Passer la porte

« Comment c’est arrivé ?

– Je te raconte. Tu vois, c’est un couple.

– Un homme et une femme ?

– Oui. Ils vivent ensemble depuis des années, assez longtemps pour ne plus savoir combien exactement. C’est le soir, ils sont dans leur cuisine en train de manger des raviolis au fromage. L’ambiance est lugubre parce que plus tôt dans la journée, leur chat est mort.

– Oh… Il était vieux ?

– Oui, mais c’est quand même arrivé brutalement. Ils n’étaient pas prêts. Ils ont passé un très mauvais moment chez la vétérinaire. Le chat ne bougeait plus du tout, on aurait dit qu’il ne voyait plus. Quand ils ont rempli les papiers, l’homme s’est senti jugé par la vétérinaire.

– Pourquoi ?

– À cause du nom du chat. La Bête. Pas vraiment un nom, quoi. Mais c’était comme ça qu’ils l’appelaient, c’était leur Bête. Bref, ils sont là, ils sont tristes. Et ils ne se parlent pas. La femme ne mange pas grand-chose. Elle dit qu’elle est fatiguée, elle laisse son bol sur la table et quitte la cuisine. Lui, il termine son repas, il prend une crème dessert. Il se rend compte que la femme n’a pas dû passer à la salle de bains, parce que l’aération se met en route dès qu’on allume la lumière et qu’il n’a rien entendu.

– Ou alors elle n’a pas allumé la lumière ? Elle se brosse les dents dans le noir.

– En tout cas, ça lui paraît bizarre. Il jette un œil dans le couloir, il a la bouche encore pleine de crème au café. Et en fait, la femme est là, au milieu du couloir. Elle ne bouge pas. Elle a les yeux fixés sur une porte devant elle. C’est une porte toute bête, aux boiseries discrètes et à la poignée en céramique. Elle est close. À ton avis, pourquoi est-ce que la femme regarde la porte aussi fixement ?

– … Il y a peut-être des griffures sur le bas de la porte ? Elle pense à la Bête.

– Non, pas de griffures. C’est la seule porte qui n’en a pas, d’ailleurs. La Bête a décoré toutes les autres, mais pas celle-là.

– Pourquoi, alors ?

– Parce qu’il n’y a jamais eu de porte à cet endroit-là chez eux. Il y a la cuisine, le salon et la chambre, c’est tout, pas de bureau ou de chambre d’amis, pas d’espace supplémentaire, ni véranda ni jardin, rien. Alors l’homme se plante à côté de la femme et ils restent là, béants. Le plus bizarre c’est que la porte a l’air parfaitement bien à sa place ici, dans l’alignement, avec un repli élégant du mur et du sol pour ouvrir le passage. S’ensuit un moment de confusion pendant lequel l’homme bredouille sans réponse de la femme.

– Qu’est-ce qu’il dit ?

– Rien d’important. Qu’est-ce que c’est que ça, comment c’est possible, ce genre de blabla. Ensuite, il pose la main sur l’épaule de la femme pour la faire reculer un peu. Elle, elle a du mal à détacher le regard de la porte. L’homme dit qu’ils n’ont pas l’esprit clair, qu’ils voient quelque chose qui n’existe pas. La femme fait la moue. Elle a bien moins peur que lui, on dirait. Alors sans réfléchir, il tend la main pour toucher la porte.

– Comme ça, d’un seul coup ?

– Oui, très brusquement.

– Ça aurait pu être dangereux.

– Précisément. Au moment où il pose les doigts dessus, il a tout plein d’images horribles qui lui viennent en tête, des cauchemars d’enfance, style requin qui surgit de la vague dans laquelle tu plonges, bouche pleine de dents sous l’escalier, bras tentaculaire qui te tombe dessus dans le noir…

– Alors il se passe bien quelque chose ?

– Non. Il ne se passe rien du tout. La porte est là, juste là. Le goût du café dans la bouche de l’homme le dégoûte d’un seul coup. Il retire sa main et il marmonne que ce n’est pas possible. Que cette porte ne peut pas être là. La femme réplique que pourtant, elle est bien là.

– Comment ça se fait que la femme n’a pas peur ?

– Elle réfléchit. Elle fouille ses souvenirs. Parce qu’au fond, cette porte lui rappelle quelque chose, mais elle ne sait pas quoi. Alors la seule explication qu’elle trouve, c’est…

– C’est une porte de son enfance ?

– Non, non. Rien à voir avec son enfance. Non, ce qu’elle finit par dire, c’est qu’elle n’en revient pas d’être passée toutes ces années dans le couloir sans remarquer la porte.

– Oh.

– Oui. Voilà. L’homme fait à peu près la même tête que toi.

– Mais ça veut dire que la porte était là depuis toujours ?

– C’est ce qu’elle suppose.

– Mais tu as dit qu’il n’y avait jamais eu de porte à cet endroit-là.

– Il ne faut pas croire tout ce que je dis. Bon, alors. L’homme proteste. Sa peur envahit le couloir comme une odeur de lait caillé. C’est évident que la porte n’était pas là avant, il dit. Elle répond qu’elle n’est pas sûre. Qu’elle se demande si elle ne l’avait pas déjà vue ici, à la vérité, juste du coin de l’œil. Non, dit l’homme. Non, vraiment pas. Ce n’est pas possible qu’on ne l’ait jamais remarquée. Là, il a l’impression que la femme sourit. Il commence à se dire qu’elle lui fait peut-être une farce. Il n’arrive pas vraiment à s’en convaincre, mais il essaye. Alors il ouvre la porte, comme ça, d’un coup. Comme on fonce sur le monstre dans un cauchemar pour qu’il nous dévore et que ce soit fini.

– Et , il se passe quelque chose.

– Si on veut. La porte est ouverte.

– Quoi, c’est tout ?

– Oui, c’est tout. Tu sais, il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, en réalité. La pièce de l’autre côté est calme, banale. La seule chose remarquable, c’est qu’il y a une cheminée. Et là, effectivement, la femme se rappelle un bout de son passé, le souvenir d’un Noël en famille dans une maison de location avec une cheminée.

– C’est le même endroit, alors ?

– Non. C’est juste une cheminée qui lui en rappelle une autre. Le feu est allumé, il craque tout doucement. Et avant que tu le demandes, non, le feu n’a rien de menaçant. Leur appartement ne va pas brûler. La pièce a l’air plutôt agréable. Grâce aux flammes, la lumière est orangée, mouvante, toute douce sur les murs où sont exposés quelques tableaux. Il y a des fleurs séchées dans un vase transparent. Une table et une chaise face à la cheminée. Une fenêtre aux rideaux tirés. De la moquette couleur crème au sol.

– Qu’est-ce que c’est que cet endroit ?

– Juste une pièce qu’ils n’avaient pas remarquée. Qui sait ?

– C’est vraiment bizarre si c’est seulement ça.

– Oui, c’est ce que pense l’homme. Il est stupéfait, alors que la femme est seulement étonnée. Elle sourit, elle ne sait pas pourquoi. Elle passe le seuil, elle fait quelques pas dans la pièce. L’homme s’avance à son tour, mû par la nécessité de rester près d’elle. Elle pointe du doigt un des tableaux au mur. C’est une peinture pas bien grande, une étude, plutôt, qui représente un chat tigré. Son menton est blanc, ses yeux sont fermés. Il ronronne.

– Le tableau ronronne ?

– C’est comme s’il ronronnait, en tout cas. La femme dit que ce chat ressemble à la Bête. L’homme sent l’émotion dans sa voix. Mais lui, il ne trouve pas du tout qu’ils se ressemblent, en-dehors de ce qui fait qu’un chat ressemble à un autre. Il le lui dit, et le sourire de la femme faiblit. Elle fait le tour de la pièce. L’homme reste proche du seuil. Il se demande ce qu’ils vont faire. S’ils doivent avertir leur propriétaire. S’il faut faire condamner la porte, ou si elle aura disparu le lendemain matin. Oui, il espère au fond que la porte s’en ira. Ils n’ont pas besoin d’une pièce supplémentaire. La cheminée l’inquiète. La fenêtre l’inquiète aussi. Il préfère ne pas savoir sur quoi elle donne.

