Partie II - Chapitre 3 ("vous êtes bien plus forte que vous ne le croyez")

Par Liné

Le lendemain matin, un administrateur de l’hôpital vient interrompre Virginie pendant sa pause déjeuner :

— Vous auriez trente secondes à accorder aux policiers ?

Virginie a ouvert la bouche pour croquer son sandwich et, surprise, s’arrête en plein élan.

— Oui… oui, bien sûr, bafouille-t-elle.

Apparaissent dans l’encadrement de la porte deux yeux gris, vifs, dans une coquille pourtant fatiguée — les paupières s’affaissent et dégoulinent sur les côtés, surplombant un terrain de cernes. Un sourire bienveillant les accompagne, posé sur des lèvres roses qui estompent la blancheur de la peau.

— Je vous présente la commissaire Ivernel, reprend l’administrateur.

Celui-ci s’efface. Les yeux et le sourire s’avancent, une main se tend vers Virginie.

— Enchantée de faire votre connaissance. 

— De même !

Virginie suit le mouvement, et sa main balancée dans le vide par cette autre main demeure le seul geste auquel son corps consent. Elle ne s’attendait pas à une telle visite.

— J’ai tenté de vous trouver à votre domicile, explique la commissaire, mais vous étiez manifestement au travail. Je me doute que votre métier vous laisse peu de repos. J’enquête sur la mort de Cassandra et je souhaiterais parler aux personnes présentes sur la scène et dans le public. Je viens justement de discuter avec votre collègue Jeanne.

Virginie rouvre la bouche et sent bien que ses traits trahissent son étonnement. En un réflexe maladroit, elle enfonce son sandwich dans sa bouche ouverte, arrache le pain et mâche avec panache.

— D’accord.

— Ne vous stressez pas, tente de la rassurer la commissaire, il s’agit surtout d’une formalité. Une rencontre de routine.

— Excusez-moi, souffle Virginie, je ne pensais pas être interrogée… Je ne connaissais pas Cassandra.

— Parfait ! Vous voyez, vous me fournissez déjà de précieuses informations, alors que je ne vous ai même pas encore questionnée. Je peux m’assoir ?

Virginie acquiesce. La commissaire Ivernel sort un carnet et un stylo d’une poche de sa veste, s’assoit et pose son matériel d’écriture sur ses genoux. La scène, le décor, s’apparentent à une séance de thérapie. Virginie se sent soudain toute petite, enfoncée dans sa chaise, les mains refermées sur son sandwich à la manière d’un enfant se raccrochant à son hochet.

— Allons-y, si vous voulez bien. Pourriez-vous me préciser en quoi consistent vos missions de bénévolat pour le festival de Clairedun ?

— J’apporte mon aide par-ci par-là. Le plus souvent à la librairie, et un peu au cinéma, aussi. Je n’ai aucune compétence en dehors du domaine médical, alors je suis les ordres qu’on me donne.

— On m’a aussi parlé de votre atelier de marionnettes.

— Ah ?

— Il paraît que vous êtes une fée de la chaussette !

La commissaire étire un peu plus son sourire. Son visage aimerait scintiller, devine Virginie, mais quelque chose l’en empêche. Comme si une couche de glace le recouvrait.

— Vous ne connaissiez pas Cassandra, reprend Ivernel, mais avez-vous le souvenir de l’avoir croisée quelque part ?

Virginie manque ses mots — ses lèvres remuent, sa respiration s’accélère, mais les paroles qu’elle souhaite prononcer trébuchent sur sa langue, pataudes, et s’extirpent vers le monde en une cohue cassée. 

— C’est que, je... euh… oui…

— Il n’y a pas de mal à l’avoir croisée, vous savez.

