Paradis piégé

Par Bleiz
Notes de l’auteur : Bonne lecture !

Lecteurs, je pense m’être pincée une dizaine de fois, mais je n’en reviens toujours pas. Cet endroit est une merveille.

Je découvris une gigantesque bâtisse. Construite en pierre blanche et en bois, elle s’étendait sur plus d’une vingtaine de mètres. Le bleu éclatant du ciel lui donnait une sorte d’aura paradisiaque. L’extérieur était assez simple, au fond, mais était mis en valeur par la flore luxuriante qui l’encadrait. Ce n’était que palmiers et fleurs multicolores, partout. Un tourbillon de vert brillant, de rose, d’orange, le tout explosant en un million de nuances sous les rayons de soleil. J’entrai dans la villa après mon hôte, muette d’admiration. 

—Charles m’a prévenu un peu tard, alors je n’ai pas eu le temps de préparer grand-chose. En revanche, vos chambres sont faites. Vous pouvez utiliser la salle de bain du premier étage. Si possible, évitez d’aller dans l’aile ouest. C’est là où ma femme et moi vivons.

—Oh, vous êtes marié ? s’étonna Charlotte. Où est votre femme ?

—Dans la mer des Caraïbes, en ce moment, soupira notre hôte en tournant dans un couloir. Elle travaille beaucoup, elle a donc décidé de prendre un mois de vacances et de partir en voyage en solitaire en bateau à voile… Elle me manque.

—J’imagine, oui, fit Froitaut avec compassion. Et quand a-t-elle décidé de reven- AAAAH ! 

Sous les pieds de Froitaut s’était ouvert une trappe. Une seconde plus tard, il avait disparu.  Aussitôt, nous l’entendîmes hurler de très, très loin :

—Qu’est-ce que c’est encore que ce bazar ?!

—Ah, oui, j’ai oublié de vous prévenir. Il y a des pièges dans la maison, expliqua Amos en se tordant les mains. Il haussa la voix et se pencha légèrement : Mais ne vous inquiétez pas, je vais vous sortir de là. 

—On peut savoir pourquoi il y a des… « pièges », dans votre villa ? s’écria Élias en le dévisageant.

—On ne sait jamais ce qui peut arriver, murmura notre hôte en appuyant sur un bouton, caché dans le mur. Certaines personnes portent de l’intérêt dans mes travaux, trop d’intérêt. Pas que dans les miens, d’ailleurs… finit-il en me donnant un de ses coups d’œil éclairs.

Je fronçai les sourcils. Qu’entendait-il par-là ? Il avait sans doute entendu parler des différentes attaques dont nous avions soufferts : pensait-il que mon pouvoir de divination était un motif suffisant pour tenter d’assassiner mes Héros ? Ce n’était pas idiot, comme hypothèse. Pourtant, j’avais l’impression qu’il voulait dire autre chose. Mais je n’eus pas le temps d’y réfléchir : Froitaut remontait grâce à une sorte de plaque montante au fond du trou, et il n’avait pas l’air content. Il commença par pointer un doigt menaçant vers Amos, qui paraissait complètement indifférent à la lueur meurtrière dans les yeux de mon professeur, avant d’abandonner. Il se contenta de dire avec résignation :

—Vous en avez combien, des engins dans ce genre ?

—Un peu moins de soixante. Ils sont disséminés à travers le domaine.

—Le domaine ? répéta Baptiste en baissant la tête, sourcil levé.

—Oui, j’en avais installé quelques-uns dans les jardins. Je vous fournirai un plan demain, se dépêcha-t-il d’ajouter face à nos expressions horrifiées.

