Merlin l'enchanteur contre le Chevalier noir

Par Neila

Paraît que tout le monde rêve. Même si on ne s’en souvient pas. J’ai vu une émission à la télé qui racontait qu’on rêvait chaque nuit, et pas qu’une fois. Moi je me souviens tout le temps de mes rêves. J’en fais chaque fois que je m’endors et au réveil, même si ce n’est pas toujours très net, j’en garde systématiquement des traces. Parfois c’est rien que des impressions : une image par-ci, un son par-là. Pas toujours de quoi raconter une histoire. Mais je commence à bien connaître le contenu de mes rêves. Mon cerveau ne doit pas avoir beaucoup d’imagination parce qu’il tourne en boucle sur les mêmes scénarios.

Dans mes rêves, je ne vole pas mais je saute.

Je saute super haut. Sur les toits des maisons, par-dessus des murs et des haies, j’escalade des immeubles et je me perche au sommet. La sensation est tout bonnement grisante. Je peux aller où je veux. Il n’y a plus aucune limite, plus de barrières ; rien qui me retienne, rien qui m’arrête.

Dans mes rêves, je suis libre.

Mes rêves sont aussi peuplés de fantômes. Des tas de gens morts – ou de « choses » mortes – qui viennent me trouver. Certains pour me demander de l’aide, d’autres pour essayer de m’étriper. Ceux-là ont généralement l’air tout droit sortis d’un film d’horreur. Heureusement, j’ai cette longue épée avec moi pour me défendre. Une magnifique épée noire à double tranchant, comme celles qu’on voit dans les films de chevaliers.

Je sais. Des morts partout qui tentent de vous trouer la peau, ça ressemble plus à un cauchemar qu’à un joli songe. Mais j’aime bien me battre, c’est plutôt amusant – dans mes rêves j’entends. Ça me donne l’impression d’avoir une vie exaltante le temps d’une nuit. Là où les choses deviennent beaucoup moins drôles, c’est quand j’arrête de découper les monstres en rondelles pour prendre mes jambes à mon cou. En grandissant, mes rêves ont pris cette tournure de chasse à l’homme.

Je cours, je saute, je saute, je cours… Sans arrêt. Je ne sais pas ce que je fuis exactement, je ne le vois jamais. Pourtant je sais qu’il me talonne, je le sens. Dès que je pense l’avoir semé, il revient à la charge. Pas moyen de souffler une seconde. Je ne dirais pas que ça m’angoisse, plutôt que ça m’épuise. Physiquement et mentalement. Certaines nuits, j’en viens à envisager de me rendre. Baisser les bras et arrêter de courir, qu’on en finisse. Mais même si j’en ai envie, je ne le fais pas. J’ai la certitude que ce serait une catastrophe s’il parvenait à m’attraper. Pas uniquement pour moi, mais pour tout le monde. Comme si je protégeais quelque chose de très important. Un truc dangereux qui ne doit surtout pas tomber entre de mauvaises mains.

C’est beau de rêver. Dans la vraie vie, je ne suis qu’un môme de douze ans un peu effacé, le genre qu’on remarque qu’au troisième coup d’œil, et encore, parce qu’il fait tache à côté des géraniums. J’ai bel et bien un secret, pourtant, une particularité que je garde pour moi : je peux voir les fantômes.

Je ne pourrais pas me prononcer sur les OVNIs, les vampires et tout le bazar, mais les fantômes, je peux vous dire sans me tromper qu’ils existent. Je les vois depuis que je suis tout petit. Pas besoin de chercher une explication profonde ou psychotractée au fait qu’il y ait des morts partout dans mes rêves : si je vois plein d’esprits quand je dors, c’est parce que j’en vois autant éveillé. Mais ceux que je croise dans la réalité ne sont pas aussi agressifs et monstrueux que ceux qui hantent mes nuits. En général, ils ont la même apparence que celle qu’ils avaient avant de passer l’arme à gauche – je suppose – et sauf une à deux exceptions, ils n’ont jamais essayé de faire du mal à des vivants. Ils se contentent de vivre leur mort sans rien demander à personne. C’est à peine s’ils se soucient des gens autour d’eux.

Rien d’épique à la Ghostbusters donc. Mais avant cette fameuse nuit, je n’avais pas réalisé à quel point ma vie était tranquille, même avec ces quelques morts aux coins des rues. J’ai revu mon jugement depuis. Voir les esprits, c’était rien en fait. Rien du tout.

Tant qu’eux ne me voyaient pas.

Je rentrais chez moi ce soir-là. J’étais parti traîner à la casse moto après les cours. J’adorais cet endroit. Là où la plupart des gens voyaient un amoncellement de carcasses dégoûtantes, moi je voyais un immense terrain de jeu qui regorgeait de trésors. On pouvait trouver tout un tas de trucs utiles sous la rouille. À condition de ne pas hésiter à plonger les mains dans la ferraille et d’avoir plusieurs heures devant soi. Ce qui tombait plutôt bien puisque j’avais quelques atomes crochus avec la ferraille et très concrètement rien d’autre à faire de mon temps libre – je vous interdis de prononcer le mot « devoirs ». Cette fois-là, j’avais dégoté une chaîne, une plaque d’appui et des disques en bon état pour l’embrayage de ma mobylette. J’aurais pu y rester jusqu’au petit matin, à démonter des moteurs sans plus penser à rien, si le vieux Giordano n’avait pas fini par me mettre à la porte.

Les petites rues par lesquelles je coupais pour rentrer à la maison étaient désertes à cette heure-ci, mais c’était de loin comme ça que je les préférais : nimbées d’obscurité et de silence, sans personne pour vous bousculer, crier ou klaxonner, sans le soleil pour vous écorcher la rétine et vous brûler la peau. La ville était plus belle dans le noir. Elle se couvrait de mystères, avec ses immeubles plongés dans l’ombre, ses trottoirs vides, ses voitures à l’arrêt et ses arbres qui bruissaient dans le vent.

La nuit tombée, j’aimais tourner la tête et regarder les salons et les cuisines défiler derrière les fenêtres des habitations. Là, de retour chez eux après une longue journée de travail, les gens retrouvaient leur nid douillet. Je m’amusais à imaginer leur vie à partir de ce que j’entrapercevais : l’émission qu’ils regardaient à la télé, la couleur des rideaux, la forme du lustre ou des meubles… Je leur inventais un bonheur calme et parfait, un quotidien chaleureux et apaisant. C’était sûrement faux, mais ces petits cocons de lumière nichés dans les façades des maisons et des immeubles me semblaient bien trop beaux pour que j’y attribue des idées noires.

