L’Oiseau de feu

 

La neige du mois de décembre saupoudre notre jardin. Le manteau blanc n’est perturbé que par le va-et-vient de carrosse et de fiacres...

Peu de choses se sont passées depuis ma sortie en ville, autre que l’arrivée de plusieurs colis, le cadeau de Garance, entre autres. Je lui ai offert avec une déférence qui aurait rendu jaloux le plus humble des esclaves... Et avec sa fête d’anniversaire en novembre, elle a maintenant officiellement atteint sa seizième année... 

Quant à ma rencontre de l’auberge… Eh bien, Clarisse ne m’a jamais confrontée sur cet incident. 

Mais que ma tendre belle-mère ou l’inconnu garde ma visible guérison par pure bonté d’âme me semble une option improbable. L’un ou l’autre attend le moment opportun pour me le faire payer. Non, ce genre de façon de penser ne ressemble pas à « belle-maman ». Elle préfère les résultats immédiats, les gains rapides. Et l’homme…

 

Qu’importe ! Un problème ne se résout que lorsqu’il se présente à nous, essayer de passer un obstacle qui n’existe pas encore n’a aucun sens. 

 

La fin de l’été ainsi que tout l’automne m’a plutôt servi à m’assouplir, à optimiser cette magie du feu au vu de mes maigres capacités physiques. 

 

Je n’ai pas touché à l’ombre. 

 

Même si je ne l’ai jamais invoquée, je sens sa pression. Je l’entends. 

 

Mais ma prochaine étape, le jour du rituel de Garance, arrive... demain. 

Pour l’instant, je n’ai qu’à me préparer pour le dîner de ce soir. Les Harriott insistent sur le poids de mon soutien. Je doute qu’elle en ait besoin.  

Lorsque je descends, le nombre élevé d'invités rend la navigation dans le salon difficile. Tout le clan Harriott, des amis proches, dont Augustin, se trouve là. Chacun parade de leurs plus belles tenues, mais je refuse d’honorer ainsi la peste. La jupe noire simple, le chemisier blanc et le maquillage discret que je porte paraissent déjà des efforts trop grands pour elle.

 

Clarisse discute avec d’autres dames et le Duc parle avec un homme qui revêt l’emblème de la guilde des mages sur la poitrine. Le Duc en fait partie, il dirige même son propre laboratoire. Il se concentre sur la traduction et l’étude de textes anciens. La légende veut que l’empire ait perdu son savoir d’antan. Raeka repose à ses pieds, il m’observe avec délice, anticipant le moment où il pourrait fermer ses crocs sur moi. Je l’ignore et salue notre géniteur, qui n’interrompt pas sa conversation pour nous accorder un regard. Je ne m’éternise pas et m’installe sur un fauteuil. Clarisse me lance une œillade hostile. Je devine sans effort la raison de ce regard, enfin la dernière. 

 

Ma tenue. 

Roselynd n’a jamais dépensé autant d’argent dans ce département. Elle ne possédait que des fripes. Elle affichait un style de fillette à gaine et grosse fanfreluche. Elle détecte assez aisément mon manque d’implication vestimentaire. Ne devrais-je pas faire honneur à ma sœur en abordant la plus belle des allures ? Voyons, ce genre de comportement ne me ressemble pas. Et pour ma part, je considère que mettre un corset à une demoiselle avec des troubles respiratoires me semble criminel.

 

Demain, un duvet recouvrira le lieu du rite. C’est autant un avantage qu’un inconvénient pour Garance. On dit que les créatures de feu déploient moins de puissance lors des intempéries. Mais je ne pense pas que trois flocons viendront peser sur la balance. Pas pour une bête comme le loup blanc. D’un autre côté, elle devra se déplacer sur des plaines enneigées. Enfin, cela ne change rien après tout. Je n’ai aucune envie d’interagir. Le salon n’est habité que d'ennemis. Les mieux disposés envers moi se contenteront de m’ignorer. De plus, ne pas parler me permet d’écouter. On décrit la chute de Roselynd et l’ascension de Garance comme certaines. 

 

Pourtant, une personne ose m’aborder. 

C’est en tout cas ce que je pensais lorsqu’une femme d’âge mûr, avec un sourire qui pourrait faire pâlir le soleil lui même se plante devant moi. 

 

La Duchesse de Sebour. 

 

Malgré moi, sa gaieté me contamine et me réchauffe. 

Ces émotions ne viennent pas de mon cœur. S’il existe quelqu’un que Roselynd adore et qui aime Roselynd en retour, c’est bien cette femme. La duchesse est la mère d’Augustin, je me souviens même de la gifle qu’elle lui a infligée lorsqu’il a annulé ses fiançailles. Je me remémore encore des rares sorties en sa compagnie, j’ai en mémoire les conversations enflammées sur les derniers ouvrages en vogue. Et le gout du thé et des pâtisseries qu’elles ont partagé ensemble…Oroh, le renard ailé de la duchesse monte sur mes genoux. C’est exceptionnel qu’une créature tisse un lien avec une autre personne que son propre maître. Je caresse l’animal, je gratte sous son menton. Il adore ça. 

