Pour douze amphores de naphte (scène 1)

Par Amusile
Notes de l’auteur : "Le chat du maestre" est une histoire de fantasy, dans un univers où les décors comme les personnages sont gris. Vous y ferrez la rencontre de personnages humains, pétris de qualités et de défauts, qui tentent de survivre au mieux dans un univers qui leur est hostile.

Ce roman parle aussi de la rencontre singulière entre deux individus que tout oppose, même le langage. L'un vit au-dessus des brumes, et l'autre en-dessous.

Merci d'ores et déjà pour votre lecture et pour vos retours.

(Scène révisée le 04/05/2021 grâce à vos commentaires.)

Le chariot cahotait sur la route de Shagon quand le passage abrupt d’une ornière souleva mon postérieur du banc.

Aurèle poussa un juron dans mon dos.

— Foutre de Dieu ! Évite les fosses, Jehan. Tu me tannes le cul à vif.  Et toi, Clervie, t’as rien à redire sur sa conduite ? 

Je me tournai vers Jehan. Il fixait le chemin, un sourire à travers sa barbe drue. J’aimais ce visage bourru, taillé à vif par les années, qui conservaient les expressions des gens heureux malgré la rudesse du Rivage. Tout en Jehan me procurait une sensation de tendresse, comme une papillote de caramel qui, une fois effeuillée de son grossier papier, enveloppait le palais d’un vernis de sucre. Quant à Aurèle, il avait la saveur d’une pastille à la sève de pin, celle aromatisée à la menthe poivrée. Une vraie claque en bouche qui ne laissait guère l’option de la demi-mesure : soit vous en raffoliez, soit vous les détestiez.  

Les roues du chariot tressautèrent sur une pierre. Aurèle souffla une nouvelle injure. Jehan sourit, et j’assistais une fois de plus à leur interminable prise de bec. Trois jours que nous voyagions ensemble, trois jours qu’ils se querellaient pour des broutilles.

— Bon sang, Clervie, ouvre-la aussi, tu veux ? Tu es bien la seule que ce grison écoute ! 

— Laisse le p’tit chat tranquille, Aurèle. Colle plutôt ton précieux cul aux planches ! 

Malgré leurs rustreries, ces deux-là s’estimaient grandement, j’en étais persuadée.   

Le temps tourna à l’orage en milieu de journée. Un ciel maussade nous menaçait d’une rincée alors que nous traversions une campagne entrecoupée de collines dont la pointe était marquée par des pins, et le galbe souligné par les moussons. Ces vallons bossués étaient comme des berceaux intimes, rafraîchissants, où résistaient les derniers vestiges des anciennes forêts de conifères. Le vent soufflait grand frais sur les voilages de nos chariots si bien que nous dûmes les ajuster en cours de route. Je m’emmitonnai dans un châle de laine épaisse, Aurèle réglait le câblot, Jehan resserrait les attaches et bien sûr, tous deux se chamaillaient.

— Il y a trop de lestes, râlait le vétéran.

— C’est déjà tendu. Que veux-tu de plus ? 

Et moi, complice silencieuse, je maintenais la bâche contre le coffrage en bois. Nous procédions petit à petit, nœud par nœud, lorsqu’un guetteur d’un des trois chariots de notre convoi héla mes compagnons.

— Jehan. Aurèle. Regardez là-bas !

Il montra un point où s’élevait de la fumée. Des éclats d’un bleu intense jaillissaient d’un amas de particules et de gaz qui montaient en flèche cracher son noir dans le ciel. Les flammèches bondissaient au-dessus de l’horizon comme de furieux arcs électriques. Sans un mot, sans un regard, nous tombions tous en accord.

— Pas de feu grégeois sans chimère, récita Aurèle. 

Jehan donna l’ordre de se hisser dans les chariots quand la dernière attache fut assurée.

— Et gardez vos javelines à portée de main, ajouta-t-il. 

