Partie IV - Chapitre 3 ("c’est peut-être ça, le visage de l’amour")

Par Liné

Virginie quitte la maternité dans un état de fatigue et de confusion étrange. Elle continue de traverser des sas, lui semble-t-il : de la chambre aseptisée de l’hôpital à la chaleur agréable de sa maison, en passant par l’air vivifiant du dehors, elle évolue comme enfermée dans une bulle de coton.

Anton a tout de suite pris ses marques. Porter le bébé, bercer le bébé, changer le bébé, surveiller le bébé, rien n’a de secret pour lui. Virginie, elle, ne parvient pas à sortir de sa bulle. Elle a quelque chose de confortable, cette bulle. Un côté molletonneux, doux, dont il est difficile de s’échapper – et Virginie n’arrive pas à bouger. Elle voudrait pourtant se remuer : étirer ses jambes lourdes, craquer son dos tendu, et surtout, surtout, replacer aux bons endroits ses organes malmenés par la grossesse. Elle essaie : en vain. Alors elle se contente de regarder le bébé, de regarder Anton, l’œil dans le vague, et de voir que le papa s’occupe bien de son enfant. Tous deux sont en pleine possession de leurs moyens. Il n’y a que ce bras manquant qui fasse tache.

Au cours des années qui suivront, Virginie se questionnera beaucoup sur le bras manquant du bébé. Il a peut-être existé, à un moment donné. Dans son ventre, dans l’invisible, ou même avant. Ne serait-ce qu’en pensée. En imagination. Et où est-il, maintenant, ce bras ? Flotte-t-il quelque part, perdu, attendant de trouver son corps ? Noée, elle — la fille, leur fille, sa fille — grandira sans bras mais avec énergie. Pour le monde entier, elle est née sans. Sans quoi, peu importe, un bras, une jambe, puisque c’est le vide physique qui marque les esprits et inspire pitié ou dégoût. Mais pour elle, Noée, qui ne connaît pas, n’a jamais connu et ne connaîtra jamais la compagnie de deux bras, complets, jumeaux, il ne lui manque rien. Son bras unique lui suffit.

Au début, Virginie ne peut s’empêcher de la trouver un peu monstrueuse, cette enfant handicapée. Un bras en moins, et c’est toute la symétrie des êtres qui est mise à mal. Un bras en moins, ça fait penché sur le côté, bancal. Laid. Et que dire de ce moignon, de cette interruption de la chair, de la peau qui s’est recomposée à la va-vite, de travers, se refermant autour de l’os tronqué comme les boyaux d’un animal à l’extrémité d’un saucisson ?

Il sera très dur à apprivoiser, ce petit corps coupé. D’abord, Virginie répugnera à le toucher. Elle l’auscultera, l’appréhendera avec ses yeux comme on apprend un poème dont on ne comprend pas la signification. Lorsqu’elle se sentira prête, elle l’effleurera du bout des doigts. Et enfin, prise d’une curiosité gloutonne, elle ne cessera de le triturer, de le renifler, le tournera dans tous les sens, espérant un peu, au fond, trouver entre les pores de la peau une réponse à cette absence.

Souvent, elle repensera à son cauchemar et se dira que la vie a parfois une manière bien particulière de contrarier les angoisses : Virginie a accouché de tout sauf d’un crabe — sa fille n’a pas plus de pinces que de bras.

Noée ne sera pas très difficile. Elle râlera quand elle aura faim, chouinera quand sa couche sera sale, pleurera quand elle sera fatiguée. Rien de très original. Ses parents comprendront ses besoins. Toutefois, Virginie aura toutes les peines du monde à prendre soin d’elle. Se lever nécessitera de soulever une montagne. Les meubles, et parfois l’air, seront des obstacles. L’épuisement brouillera ses sens et continuera de la plonger dans cet état de confusion permanent. Son ventre vidé la tiraillera encore un certain temps, ses organes bousculés bataillant pour reconquérir leur territoire.

Elle sentira son corps si éloigné d’elle qu’elle se demandera s’il lui a jamais appartenu. De son vagin s’écoulera du sang, toujours imprévu, prêt à tacher vêtements et draps. Et parfois d’autres substances, gluantes, incolores. Elle optera vite pour des couches. Une chance qu’elle soit infirmière, renseignée sur les effets d’un accouchement. Sans quoi, elle paniquerait. 

