l’œuf de dragon phénix

Notes de l’auteur : Bonjour,
Voici ma nouvelle prévue pour le mois Octobre imaginaire.
Malheureusement, elle a été recalée pour un passage mal compris.
Du coup, la revoici "améliorée", afin que le passage soit comprit cette fois-ci dans le bon sens.
Cela dépasse donc désormais 3000 mots.

Une douce rosée perlait aux premières lueurs de l’aube, laissant un manteau grisé d’eau sur les prairies aux herbes hautes qui entouraient la route. Alors que ses compagnons somnolaient derrière elle sur leurs chevaux cornus, Viviane admirait la faune et la flore des plaines d’Oumanta au petit matin. Les couleurs de ces paysages aux champs de blé infinis, à la terre rougeâtre et aux pierres ocre, faisaient écho aux fourrures des animaux endémiques à la région. Ses instincts de magicobiologiste la poussèrent à sortir un parchemin, et sous les secousses du trot de son cheval de feu, Viviane dessinait de grands cerfs dorés aux ramures s’illuminant, occupés à brouter ; des chazzles, une sorte de blaireau au pelage sable et de la taille d’un sanglier, parcouraient les fossés en courant. Dans le ciel, des oiseaux blancs, aux becs rouges, volaient au dessus d’eux, lui rappelant son objectif ; elle et son équipe se retrouvaient dans ces terres reculées, envoyés par l’archimage Volfric, pour le compte du haut roi : un village aurait découvert un œuf de dragon phénix, une espèce aux pouvoirs phénoménaux, à la beauté et à la taille saisissante, disparue depuis près d’un millénaire. Viviane rangea ses parchemins, se contentant d’observer l’horizon. Les cervidés commencèrent à gambader dans la même direction qu’eux, faisant apparaître un sourire sur le visage de la jeune femme qui repassait sa longue tresse noire, jouant avec les anneaux dans ses cheveux qui tintinnabulaient ; le bijou de cuivre la désignait en tant que mage ; celui d’argent et de fer rouge ses qualités de pyromancienne ;  celui d’or et d’émeraude indiquait son apprentissage en magicobiologie. Enfin, le platine indiquait qu’elle faisait partit du cercle privilégié de l’archimage, ce qui était sa plus grande fierté. Le troupeau fuit vers l’est, révélant dans leur passage leur point d’arrivée : le village. Bô, le plus jeune des deux chevaliers, bandit son arc pour chasser un des cerfs. Viviane l’en empêcha en apposant sa main sur le bois.

   — Non, dit-elle avec une autorité douce ; nous ne savons pas les coutumes du village. Il se pourrait que cette bête soit sacrée.

   Le jeune chevalier bougonna et rangea son arc sur la croupe de son cheval gris. Tark s’égosilla d’un rire gras en rattrapant leurs montures, manquant de peu d’éventrer la cuisse de Viviane avec les ramures de son hongre ténébreux.

   — Mon pauvre Bô ! Ce voyage t’en fait voir des caisses ! Interdit de chasser ! Et impossible de combler ton petit cœur d’artichaut parmi tous les villages que l’on a traversé ! Aucune jeune femme pour attendrir cet esprit las avec toutes nos péripéties ! Et je parle bien de tendresse et de douceur (ndlr: véritablement. Il n'y a rien de sexuel la dedans et cela à été pensé comme cela.). J’espère qu’une jeune femme prête à tout comblera ton cœur dans ce village (ndlr : Tark se moque de lui, dans le sens où Bô lui fait un peu pitié car il n'est pas très doué avec les choses de l'amour (encore une fois, rien de sexuel là dedans)) , car tu m’as bien l’air d’une cause perdue ! J’ai bien peur que le voyage du retour te soit mortel sinon ! (ndlr : Tark se moque encore de lui: c'est une métaphore, il ne va pas vraiment mourir si il ne rencontre pas de femme)

   Viviane le regarda d’un œil amusé prendre le devant de leur équipé jusqu’au village, toujours croulant sous son rire communicatif. Tark avait des années de chevalerie au côté du haut roi. Il avait était l’un des meilleurs amis de son père.

