Partie I : Demetri avant Azzurra

Notes de l’auteur : Hello hello ! J'ai pas mal hésité avant de poster cette histoire mais finalement, nous y voilà. Il s'agit de la nouvelle version de mon projet Nano et même si j'en suis assez contente, je ne peux que vous inviter à relever les incohérences, maladresses et tout ce qui gagnerait à être modifié selon vous. N'hésitez pas et bonne lecture !

Azzurra souffre de la réputation de son père, Demetri, un cavalier émérite issu d’une ancienne famille toscane dont la renommée ne saurait être discutée dans les carrières. Seulement, ce n’est pas du talent de Demetri dont il est question mais plutôt de sa vie sulfureuse et problématique.

S’il est aujourd’hui marié et père de quatre enfants, fidèle aux traditions de son pays d’origine, c’est sur sa jeunesse douteuse et obscure que les rumeurs se concentrent et pour mieux les comprendre, il faut revenir quelques années en arrière, un peu avant la naissance de sa première fille.

 

Baie de Nha Trang (Viêt Nam), 1990

 

Installé sur le pont de sa péniche, Demetri observait les derniers rayons du soleil rosir puis assombrir le ciel à mesure que la lune se montrait. La nuit serait belle et dégagée cette fois encore. Sa vie n’avait pas grande signification, surtout ces derniers temps, mais pour rien au monde, il ne sacrifierait son existence faite de voyages et de flâneries et surtout pas maintenant qu’il pensait avoir enfin trouvé un équilibre certain après des années d’errance.

À ses pieds, Stigma poussa un soupir qui transpirait d’ennui avant de poser sa gueule sur le bout des chaussures de son maître et de lever les yeux vers lui. Le jeune homme se contenta de sourire avant de donner une caresse à l’animal, qui jappa paresseusement.

— On devrait rentrer dormir, Stigma, c’est une longue journée qui nous attend demain, déclara Demetri d’une voix ensommeillée. Il paraît que les nuits saïgonnaises ont beaucoup à nous offrir.

Stigma se contenta de laisser échapper un bref aboiement avant de se lever et de retourner à l’intérieur de la cabine. Demetri, lui, resta encore un moment à observer les étoiles qui scintillaient désormais. Il avait bien aimé Nha Trang et il serait bien resté plus longtemps seulement il avait toujours clamé n’avoir aucune attache pour rien ni pour personne. Et il devait désormais mettre le cap vers le sud du pays.

Le Viêt Nam figurerait néanmoins parmi les pays qu’il avait préféré découvrir et sa vie en Italie lui semblait désormais lointaine.

Le jeune homme s’appuya sur ses coudes et leva le nez en l’air alors qu’un léger courant d’air s’élevait pour rafraîchir un peu les températures inhumainement élevées mais habituelles pour la saison. Là où il avait amarré sa péniche, Demetri percevait les basses des soirées endiablées de la côte comme de sourds battements, recouvrant les clapotis de l'eau.

Depuis l’intérieur de la cabine, Stigma se mit à aboyer. Coupé dans sa contemplation du ciel et de son amas d’étoiles, Demetri soupira avant de se relever paresseusement. Mais en rejoignant sa chienne, le jeune homme perçut du mouvement dans la végétation aux alentours et se figea en plissant les yeux. Plus rien n’attirant son attention, il supposa avoir cru voir quelque chose et haussa les épaules. À peine eut-il mis un pied à l’intérieur de la cabine que Stigma lui bondit dessus comme une tornade, surexcitée.

— Mais tu vas te calmer, oui ? grommela-t-il l’attention de l’animal en essayant de la maintenir à une distance raisonnable pour ne pas tomber à nouveau. Qu’as-tu vu ?

Son regard fut alors attiré par un paquet insolite déposé devant la porte du pont principal qu’il était certain de ne pas avoir remarqué un peu plus tôt dans la journée. Il s’approcha prudemment, remarqua un enchevêtrement de couvertures et fut d’autant plus intrigué.

Cos'è questo casino ?* murmura-t-il à mi-voix.

À l’intérieur du panier, un bébé dormait paisiblement.

 

 

* signifie « C’est quoi ce bordel ? » en italien

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Pluma Atramenta
Posté le 23/04/2021
Coucou Ninon !