– La femme n’ouvre pas les rideaux ?

– Non, pas encore. Elle a fini de faire le tour de la pièce. Elle passe la main sur la table – plutôt un bureau – puis sur le dossier de la chaise. Elle a cette expression que l’homme aime bien en général, ce masque de douceur alanguie, les yeux tournés vers l’intérieur. Mais là, il préférerait qu’elle ait le même visage que lui. Elle le regarde. Il indique la porte d’un geste de la tête. On s’en va ? il demande. La femme hausse les épaules, elle regarde de nouveau les flammes. On est bien, ici, dit-elle. Pas vraiment, dit l’homme. Ce n’est pas normal, tout ça. On devrait s’éloigner. Éteindre le feu. La femme secoue la tête. Elle veut que le feu reste allumé. Elle veut rester à le regarder. Elle dit ça : je vais rester ici. L’homme ne comprend pas. Qu’est-ce que tu veux faire ici ? Rien de particulier, je vais juste rester. Je ne rentre pas. L’homme s’agite, qu’est-ce que tu veux dire tu ne rentres pas, tu peux rester une minute si tu veux, mais après tu rentres, enfin, on rentre, on ne peut pas rester là. Moi, je vais rester là, répète la femme. Je suis bien là. Tu peux rentrer. Elle s’assoit sur la chaise. Les flammes sont dans ses yeux. L’homme insiste un peu. Sa voix est de plus en plus plaintive, il n’en a pas conscience. Tu reviens quand ? Je ne reviens pas. Mais comment ça tu ne reviens pas, tu peux repasser la porte quand tu veux… La femme sourit, elle ne répond plus. L’homme finit par se taire lui aussi. Il tremble. Il se sent mal. L’odeur du feu l’étourdit. Il doit sortir, il sort. Referme la porte, s’il te plaît, dit la femme. Il pleure, mais il obéit. La femme reste seule dans la pièce. Elle regarde les flammes. Elle respire. Ça se finit comme ça.

– C’est tout ?

– Oui, c’est tout. »

La femme cesse de parler. Les flammes crépitent dans la cheminée, elle les regarde, elle sourit. Il n’y a personne d’autre dans la pièce.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Mogg
Posté le 30/11/2022
Très belle écriture. Ça fait peur sans faire peur. J'aime l'idée du commentaire extérieur. C'est comme un conte un peu modernisé. Une histoire racontée auprès du feu.
EryBlack
Posté le 20/12/2022
Merci pour tes impressions Mogg ! Je ne suis pas très douée pour faire peur mais je voulais a minima créer le malaise ^^
Hylla
Posté le 13/11/2022
Salut Ery :)

Cette nouvelle m'a laissée un effet saisissant ! J'aime ce parti pris narratif des on-dit, on croirait deux voix venues du couloir, d'une fenêtre... Ca donne un ton très léger, très familier, pour une histoire très belle.

Ayant souvent fait un rêve où je découvre une porte dans mon chez moi, quand l'histoire a pris cette tournure j'ai été vraiment très surprise (et contente de voir d'autres personnes faire face à cette incongruité).

Quant à la fin... Je vais peut-être extrapoler, mais à mesure que l'histoire avançait, j'ai soudainement vu en ces personnages des gens bien plus âgés que je ne l'imaginais au début. Et puis soudain, leurs réflexions prenaient une autre tournure. J'y ai vu dans les dernières lignes une allégorie de la fin de vie. Ca n'a peut-être rien à voir avec ce que tu pensais, mais c'est aussi ça, la force de ce point de vue non identifié finalement, on y met tous un peu ce qu'on veut.
EryBlack
Posté le 20/12/2022
Coucou Hylla ! Amusant que ce soit un rêve familier pour toi :D je n'ai jamais rêvé de ça personnellement, mon chez moi (ou surtout chez mes parents et grands-parents) est souvent un peu déformé dans mes rêves mais ça ne provoque pas chez moi de surprise sur le moment ^^ En tout cas, c'est le genre d'incongruité qui me plaît bien parce que je la trouve riche d'interprétations.
Merci pour tes impressions ! Intéressante idée que la fin de vie, c'est vrai que la mort plane sur le texte depuis le début finalement donc ce serait assez cohérent. Il y a aussi l'idée que les personnages vont être séparés, que l'une l'accepte mais que l'autre a du mal... Oui, vraiment, je pense qu'on peut le lire comme ça, même si en effet ce n'était pas précisément ce que j'avais en tête au moment de l'écriture ^^
Nathalie
Posté le 11/11/2022
Bonjour EryBlack

Très surprenante cette manière de conter une histoire, à travers un dialogue entre deux personnes jamais décrites, jamais identifiées. J'aime beaucoup. Belle idée !
EryBlack
Posté le 20/12/2022
Bonjour Nathalie, merci pour ton retour ! Il faut rendre à César ce qui est à César : sur le concept des textes dialogués, voire full-dialogue (ce qui est presque le cas ici), c'est en lisant les histoires de Seja qui s'inscrivent dans cette démarche que j'ai pris conscience que non seulement on avait le droit de faire ça, mais qu'en plus ça donnait des choses super cool. Là où elle utilise souvent cet outil pour créer des effets comiques, j'ai voulu tenter de créer un malaise. Heureuse que ça t'ait plu, en tout cas !
Edouard PArle
Posté le 01/11/2022
Coucou !
J'aime beaucoup le format de cette nouvelle avec le dialogue, c'est très original ça devrait être sympa à écrire. J'aime bien les petites remarques : oui ça finit comme ça, ce n'est pas une histoire ou il passe beaucoup de choses..
J'ai passé un bon moment de lecture même si finalement il ne se passe effectivement pas tant de choses que ça.
Un plaisir,
A bientôt !
EryBlack
Posté le 03/01/2023
(désolée de répondre avec tant de retard !) Je suis très fan des histoires où il ne se passe rien, c'est une obsession depuis longtemps : quelle est la plus petite action qui peut suffire à constituer une histoire ? (souvenir ému d'une rédaction à propos d'une goutte d'eau qui tombe d'une voûte quand j'étais en 5ème... c'était quasi expérimental à ce stade xD)
Merci pour ton retour !
Nanouchka
Posté le 30/10/2022
Ben, ça alors. J'ai trouvé ça très fort. Époustouflant, même. Je ne suis pas une amatrice des formats courts, mais cette histoire fait ce que je préfère : elle installe un doute, une ambiance, des émotions qu'elle dissémine partout. Je vais y repenser à cette porte et à cette pièce.
EryBlack
Posté le 03/01/2023
Coucou Nanouchka, merci beaucoup pour ce retour galvanisant <3 Moi non plus, je ne suis pas portée sur les formats courts à priori et je suis ravie que celle-ci ait pu te plaire !
coeurfracassé
Posté le 30/10/2022
Bonjour ! Étant tombée dessus par pur hasard (j'adore le hasard ; essayez de vivre à sa merci, c'est très intéressant ;-), j'ai immédiatement été touchée par le style ; une personne qui raconte l'histoire, et les commentaires de son public. Bravo pour cette idée ! Mais bon, tout ce que je pense a déjà été dit... Je suis tout de même intriguée par la porte : peut-être est-ce une porte de l'âme ? Ou une "porte à souvenirs" ? Qui sait !
EryBlack
Posté le 03/01/2023
Ah oui, le hasard est un super compagnon de vie ! Merci d'avoir pris le temps pour ce retour :) J'avais très envie de laisser le doute planer autour de cette porte, qu'elle soit très concrète mais puisse évoquer diverses symboliques. Certains y ont vu un passage de la vie à la mort, par exemple. Toutes les idées me conviennent, a priori ! ^^
Rachael
Posté le 29/10/2022
J'étais déjà venue lire ce texte, mais je n'avais pas commenté (non, c'est pas bien!).
Le fait est que je l'ai beaucoup aimé, avec les interrogations que s'échangent les personnages sur la porte, le lien qu'on ne peut s'empêcher de faire entre la mort du chat et l'apparition de la porte (alors que cela peut n'avoir aucun rapport), et le feu dans la cheminée, qui est une trouvaille géniale, parce que cela implique une présence pour allumer le feu... Et puis l'éloignement des personnages, à la fin, comme si elle avait accès à une spiritualité qui lui échappe. Ou alors au contraire, comme s'il échappait au piège et pas elle...
Tout ça est très vertigineux (avec plusieurs niveaux dans le vertigineux ^_^), et chacun peut interpréter le texte à sa façon.
Mais qu'avait donc l'autrice en tête ?? XD
EryBlack
Posté le 03/01/2023
Coucou Rach, je réponds très en retard mais j'avais adoré lire ton commentaire ! Merci en particulier pour ces multiples pistes de sens, j'adore qu'on puisse avoir cette espèce de doute à la fin : refuge ou piège ? Bon, à mes yeux c'est plus le premier, mais parfois les refuges sont aussi un peu des pièges... En tout cas, je voulais transmettre l'idée d'émancipation à travers une pièce où le personnage se sent bien, même si l'endroit est bizarre, et en dépit des impressions de l'autre personnage. Une forme de retour nécessaire à une solitude choisie. C'est un texte qui a suivi une rupture, pour tout te dire ^^ mais j'aime bien ne pas forcément le préciser, ça me plaît ce côté vertigineux !
Liné
Posté le 28/10/2022
Oh, très beau !