 

Les mariages entre différentes magies demeurent des singularités, mais quand ils se produisent, ils s’effectuent en général entre des éléments qui ne se contredisent pas. L’air et le feu ont une bonne affinité. Moins que les flammes et la lumière, mais la famille qui contrôle ce non-élément est celui de l’archiduc de Lux-Gramard… Et je ne suis que Roselynd de Harriott, même Augustin de Sebour est trop bien pour moi…

 

— Comment te sens-tu ma petite Rose ? me demande-t-elle.

 

Rose. Elle est l'unique personne à l’appeler comme cela.

 

– Bien. Merci Irelia. J’ignorais que Garance vous avait conviée.

 

Peut-être aurai-je été de meilleure humeur. 

 

— C’est un secret, mais je me suis invitée toute seule. Comment Clarisse pouvait-elle agir en me voyant ? Me renvoyer ?

 

Son ton sonne faussement hautain, son rire me contamine. Elle n’apprécie pas Clarisse et ne le dissimule pas. Ce sentiment ne cache pas que du snobisme. Nous n’avons malheureusement pas le temps de discuter, nous sommes conviés à rejoindre la table de la grande salle à manger.

 

Le château Harriott est... un château… En tant que tel, la « grande » « salle à manger » se présente plutôt comme une salle de banquet monumentale. Le duc s’installe au bout de la longue tablée qui accueille la quasi-centaine d’invitées de ce soir. Clarisse s’assoit à sa droite et à sa gauche garance. La place de gauche... celle de l’héritier. Moi, ma position se trouve après Augustin et sa mère. La redondance serait amusante, si elle n’était pas affligeante. 


C’est entre le plat principal et le dessert que Augustin se lève.

 

— Je propose un toast, déclare-t-il après que le silence tombe. À ma douce Garance. Qui demain deviendra une femme à part entière. Puisses-tu vaincre et subjuguer.

 

À sa suite, tous l’imitent et brandissent leurs verres, en reprenant cette dernière phrase. Lorsque d’un seul geste, ils boivent une gorgée de leurs vins, je les accompagne. 

 

— Quelqu’un veut dire un mot ? Continue Augustin. Roselynd peut-être ?

 

Toutes les têtes pivotent vers moi, aussi ma famille entière a pu témoigner de l’exaspération que je laisse apparaître sur mon visage. Pourquoi cherchent-ils tant à m’humilier ? Ces gens sont épuisants. N’ont-ils rien d’autre comme occupation ? Peut-être devraient-ils se mettre au tricot ? Cela leur donnerait un loisir plus sain. Mon attention se tourne vers la duchesse, mais elle n’a d’yeux que pour son fils qu’elle foudroie du regard.  

 

— Je ne suis pas très à l’aise avec les mots, aussi, serais-je brève. Je souris en prononçant ces mots. Puisse la vie t’accorder ce que tu mérites garance. À ta santé ma sœur.

 

Je bois une gorgée de mon verre, les autres m’imminent.

Je m’assieds.

Le dîner et la soirée restent courts. Garance s’éclipse de bonne heure, prétextant se reposer. Je fais de même.

Le lendemain, toute la maisonnée se lève tôt. Beaucoup de nos proches ont dormi au château et parcourent la route avec nous. C’est par exemple le cas, pour Augustin et sa mère, qui embarque dans notre propre véhicule.

 

L’endroit où nous nous rendons se trouve à près d’une heure de chez nous.

Ce qui ne manque pas de m’étonner d’après la mémoire de Roselynd, il me semblait que le lieu était plus éloigné que cela... La créature s’est-elle déplacée ? Possible. Des soldats en rouges bloquent l’accès à la zone, marquée par des bannières arborant des lys écarlates stylisés. Là, des tentes en toile épaisse, posée autour d’une plus grande d’un blanc immaculé se dressent devant nous. Je reconnais la plus claire comme celle qui nous servira de temple. Le rite s’ancre profondément dans le culte d’Êlo, aussi ses prêtres arrivent généralement sur le site du cérémonial quelques jours avant que celui-ci ait lieu. Garance souhaite ménager son effet et décide de descendre la dernière. Clarisse et le Duc continuent sans nous et se rendent directement à l’une des tentes posées pour les invités. Seuls les Sebour nous attendent, ou plutôt l’attendent.

Enveloppée par la cape noire, je ne ressens pas le froid et… l’on ne voit ni mes mains ni la bosse créée par la petite fiole dans ma poche. Notre princesse ne tarde pas à nous faire honneur de sa présence. Lorsqu’elle pose enfin le pied sur le parterre neigeux, la duchesse et moi échangeons un regard, mais rapidement je note que son attention se reporte sur quelque chose derrière moi. 

 

— Lady Garance. Salue une voix dans mon dos.

 

Et cette voix me gèle plus que la température. Je reconnais cette voix. Les chances… Ah... À combien s’élèvent les chances ? Le calcule est simple... À vue de nez elles doivent être de l’ordre d’une sur plusieurs centaines de milliers...

Je me retourne.

 

— Lord Glenn. Répond Garance.

 

Oui. C’est lui. C’est bien lui. L’inconnu de l’auberge est donc Lord... Glenn Aldring, Le Commandeur de l’ordre du Lys et l’homme qui a trouvé notre cadavre ? Oh ! Comme il a dû s’amuser ! Tout ce flirt inutile ! Toutes ces attentions fausses ! J’espère que vous avez bien ri. Lord Commandeur Glenn Aldring. 

 

HAHAHAHAHA !

 

Lord Glenn m’ignore totalement et tourne son regard vers la duchesse.