Elle ne comprendra pas si son indifférence à l’égard de sa fille résultera de son état ou si, sa fille, elle ne l’aime tout simplement pas. Elle verra bien qu’Anton est comblé. Qu’il est très fatigué, mais toujours sur le qui-vive, qu’il saute tout guilleret du lit, d’une chaise, du canapé, pour s’occuper du bébé avec une attention sans cesse renouvelée. Il aura des cernes sous les yeux et le sourire aux lèvres. Virginie l’enviera. Quelle est donc cette platitude de l’esprit, du cœur, qui déjà l’envahit, l’anesthésie et la coupe du monde ?

Toutes ses prédictions se révèleront vraies.

Quand Anton retourne travailler, elle se retrouve seule avec le bébé. Seule avec le couffin, les couches, les petits vêtements et, dedans, ce corps mutilé qui la réclame encore et encore. Une vache à lait. Si Pierre était un veau, songe-t-elle, je suis une vache, grosse, lente, pleine de bon lait, qui mugit et mugit mais dont les plaintes ne dépassent pas les naseaux et n’inquiètent personne : une maman, c’est censé être heureux.

Elle aimerait fuir. Prendre les jambes à son cou.

Elle sait qu’elle ne peut pas. Que ce serait mal vu. Et où irait-elle, avec sa gueule de trois pieds de long, ses seins gonflés qui dégoulinent de douleur, et ses couches pour adultes ?

Les autres parents, eux, sont partis. Enfin, pas tous. Mais beaucoup. Personne ne veut habiter près d’un hôpital fermé pour radiations. La ville, elle, n’a pas été évacuée. C’est bien connu, les radiations s’arrêtent à des frontières définies par les autorités. Alors Clairedun continue de vivre. Virginie a entendu dire que, quelle que soit leur terre d’asile, les familles exilées n’ont pas été les bienvenues. Les soupçons d’exposition aux radiations, jamais prouvée, pas même étudiée, les enferment dans le rôle de pestiférés. Comme quoi il nous reste toujours, collé à la peau, un peu de ce qu’on cherche à fuir.

Une ville sans enfant, ce n’est pas vraiment une ville. C’est un espace cloisonné, arrêté dans le temps, voué à disparaître avant même d’avoir vécu.

Il faudrait fuir. Pour des tas de raisons, il faudrait fuir.

Au lieu de quoi, Virginie reçoit des visites. Des gens pénètrent chez elle, bouchant l’entrée, l’empêchant de sortir. Il y a eu ses parents, bien sûr. Plusieurs fois. Et ceux d’Anton, aussi. Plusieurs fois — elle ne sait plus quand — elle les mélange. Rien que des visites de babillages, pour s’extasier au-dessus du bébé, féliciter la maman autant que le papa, donner des conseils dont personne ne veut, demander pourquoi les habits et la décoration et les murs et même le lait et la pisse du bébé ne sont pas, n’est-ce pas, ce serait tellement plus joli, rose.

Les couleurs voulues par les autres, ça aussi, il faudrait fuir. 

Puis ce fut au tour de Rosemonde. Elle a d’abord tenté de rencontrer la petite à la maternité, le premier jour. Là, au moins, les sages-femmes suivaient la volonté de Virginie et refusaient les visites sur un seul mot d’ordre. La Rosemonde n’a pas insisté, mais est revenue à la charge dès le retour de la jeune mère à son foyer. On a tambouriné à la porte, Anton a ouvert et la silhouette de la voisine, un peu courbée mais forte, ses yeux, noyés de rides mais alertes, a fait l’impression d’un fantôme — la matérialisation soudaine d’un souvenir, la répétition implacable d’un rêve récurrent. Quelque chose, en tout cas, qu’il est impossible de fuir.

Rosemonde est tout de suite tombée amoureuse du bébé. C’est ainsi qu’elle l’a formulé. Elle a échangé deux ou trois phrases polies, comment va la maman, est-ce que votre frigo est plein, et Anton et Virginie l’ont conduite dans la chambre de Noée. Elle s’est penchée au-dessus du berceau, lentement, avec la douceur de ceux qui plongent dans un bain de coton. Elle a posé son regard sur l’enfant, l’a fait glisser le long de son minuscule corps potelé. Et, tandis que Noée dormait, avec ce souffle court et fort des nouveau-nés, un sourire de petite fille s’est dessiné par-dessus les rides. Un vrai sourire, qui illumine tout le visage. Sur le moment, Rosemonde n’a pas prononcé un mot.

