Partie I - Chapitre 1 ("quand j'aurai fini de mourir, je reconstruirai tout")

Par Liné

« Beaucoup meurent. Sur le coup. Un homme était assis sur un banc, et il est tombé. Un autre attendait l’autobus, dehors, et il est tombé. Ils meurent, mais personne ne les a véritablement interrogés sur ce que nous avons vécu… Les gens n’ont pas envie d’entendre parler de la mort. De l’horrible…

Mais moi, je vous ai parlé d’amour… De comment j’aimais. »

Elena Ignatenko.

Témoignage recueilli par Svetlana Alexievitch dans La supplication. Tchernobyl, chronique d’un monde après l’apocalypse, 1997.

 

 

 

 

Quand j’aurai fini de mourir, je reconstruirai tout. Mon corps se délitera, ma chair se décomposera et de mes cheveux, de ma peau, qu’ils soient bruns, noirs ou gris, ne resteront que des copeaux de moi, des filaments d’un passé révolu, des zestes d’un monument parmi tant d’autres. On m’embaumera, on m’incinérera ou on m’enterrera et ce ne sera pas dans un cercueil de béton. Non. Ça, le cercueil de béton, je n’en veux pas. Puis, une fois les rites célébrés, les paroles de deuil prononcées, les larmes essuyées, je reviendrai et reconstruirai tout — je ne sais pas encore comment. Et même si cela demeure incertain, nébuleux, aussi vague qu’une tempête en pleine mer, au cœur de mes angoisses présentes déjà je me réjouis.

Les vagues de la tempête submergent le lit de Pierre tandis que Virginie remonte jusqu’au menton du petit garçon la couverture qui l’enserre. On le croirait enveloppé d’un linceul. Le patient ne peut rien savoir de ces pensées qui germent, éclosent et s’effritent, cachées derrière ce visage de marbre : l’infirmière se garde bien de les partager. Elle tapote les rebords du matelas, lisse les draps blancs et vérifie le niveau des perfusions. Pierre, immobile, suit avec grande attention le parcours précis des doigts de Virginie autour de son lit d’hôpital.

Il ne doit pas comprendre ce que je fais, se dit-elle. Pour lui, la poche de perfusion n’est qu’une poche comme on en voit au cinéma, et le liquide qui s’en écoule n’est qu’un liquide aux propriétés inconnues. Il n’a rien étudié, lui, n’a pas « trouvé sa voie » ni « fait carrière » : il est trop petit.

— Tu es installé confortablement ?

— Oui !

Il a de l’entrain. Un sourire s’étale sous ses yeux cernés. Condamné à mort, il n’en est pas moins facile à vivre. À l’inverse, ses parents affichent en permanence une mine des plus macabres. Virginie déteste les croiser : leur détresse est trop lourde. De concert, comme s’ils partageaient les mêmes orbites vides, les mêmes lèvres tombantes, le même menton tremblant, père et mère s’étonnent des dessins de Pierre. Et de ses lettres, aussi. Ces dessins, ces lettres, ils les secouent sous le nez de Virginie, sous le nez des médecins, et demandent et demandent encore : est-ce normal qu’un enfant mourant de huit ans gribouille des familles, des personnages échevelés qui se tiennent main dans la main, et des soleils, le tout submergé jusqu’à en vomir de couleurs criardes ? Et est-ce normal qu’il écrive des poèmes, que sous sa plume les mots « mort » et « j’adore » dansent ensemble, s’enchaînant l’un à l’autre avec la complicité de cette rime au son guttural et abject ? Virginie a envie de répondre que oui, que c’est normal. Que Pierre a tout compris, bien qu’il soit trop petit, puisque « mort » est un mot gris tandis que « j’adore » est rose, et que ce mariage est des plus adéquats. 

