Les retrouvailles.

Notes de l’auteur : Pour la publication sur Plume d'Argent, je donne des noms aux parties découpées, qui ne seront peut-être pas repris dans le roman final. Ceci est un premier jet. Il sera corrigé et modifié une fois le challenge terminé. N'hésitez pas à me signaler toute erreur d'orthographe, de grammaire ou de conjugaison en commentaire.

Édouard prêta son bras à sa grand-tante pour l’aider à descendre de voiture et l’accompagner jusqu’à l’entrée du restaurant. Il était presque ému de la sentir si frêle et si petite à ses côtés. Elle avançait doucement, une expression radieuse sur le visage. La chienne veillait également à ce qu’aucun obstacle ne vienne la faire chuter. Le jeune homme poussa la porte et ils furent accueillis par une serveuse qui les conduisit à table. Une fois assise, son manteau retiré et sa canne posée contre le mur, Augustine observa longuement la salle, se remémorant tous les repas en amoureux ou en famille qu’elle y avait pris.

- Je te remercie infiniment pour cette gentille attention, Doudou.

Le jeune homme arrêta de lire la carte.

- Je ne me voyais pas t’inviter ailleurs. Ils font encore les rognons de veau sauce cognac, regarde.

- Je sais. C’était ton plat préféré, quand nous venions ici. Alors Sally ? Dis-moi ! Comment cela se passe-t-il, entre Édouard et toi ?

La chienne aboya une fois et vint poser sa tête sur le genou de l’écrivain, qui sourit. Manifestement, cela se passait bien. Son petit neveu expliqua à Augustine leur rencontre de la veille, leur nuit passée ensemble et leur activité de la matinée.

- Est-ce pour cela que tu boites, mon chéri ?

- Pardon ?

- J’ai remarqué que tu claudiquais. Tu t’es fait mal en faisant le fou avec elle ?

Édouard avait effectivement des difficultés à prendre appui sur son pied gauche à cause d’une douleur irradiante du tibia vers la fesse. Il n’avait rien de cassé. Il s’agissait certainement d’un bel hématome. Cela finirait par passer. Il ne voulait pas évoquer les violences qu’il avait subies, mais ne pouvait décemment pas mettre son état sur le dos de la chienne. Il prétexta alors s’être bêtement cogné.

La serveuse vint prendre leur commande et lorsqu’ils commencèrent enfin leur repas, la vieille dame lui demanda, entre deux bouchées :

- Tu es sûr que tout va bien, Doudou ?

- Pourquoi ça n’irait pas ?

- Tu as beau sourire, il y a cette tristesse dans ton regard qui n’était pas là hier.

La perspicacité de sa grand-tante lui fit presque monter les larmes aux yeux, mais il n’entendait pas se confier à elle. Il l’avait toujours préservée de tout chagrin à son propos. Il ne lui avait rien dit lorsqu’il s’était réfugié dans son lit ce matin-là, le cœur en miettes, le dos et les pieds meurtris, grelottant d’avoir parcouru quatre kilomètres en chaussettes et pyjama. Il ne lui avait rien dit quand, quatre nuits plus tard, il avait réussi à regagner la maison, tremblant de peur et de douleur, alors que le sang tâchait son pantalon et coulait le long de sa jambe. Pourquoi le lui avouer aujourd’hui ? Elle se sentirait coupable alors qu’elle n’avait aucune responsabilité dans ce qui lui était arrivé. Le moral de la vieille dame était certainement une des raisons de sa longévité. Il était inutile de le miner par des révélations désagréables. Il improvisa :

- Revenir après tant d’années provoque un peu de mélancolie, oui. Je revois des endroits qui signifiaient beaucoup pour moi, des personnes qui m’étaient chères : ça secoue un peu.

- Tu as toujours été très sensible. C’est notamment ce qui fait qu’il y a tellement d’émotion dans tes écrits. Tu as trouvé une idée pour ta prochaine histoire ?

Ils discutèrent littérature jusqu’au dessert. Édouard fit fondre les blancs en neige de son île flottante avec sa langue contre son palais et finit par poser la question qui le taraudait depuis plusieurs heures :

- Dis, Tantine… Est-ce qu’après mon départ, quelqu’un serait venu te voir pour te demander de mes nouvelles ?

- Qui ?

- Quelqu’un. Je ne sais pas.

- Quelqu’un de ton âge ?

- Par exemple. Est-ce que quelqu’un est venu ?

- Je n’en ai pas souvenir. Je suppose que tes amis se sont plutôt adressés à Clara. Tu penses à quelqu’un en particulier ?

- Le fils de l’enseignante qui m’avait pris sous son aile. Madame Gosselin.

- Gosselin… Gosselin, ça me dit quelque chose.

- Pascal Gosselin.

- Oh oui, ça me revient !

Le visage de l’écrivain s’illumina. Finalement, son ami n’avait pas été indifférent à son sort !

- Pascal Gosselin ! C’est un des notaires associés de l’étude qui s’occupe de vendre la maison ! Mais non, ce jeune homme ne s’est jamais enquis de toi auprès de moi, que ce soit après ton retour chez tes parents ou lors de la signature du mandat.