   L’excitation à l’approche du village leur redonna quelques forces, et c’est au galop qu’ils allèrent à sa rencontre. Une porte de bois s’ouvrit à leur arrivée, bienvenus malgré leurs allures nobles dans ces terres sauvages ; le fait qu’ils soient en petite escorte y jouait beaucoup, débarquant en tant que troqueur, pas en tant qu’attaquant. Rapidement, de doux fumés de viandes grillées chatouillèrent leurs naseaux, rappelant une faim oubliée par nécessité depuis trois jours. Ils harnachèrent leur monture à une barrière, disposant d’un parc à foin et de grandes bassines remplies d’eau pour désaltérer les chevaux. Viviane lança une pièce d’or au palefrenier, qui émerveillé par la monture de feu, tenta d’apposer sa main à son col. La crinière du cheval s’enflamma, et l’homme d’abord surpris, éclata de rire. Bô et Tark ôtèrent leurs casques pour se rafraichir le visage dans l’eau des auges, avant de se diriger vers le centre du village.

   Une foule éparse voguait sur le marché, laissant des espaces appréciables par cette chaleur qui amplifiait les odeurs. Tark et Bô se régalèrent de saucisses d’élan jaune, tandis que Viviane grignota des fruits secs. La rue était constituée de deux rangées de maisons en terre cuite qui reflétaient la pauvreté du peuple libre. Il y avait cependant une richesse de faune longtemps oubliée des pays « civilisés » : sur les stands, des oiseaux de paradis en cage, aux plumages arc en ciel changeant ; se baladant librement entre leurs jambes, des chats sauvages d’Oumanta, d’un jaune paille et aux oreilles noires, munis de canines trop grandes pour leurs gueules. Une jeune femme au ventre bien arrondi tirait le lait d’une vache à deux bosses, au pelage safran zébré de noir, et le vendait aux passants. Viviane en acheta un verre, et lui demanda dans la langue sauvage :

   — Où est la maison de votre cheffe ?

   La jeune femme lui indiqua le bout de la rue, où trônait une maison blanche deux fois plus grandes que les autres. Pour la remercier, Viviane sortit de sa besace un collier fait d’une lanière de cuir d’auroch d’où pendait une dent de léopard des neiges. La jeune femme ouvrit de grands yeux.

   — Pour le bébé.

   La future mère se plia de remerciements. Les trois compagnons se dirigèrent alors vers la baraque gardée par deux puissants guerriers entourés de statues de lion d’Oumanta, qui croisèrent leurs lances à leurs approches. Viviane se plaça devant, commençant un dithyrambe :

   — Bonjour, oh grands guerriers des plaines d’Oumanta. Je suis Vivianne Otara, mage supérieure à la cour du haut roi Vilmont. Votre cheffe a fait parvenir à l’archimage Volfric une missive de la plus haute importance. Je suis ici pour le représenter.

   Les deux hommes observèrent sa longue tresse noire avec admiration ; elle indiquait sa puissance et son statut de combattante ; les femmes guerrières étaient admirées dans ces contrés.

   — Nous t’attendions, affirma l’homme à sa droite. Tu peux rentrer, la cheffe t’attend. Mais seule, et sans arme.

   Alors que Bô et Tark firent un pas pour protester, Viviane les retint d’un geste de la main ; elle leur confia son épée courbe, épousseta son armure de cuir bouillie avant de pénétrer aux travers d’un rideau violet. Un escalier descendait sous terre, rafraichissant agréablement l’atmosphère étouffante. Elle arriva dans une grande pièce carrée, où les aînés du village étaient réunis, adossés aux murs sur des peaux orangées. Au fond de la pièce, Viviane reconnut tout de suite la cheffe par la longueur de ses cheveux gris tenus dans une natte solide ; d’âge mur, elle avait le regard sage et inquisiteur. L’ancienne la jaugea quelque peu alors que Viviane s’inclinait lentement, avant d’incliner à son tour le menton, l’invitant à s’assoir en face d’elle, sur un tapis brodé d’or et d’azur.