La glace glisse sur le visage d’Ivernel, plonge dans sa gorge et refroidit sa voix. Virginie se secoue imperceptiblement : elle rêve, la voix de la commissaire ne s’est pas refroidie ; les yeux gris et le sourire rose veillent au grain et ce n’est que dans la tête de Virginie que l’atmosphère s’est rafraîchie. L’infirmière se donne une contenance et répond :

— Je ne la connaissais pas mais je l’ai rencontrée devant le stand de gâteaux. Enfin, rencontrée, c’est un grand mot. Je jouais avec son petit frère, qui avait participé le matin même à l’atelier de marionnettes. Elle nous a interrompus pour repartir avec lui.

— Repartir vers où ? Vers qui ?

— Je ne sais pas… Je les ai perdus de vue dans la foule et ensuite je suis retournée à l’école. Je l’ai reconnue plus tard, quand elle était sur l’estrade.

Ivernel marque un temps de pause avant de poursuivre :

— Beaucoup de personnes présentes ce jour-là m’ont expliqué que vous vous êtes précipitée sur scène, puis vers le corps de la jeune fille, avant que le médecin ne vienne tenter de la réanimer. Depuis le public, vous aviez perçu que quelque chose n’allait pas ?

Nous y sommes, se dit Virginie. Je vais répondre avec mes images et mes couleurs, bien à moi, et ce paquet de sensations va écorcher toute rationalité et ricocher dans le vide. On ne me croira pas, je passerai pour folle. Pire, sans doute. On m’accusera de quelque chose.

— C’est que… C’est très difficile à dire...

— Vous êtes infirmière. Ce n’est pas médecin, mais vous êtes formée et vous passez vos journées à soigner des patients. Je peux bien imaginer que vos instincts et vos réflexes ont un sens.

Virginie a reposé son sandwich et se surprend à triturer ses doigts. Elle n’a pas le choix. Elle tente :

— Alors voilà. Là, sur l’estrade, j’ai reconnu la grande sœur que j’avais croisée quelques minutes avant et en la regardant, j’ai vu qu’elle était agitée. C’était rien, d’abord, mais elle chantait différemment des autres. Enfin je n’y connais rien en chant, et d’ailleurs la musique classique me fait l’effet d’un bain d’eau rocailleuse, vous voyez, mais j’ai quand même remarqué que quelque chose clochait…

Ivernel penche la tête sur le côté, attentive. Virginie continue :

— Elle tressautait, on aurait dit un grain de maïs dans une poêle à popcorn. Ça se voyait pas trop, mais de plus en plus. Alors j’ai fait un pas en avant. Je ne sais pas trop pourquoi. Et là, Cassandra s’est tournée vers moi. Comprenez, elle a cassé la rangée de chanteurs. Ça avait quelque chose de macabre, comme si elle s’était cassé un os.

— Vous pensez qu’elle avait des membres cassés ? Qu’on l’avait battue… ?

— Non, pas du tout ! Enfin, là encore, j’en sais rien. C’était une image.

Ivernel fronce les sourcils. Les doigts de Virginie se livrent à une bataille sans merci.

— Donc, pour résumer, aucun symptôme véritablement médical ? Et après ?

— Rien de médical, non. Que du ressenti, pour être tout à fait honnête. Et ensuite… ensuite, c’est bête…

— Quoi donc ?

— Elle m’a regardée. D’un coup, comme ça, sans raison, quand elle s’est tournée vers moi elle a planté ses deux yeux dans les miens, et là j’étais sûre que ça n’allait pas. Ce regard…

Un court silence s’installe et il faut qu’une porte claque au loin pour que Virginie revienne à elle-même. Ivernel l’observe. Prise au dépourvu, l’infirmière se redresse et songe soudain au gobelet.

— Si, un détail plus concret. Devant le stand de gâteaux, elle avait un gobelet et à voir son visage se crisper à chaque gorgée, j’ai pensé que c’était de l’alcool.

La commissaire penche la tête et note à la va-vite une poignée de mots.

— Il n’y avait qu’un seul stand de boissons, fait-elle observer. Vous y avez bu quelque chose, vous ? De l’alcool, n’importe quoi ?

— Oh non, surtout pas. Je suis enceinte. 