Mais ce fameux soir, mes pensées ne tournaient pas comme d’habitude. Moi qui d’ordinaire prenais tant de plaisir à me promener après le coucher du soleil, je ne me sentais pas rassuré. Quelque chose clochait.

Tout était parfaitement calme, pourtant. La lueur bleutée des écrans télévisés était au rendez-vous, l’air était doux et mon butin cliquetait joyeusement dans mon sac à dos. J’aurais dû être content, me dire que cette journée n’avait pas été si mal en dépit d’Angelo qui avait essayé de me faire manger de la terre par les trous de nez à la récré. Rien à faire, j’avais ce sale pressentiment au creux du ventre. Comme un ver qui se tortillait depuis le matin.

Je remontais la Via Giovanni Sercambi quand un réverbère s’est mis à clignoter plus loin. Alors, mon pressentiment s’est accentué et je me suis arrêté. L’ampoule a cessé de clignoter la seconde d’après et je me suis fait l’effet d’un idiot. Au moment où je me décidais à reprendre ma route, un homme a fait irruption dans la ruelle.

Je dois le dire, je l’ai d’abord pris pour un clochard.

Le dos courbé, il est sorti de la rue adjacente et a claudiqué au milieu de la route. Il est venu se planter en face de moi et il m’a regardé. Le pauvre vieux était essoufflé comme s’il venait de courir un marathon. Ce que je ne lui aurais pas forcément recommandé, au vu de la cinquantaine d’années bien tassées qu’il avait l’air de se traîner. Il était habillé d’une drôle de façon, avec une cape noire à manches longues par-dessus une veste en cuir élimée et un jean troué. Détail encore plus improbable : il tenait une épée. De loin, on aurait dit un cosplay inachevé d’un de ces types qui se promènent dans des foires médiévales. Genre Merlin l’enchanteur en baskets. Sans la barbe.

Je me suis demandé si l’épée était vraie. Il la laissait pendre au bout de son bras comme s’il n’avait plus la force de la soulever. Il avait une sale mine : les yeux cernés et injectés de sang, la peau tendue sur ses pommettes saillantes, les joues mal rasées et les cheveux en bataille. M’est avis qu’il n’avait pas fermé l’œil depuis des lustres. Malgré ça, il avait cette étincelle dans le regard, ce truc qui rappelait ces vieux qui avaient tout vu et tout vécu. La pensée m’a traversé que j’avais peut-être affaire à un fantôme. Ça aurait pu expliquer son accoutrement et ses airs de vétéran.

J’aurais dû avoir peur. C’est vrai, un type fringué bizarrement qui vous coupe la route au beau milieu d’une rue déserte, en pleine nuit, et armé d’une épée, y’a de quoi s’inquiéter. Croyez-le ou non pourtant, la peur est pas le sentiment qui m’est venu. J’ai croisé ses petits yeux clairs, à la lumière du lampadaire, et j’y ai lu un tel soulagement, un tel bonheur, que j’ai cru qu’il allait s’allonger sur le bitume, se rouler en boule et dormir pour toujours, comme s’il venait d’accomplir l’œuvre de sa vie.

— Salut, a-t-il dit.

Alors j’ai répondu :

— Salut.

Il a souri, et une irrésistible risette a soulevé le coin de ma bouche. D’un seul coup, j’ai eu le sentiment d’être face à un très vieil ami. Mon plus vieil ami, celui qui me connaissait par cœur et que je connaissais par cœur. Ce qui sonnait complètement dingue puisque j’aurais été incapable de dire comment s’appelait ce gars.

Je ne pourrais pas dire combien de temps on est restés là tous les deux, à se dévisager. L’instant dégageait quelque chose d’étrangement solennel. Comme si le monde entier retenait son souffle. Ou c’était moi qui avais oublié de respirer ?

Le sourire du type s’est finalement affaissé, rompant un peu le charme, et il s’est remis à parler, d’une voix grave et préoccupée :

— On a pas beaucoup de temps. Il sera bientôt là.

Il avait glissé une main sous sa veste et se tenait l’abdomen comme pour étouffer un point de côté tenace. Alors seulement, j’ai compris qu’il était blessé. Je ne l’ai pas juste compris en fait, je l’ai senti.

L’espace d’un battement de cil, j’ai eu mal moi aussi, mal partout. Mes jambes m’ont paru faibles, mes poumons brûlants, ma peau meurtrie et mes paupières lourdes. J’ai failli m’effondrer et m’endormir. Ça m’arrivait souvent de piquer du nez à n’importe quelle heure du jour et de la nuit – j’avais constamment sommeil, la faute à mes rêves agités, je suppose – mais pas au point de dormir debout dans un moment pareil.

— Eh, te laisse pas happer, m’a-t-il secoué.

J’ai cillé férocement pour me raccrocher à la réalité et l’engourdissement a disparu avec la douleur.

— Je sais que c’est dur de garder ses distances, surtout maintenant qu’on est proches, mais faut que tu restes éveillé, c’est important.

— Je… je comprends pas… ai-je bredouillé.

— Je sais.

Il m’a adressé un sourire d’excuse, un sourire vraiment triste, comme s’il s’apprêtait à me confier une tâche impossible.

— Pardon… j’aurais aimé que ça se passe autrement cette fois. Que ça se passe correctement. Je sais ce que ça fait de ne pas savoir… de ne pas se souvenir… Mais je sais que tu t’en sortiras. Je m’en suis sorti – on s’en est déjà sorti des tas de fois. Suffit de faire confiance à notre instinct.

Je n’ai rien dit. Je suis resté là, les bras ballants, complètement largué. J’avais beau ne pas comprendre un mot de ce qu’il me racontait, pas une fois la pensée que ce type était cinglé, ou ivre, ne m’a traversé, pas une fois je me suis dit qu’il se trompait d’interlocuteur. Je savais qu’il n’était ni fou ni ivre et que ce qu’il me disait était très important.

— C’est risqué, mais il vaut mieux qu’on ne se souvienne pas. Si j’ai vu juste, il ne cherchera pas à nous tuer tant qu’on ne se souviendra pas. Ça nous laissera le temps de rassembler les autres.

Il s’est tu un instant et a grimacé. De douleur, d’appréhension et de fatigue.

— Moi j’ai échoué. Mais toi… j’espère que tu y arriveras.

Il a eu un petit rire et, avec un regard mélancolique, il s’est mis à parler à… son épée ? D’accord, il avait peut-être bien la carafe un peu fêlée.

— Espérer… c’est tout ce que je sais faire, hein ? lui a-t-il dit. Mais maintenant il est temps de passer à autre chose. J’ai hâte de voir ce que ce sera.

Relevant les yeux vers moi, il a repris :

— J’ai hâte de voir qui tu seras.

