L'origine du trésor

— Et ici ?

Mousse.

— Un arbre. Le bois est pourri, il faut l’abattre. On aperçoit la vermine qui grouille dans l’écorce.

Non, pas de perruque, de poudre, de parfum aux lys.

Mousse. Et bois.

Après tout, c’était là que tout avait commencé, sous les frondaisons des sapins agités par la brise descendue des montagnes. Au milieu de clairières piquées de boutons d’or. Quatre murs, des rondins et des troncs noirs où se perdait le jour comme la nuit. La cheminée tirait en permanence, dans une lutte inutile face aux assauts de l’humidité et sa fumée avait moucheté le toit de crasse. L’herbe se courbait avec mollesse sous les pas. Il suffisait de se pencher pour y pêcher quelque asticot frétillant.

— Et pour cette tache, Monsieur, que voyez-vous donc ?

Oui, que voyait-il donc ? Le rebord de son chapeau à lui, empesé de velours et de plume. Quelques frênes et calèches vernies par-delà les croisillons du bureau de la médecin, soigneusement recommandée par le comte de Soisson lors du dernier jeu chez la reine. Une grande bibliothèque de reliures en cuir gravées d’un latin abscons auquel sa misérable éducation l’empêchait de caresser l’espoir d’y comprendre un jour quoi que ce soit. Puis ce parquet, sous le tapis persan à la laine d’indigo mêlé d’émeraude, ces nœuds dans le bois qui le ramenaient des années en arrière, en une masure décrépite, là où il avait porté un regard lucide sur sa propre personne pour la première fois. C’était ainsi que l’avait formulé une grande femme derrière la silhouette d’un homme mort.

Sa canne frappa le sol, moins par colère que du fait de cette gêne qui embourbait les rouages d’ordinaire si bien huilés de son esprit. Une gangue. Aussi collante et noire que la boue sous l’appentis à poules où ils rangeaient les bûches. Et tout aussi puante.

— Je pense, Madame, que nous allons nous arrêter là. Je ne saisis point l’utilité de cet exercice. Me prenez-vous pour un fou ? Un enfant ?

Il pensait l’avoir blessée. Elle se contenta de retirer ses bésicles en un soupir las et enroula les parchemins où s’étalaient ces fameuses taches que la médecin s’échinait à lui faire déchiffrer depuis le début de leur séance. Les frisottis de ses cheveux se halaient d’un rayon blanc tandis que le jour découpait la robe noire de sa profession sur le bois d’acajou plus clair des étagères.

— Pourquoi êtes-vous venu me voir ? glissa-t-elle. Vous refusez les tests, mais vous êtes là. C’est que vous avez bien un problème à régler, Monsieur.

En contrebas, monta avec la pureté cristalline du carillon le chant d’une lavandière que les piaffements des chevaux peinaient à étouffer. Il pencha la tête un instant, moins pour savourer la mélopée que pour arracher toute velléité de mélancolie tentée de s’installer dans son esprit. La confidence lui échappa sur un ton distrait, comme presque par accident. Sans doute voulait-il le croire.

— Je suis ici, car bien que né homme, par une cause mystérieuse, je suis à présent un monstre.

Le soleil brilla un peu plus fort à ses mots et la poussière du bureau se mua en lucioles teintées d’or. 

— Vous n’avez pas l’air d’un monstre, souligna la médecin. Mais si c’est ainsi que vous vous sentez, je peux essayer de vous amener sur la voie de la guérison…

Il l’interrompit sèchement, pris d’un mouvement d’humeur.

— J’ai sept frères. Des parents pauvres. Le saviez-vous ?

La médecin eut la délicatesse de laisser planer les mots. Il grimaça. Cela avait été une bêtise et une perte de temps de venir ici. Il n’aurait pas dû écouter le comte de Soisson. Sans doute ce dernier essayait-il de le distraire d’un de ses plis maladroits, pour éponger déjà les livres de pertes qui s’accumulaient à la lueur ténébreuse des candélabres et des lustres. Dans ce bureau enchanteur, il sembla au visiteur que cette soirée n’avait été qu’une brève excursion en une grotte, moite de sa proximité avec les Enfers.

