Magie.

 

Sombre ! Pourquoi fait-il si sombre ? L’interrupteur ? 

Ha ! Ha ! Ha !

Je tâtonne pour trouver ce foutu interrupteur persuadé qu’il est placé sur ma droite, contre le mur. Mais mes doigts ne rencontrent qu’une poutre. 

Ha ! Ha ! Ha !

Non. Je vais...

Ha ! Ha ! H...

Peu à peu, la mémoire me revient. Je suis Roselynd. J’invoque une flamme entre mes mains à peine suffisantes pour m’illuminer. Cette flamme, cette toute petite lueur chaleureuse et rassurante éloigne les ombres. 

 

Je me lève aussitôt. Je crois que je n’aime plus le repos...

Je déteste l’abandon du sommeil, l’horreur néant, d’oublier ce que je suis. 

Les domestiques dorment encore. Je me rends en cuisine et récupère certaines choses. Je prends du miel, citron, bicarbonate, vinaigre de cidre, œufs... et toutes les huiles végétales visibles. Toute denrée également utilisable en cosmétique. Je suis peut-être frivole, mais je pense très sincèrement qu’un visage charmant ouvre bien des portes. Et puisque mes pas m’ont conduit ici, j’en profite parallèlement pour me préparer plusieurs encas, à manger au long de la journée. Si je compte sur les domestiques pour que l’on m’apporte un vrai repas, c’est que je n’ai rien compris. 

Ensuite, je me dirige vers la bibliothèque. Je dois apprendre toutes les choses que j’ignore sur ce monde. Les rayonnages du château gigantesques et fournis, comme l’on pouvait s’y attendre venant d’un érudit de la guilde des mages, me servent de fond culturel. J’y reste pour étudier jusqu’à l’aube. 

Lorsque le soleil pointe, je transporte autant d’ouvrage que possible avant de retourner dans ma chambre. Je continue de lire et prends des notes jusqu’à l’heure du petit déjeuner : quelques œufs durs et une tasse d’eau tiède. 

Le remplacement du docteur de Beauclaire me rend visite après mon repas. Il ne me parle que lorsque c’est absolument nécessaire je crois comprendre que c’est d’une consigne de notre famille.

Le reste de la matinée, je profite de ma promenade pour effectuer un début d’exercice. De simples étirements. J’aimerais pouvoir m’imposer quelque chose de beaucoup plus violent, pour me sculpter au plus tôt un corps de guerrière. 

Mais la santé de Roselyne ne le permet pas. 

Elle n’était qu’une enfant, lorsque sa maladie s’est déclarée. Pourtant ni son père ni sa mère n’ont jamais rien fait pour l’en délivrer. Cela aurait été facile pour un couple ducal… Il leur aurait suffi de payer un soigneur… Mais pour une raison que je ne comprends pas, ils ne s’en sont jamais donné la peine. Comment peut-on laisser sa chair souffrir ? À la place, ils ont préféré la maintenir dans la maladie, dépendante de palliatifs.

 ... Il y a négligence et il y a cruauté.

 

Qu’importe, je vais soigner notre corps. 

 

Après mon entraînement physique, je m’arrête au temple familial. Le château possède sa chapelle privée. On n’y voit que rarement les membres du clan de Harriott, qui affiche juste assez de piétées pour ne pas s’aliéner la haute société. 

Appeler « confession » la religion dominante de l’état, le culte d’Êlo, semble impropre, et le fameux « Êlo » n’est pas un dieu. Il est une créature magique, la plus puissante, le pilier du pouvoir. C’est la créature qui sacre l’Empereur en se liant à lui. 

Je ne suis pas venue pour prier, en fait, les Êloïtes préfèrent la méditation… mais pour emprunter le premier volume du « Livre d’Êlo », pour parfaire mes connaissances dogmatiques. 


 

Le soir, j’étudie la magie. 

J’apprends dans les livres les deux choses nécessaires pour être un bon mage. La volonté et l’endurance. 

Par « volonté », il est sous-entendu « force mentale », la capacité de créer grâce à son esprit, de modeler l’irréel. À vrai dire, si je devais expliquer comment fonctionne la magie, je dirais que c’est l’art de façonner avec un morceau d’argile vivant, indomptable. La main sculptrice n’est rien d’autre que l’âme de l’adepte. Un caractère solide n’aura aucun mal à imposer ses fantaisies à une puissance élémentaire brute. 