Au final, nous ne rencontrèrent aucun autre incident sur le trajet jusqu’à nos chambres. Hormis cette fois où j’ouvris une porte et qu’un drôle de laser rouge s’alluma pour venir se poser sur mon front, mais je refermai la porte immédiatement, donc ça ne compte pas. Amos avait beau être étrange, il savait accueillir ses invités. Nous avions chacun notre propre chambre, avec des lits gigantesques et des édredons blancs et douillets. Je me jetais dans les draps frais avec un soupir énamouré. Finalement, peut-être étais-je morte durant la Première Étape : ce lit avait certainement un goût de paradis. Épuisés comme nous l’étions, nous nous enfermâmes chacun dans notre coin. Un peu de solitude ne pouvait que nous faire du bien. La plupart des Héros se reposaient, je crois, et je savais que Tristan faisait la sieste : sa chambre était en face de la mienne et il ronflait, l’animal. Mais moi, au bout de deux heures sans but, je commençais à ressentir des fourmis dans les jambes. Je mourrais d’envie d’explorer cette villa immense et pleine de secrets, mais j’avais également aussi de rester en vie. J’optai donc pour la deuxième option : en apprendre plus sur le curieux ami de mon père.

Je n’eus pas à chercher longtemps. Assis à une table en teck, sur une terrasse qui donnait vue sur des jardins luxuriants, il sirotait un verre de jus avec une grande paille verte. Je m’assis à côté de lui et appuyai mon menton dans la paume de ma main.

—Votre villa est un vrai dédale, vous savez ?

—Oui, souffla-t-il. C’était le but, quand j’en ai créé les plans.

J’esquissai une moue admirative. Ça expliquait pourquoi les pièges étaient si bien emboités dans l’architecture. Nous restâmes ainsi dans le silence, moi l’observant, lui fixant l’horizon. J’étais tentée d’essayer de l’embobiner, comme je l’avais fait avec la plupart des gens depuis ma première prophétie. Toutefois, je me retins. Un type comme lui verrait immédiatement à travers mon jeu. J’optai donc pour l’honnêteté :

—Quand avez-vous rencontré mon père ? Je ne vous ai jamais vu.

—C’est normal. Je ne suis pas rentré en France depuis plus de trente ans. Il s’arrêta et je crus bien qu’il ne dirait plus un mot, mais il reprit : Nous sommes devenus amis à l’université. Nous faisions tout ensemble : projets, travail, quatre cent coups… Certains professeurs nous avaient surnommé les Trois Mousquetaires, se rappela-t-il, et il eut un petit sourire.

—Trois ? notai-je en rapprochant ma chaise de la sienne.

Son visage s’assombrit brusquement. Ses doigts se serrèrent autour de son verre, au point que ses jointures deviennent blanches. Il déglutit et déclara avec une amertume que je ne pouvais pas ignorer :

—Amos, Charles et Claude. Il se tourna vers moi et planta son regard dans le mien. Claude Vercran. Ton père m’a dit que tu l’avais déjà rencontré.

—Ah, oui, balbutiai-je. Juste après ma première prédiction… Il est à la tête de Star-all, c’est ça ? La boîte d’électronique ? 

Il ignora ma question. Pas grave, car je connaissais déjà la réponse. Il avala le reste de son jus d’une traite, tandis que j’observai les jardins à mon tour. Que s’était-il passé entre eux pour qu’il ait ce genre de réaction ? Je m’apprêtai à poser la question quand soudain, Amos lâcha abruptement :

—Méfie-toi de lui. Il a vu tes capacités. Il va vouloir te recruter.

—Désolée, mais il a déjà essayé, dis-je d’un ton un peu moqueur. Et j’ai dit non. Mon don de prophétie n’est pas à vendre.

—Et ton don des mathématiques, à quel prix es-tu prête à l’offrir ? 

Mon cœur s’arrêta de battre. Au même moment, le sang se mit à tambouriner dans mes tempes avec la force d’un torrent. Je le fixai sans un mot. Il s’en aperçut et rit doucement :

—Tu ressembles vraiment à ton père. Vous avez le même regard.

—C’est lui qui vous a raconté ?

—Évidemment. Je te tire mon chapeau, cela dit, et il inclina la tête dans un semblant de révérence. Monter une telle farce, ça n’a pas dû être simple.

—Les Héros ne sont pas au courant, murmurai-je en jetant un coup d’œil à la porte.

—Ton secret est bien gardé, Ingrid. Garde juste mon conseil à l’esprit, veux-tu : ne sous-estime pas Claude. On ne dirait pas, à première vue, mais il est très intelligent… et prêt à tout pour arriver à ses fins. 

