Louise et ses amies

Notes de l’auteur : Le chibre est une variante du jass, un jeu de carte proche de la belote

La scène : La cuisine de Louise. La pièce est divisée en deux : du côté du petit balcon, dont la porte-fenêtre est ouverte, une vieille cuisinière à gaz, des armoires en bois clair au-dessus d'un plan de travail couvert de robots ménagers, porte couteaux et de quelques décorations: planche à fromage avec faïence de Delft, moulin à café ancien. Dans le four, une quiche au fromage est en train de dorer. Le sol carrelé est couleur terre cuite. La vieille table carrée en formica bleu ciel en dessous d'un énorme coucou suisse est couverte de verres à vin plus ou moins remplis, de tranches de pain, biscuits salé secs, fromages, miettes, charcuterie et cartes. Autour de la table, Louise et ses amies jouent au chibre.

 

Les personnages : Louise, Abigaëlle, Garance, Danielle

Abigaëlle, la partenaire de Louise, est une sexagénaire joviale au corps généreux et au visage rougeaud. Elle a un petit panama penché sur la tête sous lequel émergent des cheveux poivre et sel coupés courts. Elle porte des jeans délavés, serrés et un t-shirt noir évasé dont le décolleté en drapée suggère une poitrine généreuse. Elle fume des cigarillos, raison pour laquelle la porte du balcon est ouverte.

Garance, cinquantenaire tout en hauteur et maigreur, long nez droit et bouche fine et serrée, a un air d’échassier. Ses longs cheveux permanentés, teints en roux, avec une bonne longueur de racines grisonnantes, sont attachés négligemment en chignon avec un élastique éponge rose. Très concentrée sur le jeu. Elle porte un training de sport gris et rose pâle. Régulièrement, elle bat de la main pour éloigner la fumée des autres même si elle fume elle-même une ou deux cigarettes dans la soirée.

Danielle, sur sa septantaine, la plus âgée, a un air fatigué, légèrement guindé sous ses épaisses lunettes à écailles. Elle porte elle aussi les cheveux courts, autrefois blonds et une cravate noire sur une chemise blanche, un pantalon de coton uni et de grosses chaussures de style Doc Martens noires. Elle a un tic, elle renifle fréquemment en retroussant son nez comme si elle était dégoûtée, surtout lorsqu’elle est tendue.

 

Louise : 157 points pour Garance et Dani. Heureusement qu’on a remporté cette petite plie, Abbi. Surtout avec ces deux annonces que tu as omises. Tu ne choisis pas systématiquement le cœur en atout parce que c’est ta couleur préférée, dis-moi ?

Abigaëlle : Ha ! Mais dis que je ne sais pas jouer ! Te gêne pas !

Louise : Non, c’est juste que jusqu’à maintenant tu as systématiquement choisi le cœur.

Abigaëlle : Oui, je n’arrête pas d’avoir un bon jeu en cœur. C’est ma soirée cœur. Peut-être que c’est un signe.

Louise : Arrête, Abbi, et joue sérieusement. Si tu avais de si bonnes cartes en cœur on aurait remporté quelques plies et pourquoi tu ne fais pas d’annonces ?

Abigaëlle hausse les épaules en souriant.

Danielle : Tu as la tête ailleurs, c'est sûr. C’est toi qui distribue.

Elle se passe la main dans les cheveux et renifle en retroussant le nez vers le coucou qui se met à chanter huit heures. Toutes se tendent vers la petite porte au centre, en dessous de l'oiseau. 5, 4, 3, 2, 1... elle s'ouvre et des personnages se mettent à danser en rond. 3 tours et puis s'en vont. Danielle tire une bouffée sur sa cigarette.

Abigaëlle : (soupire puis bat les cartes, les repose sur la table et se sert un verre de rouge) Dis Louise, elle était pas là Danielle quand tu nous as raconté tes dernières aventures. Allez, raconte-lui voir. Tu vas voir Dani, c’est hilarant !

Louise : J’ai déjà raconté deux fois.

Abigaëlle : oui mais Danielle n’était pas là.

Garance (s'éventant pour chasser la fumée de la cigarette de Danielle) : Abbi… laisse-la donc. Et distribue.

Abigaëlle  : Mais c’est à se tordre. Ecoute ça Dani !

Danielle : Tu parles de quoi ? Du fait que Louise passe ses soirées à poser nue ?

Louise : Comment ça « passe ses soirées » ? Tu me prends pour une femme légère, peut-être ? Poser nue pour le dessin académique c’est honorable ! Comment feraient les artistes si tout le monde adoptait ton attitude ?

Danielle : J’ai pas voulu te blesser, désolée.

Louise : Je n’apprécie ni le ton ni les sous-entendus.

Abigaëlle (allumant un cigarillo sous le regard noir de Garance) : Louise, elle s’est excusée… Allez, raconte-lui.

