Partie III - Chapitre 7 ("des limbes invisibles, imprévues")

Par Liné

Le bébé bouge enfin. Il n’est ni mort, ni apathique. Peut-être un rien rebelle, mais bien là. Elle n’est pas morte, songe Virginie, elle, elle, elle, c’est une fille. Elle a ses heures. La nuit, elle se repose. Le matin, au lever du soleil ou presque, elle remue, remue un peu plus, et pousse Virginie à se lever. Le reste de la journée, elle accompagne tranquillement sa mère et, parfois, donne signe de vie — un coup de pied, un coup de poing, jamais violent. Virginie s’étonne de la délicatesse de ces membres, minuscules et invisibles, qui s’agitent à l’intérieur d’elle-même et avec lesquels elle peut entrer en contact. Souvent, elle pose sa main contre celle de sa fille à travers le hublot qu’est sa chair. Et n’en revient pas. Anton non plus.

Au final, le bébé vivote dans son propre marais. Il faudra pourtant bien l’en sortir.

Il n’y a évidemment pas que les joies de la grossesse qui surprennent Anton. Apprendre que sa femme a kidnappé deux patients mineurs, pour les conduire jusque chez elle et les emmener nager dans son marais, c’était d’ailleurs une tout autre surprise.

Virginie s’est laissée guider. Par les policiers, d’abord, qui lui ont permis de changer de vêtements avant de l’embarquer au commissariat. Là, pas de Louise Ivernel. À la place, Virginie a été interrogée par un subalterne, gris, sans éclat, qui l’a ennuyée dès la première seconde. Il a pourtant bien fallu qu’elle partage avec lui quelques secrets du marais.

Il n’a rien compris. Pire, il l’a jugée folle à lier.

— Mais d’où ça te sort, toutes ces conneries ? s’est énervé Anton.

Il était sous le choc. Lui qui ne perd jamais son sang-froid s’est retrouvé aussi démuni que frustré. Je voulais sauver les enfants, Virginie se raccrochait à cette phrase, il faut tous nous mettre à l’abri, et les enfants en premier, répétait-elle à chaque fois qu’Anton revenait à la charge. Et puis, quand il insistait vraiment, qu’il haussait la voix et fronçait les sourcils, refusant d’abandonner tant qu’elle ne lui aurait pas répondu, elle réexpliquait tout. La centrale. Le marais, les pieuvres. L’urgence que tous, enfin, comprennent.

— « Tous », mais c’est qui, « tous » ? Qu’est-ce que que tu nous fais, une théorie du complot ?

Que lui, Anton, son mari, le père de sa future fille, employé de la centrale, ne perçoive pas le danger qu’elle lui agite pourtant sous le nez, a achevé de la vider. Plus aucune énergie. Manger, à peine. Se lever, n’en parlons pas. Le repos des braves, avait exposé le directeur des ressources humaines. Avec ce qu’il vient de… ce qu’il vient de vous arriver, il vaut mieux — pour vous, n’est-ce pas, nous pensons d’abord à vous, hein — il vaut mieux que vous preniez un bon congé. Et pourquoi pas, avancer votre congé maternité. Pour la suite, on verra… on verra à votre retour, hein.

Le repos des braves, donc. Même si, brave, Virginie n’en a pas l’étoffe. À l’hôpital, elle n’a sauvé personne. Dans le marais, elle n’a sauvé personne. Et ce n’est pas du fond de son lit, ou depuis son canapé, qu’elle parviendra à quoi que ce soit.

— Tu te rends compte que t’as évité la taule ? lui avait lâché Anton. T’as une chance d’enfer, que les parents ne portent pas plainte et que les enfants te détestent pas. Alors oui, essaie de te reposer parce que… franchement, tu fais peur.

La peur. Qu’en savent-ils, tous ? Ils vivent dans la peur de l’immédiat, réagissent à ce que le présent leur offre d’absurde et jugent sans recul. Mais la peur, la vraie ? Celle qu’apportent l’invisible, l’ignorance et le déni ? Celle de ne pas savoir si on pourra survivre au néant, et reconstruire après son passage ?