J'adore la forme, déjà. Ce dialogue qui n'en est peut-être même pas un, au vu de la chute, ou alors un dialogue entre deux voix d'une seule et même personne. Il y a des phrases particulièrement intelligentes, des "avant que tu me demandes, non", ou encore des "il ne faut pas croire tout ce que je raconte", qui viennent questionner la subjectivité des histoires et du langage, et ajoutent beaucoup d'honnêteté et d'humilité à ce texte.

J'adore aussi l'inquiétude, la bizarrerie, l'incongruité, mais qui se transforme de plus en plus en apaisement, en promesse de liberté. Je ne peux pas m'empêcher de penser à cette fameuse "chambre à soi" de Virginia Woolf, et à quel point les femmes en sont trop souvent dépossédées.

A très vite ;-)
EryBlack
Posté le 20/12/2022
Linééé <3 Ahhh merveilleux, je suis contente que tu cites Virginia Woolf parce que oui clairement j'avais bien en tête son titre culte (bien que je ne l'aie pas encore lu ; mais je connais le principe) et je me disais que c'était sans doute trop subtil vu que personne ne l'avait fait remarquer :') C'est l'interprétation que j'avais en tête en écrivant, en tout cas ; après, à la lecture des commentaires, il y en a plein d'autres qui sont valables aussi, mais je suis contente que tu y aies vu ce que j'avais voulu y mettre ^^ Faut bien dire ce qui est, j'ai écrit ce texte après une rupture, donc j'avais en tête l'idée de retrouver une forme d'indépendance. L'écrire sous cette forme métaphorique a été libérateur !
Idem pour les phrases comme "Il ne faut pas croire tout ce que je raconte" : ça m'a bien amusée de faire dire ça à la personne qui raconte l'histoire, j'avais vaguement en tête ces trucs du pacte auteur-lecteur sur lequel je me dis que ce serait chouette de travailler un peu.
Merci pour ton retour !
Pluma Atramenta
Posté le 28/10/2022
Wouah ! Une vraie claque, ce texte ! J'aime vraiment beaucoup. La narration en dialogue, premièrement, déborde d'originalité en donnant à l'écrit une saveur et une fluidité neuves, inhabituelles. La qualité de ta plume est davantage mise en valeur ; il a dans cette nouvelle des phrases, des bouts de phrases que j'aurais voulu souligné, surligné, annoté.... Je pense à "ce masque de douceur alanguie, les yeux tournés vers l’intérieur", par exemple. <3 J'aime ce style simple dont tu as usé. Il a quelque chose de direct, de naturel et d'en même temps profondément poétique.
De profondément mystérieux, aussi. J'ai vu qu'une autre plume a employé l'expression "cauchemar calme" dans les commentaires précédents. C'est exactement ça <3

Bravo à toi !
EryBlack
Posté le 20/12/2022
Coucou Pluma, merci de ton doux retour <3 Ça me fait super plaisir ! J'ai vraiment adoré écrire ce texte en cherchant précisément un ton qui pourrait être à la fois naturel et poétique. Je suis heureuse que cela t'ait parlé :D
Feydra
Posté le 27/10/2022
J'adore ! L’histoire si mystérieuse de ce couple et de cette porte, racontée sous la forme d'un dialogue, tout aussi mystérieux : qui sont ces deux personnages ? Comment le narrateur connait-il histoire ? l'a-t-il inventée ? Ce texte respire l'étrangeté mais aussi la douceur. Bravo !
EryBlack
Posté le 20/12/2022
Merci pour tes impressions ! Étrangeté et douceur, ça correspond pas mal à ce que j'avais en tête ^^ Je voulais raconter l'irruption du fantastique dans la vie d'un couple mais que ça puisse se passer tout doucement, sans heurts, au moins pour l'une d'entre eux. Heureuse que ça t'ait plu :) Quant aux questions que tu poses, je suis bien incapable d'y répondre !
robruelle
Posté le 04/09/2022
Bonsoir
He bien he bien ! Je ne regrette pas d'être passé par là
C'est une nouvelle extrêmement efficace je dois dire . Y a un petit kafkaïen la dedans , dans le.côté cauchemar calme, avec une tension croissante puis paroxysmique
Au début je le disais, chouette, si à chaque fois qune de mes bestioles avait passé larme à gauche, une pièce s'ajoutait plus besoin de chercher plus grand ! Mais finalement ce n'est pas si bien que ça :)
Non franchement, bravo
Je vais pas m'étendre davantage et je vais voir la suite
A plus
EryBlack
Posté le 05/09/2022
Merci de ton retour ! C'est chouette, même si je crois que je n'ai rien lu de Kafka, j'espérais bien donner cette impression de cauchemar calme. Pour en avoir fait pas mal, je sais qu'ils peuvent faire partie des pires ^^
Ah c'est drôle : je sais que c'était une plaisanterie, mais du coup tu associes causalement l'apparition de la porte et la mort du chat, et je trouve ça intéressant. J'adore voir les interprétations qui viennent à la lecture !
Pastel
Posté le 22/07/2022
Et coucou !
J'ai lu deux fois ta nouvelle, que j'ai beaucoup aimée, de la forme que prend le récit à l'atmosphère qui en dégage. On sent une réelle tension, puis il y a un contraste fort entre l'aspect menaçant, dangereux de la porte et des flammes, et l'atmosphère pourtant rassurante et même conviviale de la pièce. Ce feu allumé tout seul m'a fait frissonner ! J'aime beaucoup les décalages dérangeants comme ça, où on ne sait plus sur quel pied danser, et aussi les narrations peu fiables ("il ne faut pas croire tout ce que je dis", j'ai beaucoup aimé, et c'est bien placé). Bref, j'ai trouvé la nouvelle vraiment efficace, je n'ai pas du tout l'impression que ce soit un format qui te résiste :)
Ah, et aussi, j'aime beaucoup le titre. Passer la porte. C'est simple mais très évocateur. J'ai remarqué d'ailleurs que tes trois nouvelles sont titrées à l'infinitif, c'est volontaire ? À voir ces titres en liste, je trouve que ça peut devenir lourd, mais ça n'a pas grande importance j'imagine.
Pastel
Posté le 22/07/2022
p.s. : la porte qui échappe au regard pendant des années serait-elle un clin d'œil à Doctor Who ?
EryBlack
Posté le 22/07/2022
Coucou, contente de te voir par là ! Alors c'est tout à fait possible que je me sois inspirée de Dr Who parce que j'adore la série (bien que j'aie progressivement lâché dans la période Capaldi), mais la porte cachée ne m'évoque rien directement. Tu as un épisode précis en tête ?
Merci pour tous tes retours, c'est cool ! J'ai adoré écrire cette nouvelle, je dirais que c'est ce qui m'a remis le pied à l'étrier en début d'année. Je cherchais précisément ce genre de décalage. Concernant les titres oui, j'avais l'idée de former un recueil avec ce même format de titre. À voir en effet si ça finit par être trop répétitif ; comme je ne sais pas encore combien de nouvelles il y aura, difficile à dire ! Merci d'attirer mon attention là-dessus !
Pastel
Posté le 22/07/2022
D'accord ! Je pense au 05x01, le premier épisode avec Smith et Amy (j'aime énormément cet épisode il faut dire).
C'est super que tu aies retrouvé un élan d'inspiration :) et pour le recueil, je comprends aussi l'idée d'harmoniser les titres. J'imagine que tu le sentiras dans un sens où dans l'autre à un moment ?
EryBlack
Posté le 24/07/2022
Je l'ai vu cet épisode mais peu de souvenirs ! (Je suis très Tennant + Donna, c'est surtout les 4 premières saisons que j'ai re-re-re-regardées :P) J'y rejetterai un oeil à l'occasion pour voir à quel point je me suis inspirée involontairement xD
Oui c'est tout à fait ça, je verrai selon l'évolution du recueil ! De toute façon, en ce moment j'écris beaucoup de nouvelles mais elles ne trouveront peut-être pas toutes leur place dedans. Donc on verra ;)
Ewen
Posté le 21/11/2021
J'ai adoré l'histoire du début a la fin ! Elle mérite complètement le podium d'Octobre Imaginaire :D
Les échanges entre le(s) protagoniste(s) sont super fluides, et le mystère est présent dès la première ligne : 2 points qui font qu'on ne peut plus décrocher du texte une fois qu'on l'a commencé.
En plus de ça t'as un humour passe-partout, bien dosé pour ne pas prendre le dessus sur l'aspect mystérieux ;)