   — Je t’attendais, Viviane, commença la dame d’une voix douce.

   — Volfric me somme de vous transmettre ses hommages, répondit alors Viviane.

   La vieille femme baissa la tête.

   — Ce bon vieux mage à toujours la formule de la politesse. Mais cessons rapidement les courbettes. Tu es ici pour l’œuf.

   Viviane acquiesçât d’un mouvement de tête, surprise de l’orientation brutale de la conversation.

   — Nous ne pouvons nous permettre de la garder ici. Son importance est trop grande, et les émissaires du roi sombre rôdent autour de mon village. Nous devons le confier, et je ne peux donner cet objet de pouvoir qu’à quelqu’un de confiance.

   — Vous avez confiance en moi ?

   La vieille sage cligna doucement des paupières.

   — J’ai entièrement confiance en Volfric. Et je remarque à ta tresse que tu disposes d’un grand pouvoir.

   Viviane décocha un sourire de remerciement. L’ancienne claqua des doigts, et un jeune garde derrière elle s’absenta quelques secondes avant de revenir avec un vieux coffre en bois qu’il déposa devant la guerrière. Fébrilement, Viviane se releva sur ses genoux, s’approcha du coffre et l’ouvrit dans le grincement de ses gons. Une lumière semblait provenir de l’intérieur rempli de paille ; posé dessus en son centre, l’œuf, de la taille d’une tête humaine, révélait son immense beauté : sa surface duveteuse était d’un blanc pur, et il avait sur son sommet de fines plumes écarlates. L’excitation fit trembler les mains de la pyromancienne.

   — Où l’avez-vous trouvé ? demanda Viviane d’une voix exaltée.

   — Un jeune du village est tombé dessus dans les plaines volcaniques d’Oumanta, au nord-ouest, alors qu’il chassait.

   Cherchant avec hâte dans son sac, Viviane en sortit une plume, du même blanc pur que l’œuf, pour effectuer un test de vérification. Délicatement, elle lécha le bout de la plume, puis immédiatement, la surface blanche de l’œuf. Un même goût de métal et de piment semblait se reproduire, indiquant que ce qu’elle avait en face d’elle était bel et bien un œuf de dragon phénix. Ses membres saisis, Viviane déballa avec une certaine gaucherie les présents confiés par Volfric ; des dents de dragons bleus, denrées extrêmement rares permettant de soigner bon nombre de maladies. La cheffe en fut plus que satisfaite.

   — Surtout, faites bon usage de cet œuf. N’engendrait pas de nouveau la colère des dieux, imposa-t-elle alors que Viviane rangeait précautionneusement l’œuf dans son sac. Cette dernière acquiesçât avec sincérité.

   La missionnaire retrouva ses compagnons dehors, se contentant d’hocher la tête pour indiquer qu’elle avait bien récupéré l’objet de sa mission. Après l’achat de quelques provisions pour le voyage du retour, ils recouvrèrent leurs chevaux, et partirent, sans dire un seul mot tant qu’ils étaient entourés de badaud.

   — Nous ne devrions pas utiliser la route principale, déclara solennellement Viviane en sortant du village.

   — Pourquoi ? demanda Tark méfiant.

   — La cheffe m’a indiqué que les émissaires du roi sombre rôdaient. Je crains une embuscade.

   Tark approuva. Leur petite escouade, conçue pour plus de discrétion, pâlirait devant un groupe de soldats du roi sombre.

   — Il faut passer par les plaines volcaniques d’Oumanta.

   Ils se dirigèrent en un trot endurant sur les chemins de pèlerinage ; les routes étaient moins praticables, contournant par le nord Alanka, la plus haute montagne du continent. Plusieurs jours furent nécessaires pour atteindre les plaines volcaniques ; ils campaient dans les champs, près des ruisseaux, dans des auberges ou chez l’habitant, restant toujours discrets et ne parlant jamais d’eux-mêmes. Ils évitèrent ainsi de s’entourer de rumeur, et au matin du 6ème jour, se dévoilèrent à eux les premières cheminées fumantes des plaines volcaniques. Un jet de vapeur issus d’un trou fit se braquer le cheval de Bô, qui grommela :

   — Ce que c’est aride ici ! Quel est cet endroit de désolation ?