Cette peur-là, la vraie, Virginie l’a vue grandir sur le visage de Jeanne — la seule personne qui lui rende visite. À petit feu, bout par bout, l’inquiétude puis l’angoisse ont grignoté les traits de son amie. Jeanne n’a d’abord pas voulu alarmer sa collègue alitée : pas question d’accabler Virginie, d’alimenter sa folie dont l’origine est à chercher, c’est sûr, dans la mort des enfants. Alors, à coups de sourires forcés, de tapes sur les épaules et de conversations futiles, elle a masqué le trouble qui la creusait et que Virginie, malgré tout, devinait. Mais Jeanne a fini par craquer. Un jour, sans crier gare, elle s’est tue au beau milieu d’une phrase, a posé son café, a ouvert de grands yeux et a fondu en larmes. Virginie s’y attendait.

— Il se passe… quelque chose d’affreux, a sangloté Jeanne entre deux hoquets.

— Encore ? s’est entendu dire Virginie.

— C’est… il y a…

Et Jeanne raconte.

Virginie gardera longtemps en tête les images de ce dont elle n’a pourtant pas été témoin.

D’abord, rien. Le manque d’appétit, les nausées et les vomissements, les pertes de poids, quoi de plus banal dans un service de cancérologie pédiatrique ? Personne ne s’était inquiété. Même Virginie n’aurait pas songé à l’anormal — à ce qui, étrangement, glisse sous la maladie bégnine et érafle tout. La fatigue, les vertiges : là non plus, pas de quoi s’inquiéter. Les cheveux qui tombent, un par un puis par touffes entières, jusqu’à inviter les doigts à pianoter sur les crânes chauves et affreusement lisses, ça aussi, on s’y attend.

Puis s’étaient immiscées les éruptions cutanées, les plaies, les nécroses, même chez les patients dont le cancer ne touche pas la peau. Là, les médecins se sont interrogés. Ensuite, et c’était à n’y rien comprendre, certains patients ont développé une forme de photophobie aigüe. Le soleil leur faisait horreur, le moindre rayon ou source lumineuse les aveuglait et, pour beaucoup, il fut impossible de vivre sans lunettes. Tandis que Jeanne parlait, qu’elle énumérait ces symptômes avec frénésie — à croire qu’elle n’avait personne d’autre à qui se confier — Virginie imaginait des rats courir de chambre en chambre, sauter de lit en lit, escalader les corps en faisant glisser leur queue le long des plaies, relevant draps et chemises avec cette obscénité qu’ont les gestes teintés de sens cachés, s’affoler autour des lunettes de soleil, pousser des petits cris de rats affamés et, dans cette vision, Virginie ne parvenait pas à savoir si les humains hurlaient ou non. Peut-être restaient-ils passifs.

Irradiation, a prononcé Jeanne, comme ça, en passant — irradiation. Les rats se sont enfuis et Virginie a regardé Jeanne qui continuait de parler, sans jamais s’arrêter. Dans son récit, il y a eu un peu plus de peaux qui se disloquaient, de fièvre et de céphalées, du sang dans les selles et dans les vomissements. La suite, Virginie la connait. Il paraît que les patients atteints d’irradiation aigüe peuvent vomir leurs propres organes.

— C’est… C’est une hécatombe… J’ai des patients qui sont morts alors que… alors que leurs résultats étaient en nette progression. J’en suis pas sûre, c’est qu’une impression, on a tous la tête dans le guidon mais je crois bien que le taux de mortalité est beaucoup plus élevé que d’habitude. Et c’est pas tout. Il n’y a pas que les enfants — tu ne vas pas me croire — il n’y a pas que les enfants, les adultes aussi commencent à développer des… des symptômes. On est de plus en plus nombreux à avoir mal à la tête, de la fièvre, des diarrhées… Tu penses que c’est le stress ? Hein ? Ça peut être le stress, aussi…

Virginie a secoué la tête. Non, elles le savent toutes deux, le stress n’est qu’un facteur aggravant.

— Et j’imagine que personne ne te l’a dit mais… Et je suis tellement, tellement désolée d’être celle qui te l’apprend… Pierre est mort, hier.

La nouvelle fait son chemin jusqu’à Virginie, tombe dans sa tête, la sonne, et s’effondre dans son ventre. Ses entrailles se tordent. Si ça se trouve, il n’est pas vraiment mort. D’ailleurs, avant, avec son crâne de squelette, son teint pâle, ses cernes, il n’était pas plus vivant que mort. Dans un entre-deux. Il doit être dans un entre-deux, des limbes invisibles, imprévues, où il tournoie et cherche sa place, un marais, peut-être, il est dans un marais et apprend à nager.