Absolument bouillonnante de reconnaissance face à tous tes commentaires si adorables, je me suis promise intérieurement de te faire un petit coucou, un de ses quatre, à travers l'une de tes histoires. Ma décision ne me déçoit pas ! Ce prologue est joliment mené, avec une plume simple, fluide et efficace. On se laisse transporter, flotter et tout va pour le mieux : le décor est planté. Peut-être pourrait-il être encore affiné avec quelques autres précisions sur l'environnement, les sensations qui parcourent Demetri mais en ce qui me concerne, j'ai été embarquée.
La chute, à la fin, est juste parfaite ! Je la vois comme une promesse <3

Je suis également très curieuse de connaître l'étymologie de tes prénoms choisis. Je les trouves poétiques à l'extrême ! <3

Quelques remarques tout à fait subjectives :

- « Demetri observait les derniers rayons du soleil rosir puis assombrir le ciel à mesure que la lune se montrait. »  (je pense que tu peux choisir un verbe plus joli que « montrer ». Avec, la phrase perd un peu de sa poésie, et c'est dommage)

"Stigma poussa un soupir qui transpirait d’ennui (joli!) avant de poser sa gueule" (son museau ?)

"Le jeune homme s’appuya sur ses coudes et leva le nez en l’air" 1) Je pense que tu ferais mieux de remplacer le "s'appuyer sur ses coudes" par "s'appuya sur les coudes". Cette forme alourdit la phrase et on se doute bien qu'il ne s'appuie pas sur les coudes de quelqu'un d'autre ! ;) 2) "leva le nez en l'air" Je ne sais pas si le "en l'air" est utile. (proposition : "Le jeune homme s’appuya sur ses coudes et hissa le nez alors qu’un léger courant d’air s’élevait pour rafraîchir un peu les températures (…)" Tu ne trouves pas que cela sonne mieux ? C'est toi qui décide !

Bonnes inspirations à toi !
Pluma.
Ninon Marza
Posté le 28/04/2021
Pluma, quel plaisir de te voir ici ! ♥

Je te réponds littéralement une éternité plus tard alors que j'y pense tous les jours, même pas comme si j'avais une excuse ^^'

Déjà un immense merci à toi d'être passée par ici, ça me touche énormément que tu aies pris le temps de lire et de laisser un commentaire !

En ce qui concerne tes remarques, je dois dire que je suis entièrement d'accord et qu'en lecture "simple", le texte pourrait être plus percutant haha. Mais comme il n'agit d'un premier jet sans grosse correction, je voulais déjà voir comment le lecteur réagissait avant de peaufiner ^^

Je te remercie néanmoins pour tes observations, je les garde précieusement pour quand viendra le temps de la réécriture !

Merci encore et j'espère à très bientôt ♥

Ninon
EllaSawyer
Posté le 27/02/2021
Hello !
J'ai été attirée par le titre, alors me voilà et... Ouh, quelle génialissime première partie. Je trouve que tu as une plume vraiment intéressante et cette introduction de l'histoire me donne l'impression que le récit le sera tout autant. Je trouve que tu gères très bien tes descriptions, je n'ai vraiment aucun mal à m'imaginer le décor.
En tout cas, tout ça me met l'eau à la bouche, je continue ma lecture ^^
Ninon Marza
Posté le 27/02/2021
Bonsoir !
Je suis ravie de voir que cette introduction t'ait plu et je n'ai plus qu'à te souhaiter la bienvenue ainsi qu'une agréable lecture ^^
Et un immense merci pour ce commentaire ! :)
Merlin Botconan
Posté le 26/02/2021
Grandir dans l'ombre d'un père en face de qui on a du mal à exister, voilà qui me parle dans mon expérience personnelle.
De plus, parfois les familles ont des secrets. Deux fois plus intéressant.
On est tout de suite mis dans le bain.
Avec ce paquet abandonné devant la porte, un bébé à l'intérieur, on se demande tous ce qu'on ferait dans ce cas là.
Ninon Marza
Posté le 26/02/2021
J'espère ne pas trop éveiller de mauvais souvenirs dans ce cas !
Et il est vrai que cette famille est assez... spéciale mais je n'en dis pas plus haha, et je crois en effet qu'on serait tous assez dubitatifs si on trouvait un bébé sur le pas de notre porte.
Merci pour ton commentaire en tout cas. :)
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