Si elle était libre de ses mouvements, si ses doigts ne se broyaient pas entre eux, elle plaquerait sa main contre sa bouche, attraperait ses paroles en plein vol et ramènerait dans leur cage ces trois mots qu’elle n’avait pas prévus. C’est la première fois qu’elle mentionne sa grossesse à voix haute.

— Je ne savais pas, répond Ivernel. Toutes mes félicitations ! Vous êtes à combien de mois ?

— Aucune idée…

Étonnée, Ivernel hausse les sourcils et pince les lèvres.

— Une grossesse magique, sans doute, propose-t-elle, et son sourire réapparaît tout aussitôt.

 Virginie se contracte. Changer de sujet, il faut à tout prix changer de sujet avant que la conversation ne la gratte plus en profondeur.

— Commissaire, je peux vous poser une question ?

— Bien sûr.

— On sait de quoi Cassandra est décédée, au juste ?

Voilà qui est bien trouvé, se félicite-t-elle. Au lieu de discuter de la vie à naître, revenir sur la mort déjà apparue. D’autant que, sans cette conversation à dévier, Virginie aurait difficilement osé demander. Ivernel remue sur sa chaise. À première vue, le sujet est délicat.

— On n’est pas encore tout à fait fixés. Les résultats de l’autopsie seront bientôt communiqués. Pour le moment, nous n’écartons aucune piste.

Le silence revient. Il y a donc eu une autopsie et cela n’est pas si étonnant. Entre Virginie et la commissaire s’interposent un brancard de morgue, un corps nu à la peau grise, un médecin au visage masqué et des ustensiles rougis. Rien de bien fantaisiste, seulement la réalité telle qu’elle peut être imaginée. Virginie comprend. La notion de piste policière, en revanche, lui est étrangère. « Aucune piste », des pistes, cela évoque un réseau d’embranchements sans nom, une pelote de barbelés à démêler. Certains de ces barbelés, sans doute, remonteront jusqu’au meurtre ou à l’assassinat. 

— Si vous n’avez pas d’autres questions, rebondit Ivernel, et moi non plus, alors nous pouvons nous arrêter là. En fonction de l’avancée de mes recherches, il se peut que je revienne vous voir. 

Ivernel se lève. La blancheur de son teint se calque sur le corps nu et gris, sur les ustensiles rougis, puis l’image de la morgue se brouille et finit par disparaître. En lieu et place du médecin masqué s’impose le sourire doux et rose de la commissaire. Juste avant de tourner les talons, celle-ci semble hésiter :

— C’est un tout autre sujet, mais…

Ivernel domine Virginie de toute sa grandeur de femme debout.

— Je reviens sur ce que j’ai dit, confesse-t-elle, concernant votre grossesse. Aucune grossesse n’est magique. Je m’excuse, d’habitude je ne suis pas aussi gaffeuse. Si jamais… Si votre grossesse n’était pas désirée, et je veux dire par là… Si vous avez été victime de quoi que ce soit, vous pouvez venir m’en parler. Je suis peut-être à côté de la plaque, mais je tenais à vous le dire.

La mâchoire de Virginie se décroche.

— Je… merci…. C’est gentil. Tout va bien, mon mari et moi sommes très contents.

Ivernel hoche vigoureusement la tête, l’air entendu, et reprend :

— C’est moi qui vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé, Virginie. Vos informations ont été très précieuses. Au final, vous répétez que vous ne savez rien, mais c’est faux : vous êtes bien plus forte que vous ne le croyez.

Les mots coulent sur Virginie comme du chocolat chaud sur sa fontaine — elle ne sait pas s’ils la brûlent ou l’apaisent d’une faim qu’elle gardait tapie. Elle n’a pas le temps de réagir, de sauter sur ces paroles qu’elle n’avait jamais entendues que, déjà, Ivernel lui décoche un clin d’œil complice, la salue poliment et quitte la pièce.