Virginie a pensé : c’est peut-être ça, le visage de l’amour. Un amoncèlement de rides marquées, un tapis de peau flétrie par-dessus un crâne déjà apparent, la vieillesse qu’on ne dissimule pas, ou plus, et, surtout, en guise de couronne, la joie et l’enthousiasme et le calme que procure la simple existence d’une autre personne.

Rosemonde est plus la mère de Noée que la propre mère de Noée. Elle a reconnu une fille — sa fille, c’est la fille de qui, au final ? — du premier regard, dans la spontanéité et l’évidence, avec toute la puissance de cet amour magique que l’on dit invincible.

Virginie pourrait la lui laisser. Si elle le souhaite — elle, Virginie ou Rosemonde. Après tout, Rosemonde l’a déjà dit : il lui manque des enfants, un vide cosmique dans sa vie, d’ailleurs elle espérait que Virginie en ait, pour elle – elle, Rosemonde. Ne serait-ce pas plus juste ?

Des mères qui abandonnent leur progéniture, ça ne court pas les rues mais ça se trouve. Les pères, d’accord, c’est plus fréquent, honteusement plus fréquent. Banalisé. Virginie aussi pourrait dire un jour, sans crier gare, tiens je vais chercher des cigarettes — elle ne fume pas —, se lever de sa chaise, prendre son sac à main, pousser la porte et ne plus jamais réapparaître. Ce serait simple. Aussi simple que cet amour qui vient de saisir Rosemonde.

Ça va pas la tête, qu’est-ce qui tourne pas rond chez toi, non mais t’es malade, insensible, un cœur de pierre, un monstre, t’es un monstre, un monstre monstrueux, une connasse, une honte de mère, une catastrophe de femme — ressaisis-toi, merde. Et elle secoue la tête sans que personne ne le remarque. Peut-être qu’en se remuant, en se flagellant à coups de mots secrets, dits par elle et pour elle seule, elle parviendra à sortir de ce marasme. Ça ne change pourtant rien. Tout au plus renforce-t-elle son air renfrogné, son visage qui se froisse autant que celui de Noée, ses rides du lion dont personne ne se soucie. Et elle secoue encore la tête.

Heureusement, certaines visites sont plus agréables. Virginie est contente de retrouver Jeanne, et de retrouver Leslie, qui sont venues ensemble, ou l’une après l’autre, se croisant, ou bien... Elle s’embrouille. Elle n’est plus sûre de rien. Jeanne, elle, est passée du rire aux larmes en un tournemain. Ça ne va pas fort. L’hécatombe à l’hôpital, puis la fermeture de l’hôpital, le transfert des patients dans un autre hôpital, tout est confus, précipité. Surréaliste. Entre deux sanglots, Jeanne s’est confondue en excuses. Excuses pour quoi, a demandé Virginie, l’hécatombe, dont Jeanne se sent responsable, pleurer devant un bébé, ce que Jeanne trouve déplacé – mystère car, tout de suite, une nouvelle salve de pleurs l’a rendue muette. C’est tout juste si Jeanne est parvenue à glisser que, le vol de médicaments, c’est elle. La fatigue accumulée. Les gardes qui s’enchaînent. D’abord une plaquette, c’est vite fait, et puisque ce premier vol est resté invisible, impuni, elle a recommencé. La suite, on la connait.

Et c’est peut-être cette culpabilité démultipliée qui a poussé Virginie à confondre sa collègue avec Leslie. À tout bien y penser, Jeanne aussi prend cette pose étrange, le dos rond, les yeux bas, les traits tombants, qui définit si bien l’ingénieure en nucléaire. La pose des responsables, de celles qui portent sur leurs épaules une faute incommensurable, impalpable. Et, surtout, indicible. Des escargots, avec le poids de cette faute pour coquille. Des êtres lents, gluants, qui n’arrivent plus à avancer, qui s’enfoncent dans leurs propres liquides. Virginie n’est pas si différente. Avec son épuisement, son apathie, son corps qui rejette chaque jour un peu plus de substances, elle sent qu’elle devient comme elles, comme Leslie et maintenant comme Jeanne, à se résigner dans sa culpabilité.

Elle n’aime pourtant pas les escargots.

Non, quitte à avoir un corps spongieux, sans squelette. Autant être une pieuvre.

