'est peut-être naïf, mais aussi distants et suspicieux peuvent-ils être, aussi belligérants parfois (comme lors du combat à la subjugation de Garance), ils ont toujours été justes, avec Roselynd comme les autres. Je ne pense pas qu'ils lui souhaitent vraiment du mal, je pense qu'ils veulent juste assurer la sécurité de leur Empire, comme c'est littéralement leur job. Lord Glenn avait déjà effleuré ses idées un peu marginales sur une magie vivante, lors de leur première rencontre, et il semble y tenir. Comme elle ne dit rien, on ne sait pas trop ce que Lady Alexandra en pense, mais puisqu'il la laisse l'entendre, c'est qu'il lui fait confiance quelle que soit son opinion sur le sujet. (C'est malin, maintenant je suis curieuse sur la façon dont ils se sont rencontrés, et je me demande s'ils sont vraiment amis, quand ils sont tout seuls, et à quoi ressemble cette amitié. xD)

Comment Lord Glenn a su que l'esprit de Roselynd avait quitté ce monde est mystérieux. Peut-être existe-t-il un système secret de recensement magique, et la case 'Roselynd de Harriott' a été décochée ? Un truc du genre d'un Cerebro magique qui repère tous les mages ? En tous cas notre commandeur en est convaincu, comme s'il en avait la preuve, même s'il reste potentiellement dans l'expectative non pas d'un remplacement mais d'un retour. D'après les pronostic de la nouvelle Roselynd, mieux vaut qu'il croie à la première option, sinon ça irait mal pour elle. Une autre possibilité est qu'une créature ait noté la différence, puisque Kadara a tout de suite vu que ce n'était pas la même âme qui se présentait à elle, même si dans la même enveloppe corporelle. Auquel cas, l'usurpation n'est pas discutable. Mais si c'est le cas, je garde espoir que peut-être le commandeur et sa seconde acceptent de ne pas l'exposer, que ce soit parce qu'ils ont besoin d'elle pour élucider le mystère de son retour, ou parce qu'ils l'aiment bien, finalement.


Voilà pour moi sur ce chapitre. L'intrigue s'épaissit doucement. Je trouve que tu arrives bien à mener les vagues de complications qui arrivent, à gérer un problème à la fois tout en mettant tranquillement en place les éléments pour le suivant. Sans qu'on soit entournés, il n'y a pas de temps mort non plus, ça avance à un bon rythme, et tout s'emboîte bien. C'est très appréciable. Merci et à bientôt ! =D

- "il ne s’agit que d’invitation pour divers évènements" -> d'invitationS
- "sans autres occupation" -> sans autre (ou alors occupationS)
- "Des lumières teintées flotte dans la pièce" -> flotteNT
- "Laissez-moi être claire" -> clair (c'est Glenn qui parle)
- "décapité pour avoir usurpé l’identité de Roselynd" -> décapitéE
- "je le sens près à l’attaque" -> prêt
- "Comment pouvez-vous être convaincue d’une théorie" -> convaincu (là encore, Lord Glenn)
- "quelque chose qui l’a mit sur la piste" -> mis
- "pourquoi ne l’a il " -> a-t-il
Pandasama
Posté le 18/08/2021
Salut !

Comme toujours, merci de ta lecture et pour le relevé de mes fautes !

J’aime beaucoup ce chapitre, même si c’est l’un que j’apprendrais le plus à partager. J’avais peur que le fait que Lord Glenn soit plus ou moins conscient de la vérité soit vu comme quelque chose d’un peu gros… Après, forcément, ce point ne pourra être expliqué que plus tard, forcément… Mais bon, j’espère simplement que cette explication ne décevra pas...

Ravie de voir que tu apprécies autant Glenn et Alexandra, je les aime beaucoup, mais je ne suis loin d’être partial huhu !

J’adore lire tes hypothèses et elles ne manquent jamais de me faire sourire !

J’espère que la suite te plaira !
Alice_Lath
Posté le 07/06/2021
On sent déjà dans ce chapitre que tu es un peu plus dans ta zone de confort haha, la lecture était beaucoup plus fluide et je n'ai pas ressenti de confusion
J'ai également bien apprécié le fait que Glenn ait plus ou moins deviné la vérité sur Roselynd, on sent que cela risque de bien secouer l'intrigue et ça fait plaisir. J'aime aussi le fait que Kadara ne soit pas juste un animal de compagnie juste utile à faire un peu de télépathie au bon moment. Elle a un vrai caractère et c'est un personnage à part entière, c'est cool !
Je me perds en revanche un peu dans les personnages secondaires, comme lady Alexandra et les suivants de Glenn, je ne sais plus trop qui est qui je dois dire
Pandasama
Posté le 08/06/2021
Bonjour !

Merci de ta lecture ! Alors j’avais un peu peur que le fait que Glenn se doute de quelque chose tombe un peu comme un cheveu dans la soupe, je suis contente que tu aies aimé.

Après le problème des suivants de Glenn, c’est qu’ils sont peu apparus. Je suppose qu’une réintroduction serait nécessaire à ce moment-là du récit...
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