Cette gymnastique devient naturelle au fil du temps. Cependant, l’habileté des disciples sur cette « force immatérielle » : la capacité mentale de la maintenir sous contrôle et de la former différencie un mage médiocre d’un autre, plus compétent. 

Maîtriser et garder la forme, un aspect, cela parait simple pour qui aurait survécu à la Limbe.  

Par « endurance », il est sous-entendu force physique. Pratiquer est drainant. Aussi ses adeptes sont encouragés à augmenter leur vigueur, à exercer des activités sportives, des arts martiaux principalement dans la logique de la culture guerrière de l’empire. Si la volonté reste déterminante, l’endurance ne doit pas être laissée de côté. Qu’importe si j’ai la capacité de dessiner un château de flammes, s’il m’est impossible de le maintenir. Malheureusement, c’est là notre plus grand point faible.

Les écrits entre mes mains traitent uniquement du feu. Les rares ouvrages plus globaux disent seulement que l’ombre, comme la lumière et le soin, est une magie non élémentaire. 

Les ténèbres, bien qu’optimum pour l’espionnage, sabotage et diverses mission clandestine restent en dessous des autres en face à face. Les savoirs des livres incontestablement bénéfiques ont leurs limites...

 

Ce n’est pas ce que j’aurais écrit concernant cette magie. J’aurais raconté son horreur. Qu’elle regarde droit dans votre âme et se nourrit de vos craintes ! 

 

Pourtant, avec nous, tu serais invincible !


 

Je repousse leurs murmures, pour continuer ma lecture. De ce que je décrypte, l’obscurité ne s’avère pas malfaisante. Ha ! Dans ce cas, pourquoi chercherait-elle à me nuire ?

Cependant, je sais. Ce double éveil se présente comme une aubaine, l’ombre s’offre comme une carte maîtresse que je ne peux pas me permettre d’ignorer. Je veux m’assurer qu’elle ne m’engloutit pas avant d’y faire appel.

 

Utilise-nous ! Utilise-nous !

 

Je me lève, ressentant le besoin de manipuler la magie, mais celle de feu. 

 

Garance ne se souvient de mon existence qu’après cinq jours. Je ne sors que peu de ma chambre, aussi c’est là qu’elle vient me chercher. Je n’ai pas pris la peine d’enfiler de vrais vêtements et je profite de cette matinée pour prendre soin de moi… Je porte encore une tenue de nuit, mes cheveux graisseux d’huile pour les nourrir, ma figure verte d’un masque artisanal. 

Ce n’aurait pas été gênant en soi qu’elle me voie dans cet état, mais « l’autre » l’accompagne : Augustin de Sebour. 

 

Augustin l’aimé de Roselynd. Le traître.

 

Cette peste… le visage de ce démon à la révélation de leur relation me vient. Garance et ses larmes factices, implorant sa sœur de lui pardonner...

Ha ! Ha ! Ha ! Tue-les !

 

 ... Lui expliquant qu’elle n’avait rien prévu et que tout s’est enchainé trop rapidement. « Comme ça ». Augustin caché derrière elle, évite de regarder Roselynd. Dans sa mémoire, je ne vois que peu le visage de la demi-soeur, mais celui de Augustin est omniprésent...

 

Le monstre ! Finis-le !

 

... Dans nos souvenirs, notre vision se trouble. Peut-être qu’une partie du cœur de Roselynd est mort, à ce moment-là. Moi, je ne ressens qu’une... 

 

Tu le sais, c’est tout ce que méritent les traîtres ! N’oublie pas le jour du Centum !

  

... fureur vive. Je subis le passé de Roselynd comme des instants neufs, aussi intenses qu’un moment tout juste vécu. Les émotions qu’ils entraînent, ardentes, me submergent. Je suis forcée de me mordre l’intérieur de la lèvre, jusqu’au sang…

 

Mort aux traîtres ! Mort aux traîtres !

 

Mes bras tremblent de colère. Je dois mobiliser jusqu’à la moindre parcelle de volonté pour que mes mains ne se referment pas sur la gorge de cet homme. Garance...

