PARTIE 1 - Chapitre 1 - Le sang

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour à tous et à toutes, voici le premier chapitre de ma nouvelle série, La Reine des Corbeaux. J'espère que vous apprécierez votre lecture !

 

Le parfum entêtant de la sauge que l'on faisait brûler, capiteux et âpre me donnait le vertige. Cette odeur m'entourait toute entière tandis que les voix des femmes de mon clan s'élevaient dans une litanie lugubre. Je n'arrivai pas à les voir à cause de la trop faible lueur que des braseros distillaient dans la pièce. Les guirlandes d'os qui tombaient du plafond s'entrechoquaient dans un rire grinçant. Un frisson dévala mon échine, naissant dans ma nuque pour se perdre au creux de mon dos. Les tambours rituels se mirent à tonner, pulsant comme un seul cœur dans la nuit.

L'odeur piquante de l'urine chaude me monta au nez ; je me risquai à chercher du regard les autres filles qui étaient présentes. Mais bien sûr, tout le monde gardait la tête basse. Nous n'étions pas beaucoup, moins d'une dizaine de fillettes, toutes du même âge ou presque. Comme les autres, ma poitrine naissante était recouverte de peinture noire qui sillonnait ma peau de runes jusqu'à la naissance de mes hanches. Le bas de mon corps était drapé d'un modeste jupon blanc. Des couronnes de houx et d'herbes folles, tressées pour l'occasion, avaient été déposés sur nos têtes. Les épines de la mienne me rentraient dans la peau de mon front et m'égratignaient si je bougeais un peu trop brusquement. Sous mes pieds nus, la terre battue du sol me semblait aussi tranchant que du verre. Bien que nous étions proches les unes des autres, j'avais froid.

Soudainement, la silhouette anguleuse et décharnée de la chamane perça les ténèbres. Ses longs cheveux blancs étaient tressés sans soin et son visage à la peau parcheminée avait été peint avec la même substance que nos corps. Des ombres nettes et tranchées jouaient à un drôle de jeu avec les creux et vallées de son visage, la rendant tantôt divine, tantôt diabolique. Elle porta sur nous un regard sévère avant de nous offrir un inquiétant sourire édenté. Je déglutis avec peine, la peur commençait à me gagner. Une de mes compagnes réprima un sanglot avec peine.

Comme chacune, je savais pourquoi j'étais là. Nous attendions, pour la plupart, ce jour depuis longtemps : après cette nuit, nous ne serions plus des enfants, nous deviendrons des femmes à part entière. Nous ne dépendrions plus de nos parents, nous serions libres de faire nos propres choix, de vivre notre propre vie. Mon cœur s'agita un peu plus dans ma poitrine tandis que la vieille femme fit un pas de plus vers nous. La chamane allongea les bras dans un geste théâtral et aussitôt les tambours se turent. Même les os bavards semblèrent accepter de garder le silence. 

— La lune a parlé et nous la remercions pour sa bénédiction, déclara-t-elle d'une voix forte.

Elle porta ses mains à son visage, ses ongles salis griffant la peau de ses joues. La peinture qui maculait ses lèvres de noir fila entre ses rides, barbouillant grossièrement sa peau de longues coulées sombres. Un rire qui dévoila ses gencives la saisit, faisant trembler tout son corps. Ses dents étaient aussi jaunes que celle d'un rat sauvage. Je me recroquevillai un peu sur moi-même tout en espérant pouvoir passer dans les premières, pour que cette attente puisse enfin cesser.  J'avais entendu beaucoup de rumeurs à propos de cette nuit, la plupart n'était pas des paroles rassurantes. Mais, tout comme les autres filles présentes, je n'avais pas vraiment le choix d'être ici : nous avions été arrachées à nos lits douillets et nos maisons en plein coeur de la nuit pour être conduite ici. La chamane cracha au sol juste devant nous après avoir marmonné quelques paroles anciennes. Puis, elle se mit à nous toiser une à une. Les mouvements de sa gorge et de sa tête me faisaient penser à un oiseau de proie qui choisissait avec soin son prochain repas. Un silence de mort couvait dans la tente, la tension monta petit à petit. Je sentis le bas de mon dos se recouvrir d'une sueur glacée. Nous nous demandions toute qui allait être celle qui deviendrait femme la première. Un gloussement lugubre s'échappa de la gorge de la vieille femme, juste avant qu'elle portât son choix sur quelqu'un. 

— Toi, tu seras la première. Viens ! intima-t-elle en pointant du doigt une fille qui était à ma droite.

La désignée ne répondit rien, comme on nous l'avait ordonné juste avant d'entrer dans la tente alors qu'on nous dépouillait de nos chemises de nuit. 'Quoi qu'il arrive, gardez le silence. Ne posez pas de questions.' nous avait-on dit. La chamane leva les mains en coupe vers le ciel, sa gorge produisait un étrange son grave qui résonna au plus profond de mes entrailles. Une à une, des torches furent allumées, créant un cercle de feu dans la tente. Les matrones du village étaient réunies autour de nous, debout et encapuchonnée.

La chamane fit s'allonger la première fille, me permettant ainsi de distinguer son visage. C'était Soren, la fille du pêcheur Drünn. Je pouvais presque apercevoir les battements de son cœur sous sa peau pâle. Malgré la peur qui devait lui mordre les entrailles, ses longs cheveux blonds ondulaient comme des algues autour de son corps, lui donnant un air éthéré. Je lui enviais sa silhouette fine et souple, mais surtout sa poitrine déjà rebondie. Un frisson l'agita et ses tétons se dressèrent, arrogants et fiers. Je priai pour avoir la même constance, la même dignité, lorsque mon tour viendrait. 

— Nous prions les os des anciens. Nous prions le sang des anciens. Nous prions la chair des anciens. Nous prions pour que ton ventre porte la vie, entonna la chamane.

Ses paroles furent reprises par les diverses voix des autres femmes. Comme animée par une seule volonté, l'assemblée commença à battre la mesure avec leurs pieds et les lourds tambours se mirent à chanter de plus belle. La maîtresse de cérémonie bascula la tête en arrière et son corps se mit à convulser avec force, comme si la puissance des esprits qu'elle avait invoqués s'invitait brusquement en elle. J'observai cette transe, à la fois effrayée et fascinée. Aucun enfant du village n'avait le droit de voir les rites avant leur majorité. Les adultes quant à eux, croyants ou non, se gardaient bien d'en parler sous peine de s'attirer les mauvaises grâces du reste du village. Tout ce que je savais de nos coutumes était, au final, que des babillages enfantins ; des histoires pour se faire peur ou des petits mensonges pour impressionner la galerie. 

La vieille chamane se dirigea ensuite vers un coin plus sombre de sa tente et revint avec un poignard. D'un geste précis et sec, elle plaça la lame dans la paume de sa main, sectionnant la peau. Son apprentie, drapée d'une longue robe grise sombre, vint immédiatement chercher le couteau, l'enroulant dans un tissu blanc immaculé avant de reprendre sa place en retrait. La chamane s'approcha de Soren et déversa sur elle quelques gouttes de son sang. Le contraste entre sa peau de porcelaine, le noir des runes et le rouge m'envoûta, faisant refluer pendant quelques instants la peur qui s'était accrochée fermement à mon ventre. Je me laissai bercée par les murmures graves qui animaient la cérémonie.