Virginie reste figée. Dans son ventre, comme pour rappeler sa présence d’être en devenir, sa fille donne un coup de pied.

 

- Fin de la Partie III -

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Sorryf
Posté le 29/07/2022
j'ai lu d'une traite toute la partie III ! du coup quand même je fais une pause pour te laisser un commentaire.
Cette histoire est vraiment terrible, et prenante. L'ambiance, la menace, la mort omniprésente... et la vie aussi, qui débarque malgré tout, et c'est beau mais ça rend tout ça encore plus insoutenable.
à pas mal de moments, en lisant, j'ai pensé au compte du joueur de flûte, je sais pas s'il y a une affiliation voulue (vu que tu parles de peste, de rats, de musique...) Quand Virginie emmène les enfants dans le marais, du coup, pour moi c'était la fin.
Ils s'en sont sortis finalement (enfin, je ne sais pas la cause de la mort de Pierre, la maladie ou l'eau contaminée qui a accéléré les choses?), mais je garde le pressentiment que comme dans le joueur de flûte, Virginie va tuer tous les enfants. Genre, pour ne pas les voir mourir, parce qu'elle le supporte pas. Et son bébé ? Je n'imagine pas une seconde qu'elle la laisse vivre (et ça me brise le coeur T.T)

J'ai lu sur ton JdB que tout le monde te faisait des retours complètement opposés sur cette histoire et que t'étais un peu fatiguée de devoir t'expliquer... je viens rajouter une tentacule à la pieuvre, lol ! Désolée. En tout cas, c'est un excellent texte, qui résonne avec les questions et les angoisses du monde d'aujourd'hui.
Liné
Posté le 19/10/2022
Et oui, on me commente en été et je réponds en automne, c'est le cycle de l'escargot, hein... Hmm-hmm...

Les impressions que tu décris, cette omniprésence de la mort mais aussi de la vie quotidienne, les deux travaillant ensemble, c'est exactement ce que je voulais créer. Il y a un passage où Virginie l'explicite, mais je souhaitais aussi que ça transparaisse de manière générale dans l'ambiance.

Je ne connais pas super bien le conte du joueur de flûte, mais j'ai en tête ce motif de la flûte qui emmène des tas de gens dans l'eau... et franchement, sans avoir fait de recherche là-dessus, c'est à peu près l'idée et ça correspond à l'image que j'avais en tête !

Et ne t'excuse pas, les retours ne sont au final pas si opposés, je trouve... En tout cas pas plus que d'habitude. Je crois que j'ai surtout eu un ou deux retours hors PA qui m'ont fatiguée. Mais les tiens n'en font pas partie, au contraire ! Ils m'ont beaucoup encouragée !
Nanouchka
Posté le 08/03/2022
D'accoooooooord, on est sur une fin de partie sombre de chez sombre de chez sombre de chez sombre.

Quelque part, c'est bizarre à dire, je suis rassurée que Jeanne continue de rendre visite à Virginie et qu'elle lui dise qu'elle avait raison, que le monde s'effondre, parce que ça justifie un tout petit peu le fait qu'on l'ait complètement perdue dans le chapitre précédent.

Je suis rassurée aussi qu'Anton se soit fâché et que Virginie ait été écartée de l'hôpital, parce que d'avoir raison n'est pas le seul sujet, il y a des comportements qu'on ne peut pas cautionner, y compris pour son bien-être même à elle.

Cet enfant qui grandit dans son ventre, c'est difficile de ne pas voir ça comme une cata, quand même. Là-dessus, c'est marrant, je n'ai aucun espoir, je ne vois pas de scénario positif de "ils vécurent super heureux avec leur fille". J'imagine plus une fin de roman à la Melancholia, avec une explosion et tout le monde qui meurt.
Liné
Posté le 25/03/2022
Ha, Melancholia...

J'ai tâché de garder des personnages bienveillants et rassurants autour de Virginie, ne serait-ce que pour ajouter des touches un peu plus positives et constructives (dans le sens : au moins on parle des choses, on arrête de les garder cachées sous le tapis, ce que fait Louise ou ici Jeanne).