Le vide qu’elle laisse derrière elle est absurde. Virginie fixe la porte entrouverte, les pans de lumière artificielle qui inondent le couloir. Quelque chose des paroles d’Ivernel lui parle et crée des clapotis à la surface de ses pensées. Elle aimerait, peut-être, que tout gronde ; que tout vibre, tremble, que l’absence et le factice rapetissent et se rangent dans une boîte à chaussures. Parce qu’une boîte à chaussures, c’est tout de même plus malléable qu’un espace entier plus grand que soi. 

Elle se ressaisit, se lève et place dans le frigo son sandwich à peine entamé. Il était temps : deux infirmiers pénètrent dans la salle et adressent à Virginie un signe de la main. Elle leur répond, soulagée qu’ils ne l’aient pas surprise en pleine introspection.

Les clapotis accompagnent Virginie toute la journée et la suivent jusqu’à la maison. Elle raconte à Anton la visite de la commissaire et, très naturellement, sans qu’elle sache pourquoi, omet ce que cette entrevue avait de si personnel. Parler lui permet de trier ses pensées : les mots prononcés à voix haute deviennent réels, tangibles, et enfouissent les clapotis sous une eau qui les étouffe.

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Nanouchka
Posté le 30/01/2022
Salut Liné,

J'ai adoré Ivernel, même si je ne sais pas encore si je peux lui faire confiance, mais de se reprendre sur la grossesse, au cas où, c'était courageux de sa part.

Mes phrases préférées du chapitre sont d'ailleurs sa description : "Son visage aimerait scintiller, devine Virginie, mais quelque chose l’en empêche. Comme si une couche de glace le recouvrait." C'est tellement juste émotionnellement, et précis et simple dans l'explication d'un mécanisme si complexe.

Le chapitre est fluide. Il y a la tension de : Virginie va-t-elle être accusée d'un crime qu'elle n'a pas commis ? Avec la question qui perdure de : pourquoi Cassandra est-elle morte ?

Pour autant, je note juste que le chapitre n'apporte aucune nouvelle information. Ça pourrait éventuellement être chouette d'en rajouter une, ça dépend de tes intentions.
Liné
Posté le 01/02/2022
Merci Nanouchka ! Ivernel est inspirée d'une connaissance à moi, militante et psy spécialisée dans les violences faites aux femmes : elle a eu cet effet sur moi en seulement 3 regards et 2 phrases au détour de quelques verres, j'ai trouvé ça d'une force... (et en même temps d'une grande simplicité).

C'est vrai que ce chapitre n'apporte aucune nouvelle information, si ce n'est l'introduction d'Ivernel. A voir si c'est un souci récurrent que tu détectes, et dans ce cas j'aimerais le contourner : plus d'une fois, j'ai été confrontée à la "passivité" de Virginie, et peut-être que cette histoire de "pas de nouvelle information ici" est liée...
Pluma Atramenta
Posté le 29/06/2021
Coucou Liné !


Toujours une poignée de chapitres excellents. J'aime ta manière de rendre tangible tout ce qui ne l'est pas habituellement (les sensations, les ressentis...) et ainsi, que tu fasses s'échelonner toutes ces flopées d'images virevoltantes dans nos cerveaux de lecteurs. Lire *Le Marais aux pieuvres* est un peu devenu comme regarder une danse. La danse de la vie, de la mort, de l'absurdité, des couleurs et des textures. Une danse enivrante. Enivrante et surtout spectaculaire.
Pour moi, en vérité, tu es vraiment la princesse des métaphores. Je ressens intérieurement chacune de tes images employées, aussi loufoques et flamboyantes qu'elles peuvent être, si bien que j'en tombe donc toujours d'accord avec Virginie, et son ressenti, à elle.
Peut-être l'ai-je tout de même trouvé un peu dure avec sa voisine Rosemonde, car cette vieille femme, aussi indiscrète fut-elle, m'a beaucoup touché. Je l'ai trouvé attachante, elle et sa peau craquelée, ses sourires de travers et ses "joies qui ne lui appartenaient pas" (<3) selon tes propres mots.