 Je revins pleinement à moi lorsque j'entendis un glapissement de douleur strident. Penchée sur Soren, la chamane venait de lui ouvrir les cuisses avec vigueur. Ses mains glissèrent sous sa jupe blanche, elles-même recouverts d'un tissu couleur lin. Un autre cri perçant résonna dans la nuit alors que je devinai les longs doigts de la chamane venir explorer sa vulve. L'envie de vomir me vint, mais je refoulai au plus profond de mon estomac la bile qui m'était monté dans la gorge. La voix se déchira encore un peu plus, se métamorphosant en un geignement plaintif. 
Soudain, la chamane se redressa et observa attentivement le mouchoir. Un peu de sang de couleur vive le tâchait à de multiples endroits. Une expression goguenarde étira ses fines lèvres tandis qu'elle brandissait à la foule le morceau de tissu.

— Réjouissons-nous, car le sang est fort !

Les femmes adultes présentes répétèrent ces paroles plusieurs fois dans une clameur joyeuse. La chamane aida Soren à se relever et lui présenta sa main ouverte. À genoux devant la sage, la fille devenue femme lécha la paume qu'on lui tendait. Malgré ses yeux luisants de larmes, il y avait quelque chose de changé chez elle, mais je n'aurais pas su dire quoi. Une matrone approcha, lui offrit son bracelet de maturité avant de la prendre par la main, afin qu'elle puisse rejoindre le cercle. Je mourrais d'envie d'être à sa place, parmi les adultes.

Une à une, les autres filles passèrent. À plusieurs reprises, la chamane avait planté son regard nébuleux dans le mien, sans pour autant m'accorder mon tour. Je dévorai du regard chaque mouchoir qui ressortait tâché du sang sacré. Mes jambes et mon dos commençaient à être douloureux à force de rester debout et immobile. Au loin, j'entendis le hurlement déchirant d'un chat sauvage ; la mélopée lente du ressac sur la côte. Bientôt, je fus la seule à rester immobile, face à cet ensemble de femmes. Leurs regards me perçaient de part en part tandis qu'elles continuaient de battre la mesure. Mon cœur essaya de se plier à ce rythme régulier et sûr, en vain.

La chamane m'invita enfin à me coucher sur le dos. Je remarquai un trou dans la toile de la hutte qui laissait l'encre de la nuit et les étoiles s'inviter à cette cérémonie. Mon corps tout entier se tendit lorsque je sentis les doigts osseux et froids se poser sur mes genoux. Ma salive se fit rare dans ma bouche tandis que mes paumes, elles, devenaient moites. Je cherchai désespérément un visage rassurant dans le cercle, mais je n'en trouvai pas.  La masse de cheveux blancs penchée sur moi écarta violemment mes cuisses. Ma voix se fendit en deux lorsque je sentis le mouchoir s'inviter en moi. Les phalanges de la chamane se déployèrent, cherchant quelque chose au plus profonde de mes entrailles. Les larmes me montèrent aux yeux, loin de me sentir plus adulte, plus mûre, je me sentais humiliée, exposée, trahie. Cet instant, lorsque je l'avais observé, ne m'avait semblé duré que quelques secondes. Pourtant, j'avais la nette impression que cet acte était infiniment plus long. 

Ses doigts quittèrent enfin mon sexe. Ils laissèrent sur mon corps une désagréable douleur, comme une brûlure. Mes jambes, agitées de tremblements, se refermèrent fermement sans que je ne le veuille vraiment. Brusquement, les chants et les tambours cessèrent. Intriguée, je relevai la tête vers la chamane. Elle tenait dans ses mains le tissu qui avait servit à la cérémonie. Il n'y avait pas de sang dessus. La vieille femme ouvrit grand le regard avant de le braquer sur moi.

 — Tu es une terre brûlée. Jamais la vie ne prendra racine en toi. Ton âme porte les ailes noires... dit-elle d'une voix incertaine tandis que son regard brûlait avec un éclat fasciné. 

Des murmures s'élevèrent du cercle, celles qui venaient de le rejoindre étaient tout aussi interloquée que moi. Je n'osais comprendre ce que la chamane venait de dire.

 — C'est la fille de Vanna. Est-ce que ça vous étonne vraiment ? déclara une voix anonyme dans la pénombre.
— Avec une mère pareille, tu m'étonnes que la petite soit comme ça ! Elle n'est même pas venue pour la cérémonie. Le sang est mauvais, en plus d'être faible, dans cette famille, ajouta un autre murmure. 

Un rire cruel s'invita et se propagea parmi le cercle. Plus que la douleur physique que je ressenti, ces mots me blessaient bien plus. Je me redressai, les poings serrés. Ces femmes pouvaient bien dire ce qu'elles voulaient à mon propos, mais il était hors de question qu'elles entachent ma mère de leur venin.

 — Silence ! ordonna la chamane, respectez le sang sombre, ignorantes que vous êtes !

Le calme revint aussitôt dans la tente. D'un geste de la main, la vieille femme congédia l'assemblée. Sans protestation, toutes les personnes s'en allèrent dans une étrange procession mutique. Les autres filles me regardèrent, inquiètes, avant que leurs mères ne les fassent quitter les lieux. Une fois que nous n'étions plus que toutes les deux, la chamane m'invita à prendre place près d'un braséro. Elle posa ses longues mains sur mes épaules. Elle cherchait sans doute le meilleur moyen de formuler les choses. Loin d'apaiser mes craintes, ce silence était sur le point de me dévorer vivante. 

— Mon enfant, ton destin n'est pas de servir le sang des anciens de notre clan, commença-t-elle d'une voix calme.

Je la regardai fixement, les yeux ourlés de larmes. Mes membres se mirent à trembler d'eux-mêmes, tétanisés par la peur. 

— Ma disciple t’accompagnera jusqu'à le capital dé demain, comme l'exigent nos coutumes et nos lois. Ta dévotion ira aux os, car jamais tu ne pourras renouveler le sang, est-ce que tu comprends ? 

— Non, je ne comprends pas ! Il doit y avoir une erreur, je vous en prie, il faut recommencer ! suppliai-je d'une voix presque cassée par l'émotion.

— Le sang ne ment pas, Nayla. Tu ne dois pas voir ton ventre à jamais vide comme une chose négative. C'est une chance d'avoir du sang sombre dans les veines. Devenir une Corbeau est une noble mission, tu es même la première femme du village à connaître ce destin... J'espère que tu nous rendras fiers ! déclara la vieille femme en posant sa main sur mon épaule.

Je serrai les lèvres aussi fort que je le pouvais. Du haut de mes onze ans, je ne voulais pas quitter la sécurité, le confort de mon chez-moi. 

 

*

 

— Réveille-toi ma fille ! 

La voix de ma mère me sortit brusquement de mes songes. 