 

Regarde-la ! Elle se moque !

 

... savait-elle que je trouvais dans cette tenue à ce moment précis ? Cela ne m’étonnerait pas. La domesticité de la maison d’Harriott lui appartient. 

 

— Roselynd ? Au nom d’Êlo ! Qu’est-ce qui est arrivée à tes cheveux ?

 

Augustin de Sebour. 

Les souvenirs que Roselynd a de cet homme me montrent un visage plus flatteur que la réalité. Il n’est pas laid. Il est grand et élancé, peut être un peu trop maniéré... Il reste toujours droit le menton bien haut. Ses yeux gris sont représentatif mage de vent, contrairement à ses boucles d’un châtain presque blond rappellent plus un utilisateur de la lumière. Ses traits fins, délicats, sa coiffure, ses vêtements de la dernière mode lui donnent un faux air de dandy. Autour de son cou repose sa créature, un serpent à plumes.


 

— En quoi cela vous regarde-t-il ? Je réponds, mon ton ne cache aucunement mon irritation. 

 

Garance me sourit. Ricane, ma adorée, tu dois avoir des rituels beaucoup plus étranges pour afficher ce visage de poupée. Je m’efforce de rester calme, malgré les œillades entendues des deux tourtereaux.  

 

Ces deux là se sont trouvés, à croire qu’Êlo lui-même les a créés l’un pour l’autre.

 

— Je suis venue t’apporter quelque chose. Déclare finalement Garance.

 

Ce n’est qu’à ce moment que je note que la servante personnelle de ma chère peste les suit et qu’elle porte un paquet. Elle l’ouvre, jette l’emballage à terre et sort de la boite une cape. Le vêtement teint d’un noir profond, d’un moiré discret de fils d’argent figurent des roses. Lorsque la demi-sœur me le donne, je remarque son poids, à la douceur du tissu et sa qualité. Elle est cousue pour les grands froids. La bordure et l’intérieur de la pelisse sont habillés de fourrure, d’un ton à peine plus clair que le reste.

 

— C’est beau. Dois-je constater.

 

— J’ai tout de suite pensé à toi ! J’aimerais que tu la portes le jour de mon rite. Il aura lieu en plein hiver et je n’ai pas envie de te voir tomber malade. 

 

J’acquiesce. 

 

— Merci. 

 

Ce mot m’arrache la bouche.

 

— Roselynd… tout va bien en ce moment ?

 

Garance, as-tu conscience que tu parles à quelqu’un qui a failli mourir ? Je caresse ma poitrine. Le geste est étudié, je pose ma main quelques secondes et je la retire immédiatement comme si je l’avais fait malgré moi. Garance, tu ne le comprends pas encore, mais si je le souhaite, je peux être une bien meilleure actrice que toi.

 

— Oui, oui, tout va bien. 

 

— Oh, je suis désolée. Bien sûr... 

 

Sa voix prend un accent de tristesse.  

 

— Nous. Je sais que tu n’aimes pas ça, mais j’adorerais que tu nous rejoignes ce soir, à l’heure du repas. Augustin dînera avec nous… Cela te changera de ta chambre et de la solitude !

 

Je regarde la cape, j’avais prévu de garder cela pour plus tard, mais soit.

 

—  Je viendrais. 

 

— Je demanderai à ce qu’on mette la table pour toi. M’assure-t-elle avant de s’en aller ?

 

Ce n’est seulement après son départ, que je remarque une broderie dans la face intérieure. Un message simple :

 

« À la plus puissante des mages d’ombre. Ta sœur qui t’aime. G. »

 

Le sarcasme de notre chère demi-sœur m’arrache un rire. Oh, ma petite peste, tu es en train de creuser ta propre tombe. 


J’arrive dans la salle à manger alors que les servantes mettent encore les couverts. Nos cinq assiettes sont disposées. L’une posée en extrémité de table, deux d’un flanc deux de l’autre. Sur le côté gauche, une chaise a disparu.

 

— Installez-moi en bout de table. J’ordonne.

 

— Mais c’est la place du Duc ! intervient une des femmes. 

 

— Rassurez-moi, vous savez qu’elles en ont deux ? N’est-ce pas ? 

 

— Ou... oui, Lady Roselynd. 