 

— Irelia, quel plaisir de vous voir ici ! Et sans la quitter des yeux, il la salue d’un baise-main. 

 

— Toujours égal à vous-même, Lord Glenn ! Réponds Irelia avec un doux sourire. Comment se porte votre père ? 

 

— Comme un charme, merci de votre sollicitude. 

 

— Mère, peut-être devrions-nous laisser Lord Glenn et Garance discuter de la subjugation. Commence Augustin, visiblement agacé. 

 

Elle l’ignore superbement, pour continuer sa conversation avec le commandeur. Qu’ils se connaissent ne m’étonne pas, Irelia a longtemps fait partie de l’ordre du Lys rouge, mais… 

Je ne les imaginais pas si proches... 

Peut-être sent-il mon regard sur lui, Lord Glenn pose ses yeux sur moi. La duchesse en profite.

 

— Peut-être avez-vous déjà croisé ma filleule, Roselynd de Harriott. 


 

Il m’accorde un de ses demi-sourires ironiques, pour ma part, j’essaye de mon mieux de refouler toute forme d’animosité. Je contrains mes lèvres à s’étirer, puis j’articule ces quelques mots : 

 

– Le hasard a voulu que nous nous rencontr-

 

Me coupant la parole, il se tourne vers Garance. 

 

 — La cérémonie va bientôt débuter, nous attendons seulement les derniers invités. Explique-t-il. Qui vous assistera ?

 

— Ma sœur, Lord Commandeur.

 

Elle me désigne d’un geste de la main, elle accompagne son mouvement d’un sourire amusé. 

 

— Bien, Lise et Nasha vont vous conduire au temple. Nous dit-il en indiquant une femme minuscule à côté de lui que je n’avais pas remarqué dans mon étonnement. 

Puis il offre son bras à la duchesse, qu’elle saisit en nous laissant tous les quatre en arrière. Augustin se contente de les regarder partir d’un air mauvais. 

 

Je me tourne vers notre guide. Cette Lise est petite. À vue de nez, elle ne dépasse pas le mètre soixante et porte des cheveux rouges coupés au carré caché sous un couvre-chef pointu. Le bord de son chapeau large m’empêche de distinguer le reste de son visage. Elle endosse une robe d’érudit d’un gris terne et empoigne un bâton en bois racorni dans la main droite, surmontée de quatre orbes de cristal bleu, infusés d’autant de force élémentaire dissemblable.

 

Ces orbes permettent d’emmagasiner la magie. Les nobles en parent leurs épées pour avoir la possibilité d’employer une magie différente de la leur. Mais en général les adeptes en mettent une, deux plus rarement… Jamais plus. L’effort mental pour passer de l’une à l’autre ou pour les utiliser en même temps demeure à la portée peu de mages.

 

Mais étrangement, ce qui me préoccupe le plus ce sont les tatouages gravés sur le dos de ses mains. Trois cercles concentriques et entre chaque périmètre plusieurs symboles sont dessinés. Tatouages qu’elle ne dissimule pas. Des sceaux restrictifs. Ce qu’ils restreignent ? Les possibilités sont larges… Mouvement, parole, magie... Aucune illusion n’est permise. Peu de personnes portent ce genre de signe : les prisonniers en réinsertion, mais jugés trop dangereux pour être lâchés en totale liberté… Et... c’est tout en réalité. À ses pieds se frotte un chat, un gros chat blanc à poil court donc les deux queues qui se terminent par un cristal taillé en pointe. Si ses cheveux me laissaient penser qu’elle est une adepte des flammes, sa créature contredit cette idée. Nasha, puisque c’est la dénomination de ce félin, parait à priori un animal de terre, mais ce n’est pas le cas. Si l’on étudie le livre d’Êlo qui répertorie toutes les créatures mystiques nommées, l’on apprend que ce chat entre en réalité dans le cercle des eaux.

 

Cette femme, qui semble avoir volé l’apparence d’un mage de conte, nous conduit jusqu’à la tente blanche, sans un mot ni un simple bonjour. C’est ici que Augustin nous quitte. Une prêtresse nous accueille, le pavillon abrite un autel à la gloire d’Êlo, mais aussi son bureau. 

 

— Qu’Êlo vous guide, honorées voyageuses. Nous salue-t-elle de la formule consacrée.

 

Elle s’incline et nous lui répondons de la même manière. 

 

— Vous pouvez commencer les arrangements. Me dit-elle en désignant le côté droit de la tente où se trouve une table longue. Laissez-moi vous apporter quelques précisions, Lady Garance.

 

J’acquiesce et me dirige vers l’endroit nommé. Je n’ai que peu d’action à mener.Je dois simplement servir de l’eau dans un calice, en récitant une formule consacrée. Préparer l’encens qui doit l’aider à se purifier puis polir et installer ses armes. Je jette plusieurs œillades en arrière, tandis que remplit le récipient. J’ajoute discrètement quelques gouttes d’une fiole que je cache dans ma poche.

 

Finalement, la prêtresse et Garance finissent leur discussion et cette dernière revient vers moi alors que la première quitte l’espace.

 

— Comment t’en sors-tu ?

 

— J’ai terminé.

 

Je préfère éviter son regard.

Garance avance et examine un à un les objets posés. Elle s’arrête au niveau du calice le soulève et le porte à ses narines. Ses yeux s’agrandissent.  