Le sourire d’Édouard s’effaça. Comment avait-il pu seulement y croire ? Ce fut le moment que choisit son agent pour lui téléphoner. Il entendait ignorer cet appel, mais Augustine lui fit signe de répondre. Il avala la dernière gorgée de son thé et décrocha, parlant à voix basse pour ne pas importuner les tables alentour.

- Bonjour, Mickaël.

- Tu joues les kamikazes, c’est ça ?

- Je ne comprends pas.

- Ce matin, je bois mon café, je consulte mes mails, je fais un tour sur Internet et qu’est-ce que je vois ? Toi en pyjama, manifestement au sortir de la douche vu tes cheveux mouillés, affalé sur un canapé à côté d’une jolie femme en nuisette, avec cette magnifique légende : « Le téléfilm sur Z14 est d’une nullité affligeante. Heureusement que Clara est là pour pimenter la soirée. » Tu veux ma mort ou quoi ?

- Quel est le problème ?

- Le problème ? Si tu coules, je coule ! On travaille main dans la main, Eddy ! Je fais tout pour t’assurer le succès et faire en sorte qu’il perdure. Et comment tu me remercies ? En te sabordant !

- Je ne vois pas en quoi cette publication pourrait…

- Tes lectrices ! Celles qui te croient célibataire et qui ont la surprise de te voir dans cette intimité avec une femme ! Tu veux les perdre ?

- C’est stupide. Si on lit mes romans, c’est pour les histoires qu’ils racontent, pas parce qu’on fantasme sur la photographie en quatrième de couverture.

- Ah, tu crois ça ? Tu as lu les commentaires ?

Non, Édouard ne s’y intéressait pas. Cette présence sur les réseaux sociaux était pour lui une mascarade. Il ne prenait donc pas la peine de suivre ce qui se passait sous ses publications forcées. Son agent renchérit :

- Je ne pensais pas dire cela un jour, mais ton style décalé plaît.

- Mon style décalé ?

- Ton cottage, le fait que tu te contentes du nécessaire en fuyant le superflu. Un homme en phase avec la nature, quoi ? Sans parler de ta discrétion qui, jusqu’à présent, permettait à chacune de s’imaginer dans ton lit. Et hier ? Bam ! Tu fiches leurs rêves en l’air !

- Tu n’exagères pas un peu ?

- Il y a douze commentaires de fans déçues qui pensent que cette fille est ta copine !

Édouard leva les yeux au ciel.

- Douze ? Tu as peur de perdre douze ventes ?

- Tu n’imagines pas combien se sont abstenues de s’exprimer ! D’ailleurs, qui est cette Clara ?

- Ma cousine.

- Ta cousine ? Laisse-moi réfléchir… Tu ne peux pas retirer la photographie, parce qu’on se demanderait ce qui se passe… Si tu modifies ta légende, celles qui ont déjà commenté qu’elles avaient le cœur brisé ne verront pas l’information…

- Tu veux que je démente en postant le cliché d’un drapeau arc-en-ciel flottant à l’entrée d’un bar et en écrivant : « Enfin un endroit où je me sens dans mon élément ! » ?

- Tu es fou ? Tu perdrais la moitié de tes followers ! Tu plaisantes, n’est-ce pas ?

- Certainement.

- Ça ne me fait pas rire ! Bon, on ne va pas passer cent sept ans sur le sujet. Soit tu publies une story, soit tu postes une nouvelle photo de toi avec ta cousine en précisant bien le lien familial.

- Tu ne dramatises pas un peu les…

- Non ! Je ne dramatise rien ! Pour quoi tu me paies ?

- Pour mener au mieux ma carrière.

- Et t’assurer de vivre de tes écrits. Eddy, tu viens de publier une romance, t’ouvrant les portes d’un nouveau lectorat. Ça marche du tonnerre, les ventes explosent.

- Les critiques sont mitigées.

- On s’en fout des critiques ! Elles te lisent quand même ! Les adolescentes en quête d’émois, les ménagères en mal du véritable amour, les anciennes qui ne peuvent plus se contenter de leurs souvenirs usés... Bien sûr que ta belle gueule au dos du bouquin est une plus-value !

Les poils de l’écrivain se hérissèrent. Seule la rentabilité de son poulain motivait Mickaël et de ce fait, il se révélait régulièrement cynique et exécrable. Édouard n’appréciait pas le mépris qu’il avait senti pour ses lectrices dans les dernières phrases de son agent. Si celui-ci n’était pas aussi efficace dans la défense de ses intérêts, il se serait séparé de lui depuis qu’il avait fait corps avec son éditeur pour obtenir qu’il écrive en trois semaines ce roman commercial.

- Tu as compris, Eddy ? Tu rectifies le tir au plus vite, ok ? Allez, bonne journée !

Le silence fit comprendre au jeune homme que son agent avait raccroché. Il essaya de cacher sa contrariété et demanda :

- Tantine, ça te dirait que mes abonnés nous voient ensemble ?

- Tu veux faire de moi une star ?

- Une mini star. Ma notoriété est toute relative.

- Il y a quand même écrit 62k. Clara m’a dit que c’était beaucoup.