 

Et devant mes yeux elles retirent une assiette et la posée là où je l’ai demandé. La table d’une longueur de 8 sièges nous est considérée comme la « petite » salle à manger, celle du quotidien.

 

Je ressors pour revenir lorsque le reste de ma famille s’est déjà installée.

 

— Roselynd ? Pourquoi t’es-tu placé si loin de nous ? 

 

— Mon fauteuil prend beaucoup d’espace, je n’ai aucune envie de vous gêner.

 

Garance fronce les sourcils, mais les autres acceptent cette explication sans problème. Devant moi, le Duc me fait face. 

C’est un homme mûr, une quarantaine d’années, plus vieux que son épouse d’une dizaine. Ses cheveux délavés devaient porter ce roux, la fierté de la maison de Harriott. Ses yeux aussi verts que les nôtres semblent distants. Comme tout mage, son corps ne laisse apparaître aucune once de graisse. Son visage sculpté me rappelle celui de la demi-sœur. Et… à ses traits, je suppose que sa pouliche ne le poursuit pas uniquement pour son titre. Cependant, j’ai du mal à le voir comme un amant charmant. Et pas seulement à cause de sa froideur envers Roselynd. Ces lèvres-là ne semblent pas faites pour embrasser.

Derrière lui, allonger au pied du mur se trouve le lion de feu, créature du Duc.  

Le fauve ardent arbore un pelage lumineux et une crinière dorée. Sa fourrure mouvante se pare de couleurs, comme une vague d’or qui remue une mer solaire. Sa longue queue, qu’il aime secouer de droite à gauche, se termine par une torche.

Raeka, le lion incandescent. Toutes les créatures ne sont pas dénommées, elles sont désignées par leurs types : Oiseau de feu, serpent de terre… 

Mais les plus puissantes héritent d’une identité, voire un titre. 

 

La bête est baptisée Raeka. Il porte les titres de « brûle-monde » « Ire des flammes » et de « Fléau couronné ».

 

Ce... monstre possède une histoire terrible. En tant que destructeur de plusieurs cités, lorsque l’Empereur fou s’est lancé dans une longue campagne de mort et dévastations. Ressentant mon attention sur lui, il m’observe en retour. Sa babine se déforme en ce qui ressemble à un sourire provocateur. 

 

Le premier plat est posé devant moi, je prends quelques minutes pour me rappeler quel couvert je dois utiliser.

 

— Comment te sens-tu Roselynd ? C’est Garance qui interrompt la conversation pour me regarder. Tu as l’air préoccupée.

 

Comme je m’y attendais, le début de la séance de torture ne tarde pas.

 

— Je pensais à quelque chose... Mais ce doit être qu’un simple oubli.

 

— Dis-nous Roselynd, insiste Augustin, à l’évidence il ne peut s’agir d’une erreur.

 

— Eh bien... Garance m’a offert une cape aujourd’hui et… hum... Je réfléchissais à un cadeau pour la remercier et… non, laisser cela. Ce n’est pas important.

 

— Exprimez-vous. Ordonne le Duc.

 

— C’est gênant !  Attendons de nous retrouver en famille.

 

— Augustin fait partie de la famille maintenant, me rassure Garance, tu peux parler devant lui.

 

— Eh bien, je me suis rendu compte que je n’avais pas touché ma bourse ce mois-ci.

 

Silence. Je sens l’attention du Duc, il hausse subtilement les sourcils. 

 

— À moins que mes actes m’en aient privée, fais-je en regardant le Duc droit dans les yeux, dans ce cas, veuillez m’excuser, je l’ignorais.

 

Le Duc se tourne légèrement vers son épouse. 

 

— Surement une erreur d’intendance, je réglerai ça. 

 

Je les connais leurs « je réglerai ça ». 

 

— Voilà qui me rassure, dans ce cas, demain j’enverrai quelques commandes, je ferais parvenir les factures à qui de droit. Merci belle-maman.

 

La femme du duc pose ses couverts, s’essuie la bouche et me rétorque :

 

— Restez tout de même modeste. La famille de Harriott n’élève pas d’enfant gâté.

 

— Bien sûr.

 

Le Duc ne m’a pas quitté du regard pendant notre échange, je sens qu’une réflexion agite son esprit, mais il préfère visiblement la rejeter. 