Il faudrait qu’elle se renseigne sur les bonnes méthodes. Devenir une pieuvre, ça doit bien se faire. S’il est possible que mon corps, malléable, se transforme autant pour donner naissance à un petit humain mutilé, que mes organes se dilatent ainsi, que mon ventre en éclate — devenir une pieuvre, ça doit bien se faire.

D’ailleurs, Virginie conserve un comportement joyeux et des pensées colorées qui l’éloignent encore des escargots et qui la rapprochent des pieuvres.

Quand elle est seule, elle joue. Elle y va en douceur. Debout devant sa fenêtre, devant son jardin et son marais qui font comme un tableau carré sur son mur, elle commence par craquer et étirer ses phalanges. Ensuite elle lève un doigt, un seul, l’appuie savamment contre l’air, contre le vide qui la sépare du dehors, puis un deuxième doigt, et un troisième, et elle appuie et elle appuie encore et le piano démarre. C’est magique. Elle joue tout ce qu’elle veut. Des mélodies connues et inconnues, des inventions de son cru qu’elle oublie aussitôt, des balades sans partition ni sens dont les notes envahissent la maison. Sous ses doigts, les sons du piano deviennent des gouttes d’une pluie violette, perlant du plafond et nageant à leur guise dans le salon.

Parfois, elle joue une musique célèbre et celle-ci reste, flottante, dans les airs. Alors Virginie n’est plus tenue de la jouer pour qu’elle résonne : elle peut abandonner son piano et danser comme bon lui semble. L’autre jour, elle a lancé Singin’ in the rain et Gene Kelly est réapparu. Sa voix, évidemment, pas son corps — Virginie n’est pas plus folle qu’elle ne l’était sur le parking du supermarché. Ça commence par des petites gouttes de pluie, justement, Singin’ in the rain – des gouttes bleutées, mais le violet n’est pas loin. Et puis d’autres instruments débarquent, propulsent les gouttes partout dans le salon, Virginie se jette à leur suite, grimpe sur le canapé, sur la table, tape le rythme du bout des pieds, fait des ronds avec ses bras. Dans ces moments-là, il n’y a que les pleurs de Noée pour l’arrêter. 

Il lui faut alors revenir à la réalité — celle des autres.

D’abord, elle s’y plie. La petite doit être nourrie, ou changée, ou bercée, et Virginie s’exécute. Mais, à petit feu, le calme qui règne dans sa maison, à Clairedun, dans les journaux télévisés, la saisit à la gorge. Sous les comptines pour enfants, Virginie ne peut se retenir de pleurer. Une rage intense se met alors à la brûler, s’étend jusqu’au bout de ses doigts et, une fois Noée reposée dans son berceau, au chaud, Virginie éclate. Hurle. Renverse les meubles, casse la vaisselle, griffe les murs. Le calme n’est plus possible. Le temps présent est à l’urgence, à la peur, à la colère. À l’action. Pourquoi ne se passe-t-il rien d’autre que des discours de politiciens, des paroles réconfortantes d’infirmières et des pleurs banals de nourrissons ?

Puis, après chaque crise de colère, Virginie range consciencieusement sa maison.

Tout doit rentrer dans l’ordre avant le retour d’Anton.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Nanouchka
Posté le 11/03/2022
C'est peut-être le chapitre le plus triste, comme de regarder un tigre qui tourne en rond dans sa cage.

J'en ai entendu des histoires de femmes qui ne ressentent pas de joie ou d'amour face à leur nouveau-né, et je trouve que tu racontes bien ce tabou.

La fin est très belle parce qu'elle enfonce le clou de la solitude.

Je n'avais pas vu venir que c'était Jeanne pour les médicaments. C'est chouette que t'ailles au bout de ce mystère.
Liné
Posté le 26/03/2022
Merci une nouvelle fois !
Comme pour les accouchements, j'ai l'impression que les récits que l'on se transmets autour des naissances et des premiers mois sont très idylliques et ne reflètent pas la réalité de chacun-e. Je vois que beaucoup de femmes témoignent aujourd'hui du mal-être qui peut se créer, et ça fait du bien, encore une fois, d'entendre des choses "vraies".
Alice_Lath
Posté le 10/05/2021
Bon, c'est bon haha, je suis à jour, tu peux y aller pour les nouveaux chapitres
À nouveau, le côté sombre de la maternité : les couches, la dépression post-partum etc. Clairement, on peut pas dire que tu en aies une vision très positive hahaha, mais ça me va, ça va avec l'atmosphère, avec l'angoisse et l'apathie de l'impuissance. On sent que tout ça va aboutir à une catastrophe parce que c'est déjà trop tard
Je suis juste peut-être un peu étonnée qu'Anton ne remarque rien de l'état de Virginie. Même après avoir tout rangé, ça finit par se voir, les crises de colère avec la vaisselle qui vient à manquer, les bris dans les poubelles etc etc.
Bref, je trouve que ça monte crescendo et j'aime beaucoup ce gain en intensité je dois dire !
Liné
Posté le 20/05/2021
Non, j'ai pas une vision des plus positives de la maternité à ses débuts, mais écrire ce roman permet d'exorciser pas mal de choses ! Et puis là encore, ça fait partie des états psychologiques dont on ne parle que très peu, coincés qu'on est dans cette vision d'une maternité idéale et facile.