Il ne mourra peut-être pas, avait rétorqué le médecin. Vous lui prêtez une condition future qu’il pourrait ne jamais connaître. Enfin, jamais, non, car un jour ou l’autre il s’éteindra — comme tout le monde. Toujours est-il, avait repris le médecin, toujours est-il que les séances de chimiothérapie portent leurs fruits et que j’ai espoir d’obtenir des résultats concluants. Gardez la tête haute. Surtout, gardez la tête haute. Et le médecin de tapoter l’épaule des parents pendant que Virginie, elle, tapote les rebords des matelas. Infirmière, elle n’apprécie pas beaucoup les médecins : trop loin, trop flous. Elle n’apprécie d’autant pas celui-ci qu’il lui avait intimé, à voix basse, une fois les parents repartis, de ne pas dramatiser la situation. Des enfants cancéreux, c’est triste, mais pour le gamin aussi bien que pour les parents, la rémission demeure le principal objectif. À ne pas perdre de vue. L’optimisme aveugle reste la règle d’or — celui qui dit et répète que tout va toujours bien dans le meilleur des mondes.

D’autant que Virginie a d’autres patients. Des chambres, des couloirs entiers. Elle sait, elle, que ses journées sont remplies de crânes chauves et de clowns en pédiatrie. Avant, il n’y en avait pas tant. Quand Virginie était encore étudiante, cet hôpital ne comprenait même pas de service de cancérologie pédiatrique. On a dû en créer un exprès, parce que le nombre de patients atteignait de nouveaux pics. De quand datent les premiers clusters, personne ne le sait vraiment. D’abord, on les a épinglés sur une carte : cluster de l’Ain, puis de Rouen, de Sainte-Pazanne et de Saint-Laurent-Nouen. Clusters franciliens, aussi, évidemment. Sans parler des clusters étrangers, italiens, espagnols, allemands – avec des noms tous aussi poétiques les uns que les autres. Et puis, plus discret, Clairedun – comme un point que Virginie pose, non pas sur la carte de la région, qu’elle connait par cœur, mais sur une date : 2036.

2036, elle se dit souvent, deux mille trente-six, c’est un nombre posé un peu au milieu de nulle part, sans consistance. Pour le raccorder à quelque chose, il faudrait penser au cinquantième anniversaire de Tchernobyl, par exemple. Ou bien le décomposer en calculs improbables, 2 + 3 + 6, et les groupes complotistes trouveraient de quoi relier cette année à une énième apocalypse. Heureusement, 2037 est au tournant et avec elle, peut-être, quelques changements – ce à quoi Virginie s’accroche, à défaut d’accrocher des chiffres sur des repères tangibles. 

Si elle les évoquait à voix haute, ces journées qui n’en finissent plus de s’étendre et de recommencer, et si elle en parlait, de ces enfants qui arrivent et repartent à la chaîne, debout ou les pieds devant, on lui dirait qu’elle a tort. Que c’est une vue de son esprit. Que Pierre et Blanche sont ses patients préférés du moment, qu’elle s’est trop attachée à eux, qu’elle devient sentimentale — voilà tout. Pourtant, quand elle les quitte, elle retrouve des tas d’autres enfants qui attendent, dorment, vivent et trop souvent meurent à l’hôpital de Clairedun.

Pour tout le monde, cela reste très ordinaire.

— Dis, quand tu rentres chez toi, tu fais ton lit pareil ?

— Non, répond Virginie. Chez moi, on a un grand lit, énorme, avec des milliers de coussins et une couette plus lourde qu’un cachalot. 

Pierre fronce les sourcils, réfléchit, pèse les mots que vient de lui offrir Virginie. Puis rigole.

— T’es pas comme les autres adultes, toi ! C’est marrant quand tu parles.

Ça, Virginie l’a entendu plus d’une fois.

— Et toi, lui répond-elle, quand tu écris, il y a plein de couleurs qui jaillissent de tes yeux pour éclabousser le papier. Je suis sûre que ça te fait beaucoup de bien. Donc même si tes parents s’angoissent, te laisse pas faire et continue d’écrire ! À moi, tu pourras toujours tout montrer.

Le petit garçon prend un air dubitatif. Virginie s’est encore enflammée. Ses histoires de couleurs, d’yeux et de papier se sont échappées de sa bouche sans qu’elle puisse les contrôler. Elle s’est sentie en confiance, a cru que l’enfant trouverait un sens précis, délicat, humain, aux images qui trottent dans sa tête et qu’elle sait farfelues. Au lieu de quoi, voilà qu’elle effraie. Encore. Pas plus tard que le week-end dernier, alors qu’elle patientait sur le parking du supermarché, la mouche du saugrenu l’a une nouvelle fois piquée. Elle ne faisait rien, Virginie, rien d’autre en tout cas que contempler le désert gris qui s’étalait devant elle : ici un bloc de magasins, là une mare de goudron, et il n’y avait qu’un flot de voitures pour interrompre une monotonie glaciale. Entre ses mains, la barre d’un caddie.