 

L’ignorance sociale de Roselynd frôle l’acte criminel. 

Aurait-elle eu la capacité de décrypter les codes de l’Empire, elle aurait sans doute trouvé des alliés, ce qui lui aurait peut-être adouci son existence. Roselynd se négligeait. Pourtant, mère Nature l’a bénie...Mes intérêts frisent la vanité totale, mais à son âge, je ne jurais que par mes petites robes. 

J’étais… jeune… Les choses ont changé entre temps…

À vrai dire, une enfant comme elle ne devrait s’inquiéter que de sa prochaine tenue et du garçon avec qui elle allait avoir un rendez–vous. Mais le monde de Roselynd ne lui permet pas tant d’insouciance. Elle gravite dans une société d’apparence et de force.C’est pour cela que j’ai besoin d’argent, pour pouvoir réparer cette faute. C’est pour cela que cet argent servira pour de grosses commandes de vêtements, de bijoux et d’accessoires.  

 

Ensuite...

J’ai également nécessité de certaines choses… des outils que je dois me procurer sans attirer l’attention de la maison de Harriott. 

La préparation, cette grande amie de la réussite !

 

J’attends une semaine.

Je descends pour le petit déjeuner pour ne trouver que Clarisse. Je ne crois pas que le Duc soit rentré cette nuit et Garance est déjà partie pour le temple.

 

— Roselynd, quel plaisir de vous voir ! Me salit-elle, sans même lever les yeux de sa gazette mondaine. Garance et elle la suivent sans faute.

 

— Belle-maman.

 

— Comment vous portez-vous ?

 

— Mieux, je réponds en désignant la canne avec laquelle je suis descendue. J’arrive à marcher.

– Bien.

 

Je laisse passer quelques minutes avant de continuer.

 

— Belle-maman, puis-je vous soumettre une demande ?

 

Elle soupire et me fait signe de parler.

 

— J’aimerais pouvoir aller en ville.  

 

— Vous n’êtes pas punie que je sache, mais dans votre état, je ne peux qu’être concernée. Pourquoi souhaiter sortir si soudainement ?

 

— Eh bien... Je désirerais acquérir le cadeau de remerciement promis à Garance. Je veux l’acheter de mes mains pour lui prouver à quel point je tiens à elle.

 

— N’est-ce pas là une excuse pour une autre de vos bêtises ? N’est-ce pas ? demande-t-elle, suspicieuse.

 

— Non bien sûr ! Croyez-moi belle-maman, les précédents événements m’ont servi de leçon, je sais désormais où se trouve ma place. J’ai conscience que vous, ma  famille a été bonne avec moi. Je comporterai à l’avenir avec modestie parfaite et vous n’aurez plus à rougir en entendant mon nom.

 

— Bien, se délecte-t-elle. Vos derniers… exploits ont porté préjudice à votre père, une chance que la guilde des mages le porte en haute estime. Sortez, voyez le monde tel qu’il est, revenez lorsque vous aurez compris la chance que vous avez.

 

J’acquiesce.

 

— Trouvez un ou deux gardes pour vous accompagner.

 

— Ce n’est nullement impératif, belle-maman, ce serait amoindrir la protection du domaine. Je ne prendrais qu’une domestique.

 

Je me lève.

 

— Belle-maman, avant de partir, puis-je avoir de l’argent liquide ? J’en aurai besoin pour mes achats…

 

— Allez voir l’intendant.

 

J’ai remarqué que l’intelligence générale des serviteurs de la maisonnée assez peu élevés pour ma mission. Mais pour plus de sécurité, je choisis celle à qui j’ai eu affaire le premier jour. Cette dernière ne semble pas satisfaite de m’accompagner, même si cela la délivre de ses travaux quotidiens. Pendant toute la route, elle regarde par la fenêtre du carrosse la moue au visage.