- Que sont 62.000 personnes à côté des milliards d’humains sur la planète ? Bien entendu, c’est faramineux pour moi qui n’osais pas espérer en faire mon métier, mais je t’assure que je me promène dans la rue sans déchaîner les foules et que je peux faire mes courses tout à fait anonymement.

Il se leva pour se placer derrière elle, posa son menton sur l’épaule de la vieille dame et fut rasséréné par les effluves de son parfum. Il l’invita à sourire et publia leur selfie, mentionnant qu’après sa soirée agréable avec sa cousine, il passait désormais un très bon moment en compagnie de sa grand-tante. Il tagua le restaurant : si ce petit jeu stupide pouvait leur apporter de la clientèle, il aurait alors eu une utilité.

 

Édouard ne quittait pas son reflet des yeux. Debout devant le miroir de la chambre de Clara, il se détaillait encore et encore sans arriver à se reconnaître. Il n’avait jamais porté une tenue aussi sophistiquée. Il avait bien revêtu des costumes lors des grandes occasions, mais cela n’avait rien à voir. Sa cousine l’avait affublé d’un pantalon slim en toile noire, ainsi que du tee-shirt bleu marine à manches longues et col en V acheté la veille. Par-dessus, elle lui avait fait enfiler une fine veste de motard en cuir marron, tandis qu’à ses pieds brillaient les brogues brun foncé qu’elle avait dénichés. Si le jeune homme avait eu l’impression au départ de se parer d’un déguisement, l’image flatteuse que lui renvoyait la glace le laissait pantois. Clara finit de lui donner un coup de peigne, essayant de dompter ses cheveux rebelles en une coiffure plus moderne. Elle le contempla à son tour et lui demanda, inquiète :

- Alors ? Comment tu te trouves ?

- Tu veux que je sois honnête ?

Elle acquiesça d’un signe de tête et il mit fin à son calvaire :

- C’est très réussi !

Il la serra dans ses bras pour la remercier.

- Je peux te prendre en photo ? Pour mon book ? Pour une conseillère en image, relooker une star, c’est le summum !

Il acquiesça et posa même pour elle. Elle prit des clichés de son cousin en pied et en portrait, puis les publia sur son propre mur, tel un trophée. Alors qu’ils récupéraient leurs écharpes dans l’entrée, Clara tendit à Édouard un double des clés de son appartement :

- Si je rencontre l’homme de ma vie ce soir, nous ne rentrerons peut-être pas ensemble. Le prochain tram est dans six minutes, nous avons juste le temps de l’attraper. Ça va aller, avec ta patte folle ? Je ne comprends pas comment tu t’y es pris pour te faire ce sacré bleu.

 

À leur arrivée au restaurant avec quelques minutes de retard, ils constatèrent que plusieurs des convives étaient déjà présents et discutaient. Clara fit un debriefing à son cousin alors qu’ils avançaient :

- Au bout, là-bas, c’est Amandine. Tu t’en souviens ?

- Son visage m’est familier, oui.

- À côté d’elle, à droite, son grand frère Stéphane.

- Il ne me dit rien.

- Il était au lycée avec nous. Un peu brut de décoffrage.

- Ma mémoire me fait défaut.

- Fais comme si tu te souviens, sinon il sera vexé.

Elle continua de lui présenter les autres convives, qu’il ne connaissait pas, pour terminer :

- Le brun avec la chemise verte, je ne sais pas qui c’est. La blonde, c’est Sylvie. Celle qui doit nous présenter son fameux fiancé. C’est peut-être lui, le fameux fiancé ? Il reste cinq places libres. Nous ne sommes donc pas les derniers !

Lorsqu’ils furent à portée de voix, la jeune femme salua la tablée et fit la bise à chacun, apprenant ainsi que l’inconnu se prénommait Alban. L’une des jeunes femmes la taquina :

- Tu ne nous avais pas dit que tu viendrais accompagnée…

- J’ai appelé le restaurant pour rajouter un couvert.

La dénommée Sylvie rétorqua, un sourire crispé aux lèvres, légèrement vexée :

- Tu as décidé de me voler la vedette ce soir, on dirait… Qui est ton charmant cavalier ?

Édouard restait en retrait, légèrement mal à l’aise de s’inviter à cette réunion d’amis, mais la rouquine le tira par le bras pour le mettre en évidence et demanda :

- Une présentation est-elle vraiment nécessaire ? Vous ne voyez pas qui c’est ?

L’écrivain rougit de honte. Il n’avait aucune intention de s’asseoir à cette table en tant que personnalité et aurait préféré qu’elle ne l’évoquât pas. Ceux qui feraient le rapprochement ne le dérangeaient pas, mais il ne voulait pas qu’on l’imposât comme célébrité à des gens qui n’avaient jamais mis le nez dans un de ses livres. Surtout que contrairement à ce que claironnait Clara, il n’était pas si connu que ça. Bien sûr, il avait vendu presque 250.000 exemplaires, mais tous ses romans confondus. Bien sûr, il avait été invité à une émission littéraire sur une chaîne publique pour L’injection, mais à une heure tardive et cela avait été la seule fois où il était apparu sur le petit écran. Comme il l’avait dit à sa grand-tante le matin même, il vivait dans l’anonymat. Il arrivait de temps en temps qu’il soit reconnu dans la rue ou un café, mais rien de comparable avec la fièvre déclenchée par les Beatles. Il était donc logique qu’il fasse preuve d’humilité. Il intervint pour rectifier le tir :

- Son cousin. Je suis son cousin. Je suis en visite dans la famille. J’ai vécu ici durant trois ans. J’étais au lycée Balzac moi aussi. Nous nous sommes peut-être croisés à l’époque.

