Partie I - Chapitre 3 ("on ne s’attaque qu’aux problèmes plus petits que soi")

Par Liné

Elle fait des rêves étranges. Elle en garde une sensation âcre, un goût amer dans la bouche. Pas moyen, toutefois, de se rappeler avec précision les images qui ont défilé sous ses paupières closes et qu’elle devine collantes. Il y avait des têtes jaunes, ça, c’est sûr. Avec casques et armures. Des plaies sanguinolentes et infectées de pus, aussi. Rien qui ne diffère vraiment des peaux, veines, corps qu’elle soigne à l’infini, encore et encore, l’un après l’autre dans une farandole de maladies.

Je suis trop passive, se juge-t-elle en son for intérieur, les yeux rivés sur l’aiguille qu’elle enfonce dans le bras d’une patiente de treize ans. Je suis trop passive, et silencieuse. Ce que je fais, là, ça n’a pas de sens. Cet hôpital n’a pas de sens. Des enfants arrivent, on les soigne, certains meurent et d’autres survivent, et on passe aux suivants. Comme à l’usine. Personne ne s’émeut, de cette aggravation des choses. Même moi, je ne m’en émeus plus. Enfin, si, voir des enfants mourir ne me met pas en joie. Mais je suis devenue insensible. Éloignée. Ces maladies et ces morts sont tellement présentes que tout le monde les banalise. 

Il n’y a que les parents pour se remuer. Pour se réveiller, horrifiés, le cancer de leur enfant dans la tête, et taper du poing sur les tables. Certains s’agitent plus tard que d’autres : il faut plusieurs lendemains pour prendre la mesure des choses, pour accepter toute l’affaire et sortir de cette apathie dans laquelle la maladie peut plonger. Mais, quel que soit leur rythme, ils finissent par se rencontrer. C’est inéluctable : à force de patienter dans les salles d’attente, de partager les mêmes infirmières, de naviguer sur les forums à la recherche d’explications, ils finissent par se rencontrer. Et alors, souvent, ils s’agrègent les uns aux autres, s’allient, échangent ce qu’ils sont parvenus à cumuler de faits, d’émotions, d’incompréhension et de colère.

Hier, justement, l’association des parents – car ils sont allés jusqu’à se constituer en association – est revenue à l’hôpital. Virginie les a vus, habillés avec un peu plus de soin que d’habitude, finir une réunion avec le directeur et quelques médecins, et arpenter les couloirs sans plus de solutions que la veille. Elle les plaint. N’aimerait pas être à leur place. Elle les entend discuter globules rouges, agence régionale de santé et alertes aux médias. Elle sait qu’ils se cotisent pour réaliser des tests dans leurs jardins, leurs eaux, l’air, des tests menés par des laboratoires indépendants, et dont les résultats sont, paraît-il, édifiants. Mais dont on n’entend jamais parler.

— Vous êtes adhérente, Virginie ? avait demandé une mère de famille. Je sais que vous n’avez pas d’enfant, mais si vous adhérez à l’association, ça nous donne plus de poids. En plus de ça vous êtes infirmière en cancérologie pédiatrique, alors vous voyez ! Ce que ça donnerait comme image, une infirmière qui nous comprend et qui lutte avec nous !

Virginie a secoué la tête, l’air désolé. Mon porte-monnaie est dans les vestiaires, ou j’adhérerai plus tard, en ligne – elle ne sait plus quelle excuse lui a permis de se dédouaner. Elle ne sait plus pourquoi elle s’est dédouanée. Un vieux réflexe, sans doute. L’idée, ou plutôt l’intuition, qu’on ne s’attaque pas aux moulins à vent qui existent et qui tuent des enfants : c’est perdu d’avance. On ne s’attaque qu’aux problèmes plus petits que soi.

Il faudrait que je me ressaisisse, conclut Virginie pour elle-même. Que je les réveille tous, les morts comme les vivants, que je leur montre, leur rappelle, que des gamins cancéreux, c’est pas normal, et que… 

— Aïe !

— Oh, pardon !

Virginie sort de ses rêveries et affronte le regard courroucé de sa patiente. Elle tente un sourire affligé mais rien n’y fait : à jamais, cette cancéreuse la croira incompétente.

Tant pis. Qu’elle croie ce qu’elle veut. Des cancéreux, Virginie en a d’autres, et des moins susceptibles. Ça tombe bien, le reste de sa garde consistera à gérer la chimiothérapie de Pierre.