Je réajustai mon châle, ma seule protection contre les brumes, et la route nous mena sur un brasier érigé à la va-vite au milieu d’un champ de chaumes. Des soldats de Shagon, identifiables à leur uniforme violet sombre, alimentaient les flammes en les arrosant de naphte. Quelques passants inquiets observaient la scène en retrait. Deux hommes renversèrent un chariot à bras ; les exosquelettes des chimères, d’une demi-toise de haut, se répandirent au sol. Je reconnus les corps trapus des lucanes d’un brun foncé, cuirassés de la tête au thorax et aux mandibules proéminentes capables de vous briser les jambes. Des javelines étaient figées dans les élytres rigides, épinglant les insectes à terre comme leurs cousins miniatures que mon maître agrafait à du papier épais. Un coléoptère, retourné sur sa solide carapace, agitait ses pattes griffues à la recherche d’une prise où planter ses éperons. Pique à la main, un soldat lui perfora l’abdomen, et l’hémolymphe dégorgea de la plaie béante. Transparente lors de son jaillissement, elle verdit au contact de l’air et souilla l’or des chaumes. Le lucane se raidit dans son enveloppe de chitine, seules ses antennes s’entortillèrent avant que ne s’évanouît sa vie puis les hommes jetèrent sa carcasse à la merci des flammes. Sept dépouilles. Nous nous trouvions à une demi-lieue du Rivage, et il arrivait couramment que des chimères isolées traversassent les lignes défensives des guets. Cependant, sept au même endroit était un sombre présage. Un signe annonciateur de marée. Jehan adressa un geste de la main à un des soldats.

Après un temps d’hésitation, ce dernier abandonna ses frères d’armes pour rejoindre la chaussée.

— Nous avons fort à faire. Passez donc votre chemin ! invectiva-t-il.

— Nous sommes du guet de More, répondit Jehan, et nous passerons notre chemin quand il nous siéra. 

L’homme blêmit, et Jehan secoua la main pour laver l’affront.

— D’où venaient ces lucanes ? enchaîna-t-il.

— Du guet de Harse, sur l’autre versant. Les chimères ont terrorisé les hameaux de Trasse et de Bourdieu la nuit dernière. Elles ont passé les lignes, deux d’entre elles étaient déjà bien amochées, mais ça ne les a pas arrêtées pour autant. Trois blessés. Heureusement, aucun d’entre eux n’a contracté la brumoise ! Nous avons traqué les chimères jusqu’ici. Il va nous falloir remonter la piste pour détruire les nids de polypores qui auraient éclos ci et là. 

— Des nouvelles du guet de Harse ?

— Ils seraient en pénurie de naphte. Alors, les chimères échouent le long de leur Rivage. C’est la troisième percée en deux semaines… 

Je me penchai vers le soldat, une main sur la ridelle pour me maintenir en équilibre.

— Qu’avez-vous dit au sujet de la pénurie de naphte ? Nous nous rendons justement dans la cité de Shagon afin de ravitailler notre guet. Avez-vous des informations quant aux délais des prochaines livraisons ? 

Surpris de ma présence, l’homme en pourpre me gratifia du regard de l’incrédule.  

— Vous êtes du guet, vous aussi ? Mais les femmes ne sont pas bâties pour contrer les brumes… 

J’étais lasse de ces inconnus qui, croisés aux aléas de nos sorties en Arrière-Terre, s’attribuaient le rôle de censeur en critiquant la présence d'une femme dans un guet sans jamais y avoir mis les pieds eux-mêmes. Je ne déméritais pourtant pas moins qu’un homme. Je secondais le maestre Sénoc de Basavi dans la majorité de ses études et de ses fonctions, qui couvraient d’ailleurs des domaines pointilleux, versés dans les arts alchimiques et la brumologie. J’aimais me qualifier d’érudite. Je mâchais une de mes tirades habituelles quand Aurèle surgit du chariot, les nerfs en pelote.

— En quoi est-ce ton problème, capon ? Tu les contres, toi, les brumes ? Non. Tu es à l’arrière, bien au chaud, à respirer le bon air, alors ne viens pas prêcher tes sermons.

— Je ne voulais pas manquer de respect…

— Bien sûr, on y croit, persifla Jehan.

Le soldat fit amende honorable et balbutia des excuses.

— J’ai manqué de délicatesse, reconnut-il. Veuillez me pardonner.

—  Je vous prierai donc de me répondre : qu’en est-il de la prochaine livraison des guets ? demandai-je.

— Eh bien, aucune date n’est fixée, enfin de ce que j’en sais. J’ai bien peur que la situation ne s’améliore guère, mais une caravane de Karvala assure une provision une fois par quinzaine.

— De quand remonte sa dernière halte à Shagon ?

— D’une semaine.

— Il ne nous restera rien si nous tardons à rejoindre la cité, conclut Jehan en fermant ses doigts sur les guides de l’attelage.