Danielle : C’est vrai, je trouve ça très courageux ce que tu fais.

Louise : (mi flattée, mi sceptique, chassant de la main la fumée du cigarillo) Bon, voilà. Alors, comme tous les jours depuis environ un mois, je me suis rendue à l’académie des arts en début de soirée. Je suis entrée en peignoir dans la salle de dessin et ... Je m’étais changée au vestiaire, Abbi ! Je ne me suis pas rendue à l’académie en peignoir ! Bref, on m’a fait prendre la pose. Enfin je veux dire, on m’a dit comment prendre la pose. Arrête de rire comme une baleine, toi ! Ce soir-là c’était une scène de groupe. Moi, ça m’intimide un peu mais bon, j’aurais pu dire non, on ne nous oblige pas, n’est-ce pas ? Mais les autres étaient là et je n’avais pas envie de paraitre inhibée. Qu’est-ce que tu dis ? Un peu que ça se voit et j’en suis fière ! Tu devrais peut-être faire de même, ça te débloquerait. Bon, je continue. Donc je me suis débarrassée du peignoir et j’ai rejoint le groupe. On était trois et on devait se mettre en arc ouvert vers les artistes. On regardait quelque chose sur le sol qui devait nous fasciner. On regardait surtout nos pieds. Ou plutôt ceux des autres. Vous n’imaginez pas comme c’est intéressant un pied. C’est beau et laid à la fois. Et ils sont tous si différents. On y voit beaucoup de choses ! Oui, d’accord, je continue. On devait donc se regarder les pieds pendant une vingtaine de minutes. Ensuite on change de pose. Moi j’avais pris une expression curieuse et inquiète, suspicieuse en fait, comme ça. Oui, bon, peut-être que je le faisais mieux là-bas, c’est difficile comme ça spontanément. Il faut garder la pose et l’expression tout le temps et l’expression, elle a tendance à fondre sur le visage, on finit par s’oublier. J’avais les cheveux détachés et ils couvraient en partie mon corps et mon visage comme un rideau. Je pouvais voir les artistes quand je tendais l’œil vers eux, ils … Pardon ? Oui, il y avait un homme dans le groupe. Pourquoi tu demandes ça ? Bien sûr qu’il était nu aussi ! Oh, arrête. Qu’est-ce que je disais ? Ah oui. Les artistes, je pouvais les voir à travers le rideau de mes cheveux si je tendais l’œil. Je n’étais pas sensée lâcher la pose mais c’est difficile de garder les yeux au même endroit pendant vingt minutes. Moi j’ai les yeux baladeurs et … franchement, vous avez l’esprit très mal tourné ! Donc ! Les artistes je les voyais à travers mes cheveux. Ils étaient assez nombreux ce soir-là. Je voyais surtout leurs genoux avec les planches à dessin installée à la verticale dessus et je les entendais griffonner. Et parfois ils penchaient la tête pour nous étudier avec leur air très sérieux, très professionnels. Ils en font un peu trop à mon avis. Une fois il y en a un qui m’a fait un clin d’œil, pas ce soir-là mais une fois quand j’étais en face d’eux. Il m’a fait un clin d’œil et je me suis sentie rougir, j’ai senti un fou rire monter. Il ne faut pas se mettre à rire mais quand un fou rire vous prend. Je me suis mise à faire la liste des courses dans la tête mais qu’est-ce que j’avais envie de rire ! D’autres fois on a envie de perdre la pose parce que le corps se met à chatouiller, démanger… Là aussi il faut penser à autre chose, aux courses, aux corvées, ou compter. Parfois je fais des maths dans ma tête ou je joue du piano, je refais la partition dans ma tête. Ca m’aide à me concentrer. Oui, oui, j’y arrive, j’y arrive. Alors donc ça faisait une dizaine de minutes qu’on posait et je commençais déjà à me sentir ankylosée quand j’ai entendu la porte s’ouvrir, se fermer et quelqu’un avec de gros talons sonores traverser la pièce. Le genre de fille qui marche comme un soldat. La retardataire s’est excusée et s’est installée derrière, elle a posé son sac, farfouillé dedans et puis elle s’est mise au travail. Et là, au bout d’un moment, je la sens qui me scrute. Oui, me scrute. Ca se sent ce genre de chose, l’intensité du regard de quelqu’un sur soi. C’est comme une tension, une corde qui vibre. Comme un danger, vous voyez ce que je veux dire ? Alors je jette un œil sans bouger de son côté et je la vois qui m’examine avec une grimace perplexe sur le visage. Et là j’ai failli verser, c’était Cassandre ! Oui, Cassandre ! J’ai penché la tête pour que mes cheveux recouvrent un peu plus mon visage. J’étais prise entre deux envies : disparaître sous terre ou éclater de rire. Là je l’ai senti venir le fou rire ! Et tout ça sans bouger. Et elle qui continuait de me regarder avec cet air d’incompréhension. Cassandre. Qui aurait cru qu’elle faisait du dessin académique ? Il faut dire qu’elle ne téléphone déjà pas beaucoup mais en plus quand elle le fait ce n’est pas pour raconter sa vie. C’est un secret d’état, sa vie. Elle a toujours été comme ça, sur la défensive dès qu’on s’intéressait à elle. Bref, à la fin de la séance de vingt minutes il fallait changer de position et ça je le redoutais vraiment. Tout à coup le temps me semblait passer terriblement vite. Quand la professeure a dit de prendre une nouvelle pose, j’ai gardé la tête en bas avec les cheveux dans la figure. Mais elle nous a mis dans une position genre groupe cueillant des fruits. On devait se dresser, pencher la tête en arrière et mettre les mains en l’air. Je me suis arrangée pour tourner le dos pendant que les deux autres étaient en face mais du coup je ne la voyais plus et je la sentais qui m’étudiait. Ca me chatouillait la nuque. C’était reparti pour vingt longues minutes et c’était beaucoup plus pénible que la première pose. Quand on a terminé, je me suis dépêchée de ramasser mon peignoir sans me retourner, d’aller me changer et j’ai filé. J’allais monter dans un taxi quand elle m’a interpellé. « Maman ? » J’espère qu’elle n’a pas vu comment j’ai sursauté. J'avais l'impression d'être une gamine qu'on prenait la main dans la boite à biscuits. Je me suis retournée et j’ai feint la surprise. « Maman, qu’est-ce que tu fais là ? » Je lui ai dit que j’étais allée voir une exposition. Je lui ai demandé à mon tour ce qu’elle faisait là. Du shopping, elle m’a répondu !