Il y a donc vraiment très peu à redire, cette histoire est un véritable plaisir à lire !
Si je devais faire une critique, ce serait sur l'insert des dialogues dans les répliques du personnage qui raconte ; par moments, ça m'a semblé bancal.
Exemple : "L’homme s’agite, qu’est-ce que tu veux dire tu ne rentres pas, tu peux rester une minute si tu veux, mais après tu rentres, enfin, on rentre, on ne peut pas rester là" --> peut-être ":" au lieu de la première virgule ? Et "?" au lieu de la deuxième ? Et remplacer une ou deux virgules suivantes par des points peut-être ?
Ewen
Posté le 21/11/2021
Ce sera plus clair comme ça :

"L’homme s’agite : qu’est-ce que tu veux dire tu ne rentres pas ? Tu peux rester une minute si tu veux, mais après tu rentres - enfin, on rentre. On ne peut pas rester là."
EryBlack
Posté le 01/12/2021
Bonjour Ewen, merci de ta lecture ! Heureuse que l'ensemble t'ait plu :)
Je comprends ta remarque, toutefois ce passage a été pensé tel quel. Je suis très fan du discours indirect libre qui a tendance à brouiller les pistes entre narration et dialogue. C'est déstabilisant et peut-être même inconfortable, selon ta subjectivité, mais c'est voulu comme ça ^^ Cela dit, merci d'avoir pris le temps de faire la remarque, elle aurait pu m'être utile !
Amusile
Posté le 12/11/2021
Coucou,

Un texte original dans son fond comme dans sa forme.

Les dialogues externes sont très captivants, on se laisse gagner par la petite histoire, d'un couple banal, dans un quotidien banal, dans un appartement banal, mais qui peine à retrouver leur équilibre après la mort de leur chat. Et l'appartement, plus si banale que ça, ouvre alors une pièce secrète, une pièce intime, où il sera bon se souvenir. Se souvenir de tout et de rien. Du chat, de la cheminée, d'un Noël...
EryBlack
Posté le 13/11/2021
Coucou Amusile, heureuse de te voir par ici ! Merci pour ton retour sur cette petite nouvelle, j'ai pris beaucoup de plaisir à la concevoir. L'idée d'une pièce secrète où se réfugier me séduit :) Bises et merci d'être passée !
TUSCARORA
Posté le 07/11/2021
Récit très original car il est raconté par deux observateurs extérieurs sous forme de dialogue ce qui banalise le drame qui se joue sous nos yeux : deux personnes âgées viennent de perdre leur chat. On sait à quel point les vieilles personnes seules s'attachent à leur animal de compagnie et aussi combien la perte de leur compagnon peut leur causer une peine immense et les perturber. Cet épisode de la vie quotidienne assez banal prend une ampleur dramatique vu au travers de la lorgnettes de personnages un peu voyeurs et détachés (comme on peut l'être vis à vis du malheur d'autrui ou de celui des personnes âgées) et aussi par le symbolisme que représente cette porte. La porte s'ouvre soudainement sur un passé chaleureux et peut-être préférable au présent sans charme que vivent les deux vieux dans l'univers étriqué et pauvre de leur appartement. A tel point que la vieille dame choisit de s'y réfugier pour ne plus revenir. C'est le passage de la vie à la mort. Attitude suicidaire ou dépression ?
Enfin c'est comme cela que je l'ai ressenti.
Je trouve que c'est un texte intéressant de par les procédés employés pour mettre en évidence une certaine forme de détresse humaine.
EryBlack
Posté le 11/11/2021
Merci d'avoir pris le temps de développer ton ressenti sur le texte ! C'est drôle, je n'ai pas précisé l'âge des personnages, je les voyais plutôt trentenaires, ou un peu plus mais en tout cas pas vieux. Cependant, ta vision des choses se tient ^^ Je suis contente que le texte t'ait intéressé !
Papagena
Posté le 01/11/2021
Bonjour EryBlack
La porte a toujours été symbole de passage. La femme — incontestablement la plus touchée par la mort de la Bête — essaye de s’isoler loin de l’évidence : son chat est mort, alors elle invente cette porte ( de secours ). Son mari semble plus conscient et cherche à faire revenir sa femme à la réalité, sans la contrarier.
Le dialogue entre les deux copains ( oui, je vois deux gars assis au comptoir d’un bistro ) est effacé par celui du couple et là, bravo ! Tu aurais pu introduire un dialogue juste entre l’homme et la femme, mais je comprends qu’ils sont présents pour alléger l’intrigue, pour nous faire vaciller entre un échange absurde et la peine de cette femme qui cherche l’isolement.
Enfin, c’est comme ça que je le ressens. Mais il y a matière à toutes sortes d’interprétations. J’ai d’ailleurs beaucoup hésité à cause du nom du chat. Finalement, tu nous donnes l’occasion de voyager au fond de nous même et d’exprimer ce que chacun d’entre nous ferait dans cette situation.
EryBlack
Posté le 05/11/2021
Bonjour Papagena, bienvenue ! Ton avatar est très joli <3
Dis donc, on dirait que malgré le caractère incertain du texte, tu t'en es fait une idée très précise, c'est intéressant. C'est vrai que c'est chouette pour moi de voir ce que les lecteurs et lectrices projettent de différent sur ce texte. Je suis contente d'avoir réussi à lui donner cet aspect "poreux", dans le sens où il peut être lu très différemment et effectivement interroger sur la réaction face à un événement comme celui-là. Ce n'est pas vraiment dans mes habitudes et c'est sympa de changer. Merci d'avoir pris le temps de partager ton ressenti !
CM Deiana
Posté le 30/10/2021
Bonjour,
Voici un texte très intriguant. J'aime beaucoup le style, le dialogue ne paraît pas artificiel, on s'y croit vraiment, comme si nous étions inclus dans la conversation.
Je n'ai pas ressenti de peur mais juste une immense lassitude d'une vie monotone, qui a été subitement bouleversée par la mort du chat. Et qui a peut-être amené ce besoin d'un pièce extra-ordinaire.
Bravo !
EryBlack
Posté le 30/10/2021
Bonjour, merci pour ce retour très précis ! C'est intéressant que tu aies fait ce lien et trouvé cette "explication", je pense qu'elle a du sens. Il y a en effet des moments où on a besoin de s'isoler dans un endroit un peu hors du commun, un peu "bulle", pour se retrouver. Ça correspond pas mal à mon état d'esprit en l'écrivant, en tout cas. Merci encore !
Nascana
Posté le 25/10/2021
Coucou,