Elle le trouve, dans sa chambre, prêt à être perfusé. Il connaît la procédure. Il salue Virginie de la main. Dans le lit d’à côté, Blanche dévore une bande dessinée en mâchonnant consciencieusement un chewing-gum.

— Tout va bien, Pierre ? On peut commencer ?

Il acquiesce tandis que Virginie, déjà, enfile masque et gants.

— Blanche, tu peux vadrouiller où tu veux dans l’hôpital, tu le sais ? Profite tant que tu t’en sens capable.

— Oui, oui. Mais je reste. C’est lui qui a besoin de moi, sinon il chiale. Et puis ce bouquin est trop prenant, j’ai pas envie de bouger mon cul.

— T’as intérêt à le finir vite, lui répond Pierre. Après, tu me le prêteras.

Blanche lui jette un oreiller. Ces deux-là s’entendent comme frère et sœur. Une chance que le manque de lits les contraigne à partager une chambre mixte.

Virginie soulève la chemise de Pierre et s’affaire autour de son cathéter veineux central. Les yeux de Blanche se redressent par-dessus la tranche de sa bande dessinée et, discrètement, surveillent les réactions de Pierre. Virginie n’a pas besoin de tourner la tête vers elle pour sentir les muscles de l’adolescente se raidir d’inquiétude.

— T’en fais pas, la rassure-t-elle, je fais ça bien.

— Je sais.

Pierre, lui, tente de faire bonne figure, mais Virginie devine que ces bouts de plastique qui lui sortent du corps, qui pendouillent contre lui comme des vers artificiels, le font frémir. À ça, on ne peut tout à fait s’habituer.

Tout à coup, Blanche jette sa bande dessinée sur sa table de chevet et se précipite vers les toilettes de la chambre. Virginie et Pierre l’entendent vomir.

— Ça va… ? tente Virginie, toujours occupée autour du cathéter de Pierre. Tu veux que j’appelle une collègue ?

Entre deux ouvertures de gorge, Blanche parvient à refuser son aide. Ses vomissements empirent. Il y a peu, elle ne rendait que son repas du matin ; mais il semble que, désormais, elle ne puisse plus s’arrêter.

Pierre s’exclame :

— Finalement elle a l’air bien naze, ta BD. Vu comment tu gerbes.

Contre toute attente, Blanche rit autant que faire se peut. À croire que rien n’atteint ces enfants cloués à l’hôpital par un cycle sans fin : une chimio puis des nausées, des nausées puis une chimio, si l’un est sous perfusion l’autre le sera demain, et si l’autre vomit aujourd’hui, ce n’est que pour montrer à l’un ce que son avenir lui réserve.

Virginie attend son jour de repos avec impatience. Demain, elle participera à l’organisation du Festival de Clairedun. C’est son évènement préféré. Un festival, dans une ville pareille, ce n’est pas rien : d’un coup d’un seul, tous les lieux culturels se réveillent, ouvrent leurs portes, avalent puis recrachent des habitants par paquets, le temps d’un week-end. Le cinéma et la librairie sont les deux lieux les plus vivants – viennent ensuite la cour de l’école, transformée en ateliers pour enfants, et le musée d’histoire locale, que Virginie trouve trop poussiéreux. Puis, le dimanche soir, les portes se referment et la ville se ré-éteint.

Il n’y a qu’un seul festival : la ville n’est pas si grande, à peine de quoi y construire deux écoles et un hôpital. C’est Hossein, le libraire, qui a créé une association culturelle et qui, avec le soutien de la mairie et le travail de plusieurs bénévoles, organise le tout. Virginie se plait à l’aider. Elle l’assiste dans la tenue de ses stocks, dans la coordination de ses tables rondes littéraires et de ses ateliers d’écriture. Elle seconde également la gérante de la salle de cinéma lorsque cette dernière a besoin d’autres paires d’yeux que la sienne. Parfois, Virginie regrette de ne pas en avoir fait son métier. Au sommet de ces doutes, il ne faut que l’arrivée d’un nouvel enfant cancéreux pour qu’elle se blâme d’un tel regret, et qu’elle retourne cahin-caha dans les chambres de ses petits patients.