Là-dessus, il a levé l’épée et l’a pointée dans ma direction.

— Hervé t’aidera à comprendre… il te dira ce que tu as besoin de savoir. Tu peux lui faire confiance, c’est un ami loyal.

J’ai ouvert la bouche, puis je l’ai bêtement refermée. Est-ce qu’il attendait que je vienne récupérer l’épée ? En l’observant un peu, je me suis rendu compte que je connaissais cette arme. Impossible de se tromper : elle était entièrement noire, d’un noir si profond qu’il absorbait la lumière sans la refléter, et la lame était à double tranchant. Exactement comme l’épée de mes rêves.

J’ai hésité entre approcher et partir en courant. Merlin m’a fait un signe de tête encourageant et, alors, sans bouger d’un pas, j’ai levé le bras. Le geste m’est venu tout seul, comme si une voix s’était mise à murmurer à mon oreille. Un brouillard confortable était tombé sur mon esprit, étouffant les pensées et les questions qui y tourbillonnaient.

Sous mes yeux stupéfaits, la cape et l’épée du type ont soudain perdu toute consistance pour se changer en fumée : un truc vaporeux et noir qui est d’abord resté drapé sur ses épaules avant de se rassembler au bout de son bras pour filer vers moi comme une fusée. Je n’ai pas eu le temps de réagir – est-ce que je l’aurais fait de toute façon ? Ce machin s’est tortillé comme un serpent, s’est enroulé autour de mon bras tendu et a plongé droit dans ma poitrine. Le choc m’a fait tituber. Tous mes poils se sont hérissés et j’ai eu l’impression d’être éjecté de mon corps. De m’envoler très haut et très vite.

Par miracle, j’ai réussi à maintenir mon équilibre et l’impression de planer s’est estompée en me laissant un léger vertige et des fourmillements à l’arrière du crâne.

L’expérience n’était pas aussi cool pour Merlin. Le pauvre gars s’était plié en deux et soufflait comme un bœuf, les mains sur les genoux. Il tremblait de partout, l’air à deux doigts de vomir. Mais il a pris sur lui, inspiré un grand coup et relevé la tête.

— Écoute-moi, a-t-il dit d’un ton pressé. Il sera là d’une minute à l’autre maintenant. N’essaye pas de l’affronter. Fuis dès que tu en auras l’occasion. Retrouve les autres prématurés. Ils seront aussi démunis que toi… ils auront oublié les vieilles rancœurs… tu pourras leur faire confiance, et ils pourront te faire confiance. Avec eux de notre côté, les autres devraient suivre.

Hein ? J’avais encore la tête dans le pâté. Le temps que je me concentre sur ce qu’il racontait, il était déjà reparti pour un nouveau tour de magie. Cette fois, il a posé sa main sur son front et fermé les yeux. Quand il a écarté sa paume, une lueur a suivi.

Des filaments de toutes les couleurs ont glissé hors de son front et sont venus se loger au creux de sa main. Très vite, Merlin s’est retrouvé avec une boule de lumière arc-en-ciel entre les doigts. Un petit sac de nœuds mouvant d’où s’échappait tout un tas de tentacules qui remuaient lentement, comme porté par un courant invisible. J’en suis resté bouche bée. C’était beau, hypnotisant. Les couleurs n’arrêtaient pas de changer, glissaient le long des tentacules. J’ai attendu que Merlin en fasse quelque chose, mais son attitude avait changé.

Il s’est mis à cligner des yeux et il a regardé autour de lui, comme s’il avait oublié où il se trouvait et ce qu’il était venu y faire. Quand il m’a aperçu, ses lèvres se sont entrouvertes et j’ai senti qu’il s’apprêtait à me poser une question. Ce qui ne l’aurait pas beaucoup avancé, entre nous, parce que je n’avais pas la moindre idée de ce qui se passait. Son regard est tombé sur la boule de lumière qui ondoyait dans sa main et, finalement, il a refermé la bouche sans rien dire.

Sans avoir l’air de savoir tout à fait pourquoi il faisait ça, il a tendu le bras et libéré la méduse. Avec lenteur, légèreté, la lumière a glissé hors de sa main pour flotter dans ma direction. Plus elle se rapprochait de moi et plus elle tendait à m’atteindre, étirant ses tentacules chatoyants dans ma direction. Et je n’avais toujours pas peur.

J’étais pas un nerveux, c’est sûr. Mais là, je ne comprenais pas moi-même pourquoi je restais ici, pourquoi j’éprouvais tant d’émotions positives alors que le bon sens aurait voulu que je me méfie de cet homme et, plus encore, de cette boule de lumière volante. Pas de doute, je devenais définitivement maboule.

Je la regardais léviter, fasciné par les couleurs qui dansaient à l’intérieur, quand les lampadaires de la ruelle se sont mis à grésiller. Puis tout s’est éteint : les néons, les postes de télévision, les lumières dans les appartements… Tout. On s’est retrouvés plongés dans le noir, juste éclairés par la lueur de la méduse qui continuait son bonhomme de chemin sans se soucier de rien. Alors, le fond de l’air est devenu froid et j’ai senti des picotements glacés me caresser la nuque et couler dans mon dos, comme si quelqu’un s’était amusé à verser un seau d’eau dans mon tee-shirt. Ça m’a ramené à la réalité aussi sûrement qu’une claque.

Ce froid, je le connaissais, je l’avais déjà ressenti à plusieurs occasions, mais jamais avec cette intensité-là. Il pouvait signifier qu’une chose : fantôme.

Un piaillement suraigu a retenti, aussi désagréable qu’un crissement d’ongle sur un tableau noir, et une forme a jailli entre nous pour fondre sur la boule de lumière.

Un corbeau.

L’oiseau est parti se percher sur un réverbère, la boule coincée dans le bec. Il a rejeté la tête en arrière et, bien qu’elle soit aussi grosse qu’une balle de baseball, il a gobé la lumière comme un œuf. J’ai failli lâcher une exclamation, outré.

Le corbeau n’était pas seul. Instinctivement, j’ai tourné la tête dans la direction opposée et j’ai levé les yeux au ciel, imité par mon compagnon magicien qui jouait les parfaits miroirs. Là-haut, perché sur le toit de l’immeuble, il y avait un autre homme. Ou quelque chose qui en avait à peu près la forme. Sa silhouette se détachait contre le ciel bleu marine, sombre et inquiétante.

Je me suis demandé si mon imagination ne me jouait pas des tours : s’il ne s’agissait pas simplement d’une antenne relais ou d’un mannequin laissé à l’abandon. Jusqu’à ce qu’il se mette à bouger. Il a avancé un pied au-dessus du vide et, avec nonchalance, il s’est laissé tomber. Comme ça, pouf. Cinq étages sans ascenseur : il aurait dû finir vautré sur le trottoir, les jambes en bouillie. Au lieu de quoi, il a atterri souplement en pliant les genoux et il s’est redressé. Fastoche.