J'ai bien aimé ce mystère de la porte qui apparait sans prévenir. J'ai imaginé que la femme la voyait et voulait y rester parce qu'elle avait besoin d'une pause pour gérer la mort de son chat. J'imagine la pièce comme un endroit où le temps se fige. On peut y rester le temps dont on a besoin.

Après, j'avoue que j'aurais voulu en savoir plus sur les narrateurs. La chute me laisse un peu se ma faim. Qui sont ces personnes qui racontent l'histoire et qu'est-ce que cela leur apporte ?
EryBlack
Posté le 26/10/2021
Salut Nasca,
Un endroit où le temps se fige, oui, c'est vrai qu'il y a un peu de ça. J'aime bien cette idée d'une pause pour se remettre, ce n'est pas forcément ce que j'avais en tête mais c'est une lecture intéressante.
Alors là, je n'ai aucun élément pour te répondre ^^ Je n'ai pas pris de décision. Je pense que celle qui raconte est la femme elle-même, mais ça pourrait en être une autre ; et l'interlocuteur qui pose les question, je ne sais pas du tout qui ça peut être. Je ne voulais pas spécialement que ça reste un mystère en suspens, pour moi ce qui comptait c'était plutôt la symbolique de l'histoire en entier. C'est donc ouvert aux interprétations, là encore !
Fy_
Posté le 24/10/2021
Je suis d'accord avec Chrys, tu réussis parfaitement à recréer le malaise simplement en jouant sur l'étrange et le décalé, car on sent bien que cette pièce est décalée de la réalité et provoque chez la femme des réactions presque possédées, hypnotisées. Curieusement, ces réactions là déteignent sur nous, lecteurs, et c'est comme si on entrait nous aussi dans cette pièce et qu'on s'y sentait étrangement bien, au point de rester à l'intérieur avec cette femme.

La forme du récit est très intéressante également, ça mêle histoire et réalité et le fait d'avoir la scène d'un point de vue déjà interprété puisqu'il est raconté ajoute une ambiance particulière à ton texte.

Merci pour cette curieuse petite nouvelle, au plaisir de te lire ! :)
Fy
EryBlack
Posté le 26/10/2021
Merci, c'est chouette pour moi d'avoir ton ressenti ! Je suis contente que ces "réactions" aient pu se transmettre du personnage au lecteur, malgré le fossé représenté par la forme dialoguée. Et aussi pour l'ambiance : pas facile d'en installer une en si peu de mots, moi qui ai l'habitude de m'étaler !
Merci encore :)
Chrys
Posté le 18/10/2021
Bonjour
Superbe histoire. Vous arrivez à créer un sentiment de malaise avec des éléments de décors ordinaires sans monstres ni sang. On aurait presque envie de rester avec la femme dans cette pièce accueillante avec la chaleur de la cheminée mais finalement non.
La forme dialogue crée une distance au niveau des émotions et pour moi renforce le malaise. Vraiment très bien.
Bonne continuation.
EryBlack
Posté le 26/10/2021
Bonjour, merci beaucoup pour ton retour :) J'aime bien cette friction entre le malaise et l'ordinaire, précisément. C'est un chouette terrain de jeu !
Contente que le texte t'ait plu !
itchane
Posté le 17/10/2021
Hello Ery !

Merci pour ce très beau texte, l'idée du dialogue est vraiment très bonne, car dès le début il y a un côté "histoire au coin du feu" qui prend toute sa signification dans la chute ♥ (Bon j'imaginais plus un truc genre colo de vacances, mais l'idée du feu était présente inconsciemment dans mon esprit dès les premières lignes !)

Je ne sais pas si c'est le contexte et la conversation dans ton jdb mais j'ai tout de suite pensé à une rupture x'D
La femme n'a pas peur car c'est elle qui est en train de prendre une décision (qui était en fait là depuis le début) et l'homme, lui, est effrayé car il est en train de comprendre ce qui va inévitablement arriver... ou bien je me projette juste complètement dans ton récit haha x'D

SI je devais pinailler, j'ai éventuellement trouvé que certaines formulations descriptives faisait plus écrites qu'orales par leur tournure une peu "parfaite" comme "boiseries discrètes" ou "repli élégant" mais bon, c'est un détail ^^

Bravo pour ce texte ! ♥
EryBlack
Posté le 26/10/2021
Coucou itchane <3
Haha oui, je suppose qu'en connaissant le contexte tu lis le texte un peu différemment ^^ En fait, à la base, les personnages qui trouvent la porte devaient être trois soeurs. Mais quand j'ai parlé de ce projet d'histoire à quelqu'un à qui je venais de parler de ma vie actuellement, on m'a fait remarquer la similitude : moi aussi, je viens de "passer une porte". Du coup j'ai mis un couple. Je ne voulais pas rendre quoi que ce soit explicite, mais j'ai indéniablement puisé dans mon vécu. On peut y voir des choses différentes : rupture, deuil, quelqu'un m'a même dit que ça lui faisait penser à la femme qui veut rester dans son rêve dans Inception, donc une fuite du monde réel... Ça me plaît bien, cette richesse d'interprétation, c'est rare que je laisse cet espace-là dans ce que j'écris.
Oui, c'est vrai qu'il y a des trucs qui ne se diraient pas vraiment à l'oral... Mais comme c'est un oral un peu factice de toute façon, j'ai pensé que ça n'importait pas :) Merci pour ton retour <3
Dragonwing
Posté le 17/10/2021
Très sympathique nouvelle, Ery, j'ai beaucoup aimé ma lecture. Le choix du dialogue comme format donne énormément de vie à une histoire qui aurait pu être un peu fade en narration directe, et la chute est particulièrement bien trouvée. Un vrai plaisir.
EryBlack
Posté le 20/10/2021
Merci Drago pour ton retour ! J'avais justement commencé en narration directe et justement, ça ne m'avait pas convaincue. Heureuse que ça fonctionne ainsi !
Hastur
Posté le 16/10/2021
Hello !

C'était top ! J'ai beaucoup la construction du dialogue, son rythme, la façon dont l'histoire est raconté avec quelques petits détails de la vie. L'ambiance que tu poses vraiment palpable à la lecture et on s'en sent envoûté comme il faut pour se dire "Mais est-ce que tout cela nous mène ?". J'ai beaucoup la conclusion, l'aura qui s'en dégage. Il y a quelque d'effrayant et de sinistre à la fois.

Merci pour ce morceau d'évasion ;).