Demain, elle passera le plus clair de sa matinée à la librairie d’Hossein. Elle complètera pour lui son inventaire, découvrant des ouvrages jusqu’alors insoupçonnés, cachés, emmitouflés dans des couvertures de poussière. Elle renverra des mails aux participants de la table ronde littéraire et placardera des affiches de l’évènement partout dans la ville. Des passants l’arrêteront, qu’ils la connaissent ou non, et elle entamera des conversations futiles et agréables qui lui feront perdre toute notion de l’heure. Elle craindra de ne pouvoir arriver au terme de son parcours et bâclera le collage des dernières affiches. Elle déjeunera avec Hossein. Il aura préparé ses falafels maison, qu’il servira avec une lichette de vin rouge du coin. Elle refusera l’alcool, rappelant sa fatigue et sa volonté de garder l’esprit clair pour le reste de la journée. Elle n’en appréciera pas moins la compagnie du libraire, ses phrases lentes et étirées dans le temps, ses mots placés précisément là où on ne les attend pas.

L’après-midi, elle franchira les portes du cinéma de Clairedun et, comme à son habitude, s’égaiera de son aspect profondément désuet. Un mono-écran, ainsi qu’on l’appelle dans le jargon, enraciné au sein d’un vieux bâtiment — les murs délabrés, les fauteuils épuisés — mais qui n’en finit pas, à force de ténacité, d’accueillir ses spectateurs. Là, elle retrouvera France, la gérante du cinéma (« on dit ‘exploitante’ », l’entend-elle la corriger), et Laurence, une des institutrices de l’école primaire, elle aussi bénévole. Toutes trois s’embrasseront, se donneront de leurs nouvelles, évoqueront les enfants des salles de classe, les enfants des salles d’hôpital, les enfants de la salle obscure. Puis elles s’y enfonceront à leur tour, dans cette salle obscure. France se contorsionnera sur son siège et fera signe au projectionniste, caché là-haut dans sa tour d’ivoire magiquement lumineuse, et la séance démarrera : des courts métrages, dénichés par l’exploitante, que les trois femmes visionneront ensemble afin de dessiner la programmation du festival. Leurs têtes se décalqueront par-dessus les fauteuils. Virginie profitera alors d’un des rares moments de plaisir qu’elle s’offre, de temps en temps, en dehors de la maison. Elle laissera les images défiler sous ses yeux, créer devant elle et pour elle des panoplies entières d’ombres, des profondeurs déroutantes et des couleurs à ne plus savoir qu’en faire.

La séance terminée, le projectionniste apportera un petit en-cas. France, Laurence et Virginie partageront les sensations ressenties, et décideront d’une programmation précise, horaire par horaire. Virginie leur dira au revoir avec, entre les bises qui claquent sur les joues, la certitude, chaude et réconfortante, de retourner au cinéma quelques surlendemains plus tard.

Puis Virginie se rendra à l’hôpital et assurera sa garde de nuit.

— Elle parle de quoi, d’ailleurs ?

— Quoi ?

— Je demande à Blanche, explique Pierre. Ta BD, elle parle de quoi ?

L’estomac de la jeune fille s’est tari. Elle se relève, tire la chasse d’eau et, tout en se débarbouillant au-dessus du lavabo, raconte à Pierre les aventures improbables d’une elfe perdue dans les confins intergalactiques, qui n’a que son arc et ses flèches pour détruire des étoiles grouillantes de plantes carnivores.

— C’est bizarre… commente Pierre.

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Isapass
Posté le 13/11/2022
Encore une fois c'est tellement bien vu, ces digressions mentales vers des petits moments de plaisir alors qu'elle est en train de faire des gestes si lourds. Et les mécanismes de défense plus ou moins inconscients : le refus de s'impliquer dans l'association, le "rejet" de la petite patiente qui lui reproche de lui avoir fait mal... c'est tellement humain ! Et j'admire aussi la façon dont tu laisses le lecteur interpréter tout ça sans décortiquer. Décidément, "subtil" est le mot qui me vient en continu quand je te lis !
Est-ce que tu as soumis ce manuscrit à des ME ? Et pour Avant les cendres, tu avais eu des retours ?
Je reviendrai bien sûr après les HO !
A très vite !
Liné
Posté le 15/11/2022
Merci, merci beaucoup !

Le Marais est définitivement fini, mais je n'ai pas eu le cœur à l'envoyer à des ME, pour plusieurs raisons... Entre un petit syndrome du "pour qui je me prends ?" et les thématiques abordées que je n'ai pas envie de défendre ad vitam aeternam alors qu'elles me sont très personnelles (et que j'ai besoin d'une pause), je n'ai pas franchi le pas.

Pour Avant les cendres, j'avais envoyé à 5-6 ME, mais sans retour positif ni argumenté ! En revanche, pour Soleil bleu (que j'ai entamé récemment), je pense que j'arriverai plus facilement à soumettre, et à plus de maisons d'édition. Bref, work in progress !
Louison-
Posté le 06/11/2022
Ree !

