Ôde à Plume d'Argent

Par Zlaw

- Joyeux anniversaire !

J'attrape au vol la pomme qui m'est lancée presque au visage, en guise d'accompagnement de ce souhait pourtant si bienveillant.

- Merci ! Elle est tombée du camion, c'est ça ? je plaisante à l'intention du mauvais jongleur, un sourcil haussé.

- Non, je l'ai cueillie personnellement, il s'offusque, avec un mouvement de recul du menton.

J'autorise mon sourire à s'élargir, ce qui dissipe efficacement toute incompréhension. Pas la peine d'insister sur le manque de second degré dont peut parfois faire preuve mon ami. Il m'a amené un fruit frais, alors il mérite mieux que mes moqueries, aussi bon enfant soient-elles.

- Et du coup… tu.. er… as un plan, pour ce soir ? il s'enquiert maladroitement, espérant sans doute en faire partie.

- Oh, tu me connais. Rien de spécial.

Bien sûr, je mens. Sur les deux points, hélas. Il me fait un peu de peine, mais je ne peux pas décemment lui dire que ce n'est pas mon propre anniversaire qui m'intéresse le plus. Que ma survie ne vaut à mes yeux pas grand-chose sans celle que je participe à assurer. Il ne comprendrait pas. Il ne me dénoncerait pas, mais il ne comprendrait pas.

Trente ans. Les Rémiges disent que ça fait trente ans qu'elles ont fondé la Communauté de Plume d'Argent. Moi, qui en ai aujourd'hui 21 et suis fraîchement Plume à part entière, j'ai du mal à y croire. Mais j'ai aussi du mal à croire au semblant de prospérité qui m'a supposément vue naître, ceci dit. Tout est tombé pendant que j'étais encore jeune. Trop jeune pour m'en rendre compte.

Parfois, je me demande ce que ça doit faire, d'avoir de bons souvenirs. Vécus, je veux dire. Pas juste des moments de calme à peu près serein, durant lesquels on est miraculeusement parvenu à un peu près tromper l'ennui général qui stagne en permanence partout. Non, de vrais bon souvenirs. Comme ceux des anciens, comme on en trouve dans les archives, dans ces récits à l'époque étiquetés "tranche de vie" voire "humour". Des histoires qui semblent si fondatrices, si essentielles, qui racontent des évènements qui sont supposés être réellement arrivés, ou même simplement être plausibles, et qui sont pourtant aujourd’hui devenus impensables, fantasmagoriques. Sous beaucoup d'aspects, il y a eu une sorte d'inversion des registres. Non pas que la science-fiction soit exactement devenue une réalité, vous me direz…

Il paraît que l'énergie s'est raréfiée en premier. Ou bien était-ce l'oxygène ? C'est à se demander pourquoi, au beau milieu de telles pénuries, les Rémiges ont pensé à sauvegarder ce petit coin de ce qui s'appelait l'Internet. Au passage, ça devait faire drôle, quand même, que la Terre entière soit connectée. Ou ne serait-ce qu'une langue, ou même seulement un pays. J'aimerais penser que les gens en ont profité tant que ça a duré, mais il semblerait que, comme de beaucoup de choses, ils en aient abusé. Classique. Je ne me formalise plus des capacités délétères de ma propre espèce. Nous sommes les champions des paradoxes et contradictions, capables du pire comme du meilleur.

La preuve du dernier point par les Rémiges, donc. Je crois pouvoir comprendre pourquoi elles ont eu ce réflexe, cet élan qui semble si irrationnel sous un certain angle, dans les circonstances dans lesquelles il a été eu. Un élan que je les bénis chaque jour d'avoir eu. Car après tout, il n'y a bien que ces suites de mots qu'elles protègent religieusement pour encore réchauffer mon âme, me faire me sentir un peu moins perdue dans ce monde gris et terne. C'est bien pour ça que je les ai rejointes dans leur mission, d'ailleurs. Et heureusement, je ne suis pas la seule.