Enfin je sais quel est ce Marais ! Virginie va-t-elle un jour s'y plonger ? Si oui, la réponse sera-t-elle au sens propre ou au figuré ? Et pourquoi des pieuvres ? Y trouvons-t-on ces créatures dans ses tréfonds ?
D'autres questions en vrac : Pourquoi Virginie entretient-elle une si tortueuse relation avec la maternité ? (parce que les derniers paragraphes du tout premier chapitre...) D'où vient ce trouble ? De quoi Cassandra est-elle réellement morte ? Pourquoi aurait-elle ainsi fixé Virginie avant de sombrer ?

Ton récit est admirable, fascinant, haletant et mystérieux : j'ai tellement hâte de savoir où il nous mènera... ! (Et bizarrement, il ne m'évoque plus seulement John Green à présent, mais aussi le récit *La peste* d'Albert Camus. Comme quoi... <3)

"Elle aimerait, peut-être, que tout gronde ; que tout vibre, tremble, que l’absence et le factice rapetissent et se rangent dans une boîte à chaussures. Parce qu’une boîte à chaussures, c’est tout de même plus malléable qu’un espace entier plus grand que soi." Merci <3
Liné
Posté le 18/07/2021
Hello Pluma ! Merci beaucoup pour ta lecture et tes chauds compliments ! Je mets du temps à y répondre, mais je les lis dès réception et ils m'encouragent beaucoup.

Et puis, olala, "la princesse des métaphores" : je prends tout de suite la tiare ! :-D Je suis contente que les images et les couleurs du Marais te plaisent - d'autant que, à vrai dire, je sais que je peux avoir tendance à la surenchère, où aux bizarreries qui empêchent certains lecteurices à comprendre tout à fait mes textes.

Laure aussi trouvait Virginie assez vache vis-à-vis de Rosemonde. Je trouve que ce personnage de voisine un peu âgée a beaucoup de choses positives et négatives en même temps, et que Virginie se focalise surtout sur les négatives (de la même manière qu'elle se focalise sur la mort, le danger, etc.). Comme on est dans sa tête, j'ai du mal à édulcorer ses impressions de Rosemonde. Mais j'entame bientôt une relecture générale du roman, et je verrai à tête reposée ce que je peux améliorer !
Tac
Posté le 20/09/2020
Yo Liné !
Hé ben, quelle entrevue. Je suis pendue à ton texte, dans l'expectative de voir où tu vas me mener ! (en tirant un peu sur la laisse parce que j'ai un petit peu peur aussi, mais je prends le parti que demeurer dans l'ignorance serait pire que découvrir toutes les horreurs que tu vas balancer)
Ah, et tu es rentrée dans mon fichier citations ! avec ces deux phrases :
« Elle aimerait, peut-être, que tout gronde ; que tout vibre, tremble, que l’absence et le factice rapetissent et se rangent dans une boîte à chaussures. Parce qu’une boîte à chaussures, c’est tout de même plus malléable qu’un espace entier plus grand que soi. »
« Parler lui permet de trier ses pensées : les mots prononcés à voix haute deviennent réels, tangibles, et enfouissent les clapotis sous une eau qui les étouffent. »
Plein de bisous
Liné
Posté le 27/09/2020
Merci ! J'ai bien l'impression que la rencontre avec Ivernel fonctionne.

Je suis comme toi : je préfère savoir plutôt que d'imaginer des choses qui pourraient s'avérer encore pire.

Et merci pour le fichier citations ♥ En plus, pour la boîte à chaussures, j'avais peur d'être partie trop loin.
Laure
Posté le 02/07/2020
Oh, super ce chapitre. Il fait bien avancer l’intrigue, nous amène à nous poser plus de questions et en dit encore un peu plus sur Virginie, à qui je commence vraiment à bien m’attacher ! À la fin, quand elle raconte à Anton ce qui lui est arrivé en omettant le plus important, j’ai trouvé ça émouvant !