Là c'est chouette justement, parce que dans le chapitre précédent tu commençais à aborder la question de la monotone du quotidien et ici tu l'approfondis en l'ancrant dans ton récit avec Virginie qui voit se succéder beaucoup d'enfants :) Bonne structure donc, je trouve ! ^.^ Le fait qu'elle se pose la fameuse question "est-ce que sa vie a un sens" nous fait vraiment entrer en empathie avec elle, parce que qui ne se l'est pas déjà posée ? ;)

Ensuite, le fait qu'au début, elle se considère comme une infirmière un peu "sans âme" est contrebalancé par la suite, je trouve :) Elle qui trouve de l'attrait dans la culture, cela montre bien qu'elle n'est pas insensible à tout ce qui l'entoure <3
La partie dans le cinoche était très jolie hihi, j'aime trop le cinéma donc j'étais heureuse de trouver une ptite scène comme ça ;-)
J'espère en tout cas que Virginie saura par après trouver un peu plus de sens dans sa vie et son métier difficile, elle me fait de la peine Virgine :(

Coup de coeur sur : "À croire que rien n’atteint ces enfants cloués à l’hôpital par un cycle sans fin : une chimio puis des nausées, des nausées puis une chimio, si l’un est sous perfusion l’autre le sera demain, et si l’autre vomit aujourd’hui, ce n’est que pour montrer à l’un ce que son avenir lui réserve." >> La phrase est super triste mais elle a un rythme d'enfer, bravo pour ça !

Voiloooou, un plaisir d'avoir découvert ton histoire, à tout bientôt ! :D
Liné
Posté le 15/11/2022
Merci encore, Louison !
Je travaille moi-même dans le cinéma, et je sais que mon goût et l'importance que je donne à la culture (au sens large) transparaît beaucoup à travers le point de vue de Virginie. D'ailleurs, je trouve que c'est une excellente réponse à "pourquoi la vie"...
Merci beaucoup pour tes compléments ! Ayant récemment rejoint le fan-club des Portiers du ciel, notamment pour ton style, je suis sincèrement flattée !
Hortense
Posté le 02/11/2022
Dieu merci, Virginie a quelques dérivatifs qui lui permettent de mettre un peu de distance avec son travail. Je me demande souvent comment font ceux qui travaillent dans de tels services. Il ne doit pas être facile de raccrocher les patients comme une blouse à la fin de la journée. Les "dérivatifs" de Virginie nous permettent d'avoir une vision élargie de son autre monde, en nuances de gris, sous le regard désincarné de la Centrale.
Un plaisir !
Liné
Posté le 04/11/2022
En effet, heureusement qu'il a des soupapes : autrement, à quoi bon ?
Merci pour ton passage par ici, Hortense ! Les mots que tu poses sur ce texte correspondent exactement à ce que je voulais susciter.
A bientôt !
Edouard PArle
Posté le 01/11/2022
Coucou !
Très intéressant le paragraphe au futur, je le répète j'aime beaucoup ta plume. Intéressant de montrer un autre pan de la personnalité de Viegine avec son attrait pour la culture et les festivals. Le personnage s'étoffe de plus en plus pour mon plus grand plaisir.
J'étais ravi de retrouver Pierre et Blanche, je me suis vraiment beaucoup attaché au premier chapitre. Très content d'apprendre qu'ils s'entendent bien tout les deux.
Et, je ne l'ai pas encore dit, j'aime beaucoup tes titres de chapitre.
Un plaisir,
A bientôt !
Liné
Posté le 04/11/2022
J'ai découvert Toni Morrisson un peu avant la rédaction du Marais aux pieuvres, et elle m'a ouvert de nouveaux chakras sur l'usage des temps dans un récit... Depuis, je m'éclate comme une folle avec, en évitant que ce soit gratuit et en tâchant de garder de la cohérence !
Merci beaucoup, Edouard !
Nanouchka
Posté le 23/01/2022
Salut Liné,

J'aime, j'aime, j'aime.

C'est doux-amer, réel, authentique, présent. Il y a assez de légèreté et de bienveillance dans l'organisation du festival, et entre Pierre et Blanche, pour qu'on puisse tenir tout le reste, les parents morts d'inquiétude, le vomi, la chimio. C'est un peu le monde entier dans ces pages, ce funambulisme pour se tenir entre la tristesse et la joie. Ça se lit très fluidement, très facilement.