A bientôt !
EryBlack
Posté le 17/10/2021
Salut ! Merci pour ton retour, j'ai passé un bon moment à l'écrire, je suis heureuse que ce soit appréciable à la lecture :D Pis si j'ai réussi à faire un truc un peu effrayant et sinistre, j'en suis ravie, parce que c'est pas spécialement ma zone de confort ^^
Merci encore ! À bientôt :)
Isapass
Posté le 14/10/2021
Pour l'anecdote, il faut que je te dise que j'ai hésité à participer, et que j'ai joué avec des histoires... de portes. Mystérieuses, qui menaient vers... mes pauvres réflexions ce sont arrêtées là et je n'ai rien fait, mais évidemment, la découverte de ta nouvelle m'a ravie ! Et j'ai eu bien raison de ne rien faire, parce que je n'aurais sûrement pas tenu la concurrence !
C'est une vraie performance : parvenir à créer une ambiance pareille en discours rapporté, c'est très fort ! Parce que tu t'es rajouté une vraie difficulté, dans la mesure où le discours rapporté à tendance à mettre une distance entre le lecteur et le récit. Mais, là, aucun problème : c'est super immersive. Le rythme est régulier, presque ronronnant, il y a presque un effet d'hypnose malgré les répliques de l'interlocuteur. Quant à l'histoire, elle est originale et troublante à souhait. Même la mise en abîmé fonctionne très bien, même si on la voit venir.
Et c'est un vrai plaisir de retrouver ta plume <3
Une très belle réussite ! Merci pour ce moment de lecture
EryBlack
Posté le 17/10/2021
Mais trop marrant ! On est d'accord, hein, une porte, c'est un formidable symbole de mystère ? 8D J'aurais bien aimé lire ce que tu aurais produit sur ce thème.
Merci beaucoup pour tes compliments, ils me vont droit au coeur <3 Cette nouvelle m'a servi à me remettre dans le bain de l'écriture, donc c'est très rassurant de voir qu'on lui fait bon accueil. J'avais commencé une narration normale, pas en discours rapporté, mais je trouvais que ça manquait de peps et de mystère. En donnant la parole à un narrateur interne à l'histoire, je créais un mystère de plus autour de son identité (même si on le voit venir, en effet, et tant mieux, mon but n'était pas de faire une grosse chute en mode WAW) et ça m'obligeait à conserver un même ton, à ne pas trop m'écarter du récit comme je peux avoir tendance à le faire. Et puis finalement j'ai rajouté aussi l'interlocuteur pour améliorer le rythme du récit, qui me paraissait plat. Bref, c'est rigolo parce que beaucoup de composantes de cette histoire viennent en fait de décisions très pragmatiques en termes d'écriture, donc si le résultat marche à la lecture, ben c'est vraiment cool !
Un plaisir aussi de retrouver tes commentaires <3 À très bientôt !
Louison-
Posté le 14/10/2021
Coucou Ery ! :)

Ca m'a fait super plaisir de relire un peu de toi, ça m'avait manqué cette faculté que tu as de générer de belles ambiances <3 Et savoir que tu te replonges dans l'écriture, ça me rend vraiment heureuse, alors oui, je suis contente pour toi et contente de te lire <3

Ensuite, concernant la nouvelle ! Eh bien, plusieurs points m'ont beaucoup plu. Déjà, le cadre un peu trivial qui détonne avec un côté fantastique. Le mélange me plaît. Et c'est surtout que j'aime quand on traite de sujets "ordinaires", qui paraissent insignifiants et qui pourtant disent beaucoup de choses. Ce sont des phrases comme : "Ça se finit comme ça.
– C’est tout ?
– Oui, c’est tout. »
qui me font fondre, parce qu'en soi, on pourrait croire que ça n'apporte rien de nouveau, que c'est inutile, et pourtant ça veut tout dire et ça ouvre à mille interprétations ! Donc le côté désuet, qui teinte toute la nouvelle d'une grande nostalgie, ça m'a portée :)

Autre chose que j'ai aimée, c'est le petit soin donné aux détails "insignifiants", comme cette récurrence de la crème au café. Ta nouvelle sent le café et le doux, le sucré. Elle sent le triste aussi, l'abîmé <3

Encore une chose ! La forme dialoguée, ça aussi c'est cool, d'autant plus que dedans, j'ai remarqué pas mal de discours indirect libre pour les conversations entre la femme et l'homme, et 1) j'aime le DIL, 2) c'est bien maîtrisé, fluide, alors bravo pour ça <3

La femme et l'homme aussi sont très différents l'un de l'autre, lui est clairement plus pragmatique, à se demander quoi faire de la pièce, alors que la femme se laisse entraîner, donc chouette d'avoir une nette différenciation malgré le format court.

Et la chute est intéressante, là aussi ! C'est assez ouvert à l'interprétation, cette femme qui parle à elle-même. Je te laisse la mienne : je le vois assez comme une mise en abime ? Tout s'est passé comme dans le dialogue, et cette femme qui dialogue toute seule rapporte simplement ce qui s'est déroulé, et l'interlocuteur imaginé/reproduit pourrait être le feu/l'homme/la Bête ? Je sais pas, mais je trouve chouette cette chute :D

"Les flammes sont dans ses yeux. " >> J'aime.