 

— Ma propre sœur qui essaye de m’empoisonner ! Qu’ai-je fait ! Qu’ai-je fait pour mériter cela ! Elle essuie une larme factice du dos de la main. Je dois reconnaître que sa capacité de brailler sur commande m’impressionne. Dans d’autres circonstances, elle aurait mérité de toute mon admiration. J’observe autour de moi, d’un geste appuyé. 

 

— Garance, ne gaspille pas tes pleurs ! Personne ne peut apprécier le spectacle.

 

Elle me regarde et rit :

 

— Je me disais bien que quelque chose avait changé chez toi. Mais de là à devenir ce que tu es ! Une tentative d’assassinat ! s’étonne-t-elle en vidant le calice au sol. Frôler la mort te donne enfin la possibilité d’aligner deux mots ! Mais qu’importe, quels que soient tes efforts, tu n’obtiendras pas l’Oiseau de feu.

 

Pardon ? L’Oiseau de feu ? N’est-il pas question de Loup blanc ici ? 

 

Elle profite de mon trouble pour s’approcher de moi et tâter mes poches, elle en sort la fiole que j’y avais mise.

 

— Je crois que tu restes encore incapable de jouer dans la cour des grands. Par exemple, apprends à contrôler tes expressions. Et surtout à cacher tes preuves.

 

Je ne peux pas m’empêcher de m’amuser.

 

— Ravie de voir que tu l'acceptes mon acte aussi facilement ! J’espère de tout cœur que tu réussiras, ma chère sœur. Après tout si tu échoues ce sera mon tour.

 

La loi veut que si un adepte rate la subjugation, le droit du rite se transmette au membre de la famille la plus proche qui ne possède pas de créature.

 

— Penses-tu pouvoir réussir quelque chose que j'aurai échoué ? se moque Garance. Tu peines à enflammer une allumette !

 

Je caresse ma poitrine.

 

— Je sais à quoi m’attendre, contrairement à toi. 

 

Mon visage doit refléter l’absolue confiance que je ressens. Et Garance doit en être perturbée puisqu’avant de sortir, elle se contente de me dire :

 

— Tâche simplement d’obéir. Tu rempliras le calice au début de la cérémonie. Je veux voir tes mains bien sûr. 



Je ris autant que mon estomac le supporte. Je croyais avoir imaginé tous les imprévus possibles, mais là, je dois l’avouer, être prise de court. À présent, voilà que mon stratagème tombe à l’eau. Tous ces efforts pour rien ! J’ai pensé et repensé à tout ce qui pourrait mal se passer. Mon intervention aurait pu me valoir quelques ennuis. Enfin, je dois nettoyer sa lance maintenant. 

 

La fiole qu’elle m’a saisie ne contient que quelques gouttes d’huile essentielle. À vrai dire, les vraies preuves de mon action se cachent plutôt sur le tissu et la cire qui m’a servi à lustrer son arme, le tout restant posé en évidence. L’étoffe disparaît dans une gerbe de flammes et je vide le liquide.

 

Avec la posture de plus en plus agressive de Roselynd, Garance s’attendait, à raison, à une tentative quelconque. Je lui en ai donc donné une. Le « poison », un simple somnifère, ne l’aurait pas tué. Elle n’aurait rien ressenti de particulier, mais au bout de 10 à 15 minutes à la louche, elle se serait sentie lourde, ses mouvements auraient été ralentis. La dose demeurait trop faible pour l’endormir réellement. Cependant, elle n’aurait pas été en état de combattre l’Oiseau de feu pleinement. 

 

Elle aurait échoué, mais elle aurait pu crever à cause de toi. 

 

Les membres du Lys sécurisent le rituel et…

 

Et ils sont infaillibles, bien entendu. Mais nous, on ne te jette pas la pierre ! Qu’elle meure la peste ! 

Mon but n’est pas de laisser une traînée de cadavre derrière moi. 

 

Pourtant, tu aurais été de facto la seule héritière de Harriott. Tu aurais tenu ta si importante promesse !

 

— Pas comme ça ! Le son de ma voix me surprend.

 

Toi et nous aurions pu avoir l’Oiseau de feu si aisément ! 

 

Je ne veux pas d’un « Oiseau de feu ». Il n’y a pas de hasard, il n’y a que le destin que l’on se forge. La créature que je convoite, plus puissante, plus noble, me ressemble plus. Qu’importe le nom, qu’importe le titre, de ce piaf, je pourrais même être son alliée à l’aider. 

 

Tu devines le prénom de ce « piaf ». Si elle l’obtient…

 

Hum ! Pour qui me prenez-vous ? Qu’elle subjugue l’oiseau braisé n’est qu’au pire un contretemps mineur. 

 

Et…

 

Silence, je suis occupée !

Je me sers sans honte sur le bureau de la prêtresse, j’utilise la plume et un morceau de papier y griffonne promptement quelques mots. Je sors d’un pas rapide et manque de percuter Augustin. 

 

— Garance te cherche, se précipite-t-il de me dire, le rite va…

 

— J’ai compris, je réponds, ennuyé. 

 

Il n’attend pas que je m’éloigne pour entrer dans la tente. A-t-elle envoyé son laquais pour une dernière vérification ? 