Amandine compléta :

- Son cousin et accessoirement, l’auteur de quatre romans à succès. Si j’avais su que tu serais là, j’aurais apporté mes exemplaires pour une dédicace ! Édouard Sandler… Ça fait un bail ! Vu mes souvenirs et vu tes photos de couverture, je ne m’attendais pas à te voir comme ça. Tu es… époustouflant !

Sa cousine enchaîna fièrement :

- Tu me fais trop plaisir, Mandy ! C’est l’effet Clara, ça ! Relooking express.

- Tu as toujours su faire un joyau d’une pierre brute !

Le jeune homme ne sut pas comment interpréter cette dernière phrase. Devait-il le prendre mal ou était-ce tout de même un compliment ? Ils s’assirent à leur tour et il fut relégué sur la chaise en face de celle qui se trouvait vide à côté de Sylvie. Le serveur vint prendre les commandes pour l’apéritif. Édouard demanda un soda et se fit réprimander par une jolie brunette qui lui reprocha d’être trop sage.

- La soirée ne fait que commencer, personne n’a à prendre le volant : vous devriez vous amuser…

Il changea donc pour un communard, laissant son interlocuteur perplexe et l’obligeant à expliquer :

- Du vin rouge et de la crème de cassis.

- Oh, un cardinal, quoi ?

- Si c’est ainsi que vous appelez ça ici, va pour un cardinal !

Édouard retira sa veste et la posa sur le dossier de sa chaise. La jeune femme qui venait de lui parler détailla avec insistance les pectoraux et biceps légèrement dessinés, mis en valeur par le tee-shirt moulant. Elle s’enquit, lui décochant une œillade sans ambiguïté :

- Vous faites du sport ?

- Pas vraiment. Mais je marche beaucoup, j’escalade et je coupe moi-même mon bois de chauffage à la hache. Ça entretient.

- Les muscles et le cardio. Vous avez de l’endurance, c’est bon à savoir…

Clara, peut-être un peu jalouse de ce rentre-dedans, lui rabattit son caquet sans prendre le temps de réfléchir :

- Si tu veux éviter l’humiliation, laisse tomber, Caro ! Il est gay et son petit copain Simon est canon. Il n’y a pas de risque qu’il vire sa cuti !

Cela jeta un froid autour de la table. Édouard se décomposa. Il ne savait cependant pas si son envie de disparaître six pieds sous terre venait de l’annonce déplacée de sa cousine, ou du fait qu’elle eût connaissance des informations qu’elle venait de divulguer sans qu’ils n’aient jamais eu cette discussion ensemble. Ils devraient s’expliquer. Caroline, touchée par le malaise flagrant du jeune homme, lui sourit et tenta de le détendre :

- Clara n’a jamais su faire preuve de tact. Nous y sommes habitués. Quoiqu’il en soit, il a bien de la chance, ce Simon.

            Le téléphone portable de l’écrivain se mit à vibrer. Mickaël. Il avait pourtant eu sa photo « rectificative », qui était également la publication du jour ! Que lui voulait-il alors ? Les informations détenues par Clara avaient-elles été rendues publiques quelque part ? Était-ce ce qui motivait son appel ? Il aurait pu profiter de la diversion, mais n’avait pas envie d’en débattre. Il ne répondrait pas. Il refusa donc la conversation pour ne plus être importuné par le bruit et essaya de se mêler à la discussion. C’était sans compter la ténacité de son agent qui relança un appel. Énervé, le jeune homme s’empara du mobile, pria l’assemblée de l’excuser et se rendit aux toilettes pour répondre.

- Qu’est-ce qu’il y a encore ?

- Bonsoir, Eddy !

- Oui, bonsoir. Fais vite, je suis au restaurant. M’éclipser pour te répondre est impoli.

- Je voulais te soumettre les deux évènements pour lesquels tu es sollicité !

- Oh… Je pensais que tu n’étais pas satisfait de ma photo de ce midi.

- Mon rôle, c’est aussi de te faire de la pub par d’autres biais. Tu as ton agenda ?

- Je viens de te dire que j’étais au restaurant.

- Je t’enverrai un SMS avec le récapitulatif. La semaine prochaine, tu as une séance de dédicaces à la librairie Dupond à Paris.

- Quel jour ? Je suis déjà occupé le week-end avec la fête des gratitudes du village.

- Oui, je le sais. Évite de te prendre une déculottée au lancer de citrouilles, ce ne serait pas bon pour ton image…

- Je ne participe pas au lancer de citrouilles cette année. Je me suis inscrit au monter d’arbre.

- Tu m’en diras tant… La séance de dédicaces, c’est jeudi après-midi. Je t’ai déjà pris les billets d’avion. Quelqu’un viendra te chercher à l’aéroport.