— Permettez-moi de prendre congé. Je vois bien que vous ne me croyez pas. Soyez sans crainte, vous serez payée quoi qu’il en soit.

Au moment pour lui de se lever, la main déjà sur le chapeau, un geste du bras de la médecin l’invita à se rasseoir. Sans trop savoir pourquoi, le visiteur obtempéra. Il émanait de la femme une douce, mais ferme autorité, qui instillait l’envie de lui accorder encore une chance. Comme si elle devinait et excusait à l’avance chacune de ses grossièretés. 

— Je n’ai point dit que je ne vous croyais pas, reprit-elle. Je connais votre histoire. Je connais votre nom. N’importe qui dans cette ville sait que…

— N’hésitez pas. Dites-le. Ce n’est pas une tare.

— … que vous venez d’une famille extrêmement pauvre et qui vivait recluse dans les bois. 

La suite, les rumeurs, les mensonges… Les commérages qui bruissaient comme autant de feuilles mortes sous ses pas tandis qu’il avait rapporté un trésor capable d’acheter pour ses six frères et lui du prestige, des titres de noblesse et conserver encore assez de ressources pour qu’on racontât sur son compte que son coffre-fort avait le pouvoir de multiplier or et joyaux. Une bêtise. Mais une bêtise tenace. 

Il n’y avait que sa fratrie pour se trouver liée à ce mystère, la source de cette richesse et qui en connaissait toute la ténébreuse ramification.

Ses yeux errèrent une nouvelle fois parmi les reliures en cuir de la bibliothèque, faute de pouvoir croiser le regard de la médecin. Les mots. Tous ces mots sur ce papier, des mots à foison, des mots à en mourir. Des bouquets, des paquets, des montagnes. Tous ces mots, et pourtant, lorsqu’il voulait parler, rien. 

— Saviez-vous, articula-t-il avec lenteur, que mes parents sont restés dans les bois ? Jamais je n’ai voulu leur laisser une pièce. On m’a raconté que le prêtre a retrouvé leurs corps gelés l’hiver suivant. Ils n’avaient plus de quoi se chauffer. Et moi, je me dis que j’aurais simplement préféré les voir mourir de faim.

Le ton rauque, il fronça les sourcils : 

— N’est-ce pas là le premier apanage d’un monstre, Madame ? Haïr ses propres parents ?

— Je suis une médecin hors du jugement des âmes, Monsieur. C’est là un des principes de ce nouvel art que j’entends développer. Vous avaient-ils fait quelque chose pour attirer ainsi votre courroux ?

Au souvenir de la bouche écarlate de cet homme prête à le dévorer, le visiteur frissonna. D’un coup, malgré la chaleur de la pièce. Le tumulte de la rue s’écartait de son esprit. Une peau rêche. Une voix rauque. Les scènes dansaient encore et encore en son âme, en carrousel infini. Le contact glacé de ses colliers de perles contre ses joues. La montagne de trésors qu’abritait alors sa forteresse, dont les portes tutoyant les chênes ne s’ouvraient qu’une fois pour éteindre tout espoir dans le cœur de ses sept jeunes invités. La régularité de cette torture qu’il affectionnait tant. Là-haut, perdu dans les noirs sapins.

— Tout ce que je dirai ici demeurera confidentiel ? grommela le visiteur. Vous en êtes certaine ?

 — Il en va de ma réputation.

Tout se brouillait autour de lui, les sensations émoussées par cette douleur lointaine qui sans cesse revenait le harceler la nuit, quand l’esprit était le plus faible et la folie plus certaine.

— Mes parents nous ont vendu pour ne pas nous voir mourir de faim. À un châtelain. Il cherchait des garçons pour servir en sa demeure.

Inutile de prolonger les explications, le spectre flottait sans que nul dans la pièce ne ressentît l’envie de l’incarner par une poignée de paroles maladroites et mal venues. 

— Pourquoi nous avoir tous livrés ? Je me serais sacrifié seul avec plaisir. J’ignore encore leur motivation aujourd’hui. 