Même si les Duvets se font rares, si la compétence de lecture n'est plus aussi répandue qu’on le souhaiterait parmi les moins de quinze ans, et celle d’écriture encore moins, on en trouve encore. On tente aussi d’en forger, mais c’est de plus en plus délicat. Les priorités ont changé. C’est toujours plus difficile de s’atteler à être créatif lorsqu’on a à peine le temps ou la force de penser, lorsqu’on a du mal à respirer, que le ciel et l’horizon restent désespérément de la même couleur unie jour et nuit, que se déplacer est plus que limité, et que trouver de quoi se nourrir devient parfois un véritable défi. Pas tout le temps, mais suffisamment souvent pour que ce soit une vraie préoccupation. Suffisamment pour qu'une pomme apportée par un bon copain maraîcher soit un réel beau cadeau, au-delà du message de pure gentillesse qu'il porte.

M'éloignant justement de mon camarade si sympathique, avec un dernier sourire et un petit geste, je prends le chemin du retour. Ou en tous cas, j'en fais mine. J'ai autre chose à faire avant de rentrer chez moi, mais il ne faut pas qu'on suspecte ma destination. Machinalement, je porte une main au pendentif à mon cou, et l'autre à la lanière passée autour de ma cuisse, sous mon long manteau ; sur mon chargement en double, aussi précieux qu'insoupçonné, qui ne me quitte jamais, et me rassure alors qu'il est également la seule chose à me faire courir un réel danger.

Les Rémiges racontent qu’un jour, les textes étaient imprimés. Les lettres en étaient inscrites sur des pages, des rectangles de papier, à la suite, qu’on pouvait alors tenir entre ses mains. Je me dis que ça devait prendre beaucoup de place et serait bien encombrant pour notre fonctionnement actuel. Mais je suppose qu’il fallait y être pour se rendre compte de l’impact que ça pouvait avoir.

Elles disent aussi - puisque personne d'autre ne veut jamais en parler - qu’ils ont été brûlés. Les livres. Une grande partie comme carburant, d’autres par principe, selon les coins du monde et les luttes de pouvoir qui ont suivi la chute des médias, à défaut d'un réseau électrique fiable. Mais les pyromanes, quelles qu'aient été leurs motivations, n’ont pas réussi à saisir leurs sauvegardes. Elles ne les ont pas laissés faire. Elles en arborent d'ailleurs les cicatrices, tantôt physiques, tantôt émotionnelles. Les unes pas moins profondes que les autres.

Et c’est ainsi que, une copie après l’autre, portée par une Plume après l’autre, on propage cette bibliothèque à qui veut bien la transmettre à son tour, ou même à qui osera simplement investir un peu de sueur ou trouver suffisamment de soleil pour alimenter une liseuse, en cachette. Car être une Plume d’Argent n’est pas sans risque. Être découvert avec un tel chargement, quoi qu'on compte en faire, ce n’est pas bien vu. Lire, et a fortiori écrire, c’est perçu comme du gâchis, de temps et d’énergie. Et par les temps qui courent, ce sont pratiquement des offenses capitales.

Bien sûr, il y a une lueur d'espoir. Tout le monde ne rejette pas notre combat en bloc non plus. Tout le monde ne nous dénoncerait pas. Mes parents, par exemple, n’étaient pas des Plumes Argentées. Et pourtant, quand ils m’ont trouvée le nez dans une fiction, il y a quelques années, le texte subrepticement laissé à ma portée par une Plume que je ne me souviens même pas d’avoir vue, au lieu de me faire un sermon, ils m’ont envoyée auprès des Rémiges. Enfin, une Rémige. La rumeur d’une Rémige. Ils s'inquiètent encore pour moi, mais au moins ils se disent que j'ai le soutien d'une communauté. Quelque chose à dû leur souffler que je n'allais pas m'arrêter, comme tant d'autres l'ont pourtant fait avant moi, efficacement dissuadés par une pression sociale malavisée.