Voilà ! Désolée mes remarques sont un peu pêle-mêle. Quoiqu'il en soit, je t'encourage dans la suite, et te fais mille bisous. Prends soin de toi <3
EryBlack
Posté le 17/10/2021
Coucou Louisoooon <3 Merci beaucouppp, comme d'habitude tu laisses des commentaires du tonnerre qui font plaisir et laissent songeuse <3
Le trivial et l'insignifiant-finalement-signifiant-parfois sont des trucs que je chéris ^^ J'aime les détails et les grilles de lecture qu'ils suggèrent. Certains signes ne porteront pas de sens pour le lecteur mais j'aime bien qu'ils en aient pour moi. Le café fait partie de ces trucs-là. (et le triste et l'abîmé aussi, en ce moment ! Contente que tu l'aies perçu.)
Le discours indirect libre c'est la viiiie. Merci pour ton retour là-dessus, c'est pas toujours facile à apprivoiser !
Ta vision de la chute correspond à ce que je voulais faire. Pour moi c'était une manière de dire à la fin "Hé, ce n'est pas juste une histoire racontée, c'est une histoire vécue" et je trouvais la distinction très importante. Quant à l'interlocuteur, j'aimais aussi bien l'idée qu'il pourrait s'agir de la Bête, même si je ne l'ai pas "décidé" nettement.
Encore merci pour tes retours, c'est chouette le pêle-mêle <3 Bisous et à très vite !
Rimeko
Posté le 06/10/2021
Hello Ery,
ça faisait longtemps que je n'avais rien lu de ta plume, mais dis donc, cette nouvelle histoire ne démérite pas :P J'aime beaucoup le format de narration, le dialogue est fluide et naturel, les interjections de cellui qui écoute bien rythmées - ça apporte plus de dynamisme au récit ! Même si, au final, il semblerait que ce ne soit pas un dialogue... non ? J'imagine la femme monologuer ça aux flammes, je ne sais pas si c'est ce que tu avais en tête.
Quant au fond, l'aspect très prosaïque du début (le nom du chat et la réaction du véto, le repas et la fameuse crème au café...) tranche, et en même temps se fond, face à l'aspect fantastique du reste. En plus, l'idée de découvrir seulement à ce moment une pièce dans son appartement et ne pas s'en étonner, je sais pas pourquoi, mais ça me plaît. La réaction tout en douceur de la femme aussi. J'aurais juste été curieux de voir ce sur quoi la fenêtre s'ouvrait... :P
Bref, j'ai pas grand chose à dire à part que j'ai aimé, en fait xD Merci du partage !
EryBlack
Posté le 06/10/2021
Coucou Riri <3 Oui ça faisait longtemps, ça fait plaisir de te voir par ici ! Dialogue ou pas, franchement, je ne saurais pas dire. Avec la dernière phrase, je voulais juste empêcher qu'on s'imagine que la femme papotait avec une copine ou son chat ou je ne sais qui d'autre xD Et montrer que tout ça est un peu plus complexe. J'aimais bien qu'on puisse imaginer que cellui qui écoute est le lecteur, par exemple :)
Ce décalage entre prosaïque est fantastique, c'est quelque chose que j'aime beaucoup lire moi-même ! Je suis contente si ça t'a fait cet effet-là. La fenêtre, par contre, je n'ai aucune idée de ce qu'il y a derrière et ça me fout même un peu la frousse de l'imaginer xD
Merciii pour ton retour ! À bientôt !
Belisade
Posté le 05/10/2021
Bonjour EryBlack,
Bravo pour l'originalité de narration sous forme d'un dialogue entre deux personnes. A part le tableau du chat, je n'ai pas vu de corrélation entre la partie autour de la mort du chat et la deuxième avec l'apparition de la porte, sauf si c'est la mort du chat qui a déclenché l'apparition de la porte, mais à la rigueur cela n'a pas d'importance.
Cette apparition de porte m'a rappelé un rêve que je faisais quand j'habitais un appartement trop petit. Tout à coup une porte que je n'avais jamais vue se matérialisait et il y avait une pièce supplémentaire.
Je trouve intéressants les échanges entre l'homme et la femme : la découverte de la porte ; existait-elle ou pas ? on est dans le domaine de l'absurde et ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, puis l'incompréhension qui nait entre eux, du fait que l'homme hésite à avancer et la femme ne veut pas revenir en arrière. Elle reste seule dans cette pièce, ce qui montre que cet événement a un caractère définitif dans leur histoire. Finalement un peu comme la mort du chat. Enfin, les deux personnages ont un aspect 'brut', pas dégrossi, déjà par le nom qu'ils donnent à leur chat, puis leur placidité, leur lenteur à réagir. Ca me fait penser à une pièce de théâtre russe, on croirait presque entendre le tic tac d'une pendule dans le silence de la pièce scander le temps qui passe. Celle qui est derrière la porte secrète bien sûr.
EryBlack
Posté le 05/10/2021
Bonjour Belisade, et enchantée !
Merci pour ton retour, c'est très intéressant de voir quels sont les points qui ont retenu ton attention. Je n'ai pas voulu dresser de corrélation entre quoi que ce soit dans cette nouvelle, mais tu mets le doigt sur quelque chose d'important en évoquant l'idée du "définitif". Je crois que c'était la symbolique que je cherchais.
C'est drôle que tu aies fait ce rêve... Moi ça ne m'est jamais arrivé de rêver d'un espace supplémentaire, mais beaucoup d'espaces connus qui se déforment. Je trouve que c'est une matière très intéressante, l'irruption de l'étrange dans un espace familier.
Je serais bien incapable d'écrire une pièce de théâtre russe (pour la simple et bonne raison que je ne parle pas russe... ok j'ai vraiment fait cette blague...), mais je vois ce que tu veux dire avec le côté lent. Je n'avais pas réalisé que ça pourrait évoquer cette littérature-là (un peu à la Beckett, aussi, peut-être ? côté absurde ?), ça ne fait pas partie de mes influences conscientes. Mais j'aime bien l'idée !
Merci encore, vraiment riche ton retour, ça m'a fait très plaisir de le lire !
Herbe Rouge
Posté le 05/10/2021
Original cette façon de raconter l'histoire ! C'est très prenant, et très mystérieux.
Alors, contrairement aux autres, je n'ai pas imaginé un seul instant qu'elle puisse vraiment être seule, donc pour moi, il y a bien deux personnes, et la fin reste assez mystérieuse.
J'ai personnellement imaginé aussitôt que la porte allait disparaitre derrière elle, et qu'elle avait décidé d'y rester pour y mourir...
EryBlack
Posté le 05/10/2021
C'est plus ce genre d'interprétation que je cherchais à générer, tout dans la symbolique ! Y rester, oui ; y mourir, ce n'est pas ce que j'avais en tête, mais il y a bien l'idée de quelque chose de définitif, un passage qui ne peut plus se refaire en sens inverse. Donc ça correspond quand même plutôt bien et ça me fait même plaisir que tu aies perçu cette "couleur". Merci beaucoup pour ton retour Herbe Rouge ! Contente que ce texte soit passé par ton imagination :)
JeannieC.
Posté le 04/10/2021
Woooow, j'aime !
La forme dialoguée d'abord, je suis assez fan des histoires contées sur ce principe, un peu comme dans "Les âmes fortes" de Giono où toute l'histoire est racontée / bricolée / corrigée au fur et à mesure par les voix de femmes à une veillée. Petite pensée aussi pour "Jacques le fataliste" avec les moments où le dialogue joue un chouïa avec nous.
Gros coup de cœur aussi pour certaines interventions qui pour moi sonnent un peu comme des pointes d'humour avec un côté méta-textuel, comme le "il ne faut pas croire tout ce que je dis" assez bien vu. Ou le "il ne se passe rien" qui joue pas mal avec les attentes du lecteur et le pacte de récit. L'histoire a l'air de se faire et défaire sous nos yeux en même temps que ces deux personnages ne sont eux-mêmes pas complètement sûrs de ce qu'ils décrivent.
Super approche donc, pour un texte fantastique. Beaucoup de subtilité aussi dans le jeu avec les digressions, les détails disséminés ici et là - le nom du chat, la véto etc. Et le tout terminant avec ce double doute nous faisant nous interroger sur le dialogue lui-même. Personne sénile qui se parlait toute seule, présence dans sa tête ou imaginée près d'elle, ça reste très ouvert et mystérieux. J'ai beaucoup aimé ce texte !
EryBlack
Posté le 04/10/2021
Roh, merci beaucoup ! Tu mets le doigt sur des choses que j'ai bricolées avec soin, ça fait super plaisir ^^ Le côté méta-textuel est complètement voulu par exemple, c'est un truc qui me poursuit pas mal en ce moment.
Jacques le fataliste m'a vraiment fait suer en prépa. Il fait partie de ces bouquins dont l'existence me réjouit parce que conceptuellement, ils sortent du commun, sans que je les apprécie réellement pour autant. Mais c'est très intéressant à explorer, comme format, c'est vrai !
Merci encore d'être passée !
Alice_Lath
Posté le 02/10/2021
Eh bien, une très belle nouvelle fantastique (ou non, selon l'interprétation de la fin) je dois dire ! Le début était un peu raide, pas par rapport au fond ou à la forme haha justement, parce que c'était très bon et que je suis moi-même en train de me peler les miches dans mon appart avec des pâtes froides, ça a bien renforcé le mood grisaille haha Donc plantage d'ambiance très bien réussi
La structure du dialogue était très chouette ! Ça rebondissait bien, il y avait du rythme et les tournures étaient très jolies. J'apprécie vraiment le rythme que tu donnes à tes phrases. Il y a simplement un rythme régulier de négation entre la voix qui pose la question et la voix qui nie ses hypothèses qui crée parfois une légère redondance, qui diminue le suspens de la réponse, mais c'est de l'ordre du détail hahaha ! Donc on s'en fiche plus ou moins
Pour la chute, je suis en revanche un peu moins fan, contrairement à certains autres. Mais de manière générale, je n'apprécie plus vraiment les trucs "c'était dans sa tête", qui est toujours une conclusion qui me laisse sur ma faim
Bref, en tout cas, bravo encore pour cette très chouette nouvelle ! C'était très plaisant à lire ! Et cette idée du dialogue était très bien trouvée et très bien menée !
EryBlack
Posté le 02/10/2021
Coucou ! Merci pour ton retour !
Oooh, alors je dois dire que je n'avais pas du tout l'intention de faire une chute à la "tout s'est passé dans sa tête", moi aussi ça ne me plaît pas trop ce procédé. Je dis juste qu'elle est seule dans la pièce, mais ça ne signifie pas que tout s'est passé dans sa tête. Cette pièce qu'elle vient de découvrir contient un mystère, peut-être une forme de présence. Je n'ai pas voulu donner une résolution explicite, je voulais rester dans quelque chose de symbolique. Ça m'embête si ça ne se perçoit pas, mais c'est comme ça ! Merci beaucoup pour ton retour qui me donne à réfléchir <3 Pas si facile d'écrire une fin ouverte !
Alice_Lath
Posté le 02/10/2021
Aaaaah okay, je vois ! Mmmh, je l'ignore, peut-être que les autres commentaires m'ont influencée ? Je l'ignore ! Difficile à dire hahaha peut-être que mon cerveau s'est câblé bizarrement ! Mais effectivement, si c'est comme ça la fin, c'est très cool !
Kevin GALLOT
Posté le 02/10/2021
Salut EryBlack. C'est excellent ton histoire. Sous forme de dialogue intégral, j'aime beaucoup, mais j'avoue que je me suis demandé pourquoi ce choix, avant de lire la chute, et ça prend tout son sens ! C'est vraiment bien joué.
D'ailleurs la chute est vraiment bonne. Et elle laisse libre cours à plusieurs interprétations. Moi j'ai pensé à une vieille femme sénile devant la cheminée de son hospice, soliloquant sans fin la même histoire devant des soignants dépités :D
Bref très bon, merci pour le partage
A+
EryBlack
Posté le 02/10/2021
Salut ! Merci pour ton retour !
Oh je pense que si c'était ça, j'aurais fait apparaître un docteur ou quelque chose pour l'appuyer ! J'avais envie que ça reste beaucoup plus large. C'est drôle que tu aies pensé à quelque chose de si précis ^^ Curieuse de voir si d'autres Plumes partageront d'autres interprétations de la fin 8)
Merci encore !
Kevin GALLOT
Posté le 02/10/2021
c'est sûrement mon côté infirmier, ça a dû me rappeler des experiences passées :D
Prudence
Posté le 01/10/2021
Alors... je ne sais pas quoi penser. Je pense que je vais relire cette nouvelle plusieurs fois avant de la comprendre. xD C'est génial. Génial au point de m'ôter les mots de la bouche. J'ai adoré cette histoire et le "full" dialogue. On s'attache aux personnages, en tout cas, je me suis attachée à presque chacun d'entre eux, à celui qui raconte l'histoire et à l'homme dans l'histoire.