Sa voix dérailla, mais il se raidit et se ressaisit bien vite.

— J’ai réussi à nous faire sortir de là une première fois. Nos parents nous y ont ramenés. De force. 

— Je…

Le visiteur abattit alors le poing sur la table avec une telle force que la marqueterie craqua. La médecin n’avait pas bronché, occupée à faire tournoyer une plume maculée d’encre sèche. Elle ne prenait pas de notes, sans doute pour lui montrer sa bonne foi envers son secret. Le visiteur se crispa, la tête gonflée de nuages et de bourdonnements. Ses yeux lui piquaient, si bien qu’il fixait à présent la fenêtre, la mâchoire serrée, la voix glacée.

— Alors, je l’ai tué. Oui, j’ai tué l’Ogre. Je lui ai tout volé, jusqu’au dernier diamant, pour mes frères et pour moi. 

La médecin tapota l’encrier du bout de la plume, sans pour autant en tremper la pointe. Un réflexe empreint de réflexion et de chagrin. Elle remit ses bésicles pour mieux dissimuler son trouble, mais sa voix avait pris une entournure peinée malgré elle.

— Vous n’êtes pas un monstre. Vous n’avez pas eu le choix, Monsieur du Petit Poucet. Personne ne vous a laissé le choix. 

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Hastur
Posté le 16/10/2021
Hello !

C'est avec un grand plaisir que je découvre ta plume avec ce texte :).
Une sacrée maîtrise du vocabulaire et des tournures qui nous offre une texte fluide et plein de richesses.
J'ai vraiment apprécié la conclusion que tu apportes au mystère ! Je la trouve très intéressante !

Merci pour ce petit moment d'évasion !

A bientôt :).
itchane
Posté le 16/10/2021
Hello Alice : D

Hooo mais c'était trop bien !
Ta plume est vraiment magnifique, à la fois riche et fluide en même temps, c'est beau ♥

Je ne connais pas du tout mes classiques alors je n'avais aucun moyen de penser au Petit Poucet avant la chute, mais j'ai adoré le décalage entre l'époque du récit et l'idée de la psychothérapie ^^

J'ai compris assez vite cette intention, dès la question "et pour cette tâche, que voyez-vous donc ?" qui m'a d'autant fait sourire une fois les personnages du comte de Soisson ou de la reine mis en scène car tout à coup le décalage temporel était évident.
Pour moi cette idée s'est éclairée assez vite contrairement à d'autres plumes, l'étrangeté du dialogue et des descriptions du début s'est résolu dès le second paragraphe, ne créant pas du tout de frustration, au contraire j'ai trouvé ça cool de me dire assez rapidement "ha mais oui ça y est j'ai pigé, haha !" : D

Quand à la chute, comme je disais, je n'étais pas une lectrice capable de la deviner à l'avance mais elle m'a bien fait rire car la surprise était totale de fait ^^
(et j'ai beaucoup aimé l'apparition, l'air de rien, d'une particule à son nom maintenant qu'il est riche ^^")

Bref, pour moi ça a fonctionné et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte : )
Isapass
Posté le 14/10/2021
Ah c'est marrant : il y a une autre nouvelle du concours qui revisite Blanche-Neige et je l'ai lu juste avant la tienne ! Les contes inspirent, apparemment :)
En tout cas, c'est clair que la psychothérapie du petit poucet, ça doit être du lourd ! Le trauma est de taille !
J'ai deviné assez vite, mais ça ne m'a pas gâché le plaisir.
Bravo !
GueuleDeLoup
Posté le 11/10/2021
Coucou ALice,