Parce qu'en plus, sur le principe, ce n'est même pas comme s’il y avait une loi explicitement contre ce que nous faisons. Mais, sous couvert de chefs d'accusation vagues tels qu'incitation à la dissidence ou trouble de l'ordre publique, nous retirer notre passe-temps lorsqu'on le découvre reste un accord tacite d'une majorité de la population. C'est triste à dire, mais la plupart des gens sont terrés dans l’ombre, apeurés par les conséquences des actions des générations passées. Comme si c’était la créativité et l’imagination qui avaient conduit à la dernière chute en date de la civilisation…

J'essaye souvent de relativiser en songeant avec compassion à tous les modes d'expression artistique qui ont également presque disparu en même temps que les écrits, plus ou moins de la même façon, mais dont la préservation, et d'autant plus la poursuite de production, n'ont pas été possibles car trop remarquables. Lire ou écrire un livre ne produit ni son ni lumière. On a cet avantage pour nous, comme quelques autres pratiques créatives, heureusement.

Toute à mes souvenirs et considération, je me rapproche du point de rencontre prévu pour aujourd'hui, en m'appliquant à ne pas avoir l'air de faire quoi que ce soit de plus excitant que rentrer chez moi, et surtout de sembler savoir là où je vais. Le lieu de rendez-vous change à chaque fois. Aussi, on ne rassemble jamais beaucoup de monde. On essaye de mettre en place une forme de roulement. À vrai dire, je pense que ce soir sera la plus forte concentration de Plumes à laquelle j'aurai jamais assistée. Un beau cadeau, pour moi. Et pour tous ceux et celles qui arriveront à venir également. C'est un risque, mais il faut bien marquer une nouvelle décennie, non ?

Un frisson me parcourt la colonne vertébrale alors que j'aperçois le point de repère qui m'a été glissé à l'oreille au moment de se disperser la dernière fois. Je ne suis jamais aussi exaltée qu'à l'idée de retrouver d'autres Plumes, quel que soit leur nombre. C'est plus qu'un secret partagé : la lecture et l'écriture continueraient à nous unir même si une grosse majorité de la population ne percevait pas ces activités comme répréhensibles. Ce n'est pas une question de popularité ou de rentabilité, pour nous, c'est une pulsion sourde et intense d'aller au-delà de parler, de vouloir établir une communication durable et répétable avec d'autres, faisant fi aussi bien du temps que de l'espace. Et vouloir répondre à cet appel lorsqu'on l'entend venir d'autrui.

Je ne suis pas la première arrivée. À l'intérieur du bâtiment abandonné, je découvre une petite foule, sagement attroupée en sous-groupes, chacun à chuchoter autour d'un texte ou d'un autre, d'une idée ou la suivante, parfois même carrément de méthodologie, pour les plus scolaires. Une bonne chose qui a dû ressortir de la conjecture actuelle, c'est que lecteurs et auteurs échangent en temps-réel, face-à-face et de vive-voix. Ça limite maladresses comme malentendus, au moins.

Je me mêle à l'assemblée, laissant traîner mes oreilles en même temps que mon sourire, à la recherche d'un thème auquel j'aurais quelque chose à apporter, ou même simplement une prise de parole qui pourrait m'intéresser plus qu'une autre. Je reconnais certains visages, en découvre d'autres. J'entends des titres que je n'ai pas encore choisi de parcourir, puis d'autres dont j'ai déjà englouti le contenu auquel ils sont associés. Certains débuts d'avis s'alignent avec le mien, tandis que d'autres beaucoup moins. Mais tout me fait plaisir à entendre. Car cet apparent brouhaha est pour moi la preuve que tout n'est pas perdu, qu'on peut toujours reconstruire ce qui a été détruit, voire faire mieux. C'est d'une telle émulsion que tout peut partir, pas du marasme ambiant au dehors, auquel d'autres semblent satisfaits de s'astreindre.