Garance a pris le temps de revêtir une armure en cuir, d’un blanc immaculé ainsi qu’une cape jumelle à la mienne si ce n’est sa couleur feu. Elle converse avec ses amis. Je ne les connais pas et je leur porte peu d’intérêt. Elle finit de leur raconter que le duc lui a donné cette cape. Le choix du coloris n’étant pas anodin, puisqu’il s’agit d’une teinte garance. Les rouges restent des nuances que l’on offre souvent aux adeptes des flammes. Elle se tourne alors vers moi et explique que des sœurs comme nous doivent être assorties, même si elle est affligée par le fait que j’ai préféré prendre une pèlerine noire…

 

Je ris malgré moi, mais ne m’étends pas là-dessus. 

 

Les invités se réunissent autour de nous les uns après les autres. Elle reçoit des encouragements, des conseils de dernières minutes. Une religieuse vient nous chercher. Le silence tombe, en même temps que les premiers flocons de neige de la journée. 

 

Garance entre dans la tente, sous le son de tambours.

Je me place derrière elle, alors qu’elle avance à pas lents jusqu’à l’autel, ou attends une prêtresse, maîtresse de rituel. Elle et moi sommes les seules témoins. Ses sœurs qui battent des percussions nous font dos. Avant qu’elle s’agenouille devant elle, je retire la cape qu’elle porte et la range auprès des objets de la cérémonie. Je commence par enflammer l’encens d’un geste de la main avant de les remettre à la religieuse. Alors que l’odeur se diffuse sous la tente, les acolytes musiciennes cessent de jouer des batteries. Le son d’une flûte solitaire s’élève. La prêtresse entonne alors un poème dans une langue ancienne, infiniment plus vieille que l’empire. Je ne comprends pas cette langue. Mais je me laisse portée par le rythme des mots, la façon dont ils glissent. Son énonciation qui se trouve quelque part entre le chant et la parole, son style clair donne au tout une allure mystique, occulte. Lorsqu’elle prononce ses derniers vocables, je remplis le calice, récite la formule consacrée et l’offre à Garance. Elle me sourit en la saisissant et prends la précaution de sentir le liquide avant d’en boire une gorgée. Elle pose ensuite la coupe devant elle. Je lui apporte un bouclier rond et une lance. Quand je les lui mets entre les mains, je croise son regard et souris. Cette réaction l’étonne. Elle contemple son arme et hésite... Pour seulement une demi-seconde. Mais je ressens la menace dans l’œillade qu’elle me retourne.

 

Me juge-t-elle comme un danger potentiel ? Parfait. Pour modifier la vision que cette société a de Roselynd, je dois d’abord changer celle que sa famille a d’elle. Dois-je devenir quelqu’un d’intimidant ? Non. Je dois être quelqu’un qu’il vaut mieux éviter de provoquer. 

De sa lame, elle s’entaille la main et laisse couler quelques gouttes de sang dans le calice encore déposé devant elle. Je fais de même, sans hésitation. La prêtresse le récupère et le soulève au-dessus de sa tête.

 

— Le temple prend acte. Puissiez-vous vaincre et subjuguer.  

 

Garance se lève et je fixe sa cape sur les épaules de ma chère sœur. Comme ça, avec ses cheveux tressés en chignon elle ressemble à une vierge guerrière. Elle me regarde, amusée. 

 

— Tu ne me…

 

 — Bonne chance, la coupé je. Puisses-tu vaincre et subjuguer.

 

Mes paroles l’étonnement d’abord, une ombre de méfiance occulte son visage, puis un sourire de pure satisfaction remplace le tout. Nous quittons de la tente. Une procession l’accompagne jusqu’à la sortie opposée du camp. Mes pensées se détachent du rite. Je cherche des yeux la personne indispensable à la suite. 

 

Lord Glenn.

 

C’est bien sûr par accident que je le bouscule, après tout, dans toute cette foule, c’est inévitable, de même que c’est par hasard qu’un message atterrit dans sa main.  

 

Je suis la première à m’écarter du groupe. J’imagine ce que vont faire les autres maintenant. Ils vont se mettre bien aux chauds sous leurs tentes, manger, boire, écouter de la musique, les plus chanceux pourront même entendre la celle des prêtresses…

 

Lorsque je me retourne pour la dernière fois avant de m’éloigner du camp, Lord Glenn donne des ordres à ses soldats. Son poing est fermé et je ne peux pas deviner s’il a lu la note. Le message est court :

 

« Je possède des informations de la haute importance à porter à votre attention. Retrouvez-moi à la première occasion. Au nom Êlo » 

 

J’ignore s’il va m’écouter me suivre. Mais j’imagine qu’au moins je saurai à qui j’ai affaire. 

« Au nom Êlo »... Invoquer le nom de la créature n’est jamais anodin, un commandeur consciencieux viendrait… Mais peut-être se laissera-t-il influencer par ma réputation… Et dans ce cas, je dois trouver une solution différente. 

 

Je pénètre la forêt proche, obscure. Les arbres organiques cèdent leur place à d’autres, composés d’obsidienne, sur lesquels les flocons refusent de se poser. Certains portent des fruits cristallins, des sphères parfaites et d’un bleu pâle, surnaturel. Lorsque la neige frôle les orbes, elles s’illuminent d’une auréole rassurante et carillonnent sereinement…

 

Brusquement, les globes s’éteignent et se rallument, le halo devient un embrasement aveuglant, un bourdonnement inquiétant remplace leur tintement calme.