Le corbeau avait beau avoir avalé notre dernière source de lumière, j’y voyais toujours. Sûrement parce que le noir n’est jamais total dans les grandes villes. Le type tenait un bâton aussi haut que lui. Un bâton surmonté de quelque chose… ça ressemblait méchamment à une lance. Son corps cliquetait à chaque mouvement, comme s’il portait une armure. C’était de loin le fantôme le plus consistant que j’avais pu croiser jusqu’à présent. À tel point que je doutais presque qu’il en soit un.

Le froid continuait de me lécher le dos et mes jambes s’étaient mises à trembler. Cette fois, toutes les fibres de mon être criaient « DANGER ».

L’homme en armure s’est faufilé entre les voitures garées au bas de l’immeuble et je me suis surpris à espérer que quelqu’un ait la bonne idée de regarder par sa fenêtre. Mais à l’heure qu’il était, les locataires devaient plutôt avoir le nez dans leur disjoncteur, à essayer de rétablir le courant. Et si ce type était bel et bien un fantôme, qui aurait pu le voir de toute façon ?

Il m’a totalement ignoré. Raffermissant sa prise autour de sa lance, il a pressé le pas et foncé droit sur le magicien. Le pauvre gars n’a pas eu le temps de songer à s’enfuir – ou alors il a juste eu le temps d’y songer : l’autre était déjà sur lui.

Cours !

L’ordre a résonné dans mes oreilles. Retrouvant l’usage de mon corps, je me suis retourné et j’ai détalé fissa. Je sais ce que vous allez dire : sympa de laisser le quinquagénaire se débrouiller tout seul. Mais si mon bon sens était mystérieusement parti en vacances quand le premier type louche avait déboulé avec son épée et ses histoires vaseuses, là, il était de retour et il me soufflait de déguerpir au plus vite.

Mes affaires rebondissaient follement dans mon sac à dos. Droit devant moi, j’ai aperçu d’autres formes avancer dans la ruelle, la démarche lente et saccadée, mais je n’y ai pas pris garde. J’ai jeté un œil par-dessus mon épaule et j’ai vu l’homme en armure empoigner l’autre. Sans un mot, sans une hésitation, il a pointé sa lance sur son cœur et alors, il l’a transpercé.

Une douleur fulgurante m’a traversé la poitrine, puis une force invisible m’a percuté dans le dos. Une image est passée devant mes yeux avec la rapidité d’un flash : un morceau de ciel sombre et la silhouette d’un homme en armure qui me dominait de toute sa hauteur. La microseconde d’après, c’est le macadam que j’ai vu arriver à toute allure.

Je suis tombé tête la première sur la route. Je n’avais jamais eu aussi mal, et je ne parle pas de la chute. J’avais l’impression de me déchirer de l’intérieur, comme si on m’écartelait. C’était atroce. Je me suis senti partir. C’est seulement lorsque j’ai repris connaissance que j’ai réalisé avoir sombré dans l’inconscience.

Quand j’ai rouvert les yeux, j’étais toujours dans la ruelle. J’avais le goût du sang dans la bouche, mal au crâne, encore un peu mal dans la poitrine et, pour une raison inexplicable, ça me lançait dans les épaules. Ça tirait pour être exact. Le goudron défilait à dix centimètres de mon nez, ponctué de chewing-gums aplatis. J’ai battu des cils pour me tirer du brouillard et j’ai fini par discerner comme un pied qui allait et venait près de mon visage. Je dis « comme » parce qu’il lui manquait quelques trucs essentiels. Des ongles, de la peau, des tendons et des muscles par exemple. En fait, il n’y avait que les os.

Au prix d’un gros effort, j’ai relevé la tête et mon sang n’a fait qu’un tour.

J’étais encadré par deux squelettes. De véritables squelettes, comme Gepetto, la mascotte de notre salle de biologie, sauf que ceux-là ne portaient pas une blouse blanche, mais des casquettes vert-blanc-rouge et des tee-shirts estampillés « I ♥ Firenze ». Et surtout ils marchaient. Ils me tenaient chacun par un bras et me traînaient sur la route en me ramenant à mon point de départ. Je me suis redressé sur les genoux et j’ai pilé net.

Gepetto 1 et 2 ont tiré sur mes bras pour me forcer à avancer, mais j’ai tenu bon et ils ont fini par renoncer. L’homme en armure était là, à quelques pas de moi, debout avec sa lance à la main. Une forme inerte gisait à ses pieds comme un malheureux tas de chiffons qu’il toisait avec dédain. Ça m’a retourné l’estomac. Je n’arrivais pas à croire que le magicien soit mort. Ou peut-être qu’il l’était déjà avant ? Comment un fantôme aurait pu embrocher un vivant sinon ? Je n’y comprenais rien.

L’homme s’est tourné vers moi. J’aurais préféré qu’il continue à m’ignorer. J’avais été témoin de la scène et, dans les films, les meurtriers essayent toujours de se débarrasser des témoins. Il s’est approché et je me suis débattu pour me dégager de l’étreinte de mes tortionnaires, mais rien à faire. Les frères Gepetto avaient beau ne plus avoir un muscle, ils avaient autant de poigne que des catcheurs bodybuildés. Dans un concert de « gling », l’homme s’est immobilisé devant moi.

Il portait bien une armure. Pas la boîte de conserve en fer-blanc des chevaliers du Moyen-Âge, ça non. La sienne ressemblait plus à celle d’un seigneur du mal tout droit sorti d’un bouquin de fantasy. J’en distinguais chaque détail malgré l’obscurité. Noire comme du charbon, elle était parcourue d’arabesques et d’étranges symboles. Les protections de ses épaules se prolongeaient en longues pointes recourbées, le haut de ses gantelets et de ses jambières était hérissé de piquants et son casque n’avait rien d’une casserole retournée. La fente des yeux était taillée en V et deux autres pointes se dressaient de chaque côté de sa tête comme des cornes effilées. Mais, plus que son apparence, ce qui me flanquait vraiment les chocottes, c’était cette aura tour à tour glacée et brûlante qui l’accompagnait.

— Tu m’auras fait courir, Cathalina.

Cathalina ? Est-ce qu’il s’adressait à moi ? Peut-être qu’il rejouait un drame, qu’il me prenait pour, je ne sais pas, sa fiancée des temps jadis ? Sa voix n’était pas aussi terrifiante et caverneuse que je me l’étais imaginée. Au contraire, elle était étrangement normale, pour un type si peu normal.