N'ayant quitté mon statut de Duvet que depuis peu, je n'ai pas encore apporté ma pierre à l'édifice que nous bâtissons et protégeons ensemble. Je m'y prépare. J'appréhende un peu que ce soit de ce que j'ai écrit dont on puisse discuter. Ou peut-être que j'appréhende encore plus que personne n'en parle, de laisser strictement indifférent. Mais qu'importe les réactions et mon ressenti. Car aussi longtemps qu'il restera des Plumes d'Argent, ce que j'aurai mis par écrit y restera. Nous sommes les fervents défenseurs d'un trésor, les gardiens d'une flamme qui ne devrait pouvoir s'éteindre qu'avec l'Humanité elle-même, et qui j'espère lui survivra. C'est étrange que nous soyons les seuls à nous en rendre compte, mais ça ne nous empêchera pas de continuer nos efforts jusqu'à ce que le reste de la population s'en souvienne. Et alors, peut-être que d'autres élans primaires aujourd'hui brimés pourront renaître à leur tour. Et tout rentrera dans l'ordre, dans le meilleur des désordres qui soit.

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Spilou
Posté le 27/02/2022
Et me revoilà. J'avais lu mais avec mon quotidien souvent chahuté, pas eu le temps de commenter. Ce qui est intéressant d'un texte à l'autre sur ce concours, c'est qu'il n'y a que des ambiances différentes. Celle-ci est assez nostalgique, mais pas négative pour autant. Pas d'apitoiement, plutôt un sursaut de courage et un vent de résistance bienvenue. Très calme, posé, et agréable à lire. Bravo c'était réussi il me semble <3
Zlaw
Posté le 28/02/2022
Merci Spilou pour ce commentaire ! Comme à d'autres, je te suis reconnaissante d'avoir en quelque sorte réussi à ressentir mon état d'esprit à travers mon texte. On me reproche souvent d'être trop factuelle et analytique, mais j'ai des sentiments aussi, si si. ^^
Isapass
Posté le 26/02/2022
Ce n'est pas très gai, comme vision du futur ! Espérons qu'on en arrivera pas là ! Au-delà du côté prémonitoire ou non, j'aime beaucoup la progression des émotions dans le texte : le ressenti de la narratrice est d'abord bien plombé (normal, vu le contexte), puis elle s'anime petit à petit en approchant de son objectif, et encore plus lorsqu'elle s'y trouve. Comme si l'espoir renaissait et donnait de l'énergie au personnage. C'est très bien rendu.
Tu as aussi casé des références à des sujets qui existent déjà à l'heure actuelle, notamment à l'appréhension de voir son texte lu et commenté. Ca, pas besoin d'attendre 2037, c'est déjà un sujet non négligeable pour beaucoup de plumes, il me semble.
Je crois que je ne connaissais pas encore ta plume. Eh bien je suis ravie de l'avoir découverte : ton écriture est riche et agréable à lire !
Zlaw
Posté le 26/02/2022
Bonjour Isapass !


Merci beaucoup de ton passage par là ! Il semblerait que je sois parvenue à transmettre plus d'émotions dans ce texte que je ne l'avais initialement pensé, donc je suis très flattée de ton retour. Et je prends aussi ton compliment général sur ma plume, pour le mettre dans mon petit panier des mauvais jours. ^^

En ce qui concerne le mélange de questionnements actuels et futurs, je me suis dit que ce serait aussi bien de montrer ce qui avait changé que ce qui me semblait quelque part intemporel. C'est cool si cette touche t'a plu ! =)
Rachael
Posté le 25/02/2022
Un futur bien pessimiste, et malgré l'enthousiasme de la narratrice, c'est quand même très plombé. Tu as parfaitement réussi à faire passer la tristesse, le manque d'espoir. J'ai particulièrement aimé le paragraphe sur les souvenirs.
Merci pour cette lecture.
Zlaw
Posté le 25/02/2022
Merci Rachael pour ce commentaire. Je ne suis pas naturellement douée pour exprimer les émotions, bien que je pense les ressentir quand même. Donc ça me fait vraiment très plaisir d'avoir pu transmettre celles-ci, aussi négatives soient-elles. =)
itchane
Posté le 23/02/2022
Hello Zlaw !