Il me dévisagea, l’air contrarié. Il tapota le rebord de son verre et, détournant le regard vers l’horizon, il me demanda :

—Vous vous êtes fait attaqués, à Marseille. Et à l’aéroport avant ça.

— Je sais. Quelle galère ! On ne sait toujours pas qui a fait ça.

—Vraiment ? dit-il. Tu ne vois pas qui aurait pu faire une chose pareille ?

Il se pencha vers moi et baissa la voix :

—Ingrid, pourquoi personne n’arrive à remonter la trace de vos assaillants ? Pourquoi n’y a-t-il aucune trace numérique ? Personne n’est capable de se taire pour toujours. Normalement, il aurait déjà dû y avoir quelqu’un pour donner des indices, n’importe quoi. Là, tout le monde se tait. Réfléchis. Qui a suffisamment de pouvoir, de moyen et de volonté pour te pourchasser comme ça ?

—Vercran, murmurai-je. Ça m’a traversé l’esprit avant. C’est juste que… vous ne trouvez pas ça un peu trop évident ?

—Dans la vraie vie, c’est rarement difficile. Les gens sont simples. Ils n’aiment pas quelqu’un, ils le mettent de côté. Ils veulent quelque chose, ils tentent de l’obtenir. Peu importe les moyens… termina-t-il en fronçant les sourcils. Ingrid, tu ne voulais pas venir ici.

Je me redressai un peu, surprise par le soudain changement de sujet.

—Pas vraiment. Normalement, on était censé aller en Espagne, mais Charlotte s’est trompée en achetant les billets. Vous ne croyez pas que c’est encore un coup de Vercran, quand même ?

Il se rassit dans sa chaise. Le vent soufflait désormais et agitait ses cheveux, faisant voler des mèches grises. Les yeux de nouveau plongés dans le vide, il dit :

—Non. Je ne pense pas que ce soit lui.

7 Mars : J’ai pensé à ma discussion avec Amos toute la nuit. D’un côté, il me fournissait un suspect idéal sur un plateau d’argent ; de l’autre, je n’avais aucune preuve contre lui ou quiconque, par ailleurs. Mon cerveau me picotait désespérément. Ce n’est que vers minuit que j’ai enfin cliqué : l’étoile à huit branches ! C’était le symbole de la compagnie Star-All ! Je l’avais remarqué quand Vercran m’avait donné sa carte de visite. 

Hélas, ce n’était pas assez. Pour moi, si : j’étais désormais persuadée que c’était lui qui était derrière les attaques. Le reste du monde, en revanche, refuserait de me croire sur parole. Même avec ma réputation de Pythie, je ne faisais pas le poids face au patron de la multinationale Star-All. De plus, il restait un détail qui n’était pas clair. Qu’est-ce qu’Amos avait voulu dire en parlant des billets d’avion ? Je reconnaissais qu’une telle erreur de la part de Charlotte était inhabituelle. Mais de là à dire que quelqu’un avait sciemment modifié notre destination, il y avait un monde. Bon sang, qu’est-ce que j’allai raconter aux autres ? 

Quand j’entrai dans le salon, je fus surprise d’y trouver le reste du groupe. Charlotte me vit la première et me dit :

—Ingrid ! Viens vite, tu as presque manqué le petit-déjeuner !

—Comment ça ? m’exclamai-je en prenant le smoothie à la mangue que Martin me tendait. Vous êtes là depuis longtemps ?

—Quinze minutes à peine, fit Tristan, la bouche pleine de pâte feuilletée, mais la nourriture part vite. C’est formidable, délicieux… succulent !

—En un mot, on était parti pour tout dévorer sans t’en laisser une miette. Goûte ça ! s’écria Gemma en me glissant une part de tarte. C’est à la patate douce, c’est incroyable.

—D’accord… mais dès qu’on a fini, réunion d’urgence sur le programme de la Deuxième Étape, compris ? 