 

— Invoquer le nom d’Êlo lit Lord Glenn en apparaissant derrière un arbre. Vous êtes bien présomptueuse Lady Roselynd, on ne vous décrivait pas comme cela. 

 

— Trop injonctif ? Plaisanté je. Je tâcherai de m’en souvenir la prochaine fois. 

 

Un son surprend. Un orbe a explosé dans un fracassement vitreux. Ce son attire aussi l’attention de l’homme qui me fait face. Il prend une respiration et les globes s’éteignent. 

 

— La "prochaine fois "? s’étonne-t-il. Qui vous dit qu’il y aura une "prochaine fois".

 

D’accord. Aïe.

 

— Je dois vous remettre une information d’une grande importance. 

 

— Ah bon ?

 

— Tout d’abord, je voulais vous remercier, on m’a appris que sans vous je serais morte. Si vous m’aviez révélé votre identité à l’auberge…

 

Je n’ai pas le temps de finir. Lord Glenn matérialise une épée longue à lame large et fonce vers moi. J’ai à peine quelques secondes pour invoquer le feu devant moi, une explosion assez puissante pour nous repousser tous les deux. Cependant, alors que moi je tombe à terre et roule plusieurs fois sur moi-même lui atterrit sur ses pieds. 

Si je n’avais pas réagi assez vite, je n’aurais à l’heure qu’il est, plus de tête.



 

— On vous dépeint comme inepte. M’a-t-on menti ? plaisante Lord Glenn en posant son épée massive sur son épaule. Mais bon, je n’imaginais pas non plus la Lady Roselynd que l’on m’avait décrite comme quelqu’un capable de vouloir empoisonner sa propre sœur.  

 

— Comment savez-vous cela ?

 

— La toile des tentes est…

 

Je ne le laisse pas finir sa phrase, j’invoque une boule de feu et la lance en sa direction. C’est un combat mon ami, pas le temps de discuter. Je manque d’endurance et c’est un fait. Je dois terminer cela le plus rapidement possible. Et surtout, pas besoin de le connaître pour savoir qu’il se place largement au-dessus de moi en matière de capacité martiale. Si je le laisse respirer, si je le laisse approcher, c’en est fini de moi. L’idée que je suis en train de résister à une arrestation me traverse l’esprit. Interférer dans un rite est un crime grave. Mais cette idée disparaît rapidement. Il ne m’a pas spécifié mon arrestation et les lois d’Êlo sont assez laxistes en matière de tentatives. 

 

J’invoque deux autres orbes, en lance une en direction de son visage, l’autre de l’endroit où il s’apprête à poser son pied. Cela le deséquilibre un instant, c’est que je cherchais. Il comprend le piège, mais je sais qu’il est trop tard pour lui. La sphère qu’il a évitée explose juste à côté de son oreille. « Explosion » ? Non. Le terme semble impropre. L’expression exacte serait plutôt « déflagration ». Bruit. Lumière. Cela devrait le sonner pour un petit moment. J’invoque un fouet de feu, parée à le frapper. Mais au moment où j’aurai dû l’atteindre, il lève son arme, la longueur de la corde enflammée s’enroule autour de la lame. Il l'attrape à main nue le reste de la ligne de flamme et tir d’un coup sec. Je lâche prise, mais trop tard, je suis entraînée et tombe dans la neige. Il prépare son épée, me regarde droit dans les yeux, toujours avec son sourire, prêt à fendre lorsque je serais à porter.

 

C’est clair dans mon esprit. Si je ne bouge pas dans les secondes qui suivent, je suis morte.

 

Nous pouvons te sauver…

Taisez-vous !

Je cherche. Je cherche quelque chose, une perche à laquelle m’accrocher. 

 

Tu n’as qu’à tendre la main !

 

J’essaye d’invoquer une flamme, mais ce qui me répond ne stopperait pas une brindille…

 

La main ! La main ! Saisis-nous !

 

Il y a quelque chose. Quelque chose ! Par terre...Auquel je peux me cramponner. Je la saisis, je tire de toute mes forces et in extremis, bloque le coup de mon adversaire. 

 

La puissance avec laquelle il m’a frappé me propulse en arrière. Je roule encore dans la neige, m’y prends plusieurs fois avant de me relever. Mes jambes refusent de me porter. Je me contente de me mettre sur mes genoux.

 

Je le regarde avancer, je halète. Mes poumons se consument dans ma poitrine. Je ne peux plus me battre, mais il n’est pas question de mourir ici. Je saisis une poignée de neige. Si je l’aveugle peut-être que j’aurai le temps de fuir…

Il s’arrête à quelques pas de moi. Trop loin pour agir. Aucune goutte de sueur ne mouille son visage.

 

Je devine ce que tu ressentais Roselynd. Comment luter face à cela ?

 

— Je savais que vous en parliez trop justement. Vous vous êtes réellement réveillée aux ténèbres n’est-ce pas ?

 

Je ne comprends pas tout de suite, ce n’est que quand il désigne la lame que je tiens entre les mains, la lame noire, jumelle a celle de mon adversaire que je comprends. Une épée d’ombre. Mon premier réflexe est de la jeter loin de moi, elle disparaît sans bruit. Je sens les larmes me monter aux yeux. Je ne ressens aucune tristesse non, encore ces pleurs obscurs, causés par la magie. Des chuchotements. Des rires s’élèvent. Intelligible. Mes cheveux fondent, coulent. Je les regarde souiller la pureté de la neige, impuissante.