Il s’était mis à pleuvoir. Des gouttelettes, innocentes, et d’un coup d’un seul, sans prévenir, des trombes. Abritée sous la devanture de ce gigantesque supermarché à moitié fermé, Virginie n’avait que quelques oiseaux, trois chiens errants et un vagabond à se mettre sous la dent. Elle les observait vaciller entre les cordes d’eau et disparaître dans le désert. Le vide s’épaississait, l’ennui grandissait quand soudain, calqué contre le vent, contre le ruissellement de la pluie, surgit Gene Kelly : pas le vrai, évidemment, mais sa voix, celle qui de tout temps ou presque a inondé les ondes et charmé les spectateurs. Et elle ne résista pas, Virginie, ne put s’en empêcher : de fredonner, d’abord, en tapotant l’asphalte du bout de ses chaussures, en balançant ses hanches de droite et de gauche. Et puis, la joie aidant, elle serra plus fort ses doigts autour du caddie, et le réveilla, ce tas de métal vain, le secoua, l’entraîna dans les airs et avant qu’elle le sache, qu’elle puisse comprendre ce qu’elle faisait là, exactement, sur ce parking laid, devant ce supermarché pauvret, elle chantait — tataaaa-tala-lalaaa, talataaa-tala-lalaaaa — et dansait Singin in the Rain’ au bras de son caddie. Plus tard, elle se demanderait comment diable elle avait pu mémoriser la chorégraphie, les pas de Gene Kelly sous la pluie, et par quel miracle elle avait répété les mêmes gestes, les mêmes fausses maladresses que l’acteur. Mais, sur le moment, dans un élan d’euphorie, elle se plaisait à sauter dans les flaques d’eau.

Elle éclaboussa par mégarde une dame qui passait par là. Leurs regards se croisèrent et, dans celui de cette femme plus âgée qu’elle, une mère de famille, certainement, Virginie lut un reproche cruel. Un jugement sec. Elle s’arrêta de danser et le caddie retomba au sol, déçu. La musique cessa. Ne restaient qu’un néant, et de l’eau pour le combler. Les vêtements de Virginie étaient trempés. Ses cheveux, plaqués sur ses joues. Elle tourna la tête vers la femme et lui darda son plus beau regard noir. Un regard de murène, sourd et violent. Et lui tira la langue. L’inconnue s’enfuit en haussant les épaules, l’air courroucé.

Tout cela semble si loin.

— T’es folle, en fait. Tes trucs de couleurs, ça va trente secondes mais après, ça fait flipper.

La voix de Blanche ramène Virginie dans la chambre d’hôpital. La patiente, quatorze ans, leucémique, sort des toilettes et retourne vers son lit. Derrière elle, les borborygmes réguliers de la chasse d’eau tirée.

— Mais je te rassure, poursuit Blanche, on t’aime quand même.

Voilà qui est rassurant. Plus rassurant que le teint de l’adolescente, blafard — il faut dire qu’elle porte bien son nom. Blanche. Ses parents avaient peut-être deviné ce qu’il adviendrait de ses cellules, de son sang, et préféré lui coller un prénom qui lui irait comme un gant. Pierre, lui aussi, a un nom qui lui va à ravir : il n’est pour l’heure rien d’autre qu’un corps rugueux, pesant, qui s’enfonce dans son lit avec autant de grâce qu’une roche dans la mousse.

À les regarder, Virginie a un pincement au cœur. On n’a pas idée d’avoir des enfants. Certainement pas pour qu’ensuite, à peine grands, à peine balbutiants, ils tombent ainsi dans la gueule de la maladie.