— Tu es pathétique. Tu pensais vraiment pouvoir m’échapper ?

Il a incliné la tête de côté :

— Regarde-toi maintenant… si faible. Je pourrais t’écraser comme un moucheron.

Je n’en menais pas large, je peux vous le dire. Je me sentais encore tout groggy, à la fois nauséeux et léger, comme si mes organes avaient changé de place et que mon esprit flottait librement au-dessus de tout ça sans vouloir atterrir. J’étais à deux doigts de vomir sur ses bottes bardées d’acier. Il fallait absolument que je me ressaisisse, que je fasse quelque chose ou j’allais y passer, c’était sûr.

— Mais pas tout de suite. Avant ça…

Le chevalier noir a levé un bras et le corbeau est venu s’y percher dans un bruissement d’ailes. De près, j’ai pu constater que ses plumes étaient froissées, tordues dans le mauvais sens. Le duvet de son ventre était clairsemé et ses orbites vides. Ou plutôt grouillants d’asticots. Le chevalier a présenté sa main à l’oiseau et celui-ci a ouvert grand son bec. Son gosier a gonflé et, sans un bruit, il a régurgité la boule de lumière. Le chevalier l’a brandie à la hauteur de son visage tandis que le corbeau redéployait ses ailes pour partir planer au-dessus de nous.

— Amusant comme la mort tient à peu de chose. On enlève une toute petite pièce et, d’un grand guerrier, il ne reste plus qu’un bébé ignorant et terrifié.

J’ai senti qu’il me fixait à travers la fente de son casque. J’avais la nette impression qu’il me prenait pour quelqu’un d’autre. Quelqu’un qu’il ne portait pas dans son cœur.

— J’aurais tellement aimé faire durer le plaisir, te laisser assister à votre chute et te tuer en dernier. Mais elle commence à s’impatienter.

Il s’était détourné et parlait presque à voix basse, inclinant la tête vers son précieux butin comme si lui aussi se préparait à l’avaler.

— Ton secret est mien à présent.

Mon cœur a raté un battement. Sans savoir d’où me venait cette certitude, je me suis dit « c’est fini ». C’est là qu’une voix a hurlé :

Sus à l’ennemiiii !

Une nouvelle vague de froid m’a traversé. Un violent coup de vent est passé, bousculant d’abord les frères Gepetto avant de fondre sur le chevalier noir. Assailli, ce dernier a reculé et ramené la boule de lumière contre sa poitrine pour la protéger tandis qu’une brume argentée se mettait à tourbillonner autour de lui. Je n’ai pas cherché à comprendre ce qui se passait, c’était l’occasion ou jamais. Gepetto 1 et 2 claquaient furieusement des dents, désorientés, et le corbeau croassait à n’en plus finir. Profitant de la panique, j’ai bondi sur mes jambes et j’ai tiré de toutes mes forces pour m’arracher à la poigne des squelettes. Il y a eu un bruit d’épaule déboîtée, la pression autour de mes bras s’est relâchée et j’ai fait volte-face, l’esprit en pagaille.

J’ai pensé à ma maison, à ma chambre dans laquelle j’aurais voulu aller me barricader et, alors que j’achevais mon demi-tour, je me suis senti comme aspiré par un trou noir, précipité en avant à la vitesse d’un bolide. Tout est devenu flou. Puis j’ai vu un mur arriver, droit devant.

De flou, tout est passé à noir.

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Myrtille
Posté le 11/06/2021
Coucou !
Je me lance dans cette histoire qui m'a fait de l'oeil ^^ j'aime bien cette narration, très axée sur l'oralité, on a l'impression d'entendre le personnage parler, c'est chouette ! Et l'histoire est intriguante, je suis curieuse de voir la suite ;)
À bientôt !!
Neila
Posté le 12/06/2021
Coucou Myrtille. ^^
Merci beaucoup pour ta lecture et pour ton commentaire ! Je suis contente que la narration te plaise. =D J'ai eu beaucoup de mal à trouver le juste équilibre entre le ton "oral" qui je voulais donner au texte et... ben, ça reste de l'écrit, et ça rend parfois assez bizarre. :/
Enfin bon. J'espère sincèrement que l'histoire sera à ton goût ! Si c'est pas le cas, faudra pas hésiter à me dire ce qui n'a pas fonctionné. ^^ Toutes les remarques et conseils sont les bienvenus.

Encore merci !
MarineD
Posté le 03/03/2021
Salut Neila,
J'aime beaucoup cette narration, j'ai vraiment l'impression d'avoir le gamin devant moi qui me raconte son histoire =)
J'ai noté 2 ou 3 endroits qui manquent un peu d'une virgule, mais c'est vraiment sympa à lire.
Hâte de découvrir la suite !
Neila
Posté le 04/03/2021
Salut Marine,
Merci de t'être lancée dans mon histoire ! ^^ J'espère sincèrement qu'elle te plaira. Je suis encore en train de l'écrire, donc c'est un peu la béta-version. Toutes les remarques sont les bienvenues !
Arf, les virgules. A une époque, j'en mettais trop, puis plus du tout... C'est compliqué, la ponctuation. x'D J'ai prévu de relire les premiers chapitres et de faire quelques ajustements. J'en profiterai pour prêter une attention particulière aux virgules. è.é
Quoi qu'il en soit, merci beauoup pour ta lecture et ton commentaire !
Taranee
Posté le 17/12/2020
Salut !
C'est un début très prometteur avec un style d'écriture qui donne vraiment l'effet d'être dans la peau du personnage. J'aime la manière sarcastique dont il considère ce qui l'entoure. Et malgré cette écriture, tu réussis à rajouter un côté mystérieux à ton récit...
Je m'en vais lire la suite. A bientôt !
Neila
Posté le 11/01/2021
Coucou Taranee !
Déjà, désolée pour cette réponse tardive. ^^' Merci beaucoup pour ta lecture et pour ton commentaire ! Je suis super contente si ce début t'a donné envie de lire la suite. J'espère qu'elle sera à la hauteur de tes attentes. Si c'est pas le cas, faudra pas hésiter à me dire ce qui coince. Tous les retours sont bons. è.é
Sur ce, je m'en vais répondre aux autres commentaires !
Gabhany
Posté le 24/11/2020
Salut Neila ! J'ai bien aimé ce début que je découvre grâce aux HO, c'est bien mystérieux tout ça, j'aime assez le ton et le style, et aussi la façon dont tu nous plonges direct dans l'intrigue et l'action. Je reviendrai sûrement après les HO !
Neila
Posté le 04/12/2020
Salut Gabhany !