 

— Maintenant que j’ai confirmé votre double éveil...

 

Je lève les yeux vers lui. Mes larmes troublent ma vue, absorbant toutes couleurs visibles. Les fruits se réveillent de nouveau, se transforment des trous noirs desquels s’échappent des cris. 

 

Viens… Deviens-nous...

 

Plusieurs orbes explosent. Je ne désire pas vivre comme une ombre. Je veux rester humaine. Lord Glenn plante son épée au sol et s’accroupit à distance. Il déclare ensuite, d’un ton purement informatif :

 

— Selon la loi d’Êlo et par les pouvoirs qui me sont conférés en tant que commandeur du Lys rouge, si vous perdez le contrôle de votre puissance et menacez la sécurité de l’Empire, je serai contraint de vous exécuter. 

 

Les taches du sol palpitent. Des formes se dessinent…

 

... comme nous...

 

Il hésite, soupir et continue : 

 

–  J’ignore ce qu’elles vous disent et cela ne me regarde pas. Mais ne croyez pas qu’elles veulent vous détruire. La magie n’a aucune volonté propre. La seule qu’elle ait c’est la vôtre. D’ailleurs, ce qu’elles vous soufflent est surement vrai. Mais, est-ce un problème ?

 

Je ne suis pas ombre… Je ne suis plus ombre. Je vomis. Un liquide noirâtre souille la neige, beaucoup trop sombre, même pour de la bille m’alarme. 


 

J’ai mal…

Mais on dirait que tu vas mourir ici ! C’est... dommage !

 

Mourir. Non. Je n’ai pas envie de mourir. 

 

On va te manger. Ou c’est lui qui va te tuer. Et l’on sera ensemble pour toujours.

 

Mes mains refroidissent mon visage. Mourir… Ici. Maintenant. Non. 


 

Ce que tu appelles « vie » n’est qu’une illusion !  

 

Je tente de me relever. L’ombre m’enserre les jambes, me cloue au sol. Devant moi, Lord Glenn affiche un air désolé… Sa figure a toujours cette émotion, lorsqu’il récupère son épée.

 

Et cela me frappe avec plus de douleur que jamais.

 

Je vais mourir. Mes ombres vont me tuer. Non. Il va me tuer. 

 

Je n’aurai vécu que 4 mois. 


 

Et je mourrai parjure. 




 

Je n’ai pas supporté toute mon existence pour périr ici. Si je dois décéder, ce sera une fin ordinaire, de vieillesse, après avoir connu une vie glorieuse. Je plante mes doigts dans la masse ombreuse. Elles luttent, refusent de se laisser contrôler. Comme si j’allais vous obéir ! 

 

Le temps est un luxe qui m’échappe. Je ressens mes poumons, car chaque cellule qui les compose flamboie. Mon visage, mes vêtements lourds d’humidité deviennent pesants. 

 

J’évite de justesse le premier coup. Un artefact d’ombre reste dans le creux de ma paume. Mon esprit et mes propres mains s’acharnent à la former. J’arrive à obtenir un aspect plus ou moins sphérique… Avec lequel je bloque le choc suivant. L’effort mental me donne l’impression que des griffes se plantent dans mon cerveau. Les ténèbres perdent sa forme solide et enserrent l’épée de mon adversaire. Ma respiration ne suffit plus à combler mes besoins en oxygène. Je m’étouffe. Pourtant j’y suis presque... 

 

Je dois en finir maintenant. Sinon, il m’aura. 

 

Le froid de la neige me mord le dos. Je suis étendue au sol...

 

Que s’est-il passé ? Ai-je perdu conscience ? Le ciel gris au-dessus de moi ne daigne pas me répondre. Un flocon se pose sur mon visage. Fonds immédiatement et rejoins l’une des larmes qui coulent de mes yeux.

 

Ah ! Roselynd, j'imagine ta frustration. Si nous possédions un corps en bonne santé, j’aurais été capable de la lui faire manger cette maudite neige !

 

Glenn siffle et une femme apparaît dans mon champ de vision. 

 

– Comment vous sentez-vous ? Me demande-t-elle ?

 

Elle aussi arbore une crinière d’un blond brillant, lorsqu’elle me soulève, je remarque que même selon les standards des mages d’Êlo, sa musculature reste sur-développée. Une hache dépasse de son dos. 

Comme elle attend une réponse avec un sourire amical, je réplique du mieux que je peux : 

 

— Comme un charme. 

 

Ma réaction a au moins le mérite de la faire éclater de rire. Peut-être oubliera-t-elle que son supérieur a essayé de me tuer ?

 

— Ne vous inquiétez pas, vous ne mourrez pas aujourd’hui, m’explique-t-elle comme si elle avait lu dans mes pensées. Vous n’avez pas pu récupérer le contrôle. Peut-être la prochaine fois. 

 

Sa dernière phrase est prononcée avec tellement de naïveté que dans d’autres circonstances, j’aurai certainement eu un fou rire. 

 

— Par contre, il faudra que vous vous entraîniez. Sinon, vous risquez de vraiment de vous faire engloutir. 

 

Là encore, son honnêté me déconcerte. 

 

— Que fait-on d’elle ? demande-t-elle, surement à son supérieur. 