Et la question de la commissaire sur sa grossesse, très intéressant. Mais si Virginie parle de magie, c’est plutôt parce qu’elle sait habiter près d’une centrale, non ? Je pense que j’aurais aimé qu’elle se dise pour elle-même que la commissaire ne voyait pas le vrai souci, qu’elle s’était trompée ; autrement on peut risquer de se lancer vers une fausse piste en lisant, enfin je pense.
Voilà voilà ! Merci !

Détails :
« on aurait dit des grains de maïs dans une poêle à popcorn » : alors c’est rien et c’est subjectif, mais peut-être qu’un seul grain de maïs aurait été suffisant ? Je m’imagine mal comment une seule personne peut faire penser à plusieurs grains qui sautent dans tous les sens, à moins d’être vraiment vraiment très agité, et là on dirait que Virginie est la seule à avoir remarqué que quelque chose de bizarre s’annonçait.
« et enfouissent les clapotis sous une eau qui les étouffent. » : étouffe
Liné
Posté le 07/07/2020
Merci ! ♥ j'avais beaucoup d'attente sur ce chapitre, et je me suis bien amusée à créer cette relation (c'était presque reposant).

C'est la commissaire qui évoque une "grossesse magique", puis qui se reprend en rappelant qu'une grossesse ne peut pas être magique. Du coup, de quel moment tu parles quand tu dit que Virginie évoque la magie ?
Laure
Posté le 08/07/2020
Ahh j'ai dû croire que c'était Virginie qui disait ça, "grossesse magique" ! Mais en relisant c'est pourtant clair que c'est la commissaire qui parle.
Mais ce que je voulais dire, c'est que la commissaire sous-entend que Virginie pourrait avoir été violée, c'est ça ? Et Virginie ne répond rien, et ne dément même pas dans sa tête, mais ne confirme rien non plus. Je sais pas, en tant que lectrice, je m'imagine qu'une telle réaction de sa part veut dire que c'est effectivement ce qui s'est passé ! Et je voyais pas Anton comme ça. Moi si j'avais été dans la situation de Virginie à ce moment-là, et qu'on se trompait sur mon compte, j'aurais fait "oh mon dieu non non non c'est pas ça du tout", ou si j'avais été trop intimidée, je l'aurais au moins pensé, enfin je crois. Sauf que là, malgré la réaction de Virginie, j'ai tendance à croire que la commissaire s'est trompée, parce qu'un tel événement n'a jamais été mentionné, et parce que je me dis que "ça ferait beaucoup quand même" mais j'ai ptêtre loupé les indices ? Enfin bon. Je ne sais pas quoi penser de tout ça !

C'est trop bien que tu te sois amusée en écrivant ce chapitre en tout cas, c'est toujours un excellent signe hihi ♥
Liné
Posté le 14/07/2020
Ah, je vois ce que tu veux dire !
Effectivement, la commissaire signale qu'il n'y a pas de grossesse magique, et comme elle sent Virginie réticente au sujet de sa grossesse, elle se dit qu'il y a peut-être un couac... C'est vrai, il y a un couac, mais pas là où la commissaire pense. J'aime bien l'idée que ces deux personnes féminins s'entendent et s'apprécient sans forcément se comprendre l'une l'autre. Du coup, je vais sans doute garder ce décalage de compréhension entre elles, mais rajouter une ou deux petites phrases qui clarifieraient que la grossesse résulte bel et bien d'un acte sexuel consenti avec Anton. Bien vu ;-) (pauvre Anton...)
Alice_Lath
Posté le 22/05/2020
Wait, pourquoi ai-je l'impression de sentir le début d'une belle sismance dis-moi huhu? En tout cas, j'aime beaucoup le personnage de la commissaire, même si je préfère Virginie. Elle a un côté irrationnel qui la rend profondément humaine en fait, ce qui fait que je m'y attache beaucoup. Ouais, c'est pitêtre bizarre. Et sur sa grossesse, je peux pas m'empêcher de mouliner encore un peu dessus. Drôle de hasard quand même... Pourquoi Cassandra aurait regardé Virginie en plus?
Liné
Posté le 26/05/2020
Oh, je viens de découvrir le terme sismance ! Et je l'adore :-O
Je crains toujours que Virginie ait des pensées et des comportements trop barrés, voire choquants, et que du coup les lecteurs/trices la jugent d'un oeil un peu méfiant. Ca me soulage de savoir que tu accroches à ce personnage !
_HP_
Posté le 14/05/2020
Coucou !!