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Fannie
Posté le 23/04/2020
Louise a tendance à sauter du coq à l’âne en racontant son anecdote, mais c’est dans son caractère. La rencontre entre la mère et la fille est surprenante ; ça doit être vraiment gênant pour elles, mais la situation est cocasse. Leurs mensonges sont si énormes qu’ils ne sont pas crédibles pour un sou et elles en sont probablement conscientes, mais c’est amusant de voir comme elles se cachent réciproquement leurs activités. (Quoique... j’ai de la peine à croire que Cassandre n’ait pas reconnu Louise.)
Au début, tu présentes un peu cette nouvelle comme une pièce de théâtre et ensuite, il y a ce long monologue où Louise répond à des réactions que le lecteur ne voit pas. Camus a utilisé ce procédé dans La Chute, mais chez lui, même si l’interlocuteur n’est pas mis en scène, ses réponses sont intégrées dans le récit du personnage qui monologue parce qu’il les suggère, les répète ou les commente. Je dois avouer que je n’ai pas été embarquée dans cette nouvelle ; pour moi, la sauce n’a pas pris. Peut-être que je manque d’imagination et que je n’ai pas l’esprit assez ouvert car d’autres lecteurs semblent avoir apprécié.
Avec ma mauvaise mémoire, je n’ai pas retenu les caractéristiques des différents personnages, qui sont données en une fois au début, sans rappel dans la suite de l’histoire — et d’ailleurs dans un style qui s’apparente à des notes plus qu’à un texte élaboré. Et du moment que Louise est interrompue, qu’elle saute du coq à l’âne, bref, qu’on n’arrive pas à avoir un récit continu de sa part, pourquoi ne pas écrire et mettre en scène les réactions de ses amies ? En fin de compte, ce texte me donne un peu l’impression d’être expérimental ou pas vraiment mis en forme. Je trouve aussi que le langage de Louise fait trop jeune pour sa génération.
Coquilles et remarques :
— un jeu de carte proche de la belote (Notes) [de cartes]
— couvert de robots ménagers, porte couteaux et de quelques décorations: [d’un porte-couteaux / il manque l’espace insécable]
— Le sol carrelé est couleur terre cuite. [L’absence de préposition donne une impression de style télégraphique.]
— biscuits salé secs [salés]
— des cheveux poivre et sel coupés courts [coupés court ; ici, « court » est adverbe]
— Elle porte des jeans délavés, serrés et un t-shirt noir évasé [Il faudrait enlever la virgule ou placer « serrés » entre deux virgules.]
— dont le décolleté en drapée suggère [en drapé]
— cinquantenaire tout en hauteur et maigreur [Dans une nouvelle précédente, j’avais corrigé « cinquantenaire » en « quinquagénaire ». Mais certains dictionnaires l’admettent en tant que substantif désignant une personne ; ce n’est donc pas faux, mais « quinquagénaire » est préférable. / Dans ce cas précis, j’écrirais « toute en hauteur et en maigreur », traitant « tout(e) » comme une épithète détachée plutôt que comme un adverbe. La nuance est ténue : Garance n’est pas « complètement » en hauteur et en maigreur, mais c’est toute sa personne (physique) qui l’est.]
— long nez droit et bouche fine et serrée, a un air d’échassier [Je remplacerais le premier « et » par une virgule.]
— Elle porte un training de sport [C’est peut-être un helvétisme, mais c’est son caractère d’anglicisme qui me pousse à te suggérer « survêtement ».]
— Ecoute ça Dani ! [Écoute / Virgule avant « Dani ».]
— Poser nue pour le dessin académique c’est honorable ! [Virgule avant « c’est honorable ».]
— C’est vrai, je trouve ça très courageux ce que tu fais. [Virgule avant « ce que tu fais ».]
— mi flattée, mi sceptique [mi-flattée, mi-sceptique]