J’ai beaucoup aimé cette lecture ! quelle belle plume, quel chouette mystère . J’avoue que j’avais déviné la chute bien avant la fin (à partir des six frères) mais je suis assez friande de contes de fées donc ça n’en a été que plus agréable. C’était vraiment, bien ! Bravo !
Alice_Lath
Posté le 11/10/2021
Hello GueuleDeLoup ! Eh bien, je crois bien que tu es la seule à avoir deviné de quoi il s'agissait :') Bravo à toi hahahaha ! Et je suis enchantée que la lecture ait été un chouette moment
Merci encore pour ton commentaire !
Kevin GALLOT
Posté le 10/10/2021
Salut Alice ! hé hé pas mal du tout cette chute ! Belle réinterprétation ! Comme les autres j'ai eu beaucoup de mal à comprendre quoi que ce soit dans les premiers paragraphes, puis tout s'est éclairé, presque tout. Je crois avoir manqué de repères spatio-temporels pour me guider suffisamment dans l'intrigue.
En tout cas belle nouvelle et très bien écrite. Merci !
A+
Alice_Lath
Posté le 11/10/2021
Hello et merci de ton passage ! Je suis navrée si les premiers paragraphes ont pu te gêner :/
En tout cas, merci pour ton com et je suis contente que malgré tout la nouvelle t'ait plu !
Belisade
Posté le 09/10/2021
Bonjour Alice_Lath,
En dehors de la revisite du conte ou plutôt 'sequel' du petit poucet, j'ai trouvé ton écriture magnifique, le style fluide et en même temps ardent, très agréable à lire. La première lecture, même si on est porté par la virtuosité de l'expression, ne permet pas de comprendre le sens de l'histoire, sauf évidemment à la fin où l'on perçoit le pourquoi du comment. Mais à la deuxième lecture, tout s'éclaire :)
Très original.
Alice_Lath
Posté le 11/10/2021
Bonjour Belisade,
Merci beaucoup pour tes mots extrêmement gentils sur mon style d'écriture, je suis vraiment ravie qu'il ait su te plaire (et je suis navrée pour le potentiel défaut de compréhension induit)
Merci encore et très bonne soirée à toi ! :)
Prudence
Posté le 05/10/2021
Re ! Je n'ai pas pu m'empêcher de laisser un commentaire xD Comme le dise les autres plumes, je n'ai pas bien compris le début. Mais c'est en lisant la suite que j'ai commencé à comprendre. De ce fait, je suis retournée lire le début, et cet instant était magique, j'avais l'impression de lire autre chose x) Je suis de ces lecteurices qui ne comprenne rien à la première lecture (souvent) et qui s'extasie de comprendre par la suite. Donc, ça ne m'a pas du tout dérangée, au contraire, j'étais d'autant plus heureuse de finir par comprendre (surtout ce début et ces mots se succédant sans apparente logique, au premier abord x)) J'ai adoré découvrir les personnages et le conte sous cet angle de vue, assez inattendu, j'ai trouvé ^^. La médecin m'a fait rire, je ne saurai dire pourquoi. Une lecture géniale ! Ce concours regorge de pépites, je ne m'attendais pas à ça x)
Alice_Lath
Posté le 06/10/2021
Heeey Prudence !
Beh je suis ravie d'entendre ça ! Surtout que oui, dans la deuxième lecture, beaucoup de choses doivent apparaître, pck quiche que je suis, j'ai pas trop réussi à les rendre très claires à la première lecture : ')
Pour le coup, la médecin a pas trop été pensée en potentiel comique hahaha mais elle est pas triste non plus, c'est vrai
En tout cas, merci beaucoup pour ton retour ! Et oui, j'ai l'impression de lire pépite sur pépite aussi
JeannieC.
Posté le 04/10/2021
Hey hey =D

Très intéressante réécriture du conte - comme Alice, c'est un genre qui arrive à beaucoup me plaire quand les contes sont réinterprétés, détournés, adaptés. Je ne comprenais pas du tout au début mais appréciais cependant l'écriture, toujours aussi soignée pour les descriptions. Chaque petit "flash" a sa force et une certaine intensité dans le travail des couleurs et de la forêt. <3 Heureusement, on comprend ensuite très vite qu'il s'agit du test des taches, alors je n'ai pas été gênée de ne pas caler immédiatement ce qui se passait avant que l'info ne tombe. On savoure ce qu'on a sous les yeux.