Je suis d'accord avec les commentaires précédents, je ne comprends pas pourquoi tu as tant de doutes ^^ C'est vraiment hyper bien écrit, original, tes personnages son attachants (du moins ceux qui doivent l'être 😄), tes descriptions précises, imagées et légères... Vraiment, j'adore te lire, c'est un vrai moment de plaisir !
Le personnage de Virginie est très bien construit, un peu "abstrait" parfois, poétique, elle est super !
_HP_
Posté le 14/05/2020
Fin si je comprends que tu doutes, c'est "normal", mais je veux plutôt dire que tu n'as pas de raison de douter 😅
Liné
Posté le 15/05/2020
Hahaaa, merci HP ! Vous êtes tous-tes hyper encourageants, ça fait chaud au coeur et ça me motive de plus belle ♥
Sorryf
Posté le 06/05/2020
C'est toujours aussi génial, et je pèse mes mots !
Voila encore un commentaire qui va servir à rien, que veux-tu... rien a redire.
La mort de cette ado, je me demande vraiment ce qui a pu se passer, c'est terrible.
J'adore la manière dont Virginie s'explique face à la commissaire, ça montre super bien son esprit abstrait et comme ça peut être compliqué au quotidien.
l'anecdote avec le chien je m'en serais bien passée T_____T (je dis pas qu'elle est en trop hein ! au contraire elle résonne de manière inquiétante avec le sort de la fille. Mais c'était triste T.T)
J'ai pas vu sur discord que tu avais des doutes sur cette histoire, je découvre ça avec le com d'Itchane, et je tombe des nues ! Je sais que tout le monde doute, qu'on est jamais satisfait de soi-même... mais purée c'est tellement bien et original ce que t'écris ! Tu peux douter, mais laisse pas ça te freiner, t'as troooop de talent !
Liné
Posté le 08/05/2020
Eh bien si tu en as d'autres, des commentaires et des compliments de ce genre, je ne dis pas non ! D'autant que, comme pour les remarques d'Itchane, ça me permet de faire "saut de haies" par-dessus mes petits doutes du moment...

En tout cas vous m'avez reboostée, ça fait quelques jours que je poursuis l'histoire avec plus de motivation et de confiance !

(et bon anniversaire :-D)
itchane
Posté le 04/05/2020
Hello Liné !

Me voici sur ce dernier chapitre posté du "Marais aux pieuvres" ! : D
Il me semble t'avoir vue passer sur discord, annonçant quelques doutes sur le projet ?
Cela fait peut-être un peu bizarre de me voir débarquer comme cela directement sur ce chapitre-ci, je n'ai pas commenté à chaque chapitre, mais c'est parce que j'ai tout lu d'un coup, j'ai été complètement emportée ! *o*

Ta plume est toujours au rendez-vous, encore plus fluide je trouve que sur "Avant les cendres" comme si l'écriture coulait de plus en plus facilement, de façon plus instinctive ou organique et un peu moins intellectuelle je ne sais pas si c'est le cas ? En tout cas c'est un régal à lire ♥

J'ai beaucoup aimé découvrir le personnage de Virginie, elle est tout à fait entière je trouve, très humaine dans ses émotions, très touchante sans être sainte-nitouche ou trop parfaite. C'est vrai qu'on lui envie son mari, je comprends ses collègues ^^
Les différents habitants du quartier se montrent au fur et à mesure, apportant leurs touches de vies et d'arrière-plan très riche.