Moi aussi j'ai pensé à Farenheit 451 tiens, ce n'est pas banal ^^
En tout cas je rejoins les autre plumes, l'ambiance est glaçante malgré le caractère volontaire du personnage, c'est très réussi.
J'aime aussi beaucoup le fait d'imaginer le site de PA et les discussions du forum projetées dans la réalité ! Comme une sorte de méga IRL mais avec les mêmes règles de publication, lecture et commentaire que sur internet, l'image est super chouette ^^

Merci pour cette nouvelle : )
Zlaw
Posté le 24/02/2022
Bonjour Itchane !


J'étais triste tout au long de l'écriture de cette nouvelle, et c'est assez bluffant de voir à quel point ça semble se ressentir à la lecture. Je n'avais pas l'impression de laisser transparaître autant d'émotion. J'ai plutôt tendance à être factuelle. Donc merci pour ce retour fort informatif sur ce dont je suis capable avec un texte, finalement. =)

De même, contente d'avoir pu faire un peu rêver avec ces IRL de la Résistance. À voir si ça peut se faire sans la partie déchéance de l'Humanité. ^^


Merci encore de ton passage par ici. ;-)
Herbe Rouge
Posté le 21/02/2022
En voilà un futur pessimiste !
Mais, bien sûr, les plumes sont toujours présentes (c'est le principal, non ?) ;)
J'aime bien les "Rémiges" et le statut de "Duvet", c'est bien trouvé :)
Alice_Lath
Posté le 20/02/2022
Hello Zlaw !
Eh bien, quelle ambiance haha on en sort le souffle court :/ J'espère franchement qu'on saura éviter de tomber dans cet avenir d'ici quinze ans. En tout cas, tu réussis très bien à retranscrire le côté glacé. En fait, c'est marrant, mais j'ai pensé à Fahrenheit 451 en lisant ta nouvelle, avec les livres ostracisés, les autodafés, les réunions en physique avec la transmission orale etc etc
En tout cas, ça fait plaisir de voir PA résister, tenir haut le duvet. Et j'aime beaucoup ce nom pour les admins, les "Rémiges", c'est vraiment très bien trouvé, ça tombe très bien à la lecture
Merci en tout cas pour cette belle nouvelle ! :D
Zlaw
Posté le 20/02/2022
Merci beaucoup Alice d'être passée par ici !

Je suis également assez fan du terme Rémiges, et tu es la première à le relever, alors ça me fait très plaisir. =D

En ce qui concerne Farenheit 451, je vais éhontément avouer ne pas l'avoir lu, mais j'ai vaguement dû en entendre parler (il me semble avoir vu un concept de couverture en forme de boîte d'allumettes). Je vais être honnête, je me suis arrêtée au milieu de 1984, sur le chapitre "La Guerre est la Paix", parce que ça commençait doucement à faire sens, et je me suis dit qu'il y avait un souci. Donc j'évite ce genre d'ouvrage. xD Mais je prends la comparaison comme un compliment, aussi horribles ces choses soient-elles. =)
Belisade
Posté le 18/02/2022
Bonjour Zlaw

Une phrase qui fait mal : 'Parfois, je me demande ce que ça doit faire, d'avoir de bons souvenirs.' Et il y en a d'autres tout aussi dures ...
Wow c'est très pessimiste, espérons que les choses bougeront dans le bon sens d'ici 15 ans, pour que personne n'écrive jamais ça pour de vrai.
Le monde que tu décris, ce n'est pas tout à fait une dictature, n'empêche que les livres ont été brûlés, mauvais signe ...
Heureusement dans ces scénarios très noirs (objets d'autres fictions) la résistance s'organise et entrouvre la porte vers un futur plus prometteur. La petite flamme doit être entretenue. La petite plume :)
Et si c'est grâce aux livres, c'est un bel hommage rendu par cette ode !
Zlaw
Posté le 18/02/2022
Bonjour Bélisade, et merci d'être venue faire un tour par ici ! =)


Ce que j'ai imaginé dans le cadre de cette nouvelle, c'est qu'il y aura eu des luttes de pouvoir au moment de "la chute" plus ou moins brutale de la civilisation humaine telle qu'on l'a connaît aujourd'hui, et que par la suite, même si dans les endroits où le pouvoir n'est pas resté entre les mains d'un tyran unique, voire même d'un gouvernement totalitaire, c'est finalement une dictature de la majorité qui s'est mise en place de toute manière, discrètement, subrepticement. En fin de compte, ce sont les citoyens qui se retiennent eux-mêmes prisonniers. Ce qui est vrai pour tout un tas de situations d'oppressions, je n'invente rien sur ce point, je pense.