La suite du dialogue m'a bien plu, c'est intéressant d'imaginer Poucet avoir nourri cette haine pour ses parents, suivi d'une inversion de situation lorsque lui-même dit qu'il aurait encore préféré les voir mourir de faim. Et c'est vrai que j'ai toujours trouvé l'histoire du Petit Poucet assez terrifiante moins pour l'Ogre que justement à cause de cette question de l'abandon : comment ça a pu bien se passer ensuite entre les enfants et leurs parents, derrière l'apparente "fin heureuse" ? Je me suis eu prise à me questionner sur le "et après" x)

Bref, l'idée est très bonne et l'exécution aussi. J'ai juste tiqué sur ce moment :
>> "— Vous n’avez pas l’air d’un monstre, souligna la médecin. Mais si c’est ainsi que vous vous sentez, je peux essayer de vous amener sur la voie de la guérison…" La phrase assez forte "Vous n'avez pas l'air d'un monstre" perd en intensité avec le "souligna le médecin" juste derrière, d'autant que pour moi on devine bien là qui parlait.
>> " — Il en va de ma réputation." Et le secret professionnel aussi tout simplement ?
>> La réflexion sur la monstruosité est intéressante. Dommage que le psy évacue aussi vite à mon sens

Sortie de ces petits chipotages, j'ai vraiment bien aimé ma lecture ! =D
JeannieC.
Posté le 04/10/2021
*la psy
Alice_Lath
Posté le 06/10/2021
Heeey et merci pour ton retour !
C'est la première fois que je m'essaye à la réécriture d'un conte haha tout ça car on m'avait posé la question de qu'est ce qu'il se passe après les contes. Et je me suis dit que les héros étaient souvent bons pour quinze ans de thérapie
Tant mieux aussi si le début ne t'a pas trop gênée ! Ça me rassure un peu hahaha

Oui, pour moi, le Petit Poucet a ce côté effrayant dans le cet aspect où les parents abandonnent leurs enfants par lâcheté, et deux fois. J'avais du mal à imaginer le pardon ensuite, même pour la raison de la faim invoquée dans le conte