J'ai pensé au début à une histoire portée sur la grossesse du personnage principal et le fait qu'elle ne semble pas convaincue de vouloir garder l'enfant, avec ces tensions autour du sujet qui s'accumulent l'air de rien en discret crescendo... et puis voilà qu'une enquête sur la mort d'une ado vient complètement chambouler mes a priori (bon, depuis je me suis rendu compte que c'était annoncé dans le résumé de présentation mais j'avoue que je ne l'avais pas lu avant de commencer, car j'avais confiance sur le fait que le texte me plairait quel que soit le sujet ^^" ). Et bref, j'ai beaucoup aimé cette virée dans un tout autre univers, celui des codes du polar, avec l'arrivée de l'inspectrice et cet interrogatoire, oh my, mais j'ai trop envie de découvrir la suite !
Après ce chapitre je ne sais plus trop ce qui l'emportera comme trame principale entre le quotidien de Virginie et les drames encore à venir, lequel de ces deux sera le sujet principal et la toile de fond. Et je trouve cela super, c'est très subtil de réussir à rendre les deux thèmes aussi prenants et de les lier par une symbolique forte.

Je ne sais pas pour quelles raisons en particulier tu avais des doutes, mais pour moi la lecture s'est merveilleusement passée jusqu'à maintenant. Les chapitres s’enchaînent bien, le quotidien de Virginie est réveillé par des éléments qui frôlent le fantastique comme le jeu de chaises musicales ou la mort si étrange de Cassandra avec ce dernier regard échangé avec Virginie, cela donne une ambiance vraiment spéciale qui me plaît beaucoup.

J'ai vu passer un mini détail à un moment, le fait que Virginie ait un jardin apparemment très beau mais qu'elle n'y soit pas beaucoup attachée. Connaissant le temps que cela prend d'entretenir un jardin afin qu'il ressemble à quelque chose (mes parents passent des heures par jour dans le leur), je me suis demandé qui s'en occupait de ce jardin si ce n'était pas elle, Anton ? Tel que rédigé j'ai eu un peu l'impression que c'était "un hasard" qu'elle ait un beau jardin ce qui m'a fait un peu bizarre... mais c'est vraiment du détail de chez détail. Et le pire c'est de n'avoir que cela à relever après avoir lu 7 chapitres !

J'espère que l'inspiration ne t'a pas quittée malgré tes doutes, car j'ai bien hâte de découvrir la suite en tout cas ♥
Si tu as des questions plus précises sur le déroulé de ma lecture pour lever certains doutes, n'hésite pas : )

Merci pour cette lecture et courage pour la suite !
Liné
Posté le 06/05/2020
Mille mercis ♥
J'ai été à la fois étonnée et rassurée que tu lises tout d'un coup, et tes retours sont particulièrement encourageants ! J'avais (et j'ai encore un peu) des doutes sur tellement de sujets, certains objectifs, d'autres beaucoup personnels, qu'il serait difficile de les évoquer là tout de suite...

Effectivement, pour le style, j'ai cherché à "moins réfléchir", à m'autoriser plus de choses étranges, à me laisser embarquer dans la tête d'un personnage excentrique. J'avance avec plus de fluidité, et l'écriture en elle-même n'en est que plus agréable.

Pour l'intrigue, la grossesse et la mort mystérieuse sont mêlées, et l'un de mes doutes restera justement de faire en sorte que l'interaction entre les deux fonctionnent au mieux...

Quant au jardin, tu as parfaitement raison et ça m'avait échappé ! Merci ! Je pense que je modifierai en décrivant un jardin beau, foisonnant et un peu sauvage du fait de l'absence d'entretien ;-)

En tout cas, j'ai continué à avancer sur ce roman quand bien même mes doutes reprenaient un peu trop souvent le dessus, mais grâce à toi, j'ai repris un peu de carburant ! ♥
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