Encore estourbi par sa récente admonition, le soldat nous inonda de formules toutes faites, des « Que Dieu vous garde ! » ou des « Pestes soient les brumes ! », tant et si bien que nous ne sûmes nous en défaire. Aurèle se chargea du problème ; il soutira les rênes de la main de Jehan. Deux claquements de cuir plus tard, le charroi reprit sa marche. Une fois le charnier hors de notre champ de vision, Aurèle rendit les brides au vétéran, enjamba le banc, s’installa dans son coin, à l’ombre sous la bâche, puis bailla à s’en décrocher les mâchoires. Nous nous regardâmes, Jehan et moi, ne sachant si nous devions rabrouer notre compagnon pour ses manières rustres ou s’il convenait de féliciter son appréciable initiative. Jehan me donna le ton en haussant les épaules, et nous décidâmes alors de ne rien relever.

Je plongeai la main dans la poche de ma jupe, y tirai un carnet puis l’ouvris au niveau de la dernière page annotée, celle où mon maître avait noté les fournitures à acheter pour le cabinet d’alchimie. En tête de liste était écrit « Douze amphores de naphte ». Comment allais-je trouver autant de combustible en ces temps de manque ? D’ailleurs, Shagon ne nous livrait plus une goutte de brut depuis deux mois. Mon maître et moi avions pensé à un oubli. C’était déjà arrivé, autrefois, mais une pénurie…

Je laissai échapper un soupir voilé d’inquiétude.

— Combien vous reste-t-il de naphte dans votre réserve ? m’interrogea Jehan comme s’il eût senti mon abattement.

— Pas assez pour endurer la prochaine marée, hélas.

— Et comment tenons-nous sans combustible ? se soucia Aurèle depuis le fond du chariot. Je ne pisse pas du naphte, moi. 

— Charmant, Aurèle. 

Ma moue d’ingénue vola un éclat de rire à Jehan.

 — Tu rigoles, mais il n’y a pas un gonzier qui va se mouiller dans l’Amertume sans un bon falot. La lumière du feu grégeois, il n’y a que ça pour garder les brumes à distance. Donc une chose est claire : je ne retournerai pas au guet sans naphte.

— Tu aideras Clervie à réunir son quota, déclama Jehan. Vous ne serez pas trop de deux.

— Alors, hâte-toi grand-père. Sinon, nous serons de retour après la crue des brumes… 

Un sourire dans sa barbe, Jehan fit claquer les rênes contre la croupe des percherons, et notre convoi gagna en vitesse.

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Manu
Posté le 17/05/2021
Une belle entrée en matière. Le lecteur est vite embarqué sur ce charriot. Les dialogues sont justes et le lecteur s'attache rapidement aux personnages. On découvre Clervie, observatrice, un rien réservée, juste ce qu'il faut pour imaginer un élan.

Ce début donne envie de connaître la suite de l'histoire.
LianeSilwen
Posté le 26/04/2021
J'aime beaucoup l'univers, beaucoup de choses nouvelles a comprendre mais on est directement dans l'ambiance et les problématiques des héros, que ce soit pour les monstres, pour les appro en naphte ou la place des femmes dans les guet. Un premier chapitre très compliqué à faire je pense et très bien mené. Bravo! J'adore le ton de la narratrice, sa réserve. Je suis impressionnée par le langage dans les discours. On sent bien les différentes relations entre les personnages, l'intimité qui les lie, et aussi les coutumes (quand ils sermonnent le garde pour ma que de respect!). J'ai adoré les descriptions des deux hommes au début où elle les compare a des bonbons et des papillotes, excellente idée !
Amusile
Posté le 26/04/2021
Coucou LianeSilwen et bienvenue ici.
Merci de m'avoir laissé un commentaire aussi adorable. Ça fait toujours plaisir de savoir que le début accroche suffisamment le lecteur, car c'est pas évident à monter, tu as bien raison. Quant à la description des personnages, Clervie est plutôt gourmande ;-)
LianeSilwen
Posté le 26/04/2021
Hihi, je suis une grande foodista moi-même, j'espère qu'il y aura d'autres passages comme ça, ça donne vraiment du caractère au personnage je trouve ^^ Hâte de lire la suite :)
Amusile
Posté le 27/04/2021
Je fais plusieurs référence à sa gourmandise, oui.
J'espère que la suite te plaira également.
Lullaby84
Posté le 12/04/2021
J'aime beaucoup ce premier chapitre ! Le style est très beau, soutenu et plus parlé dans les dialogues, un bel équilibre ! On saisit vite que les chimères représentent un danger, même si certaines questions demeurent (qu'est ce que la brumoise ? ça donne envie de lire plus loin pour le découvrir !) et le problème que vont rencontrer tes personnages (la pénurie de naphte). La seule chose qui m'a manquée, c'est une description même sommaire des personnages. J'avais du mal à me les représenter. Bravo en tout cas, c'est très immersif et très bien écrit !
Amusile
Posté le 13/04/2021
Coucou Lullaby,