La table bourdonna un assentiment assourdi par les mastications. J’avais envie de soupirer jusqu’à créer un typhon : mes Héros n’étaient que des ventres à pattes. Heureusement que je n’avais pas prévu de Circé dans ma Quête, ou nous aurions tous très mal finis.

Quand nous eûmes enfin fini de nous jeter sur la nourriture, je me lançai en m’essuyant le coin de la bouche avec ma serviette :

—J’ai plusieurs choses à dire…

—Moi aussi, déclara Charlotte, les yeux fixés sur son téléphone, affichant une moue circonspecte.

—D’accord, mais je commence ! me précipitai-je. J’ai discuté avec Amos hier soir et apparemment, il croit savoir qui est à notre poursuite. Vous avez entendu parler de Star-all ?

—Évidemment ! s’écria Martin en se redressant. Ses joues pâles rosirent d’excitation. Ils ont créé ce dernier modèle d’ordinateur : dix fois plus rapide que tous les autres modèles sur le marché, plus résistants… Leurs prix sont exorbitants, d’ailleurs, grimaça-t-il.

—Voilà, ça. Il se trouve que Claude Vercran, à la tête de la compagnie, est un ancien ami de mon père et de notre hôte. Sauf qu’ils se sont brouillés, pour des raisons que j’ignore, et maintenant Amos est convaincu que tout est de la faute de Vercran.

—Pourquoi un homme aussi riche et occupé que Vercran tenterait de se débarrasser de nous ? réfléchit Froitaut à voix haute, le menton enfoncé dans sa main.

—Amos dit que ce serait à cause de mes pouvoirs prophétiques. Après tout, il est venu me voir quand les résultats du Loto sont sortis. Il voulait m’embaucher, mais j’ai refusé. Cela dit, comme Martin disait, il n’a pas vraiment besoin de mon aide pour s’en sortir… 

Gemma claqua dans ses mains et s’exclama :

—Ça fait une piste ! Je sais pas exactement ce qui nous attend à Granada, mais je ne doute pas qu’on ait un peu de temps pour faire des recherches. S’il est vraiment à nos trousses, on devrait trouver des indices. Et puis, on commence à avoir l’habitude de ce travail d’investigation, ironisa-t-elle, recevant un regard entendu des autres Héros.

—Je voudrais pas casser l’ambiance… Seulement, j’ai une mauvaise nouvelle, déclara Charlotte tout à trac.

Elle nous dévisagea un par un et prit une grande inspiration. Elle dit alors d’un ton ferme :

—On a plus un rond. 

J’explosai de rire. Moi, la Pythie, à sec ? Je ne crois pas, non. Il était plus probable que mon agent ait perdu l’esprit. Ça faisait quoi, quelques mois que nous étions partis ? Je refusai de croire, ne serait-ce qu’une seconde, que mes gains du Loto et ceux de mes prédictions étaient aussi rapidement passés par la fenêtre. Cependant, mon amie ne semblait pas plaisanter.

—Ce n’est pas exactement qu’on a tout dépensé. Pour être exact, la banque a bloqué ton compte. Apparemment, leur système a eu du mal à digérer la somme que tu as accumulée récemment. Et comme on a payé les tickets de bus hier, ils ont cru que tu t’étais fait pirater ton compte.

—Je ne savais pas qu’il fallait que j’informe ma banque de mes moindres faits et gestes ! Jalousie et tentative de ruiner mes plans, voilà ce que c’est ! m’exclamai-je en croisant les bras.

—Peut-être, mais ça ne règle pas le problème. Au téléphone, on a pas su me dire quand nous aurions de nouveau accès à ton compte. 

—Autrement dit, on est à sec pour on-ne-sait combien de temps, conclus-je.