Alors pour le moment Anton n'est pas très présent, mais un chapitre lui est bientôt consacré ;-) J'espère que ça suffira à rendre ses réactions cohérentes et bien placées dans l'ensemble de l'histoire
Merci d'avoir lu jusque là !!
Tac
Posté le 22/01/2021
Yo Liné !
Pendant un moment je me suis demandée si tu allais rester au futur. ça donnait un petit air de conclusion. Puis finalement, non, il y a un après, un après qu'on ne peut pas endormir avec des phrases au futur aux airs de conclusion, ce serait trop banal, trop facile, je crois, ça ferait une fin trop douce. La fin du chapitre ressemble plus à ce qui vient avant, le prolongement sans cesse angoissant et curieusement libérateur et enfermant, qui je crois résulte du décalage de Virginie avec ce qui l'entoure.
Bref.
je suis contente d'avoir gardé plusieurs chapitres sous le coude, je préfère vraiment rentrer en immersion dans ton univers ! j'ai ha^te d'avoir la suiiiite
Plein de bisous !
Liné
Posté le 09/05/2021
Ha, encore ma manie de jouer avec les temporalités. Ça m'a bien amusé, mais je n'arrive pas à savoir à quel point le résultat final est compréhensible, significatif, alambiqué... Alors en attendant d'être fixée, je continue ! Et en effet, je compte pousser un peu plus loin la conclusion ;-)

Merci en tout cas d'avoir suivi jusque là, d'avoir partagé tes ressentis - et merci aussi pour les petits grains de folie et touches d'humour ! :-D
Laure
Posté le 19/01/2021
Ça me plaît toujours, cette manière dont Virginie s'enfonce dans le désespoir et s'éloigne de tout. Elle a l'air étrangère à tout le monde, de Anton à sa fille, et même à son propre corps.
Et on dirait qu'elle sait précisément quel est le problème, sans pouvoir non plus l'exprimer ni le comprendre tout à fait. C'est comme s'il n'y avait aucune issue possible !

Je crois que je ne le mentionne plus, mais au fait, j'aime toujours autant ta plume, toute délicate, qui construit des images des plus étonnantes.

Il y a eu quelques "explosions" assez graves dans l'histoire je trouve : la plongée dans le lac, l'explication sur les horreurs survenues dans l'hôpital... et chaque fois la tension monte, puis elle baisse ensuite (dans ce chapitre-ci par exemple, il y a une certaine tension, puisque Virginie est en colère, mais c'est général, ce n'est pas un événement précis, et donc ça frappe moins qu'ailleurs, il me semble). Ça fait comme des montagnes russes ! J'ai hâte de voir s'il y aura un événement plus haut que les autres à la fin comme climax.

Bon courage pour la suite, que j'attends avec impatience ! Bisous !

Détail :
« Il y a eu ses parents, bien sûr/Puis ce fut au tour de Rosemonde, bien sûr » : ça fait une petite répétition
Liné
Posté le 24/05/2021
Coucou Laure !
Je n'avais pas prévu cet effet montagnes-russes, mais je le trouve assez cohérent et adéquat, en fait : dans la réalité et le quotidien, on ne vit que très rarement des histoires qui ne connaissent qu'une ascension dans le rythme, sans jamais de temps morts, de retours en arrière ou de hors-sujets. Et puis, ici, il y a toujours le thème du déni et de la responsabilité collective, qui empêche (selon moi) de présenter quelque chose de strictement linéaire. Et au final je crois que j'ai crée une succession de climax graduels... J'espère que le tout gardera une cohérence, et que ça restera intriguant !
Vous lisez