— Vous n’imaginez pas comme c’est intéressant un pied. [Virgule avant « un pied ».]
— Je n’étais pas sensée lâcher la pose [censée ; « sensée » veut dire qu’elle a du bon sens]
— Les artistes je les voyais à travers mes cheveux. [Virgule après « artistes ».]
— avec les planches à dessin installée à la verticale [installées]
— avec leur air très sérieux, très professionnels [professionnel ; ça s’accorde à « air »]
— Ils en font un peu trop à mon avis. [Virgule après « trop ».]
— Il ne faut pas se mettre à rire mais quand un fou rire vous prend. [Virgule avant « mais ». / Je mettrais des points de suspension après « vous prend » parce que la fin de la phrase est sous-entendue.]
— Ca m’aide à me concentrer. / Ca se sent ce genre de chose [Ça (les deux fois). / Virgule avant « ce genre ».]
— Là je l’ai senti venir le fou rire ! [Virgule avant « le fou rire ».]
— Il faut dire qu’elle ne téléphone déjà pas beaucoup mais en plus quand elle le fait ce n’est pas pour raconter sa vie. [Virgule après « en plus » et après « le fait ».]
— C’est un secret d’état, sa vie [secret d’État]
— Bref, à la fin de la séance de vingt minutes il fallait [Virgule avant « il fallait ».]
— pendant que les deux autres étaient en face mais du coup je ne la voyais plus [Virgule avant « mais ».]
— Ca me chatouillait la nuque. [Ça]
— J’allais monter dans un taxi quand elle m’a interpellé [interpellée]
MbuTseTsefly
Posté le 24/04/2020
Bonjour Fannie, oui, j'aime bien mélanger les genres et les styles - c'est voulu. Le monologue où on devine les réactions des autres est une tentative d'humour. Domaine où je ne m'aventure pas facilement. Je trouve aussi que Louise s'éloigne du personnage original, ce qui me fait un peu soucis, pas seulement ici. C'est la plus grosse difficulté, montrer les facettes différentes d'un personnage tout en lui restant fidèle. Ici, avec ses amies, elle perd beaucoup de son caractère très bourgeois. Et oui, elle est de plus en plus jeune par rapport au premier chapitre. Merci pour ta lecture et tes corrections.
arno_01
Posté le 20/03/2020
Tes personnages touchent vraiment très juste (ils ressemblent effectivement à nos grand parents à bien des égards).
J'ai eu un peu peur en commençant ce chapitre quand j'ai vu la forme théâtrale qu'il avait.
Mais cela passe très bien.
Surtout le monologue de Louise. Très drôle, très croustillant aussi. C'est clairement le fait qu'il soit parlé qui en fait la force de chapitre, et qui justifie bien la forme.

Merci encore pour cette belle histoire.
MbuTseTsefly
Posté le 21/03/2020
Merci Arno, je l'avais d'abord raconté avant de réaliser que Louise le ferait peut-être mieux et j'aime bien insérer un genre différent dans un texte. Je me suis bien amusée à écrire ce chapitre je dois dire.
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 07/02/2020
Qu'est-ce que j'ai ri ! J'imaginais Abigaëlle, Garance et Danielle en train de glousser, et interrompre sans arrêt Louise. Qu'est-ce que c'était drôle !
La ponctuation a été parfaite du début jusqu'à la fin pour donner le bon rythme.

J'adore surtout cette phrase, où je l'imagine bien s'interrompre une seconde sur les 3 petits points et prendre un ton sérieux pour leur dire qu'elles ont l'esprit mal tourné haha
"Moi j’ai les yeux baladeurs et … franchement, vous avez l’esprit très mal tourné !"

J'avais la scène devant les yeux, c'était parfait.
Et puis, la fin ! Mais alors la fin entre la mère et la fille qui se cachent leurs vies respectives, c'était excellent.
MbuTseTsefly
Posté le 07/02/2020
Ca me fait plaisir que tu aies aimé, merci. Je me suis amusée à l'écrire :-)
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