 

— Ramenez-la auprès de sa famille, répond-il. Puis me regarde et ajoute : Vous trouverez bien une excuse pour expliquer votre état actuel, n’est-ce pas ? 

 

— J’ai à vous parler. J’articule. C’est important. 

 

— Essayez déjà de survivre. Me réplique-t-il avant de s’en aller. 

 

– Ne vous inquiétez pas, me répond ma porteuse. Je m’assurai pour qu’il ne vous oublie pas. 

 

Maintenant que je l’observe, je me rends compte qu’avec son visage rond couvert de tache de rousseur et son regard d’or elle dégage une bonhomie inédite. 

 

– Vous pouvez vous endormir, me dit-elle d’une voix douce lorsqu’elle remarque que je lutte pour garder les yeux ouverts. 

 

J’ignore pourquoi, mais ces paroles suffisent à me faire sombrer dans le sommeil.


 

Des clameurs me réveillent. Garance doit-être revenue. Victorieuse, évidemment. Pour ma part, je me cache sous une pile de couvertures. Je suis encore fatiguée et ne vois aucune raison pour rester éveillée.

 

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Visaen
Posté le 13/03/2021
Salut,

J'ai ri quand le Commandeur lui coupe la parole. Y a une certaine balance dans l'histoire entre le caractère de Roselynd et l'énergie qu'elle déploie pour s'affirmer dans ce monde, et l'environnement difficile qui lui fait face avec ce rapport de hiérarchie entre les individus.
C'est une bonne chose que le plan ne se passe pas comme prévu et que l'héroïne ne parvienne pas à ses fins.
A toute !
Pandasama
Posté le 13/03/2021
Salut !

Ravie que cela t’ait plu ! Et merci de ton commentaire !
Alice_Lath
Posté le 28/08/2020
Haha je suis d'accord avec Romiklaus du commentaire au-dessus sur les coquilles. Sinon, j'ai beaucoup apprécié le fait que Garance "devine" la tentative de Rose. Il y a juste un point qui m'a un peu plus "freinée", c'est qu'à partir du moment où elle combat Glenn et où elle se laisse gagner par les ombres, j'ai trouvé ça un peu confus, je suis pas certaine d'avoir saisi l'exact enchaînement des événements. Sinon, en dehors de ça, l'histoire est toujours aussi bonne et rythmée et allez Rose ! Fais leeeur payer !
J'aimais bien aussi l'apparition de la petite mage mystérieuse haha, elle m'intrigue beaucoup
Pandasama
Posté le 28/08/2020
Merci de ta lecture !
Et oui, Lise est un personnage que j'apprécie beaucoup ! Merci de ton point de vue, il me sera utile à la réécriture.
Romiklaus
Posté le 22/08/2020
Bonjour Pandasama,

Je dois dire que j'aime beaucoup la tournure que prennent les événements ! Que ce soit l'empoisonnement découvert avec aisance par Garance, le combat démarré par Glenn qui empêche Roselynd de délivrer ses informations, l'ombre qui surpasse la volonté de l'héroïne, ...

J'aime beaucoup la manière dont tu racontes l'histoire grâce aux yeux de ton héroïne. Tu le fais de manière très efficace je trouve, et ça ne rend l'expérience de lecture que plus immersive.

Le seul bémol que je relèverai est le nombre de coquilles que j'ai rencontré au fil de ma lecture. Il y a pas mal de mots manquants ou supplémentaires, témoins de ré-écritures multiples, mais aussi des fautes d'orthographes et de grammaire. Elles gênent un peu la lecture, mais heureusement elles ne modifient pas le plaisir que j'ai à suivre cette histoire. Si tu le veux, je peux te faire la liste des coquilles que j'ai trouvé, cela ne me dérange pas.

C'est avec impatience que j'attendrais la suite !

Au plaisir de te relire,

Romiklaus
Pandasama
Posté le 22/08/2020
Merci de ton commentaire. Oui les coquilles m'échappe et j'ai beau lire et relire j'ai tellement la tête dans le texte, qu'elles m'échappent. N'hésite pas a me les lister !
Romiklaus
Posté le 22/08/2020
Voici les coquilles que je trouve dans l'ordre (je les mets entre parenthèses) :
Je lui ai offert... (et) sa fête d'anniversaire
L'un ou autre (attendent) le moment opportun
Pas (comme) pour une bête comme le loup blanc
Je bois une gorgée, les autres (m'imminent)
Le (calcule) est simple
Ce qui me préoccupe le plus (c'est) les tatouages
Frôler la mort (t) te donne enfin
Bonne chance. (Le coupé je).
L'idée que je suis en train de résister à une (attestation)
Il s’arrête à (quelque) pas de moi
Un aspect plus ou moins sphérique, (plate)
Les ténèbres perdent (sa) forme solide
Sa musculature reste (sur développée)

Voilà ce que j'ai trouvé en relisant rapidement le texte. Une autre chose qui freine la lecture est ta propension à mettre une majuscule aux verbes de dialogue (Dit-il, Commence Augustin, etc). On a l'impression de lire une autre phrase prononcée par le personnage.

Je suis désolé de te lister ainsi tes coquilles mais sache que j'apprécies tout de même ton histoire !

Au plaisir de te relire,

Romiklaus
Pandasama
Posté le 23/08/2020
Pas de soucis, au contraire je te remercie.
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