Faire des enfants. Comme si les petits êtres humains de demain étaient modelés dans la terre glaise, portés au four, cuits, puis offerts à la vie à la manière d’un pot. De la décoration. Regardez à quel point ils sont beaux. Mais ils ne sont pas beaux. Ils ont la peau pâle des affamés, les yeux tirés des drogués, et les gestes lents, mais d’un lent…

Virginie, elle, sait comment les enfants viennent au monde. Elle les croise presque tous les jours, ces femmes qui débarquent à l’hôpital, en fauteuil ou pliées ou rampantes, le visage rouge, contracté, criant, pleurant qu’elles ont perdu les eaux. Elle voit les médecins qui s’affairent autour d’elles, qui les auscultent, les jugent, les jaugent, les enterrent dans un lit, les pieds dans l’étrier, la chatte à l’air, qui leur font des piqûres, leur ordonnent de pousser, pousser, pousser, « faites un effort ma p’tite dame, si vous l’avez mis, vous pouvez l’en ressortir ! ». Des heures et des heures de travail, de cris, encore, de pleurs, encore, de condescendance et de mépris, encore, pour qu’une tête rose dégueulasse, pleine de sang et de placenta, parfois poilue, s’extirpe toutes griffes dehors, s’échappe du vagin de la femme, et se mette elle aussi, cette tête, à crier. S’invitent ensuite les effusions d’enfantillages, les « oh c’est un beau garçon bien costaud », et les « qu’elle est mignonne cette chérie ». Et en dessert le point du mari -  recoudre l’entrée du vagin que le médecin a pris grand soin de découper, mais pas n’importe comment, les points de couture, non : resserrer un peu, allez, un peu plus, renvoyer cette femme au statut tant convoité de quasi-vierge – le point du mari, donc, pourquoi pas, car après tout l’homme doit continuer d’éjaculer comme un dieu dans ce vagin qui vient pourtant de se dilater jusqu’à l’éclatement. Au milieu de ce tohu-bohu, de ces énervements qui réveilleraient un cimetière, la mère, elle, n’a qu’une envie : qu’on lui foute la paix.

Alors non, ça, avoir des enfants. Très peu pour elle.

— Je vais parler à ton médecin de tes nouvelles doses. Parce que t’as quand même une belle sale gueule.

Blanche lève le pouce en signe de consentement.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Isapass
Posté le 13/11/2022
Hello !
Je viens enfin découvrir ton Marais, qui est dans ma PAL depuis des siècles. Pour tout te dire, j'étais déjà venue en douce sur ce premier chapitre, mais j'avais lâchement renoncé, sous l'effet conjugué du souvenir d'Avant les cendres et du thème que tu abordes ici. Je sais que tes textes ne s'abordent pas la fleur au fusil et il me fallait une petite préparation psychologique...
Eh bien, la lecture (jusqu'au bout, cette fois) de ce premier chapitre, me confirme que ton histoire ne va pas me laisser indifférente. C'est un euphémisme, hein. C'est pas croyable, la force de ta plume ! Elle cible directement mon hypersensibilité ! Et en plus la maladie chez les enfants est un sujet qui m'a toujours bouleversée, d'autant plus depuis que je suis mère. Bref, j'aime et j'admire toujours autant la force de tes phrases et ton propos à contre-pied des standards sociaux. Cette vision de la naissance est presque subversive, ah ah ! Et ça fait beaucoup de bien...
Je n'ai absolument aucune remarque, je lis en lectrice et je savoure.
Je vais de ce pas me chercher une boite de mouchoirs (je sens que ça ne sera pas perdu) et continuer !
Liné
Posté le 15/11/2022
Coucou Isa ! Je suis très heureuse de te voir par ici !

Je me doute bien que les thèmes que je soulève peuvent rebuter, c'est on ne peut plus humain... Et si Avant les cendres te reste aussi bien en tête, c'est que quelque part j'ai réussi quelque chose... ? Bref, je comprends tout à fait, et il n'y a aucune obligation à se plonger dans le Marais !

En attendant, merci pour ces chauds compliments !
Isapass
Posté le 21/11/2022
Les thèmes que tu abordes ne rebutent pas, pas du tout. Au contraire, j'admire ta capacité à te les approprier. Je voulais juste dire que de mon côté, j'ai besoin d'une petite préparation psychologique pour te lire, ce que je ne regrette jamais.
Et bien sûr que tu as réussi quelque chose, avec Avant les cendres ! Plus que ça, même !
Louison-
Posté le 05/11/2022
Coucou Liné ! Enfin je viens découvrir ce que tu fais <3

Sujets rudes mais entrée en matière super bien fichue :) J’aime bien parce que tout n’est pas complètement noir, tu fais un joli mélange entre dureté de la vie et quelques pointes de couleurs et de joie qui sont possibles malgré tout. Pierre m’a ainsi beaucoup touchée, j’ai particulièrement apprécié le bout où tu joues sur les mots « mort » et « j’adore ». C’était très vrai et ça nous fait bien réfléchir sur notre rapport à la mort, sujet extra tabou.