— Par les anciens, tu m'as fait peur Mamma, dis-je en frottant vigoureusement mes yeux après avoir lâché un profond bâillement. 

Pendant quelques secondes, j'avais espéré que la soirée d'hier n'avait été qu'un mauvais rêve parmi tant d'autres. Mais, lorsque je vis que mes affaires avaient été réunies, la réalité me rattrapa. Mon regard se reporta sur ma mère. Son visage se para d'un sourire triste avant de reprendre une teinte plus neutre.

— Nous avons quelques heures avant ton départ. Profitons du temps que nous avons ensemble pour dire au revoir. Habille-toi Nayla, dit-elle avant de sortir de notre maison. 

Sur une chaise près du lit, une tunique toute neuve n'attendait que moi. Le tissu avait une sublime couleur verte sombre, comme celle de la mer au large de notre village. Ma mère avait dû passer de nombreuses heures à la confectionner en secret pour me l'offrir juste après mon passage officiel à l'âge adulte. Une forme de culpabilité commença à me ronger l'estomac : ce cadeau, d'une certaine manière, marquait nos adieux à venir.

À regret, je quittai le lit que nous partagions et jetai un coup d'œil à cette petite maison dans laquelle j'avais toujours vécu. Elle n'était pas grande, voir même un peu tordue et ce n'était assurément pas l'endroit le plus beau de la vallée, mais c'était chez moi. Même les infiltrations du toit me manquerait, une fois que j'aurais rejoint la capitale, songeai-je en passant le seuil grinçant de la porte.

L'ironie du sort voulait que cette journée funeste soit resplendissante. L'hiver commençait à s'en aller, le printemps réchaufferait bientôt le sol. La glace en amont des montagnes fondrait, irriguant la lande, la couvrant de milliers de fleurs multicolores et odorantes. À la capitale, il n'y aurait probablement pas de vallons fleuri. Ma mère se tenait droite près de l'enclos des moutons, les yeux rivés vers l'océan qui se dessinait en contre-bas.

— Mamma, qu'est-ce que tu regardes ? demandai-je en approchant pour amorcer la conversation.

— Rien de particulier, répondit-elle avant de faire un pas en avant qui introduisait le début de notre promenade.

Pendant quelques instants, je ne bougeai pas, me contentant de la regarder marcher vers la place centrale. J'essayai d'imprimer sa silhouette dans ma mémoire. Nous nous ressemblions beaucoup, du moins, d'après les dires de nos voisins. Tous les habitants de mon village, ou presque, étaient blonds et leurs peaux étaient pâles comme la neige. Ma mère et moi avions les cheveux aussi noir que la nuit et le teint perpétuellement mordu par le soleil d'été. J'avais cependant hérité des yeux bleu ciel de mon père, un gars du coin – un prince marchand, m'avait-on dit, que je n'avais jamais rencontré. Ma mère se rendit compte que je ne l'avais pas encore suivi et se retourna vers moi pour me faire les gros yeux. Je la rattrapai aussitôt, manquant de trébucher sur mes nouveaux habits un peu trop grands. 

— Mamma, est-ce que tu sais ce que c'est une Corbeau ? 

— Bien sûr, c'est un oiseau, répondit-elle avec aplomb.

 — Tu sais bien ce que je veux dire, soufflai-je doucement pour ne pas rire à sa blague idiote.

— Je n'en ai pas croisé beaucoup. Mais j'ai entendu des histoires lors de mes voyages, dit-elle après un soupir. 

Je la regardai avec insistance, avide de la moindre bride d'information. J'avais toujours aimé les histoires de ma mère, le récit de ses explorations, des merveilles qu'elle avait vu avant de décider de s'installer dans ce petit village de l'extrême nord pour, selon ses propres dires, pouvoir me donner une bonne vie.

 — Les Corbeaux sont des femmes qui sont au service du roi. Comme leurs ventres ne peuvent pas porter du sang nouveau, elles sont envoyées un peu partout dans le monde pour être ses yeux et faire en sorte que les tambours de guerre ne remplace pas les chants et les rires.

Son explication me semblait bien étrange. Mais ma mère avait toujours eut cette manière de parler, imagée et imprécise.  

— Comme les oiseaux du Père-du-monde ? demandai-je. 

— Exactement. On dit aussi que ces femmes ont des pouvoirs spéciaux qui attirent et capturent les hommes. Mais tu es un peu trop jeune pour comprendre ce que ça implique, m'expliqua-t-elle succinctement. 

— Même si j'ai échoué à la cérémonie, je peux comprendre ! Je ne suis plus une enfant, tu sais ! répliquai-je avec vivacité. 

— Tu n'as pas échoué Nayla. Ton destin n'était pas de vivre ta vie ici, tout simplement. Je pense qu'il faut plutôt plaindre toutes ces filles qui ne connaîtrons que ce village, qui ne verront jamais comment est fait le monde. 

Son regard sombre se détourna de moi pour aller vers la mer et l'horizon. Les rayons du soleil dansaient à la surface de l'eau tandis que les mouettes domptaient les courants d'air au-dessus du rivage, étranges taches blanches dans le ciel bleu. Sur l'instant, je ne compris pas vraiment la lueur attristée dans son regard. Je n'en prendrais la mesure que bien plus tard. 

— Et puis, à tout jamais tu seras mon enfant. Même lorsque tu seras vieille et ridée, tu seras toujours la chair de ma chair. Que tu sois ici ou ailleurs, cela ne changera jamais. 

Elle s'arrêta de marcher juste à l'entrée de la ville. Les clameurs des vendeurs du centre commençaient déjà à bourdonner dans mes oreilles. La silhouette de ma mère s'était tournée vers la petite colline où nous vivions, un peu à l'écart du reste de la communauté. La cheminée crachotait des fumerolles, les seuls nuages présents dans le ciel.

— Les femmes présentes, hier, elles ont dit que notre sang était faible, répondis-je en boudant légèrement.

— Ne les écoute pas. Il est fort, mais pas de la même manière que le leur.  Elle se pencha vers moi et caressa l'arrondie de ma joue. La paume de sa main était chaude et les callosités qui la parsemaient étaient rassurantes. 

— Les gens ont du mal à comprendre les choses qui ne sont pas comme eux. C'est une des premières leçons que j'ai apprises lors de mes voyages. Mais la différence n'est pas une faiblesse, Nayla, c'est une force. N'aie jamais honte de qui tu es, ni d'où tu viens. C'est très important. 

— Oui. 

Sa main glissa de mon visage jusqu'à mon épaule, puis, délicatement, elle m'attira vers elle. Je me nichai avec délice contre ses seins pleins, ronds et doux. J'inspirai à grande goulée son parfum, mélange piquant de laine fraîche, de mer et de soleil. Son étreinte se referma un peu plus fort sur moi, juste avant qu'elle ne me relâche. 