- OK.

- Et maintenant… Ta da ! Je viens d’avoir la nouvelle. Tu as été sélectionné pour faire partie du jury du concours du festival d’Hendaye en décembre.

- « Plumes de Noël » ?

- Exactement !

Édouard connaissait ce prix qui récompensait le meilleur ouvrage sur le thème des fêtes de fin d’année. Les membres du jury devaient lire les romans, nouvelles, poèmes sélectionnés et élire dans chaque catégorie, celui qui avait leur préférence. Cette édition était présidée par Grégory Montet, l’auteur de feel-good le plus vendu ces derniers temps, et se composait également de Nancy Ébrard, Belline Faivre, Antonia Moura et Laurent Blake, bien connus dans le milieu de la romance, genre largement représenté dans la sélection. Son roman Les cloches de Noël sonnent toujours deux fois n’avait pas pu concourir, étant sorti trop tard par rapport aux nominations. D’où l’incompréhension du jeune homme : le jury était habituellement composé de cinq membres et il était connu depuis plusieurs semaines déjà. Pourquoi le contacter ? L’un d’eux avait certainement un empêchement et on essayait de trouver quelqu’un d’autre au pied levé.

- Qui suis-je censé remplacer ?

- Euh…

- Je fais le bouche-trou, non ?

- Nancy Ébrard a dû se décommander. Mais c’est une super opportunité, Eddy ! Le concours est médiatisé et vous avez ensuite une séance de dédicaces en commun : imagine le boost que ça peut être pour ton dernier roman ! Ton éditeur a déjà lancé l’impression des exemplaires auteur.

- Si je comprends bien, tu ne me soumets pas l’évènement pour savoir si j’accepte de faire la cinquième roue du carrosse, c’est déjà entériné. Accessoirement, combien d’ouvrages vais-je devoir lire en trois semaines pour jouer correctement mon rôle de juré ?

Mickaël marmonna un chiffre qu’Édouard ne comprit pas.

- Combien ?

- Vingt-deux.

- Vingt-deux ?!? Où veux-tu que je trouve le temps de lire vingt-deux bouquins ?

- Si tu veux, je charge quelqu’un de te faire des fiches.

- Pour baser mon vote sur le ressenti de quelqu’un d’autre ? Non merci. Je me débrouillerai.

- Ils ont été expédiés chez toi ce matin. Tu devrais les recevoir mardi.

- Donc j’aurai moins de trois semaines…

- Tu ne vas pas pinailler pour deux ou trois jours en moins. Es-tu réellement obligé de tout lire ?

- Par respect pour les auteurs, oui.

- Le transport, l’hébergement et la restauration nous sont offerts sur place. C’est open bar, Eddy ! Profite !

- Parce que tu viens avec moi ?

- Il paraît que le Pays Basque est très joli à cette époque…

L’écrivain soupira et battit en retraite.

- Envoie-moi effectivement un récapitulatif sur ma boîte mail.

- Tu pourrais dire merci, quand même !

- Merci quand même… Bonne soirée, Mick !

Cela voulait dire qu’Édouard devait impérativement être de retour chez lui le mercredi d’après. Donc il devait décider assez rapidement s’il tentait de reprendre contact avec Pascal ou non. Si les Pages Blanches avaient été muettes, avec l’information que Tantine lui avait donnée au déjeuner, peut-être les Pages Jaunes seraient-elles plus prolixes ? Il retourna dans la salle de restauration en entrant le nom de son premier amour dans le moteur de recherches et tomba effectivement sur les coordonnées de la SCP Savard-Etampes-Gosselin, notaires associés. Un immeuble d’affaires en centre-ville. Au moins savait-il désormais où il travaillait.

Il s’assit à côté de sa cousine, mit son téléphone en mode avion et le glissa dans la poche de sa veste. Quand il se retourna, il constata que les chaises libres étaient désormais occupées. Son regard croisa celui de l’homme qui s’était installé en face de lui. Des iris verts à la lueur espiègle. L’émotion fut tellement forte qu’il eut l’impression que son sang avait quitté ses veines. Il en eut froid, la nausée et une faiblesse dans les bras. « Ne va pas t’évanouir, idiot ! » Son vis-à-vis, quant à lui, demeura apparemment impassible, si ce n’était un bref haussement de sourcils et une ombre d’inquiétude désormais dans son regard. Clara, remarquant que son cousin était de retour, s’exclama :

- Eddy, je te présente Sandra et Maxime, un couple d’amis, et le fiancé de Sylvie.

Le fiancé de Sylvie ? Il avait dû mal comprendre. Cependant, il constata effectivement que la blonde avait sa main posée sur celle de son voisin de table et que celui-ci lui caressait les doigts avec son pouce. L’heureuse élue lui demanda :

- Vous êtes tout bizarre. Vous vous connaissez ?

Son compagnon se crispa légèrement et avant qu’il eût pu lui répondre, l’écrivain murmura :

- C’est ce que je croyais. Mais j’ai dû faire erreur.

Les traits de Pascal Gosselin auraient dû se détendre, mais ce ne fut pas le cas. Le frère d’Amandine protesta :

- Mais si, voyons. Le beau Goss’ était dans l’équipe de foot du lycée. Tu te souviens de l’équipe de foot, Eddy ?