Pour la monstruosité, j'aurais beaucoup aimé développer aussi haha, et merci pour tes annotations ! Merci pour ton retour tout court d'ailleurs !
Herbe Rouge
Posté le 04/10/2021
J'étais complètement perdue au début de l'histoire, un peu trop mystérieuse à mon goût (mais bon, c'est le thème!).
Pour préciser, je pense que j'aurais préféré un peu plus d'indices, histoire qu'une fois la chute arrivée je puisse me dire "ah mais oui, c'est donc pour ça qu'il a dit/fait ça !"
Ce n'est qu'un avis tout à fait personnel bien sûr.
J'ai apprécié le style d'écriture (travaillé mais restant fluide), et le coté "bourru" du personnage :)
Alice_Lath
Posté le 05/10/2021
Hello Herbe !
Je suis navrée si le début t'a un peu égarée aussi... et oui, peut-etre pour les indices
En tout cas, merci beaucoup pour ton retour ! ❤
EryBlack
Posté le 01/10/2021
Coucou Alice_Lath !
Très chouette idée, cette réécriture de conte ! Je dois dire que c'est comme ça que je les préfère, je n'ai jamais été très fan du genre ; mais quand les contes sont réécrits, c'est là qu'ils gagnent en intérêt à mes yeux. Je trouve ça réussi, ainsi que ta façon de distiller des indices.
Par contre, je dois dire que je n'ai absolument rien compris au début à la première lecture. Jusqu'à cette phrase "C’était ainsi que l’avait formulé une grande femme derrière la silhouette d’un homme mort." que je n'ai en elle-même toujours pas comprise d'ailleurs. Ensuite seulement, avec l'apparition de la médecin, on comprend qu'elle le soumet au test des taches. Ce n'est pas inintéressant comme procédé, mais je me suis sentie vraiment perdue, incapable de faire les liens (la perruque, l'arbre mort, la cabane...) et d'imager ce que je lisais, pendant un temps que je juge un peu trop long.
De même, quand le Petit Poucet se lève en disant qu'il voit bien que la médecin ne le croit pas, je n'ai pas saisi ce qu'il pense qu'elle ne croit pas. Elle ne croit pas qu'il est un monstre ? Mais en l'occurrence, ils ont l'air de se focaliser d'abord sur l'ascendance pauvre du Petit Poucet. Du coup... j'ai l'impression que quelque chose m'a échappé.
Ça reste une très chouette idée, j'ai adhéré à une bonne partie du texte ! L'émotion à la fin était très bien rendue. J'ai aussi beaucoup aimé ce passage "Tous ces mots, et pourtant, lorsqu’il voulait parler, rien." C'est bien formulé et l'idée trouve vraiment résonnance chez moi. La fin me semble bien choisie aussi : on peut imaginer un premier pas vers un "rétablissement" du Petit Poucet, et on l'appelle de nos vœux. Et ce personnage de femme médecin me plaît aussi !
EryBlack
Posté le 01/10/2021
Ah oui et : le titre aussi est super bien trouvé !!
Alice_Lath
Posté le 02/10/2021
Hello Ery ! Beh tout d'abord, merci,
Pour le sentiment d'être perdue, je dois t'avouer que j'imaginais pas que le début soit un peu "confusant" haha, comme la personne qui m'a lue avant que j'envoie m'avait pas fait de commentaire à ce sujet... Bref, je suis navrée que cela ait gêné ta lecture, je m'en excuse
Pour la phrase : "C’était ainsi que l’avait formulé une grande femme derrière la silhouette d’un homme mort." -> C'est un clin d'oeil à la phrase qui vient avant celle-ci, plus ou moins une citation des Mémoires d'Hadrien de Yourcenar
Merci encore pour ta lecture et je suis désolée...
Alice
EryBlack
Posté le 02/10/2021
Oh mais il ne faut pas t'excuser ! Je suis désolée si j'ai pu te laisser l'impression que c'était nécessaire, mais pas du tout en fait, mon commentaire ne se voulait pas accusateur, juste constructif. C'est moi qui m'excuse, du coup, j'ai dû mal m'exprimer !
Avec ton explication de Yourcenar, je comprends mieux cette phrase également. Comme rien d'autre ne m'a évoqué son oeuvre dans le texte, je n'aurais vraiment pas pu deviner. J'avoue que je suis étonnée que la personne qui t'a lue avant n'ait pas eu de problème, mais ça me fait me remettre en question aussi, peut-être que je n'étais pas suffisamment concentrée. C'était surtout une question de "liant" au début, beaucoup d'images s'accumulent sans que le cadre soit facile à définir tout d'abord... Voilà ce que je voulais dire, j'espère que c'est un peu plus clair. Merci à toi pour ton texte et ta réponse qui éclaircit certains points !
Alice_Lath
Posté le 02/10/2021
Hello ! Nan, tkt haha je l'ai pris en mode constructif, pas du tout accusateur, je te rassure !
Et oui, c'était un clin d'oeil peut-être un peu bancal. Je ne sais pas pour la personne haha je sais pas trop ce qu'il s'est passé dans sa caboche, pitêtre qu'elle voulait pas trop me déranger ? Je l'ignore
En tout cas, merci encore ! Et je comprends tout à fait tes points :')
Edouard PArle
Posté le 01/10/2021
Coucou !
J'avoue que je ne voyais pas trop où tu voulais en venir pendant l'avancée du chapitre mais la chute explique tout ! Elle est géniale (je n'en dis pas plus pour les vilains qui regardent les commentaires avant de lire xD)
Non franchement super bien trouvé, je te souhaite beaucoup de réussite dans le concours !
Et la couverture est vraiment très belle ! L'as-tu réalisée toi même ?
Toujours un plaisir de te lire,
A bientôt !
Alice_Lath
Posté le 02/10/2021
Hello ! Merci beaucoup pour ton passage haha, jsuis contente que la chute t'ait plu !
Oui, j'ai fait la couv moi-même avec une image libre de droite et un template sur canva :')
Merci à toi encore !
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