Contente de te retrouver ici. Pour les descriptions des personnages, elles restent assez sommaires - voire inexistantes. C'est certainement un point à reprendre. Ajouter deux ou trois phrases descriptives pour vous donner une idée générale... Je garde ta remarque sous le coude.
Pouiny
Posté le 08/04/2021
J'adore ces dialogues ! Dès le début on est directement embarqué dans l'histoire. Ça fonctionne vraiment bien ! La finesse des descriptions avec le langage courant voire vulgaire pour Aurèle crée une rupture qui donne un rythme vraiment intéressant.

J'aurai du mal à en dire plus, beaucoup en ont dit avant moi, mais je tenais à t'encourager aussi ! a bientôt :)
Amusile
Posté le 08/04/2021
Je prends la dose d'encouragement avec plaisir.
C'est sympa d'être passé me laisser un petit mot ! Merci.
C. Kean
Posté le 07/04/2021
Bonjour Amusile !

Le titre des chapitres a retenu mon attention pour une raison mystérieuse, et le franc parlé coloré d’Aurèle m’a convaincue de m’y lancer.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, notamment du fait de l’écriture maîtrisée, fluide et intelligente. Mais plus particulièrement encore, j’ai aimé le « caractère » de ce début de roman. La scène a du relief et de la texture, tout comme tes personnages, et c’est très agréable de se laisser happer et d’explorer cette corporalité qui stimule l’imagination. Je vais poursuivre avec plaisir.

Je te laisse quelques remarques que j’ai noté au fur et à mesure de ma lecture, à toi de voir si elles te seront utiles ;)

* « Un ciel maussade nous menaçait d'une rincée alors que nous traversions une campagne entrecoupée de mamelons dont la pointe était marquée par des pins, et le galbe souligné par les moussons. » : la description est très jolie, mais elle a soulevé pour moi beaucoup d’interrogation : quel âge à Clervie ? Quel est son rapport au corps et plus particulièrement à celui de la femme pour donner à ce paysage ces analogies-ci alors qu’elle voyage avec deux hommes dans un chariot ? Je ne dis pas du tout que c’est une mauvaise correspondance, mais je voulais déposer les questions que cela avait soulevé pour moi pour que tu puisses t’en saisir si ce n’était pas déjà tout réfléchi.

* « Le vent soufflait grand frais sur les voilages de nos chariots si bien que nous dussions les ajuster en cours de route. » : si bien que nous dûmes (si bien que + indicatif car conséquence)

* « Je m'emmitonnai dans un châle de laine épaisse, Aurèle réglait le câblot, Jehan resserrait les attaches et bien sûr, tous deux se chamaillèrent » : pourquoi pas un imparfait sur le dernier verbe pour insister sur le fait qu’ils n’en finissent jamais de se tirer dans les pattes ?
Idem pour l’incise de dialogue qui suit : « ralait » ?

* « Pique à la main, un soldat lui perfora l'abdomen, et l'hémolymphe dégorgea de la plaie béante. » : ici j’aurais tendance à supprimer la virgule avant le « et » qui coupe inutilement l’acte de sa conséquence directe (l’écoulement).

* « seules ses antennes s'entortillèrent avant que ne s'évanouît sa vie puis les hommes jetèrent sa carcasse à la merci des flammes. » : le passage « avant que ne s’évanouît sa vie puis » est assez laborieux à passer à l’oreille. Et le rythme s’y perd. Je chipote mais je pense que ton écriture est bien assez maîtrisée pour qu’on se permette d’être un peu casse-pied :p

* « Je ne déméritais pourtant pas moins qu'un homme. » : il y a un non sens dans la construction de ta phrase. Je ne démérite pas moins qu’un homme veut dire : je n’agis pas mal moins qu’un homme. Donc je fais aussi mal qu’eux ? « J’étais loin de démérité face aux hommes » ?