Ensuuuite, j’apprécie que ta narratrice adopte un ton cynique, et très « lucide » en même temps. Enfin on sent qu’elle en a côtoyé un tas de ces enfants malades et qu’à force, elle a adapté son rapport à la maladie et qu’elle va nous offrir un point de vue particulièrement éclairé je sais pas ? Un peu trash mais authentique ?

Le temps me manque pour lire la suite mais je reviens toooout bientôt :)
Bisou, merci pour cette chouette découverte ! :D
Liné
Posté le 15/11/2022
Hello Louison, et merci ! Les impressions que tu poses sur ta lecture correspondent à ce que je cherchais : quelque de chose de frontal et de rude, mais sans tomber dans le nihilisme ni le désespoir.
A bientôt j'espère !
Hortense
Posté le 02/11/2022
Bonjour Liné,
Un texte très puissant et qui coupe le souffle, écrit avec rage comme on vide son sac pour remettre les pendules à l'heure, effacer les sourires complaisants, dénoncer la bêtise, l'impuissance, la lourdeur, la douleur, l'horreur... Et dans cet univers sombre et blanc, il y a Virginie l'infirmière, qui lutte sans avoir les armes, qui lutte pour refouler les larmes, apporter un semblant de réconfort avec des mots colorés, des images trop merveilleuses qui se heurte à la réalité.
Je reprends mon souffle pour te dire Bravo !!!
A bientôt
Liné
Posté le 04/11/2022
Hello Hortense, et bienvenue dans le Marais !
Merci beaucoup pour ces chauds compliments...
Edouard PArle
Posté le 01/11/2022
Coucou !
J'adore ce chapitre d'introduction ! Le cadre d'un hôpital pour enfant cancéreux est un choix très intéressant. La narratrice me plaît beaucoup avec son ton cynique et la personnalité qui commence à se dessiner. Hâte d'en apprendre plus sur Virginie.
Les enfants sont très attachants aussi. Petit coup de cœur pour la scène où Pierre montre ses dessins.
Un plaisir,
A bientôt !
Liné
Posté le 04/11/2022
Salut Edouard, et bienvenu par ici !
L'univers est pas le plus joyeux qui soit, mais j'ai cherché à compenser avec des personnages réalistes et humains.
Nanouchka
Posté le 12/01/2022
Bonjour Liné,

Oui, ça ne m'étonne pas, suite à notre très brève conversation, que le ton du projet sur lequel je travaille et du tien se recoupent. Je pense que nos héroïnes auraient pu être amies si elles avaient vécu au même moment. Je reconnais cette colère et cette panique, ce refus de comment la réalité fonctionne, quand on a le sentiment que rien n'est juste et que tout est laid et que tout le monde fait semblant et que ça n'a pas de sens.

C'est une belle entrée en matière. Je me sens déjà étrangement en confiance dans ton monde, avec tes personnages, mais surtout avec ta voix. Ce qui me donne envie de continuer ici, le fil rouge, c'est cette colère-peur qui secoue les murs, le fait que tu racontes des choses dures de façon dure, ce qui au fond est un prisme, une façon de ramener de la cohérence dans le chaos.
Liné
Posté le 16/01/2022
Hello Nanouchka,

Merci d'avoir ouvert les portes (portes ?) du Marais ! J'aime l'idée que mon héroïne puisse être amie avec la tienne : il me semble qu'elle peut facilement être incomprise, ce que je trouve assez triste et peu encourageant.

En effet j'ai tendance, voire le réflexe de décrire des choses dures sans détour. J'ai l'impression que les détours participent parfois d'une sorte de déni, et que la meilleure manière de résoudre des horreurs, c'est de les affronter pour ce qu'elles sont.

J'espère que la suite du Marais te paraîtra tout aussi parlante !
Ella Palace
Posté le 21/06/2021
Quelle claque ce premier chapitre !
Tu écris bien, avec force et authenticité.
Tes mots sont vrais et résonnent.
Voilà, ce chapitre il est vrai. Virginie, elle est vraie! C'est d'une grande sensibilité !