Olala, j'ai rien suivi des HO cette année. Je savais pas j'avais été nominée. ^^'
Je suis contente que ce début te plaise assez pour te donner envie de revenir !! Faudra pas hésiter à me dire ce que t'en penses, en bien ou en mal, je suis preneuse.

Un grand merci pour ta lecture et ton commentaire !
Elka
Posté le 08/06/2020
Salut vous ♥
Si ça ne te dérange pas, je commenterai quand j'aurai tout lu, mais sache que j'ai repris/recommencé tout à l'heure et que ce premier chapitre est toujours aussi rythmé et cool et intrigant et bien écrit ! Ce petit Enzo m'avait manqué, et son analyse de la situation m'a bien fait rire !

Bon et puis... m'en veut pas mais :
"– Tu m'auras fait courir, Cathalina."
On est d'accord que c'est un hommage assumé à Saul et Marian ? Est-ce que Enzo pourra accomplir son VŒU ?

Moult amour ♥ A tantot
Neila
Posté le 17/06/2020
Yoh.
Bon, je débarque un peu après la bataille puisque tu as déjà fini de lire et commenter ce qui était dispo. ^^'
Je vais pas faire très long ici, du coup. J'espère que cette relecture de début n'auras pas été trop ennuyeuse (mais t'avais lu jusqu'où à la base ? è.é moi j'étais persuadée que t'avais déjà tout lu, ah ah)

Arf, on ne peut rien te cacher. J'ai tout pompé sur The Effigies. Je suis trop fane. Spoile : la prochaine fois, le Chevalier va le plaquer contre un mur pour lui faire un bisou (c'est presque vrai :p).

Zig
Posté le 15/02/2020
Coucou !

Je découvre cette histoire et PAR TOUS LES SAINTS (oui, je jure en majuscule, ça m'arrive), je la trouve plutôt bien embouchée. J'aime ce début vraiment "catchy", avec un style efficace qui joue bien sur le niveau dans le langage sans tomber dans le cliché ou la vulgarité. Je ne vais peut-être pas déposer un commentaire sous chaque chapitre (parce que j'en ai à rattraper que diable !) mais je pense que je te ferai un bon gros pavé feelz des familles en fin de lecture.

Sur le moment, là, comme ça, à chaud, j'ai cette phrase qui m'a fait tiquer :

"Je ne sais pas ce que je fuis exactement, je le vois jamais."
Si tu veux rester dans une forma oralisée (et donc supprimer le "ne", je pense qu'il faut le faire sur les deux parties de phrase, sinon ça fait bizarre.

Habituellement je ne suis pas une grande fana du combo première personne + usage du présent et composés, mais le choix est logique compte tenu de l'âge de ton narrateur et probablement du public lecteur visé. De plus ça participe à la formation d'un style drôle mais sans jamais faire dans le lourdingue.

Ce que je note pour le moment c'est une vraie maîtrise du style et une belle fluidité d'écriture, très cohérente. Reste à voir si je retrouverai ça tout le long et si tu m'as juste allumé avec le premier chapitre, vil coquinou.
Neila
Posté le 17/02/2020
Coucou Zig !

Par mes poils de pied, je suis ravie que ce début te plaise !!
Merci pour le style. ^^ Moi non plus je ne suis pas une grande fana des récits à la première personne, mais c’était ce qui s’accordait le mieux avec le ton que je voulais donner à l’histoire. Je me suis pas mal arraché les cheveux pour trouver un style qui fasse assez oral et qui en même temps soit pas trop moche ou bizarre à la lecture… Les négations m’ont particulièrement fait suer. x’D

A la base, j’avais décidé de ne pas mettre les « ne », sauf quand ça sonnait vraiment trop bizarre de les enlever ou quand ça laissait planer le doute sur le sens de la phrase, mais y a pas mal de lecteurs qui m’ont dit être souvent gênés par l’absence de « ne », alors j’ai finalement décidé de faire l’inverse : garder les « ne », sauf quand ça dénote trop avec la voix du narrateur. Bon, y a encore des endroits ou ça coince. V.V Je vais harmoniser la phrase que tu as relevée. Reste à savoir ce qui est le mieux… enlever le « ne » de début de phrase, ou en rajouter un à la fin… qu’est-ce qui sonne le mieux d’après toi ? è.é

En tout cas, merci pour tes compliments, ça fait rudement plaisir ! Je croise les doigts pour que la suite te plaise. ^w^ Et pas de soucis pour les commentaires, fais comme tu le sens !