C'est marrant, les réactions des lecteurices. J'ai écrit cette histoire pour qu'on comprenne bien, et vite, la question cruciale d'avoir ou non des enfants dans un contexte aussi dangereux. Il y a des plumes sur lesquelles ça a fonctionné (dont toi, visiblement), et d'autres pour qui le thème a été moins intégré. Je crois que ce n'est ni une faute d'écriture ni une faute de lecture (en tout cas, certainement pas une faute de lecture), mais que la compréhension personnelle des thèmes de ce roman dépend énormément du vécu de chacun-e.
Pluma Atramenta
Posté le 07/11/2021
Coucou Liné !

Je reviens après une très longue pause et quoi ? une demi-douzaine de chapitres non-commentés ? Je ne suis pas très fière de moi, c'est sûr, mais de toi par contre... <3 La tournure que prend le récit est à la fois captivant et macabre sans qu'il perde encore sa petite pincée de tendresse.... et surtout la bonne et abondante cuillérée de poésie. Ta plume, vraiment, je ne m'en lasserais jamais. Toujours plus surprenante, regorgeantes d'idées, de figures de style bien travaillées (notamment sur les métaphores) de ses sursauts de couleurs et de folie. Cette histoire m'évoque spirales et tourbillons.
Le germe d'amitié (?) qui lie désormais la commissaire et l'infirmière est très bien trouvé et j'ai hâte de connaître davantage Louise. Virginie aussi, j'aimerais davantage la connaître, au fond, mais...
On comprend de moins en moins ses choix, ce qui lui passe réellement dans la tête mais avec ladite tournure de l'histoire, je suppose que c'est l'effet voulu. Peut-être plus préciser tout de même ce qui la pousse à mener l'enquête sur la mort des enfants ?
Je pense que c'est surtout cet aspect-là qui peut gêner car d'un autre côté, le fait qu'on ne la comprenne pas vraiment (pas du tout) lorsqu'elle emmène les enfants dans le marais, je trouve que c'est du génie. Le chapitre en entier, c'était du génie. (et j'exagère à peine) C'est comme si je m'étais moi-même engluée dans ce marais, avec ces pieuvres, les immenses idées de Virginie et que je m'écriais en même temps que Rosemonde, en même temps que les regards de Pierre et Blanche : "mais qu'est-ce que tu fais ? mais qu'est-ce que tu fais ?"
Et Pierre qui meurt mystérieusement quelques jours après ça...
Je sais que mon hypothèse est un peu bateau, (mais je l'entretiens depuis quelques chapitres déjà) mais je crois que d'une manière ou d'une autre, le marais aux pieuvres a un lieu avec la mort successive des enfants. Contrairement à ce que pense Virginie, ce serait non pas leur vie, mais leur mort qui dépendrait du marais.
Bon. Ce n'est qu'une pauvre hypothèse de rien du tout et si ça se trouve, tu es en train de rire tellement je me situe à côté de la plaque.

Enfin bref.... Ton roman est admirable <3
Liné
Posté le 16/01/2022
Hello Pluma ! Contente de te ré-accueillir dans le Marais (qu'il soit toxique ou non, héhé...), et merci encore pour tes chauds compliments !

J'ai l'impression que pas mal de plumes ne comprennent pas tout de Virginie et de ses actions, surtout dans la partie que tu viens de lire. Je t'avoue qu'à titre personnel, je la comprends parfaitement (mais en même temps c'est normal voire rassurant, puisqu'elle vient de ma propre tête !). L'effet recherché était plutôt une réaction du type "oh ben mince, moi aussi dans cette situation je pèterai un câble et serai borderline irrationnelle, et d'ailleurs ça m'arrive parfois".

Je crois m'être fait à l'idée qu'elle peut rester un mystère pour pas mal de lecteurices. Et à partir du moment où on ne se désintéresse pas d'elle, ou on ne la rejette pas, où on se dit qu'on peut peut-être apprendre quelque chose d'elle, ça me va. Avec un peu d'auto-conviction voire de paresse (je n'ai pas envie d'opérer de changements radicaux dans ce roman), je suis même contente de présenter un personnage qui sorte autant du cadre, qui interroge et qui bouscule.

A bientôt !
Alice_Lath
Posté le 10/05/2021
J'aime beaucoup la tournure que prend le marais. Pendant un moment, je trouvais ça un poil flottant (non pas que ça me gêne) surtout vers le passage où Virginie avait entamé son recensement
Puis là, bam, en deux chapitres, tout est dit et pétard, ça colle des frissons. La mort de Pierre, le crescendo dans l'horreur des cancers après l'épisode de la baignade, Anton qui s'éloigne. Tout est parfaitement bien dosé et je dois dire que je me laisse parfaitement prendre au jeu !
Liné
Posté le 20/05/2021
Ah, je suis contente que cette fin de partie t'embarque comme ça !