Jusqu'à la fin, nous marchâmes dans les endroits que nous préférions dans le village en discutant de tout et de rien. À chaque étape, nous observions un petit temps de silence, pour me permettre de faire mes adieux aux choses. Ainsi, je fis soigneusement mes aux-revoirs à la digue blanchit par le sel de la mer où je m'étais cassé le bras deux ans auparavant ; je saluai le marché aux fourrures et à l'odeur des petits pains au miel ; j'emportai dans mon cœur un petit morceau de la plage aux galets gris là où la mer est la plus belle. Les autres villageois ne vinrent pas à notre rencontre, se contentant de nous observer comme si nous étions de curieuses créatures. Nous ne cherchâmes pas non plus leur contact.

La chamane avait décidé que mon départ devait se faire à la tombée de la nuit : cette heure était celle qui me porterait le plus de chance, selon les os. Son apprentie, Yda, avait fait grise mine lorsqu'elle avait appris la nouvelle, mais avait renoncé à négocier. 

La dernière étape de notre promenade fut notre vieille maison. La chamane et sa disciple nous attendaient à la porte. Les étoiles commençaient à s'inviter dans la toile céleste alors que le soleil n'était pas encore descendu embrasser la mer. Je réalisai soudainement que mon départ était tout proche. Je luttai contre l'enfant en moi, qui ne souhaitait qu'une chose : céder aux pleurs et aux suppliques pour pouvoir rester encore un peu.

— Tu es prête, mon enfant ? me demanda la vieille femme. 

— Elle n'a plus qu'à prendre ses affaires, répondit ma mère à ma place. 

— Très bien, ne tarde pas, la route va être longue avant que nous arrivions à la capitale, déclara Yda dont le visage arborait une expression compatissante.

J’acquiesçai d'un hochement de la tête et entrai dans la bâtisse. L'odeur des bûches de cèdre craquantes dans l'âtre de la cheminée me souhaita la bienvenue pour la dernière fois, tandis que je me dirigeai vers le lit. Près de mon oreiller, entre les draps encore en bataille, ma vieille poupée de chiffon sembla me jeter un regard étrange. Pendant quelques instants, j'hésitai à la fourré dans mon sac. Mais finalement, je la laissai là, considérant que je n'en aurai plus besoin, maintenant que j'étais une adulte. Je balayai la maison du regard, je n'avais rien oublié. On toqua à la porte : il était l'heure. 

Sans le moindre entrain, je me présentai à mon maigre comité de départ, baluchon sous le bras. Deux ânes avaient été préparés. Les deux animaux tournaient leurs oreilles dans tous les sens, inquiets et à l'affût du moindre changement. Je devais bien avouer que je n'étais guère plus rassurée qu'eux. La chamane fut la première à s'avancer vers moi. Elle m’adressa un sourire avant de m'inviter à lui tendre mon poignet. D'un geste un peu brusque, elle remonta ma manche et déposa sur mon bras, un bracelet de majorité. Contrairement à ceux qui avaient été offerts aux autres filles la veille, ma torque était d'un noir profond. J'appris plus tard, que ce n'était pas de l'argent, mais de l'obsidienne. 

— N'oublie pas que tu viens d'ici, petite. C'est là que le sang, la chair et les os des anciens t'ont vu naître. 

Cette déclaration nimba mon estomac d'une couche d'aigreur quand bien même je m'efforçais de sourire. Le village me rejetait, m'offrant à un destin parsemé d'incertitudes, tandis que d'autres pouvaient suivre une voie paisible et déjà tracée. À cause du regard sévère que ma mère m'adressa, je ne fis aucune remarque et j'inclinai poliment la tête en guise de remerciement pour ce cadeau. La vieille femme s'écarta un peu pour aller auprès de son apprentie, la couvrant de diverses recommandations, mais aussi d'achats à faire une fois qu'elle serait à la capitale. Il ne restait plus que ma mère et moi, devant cette porte en bois mal peinte. Sur le chambranle, on pouvait encore voir les premières entailles qu'elle avait soigneusement faite pour me mesurer, année après année.

— Mamma, soufflai-je avec peine en retenant mes larmes lorsqu'elle se présenta devant moi. 

— Ne sois pas triste, Nayla. Ce ne sont pas des adieux, me dit-elle le visage serein. 

— Si on m'apprend, je t'écrirai ! C'est promis ! 

Ma mère ne me répondit pas et se contenta d'embrasser mes joues avec force. Elle me confia ensuite à Yda qui était déjà juchée sur son destrier. Avec maladresse, je pris place sur le dos de mon âne. L'animal laissa un geignement sonore s'échapper d'entre ses dents.

Le claquement sec d'un fouet zébra l'air, les deux baudets se mirent à trotter. Secouée dans tous les sens et les cuisses déjà douloureuses après la première colline, je trouvai néanmoins le moyen de me retourner pour pouvoir regarder une dernière fois le village. Le hameau s'estompa lentement tandis que j'essayai de toutes mes forces de graver dans ma mémoire tous les petits détails que j'aimais le plus. Je ne revins jamais dans mon village natale. 

 

 

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Yourisliva
Posté le 18/05/2020
C'est tellement bien écrit que j'ai envie de pleurer. (En plus de bien dessiner, y a-t-il quelque chose que tu ne sais pas faire ? )
Pour revenir au récit, le début a été très bien écrit, en décrivant la charmante entreprise de la chamane, en passant par les descriptions de la nature. Tout a été savamment dosé, malgré les quelques fautes que j'ai vues là, mais comme c'est un premier jet (il me semble), c'est un très bon, voire excellent premier jet. Intriguant, percutant, émouvant, poétique, avec un petit passage vers le dégoûtant des rites obscures et superstitieux et l'acceptation de soi, c'est validé !
Soah
Posté le 19/05/2020
Bonjour Yourisliva ! :)
Je suis très touchée par tes commentaires qui me font très plaisir ! ^--^ En effet, comme tout ce que je publies ici, il s'agit de mon premier jet, plutôt brut de pomme (avec malheureusement tous les défauts qui en découlent. Je suis désolée !) Néanmoins, je suis flattée que tu aies néanmoins apprécié ta lecture malgré les imperfections du texte. Merci beaucoup et à bientôt, j'espère !
Praline
Posté le 20/04/2020
Coucou petit ananas,

Je ne te remercie pas pour la claque que ton premier chapitre m'a donné. Bon, en fait, si, un peu.

Quel style efficace ! Et quelle maîtrise du rythme ! Ton écriture est très imagée sans toutefois assommer le lecteur de descriptions. J'avais l'impression d'être parachutée dans ton univers, d'être comme une petite souris qui observe le rituel (sacrément intrusif mais croustillant!), les adieux de Nayla, le départ...

D'ailleurs, j'ai beaucoup aimé la douceur et la poésie qui se dégagent de la relation mère-fille. Les adieux se font tout en finesse, et pourtant dégagent des émotions très fortes.