* « Je plongeai la main dans la poche de ma jupe, y tirai un carnet puis l'ouvris au niveau de la dernière page annotée, celle où mon maître avait noté les fournitures à acheter pour le cabinet d'alchimie. » : annoté/noté

A bientôt !
Amusile
Posté le 07/04/2021
Bonjour C.Klean,

Aurèle est mon meilleur appât à lecteur.
Merci pour ta lecture et d'avoir pris la peine de me donner ton ressenti. C'est toujours très agréable de découvrir des avis, surtout que c'est la première fois que je partage mes textes de manière aussi ouverte.

Pour les remarques, je te réponds ci-dessous :

* La description est très jolie, mais elle a soulevé pour moi beaucoup d’interrogation : quel âge à Clervie ? Quel est son rapport au corps et plus particulièrement à celui de la femme pour donner à ce paysage ces analogies-ci alors qu’elle voyage avec deux hommes dans un chariot ?

Ta remarque fait sens. Je crois que cette phrase est un darling. Je l'avais écrite dans un autre point de vue, celui du maestre que l'on rencontre plus tard, et je l'ai gardé par affection. Conclusion, elle tombe à côté, maintenant, mais je ne l'avais pas réalisé avant que tu ne soulève le point. Merci.

* pourquoi pas un imparfait sur le dernier verbe pour insister sur le fait qu’ils n’en finissent jamais de se tirer dans les pattes ?

C'est vrai.
J'étais dans le moment. Mais, je peux insister avec l'utilisation d'un imparfait. C'est pertinent.


*le passage « avant que ne s’évanouît sa vie puis » est assez laborieux à passer à l’oreille. Et le rythme s’y perd. Je chipote mais je pense que ton écriture est bien assez maîtrisée pour qu’on se permette d’être un peu casse-pied :p

Faut se le permettre, en effet.
Je note, oui. Je peux dynamiser le passage, en effet.

* il y a un non sens dans la construction de ta phrase. Je ne démérite pas moins qu’un homme veut dire : je n’agis pas mal moins qu’un homme. Donc je fais aussi mal qu’eux ?

Mince.
Tout juste.
Je ne l'avais pas noté.
A corriger.

Un grand merci à toi !



Altin
Posté le 07/04/2021
Bonjour Amusile,
Sacré chapitre un ! L'univers intrigue, les personnages sont déjà bien caractérisés, et on a hâte d'en apprendre plus sur les brumes.

Mais surtout, ta plume m'a transporté, par la richesse du vocabulaire qui permet des choix toujours justes, des changements de registres fluides, des descriptions redoutablement précises. J'ai été subjugué par la finesse de ton style, ce qui n'est pas commun en fantasy où les auteur.e.s privilégient la structure de l'histoire et la personnalité du/des protagoniste(s). Ce fut un grand plaisir de découvrir ton récit !
Amusile
Posté le 07/04/2021
Bonjour Altin,

Merci pour les compliments et ravie que ma bande de personnages t'a accroché dans leur histoire. J'espère que ma plume saura te plaire dans les scènes suivantes.

Merci pour ta lecture et ton commentaire.
Sénéda
Posté le 31/03/2021
Bonjour Amusile,

Ton résumé m'a donné envie de lire le début de ton histoire. J'ai été un peu surprise par les premières paroles de l'un de tes personnages. Passée la surprise j'ai apprécié l'efficacité avec laquelle tu caractérises tes personnages.

Ton récit est fluide et ta plume est très agréable. Tu donnes beaucoup d'éléments sur ton univers sans pour autant perdre ton lecteur.

Je trouve ce début très prometteur et j'ai hâte de lire la suite !

Bonne journée!

Sénéda
Amusile
Posté le 31/03/2021
Bonjour Sénéda.