Les passages sur le recensement avaient pour but de créer une micro-tension autour de "mais qu'est-ce qu'elle a dans la tête", et montrer aussi que Virginie n'est pas que passive. Et puis c'était l'occasion de balayer quelques thématiques importantes dans le roman, comme la conversation avec la commissaire Ivernel autour du nucléaire et de la responsabilité collective. En fait je crois que jusqu'au bout, les réactions des lecteurices vont se différencier complètement entre celleux qui ont une conscience assez aiguë de l'éco-anxiété et du nucléaire, et les autres... Le but final étant que j'arrive à emporter tout ce p'tit monde dans ma barque.
Tac
Posté le 22/01/2021
Yo Liné !
je suis si triste que la commissaire ne fasse pas une apparition dans ce chapitre. J'e crois qu'elle aurait apporté un peu d'apaisement mais je crois aussi que ce n'est pas ce que tu recherches :p
J'ai regardé une série où y avait une affaire de radiations aussi, alors j'avais bien l'image de la peau nécrosée en tête, charmant.
Pour reprendre la métaphore du prénom que Virginie avait exploré dans un des premiers chapitres, j'espère effectivement que Pierre apprend à nager dans ce marais, parce qu'il risque d'y tomber... comme une pierre. (pardon, mon humour douteux permet de juguler toutes mes émotions actuellement)
Cela dit Anton m'apparaît comme vriament peu utile, je veuxdire, on ne le voit pas beaucoup, mais peut-être aussi parce qu'il n'y a rien à faire. D'autre part, ça me paraîtrait cohérent que Virginie doive prendre des médicaments ou soit sous surveillance psychiatrique, vu ce qu'elle a fait... ou e ntout cas les premiers jours. (les médicaments faut que ce soit compatible avec la grossesse bien sûr)
Plein de bisous !
Liné
Posté le 09/05/2021
Hahaa, "it's gotta get bad before it gets good", comme on dit en anglais...

Tu parles de quelle série, sur les radiations ? Chernobyl ? Tant que je suis dans l'écriture/réécriture du Marais, je suis preneuse des sources d'inspiration ou de réflexion.

Laure m'a fait un reproche similaire au sujet d'Anton. En fait, j'ai voulu casser le code selon lequel, dans l'histoire d'une femme qui se trouve être "casée", le compagnon a nécessairement une influence sur l'intrigue. Avec Anton, je voulais montrer l'image (assez rare) d'un couple heureux et au sujet duquel il y a peu à dire, du coup. Anton réapparaît quand même comme moteur d'intrigue un peu plus tard, dans un chapitre que je n'ai pas encore posté. Tu me diras si ça te semble "suffisant" et cohérent !

Pour l'absence de réactions suite au "coup de folie" de Virginie dans le chapitre précédent, je me repose (malheureusement) sur des situations auxquelles j'ai déjà été confrontée dans mon entourage. Mais je garde en tête que ce n'est peut-être pas suffisant et qu'une forme de médicamentation ou de suivi serait plus crédible. D'autant que ça ne me demanderait pas grand chose en termes de modif...

Hahaa, et ton humour est plus soulageant que douteux ! J'adhère !
Tac
Posté le 11/05/2021
Je trouve que c'est un argument très pertinent : tu peux faire beaucoup de choses dingues avant que l'entourage ne réagisse ! Peut-être il suffirait juste que Virginie s'étonne que personne ne réagisse ? Dans un rare accès de lucidité, peutêtre :') (honnêtement mes souvenirs sont trop vieux pour que je puisse faire une vraie proposition concrète, mais parfois il suffit juste de souligner brièvement la chose pour que du coup ça enlève toute suspicion d'incohérence)
Quant à ce que tu voulais pour Anton, c'est vrai qu'on n'a pas l'habitude de ce genre de schéma, mais j'apprécie cette position !
Quant à la série que j'ai vu, je doute très très fortement que ce soit une bonne source d'inspiration : The 100, dans la saison 4 (je crois) y a une affaire de centrale nucléaire qui explose mais c'est pas très intéressant pour toi je crois, on voit juste des gens fondre à un moment, c'est tout !
Laure
Posté le 16/12/2020
Je trouve Anton un peu rustre ! Il réagit comme ça parce qu'il ne reconnaît pas Virginie ? C'est sans doute crédible, mais ça me paraît tellement nul comme réaction d'amoureux, il me semble qu'à sa place j'aurais demandé à Virginie ce qui l'avait poussée à faire ça, ce qui se passait dans sa tête, je lui aurais dit que je ne la reconnais plus... Enfin bon. Anton depuis le début il est un peu fantomatique et lointain, ils sont mal assortis c'est tout hihi !