Je me suis un peu retrouvée en elle pour son côté "farfelu " et parce qu'il peut m'arriver de danser, sans m'en rendre compte, dans un supermarché...

Mes compliments,

Ella
Liné
Posté le 23/06/2021
Merci Ella ! Et bienvenue dans le Marais ! La navigation est parfois un peu floue (c'est fait exprès, puisqu'on reste dans la tête de Virginie) mais j'accorde beaucoup d'importance à l'effet "vrai" que tu décris. Contente que ce soit ça qui te reste !
Quant au côté farfelu, on va bientôt pouvoir monter un club ;-)
Cocochoup
Posté le 06/06/2021
Popopopopopo
Dommage que tu n'ais pas le ton de ce mot XD
C'était hyper fort, beau et vrai
J'ai beaucoup aimé cette authenticité qui s'écoule de tes écrits, la manière dont tu abordes des sujets peu commun.
J'ai découvert ta plume il y a peu de temps et c'est une vraie claque !
Liné
Posté le 09/06/2021
Hahaaa, je crois que je le perçois, ce ton, et il me flatte beaucoup !
C'est marrant, ce genre de sujets m'accompagne en permanence, à tel point que j'ai toujours du mal à me dire que je détonne. Contente que cette intro te parle !
C. Kean
Posté le 25/11/2020
J'ai commencé à lire, tête la première dans le marais aux pieuvres et le couloir de Virginie.
J'aime énormément. Parce que l'écriture approche sensiblement la conscience et qu'il faut être attentif, prêter du sien, s'approprier, relire, relier. Et je ne suis pas surprise.
Je peux dire, oui, que j’ai trouvé ça vrai et intelligent la façon dont la mort fait appel à la naissance autour de l’enfant malade. La maladie devient la naissance d’un nouvel enfant, étrange et étranger, terrifiant pour les parents. Et Virginie est là pour accoucher quelque chose de cette mort dans la pensée de chacun.
J’ai été amusée, aussi, que l’idée et la vision crue de l’accouchement soient rejetées à bonne distance, mais soit là, en patience, dès le premier chapitre où je rencontre ton écriture romanesque. J’ai en tête nos discutions à ce sujet, et je me demande si c’est dans ce projet-ci qu’il t’a fallu y revenir et l’écrire ? On sent en tout cas qu’elle était en travail depuis longtemps.

A bientôt
Liné
Posté le 02/12/2020
Merci C. Kean !

Connaissant (depuis peu) ton intérêt pour le thème de la mort en littérature, je me suis douté qu'on trouverait un terrain d'entente et de discussions <3

Ce n'est pas sur ce premier chapitre que je me suis posé des questions concernant le fait d'écrire un accouchement. En réalité, ce passage-ci, dans le premier chapitre, a été très facile et rapide à écrire (étant militante féministe, j'ai - malheureusement - plein de témoignages de violences obstétricales en tête). D'où sans doute ton impression de "c'était en travail depuis longtemps", qui me plait bien. Le passage qui m'a donné plus de fil à retordre n'a pas encore été posté, mais le sera bientôt !
Kieren
Posté le 07/11/2020
J'aime à penser que tu es ce personnage dans ton métier, tu serais infiniment humaine, et les patients en ont besoin. Même si c'est dur pour tout le monde.
J'aime bien Blanche, elle ne prend pas de pincette.
Liné
Posté le 14/11/2020
Merci Kieren ! Je ne vais donc pas te dévoiler si je suis une Virginie ou non, ce genre de mystère peut avoir du bon ;-) Je suis contente que tu aies de l'empathie pour les personnages. J'espère que la suite te plaira si tu t'y aventures !
AlicePosière
Posté le 19/10/2020
J'ai été très intriguée par ton résumé et je dois dire que, clairement, je ne suis pas déçue. Je trouve ta plume très immersive, on est déjà attaché aux personnages et les images que tu donnes sont, ma foi, très très claires dans ma tête.

Le dernier passage sur l'accouchement m'a particulièrement plu. Je crois que c'est l'effervescence de la description, on ressent vraiment la scène comme si on y était. Le contraste entre ta jolie plume et les scènes que tu décris (le point du mari... ça m'a toujours terrifié) rend le tout très agréable à lire.