Juste une petite chose : la fin du chapitre m'a prise de court. C'était comme trop tôt ou trop tard, je ne sais pas. Peut-être que ça a un sens révélé plus tard et dans ces cas-là aucun souci, mais au cas où, je pose mon ressenti là.
Liné
Posté le 25/01/2022
Ha, on m'a déjà fait la remarque que la fin était un peu abrupte. Est-ce que ça aide si je dis que le roman tout entier n'est pas vraiment divisé en chapitres, mais que de simples sauts de trois lignes séparent ce qui apparaît comme étant des chapitres sur PA... ? D'ailleurs, à la base, tout le roman ne devait être qu'un bloc, sans respiration.

"C'est un peu le monde entier dans ces pages" : merci beaucoup ! Je me demandais à quel point je parvenais à rendre le récit universel en parlant de Virginie, d'une grossesse, de sujets sanitaires et écologiques (donc de situations bien arrêtés dans le temps, l'espace et les subjectivités humaines). Et en même temps, je ne veux pas donner l'impression de donner une vision générale de la vie, toute petite fourmi que je suis

Merci de ton passage !
Nanouchka
Posté le 27/01/2022
Ah oui, ça aide beaucoup, et ça fait complètement sens que ce soit un grand monologue sans interruption, ça va si bien avec ce que tu racontes, et avec Virginie elle-même, donc je ne commenterai plus les débuts/fins de chapitre qui sont plus pour poster que réellement dans le texte.
Lyrou
Posté le 09/08/2021
Chapitre intéressant, le passage du cycle sans fin des chimio fait froid dans le dos ça ramène à la dure réalité à laquelle les enfants et Virginie font face quoiqu'il arrive et quoique soient leurs méthodes de distraction temporaires.
C'est sympa d'avoir un peu accès à ce que fait Virginie en dehors du taff, et ça offre à ressentir la rupture de routine que le festival représente pour elle et la ville, le fait que ce soit en rupture avec le reste du chapitre et comme une longue parenthèse.
Liné
Posté le 30/08/2021
Là encore, c'est exactement les impressions que je voulais créer. Ça me rassure ! Si tu te penches sur la suite, j'espère que tu continueras à trouver du sens à cette histoire
Rimeko
Posté le 13/11/2020
Hey Liné :D
J'avais un peu délaissé Le Marais, je reviens y faire un petit tour pour les HOs, en essayant de ne pas m'y engluer héhé

Suggestions :
"Entre deux ouvertures de gorge" l'image fait buguer mon cerveau...
"les fauteuils épuisés mais qui n’en fini(ssen)t pas, à force de ténacité, d’accueillir ses spectateurs"

C'est bien joué, comment elle s'évade dans les bons moments à venir en même temps qu'elle est en train d'injecter la chimio au gosse. Parce que c'est peut-être le seul moyen de supporter ça, que c'est ce genre de mécanismes qui contribuent à cette insensibilité dont elle parle.
La phrase sur "réveiller les morts et les vivants", brr, c'est beau. Et oui, c'est pas normal, ni dans ton univers un peu plus gris, ni dans le nôtre, d'ailleurs. J'admire ta capacité à aborder des sujets comme ça, d'ailleurs <3
Toujours une belle plongée dans ta plume, je reviens dès que possible !
Liné
Posté le 14/11/2020
Coucou Rim' ! Contente de te revoir par ici ! Promis, le marais est un peu froid mais très confortable :-D

Plus qu'une capacité à aborder des sujets pareils, je dirais une nécessité (.. et une incapacité à faire autre chose, d'ailleurs).