C'est une bonne nouvelle que le résumé t'ait attiré suffisamment pour lire le début. Et, en effet, Aurèle - car je suppose qu'il s'agit de lui - a un langage fleuri qui peut décontenancé, surtout en entrée de chapitre comme je l'ai fait. Néanmoins, me voilà rassurée que ces personnages aussi rustres soient-ils t'aient convaincu de poursuivre ta lecture.
A très bientôt dont, et merci encore.
Eryn
Posté le 26/03/2021
Coucou Amusile !
J'ai beaucoup aimé ton premier chapitre, c'est vraiment bien écrit, et le décor est planté assez directement.
J'aime bien ta description des chimères, ça me fait un peu penser au T'slich dans les livres de Pierre Bottero. Bref. Ton début me donne envie d'aller lire la suite.
Amusile
Posté le 26/03/2021
Coucou Eryn.
Je suis contente que tu ais accroché. J'espère que la suite te plaira tout autant. Quant au T'slich de Pierre Bottero, je t'avoue les avoir découvert à l'instant.
Eryn
Posté le 26/03/2021
Comment ça tu n'as pas lu Pierre Bottero ???
Amusile
Posté le 26/03/2021
Oui, il semblerait que ce soit le pire des affronts que l'on puisse faire à la littérature de l'imaginaire, mais je compte remédier à cette maladresse un jour prochain XD
Soah
Posté le 24/03/2021
Coucou, j'ai enfin un peu de temps pour lire, alors je viens découvrir tout histoire !
Déjà, je suis soufflée par ta manière d'écrire, j'aime beaucoup ton style qui est ravissant ! Je suis afantaisiste du coup, je suis assez "difficile" à satisfaire en tant que lectrice et tu m'as conquise assez rapidement, bien que je n'arrive pas à encore conceptualisé (normal, ce n'est que le chapitre 1 ;3)
J'ajoute de ce pas ton histoire à ma PAL et y reviendrait lorsque j'aurais un peu de temps pour moi ! <3
Amusile
Posté le 24/03/2021
Coucou.
Je ne connaissais pas du tout ce que être afantaisiste signifiait avant ton commentaire, et je comprends mieux pourquoi il peut être difficile pour toi de t'immerger dans un texte. Je suis d'autant plus touchée par commentaire. Pour le concept, en effet, il faut continuer le voyage pour bien saisir l'ensemble. Merci encore d’être venue par ici !
Jali
Posté le 22/03/2021
Quelle plume ! J'adore vraiment ton style.
Et ton univers a l'air très cohérent, on est tout de suite dans l'action et les enjeux. Il est vrai qu'il y a beaucoup de noms de ville ou autre, c'est un peu condensé, mais comme on saisit bien les personnages et, je sais pas, tout est si bien planté que je n'ai pas fui face à tous ces noms !
Amusile
Posté le 22/03/2021
Oh ! Merci pour ce commentaire adorable ! Je suis contante que les noms ne rebutent pas. J’ai essayé de garder un bon équilibre tout du long, tout en immergeant le lecteur dans l’univers immédiatement.
Morgane64
Posté le 21/03/2021
Bonjour !
En voilà un bon premier chapitre. Je trouve ton style très agréable, très fluide. Tes personnages ont de la consistance, et tu plantes à la fois bien le décor et l'action, et on sent tout un monde derrière les noms des lieux et des personnages.
J'hésite juste entre le fait que rentrer directement dans l'action m'a bien plu et celui que peut-être il aurait fallu quelques précisions sur ces bestioles abominables. Mais peut-être as-tu prévu tout cela au chapitre suivant.
Mais e pinaille. Très bon début, bravo.
Amusile
Posté le 21/03/2021
Bonjour et merci pour ton commentaire.
Ravie que cette entrée en matière te plaise. J'ai fait le choix de distiller les informations au fil de l'histoire, mais je peux comprendre que l'on soit piqué par la curiosité et l'envie d'en savoir plus. Si d'aventure tu te lances dans la suite, tu en découvriras davantage par petite touche. Encore une fois, merci d'être venue lire ce début de roman.
Zlaw
Posté le 20/03/2021
Bonjour !


J'ai une méthode de chasse aux lectures que j'imagine organisée: membre plutôt récent (par souci d'accueillir, je suppose, malgré mon caractère d'ermite), registre qui me convient (parce que romance et jeunesse me font grimacer), et ensuite résumé (même si c'est toujours difficile de faire justice à son texte par ce biais). Je crois que je n'ai rien inventé, mais c'est pourtant plus rare que je ne le souhaiterais que je trouve à me laisser tenter. Cette histoire a pourtant coché toutes mes cases, notamment par son résumé : un hybride de chimère, voilà ma curiosité piquée, puisqu'une chimère est pour moi déjà un hybride de 3 créatures. Tout ça s'annonce intéressant !

Ce premier chapitre ne déçoit pas. On tombe avec agréable surprise sur un style plutôt soutenu et les mots bien choisis qui vont avec. Je trouve toujours ça difficile d'établir le bon équilibre entre poésie et lourdeur, dans ces cas-là, et pour le moment je fais pencher la balance du bon côté. Ça se lit bien.