Le jeune homme frissonna. Oui, il se souvenait. Il se souvenait très bien. Mais Pascal était différent. Il attrapa son verre d’apéritif et but cul sec pour se donner un coup de fouet. Stéphane précisa :

- Tu les avais interviewés pour un article dans le journal du lycée.

La voix qui lui avait tant ravi les oreilles finit par expliquer :

- Nous avons effectivement eu l’occasion de nous croiser à quelques reprises à cette époque.

Sa compagne lui reprocha :

- Tu ne m’avais pas dit que tu connaissais un écrivain célèbre, mon coeur.

- Pardonne-moi, chérie, mais cela aurait été illégitime : l’eau a coulé sous les ponts et monsieur Sandler et moi nous sommes totalement perdus de vue.

« Monsieur Sandler » ? « Chérie » ? Soit. Le message était clair. Il n’y avait plus aucune illusion à se faire. Les années passant, Pascal avait bien intégré les conseils de son père, au point de renier l’attirance qu’il avait pu avoir pour un autre garçon. Au moins Édouard pouvait-il définitivement passer à autre chose. Cependant, l’infinie tristesse qui l’étreignait se doubla bientôt d’un profond sentiment de trahison. Quand le beau blond avait-il joué un rôle ? Quinze ans plus tôt, en agissant avec lui comme un flirt aurait pu le faire, lui faisant croire que ses sentiments et émois étaient réciproques ? Ou ce soir, en se présentant comme le fiancé aimant pour assouvir les ambitions de son père et celles de cette jeune femme, au détriment de son propre épanouissement ? La nausée refit son apparition. Il quitta la table pour se précipiter aux toilettes.

 

Édouard se rinçait la bouche au lavabo. On frappa à la porte et Clara lui demanda s’il était toujours là. Il s’essuya le visage. Il n’avait aucune envie de rester. Il n’avait plus faim du tout. Il ne pourrait pas passer tout un repas en face du couple à le regarder roucouler. Mais il ne pouvait l’expliquer à sa cousine. Il ne pouvait pas se confier à elle. Elle serait prise entre deux feux et finirait peut-être un jour par vendre la mèche à Sylvie. Si le jeune homme ressentait de la colère contre celui qui lui avait fait prendre conscience de son homosexualité quinze ans plus tôt, il ne lui voulait cependant pas de mal. Quel prétexte trouver ? Il sortit et lui fit constater :

- Je ne me sens pas bien tout à coup. Je vais rentrer me reposer.

- Oh non… C’est dommage. On allait vraiment s’amuser. En plus, les fiancés paient un coup pour fêter la bonne nouvelle.

Un nouveau haut-le-cœur ramena le jeune homme au-dessus de la cuvette des toilettes. Sa cousine brava l’enseigne réservant ces lieux à la gent masculine et le suivit.

- C’est vrai que tu es blanc comme un linge. Tu ne ferais pas une intoxication alimentaire ? Qu’est-ce que tu as mangé à midi ?

Il accepta le chewing-gum à la menthe qu’elle lui tendait et la détrompa :

- C’est trop loin du déjeuner pour être ça. S’il te plaît, va me chercher ma veste et excuse-moi auprès de tes amis. Je vais prendre un taxi, du paracétamol et me coucher. Comme on dit, ça ira mieux demain.

- Tu ne veux pas que je rentre avec toi ?

- Inutile de gâcher ta soirée.

- Bien.

Clara disparut. Édouard retourna au lavabo, se rinça à nouveau la bouche avant d’y mettre le chewing-gum. Il était beaucoup trop émotif. Après tout, quelle influence ce mariage avait-il sur sa vie ? Aucune ! Il avait un travail qui lui plaisait et qui ne dépendait aucunement du retour de Pascal. Il vivait dans un endroit dont le charme perdurerait même sans Pascal. Il avait des amis et n’était pas seul : Simon était d’une agréable compagnie. « Mais je n’ai jamais été pleinement heureux. Il m’a toujours manqué un petit quelque chose. » L’amour, la passion, il ne les avait jamais retrouvés. Il avait toujours nourri l’espoir de renouer avec celui qui avait éveillé ces sentiments chez lui. « Eh bien, maintenant que je sais que ça n’arrivera jamais, je vais pouvoir chercher ailleurs ce qu’il me manque. » C’était logique, mais il n’était pas convaincu. Le temps de faire son deuil, certainement.

Il se tamponna le visage avec une serviette et quand il la jeta dans la corbeille, il constata dans le reflet du miroir qu’il n’était plus seul. Il sursauta et sentit la nausée le reprendre. Le beau blond se tenait derrière lui, les mains dans les poches, si séduisant dans son fin pull à col roulé en cachemire vert d’eau et son jean beige.

- Il semblerait que tu veuilles nous abandonner.

- « Monsieur Sandler » ne se sent pas bien.

- Tu l’as mal pris.

- Tu vas me vouvoyer aussi, maintenant ? Tu aurais pu mettre de la distance tout en utilisant mon prénom. « Monsieur Sandler. » C’est ridicule ! Et blessant.