Maintenant, je n'ai qu'une envie : cliquer sur le bouton "suivant" et lire la suite. <3
Soah
Posté le 26/04/2020
Prapra <3
Je n'ai pas répondu parce qu'on papote déjà en PV là-dessus et que comme tu as l'honneur (hum) d'avoir la version complète de la partie 1... voilà :p

Je suis contente que ce chapitre dans toute son imperfection te plaise ! J'espère que le reste te plaira tout autant et que tu ne seras pas déçue du voyage <3

merci pour tout.
Zig
Posté le 09/04/2020
Coucou ! Ca fait une éternité que j'ai ton roman dans ma PàL, et j'en ai mouuult fois entendu parler !
Et je ne suis pas déçue.
Pas du tout même.

J'ai accroché dès les premières lignes, portée par une plume incroyable, tant au niveau du rythme que du vocabulaire. D'un point de vu strictement personnel j'ai repéré quelques maladresses euphoniques par-ci par-là, mais là je pinaille franchement, parce que le style est puissant, beau, efficace, poétique...
J'arrive à bout de mots...

Sans parler du style, l'histoire aussi a l'air incroyable ! Le premier chapitre me transporte directement dans ce monde et m'en révèle assez, sans m'en dire trop. J'ai envie d'en apprendre plus, je sens que tout est riche, logique, et sociologiquement bien travaillé...

En bref j'ai aimé... vraiment mais alors vraiment très fort...
Et je comprends mieux pourquoi tout le monde parle de la Reine des Corbeaux !
Soah
Posté le 10/04/2020
Coucou Zig <3
Je suis ravie de te voir par ici mais aussi gênée que l'on t'ai rabattu les oreilles avec mon histoire ! Promis je punirais les coupables !
Je suis très contente que ça te plaise, surtout qu'il s'agit là de la V1 du texte, brute de pomme et sans grosses corrections - ça se sent d'ailleurs, je suppose.

J'ai hâte d'avoir d'autres de tes retours pour que je puisse faire avancer l'histoire de la meilleure manière possible ^-^/
NM Lysias
Posté le 09/04/2020
Salut !
Un début qui pose les bases d'une intrigue que pourra vite m’énerver.
J'ai la presque sensation que Nayla va devoir se "prostituée". De donner son corps pour servir le roi et le royaume, pour éviter aux peuples des guerres inutiles. ça me fait un peu pensé (rapidement) à Yennefer dans the Witcher.
Enfin, je sens qu'elle ne va pas avoir une vie facile.
Très bien écrit, au passage.
Soah
Posté le 09/04/2020
Bonjour NM ! :)

Alors, sache que je ne suis pas le genre de personne qui s'offense ou qui se vexe facilement, mais j'avoue que ton commentaire me plonge dans une certaine... Ambivalence.
Même si j'apprécie l'intérêt que tu portes à l'histoire et ton jugement positif sur mon écriture, je t'avouerais que lire dés la première phrase que mon travail est énervant... Ce n'est pas la chose la plus agréable. Tout comme le fait que tu te permettes de tracer des plans sur la comète quant à mon récit et mes intentions.
La Reine traite de sujets qui me tiennent à cœur en filigrane . Si l’exécution ne te conviens pas, j'en suis désolée.

Sur ce, bonne journée et à une prochaine fois, peut-être ! :)
NM Lysias
Posté le 09/04/2020
J'ai du mal m'esprimer et je suis navré que tu es mal compris.
Ton histoire me plaie.
L'énervement que je ressens porte sur le fait que tu as si bien retranscris le sujet de cette fillette qui va devoir être séparé de sa fille ,partir ailleurs, et ce que j'en ai compris a heurté ma sensibilité. Il n'y a dans mes mots qu'un compliment mal écrit.
J'ai hâte dans connaître la suite.
Je vais essayé de faire attention à mes mots pour le prochain commentaire. Que tu ne le comprenne pas de travers .

^^
NM Lysias
Posté le 09/04/2020
exprimer, plaît, famille... d'en.
Pardon, mon correcteur a merdé.
Enfin, tout ça pour dire que c'est un bon énervement qui me donne envie de poursuivre !
Soah
Posté le 10/04/2020
Coucou !
Haha pas de soucis, ce n'est pas forcément facile de convoyer ce que l'on veut exprimer par écrit sur le net, ne t'en fais pas ! :)
Alice_Lath
Posté le 03/04/2020
Eh bien, ma reine, je viens ici pour enfin découvrir cette histoire dont on me vante tant les mérites et je dois dire que j'accroche complètement à ce début fort pittoresque! La cérémonie est glaçante et "initiatique" à souhait, ce qui la rend particulièrement vraisemblable, les descriptions sont riches et le vocabulaire varié. On cerne également très vite les enjeux, bref, je suis d'autant plus curieuse de découvrir la suite à présent!
Soah
Posté le 03/04/2020
Hon ma petite tulipe, merci d'être venue ! D'ailleurs désolée je n'ai pas encore édité ces premiers chapitres qui depuis ont été corrigés.
Je suis contente si ça t'a plu ! Tu as beaucoup de culture, alors ça me va droit au cœur ! Je ne sais pas qui te vante mon histoire mais ça me fluflu le cœur.
Milles merci ❤️
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 18/03/2020
Hello Soah !

Ca y est j'ai entamé la lecture de "La Reine des Corbeaux" ! Me voici plongée dans ce nouvel univers que tu nous proposes.

Je me suis sentie très mal à l'aise durant le rituel qui déterminait la stérilité de Nayla. C'est assez désagréable à imaginer surtout en tant que femme. Ceci dit, j'aime que sa mère lui fasse voir le "bon côté" des choses, en lui disant que ce n'était simplement pas son destin pour lui faire comprendre que quelque chose d'autre l'attend. Ce n'est pas un échec de ne pas être comme tout le monde. C'est un beau message. Donc bravo pour cette entrée en matière !

J'ai juste un petit bémol. Je sais qu'en ce moment tu es en plein doute, alors je ne veux pas que ça te décourage, au contraire, c'est vraiment pour t'aider avec toute la bienveillance que j'ai pour toi.
Si je peux me permettre de te donner un conseil au niveau de l'écriture, c'est peut-être de limiter un peu les descriptions succintes car ça alourdit la lecture. Je pense que la narration serait plus fluide si tu arrivais à alterner de la description et de l'action qui réveillera l'attention du lecteur, plutôt que d'avoir des paragraphes entiers de description.
A titre d'exemple, les 3 premiers paragraphes ne sont que de la description de l'environnement et on se demande quand est-ce qu'il y aura quelque chose qui relèvera de l'intrigue à proprement parlé.
Après ce n'est que mon avis, peut-être qu'il n'est pas partagé par d'autres. Mais pour quelqu'un comme moi qui a des difficultés de concentration, et encore plus sur écran, j'ai du mal à rester dans l'histoire. Mais, je suis totalement happée dans le récit quand tu me décris une action telle que la chamane qui fourre ses doigts dans l'entrejambes du personnage principal. Avec ça, je dévore les phrases suivantes pour savoir ce qui va se passer.
Donc, ce n'est rien de grave, c'est juste une question d'équilibre à trouver :)