Les personnages sont hauts en couleurs, hormis quelques petits détails qui m'ont échappés comme l'âge de Clervie que j'ai du mal à situer. Rien d'important à ce stade. Les prénoms sont là aussi bien dosés entre le fantastique et le réaliste. Et les dialogues sont fluides, ce qui encore une fois n'est pas toujours facile dans un registre disons médiéval.

Il y a une assez forte abondance de noms de lieux et d'éléments irréels, et on a un peu peur de s'y perdre, mais ça n'arrive jamais vraiment. Je ne saurais pas trop l'expliquer, mais je me suis sentie en sécurité sur ce point. J'ai senti qu'il fallait faire confiance au récit et que les précisions nécessaires m'arriveraient en temps voulu. L'essentiel à l'action qui se déroule est largement accessible, pas besoin d'être encore exhaustif sur tout pour le moment. =)

En ce qui concerne les événements, justement, on découvre que les chimères seraient, au moins en partie (je m'imagine un hyperonyme regroupant plusieurs races/espèces), des êtres insectoïdes. Je salue bien bas le vocabulaire entomologique, d'ailleurs, c'est une très jolie touche d'authenticité. A priori il n'y a pas de communication possible avec ces créatures. Elles sont abattues sans pitié ni négociation, et la façon dont leurs attaques sont décrites ne laisse pas présager une quelconque organisation.

La situation de départ de l'aventure se met aussi en place sous nos yeux : une recrudescence d'attaques en parallèle d'une pénurie de naphte, élément de défense principal des humains de cette contrée. Il y a des guets, habités par des membres estimés de la société, aussi bien érudits (comme Clervie et son mentor), que plutôt soldats (comme l'explique le préjugés du garde sur le fait que seuls les hommes, plus forts par constitution, occupent les guets). Ces guets seraient la ligne de défense du reste du territoire, de ce que j'en comprends. Face à la brume, mentionnée dans le résumé et évoquée juste assez dans le texte pour être comprise comme une menace par vagues et marées, amenant avec elle les chimères, justement.


Voilà voilà. Je réalise que j'ai parfois tendance à résumer un peu ce qui se passe dans mes commentaires, ce qui n'est rien de nouveau pour la personne qui a écrit et que donc ça peut paraître inutile, mais je me dis toujours que ça permet de mettre en lumière ce que j'ai saisi, au cas où peut-être un élément aurait dû me marquer d'avantage. Je ne sais pas. J'improvise...
En tous cas c'est un excellent début d'histoire, et j'ai l'intention de poursuivre ma lecture. Merci de partager cette épopée ! =)
Amusile
Posté le 20/03/2021
Ton commentaire me touche. Savoir que le résumé t'a convaincu suffisamment pour commencer la lecture et que cette dernière ne t'a pas déçu est très important pour moi. En plus, ce que tu décris dans ton commentaire correspond à mes intentions, et c'est un soulagement que de savoir qu'elles sont bien accueillis par le lecteur. Donc, non, ton commentaire n'est pas inutile. Loin de là, et je t'en remercie chaleureusement.
FabrysBesson
Posté le 19/03/2021
Bonjour Amusile,

Quel excellent premier moment avec tes personnages.
En quelques mots, tu nous embarques dans ton univers et tout y semble solide. Je ne suis pas fan des noms que l'on trouve habituellement dans la fantasy et les tiens, qu'ils soient de lieux, de personnages ou de créatures, me plaisent beaucoup. Il y a ce côté médiéval que le langage appuie, procurant un effet réaliste et cohérent.

En ce qui me concerne, je ne me suis pas senti perdu dans les dialogues dont j'ai apprécié les tournures et le vocabulaire.
Les descriptions géographiques sont très réussies avec une mention spéciale à ce passage :
"Un ciel maussade nous menaçait d'une rincée alors que nous traversions une campagne entrecoupée de mamelons dont la pointe était marquée par des pins, et le galbe souligné par les moussons. Ces vallons bossués étaient comme des berceaux intimes, rafraîchissants, où résistaient les derniers vestiges des anciennes forêts de conifères. Le vent soufflait grand frais sur les voilages de nos chariots si bien que nous dussions les ajuster en cours de route."
• Tu possèdes un excellent style.

"Heureusement, aucun d'entre eux n'a contracté la brumoise. Cette maladie est une vraie plaie ! "
• J'ai trouvé la seconde phrase un peu "pieds dans le plat", plus destinée à ton lectorat qu'aux personnages.

"une caravane de Karvala assure une provision minimale une fois par quinzaine."
• "minimale" me paraît un peu hors contemporanéité.