- Je te remercie pour ta discrétion tout à l’heure.

- Ce n’était pas à moi d’évoquer la nature de notre relation.

- La « nature de notre relation » ? Nous étions amis, Ed.

- Un peu plus, non ?

- Vraisemblablement pour toi, vu ta réaction de ce soir. Ce qui m’interpelle, c’est que tu sois aussi chamboulé quinze ans après. C’est vraiment de me revoir qui te met dans cet état ?

- Te revoir tout court aurait dû me provoquer des papillons dans la poitrine et pas des maux d’estomac. C’est te revoir dans un rôle qui n’aurait pas dû être le tien qui me met dans cet état.

- Un rôle qui ne devrait pas être le mien ?

- Ne fais pas celui qui ne comprend pas ! Notre séparation a été des plus brutales. J’en suis resté à cette coupure nette, moi. La dernière étape pour moi, c’est cette nuit du 10 au 11 juillet. Tu ne l’as pas oubliée, cette nuit, n’est-ce pas ? Tu le lui as dit ?

- Quoi ?

- Ce qu’il s’était passé.

Le beau blond pouffa et résuma :

- Je ne pense pas qu’il soit nécessaire que je parle à ma future d’une curiosité d’adolescence qui a débouché sur un touche-pipi de cinq minutes, et après lequel je ne t’ai plus jamais revu. On fait tous des erreurs.

Édouard sentit les larmes lui monter aux yeux. « Un touche-pipi de cinq minutes » ? « Une erreur ? » Entendre sa première expérience qualifiée de la sorte lui remua l’estomac. Comprenait-il correctement ? Pascal était manifestement en train de lui expliquer qu’il était hétérosexuel, mais qu’il avait cédé à la tentation d’une expérience gay. Ce n’était pourtant pas ce qu’il avait ressenti dans leur complicité de l’époque, dans les attouchements de ce dernier dans le vestiaire du gymnase, et lorsque leurs regards s’étaient intensément accrochés tandis qu’ils se caressaient mutuellement. Non, ce regard n’était pas celui d’un simple ami ou d’un adolescent curieux. Il y avait eu beaucoup plus dans ce regard. Pourquoi le niait-il ?

- Enfin bref. Vu que tu as accepté d’être discret, sache que ta présence ne me dérange pas.

- Elle dérange ton père manifestement. J’ai eu droit à de nouvelles violences ce matin.

Le visage de son interlocuteur afficha une sincère tristesse.

- Je suis désolé. Tu ne le mérites pas.

- Si ta « future » venait à gaffer devant lui en évoquant cette soirée que tu me proposes de passer avec vous, vu que je serai reparti, je crains que son agressivité ne se retourne contre toi.

- Inutile. Il n’a jamais été agressif envers moi.

- Parce que tu as rejeté qui tu étais pour te couler dans son moule.

- Arrête de te faire des films, Ed ! Je n’ai rien rejeté. Tu étais attiré par moi, je le sentais. J’en ai profité, c’est tout.

- Tu te contredis. Tu semblais dire tout à l’heure que tu ne comprenais qu’aujourd’hui l’importance que tu avais eue pour moi.

- Pourquoi insistes-tu ? Allez, tu fais ce que tu veux. Tu restes ou tu t’enfuis tel un voleur, comme tu l’as fait il y a quinze ans, je m’en fous. Je vais me marier avec Sylvie. « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

La colère prit le dessus sur l’humiliation et alors que Pascal allait ouvrir la porte pour retourner dans la salle de restauration, Édouard la referma violemment, le plaqua contre et s’empara voracement de sa bouche. L’explosion dans son cœur, ses genoux qui jouaient des castagnettes, il n’avait jamais ressenti une telle passion en embrassant quelqu’un d’autre. Quelques secondes seulement. Puis se rendant compte de ce qu’il était en train de faire, il recula d’un pas et s’essuya les lèvres. Sa victime s’insurgea :

- Qu’est-ce qui te prend ? Tu fais dans l’agression sexuelle, maintenant ?

- Pardon.

Le jeune homme osa à nouveau dévisager celui qu’il avait forcé à recevoir son étreinte.

- C’est ce que je m’apprêtais à faire, quand ton père a fait irruption dans la chambre. Il m’en a frustré. Cela fait quinze ans que je me demande ce qu’on ressent quand on embrasse celui qu’on aime…

- C’est vrai que tu n’as pas eu le temps de prendre ton pied, toi.

- Non. J’ai pris des coups.

Pascal sembla se calmer. Il posa une main qu’il voulut réconfortante sur l’épaule du beau brun et lui dit :

- Je suppose que tu ne te sens pas forcément mieux, maintenant.

- Pourquoi ?

- Parce qu’à l’époque, j’étais peut-être celui que tu aimais, mais aujourd’hui, je ne suis qu’un homme lambda. Alors tu ne sauras jamais ce que tu aurais ressenti ce 11 juillet.

- Tu ne seras jamais un homme lambda, Pascal ! Bien sûr que je sais dorénavant ! Mais je ne me sens pas forcément mieux effectivement, parce que j’ai conscience de ce dont je vais désormais être privé. C’est un cercle vicieux.