Bis !
Hinata
Posté le 19/10/2019
Coucou Neila !
J'ai eu la chance de me faire lire ce chapitre 1 par Isapass sur Radio PA "Il était une fois", et qu'est-ce que c'était bien !!!! <3
Le ton est vraiment particulier, l'attitude du narrateur est super bien dosée, à la fois détachée, lucide, mais pas insensible !
Il y a tellement de péripéties dans ce chapitre, c'est hyper exaltant, et c'est vraiment bien raconté ! L'ambiance est ouf, ce mélange de nuit, de boules de lumières, la rue déserte et en même temps plein de ..."Gens/ créatures" qui débarquent non-stop ^^" Bref, je trouve que cette histoire a déjà l'air unique, et ça c'est un beau défi de relevé déjà ! Et puis c'est bien écrit, je te jure que j'ai sourit plus d'une fois, et que j'ai pas décroché une seule seconde (alors que c'est pas forcément évident quand on écoute "passivement" une histoire au lieu de scroller et de lire soi-même.
A très bientôt ! (oui, parce que petit spoil : j'ai déjà écouté aussi le deuxième, que je vais donc me dépêcher d'aller commenter à la suite de celui-ci ^^)
Neila
Posté le 24/10/2019
Coucou Hinata !
Merci beaucoup. TwT (et merci à Isa pour la pub !)
Trop de compliments, je ne sais plus quoi faire. x'D Je suis super contente que ce premier chapitre t'ait plu ! J'avoue avoir souvent peur que le style (assez simple et direct) fasse un peu plat par moment... Donc c'est rassurant ! En tout cas c'est super gentil de prendre la peine de commander après avoir écouter le podcast.
Encore un gros merci à toi ! Je file répondre à ton autre commentaire !
PlumedeLoup
Posté le 23/12/2018
 Bonjour !
J'aime beaucoup ton texte, toute cette histoire m'intrigue ! Je vais sans doute lire la suite.
Ce que je trouve bien assi, c'est qu'on sent vraiment l'âge du personnge dans sa façon de parler, et je trouve que c'est assez rare !
Bon et bien je crois que c'est tout.
A plus !
PlumedeLoup 
Neila
Posté le 23/12/2018
Coucou !
Merci beaucoup, je suis très contente d'avoir réussi à éveiller ton intérêt. ^^ Et merci aussi pour le compliment sur le style et l'âge du personnage. C'est un exercice assez difficile d'écrire à la première personne du point de vue d'un enfant, c'est vrai, et je dois dire que j'ai eu beaucoup de mal à trouver sa voix. O.O
J'espère que la suite te plaira, si tu te lances !
A plus PlumedeLoup. ^w^ 
Le_Herisson
Posté le 12/09/2018
Ben dis donc, ton pauvre héros, il lui arrive un paquet de trucs pas cool dans ce premier chapitre. En plus, je sais pas pourquoi, mais j'ai comme dans l'idée que ça ne va pas s'arranger dans la suite.<br />J'aime la manière dont tu distilles le mystère, en disant juste assez pour qu'on se pose tout plein de questions. Espérons juste qu'elles auront des réponses en cours d'histoire, sinon je vais être très frustrée :P
Neila
Posté le 12/09/2018
Coucou Herisson !
Vi, dans cette histoire je perds pas trop de temps, les événements s'enchaînent vite ! Les ennuis ne font effectivement que commencer. Mais ne t'en fais pas, c'est pas mon genre de laisser des questions sans réponse. :) Normalement, tout devrait avoir son explication... en temps et en heure. :p
 Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire, ça me fait très plaisir !
Isapass
Posté le 08/09/2018
Wouaaaaaah quel début ! La première personne et le style parfaitement choisi pour un ado m'ont tout de suite embarquée, même si le début est plus calme.
Et ensuite, je suis restée schotchée et j'ai lu jusqu'à la fin en apnée ! Pourtant, quelle prouesse technique d'arriver à rendre à la fois les sensations et l'action dans un passage aussi surnaturel, à la première personne. 
On sent parfaitement les sentations brutes, l'incompréhension au niveau conscient mêlée à l'instinct qui, lui, sait.
C'est à mi-chemin entre la scène d'action et la narration rapportée mais le rythme n'en est pas moins trépident.
Je suis totalement sous le charme de ce premier chapitre !
Détails : 
"Mais avant cette fameuse nuit, j'avais pas réalisé à quel point ma vie était tranquille," : cette phrase est un peu troublante, d'ailleurs je suis revenue en arrière pour voir si j'avais loupé quelque chose à propos de la nuit en question. Peut-être qu'une petite précision aiderait à faire comprendre que tu n'en as pas encore parlé mais que tu "prépares le terrain" ;)
"Des filaments de toutes les couleurs ont glissé hors de son front" : répétition de "front". Crâne ? 
Je file voir la suite ! 
Neila
Posté le 08/09/2018
Coucou Isapass,
Déjà, merci beaucoup pour ces trois supers commentaires. ♥ Ça faisait longtemps que j'avais plus eu de retours (la faute à ma présence fantomatique x'D).
Mais je suis ultra contente que ce premier chapitre ait su te happer ! D'autant plus que je suis pas mal sortie de ma zone de confort avec cette histoire. C'est ma première tentative à la première personne (dont je suis pas fan à la base, ah ah), avec un style familier... je te cache pas que je me suis arraché quelques cheveux sur le début. C'est d'autant plus gratifiant de savoir que ça fonctionne. TwT
Pour les deux phrases que tu as relevé, je vais voir ce que je peux faire pour arranger ça. è.é
Je file répondre à tes autres commentaires !
Mouette
Posté le 09/06/2018
Coucou Neila ! Je suis Mouette, une petite nouvelle qui erre au gré des hasards de PA, et je suis tombée sur ton histoire. Et j'ai adoré ! Ton personnage principal est très attachant, à la fois adorable et très drôle, et son père aussi d'ailleurs. 
Je suis aussi assez fan de ton style, fluide et limpide qui sert énormément ton propos. Bref, tout ça pour dire que si tu repasses par ici un jour ou l'autre, j'ai hâte de découvrir la suite ! 
Neila
Posté le 09/06/2018
Coucou Mouette !
Je suis super désolée de ne répondre que maintenant, je n'ai reçu aucune notification pour m'informer de ton commentaire. T.T En principe, je suis pas aussi longue à répondre...
Mais mais, merci ! Ça me fait très plaisir que ces premiers chapitres t'aient plus. Je sais que je ne suis plus très active sur PA mais je n'ai pas laissé tomber la publication de mes histoires pour autant. è.é La suite des Faucheurs devrait arriver bientôt à vrai dire. Faut juste que je mette un petit coup de fouet aux corrections... Si ton enthousiasme n'a pas décru d'ici là, j'espère que la suite te plaira encore plus que le début. ^.^
Encore merci.
Rimeko
Posté le 12/09/2017
Coucou Neila !
Tiens, je vois que tu as posté un nouveau chapitre ici ^^
<br />Suggestions :
"Fermes (ferme) bien la porte à clef avant d’aller te coucher !"
"j'avais arrangé ça ni vu ni connu et en fin de compte, le car avait pu repartir. Tous les touristes m'avaient applaudi." Hum, c'est un peu contradictoire ; s'il a fait ça "ni vu ni connu" les autres auraient pas dû s'en apercevoir et l'applaudir...
"Je me suis dressé sur mes guibolles engourdi(e)s"
 