 

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Ora Koro
Posté le 10/01/2021
Hey!
Alors là je suis à fond c'est clair ! L'histoire est super bien écrite malgré quelques fautes de syntaxe, mais on fait tous 😉 relis toi encore plus et ton ouvrage sera, je te le promets, un chef d'œuvre ! Tout y est pour nous mettre l'eau à la bouche, pour nous donner envie de continuer à lire, de savoir ce qu'elle va faire à Garance, ce qu'elle va faire de son pouvoir des ombres. La dernière fois que j'ai lu du fantastique aussi bien, c'était Eragon, ça m'y fait beaucoup penser et c'est parce que j'ai l'intime conviction d'être entrain de lire un vrai chef d'œuvre !
Pandasama
Posté le 10/01/2021
Merci ! Ton commentaire me fait énormément plaisir ! J'espère que la suite te plaira tout autant !
Ora Koro
Posté le 11/01/2021
Bah écoute avec plaisir ! Je lis la suite des que possible mais avec une grande hâte !
Alice_Lath
Posté le 14/08/2020
"Je viendrais" -> "viendrai" si c'est du futur normalement haha
Sinon, un très bon chapitre à nouveau, même si je ne suis pas certaine de ce que fait Garance à lui filer cette cape. Certes elle se paye sa tête, mais si c'est la seule à connaître la plaisanterie, il n'y a pas grand chose de drôle huhu Je l'imaginais plus vicieuse pour le coup
Enfin, je me demande ce que "Rose" nous mitonne comme vengeance du coup, je sens que ça va être cogné et j'aaaime ça héhé
Pandasama
Posté le 14/08/2020
Merci de ton commentaire ! C'est vrai que la cape peut paraître hors de propos, mais qui sait !
Elornyx
Posté le 25/07/2020
Ah décicéments ces créatures magiques m'intéressent de plus en plus et je trouve que c'est une belle force de ton univers ! Hâte d'en découvrir de nouvelles, j'aime toujours voir l'ombre manipulée son entourage on verra bien ce que réserve la suite.
Pandasama
Posté le 26/07/2020
Ravie que ça te plaise toujours autant !
Romiklaus
Posté le 21/07/2020
Je n'ai pas commenté les chapitres précédents car ce que j'en pensais avait déjà été dit par d'autres mais j'en aurais écrit du bien sinon. Le rythme était bon, l'histoire intrigante, on se laissait emporter par la narration. Certains te reprochaient ton descriptif en liste mais je dois dire qu'il me convenait sans souci et j'irais même jusqu'à dire qu'il me plaisait (sans doute parce que j'ai tendance à faire la même chose ;) )

En revanche, bien que je trouve toujours l'histoire intéressante, ce chapitre m'a un peu déçu... J'essaie de ne pas prendre en compte les quelques fautes d'orthographes ou de syntaxe que j'ai relevé dans mon jugement car je les considère anodines et involontaires.
Par contre, j'ai eu un problème avec le rythme du chapitre : je l'ai trouvé un peu rapide et j'ai eu l'impression que tu avais cherché à expédier certaines scènes, notamment lorsque "Roselynd" convint sa belle-mère de la laisser partir en ville. A vrai dire, j'aurais bien vu ce passage au chapitre prochain, sous forme de souvenir raconté par "Roselynd". Mais peut-être le contenu du chapitre suivant t'empêchait de l'écrire comme ça... Je m'en vais le lire après avoir posté ce commentaire...

Je suis désolé d'autant critiquer ton chapitre alors que je suis le premier à le commenter. J'ai conscience que cela ne met pas en confiance mais sache que je continuerais à lire ton récit malgré cela.

Je finirais donc sur une touche positive.
J'ai grandement apprécié d'en découvrir plus sur l'univers dans lequel l'histoire prend place : les noms des créatures, le rôle d'Êlo au sein de l'empire, le fonctionnement de la magie. Même apprendre que leur table de 8 places de long occupe leur "petite" salle à manger est intéressant dans la construction de ton monde.
La tension monte entre "Roselynd" et Garance et je n'ai qu'une envie : connaître la suite. C'est d'ailleurs une torture que de se forcer à écrire ce commentaire avant d'aller lire le prochain chapitre.

J'espère t'avoir aidé !
Pandasama
Posté le 21/07/2020
Ne t'excuse surtout pas, je suis consciente que l'Empire D'Êlo est encore dans sa forme imparfaite et qu'il y a (beaucoup) de choses a revoir ! Au contraire j'apprécie ton retour il me permettra d'améliorer les choses à la réécriture !

Merci de m'avoir lue et j'espère que la suite de plaira tout autant !
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