Enfin, une chose que j'ai remarqué dans ton écriture et que j'aime assez, c'est la manière dont tu mets le corps en avant. C'est assez marrant. Comme le frisson qui part de la nuque de Nayla et se perd dans son dos, ou la poitrine généreuse de sa mère contre laquelle elle se blottit. J'avais déjà remarqué cette présence du corps dans Givre. Je ne sais pas pourquoi ça me surprend, car c'est normal. Mais il y a quelque chose de particulier dans ta manière de le mettre en valeur. Quelque chose de sensuel peut-être :)
Soah
Posté le 22/03/2020
Coucou ! :D
Merci beaucoup de passer par ici. J'ai volontairement attendu un peu de me sentir un peu mieux pour lire les derniers avis sur la Reine, du coup, désolée du temps d'attente ! :)

Je te l'avais dit, je crois, que la Reine avait un chapitre 1 assez "Trigger Warning", mais je suis quand même assez contente si ça t'a tout de même plu ! :)

Je pense que le "soucis" de description vient du fait que comme je fais de l'afantaisie, je n'imagine rien. Il faut donc que je pose des mots sur les choses afin qu'elle prenne une substance dans ma tête. L'univers de la Reine, pour moi, fourmille de détails que j'ai besoin de mettre en mots, donc, c'est vrai que comparé à Givre par exemple, il y a plus de descriptions. Je suis désolée si c'est dérangeant, j'essayerais de faire de mon mieux lors de la grosse passe de correction ( puisque jusqu'au chapitre 11 je n'utilisais pas encore Antidote !)

Je n'avais jamais remarqué que je parlais beaucoup du corps. Peut-être que c'est parce que je suis complexée par le mien ou peut-être parce que je suis une personne assez tactile (je touche à tout x')) ; le fait aussi que la sexualité soit une partie importance de La Reine, ça doit aussi "aider" à ce que je mette en scène le corps. C'est intéressant comme réflexion.
J'espère que la suite de ta lecture te plairas :) Mais si ce n'est pas le cas, ce n'est pas un soucis ! :D
Allie Oster
Posté le 16/02/2020
Je me refais la lecture avant d'arriver à ton nouveau chapitre!
Cette histoire m'attirait rien que par le titre, qui donne une indication sur l'histoire qui donne clairement envie de la continuer: c'est très très bien joué, de mon point de vue!
Le potentiel est réel, pour moi. Tu as un truc avec la pose d'une ambiance; il ne faudrait pas grand chose pour la rendre spectaculaire!

PS: j'ai adoré cette phrase: "Les étoiles commençaient à s'inviter dans la toile céleste alors que le soleil n'était pas encore descendu embrasser la mer. "
Soah
Posté le 16/02/2020
Coucou :D
Merci ça me fait très plaisir ! :) Le chapitre est encore brut - je n'ai pas encore entamé de corrections/modifications dessus, mais ça me fait sincèrement plaisir que tu penses que cette histoire possède du potentiel ! :D
UnePasseMiroir
Posté le 05/01/2020
Coucou ! Ton histoire m'intriguait depuis pas mal de temps, alors je suis finalement venue voir le début ;) j'ai été soufflée par ton écriture. L'atmosphère dans la première partie du chapitre était réellement pesante et sombre, et j'ai vraiment beaucoup aimé toutes les descriptions de la cérémonie... ça m'a foutu des frissons plusieurs fois ^^ comme l'a dit Eresia, c'était pénible d'un point de vue émotionnel, mais paradoxalement, c'est ce genre d'histoires que je préfère ! On sent vraiment ton univers derrière, et ça m'a beaucoup plu, et intriguée !
Le fait que Nayla passe la dernière m'a fait soupçonner que quelque chose clochait. La pauvre, obligée de partir de chez elle a onze ans... mais ce n'est peut-être pas plus mal, vu comme elle a l'air bien considérée au village, surtout depuis qu'on a appris qu'elle était stérile !
Bref c'est un début d'histoire qui me plaît beaucoup ! Au plaisir de découvrir la suite ;)
Soah
Posté le 06/01/2020
Coucou !
Merci énormément pour ton commentaire, il me fait très plaisir ! Surtout pour ton ressenti du début de ce chapitre qui est assez brutal - je me dis que je n'ai pas trop mal ficelé mon coup si plusieurs plumes, même dans l'inconfort continue de lire après ça ^=^

:D j'espère te revoir par ici, et que la lecture des autres chapitres te plaira aussi !
leurre
Posté le 10/12/2019
Hello hello ! Alors tout d'abord, jolie introduction, tu as beaucoup de vocabulaire et c'est ça que j'apprécie (& qui donne envie de continuer). J'ai toutefois quelques remarques à te faire :
- attention à l'utilisation des temps, tu mélanges l'imparfait, le futur et le conditionnel (à bien revoir c'est important pour la fluidité du texte)
- on devient adulte à 11 ans?^^
- il y a répétitions de 'avec peine' fin du paragraphe 3
- il y a quelque chose qui cloche dans la fluidité du texte, je n'arrive pas à mettre la main dessus. Peut-être y a t-il trop de mots de liaison, à voir. Les descriptions sont bien mais elles pourraient coller encore mieux avec les émotions. Je trouve que c'est le problème majeur du texte.
En tout cas les idées sont belles, les mots justes et si le texte était fluide à 100% ça pourrait donner quelque chose de très beau :) j'aime beaucoup cette phrase d'ailleurs : "Même les os bavards semblèrent accepter de garder le silence".
Soah
Posté le 11/12/2019
Hello ! Et merci de t'être aventuré.e ici ! :D
Merci pour tes compliments qui me font très plaisir ; quant à tes remarques (dans l'ordre ^^) : désolée pour les fautes, je ne suis pas autrice pro' et je ne suis qu'humaine et donc faillible ! N'hésite pas à me pointer les fautes que tu constates, malgré des relectures, il est possible que beaucoup d'entre elles passent dans les mailles du filet ; dans un univers médiéval-fantastique la notion de majorité/adulte est assez "floue" (après tout, dans notre moyen-âge, les filles étaient mariées dés leurs premières règles et c'est encore une pratique qui se fait pas mal aujourd'hui etc...) ; merci pour la répétition je ferais attention.
Quant à la fluidité, j'avoue que tu es la première personne à me le dire. Après, je pense que chacun.e à ses "tics" d'écriture et peut-être que les miens te sautent aux yeux. ^^" Je ferais attention si je fais une V2 de ce texte. Sachant que je ne propose que des textes "bruts" ou presque sur PA, pour avoir la chance d'obtenir des pistes d'améliorations.

Encore merci à une prochaine fois, peut-être :)
ElegentHerisson
Posté le 01/12/2019
Bonjour,
Owwwn que j'aime ce début d'histoire. J'ai beaucoup aimée l'ambiance qui se dégage de ce début d'histoire et ta plume fluide. J'ai même était émue lorsque sa mère lui dit que sa différence fait sa force.