Malgré mon texte, j'essaye, comme toi, de garder bon espoir que nous ne nous dirigeons pas vers cette situation ou une autre similaire. Malheureusement, parfois, ce sont les arguments négatifs qui prennent le dessus dans mon esprit. J'espère ne pas t'avoir trop miné le moral tout de même !


Merci encore de ton commentaire. =)
Halycanth
Posté le 14/02/2022
Salut !

J'espère qu'on n'en sera pas là dans quinze ans quand même '^^ C'est sympa l'idée de la pomme, tu aurais même pu t'en servir pour illustrer le fait d'avoir perdu les mots pour décrire les choses heureuses.

Bonne chance !
Zlaw
Posté le 14/02/2022
Hello Halycanth !


Merci d'avoir pointé le bout de ton nez par ici ! Je n'espère pas non plus qu'on en arrive là, ni dans 15 ans ni plus tard, mais j'ai malheureusement de plus en plus de mal à positiver depuis quelque temps, et c'est donc cette vision qui s'est imposée à moi, lorsqu'il a été question d'imaginer le futur. =/

Honnêtement, je ne sais pas trop d'où m'est venue l'idée de la pomme. Le fait que la narratrice partage son anniversaire avec PA m'a aussi paru un peu inutile, mais ces deux détails se sont imposés à moi. Sans doute y aurait-il eu matière à construire là-dessus si l'exercice s'était prolongé, en effet. Ceci étant dit, je ne pense pas que la société que je décris en soit à avoir perdu les mots. Je voyais plus ça comme un glissement des priorités, un rejet de ce qui est perçu comme superflu, mais la parole reste. Peut-être que si les choses s'aggravent, alors oui, ils en arriveront là, à n'avoir que des échanges épurés ou plutôt écorchés. Mes visions ne se sont pas encore avancées aussi loin, mais c'est une possibilité, tu as raison. ^^


Encore merci de ton passage. =)
Achayre
Posté le 11/02/2022
Hello,
bienvenu dans l'équipe des futurs pas très agréables :p
J'ai retrouvé dans ton texte un peu du films Postman, ce côté "on fait le lien entre les gens en faisant circuler l'information". D'une certaine manière, la boucle est presque bouclée. L'étape suivante serait le retour à la culture 100% orale avec des conteurs à la place des liseuses.

J'ai un peu tiqué sur tes incises de dialogue. Pour moi, elles sont construite à l'envers, mais on comprend très bien quand même.

Plein de courage pour tes projets :)
alienorlx
Posté le 10/02/2022
Hello again :)

Bon, pas sûre que je sois capable de produire un commentaire aussi long que le tien (migraine + fatigue = vocabulaire/capacité d’analyse limités), mais on verra !

Déjà, dès les premières lignes, j’ai éclaté de rire. Pas forcément dans le thème, mais bon…
« avec un mouvement de recul du menton » → la première chose qui m’est venue à l’esprit est un monumental double-menton créé par le geste. Spontané, complètement imprévu du coup, et absolument hilarant :D

Ensuite, j’ai froncé les sourcils. Je comprends d’autant mieux ton message sous ma propre nouvelle. Toi aussi, ta vision de l’avenir n’est pas rose. Toutefois, tu y as également trouvé une petite étincelle d’espoir. Une goutte d’encre ;)

Et puis, enfin, j’ai souri. Doucement, avec gratitude.
J’ai adoré. J’ai été transportée, émue. Par-dessus tout, j’ai été fière. Fière de lire, d’écrire, et d’appartenir à une communauté victime des mêmes passions, les plus belles du monde. Fière d’apprendre et de transmettre, de créer des choses qui resteront et de découvrir les fragments intemporels laissés par les autres.
Ton texte est une ode à la mémoire, et je crois que tu en as saisi l’importance avec une rare justesse. Mieux encore, tu as réussi à retranscrire cette importance en 2000 mots. Et ça, ce n’est pas rien.