A très vite !
Rimeko
Posté le 14/11/2020
Mais si c'est ce qui te pousse à écrire, tant mieux <3
djinn
Posté le 09/10/2020
Bonsoir,
Toujours sous le charme de Virginie. Elle a vraiment le cœur et les bras grands ouverts. N'en fait elle pas un peu trop ? Moi, j'ai l'impression qu'elle est en train de se perdre.
Une petite remarque : j'ai bien aimé l'expression "quelques surlendemains plus tard". C'est pour cette raison qu'il n'aurait peut-être pas fallu la placer deux fois dans le même chapitre.
Liné
Posté le 10/10/2020
Merci Djinn !
Je n'avais pas repéré la répétition de "quelques surlendemains" et ne comptais pas en abuser : je corrige ça de suite !
Pour le "elle en fait trop", j'espère que c'est ton interprétation du personnage à e stade, et non ton impression sur le style ou la narration du chapitre ?
A bientôt :-)
djinn
Posté le 10/10/2020
Tout à fait. C'est mon interprétation du personnage. J'ai l'impression qu'elle va finir par craquer...
Tac
Posté le 20/09/2020
Heyo Liné !
J'aime beaucoup, toujours (je sens que ça va être ma phrase d'attaque à chaque fois).
J'ai une toute petite remarque concernant le paragraphe sur le festival : je n'ai pas vraiment compris si c'était un festival de cinéma ou de littérature, ou des deux. Les deux sont mentionnés, puis dans les paragraphes qui suivent il n'y a pas de lien qui est créé. Si bien que j'ai l'impression que ta protagoniste va et préparer un festival et aider une libraire et aller au ciné gérer la programmation d'un festival, a priori, du coup, le premier qui a été mentionné puisqu'il y en a un seul. Je trouve donc que c'est un peu confus, et que ça manque un peu de linéarité, dans le sens où, je trouve qu'au niveau des informations, on fait une boucle : le festival est mentionné, puis on apprend qu'il y a une librairie et un cinéma qui semblent liés même si je n'ai pas trop compris comment, et ensuite on a un descriptif des passages de la protagoniste dans la librairie puis dans le cinéma. je ne sais pas si je suis très claire, mais voilà, je pense que quelques petites corrections en vue d'un peu plus de clarté seraient les bienvenues - à moins que tout cela ne soit volontaire, dans ce cas, je m'excuse de demeurer imperméable à l'effet narratif.
J'ai aussi trouvé la fin pas très "fin", j'ai, tout personnellement, l'impression d'avoir été coupée au milieu de quelque chose.
Plein de bisous !
Liné
Posté le 26/09/2020
Alors c'est un festival qu'on pourrait qualifier de pluridisciplinaire, commun à toute la ville : chaque lieu culturel ou public participe un peu. Là je prends l'exemple du cinéma, de la librairie (et plus tard de la cour d'école), et s'il y a un musée, on peut imaginer qu'il propose également des activités. Mais pour le coup, j'ai l'impression que ce que tu conseilles c'est de préciser tout ça en début d’explication, avant que Virginie aille à la librairie puis au cinéma - et c'est pas bête, poulette...
Laure
Posté le 07/06/2020
Coucoouu je me réveille !
Ton écriture est toujours si agréable, c’est un bonheur de la retrouver !
Ce monsieur Grivoix est si attendrissant. J’aime beaucoup la comparaison avec un chien reconnaissant !
J’ai encore du mal à cerner Virginie. Quand elle dit « Devant la Rosemonde, j’ai fermé ma gueule », eh bien je me dis moi qu’elle a fini par crier très fort, même si elle a longtemps accepté de l’écouter. Et je m’en suis toujours pas remise, de cet éclat ! Pour moi, la Rosemonde, elle est aussi une victime du système, je trouve ça injuste de la punir aussi violemment et aussi brusquement, sans procès ni rien… enfin bon. Tu me connais, je déteste la confrontation !
Pierre et Blanche sont vraiment adorables, ils ajoutent plein de force, de douceur et d’innocence à cette histoire ♥
Je vais être embêtante et te donner mon avis en mode future éditrice, mais à ce stade, je trouve qu’il y a pas assez d’intrigue, de mystère : on ne sait toujours pas où on s’en va. On sent que Virginie est en train de s’affaiblir, est peut-être près du burn-out ou d’une sorte de crise, mais je crois que l’« élément déclencheur » devrait arriver plus tôt… Là, on se perd un peu, enfin on sait pas à quoi s’accrocher, quoi attendre ; il faudrait peut-être « resserrer l’intrigue », comme ils disent. Enfin, c’est mon avis, il vaut ce qu’il vaut :S
Mais j’ai trop hâte de voir ce que tu as à nous dire parce que te connaissant, je sais que ça sera super riche en réflexions (ça l'est déjà) ! ♥
Détails :
« Virginie n’a pas besoin de tourner la tête vers elle pour sentir les muscles de l’adolescente se raidirent » : raidir
« Blanche rit autant que faire se peut à la blague de son camarade » : j’ai un peu tiqué à « autant que faire se peut », parce que ça sous-entend qu’elle fait de son mieux pour rire, alors que j’ai l’impression qu’elle fait juste rire de bon cœur.. ?
« T’as BD, elle parle de quoi ? » : Ta
Liné
Posté le 22/06/2020
Ah mince, je réponds après nos longues discussions lilloises... En tout cas, encore merci de suivre l'histoire, même si Virginie te "perd" un peu dans son sillon !
Alice_Lath
Posté le 19/05/2020
Elle est pas mega saine saine, Virginie quand même haha, elle me fait de la peine. En fait, elle est toujours en décalage avec l'instant présent ce qui fait qu'on a l'impression qu'elle loupe en permanence sa vie, pas forcément de grand chose, mais quand même. Je suis d'autant plus curieuse de voir ce qu'il se passe derrière, en tout cas, je suis bien dans l'ambiance haha, je viens moi-même de prendre une grande inspiration pour ressentir un peu d'air dans mes bronches hahaha j'avais l'impression d'étouffer avec elle
Liné
Posté le 26/05/2020
C'est intéressant comment chaque lecteur/trice interprète les escapades temporelles de Virginie de manière plus ou moins différente, j'aime beaucoup ^^
Merci beaucoup !
_HP_
Posté le 13/05/2020
Coucou !