C'est très agréable à lire et j'ai hâte de lire la suite. Ce n'est peut être pas un commentaire très constructif parce que je n'ai pas l'habitude de ce genre d'exercice.
Soah
Posté le 02/12/2019
Hello ! :D

Ne t'en fais pas, donner son avis sur des textes ce n'est pas forcément évident. Mais je suis déjà très heureuse que tu aies apprécié le début de cette histoire ! :)
Eresia
Posté le 25/09/2019
Eh bien, on peut dire que tu sais planter un décors ! Tes descriptions sont claires, sans fioritures, idéales pour que l'on puisse s'immerger en toute facilité dans ton monde. Cette cérémonie était pénible d'un point de vue émotionnel mais autrement, je l'ai trouvé d'une justesse... J'ai beaucoup aimé le fait qu'au départ Nayla a cette espèce de fascination morbide, d'attente, lorsqu'elle regarde les autres et que lorsque son tour arrive, elle comprenne son erreur.

J'ai aussi relevé un certain nombre de coquilles au fil de ma lecture, mais j'ai vu avec les autres commentaires qu'elles t'ont été indiquées pour la plupart, aussi je n'alourdis pas mon commentaire (mais si tu les veux, je pourrais te les indiquer plus tard).

Bref, j'ai beaucoup aimé cette mise en bouche, je continue ma lecture très vite !
Soah
Posté le 27/09/2019
Coucou Eresia et merci de tes gentils compliments ! Je suis ravie que ça t'ai plut ! :)
Désolée pour les coquilles, comme je poste souvent mes premiers jets sur FPA afin de me nourrir de vos avis et comme j'ai beaucoup de mal à me relire, je laisse traîner beaucoup de choses ! ><" Si jamais certaines n'ont pas été relevées, ne t'en fais pas et dis moi tout ! Ca m'aide énormément ! :)

Je suis ravie de lire que tu reviendras par ici ; merci encore de m'avoir lue, ça me fait très plaisir !
Litchie
Posté le 22/09/2019
Hello !

Mon dieu, cette cérémonie affreuse (bonjour le viol institutionnalisé :p) ! J'ai bien aimé ce premier chapitre, qui plante bien le décor d'un roman que j'imagine plutôt sombre. C'est agréable à lire et je trouve bien choisi cette cérémonie comme ouverture pour déjà marquer des changements chez l'héroïne.

Quelques petites remarques et coquilles :

* "Les épines de la mienne me rentraient dans la peau de mon front et m'égratignaient si je bougeais un peu trop brusquement. " je trouve cette phrase un peu lourde, avec beaucoup de "moi" (mienne, me, mon, m').

* Je trouve l'expression "peau parcheminée" jolie mais pas claire. Est-ce que ça veut dire ridé, ou plutôt jaunâtre ? Ou les deux ?

* "Ses dents étaient aussi jaunes que celle d'un rat sauvage." Mais tu dis deux lignes plus haut que son sourire est édenté, c'est un peu bizarre ;)

* "Jusqu'à le capital dé demain" Flammy l'a déjà souligné, mais c'est dès et il y a une faute de frappe à lA capitalE ;)

* "Elle n'était pas grande, voir même un peu tordue" voirE dans ce cas.

* "les cheveux aussi noir" noirS

* "Ma mère se rendit compte que je ne l'avais pas encore suivi" suiviE non ?

* "les tambours de guerre ne remplace pas les chants et les rires." remplaceNT

* "Mais ma mère avait toujours eut cette manière de parler" eu :)
Soah
Posté le 23/09/2019
Coucou ! :D

Merci pour tes retours et les coquilles/remarques ! Ca m'aidera vachement au moment où je ferais la réécriture de tout ça >< !

Et je suis contente de lire que le début te plaîse, c'est quelque chose de très "in-your-face" et j'ai remarqué que ça pouvait tout aussi bien passé que révulsé.
Merci de m'avoir lue, ça me fait très plaisir ^v^
Litchie
Posté le 25/09/2019
Ouiii je vais lire la suite dès que possible <3
Elia
Posté le 08/09/2019
Salut Soah !

Je me suis penchée par ici et c'est plutôt une bonne surprise. C'est un premier chapitre qui a le mérite de planter le décor mais de marquer déjà les gros changements pour ton héroïne. Le tout est bien dosé, entre les coutumes, le ressenti de ton héroïne et l'introduction de l'intrigue !
Le style est fluide, quelques coquilles mais rien de bien flagrant. J'aime beaucoup les récits à la première personne qui rendent l'immersion plus facile encore !
La cérémonie des os était vraiment douloureuse, elle me rappelle quand on vérifie si l'hymen d'une femme ou d'une future épouse n'est pas "déchiré", même si ici le but est différent.
Bref c'est une très bonne découverte ! À très vite
Soah
Posté le 09/09/2019
Coucou Elia !
Je suis ravie de te voir par ici et d'autant plus contente que la lecture a été agréable ! Désolée pour les coquilles, je ne suis pas très douée pour les trouver v-v"
C'est l'inspiration pour cette scène, en effet - et ce n'était pas une partie de plaisir à écrire, je m'y suis reprise à plusieurs fois pour choisir les bons mots etc ><""

A bientôt et merci encore ! :D
Flammy
Posté le 23/08/2019
Coucou !

Le résumé m'avait bien plus, donc me voilà =D Je ne suis pas du tout déçue de mon passage, bien au contraire !

J'ai vraiment beaucoup aimé toutes tes descriptions ! On rentre très facilement dans l'histoire, on comprend vite les enjeux, ce qui se passe... Bref, c'était vraiment un plaisir ! Et la cérémonie est vachement dure mine de rien ='D C'était glaçant de se mettre à la place de cette pauvre fillette perdue, mais en même temps, j'ai beaucoup aimé ^^

Je suis très curieuse d'en apprendre plus sur ces Corbeaux ! N'empêche, c'est dur de déterminer l'avenir d'une fille sur la présence ou non d'hymen ='D Surtout que bon, en vrai, ça a rien à voir avec le fertilité. Dans ton monde, c'est lié, où ils se sont juste jamais rendu compte que les Corbeaux aussi pouvaient tomber enceinte ? En tout cas, je suis très curieuse de lire la suite et d'en savoir plus !

Juste une petite coquille :

"Ma disciple t’accompagnera jusqu'à le capital dé demain" dès

Je reviendrai lire la suite sans faute ^^

Pluchouille zoubouille !
Soah
Posté le 23/08/2019
Coucou Flammy ! Je suis vraiment touchée de te voir par ici ^-^

Je suis ravie que le premier chapitre ait été à ton goût ! ^-^/
Et merci pour la coquille ! Y'en a toujours qui s'échappe malgré ma surveillance, les vilaines !