   Les yeux de Viviane parcouraient le sol désert avec une certaine nostalgie.

   — Cela n’a pas toujours était ainsi. Il y a près de mille ans, ces terres étaient plus propices et fécondes. Tu marches sur le pays de naissance des dragons phénix.

   Le jeune chevalier écarquilla les yeux.

   — Les dragons phénix sont originaires de ce champ de ruine ?

   Viviane hocha la tête.

   — Et oui !

   — Mais que s’est-il passé ?

   — La guerre. Entre les anciens pays Oustin et Estrenien. Un conflit légendaire, dans lequel les deux factions ont utilisé au combat des dragons phénix. La légende raconte que les dieux, courroucés par cet outrage, ont lancé leur fléau sur le champ de bataille, ravageant les deux camps, ainsi que ces terres fécondes, emportant avec eux leur plus belle création : les dragons phénix.

   Bô regarda l’horizon comme s’il espérait y voir s’envoler la majestueuse créature. Tark vint à leur niveau et s’adressa à Viviane.

   — C’est ici que l’œuf a été trouvé non ? Si tu veux mon avis, nous ferions bien de ne pas trop trainer sur ces terres.

   Ils avancèrent alors à allure soutenue, si bien que quand le soleil amorça sa longue descente, ils voyaient au loin le sommet du mon Alanka. Ils se reposèrent à l’ombre d’une immense cheminée au panache gris, parmi tant d’autres dont certaines crachant parfois du magma. Alors que Bô et Viviane croquaient à pleines dents dans une saucisse juteuse, Tark, troublé, regardait l’horizon.

   — Cet amas de poussière au loin ne me dit rien qui vaille.

   Le sol trembla une première fois. Puis une deuxième. Des nuages de poussières naissaient à différents endroits. Soudain, Tark l’aperçut au loin.

   — UNE GUIVRE DES SABLES !

   Les compagnons sautèrent sur leurs montures et partirent à bride abattue. D’autres tremblements de terre, plus forts, plus proches, firent vibrer leurs muscles. Soudain, des éclats de pierres furent catapultés en l’air, et un énorme serpent, de trois mètres de diamètre pour une trentaine de longueur, surgît du sol, se cabrant devant eux. Au sommet de son crâne, un homme, dont les turbans bleus et noirs indiquaient l’allégeance au roi sombre, maitrisait la bête. Les compagnons se regardèrent ; Viviane prépara une boule de feu, Bô tendit son arc, et Tark son épée magique. Un instant suspendu, jusqu’à ce que la voix du vieux chevalier rugisse :

   — VIVIANE, FUIT !

   Elle lança sa boule de feu dans l’œil gauche de l’immense serpent, puis partit au triple galop vers le nord, laissant ses deux compagnons au combat ; aux cris de douleurs perçants de la bête, elle avait visé juste. Le vacarme assourdissant derrière révélait la violence du combat ; pincée au cœur, Viviane refusa de tourner la tête : l’important était de garder l’œuf en sécurité. Son allure était toujours vive quand le silence se fut, elle accéléra même la cadence. Au bout de quelques minutes, elle ralentit enfin, la flamme de sa monture perdant de son intensité. Le calme pesant dura un temps, jusqu’à un nouveau tremblement. La course reprit et le serpent surgit des entrailles de la terre, meurtrit mais toujours dirigé par son maître. Viviane augmenta la course, sous la menace de la bête, qui zigzaguait derrière elle, imprécise par son œil invalide. Le monstre gagnait toutefois du terrain, et la guerrière devait trouver un point de chute si elle ne voulait pas finir dévorée. En face d’elle naissait à l’horizon un lac de lave. C’était sa chance. Elle utilisa les dernières forces de sa monture, se releva, les yeux tournés vers la tête pointue de la guivre ; à quelques mètres du lac, elle lança une boule de fumée, aveuglant temporairement l’animal, avant de bifurquer en un reflexe ; la bête fonça dans le magma, se consumant dans d’horribles borborygmes, suivit d’une explosion violente, qui fit tomber la guerrière de sa monture, cette dernière s’éloignant de peur. Sauvée, Viviane se releva avec peine, dépoussiérant son armure, observant les gerbes de lave s’élever d’où la bête venait de mourir ; un tremblement d’une violence inégalée ouvrit alors le sol en deux, précipitant la guerrière dans un puits sans fond. Dans la chute, sa tête heurta un rocher, et elle s’évanouit avant l’impact final.