C'est presque flippant, la programmation de la journée de Virginie 😳😄 On sent un côté un peu routinier, mais en même temps on ressent aussi un côté un peu réconfortant ^^ J'ai hâte de voir si ce festival va se dérouler aussi bien que prévu (ce dont je doute un peu, franchement 😄)
J'aime énormément que l'on soit du point de vue de Virginie, j'aime beaucoup sa façon de penser, le sujet est peu joyeux mais elle sait ajouter un quelque chose qui "allège" un peu le truc ^^ Genre la tête de veau xD
J'aime beaucoup également la façon dont tu joues avec les pensées, le présent, le passé ou bien ce qui se passera ! Je n'étais pas perdue et c'est très agréable de 'slalomer' un peu comme ça ^^
Bravo à toi pour ton écriture si belle et si agréable, fluide, imagée... Z'adore crès fort ! 😝
Liné
Posté le 15/05/2020
Tu as la 2e plume à trouver un côté flippant et routinier à la programmation de Virginie, je ne l'avais pas prévu - et ça ne me gêne pas ;-) Je cherchais surtout, comme tu le dis, à jouer avec les temporalités, à brouiller les pistes entre passé, présent et futur - ce que je fais un peu partout mais là, c'est carrément direct. En tout cas, j'avais peur que ça paraisse trop expérimental et mal fait, mais apparemment ça passe crème !
Idem concernant les pensées de Virginie : certaines peuvent paraître tirées par les cheveux, voire carrément glauques (coucou les animaux torturés) et je craignais que les lecteurs/trices aient un rejet pour ce personnage.
Flammy
Posté le 14/04/2020
Coucou !

Quelque chose me dit que tout ne va pas se passer aussi bien que prévu et que tout le projet tant anticipé va pas se faire :/ N'empêche, ça a un côté un peu déprimant de voir à quel point sa vie est toute réglée, même si ça doit être réconfortant. Mais en avoir conscience au point de pouvoir être précise à ce point sur ce qui va se passer, c'est limite flippant ='D

Pierre et Blanche sont touchants, même si j'ai pas envie de trop m'attacher à eux vu que bon, ça s'annonce pas bien pour eux, l'oeil de Virginie fait qu'on
Flammy
Posté le 14/04/2020
a pas vraiment le choix que de les apprécier.

Bon, désolée, ça a posté trop vite ='D
Liné
Posté le 19/04/2020
Ah, j'avais pas pensé au coté réglé du quotidien ! J'ai cherché à montrer plus ou moins subtilement la difficulté à travailler dans un hôpital, surtout auprès d'enfants cancéreux, et certaines mécanismes que Virginie met en place pour surmonter tout ça. Mais j'avais pas vu que le truc routinier serait perçu de cette manière - tant mieux !

Pour Pierre et Blanche : mais siii, alleez, attache-toiii... :-D
Sorryf
Posté le 08/04/2020
C'est tellement bien, je ne trouve absolument rien a commenter !
alors je me rabat sur du pinaillage mesquin :p

"Ça tombe bien, elle sait que le reste de son après-midi consistera à gérer la chimiothérapie de Pierre." -> Bon, warning, je n'y connais rien... mais elle va pas gérer juste une chimio de tout l'après-midi si ? elle pose pas la perf et s'occupe d'autres patients en attendant ?