Ce damné banquier avait de la chance d’être de l’autre côté du globe, car c’était la seule chose qui m’empêchait de l’étrangler. L’univers avait le chic pour créer des catastrophes que je pouvais pas prédire, tellement elles étaient tirées par les cheveux ! Sans parler du fait que Charlotte était responsable de nos finances. Aaah, ma nuque commençait déjà à me tirailler. Je caressai l’idée de demander de l’aide à notre hôte, mais la repoussai bien vite. Il n’aurait pas apprécié. Je retirai mes lunettes et les nettoyai machinalement, les rouages de mon cerveau tournant à toute allure. Il allait falloir trouver une solution, et rapidement. Car si je voulais que mes héros rencontrent des difficultés, j’allai devoir casquer derrière ! Car oui, lecteurs, que croyez-vous ? Quand mes héros cassent des trucs dans leurs courses-poursuites ou abîment des bâtiments historiques, c’est la bourse de Pythie qui raque ! Soudain, mon génie naturel me rattrapa. La solution était évidente et de plus, en s’y prenant bien, j’allai pouvoir faire d’une pierre, deux coups. 

—Je sais comment nous remettre à flots en un rien de temps. 

Je sautai sur mes pieds et désignai mes compagnons de voyage d’un large geste du bras :

—Vous allez travailler !

—Pardon ? s’insurgea Froitaut. 

—Moi aussi, évidemment, mais surtout vous. Écoutez mon plan : chacun va se trouver quelque chose à faire dans Granada, en public. Par exemple, Gemma pourrait jouer de la musique ou chanter ! Bien sûr, n’oubliez pas : si on vous pose des questions, vous travaillez sérieusement à sauver le monde en suivant mes instructions à la lettre. Ça veut dire que si on vous attaque de nulle part, vous n’hésitez pas à vous battre.

—Pas qu’on sache vraiment ce qu’est le but de la Quête… chuchota Gemma.

—Vous aidez les gens, vous représentez une source d’espoir, je trouve ça déjà bien. Et puis, pour être franche… je crois qu’on se rapproche du but.

J’étais complètement sincère. Mon rêve de distraction s’était petit à petit transformé en quelque chose de gigantesque qui me dépassait. Mon instinct me criait que toute cette histoire avec Star-All cachait un secret bien plus sombre. Ma Quête prenait des aspects de boîte de Pandore. Je remarquai alors le silence qui s’était installé. Oups. Je m’étais perdue dans mes réflexions et mon trouble n’était pas passé inaperçu. Je poursuivis donc rapidement :

—Bref ! Pendant que vous participez à l’effort collectif, vous tendez l’oreille…

—Au cas où Vercran ou quiconque d’autre serait dans les parages, à notre recherche ?  poursuivit Baptiste.

Je hochai la tête avec satisfaction. Mon Chevalier était si rapide d’esprit, c’était un plaisir. Cependant, il ajouta avec une légère hésitation :

—En revanche, je vois pas trop ce que je pourrais faire pour gagner de l’argent. Des démonstrations de sport, peut-être, mais la police pourrait aussi m’arrêter… 

—Moi pareil ! renchérit le Voleur. Je n’ai aucun talent en particulier, encore moins pour les arts du spectacle.

—Calmez-vous, les rassurai-je. Faites-moi confiance, je vais nous organiser ça. Rendez-vous à la porte dans dix… non, vingt minutes ! Tristan et Charlotte, venez par ici. 

Nous sortîmes de la pièce, eux pas sûrs à quoi s’attendre et moi bourdonnant d’impatience. Une fois dans le couloir, je passai mes bras autour de leurs épaules et chuchotai d’un air de conspiration :

—Tristan, toi qui es censé être un génie, quel super-talent peux-tu apporter à la table ?

—Je parle espagnol, pour commencer, dit-il me poussant avec son épaule.

—Excellent ! Et moi qui croyais que tu étais là uniquement pour me soutenir moralement. Tu vas rester avec moi, j’ai besoin d’un traducteur pour mon stand.

—Ton quoi ? répéta-t-il en écarquillant les yeux.

—Charlotte, trouve Amos et demande-lui un coup de main. Il y a tellement de trucs improbables dans cette maison, on devrait forcément trouver les accessoires nécessaires… 

Je chuchotai à son oreille les différents objets dont nous allions avoir besoin, et je sentis sa mâchoire se décrocher au fur et à mesure. Elle se tourna vers moi et déclara, se retenant de rire :

—Cette fois-ci, Ingrid, c’est sûr. Il t’manque une case.

—Ça veut dire que tu es partante ?

—Et comment ! 

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