J’aime toujours autant Enzo, ses particularités et son… son humour j’imagine ? Ça donne vraiment un ton particulier à ton histoire, et c’est un ton qui me plaît beaucoup ^^ Ça colle bien avec l’ambiance fantastique – fantasy aussi, ça change des personnages qui passent leur temps à se demander s’ils ne sont pas en train de rêver. Enfin, Enzo le fait aussi, mais… J’ai moins l’impression d’hésitations stériles, si tu vois ce que je veux dire. Genre les fantômes, ça existe, et le reste, pourquoi pas, même si ça reste à vérifier XD
Pour l’instant, j’essaie de faire des liens entre tout, mais j’y arrive pas trop ^^ (Mais c’est positif, hein, justement ça fait réfléchir et c’est pas trop prévisible) Est-ce qu’il y aurait un lien entre le mec-en-noir (l’assassin de Merlin) et la mort de Giulia ? J’imagine qu’on va en savoir plus au prochain chapitre s’il va effectivement tenter de retrouver son cadavre. Oh, et qui est ce mystérieux fantôme qui l’attendait devant le collège ?? Et d’où Enzo répare comme par magie des engins XD
J’aime bien les passages avec le père, aussi, ça rend ton narrateur humain, puis c’est un personnage bien sympa ce paternel je trouve :P
Bon, il me reste un truc à ajouter… Vivement la suite ? ^^
Neila
Posté le 12/09/2017
Mon Dieu, je suis super désolée, j'avais pas vu ton commentaire Rim ! TOT Et ça fait presque un an.... O.O Je crois que j'ai pas reçu de notification...
Avec beaucoup de retard, un gros merci pour ta lecture et ton commentaire !! Ça me fait super plaisir tout ce que tu dis là. Que tu apprécies le personnage et le ton de l'histoire aussi. C'était un style assez nouveau pour moi au début et il m'a fallu un peu de temps avant de me sentir à l'aise dans les baskets d'Enzo. Notamment parce que, comme tu soulignes, il se prend pas trop la tête, ce qui est très loin de ce que j'ai l'habitude de faire avec l'héroine de mon autre histoire. x'D
Bref. Je sais pas si t'auras continué à lire du coup, mais si ça t'intéresse toujours, je pense poster la suite très bientôt. ^^
Encore pardon pour ce looong silence. é.è
Nethy
Posté le 05/05/2017
Hem. Bonjour Néné ! Je sais pas si tu te souviens de moi, on s'était croisés à une IRL Grenobloise l'an dernier. Je ne t'ai pas trop croisée sur le fofo mais j'ai plongé mon nez dans ton jdb cette semaine, et j'ai vu que tu publiais une nouvelle histoire. Du coup me voici ! C'est le premier texte de toi que je lis, et je suis impressionné. On sent que tu as l'habitude d'écrire, c'est fluide et agréable à lire, j'adore le ton léger du gosse, et ça tease assez pour donner envie d'en savoir plus sur l'univers sans trop en révéler d'un coup. En un mot : efficace !
Du coup j'en veux plus. Bisouilles ! 
Neila
Posté le 05/05/2017
Coucou Nethy !Je me souviens de toi, oui. ^^ Clair que ma présence sur le fofo va en déclinant ces dernieres années (trop de boulot, trop de remu-ménage irl), ca surprend et fait d'autant plus plaisir de voir de nouveaux visages s'intéresser a ce que je peux écrire. TwTDiantre, j'aurais jamais cru qu'on puisse me dire qu'on sent que j'ai "l'habitude d'écrire". Oo Dans meme tete, j'ai encore l'impression d'etre une débutante. x'D Alors que... y a bien du chemin qui a été parcouru en y pensant.Merci beaucoup pour ta lecture, et toutes ces p'tites étoiles et ce commentaire. <3 J'espere que la suite te plaira !
VavaOmete
Posté le 01/05/2017
^o^/ Merci pour ce début d'histoire !
On démarre à 100 à l'heure (sans se prendre de mur à la fin pour nous j'espère !) et l'univers esquissé donne très très très envie de lire la suite !<br />J'espère qu'elle arrivera bientôt !
Neila
Posté le 01/05/2017
C'est moi qui te remercie d'avoir pris le temps de lire et commenter !
Moi aussi, j'espère que je ne vais pas foncer dans le mur, ah ah. Merci pour l'univers, ça me fait tout chaud au coeur. TwT
La suite arrive très très bientôt, promis !
JimmyL
Posté le 30/04/2017
Belle entrée en matière ! Ce premier chapitre contient tout ce qu'il faut pour avoir envie de continuer.
Les descriptions sont particulièrement bien écrites, de sorte que je pouvais imaginer sans trop de mal les différents personnages (notemment le corbeau, brr...).
La première partie introductive est bien menée, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'avais tous les éléments en main pour continuer la suite. 
 Il y a pas mal de zone de flou encore, mais j'imagine qu'on va rapidement en savoir plus ! Qu'est-ce que cette boule de lumière (je pense, peut-être à tort, qu'il pourrait s'agir d'une mémoire ?) Puis qui c'est cet Hervé ? Un Prématuré ? D'ailleurs je me demande bien ce que c'est un prématuré !
Du coup, j'attends avec imaptience les prochains chapitres ! 
Je me demandai comment s'appelait le héros en réalité (peut-être que c'était écrit et que je l'ai loupé...)
Neila
Posté le 30/04/2017
Re-bonjour Jimmy. ^^
Ben je suis super contente que ce premier chapitre fonctionne ! Il m'a donné pas mal de fil a retordre, c'est toujours super délicat les débuts.
Je ne m'attendais pas a ce que le corbeau fasse si forte impression. :p Mais, ouais, je sais, y a beaucoup de flou dans ce début. ^^' Pas de panique, tout va vite s'éclaircir dans la suite. (un prématuré... ? quelqu'un qui est né trop tôt voyons ! 0:D)
Je n'ai pas donné le nom du héros, non. Pas que je voulais spécialement faire du suspense dessus, seulement, comme c'est écrit a la première personne et qu'il n'y a personne qui connaît son prénom autour... fatalement, j'ai pas eu a l'écrire. :/ Après j'aurais quand même pu trouver une façon de l'introduire si je l'avais vraiment voulu mais bon... je me suis dit que ça pouvait attendre. ^^'
La reponse au prochain chapitre du coup.
Encore merci a toi !
Zutto
Posté le 30/04/2017
Quel chapitre! J'ai beaucoup aimé! La narration est fluide et immersive, et surtout très drôle.
J'ai remarqué deux ou trois coquilles (genre cinglée ou au lieu de cinglé et fous au lieu de fou).
J'ai hâte de lire la suite... et d'apprendre le nom du gamin en passant, haha.
Neila
Posté le 30/04/2017
Merci beaucoup Zutto ! Et merci pour les coquilles, je vais aller rectifier ça.
On apprend son nom des le début du chapitre suivant, que je pense poster dans pas trop longtemps. J'espère que tu ne seras pas déçu !
Merci pour ta lecture et ton commentaire. ^u^
Dragonya
Posté le 25/06/2017
Je viens de finir ton premier chapitre, histoire trouvée par hasard en regardant les résumé des nouveautés.
C'est vraiment super bien écrit ! Non mais sans rien t'es tournures de phrases sont superbes et le récit prenant. Je prendrais la suite de la lecture ce soir ou demain en fonction du temps de dispo que j'aurais. En tout cas tu as bien su me tenir en haleine et si j'avais pas une obligation canine je lirais la suite immédiatement.
Au prochain chapitre ! 
Neila
Posté le 25/06/2017
Oooh, c'est super gentil, merci !
J'aurais vraiment pas cru qu'on puisse me faire des compliments sur le style. x'D C'est que j'ai choisi de faire super simple pour cette histoire : sujet verbe complement. Parfois je redoute que ce soit meme trop pauvre... du coup ta remarque me fait d'autant plus plaisir ! :'D
J'espere que la suite sera a la hauteur de tes attentes. Si y a quoi que ce soit qui te chagrine, hesite pas a le dire, je suis ouverte aux suggestions et a la critique !
Encore merci pour ta lecture et ton commentaire Dragonya. ^u^ 
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