Merci pour ce très beau moment.
Au plaisir de te lire à nouveau ;)
Zlaw
Posté le 10/02/2022
C'est une réaction inattendue, en effet, mais je suis très contente de t'avoir fait rire, même sans le faire exprès ! C'est une vision tout à fait plausible que tu as eue, d'ailleurs. Ce qui m'embête un peu plus, c'est que c'est un geste de surprise que je place assez souvent dans mes récits. Et maintenant je ne vais plus pouvoir le faire sans penser à ça. xD Pas grave, ça va me forcer à trouver autre chose. ^^

Merci beaucoup à toi aussi d'avoir pris le temps de me donner ton impression sur ta lecture de ma nouvelle. Je suis particulièrement soulagée que tu aies pu être émue à quelque degré que ce soit, parce que comme je te l'ai laissé sous-entendre, en lisant la tienne, la mienne m'a soudain parue incroyablement plate et factuelle. Et c'est ma façon d'être et donc d'écrire, donc je n'en rougis pas, mais c'est sûr qu'en voyant les deux côte à côte, ça m'amène toujours à me poser des questions sur ma santé mentale. Ainsi, tu peux ressentir toute la fierté que tu veux, car tu remplis déjà ton rôle de Plume Argentée comme il se doit, à mon avis : tu sors de beaux textes et tu offres un bon soutien. ;-)


À+
Seja Administratrice
Posté le 10/02/2022
"Être une Plume d’Argent n’est pas sans risque" je veux un t-shirt avec ça xDD

C'est drôle parce qu'on sent deux mouvements se former avec ce concours : le futur trop cool où tout va bien et où PA domine le monde, et puis les futurs tout cassés où la lecture est la bouée. Bon bah voilà, je sais où situer ton texte :p

J'ai bien bien aimé ! Le ton est lent, descriptif, complètement désabusé. On sent plus la fatigue que le danger et c'est encore pire.

Ah et le forum IRL dans un entrepôt, c'est une excellente idée :p
Zlaw
Posté le 10/02/2022
Hm. Pour le T-shirt, ça peut tout à fait s'arranger. Il me faut juste les dimensions d'une grenouille. Et l'adresse du QG PA. Rien que ça. =D

Très contente de te voir par ici, très grande Seja. Je crois que lent et descriptif sont sans doute les deux adjectifs les plus adaptés à mon style depuis un bon moment déjà. Et je ne sais jamais trop ce que j'en pense, parce que c'est souvent plus perçu comme un mal qu'un bien. Merci de me rassurer un peu sur ce point ! =)

Quant aux IRL clandestines, je précise que je propose ça plutôt comme une solution de repli qu'un business plan. J'espère qu'on n'en aura pas besoin. Même s'il y a un côté cool à faire de la Résistance, forcément. ^^


Encore merci, à la fois pour ton commentaire et pour faire tenir tout PA, en fait, carrément, parce qu'on ne le dira sans doute jamais assez. À bientôt !
Seja Administratrice
Posté le 10/02/2022
Alors, les dimensions de la grenouille sont 10cm x 15cm et l'adresse du QG est 777, impasse des p'tits Duvets, village PAen. Je compte sur toi !

Ah bah c'est pas un mal quand c'est lent et descriptif. Ici, en l'occurrence, ça aide à plonger dans le monde, à ressentir tout plein de trucs. J'aime bien, mwa.

Mais oui, ça a grave la classe d'être dans la résistance, eh ! Mon identité secrète sera "La grenouille vengeresse", ouh yeah.

C'était avec plaisir !
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