La seule chose qui m'a un peu sortie du récit, c'est le questionnement de l'autre personnage. Je trouve ses questions un peu "à côté" de ce que l'on aurait attendu, on sent qu'on veut nous emmener quelque part, un peu comme à contre-courant. Comme si tu ne voulais pas que l'issue soit trop évidente, que tu voulais nous mettre sur d'autres pistes. Par exemple, il dit : " Comment ça se fait que la femme n’a pas peur ?", la question qui m'est venue l'esprit à ce moment-là, a été plutôt celle-ci : "Pourquoi ne dit-elle rien ?". Je n'ai pas ressenti qu'elle n'avait pas peur avant que le personnage ne le dise. Comme si le personnage avait imaginé quelque chose qui n'est pas dans le récit, surinterprété les paroles du conteur. Je ne sais pas si je suis claire.

Enfin, c'est très subjectif, peut-être que c'est justement une des qualités du textes ?

Sauf ce petit détail, j'ai été enveloppée par l'intrigue et le mystère qui s'épaissit et s'épaissit, et sans vraiment de réponses à la fin, un peu en suspens comme si la réponse était dans le texte et pas dans sa chute. Je suis peut-être à côté de la plaque mais j'ai eu cette sensation en finissant. Je n'ai pas été frustrée même si je n'ai pas tout compris. D'ailleurs, la femme avait un petit côté effrayant et La Bête, aussi. Les descriptions sont magnifiques et l'histoire/conte racontée d'une manière très fluide et naturelle, entre langage familier et langage soutenu, entre finesse et subtilité. C'est la meilleure histoire racontée par un personnage dans un récit que j'ai jamais lu. Merci pour cette lecture et au plaisir de la lire et relire, encore et encore !
EryBlack
Posté le 02/10/2021
Coucou Prudence ! Merci pour ton retour !
Ton questionnement est intéressant. En fait, si on relit la chute, a priori la femme qui raconte n'a pas d'interlocuteur avec elle dans la pièce (mais c'est volontairement suggéré sans être appuyé). Ça pourrait signifier qu'en réalité, personne ne lui pose de question durant ce dialogue, elle ne fait que parler avec elle-même. Vu ta question, de ce point de vue-là, ça expliquerait comment ce faux interlocuteur en sait autant. Mais ce n'est pas la seule explication possible. Ta remarque aurait été très pertinente si en effet je voulais bien différencier la raconteuse de l'interlocuteur, mais là en l'occurrence ils se confondent et prennent part au même récit (bien que parfois ils aient des attentes différentes). Je voulais que ça participe au côté effrayant, tout comme la présence du feu, la mention de la Bête... un genre de dédoublement.
En tout cas, ton retour montre que tu as eu une lecture super attentive et ça me fait plaisir ! Merci beaucoup pour tes compliments <3
Prudence
Posté le 02/10/2021
Ah ! Je comprends mieux ^^ Autant pour moi, j'ai mal lu les trois dernières phrases. J'en reste d'autant plus enthousiaste !
Hinata
Posté le 01/10/2021
Woooow mais quel texte incroyable Ery !
J'aurais peut-être pas dû le lire en premier, maintenant ça va être dur pour les autres fictions de rivaliser dans mes préférences x)
Bon déjà, le dialogue, j'adore. C'est à la fois naturel (j'adore les moments où l'un.e coupe la parole à l'autre notamment), et puis très bien formulé avec vraiment le ton de la personne qui conte une histoire. Et bien sûr l'histoire en elle même est juste incroyable, on découvre tout petit à petit mais sans jamais que la narration traîne plus que nécessaire, la mort du chat a visiblement pas tant d'importance que ça, c'est plutôt du deuil qu'il est question on dirait, et j'adore le soin apporté à décrire vraiment les réactions différentes de la femme et de son mari, et on comprend avec le dénouement l'importance que ça a.
Bref, j'étais suspendu à chaque mot, j'avais l'impression de faire partie de l'histoire et d'écouter les personnages parler, et ça m'a semblé long dans le sens où il se passe plein de choses et le suspens dure... Dure... Et puis ça se termine un peu hors du temps. Vraiment bravo, c'est un petit chef d'œuvre !!

(ah, peut-être une coquille à un endroit mais je ne suis pas sûr : tu écris "ils restent là, béants" et j'aurais plus naturellement utilisé "béats" (genre bouche bée ?) mais peut-être que c'était intentionnel, ou alors que je me trompe dans l'utilisation des termes ^^")
EryBlack
Posté le 01/10/2021
Coucou Hinata, merci beaucoup pour ton retour ! Ça me fait super plaisir ! J'ai pas mal cogité à la forme à donner au dialogue pour que ce soit à peu près naturel, fluide mais quand même formulé avec un minimum d'exigence. Je m'y suis reprise à plusieurs fois, je suis contente que ça fonctionne :'D Vraiment un grand merci !
Pour "béants", je voulais évoquer cette image de "bouche bée" mais aussi l'idée de vide, donc j'ai un peu détourné le terme "béants". Je ne suis pas pleinement convaincue de son emploi mais j'ai décidé de le laisser... c'est une tentative, disons. Merci en tout cas d'avoir pris le temps de le signaler !
Vous lisez