Cette histoire que raconte Jeanne, c'est tellement affreux que je me suis demandé si c'était réel ! Pourquoi est-ce que c'est si soudain tout ça ? Il y a eu un accident ? J'adore l'image des rats. Ça ressemble à l'idée que je me fais du coronavirus dans les maisons de personnes âgées !

Bisous !
Liné
Posté le 20/12/2020
Coucouuuu <3

Je compte faire évoluer la relation Virginie-Anton dans la troisième partie, pour lui donner plus de relief. J'étais contente de montrer un couple "tout doux", car je les trouve rares (... bon, dans la vie aussi). Mais là, au vu des circonstances, il me semblait bien plus parlant de les faire se confronter un tout petit peu.

Pour l'histoire que Jeanne raconte : les symptômes décrits sont réels, ils correspondent à ce que traversent les corps qui ont subi une radiation aiguë. Je me suis beaucoup inspirée des témoignages recueillis par Svetlana Alexievitch sur Tchernobyl (le petit livre qui m'avait fait m'évanouir dans le métro) ainsi que de quelques recherches. Après, fort heureusement, cette situation précise dans un hôpital ne s'est (je crois) jamais produite ! Même si de nombreux scandales sanitaires ont existé (autour du nucléaire mais pas que), avec des détails très alarmants, mais qui ne sont bizarrement pas restés dans les esprits.

Après, c'est marrant que tu trouves ça soudain : il y a bien des enfants cancéreux-ses tout le temps, puis un enfant mort sans raison apparente, puis trois d'un coup... De manière générale, je voulais créer un effet de catastrophe exponentielle depuis le début ! Avec une progression dans les personnages qui va du déni de réalité à la réaction face devant une catastrophe déjà bien entamée. Ça fera sans doute partie des choses que je recalibrerai une fois le roman fini ^^

Bisous !
Laure
Posté le 28/12/2020
Je réponds à ta réponse un peu tard, j'étais occupée à manger hihihi

D'accord je vois ! Mais donc si c'est un couple tout doux, est-ce que la réaction d'Anton ne pourrait pas être un peu plus douce, genre "ma chérie je ne te reconnais plus qu'est-ce qui t'arrive" ? Avec de la tristesse, de la peur de perdre sa bien-aimée ? Enfin, je ne sais pas trop, j'aurais vu ça comme ça, mais dans une situation extrême on réagit parfois autrement que ce qu'on aurait pensé !

Oui ça m'a bien rappelé ce livre dont tu m'avais parlé, et je ne doute pas du tout de la vraisemblance des symptômes eux-mêmes, c'est juste que quand ils sont survenus dans la vraie vie, c'était juste après la plus grande catastrophe nucléaire qu'on ait connue.
Mais ici, il n'y a rien eu de ce genre, non ? Ce serait donc un phénomène qui survient juste parce que l'exposition à des radiations, beaucoup plus faibles que celles de Tchernobyl explosée, a été maintenue pendant des années ? Est-ce que des problèmes exponentiels qui atteignent une telle gravité sont vraisemblables, sans événement remarquable ? Je crois que c'est plutôt ça ma question. Des problèmes de plus en plus nombreux et généralisés liés aux radiations me paraissent plausibles et pas soudains, rassure-toi, ça se comprend bien que tu parles des problèmes liés aux centrales nucléaires :D C'est juste que je vois difficilement comment leur gravité peut augmenter de cette façon, aussi vite (Jeanne en parle comme si c'était un truc nouveau qu'on ne pouvait pas prévoir, et Virginie est très choquée). Je croyais que c'était plutôt le genre de problèmes silencieux qui se développent sur des années et qui n'atteignent jamais (ou presque jamais) un niveau ou une portée qui montre hors de tout doute (et c'est là qu'est la tragédie à mon avis) qu'ils sont liés aux centrales.

Je file lire la suite :D
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