"Une chance que le manque de lits les contraigne à partager la même chambre." -> cette info me parait superflue. J'imagine que c'est différent pour tous les hôpitaux, mais deux patients dans la meme chambre ça me parait complètement normal. En plus cette phrase apporte un coté "coincidence", moins y en a mieux c'est. et puis du coup c'est pas un manque de lit mais de pièces... et s'il y a un manque de pièces, ça veut dire que l'hopital est surchargé, et dans ce cas c'est impossible que Virginie n'ait qu'un seul patient a soigner de tout l'après-midi ! Je pinaille je pinaille lol ! je pense que tu peux te passer de cette phrase sans problème, sauf si pour une raison ou une autre c'est important qu'on sache que l'hopital de Clairdun n'a en temps normal que des chambres individuelles.

Trop mignon l'amitié entre ces deux enfants... toi tu vas encore me faire pleurer je le sens T.T
Liné
Posté le 13/04/2020
Merci Sorryf !

Mais pinaille, pinaille donc :-D D'autant que tu t'es attardée sur des détails de la vie à l'hôpital, ce que je maîtrise le moins...

Effectivement, une chimio peut prendre plusieurs heures mais pas forcément "une après-midi entière" - je modifie mon indicateur temporel ! Quant au nombre de lits, je voulais surtout souligner pourquoi un garçon et une adolescente se retrouve ensemble (je ne sais pas si l'on sépare les garçons des filles dans les hôpitaux...). Je voulais à la fois signaler en passant qu'il y avait peu de lits, ce qui montre le manque de moyens et/ou le nombre de patients, et résoudre mon équation Pierre/Blanche ensemble. Je réfléchis pour voir si je supprime cette phrase ou si je la précise !

A très vite ;-)

Kavanaugh
Posté le 07/04/2020
Comme prévu, me voici sur le chapitre 4 :)

Encore une très bonne lecture : félicitation !

Lorsque Virginie s’endort et rêve de corps malade, j’ai cru que les réflexions qu’on trouve ensuite entre guillemets étaient également dans son rêve. D’où ma surprise quand elle se fait engueuler par sa patiente. Mais franchement, ce n’est pas un problème parce qu’on comprend tout de suite où elle se trouve.

La description de Pierre avec la comparaison avec le veau était assez sordide. Mais ça colle bien au personnage de Virginie ahah. J’ai bien rigolé à la remarque de Pierre sur la BD naze.

Par contre, j’ai un peu tiqué à la phrase suivante :
« Aucun de ces deux enfants ne comprend qu’ils sont enfermés dans un cycle sans fin : une chimio puis des nausées, des nausées puis une chimio, si l’un est sous perfusion l’autre le sera demain, et si l’autre vomit aujourd’hui, ce n’est que pour montrer à l’un ce que son futur lui réserve. »
Je me trompe peut-être mais des enfants dans cette situation peuvent parfois être très lucides sur le sort qui les attend. J’ai l’impression que Virginie les sous-estime un peu à ce moment-là.

J’ai également beaucoup aimé la description du « futur » de Virginie. Est-ce parce que ses journées ne vont pas se dérouler de cette manière que tu as préféré les décrire à l’avance ?

Le chapitre se clôt parfaitement avec le retour dans la chambre des enfants et la remarque de Pierre. Bien joué !

J’ai hâte de revenir lire la suite,
A bientôt !
Liné
Posté le 10/04/2020
Merci again !

Pour le passage du rêve et de l'hôpital, j'ai fait exprès de semer le doute en espérant que ça ne soit pas trop alambiqué. Comme le roman se déroule d'une seule traite, sans coupure ni chapitre, j'essaie d'écrire des transitions qui aient un minimum de sens et qui ne soient pas répétitives. Là, comme on est dans une période de fatigue et de lassitude, je voulais justement montrer que le quotidien privé et perso de Virginie se confondaient un peu trop.

Concernant Pierre et Blanche, je vois tout à fait ce que tu veux dire ! Eux aussi, on les reverra assez souvent : soit d'autres passages à venir permettront de nuancer ta "critique", soit je retoucherai celui-ci directement (à voir).

Enfin, j'essaie de jouer sur les temps de narration dans un but bien précis, et de disséminer des sortes de "troubles temporels" tout au long du roman. Celui-là est moins subtil que d'autres, et au vu des premiers retours, ça passe... Je me sers aussi du futur, dans ce cas-là, pour montrer comment Virginie essaie de se sortir de son quotidien : en imaginant les choses positives qui ne sont pas encore arrivées (d'où le retour un peu brutal dans la chambre de l'hôpital).

Merci encore pour tes remarques très pertinentes, et à bientôt j'espère !
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