Et j'ai adoré la justification des prénoms ! C'est très bien choisi et très bien pensé. Hâte de lire la suite !
Liné
Posté le 27/10/2020
Bonjour Alice, et merci !

Tu as mis le doigt sur ce que je voulais retranscrire : l'immersion dans la tête du personnage, l'aspect sensoriel, le décalage pas forcément si incompatible entre horreur et poésie... Je suis contente que ça te plaise ! Et rassurée de lire que tu juges le résumé alléchant (je l'imaginais un peu trop tarabiscoté, même s'il me plait bien, et puis ça parle de maladie, de mort et de nucléaire, alors bon...).
djinn
Posté le 23/09/2020
Un sourire s'étale sous ses yeux fermés... Un regard de murène... De belles images. Virginie est une vraie héroïne. Très beau texte. Et de l'humour derrière les malheurs. J'ai beaucoup aimé.
Liné
Posté le 26/09/2020
Merci Djinn !
En effet, je veux explorer des thèmes lourds mais sans tomber dans la surenchère de misère - d'où, en partie, des formes plus poétiques ou parfois humour-cynique
A bientôt j'espère :-)
Lyrou
Posté le 21/08/2020
J'ai été intrigué par le nom sur ton jdb, puis par le résumé en venant ici, puis par le début maintenant. Le premier paragraphe est déjà très fort, il donne le ton direct et installe une forte voix de narration. Pour le reste je trouve que tu as une maitrise d'un certain équilibre entre le moment (les enfants malades, plus lourd), et la narration (retours en arrière, singing in the rain, les accouchement...) qui est plaisante à lire. Aussi très sympa de retrouver ta plume, j'apprécie toujours comment tu arrives l'avoir à la fois très directe, dire les choses sans fioritures, mais aussi imagée et lyrique mais ce sans couper le tranchant

à tutti Liné!
Liné
Posté le 27/08/2020
Merci Lyrou ! (et contente de te revoir)

Je cherchais justement à explorer une forme de narration qui oscillerait entre le présent de l'action et le passé + le futur, histoire de mêler les temporalités entre elles (jusqu'à peut-être les supprimer). Ravie que ça fonctionne ! Quant au côté direct mélangé à l'imagé, je crois que ça me ressemble pas mal, au final...

A bientôt !
Alice_Lath
Posté le 14/05/2020
Je découvre ta plume depuis le temps qu'elle me fait de l'oeil haha, j'ai bien vu ton petit message en début d'histoire, mais j'avoue que j'ai du mal à me concentrer longtemps sur une même histoire sur un écran, donc je vais lire en fractionné... Bref, en dehors de ça, j'aime beaucoup la folie un peu étrange de Virginie, le décor que tu poses, le vocabulaire. Les mots sont gourmands et bien amenés, je suis d'autant plus curieuse que j'avoue que le résumé m'a vraiment mis l'eau à la bouche héhé
Liné
Posté le 19/05/2020
Merci Alice !
Je craignais que le résumé fasse trop glauque, justement, donc tant mieux - mais bon, entre tes fictions et les miennes, on n'est plus à une apocalypse près !
_HP_
Posté le 12/05/2020
Salut !

Il me semble que je découvre ta plume, et quelque part je trouve qu'elle te ressemble (de ce que je connais de toi 😄). Je trouve ton écriture très jolie, imagée et poétique, avec tout pleins de comparaisons, de métaphores magnifiques !
J'aime beaucoup ce personnage et son point de vue, ses pensées ! Et les deux petits enfants ont l'air super attachants, j'ai hâte de les découvrir !
Bref, j'adore, et je continuerai avec plaisir ! ^-^
Liné
Posté le 15/05/2020
Merci HP (et wow, j'ai vu que tu avais fait une sorte de marathon de lecture ! oO)
C'est marrant (et très touchant !), je ne me rends pas du tout compte à quel point ma plume peut me ressembler, et je suis impressionnée par ton talent d'observateur/trice !
Flammy
Posté le 13/04/2020
Coucou !