"un carnet puis l'ouvris au niveau de la dernière page annotée, celle où mon maître avait noté les fournitures à acheter pour le cabinet d'alchimie."
• "où mon maître avait listé" pour éviter la sonorité répétée ?
Amusile
Posté le 19/03/2021
Merci d'être venu te perdre par ici, et bien contente que mes personnages ont su t'attirer dans leurs univers en quelques lignes.

Comme toi, j'ai souvent des difficultés avec la nomination des lieux et des personnages en fantasy. J'avais donc à cœur de ne pas trop complexifier le texte de ce point de vue là.
Je note également toutes les remarques judicieuses que tu as relevé pour améliorer mon texte. Je vais faire une petite passe de correction très prochainement.
Shangaï
Posté le 18/03/2021
Coucou, comme promis me voici sur ce premier chapitre !

Alors je trouve l'ambiance et le contexte déjà bien planté, tout ton univers m'intrigue ! J'avoue que j'aurai aimé quelques informations supplémentaires sur les chimères pour me les représenter un peu plus, mais cela viendra probablement pas la suite :)
D'ailleurs, il est toujours difficile de bien juger dés le premier chapitre car on ne sait pas ce qui nous attend par la suite et donc il est possible que certaines de mes remarques ne fasse finalement pas sens, dans ce cas je te prierais de m'excuser ! :)

J'ai eu un petit soucis en début de lecture quant à la compression des personnage... Qui est qui ? Qui parle ? J'ai trouvé que cela manquait un petit peu d'incise et j'ai du lire à deux reprises pour comprendre que le narrateur est Clervie... Je pense qu'il suiffera d'ajouter une incise ou deux au départ pour savoir qui parle ou alors ajouter une ligne ou deux de descriptions !

Par contre j'ai adoré la métaphore des bonbons pour présenter ses deux acolytes ! Ta plume est très agréable.
J'irai lire la suite avec plaisir :)
Shangaï
Posté le 18/03/2021
Oh j'ai oublié ! J'ai repéré une répétition d'expression assez proche en tout début de chapitre "à vif" ! :)
Amusile
Posté le 18/03/2021
Merci beaucoup !
Je vois exactement ce que tu mentionnes sur la difficulté de cibler le narrateur en début de chapitre. Je vais voir ce que je peux faire pour rendre la lecture plus fluide à ce niveau. Et noté également pour la répétition d'expression (qui était voulu, car Aurèle insiste lourdement, mais à voir si elle est vraiment nécessaire).
J'espère que la suite de plaira tout autant. Encore une fois, j'apprécie tes remarques. C'est toujours sympa de savoir ce que les lecteurs pensent sur l'instant, à la fin d'un passage, et non pas forcément à la fin d'un roman ^^
Shangaï
Posté le 18/03/2021
La ou je trouve que la répétition ne marche pas c'est qu'il me semble que tu l'utilise une fois dans le dialogue et ensuite dans la narration... Si c'était à chaque fois dans la dialogue du même personnage alors ok mais là cela m'a un peu gêné, mais c'est du chipotage ! :)
Amusile
Posté le 18/03/2021
Ah ? J'avais pas noté celle dans la narration. Je penser que tu parlais du fait de juxtaposer "tanner" et "à vif". Mais je vais relire avec attention et traquer la petite bête dans sa cachette ^^
Shangaï
Posté le 18/03/2021
Voici la seconde expression de "à vif" -> " J'aimais ce visage bourru, taillé à vif par les années"
Amusile
Posté le 19/03/2021
Eh bien, elle n'était pas discrète, celle-là.
Je vais la corriger.
Aemarielle
Posté le 17/03/2021
J'ai le droit de dire que c'est vachement bien ? Non parce que vraiment, j'ai été embarquée dans ton univers en l'espace d'une ligne. J'aime l'idée de découvrir ce qui tourne autour des chimères petit à petit et les personnages sont déjà très bien campés. Un bon gros coup de cœur pour moi ❤️️
Amusile
Posté le 17/03/2021
Bien sûr, tu as le droit. Ça fait d’ailleurs très plaisir de savoir que le début t’a accroché, car c’est toujours délicat à monter ! 😊
Aemarielle
Posté le 17/03/2021
Je confirme, les débuts sont toujours difficiles à mettre en place, tu as déjà bien installé l'ambiance 👍
Amusile
Posté le 17/03/2021
Merci ! ;-)
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