Quant à la cérémonie, c'est vrai qu'il y a un petit côté injuste. Je ne dévoilerais pas certaines infos dont j'aurais besoin plus tard :'>
On va dire qu'il y a parfois des ratés à cause de cette méthode de sélection :'

Des bisous et merci d'être passé ! <3
Flowrale
Posté le 11/06/2019
J'ai beaucoup aimé ce premier chapitre qui nous emmène très facilement dans l'univers. On a tout de suite beaucoup d'empathie pour Nayla. Je me suis facilement imaginer les scènes. L'ambiance que tu plantes tu le fais avec beaucoup de justesse. Il n'y a pas de frioriture dans ce que tu dis et le texte est effiace. Bref un beau premier chapitre ! (avec plein de promesses)
 
Au fil de la lecture, je me suis ouverte une page à côté pour copier les passages où j'ai un commentaire :
La chamane allongea les bras dans un geste théâtral et aussitôt les tambours se turent : j'avais l'impression que les femmes en attentent étaient dans une tente rassemblée et que les tambours étaient à l'extérieur. Du coup j'ai eut un peu de mal en imaginant la chamane qui est à l'intérieur arrêter les tambours d'un geste. J'ai peut être mal lue le début °°
 
Comme chacune, je savais pourquoi j'étais là. Nous attendions, pour la plupart, ce jour depuis longtemps : Ces deux phrases se renvoient l'une à l'autre. Je pense que tu gagnerais en force en supprimant la première.
 
Mais, tout comme les autres filles présentes, je n'avais pas vraiment le choix d'être ici  : tu insistes un peu trop sur le "comme les autres" dans les différentes phrases. Je pense qu'une fois suffit et ensuite on comprend que même si le personnage parle pour elle, cela est valable pour toutes les filles rassemblées.
 
Les mouvements de sa gorge et de sa tête me faisaient penser à un oiseau de proie qui choisissait avec soin son prochain repas : j'aime beaucoup cette image, elle fonctionne très bien ! (surtout quand on fait le lien avec le titre du roman)
 
Je sentis le bas de mon dos se recouvrir d'une sueur glacée : le bas de mon dos se recouvrit d'une sueur glacée ?
 
Un gloussement lugubre s'échappa de la gorge de la vieille femme, juste avant qu'elle portât son choix sur quelqu'un. : pour le coup j'aimerais plus de détail que le "quelqu'un". J'ai envie de savoir si la narratrice la connaît. Ca mettrait en valeur le fait qu'elles se connaissen, elles sont du même clans non ? En tout cas on le pense vu les "comme les autres"
 
C'était Soren, la fille du pêcheur Drünn. Ah du coup l'explication arrive après. Peut être un mot avant pour dire qu'elle ne parvient pas à voir qui a été désigné ?
 
 D'un geste de la main, la vieille femme congédia l'assemblée. : Du coup Nayla était la dernière à passer ? peut être le préciser au moment où elle est appelée.
 
Sans protestation, toutes les personnes s'en allèrent dans une étrange procession mutique. J'enlèverais le "sans protestation" qui fait doublon à "procession mutique" qui est plus joli dans sa formulation.
 
déclara la vieille femme en posant sa main sur mon épaule.: elle les avait déjà sur ses épaules
 
L'ironie du sort voulait que cette journée funeste soit resplendissante : j'aime bien le pied de nez :)
 
les tambours de guerre ne remplace pas les chants et les rires. qu'est ce que c'est joliment dit <3
 
Près de mon oreiller, entre les draps encore en bataille, ma vieille poupée de chiffon sembla me jeter un regard étrange. Pendant quelques instants, j'hésitai à la fourré dans mon sac. Mais finalement, je la laissai là, considérant que je n'en aurai plus besoin, maintenant que j'étais une adulte : j'aime beaucoup ce passage qui en dis beaucoup sur l'enfance et le fait que malgré tout, elle soit encore une enfant.
 
Contrairement à ceux qui avaient été offerts aux autres filles la veille, : pourquoi est-ce qu'il ne lui a pas été offert la veille ?
 
 Sur le chambranle, on pouvait encore voir les premières entailles qu'elle avait soigneusement faite pour me mesurer, année après année.: ce genre de détail c'est un bijou ! On se sent en empathie pour le personnage
 
J'espère vite pouvoir lire le chapitre 2 !<br />Au plaisir
Soah
Posté le 11/06/2019
Coucou ! :D <br />Comme je te l'ai dit en PV, merci beaucoup pour le commentaire détaillé ça me donnera de la matière pour retravailler mon texte à l'avenir ! ^--^<br />Je suis contente que ça t'ait plu et j'espère que les autres chapitres seront aussi à ton goût ! c: 
A bientôt et encore merciiii ! :D 
Sorryf
Posté le 11/06/2019
Contente de retrouver ton style si poétique dans cette nouvelle histoire qui m'intriguait !
j'aime beaucoup ce premier chap, qui plante une ambiance très détaillée. Le rite d'initiation était hardcore T.T mais pas non plus dans la surenchère... mais quand meme, aïe :x
La mère et la fille ont une relation touchante ! J'espère que l'héroïne saura tirer le meilleur de ce novueau destin qui l'attend !
 a un moment tu as écrit : "j'acquiescai d'un hochement de tête", je trouve ça répétitif, tu devrais dire seulement j'acquiescai, ou alors je hochais la tête, pas les deux... c'est du détail comme toujours ! 
Soah
Posté le 11/06/2019
Coucou ! :D <br /><br />Heureuse de te revoir sur une de mes histoires, tu es le genre de lectrice dont rêve tout.e auteur.e !<br />Je suis contente que ça t'ait plu et désolée pour les douleurs fantômes x: <br /><br />On verra bien ! En tout cas, le rythme est assez différent de Givre (que je voulais un peu en effet "domino"), là, les choses sont plus lentes à se mettre en place! Mais j'espère que ça saura quand même maintenir l'attention. <br /><br />Ouip, j'ai toujours ce léger défaut, faut vraiment que je me contienne ! xD Merci de me l'avoir fait remarqué, quand j'aurais le temps, j'éditerais le premier chapitre avec toutes vos remarques ^--^<br /><br />A bientôt, merci et bon courage avec Kiwi <3
AudreyLys
Posté le 15/06/2019
<br />Hey ! <br />De ce que n’avais vu, LRDC me plaisait, et je ne suis pas déçue ! Pas grand chose de négatif à dire si ce n’est quelques coquilles que je te signalerai sur ton JdB.<br />La première scène est très immergeante, elle est très bien écrite : vraiment bravo.<br />La scène avec la mère est aussi bien faite. J’aurais cependant aimé une description du village un peu plus poussé et quelques repairs géographiques.<br />En tout cas tu lances bien l’intrigue et je suivrai cette histoire avec plaisir.<br />
Soah
Posté le 15/06/2019
Coucou, <br />Je suis ravie que ça match tes attentes ! et j'espère que les prochains chapitres te plairons tout autant ^--^/ <br />Merci pour les coquilles, ça m'aide vraiment ! :D <br />A bientôt et des bisous !
Carvage
Posté le 11/06/2019
C'est un très bon début, l'accroche est réussie, je vais lire la suite.
Juste une faute de frappe que j'ai repéré :" jusqu'à le capital dé " 
Le reste est très bien écrit
Soah
Posté le 11/06/2019
Coucou ! <br />Merci de m'avoir laissé un petit mot et d'avoir repéré cette faute de frappe ! :) <br />N'hésite pas à me dire si tu veux que je te tagg sur le forum PA pour savoir quand les nouveaux chapitres sortent (je me suis fixée à un toutes les deux semaines.)<br /><br />A bientôt :D<br />Soah
Vous lisez