J'avais pas remarqué cette histoire de ta part, je suis donc venue jeter un coup d'oeil et je ne suis pas déçue ! C'est avec un grand plaisir que je retrouva ta plume <3

Bon après, le sujet est pas des plus joyeux ='D Des enfants qui meurent, c'est pas top. Mais à la fois, c'est très poignant, très touchant (la description des enfants, c'est quand même pas glop), mais en même temps, ya une légèreté inhérente à Virginie qui allège un peu le tout, et ça marche ultra bien ! Tu arrives à parler de sujets vachement durs (coucou le point du mari !) de manière très juste en très peu de mots, c'est cool !

Je suis très curieuse de voir où tu vas nous amener avec ce texte ! Pluchouille zoubouille !
Liné
Posté le 19/04/2020
Hey, salut Flammy ! Je suis très heureuse de te voir par ici !

Je voulais justement mélanger lourdeur de situations et légèreté du point de vue de Virginie, du coup je suis contente que tu le relèves.

(oh, toi aussi tu utilises encore l'expression "pas glop" ? Dans mes bras !)
Kavanaugh
Posté le 30/03/2020
Et bien, on peut dire que c'est une histoire qui commence bien.
J'ai été très attirée par ton style, je trouve que tes comparaisons sont très belles et très justes.
Bien sûr, il y a de la cruauté dans ce texte mais ça rend le personnage de Virginie très intéressant. J'aime sa vision des choses, mélange de naïveté et de noirceur.
Je me demande ce que ça va donner, je file lire la suite !

Le seul petit reproche que je ferais, et encore, c'est très personnel, c'est que je trouve les dialogues un peu trop littéraires... presque trop bien écrits pour de l'oral. Mais franchement c'est un détail.
Liné
Posté le 31/03/2020
Merci de ta lecture, Kavanaugh !
C'est exactement l'ambiance que je souhaitais créer dans ce roman : un mélange de beauté et de noirceur.
Pour rebondir sur les dialogues (j'ai vu aussi ton commentaire sur le 2e chapitre) : c'est sans doute les réflexions de Virginie, avec cette histoire de couette-cachalot par exemple, qui donne un côté irréel/trop littéraire... J'aimerais garder le contenu de ses paroles, mais je reformulerai peut-être pour que ça paraisse un peu plus naturel !
Rimeko
Posté le 24/03/2020
Waw. J'ai vu l'alerte "nouvelle histoire" dans mes mails, et en lisant le résumé je me suis rappelé que tu en avais parlé sur le forum lors d'un de ses rares sursauts, et je me suis dit, ouais, des enfants qui meurent, c'est tout à fait ce dont j'ai besoin là ce soir.
Nan, mais sérieusement, ça fait tellement plaisir de retrouver ta plume <3 Entre les descriptions très crues (la mort, l'accouchement (le point du mari, beurk beurk beurk, et puis même rien que le tout début avec le délire de Viriginie (je crois que c'est bien elle qui "parle"/pense ?)), les envolées lyriques et, nouvelle touche, la bizarrerie affirmée de ton nouveau personnage, il est très fort ce premier "chapitre". Je continue !
(Oh, et juste, j'ai failli oublier : "de mes cheveux, de ma peau, qu’ils soient bruns, noirs ou gris", le décalage est peut-être voulu, mais le "qu"ils" devraient être juste après "cheveux", d'un point de vue purement syntaxique)
Liné
Posté le 26/03/2020
Merci Rimeko !
Eh oui, je me refais pas, je reste dans les thèmes joyeux...
Pour ta remarque sur les cheveux/la peau, oui, le décalage est voulu : les "bruns, noirs ou gris" désignent aussi bien l'un que l'autre, dans l'idée d'inclure les plus de physionomies possibles (notamment parce que, même si dans ma tête Virginie est blanche de peau, je voulais tout de même laisser d'autres lecteurs-trices potentiellement croire que ce n'était pas le cas).
D'ailleurs oui, c'est bien elle qui dit "je" dans ce premier paragraphe. J'ai eu peur que le 2e soit un peu trop alambiqué, entre l'image poétique de la tempête qui fait transition, l'introduction de Pierre, et l'introduction du fait que Virginie est son infirmière et qu'on est dans ses pensées... Finalement ça passe... ?
Rimeko
Posté le 26/03/2020
Personnellement ça ne m'a pas choquée, j'ai vite recollé les morceaux ^^
Vous lisez