Face au silence qui régnait désormais dans la pièce, l’écrivain murmura :

- J’ai fait mon choix. Je m’en vais. À nouveau. Je vais chercher ma veste et je te laisse profiter de ta soirée. Je te souhaite un mariage heureux, si tu es sincère quand tu affirmes que c’est là que se trouve ton bonheur.

Édouard se dirigea à son tour vers la porte, mais n’eut pas plus le temps de sortir. On lui fit faire volte-face et il sentit des mains l’attraper sous les cuisses pour le soulever et l’asseoir sur le rebord du lavabo. Les doigts remontèrent pour attraper son visage et les lèvres tant convoitées se posèrent goulûment sur les siennes. Sa bouche fut forcée par une langue avide, qu’il accueillit avec volupté. Le French kiss qui s’en suivit fut le plus savoureux qu’il eût jamais goûté. Son cœur battait la chamade. Les soupirs de son partenaire n’avaient rien de simulé. Ses mains glissèrent sous le pull en cachemire pour tenter de le retirer, mais Pascal les bloqua. Il secoua la tête :

- Pas ici. Des toilettes pour hommes, c’est glauque. Je trouverai une excuse pour rentrer dormir seul chez moi et je t’y attendrai.

Il l’embrassa à nouveau et ils continuèrent la conversation ponctuée de baisers brûlants :

- Je glisserai mon adresse dans ta poche au vestiaire, quand nous serons en boîte.

- Dois-je comprendre que tu me proposes de passer la nuit avec toi ?

- Fin limier… Tu n’en as pas envie ?

- Quelle question !

Ses tétons pointaient à travers le tissu de son tee-shirt. L’excitation était à son comble.

- Alors reste...

- Je ne suis pas un goujat, Pascal. Je n’arriverai pas à passer la soirée en regardant ta fiancée dans les yeux, sachant ce que nous prévoyons de faire.

- J’ai la solution.

- Ah bon ?

- Ne la regarde pas !

Il se rhabilla, se recoiffa rapidement devant le miroir et laissant l’écrivain ahuri, retourna en salle de restauration.

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Edouard PArle
Posté le 24/11/2021
Coucou !
Le chapitre me paraissait de prime abord un peu long mais finalement je n'ai pas vu le temps passer. Ta plume est simple et directe, c'est très agréable et détendant à lire.
Ca fait un peu bizarre de lire les chapitres dans le mauvais ordre xD Je comprends mieux certains éléments du chapitre suivant maintenant^^
Le nouveau titre avec la nouvelle couverture sont sympas (=
Le cynisme de l'agent littéraire sur les lectures rend vraiment vrai xD J'aime bien les sarcasmes de l'agent littéraire sur les romances alors que ton roman est une romance xD c'est très ironique.
Une petite remarque :
"Comment tu trouves ?" -> comment tu te trouves ?
Un plaisir,
A bientôt !
LJ Stranowicz
Posté le 27/11/2021
Merci beaucoup !
Je corrige.
Tu vas pouvoir reprendre le fil normal de l’histoire.
À bientôt !
Anne21
Posté le 11/11/2021
La romance, la littérature sentimentale populaire pour parler français, est depuis longtemps un genre très apprécié dans les pays anglophones, où on n’hésite pas à placer dans cette catégorie des écrivains comme Jane Austen et les sœurs Brontë. Les tirages de Barbara Cartland, Nora Roberts, etc. font pâlir de jalousie les auteurs de genres littéraires dits plus nobles. En France, ces romans sont considérés comme mineurs et méprisés. La pub des années 70-80 : “Collection Harlequin, tout un monde d’évasion” a été utilisée pour se moquer de quelque chose ou quelqu'un excessivement et stupidement sentimental.
C’est pourtant un genre difficile car piégeux : compliqué de ne pas tomber dans la mièvrerie, la guimauve, voire la niaiserie.
C’est un genre que je connais mal, pour n’avoir lu que quelques romans dans la sous-catégorie chick lit (Helen Fielding et Marian Keyes par exemple, dont j’apprécie l’humour), et dans une autre sous-catégorie, Fifty Shades of Grey, qui lui m’est tombé des mains !
J’ai donc commencé à lire ce roman en devenir avec beaucoup d’a priori. Or jusqu’à présent, il semble réussir à éviter les pièges souvent inhérents à cette catégorie. Est-ce dû au personnage principal, ou à l'histoire, pas tout à fait conformes aux codes du genre ? Pour le moment, je laisse mes a priori de côté et j’attends la suite avec impatience. Pourquoi pas le début d’une nouvelle sous-catégorie de romance : après chick lit, oserais-je suggérer dick lit ?
J’attends de voir les réactions des lectrices (sans sexisme, je pense que le lectorat doit être surtout féminin, quoi que …) plus habituées que moi à ce genre littéraire.
LJ Stranowicz
Posté le 11/11/2021
Merci infiniment pour ce ressenti. J'avoue que n'étant pas un adepte des romances habituellement, que ce soit en lecture ou écriture (ce qui augmente la challenge pour moi), je ne connais "les codes du genre" et n'écris pas en les appliquant. J'espère que l'histoire aura au final tout de même un intérêt.
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