   Viviane se réveilla avec un mal de crâne épouvantable, du sang séché recouvrant son front. Elle peina à retrouver une vision convenable. Le ciel avait disparu, laissant place à une arche de pierre, une grotte, d’où elle voyait la fissure par laquelle elle venait de tomber d’une bonne centaine de mètres. Des trous d’où s’échappait une vapeur laissaient passer assez de rayons du soleil pour éclairer convenablement l’endroit. Viviane prit peu à peu conscience qu’au dessus d’elle, des feuilles de fougères géantes, d’un vert turquoise, ondulaient paresseusement. Au son de son cœur battant, elle entendait des grondements, des pépiements et des rugissements qu’elle ne connaissait pas. Elle se mit sur son séant, appréciant une herbe grasse entre ses mains, d’une couleur écarlate peu commune. Enfin elle se mit debout, observant ce toit au dessus d’elle, se demandant comment regagner la surface. Un grondement puissant la ramena à terre, faisant vibrer tous ses membres. Au lieu de connaître la peur, une curiosité enfantine fit parcourir un frisson le long de son échine. Elle repoussa les fougères géantes, se retrouvant dans un bosquet sous-terrain regorgeant de créatures qu’elle n’avait jamais vu. Oiseaux d’un bleu vif, arbres aux feuilles blanches et troncs rouges, félins aux couleurs chatoyantes pas plus grands que des souris. Un lac sous terrain duquel s’échappait de la vapeur où se baignaient des animaux reptiliens aux longs cous. Un nouveau grondement lui tordit l’estomac, et dirigeant ses yeux dans sa direction, Viviane se figea, n’en croyant pas ses yeux. Devant elle, à une centaine de mètres, un dragon phénix la fixait avec férocité de ses prunelles rouges ; son cœur battait à tout rompre quand la bête commença à s’approcher d’elle ; ses ailes majestueuses, recouvertes comme le reste du corps de plumes immaculées, bâtèrent et lui envoyèrent des rafales de vents ; c’était un signe de défi, elle le savait. Elle ne bougea pas. Le dragon claqua son museau qui finissait par un bec écarlate. Sa tête blanche était intelligente, et les grandes plumes rouges au dessus de son crâne se levèrent, indiquant sa curiosité. Il se rapprocha encore, et Viviane put en admirer la grandeur. La créature devait faire dans les vingt mètres de long. Son souffle chaud glissa sur la peau de la guerrière pendant qu’il la reniflait. Derrière, de là où la créature venait, Viviane remarqua des cailloux d’une blancheur éclatante, équivalent à…

   L’œuf ! pensa soudain Viviane.

   Tremblotante, elle défit son sac, espérant qu’il ne se soit pas brisé. A son grand soulagement, elle le sortit, intact, et le présenta comme une offrande à sa la femelle. La dragonne souffla, renifla, et prit délicatement sa progéniture dans son bec. Viviane était à la fois terrifiée, excitée et brûlante de curiosité. La mère retourna à son nid, faisant un seul bond en utilisant ses ailes, laissant la pyromancienne à sa première préoccupation : sortir d’ici. Sa tête tournait du fait des ascenseurs émotionnels qu’elle venait de subir. Regardant la fissure au plafond, ses émotions n’allaient pas retomber. Le dragon retourna la tête, l’observant avec respect, et leva son aile droite. Viviane, qui avait étudié toute une année les comportements des dragons, sut tout de suite ce que cela signifiait.

C’était une invitation.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez