Les jeunes loups

Par Pouiny

« Berin, réveille toi, réveille toi ! »

Volven tira de son sommeil le jeune ours endormi. Elle sautillait partout sans pouvoir s'arrêter. Tout autour d'elle, la neige fondait.

« L'hiver s'est fini, Berin ! Le printemps est de retour ! »

Le jeune ours, amusé, se plaisait à la regarder courir annoncer la nouvelle à toute la meute. Cela faisait maintenant plusieurs lunes que le jeune ours était dans la meute de Svär. Il n'avait été que peu conscient du temps qui s'était écoulé. La meute avait eu la clémence de le laisser dans un état léthargique, comme Äanstrij l'avait conseillé. Néanmoins, de ce sommeil léger dont les ours connaissent si bien le secret, il avait appris à comprendre la meute, s'y intégrer. Il n'était désormais plus l'étranger dont les loups se méfiait. Même s’il pouvait encore sentir le regard inquisiteur de Svär l'observer pendant ses phases d'éveil et même de sommeil, ainsi que la méfiance et la maladresse de certains loups à son égard, il se sentait déjà plus libre. Volven, la jeune louveteau qui avait pris a cœur son rôle de ''protecteur du sommeil'', y était pour beaucoup. Berin avait pu constater que plus les loups étaient jeunes et moins ils étaient hostiles ou gênés par sa présence ; Volven en était le parfait exemple. Elle avait désormais pris l'habitude de dormir collée à lui, réchauffés mutuellement par leur fourrure. Ces moments étaient précieux à Berin, lui rappelant des souvenirs perdus. Elle était la plus petite des louveteaux, aussi la plus faible, pour autant elle semblait briller par son énergie là ou Berin éprouvait de la difficulté pour le moindre mouvement. Les autres louveteaux, plus hargneux, semblaient assez jaloux de la place qu’occupait Berin dans le coeur de Volven, mais ils entretenaient des rapports amicaux, bien que distant.

 

Alors qu’elle venait de lui hurler dans son oreille meurtrie pour le réveiller, elle avait déjà disparu de son champ de vision. Des rayons de soleils nouveau semblaient luire sur le poil brun du jeune ours. Il sembla se remplir d'une énergie nouvelle. Pour la première fois depuis longtemps, il courut rejoindre Volven à travers les loups endormis.

Ouvrant un œil, Svär observa furtivement ces deux louveteaux qui faisaient trop de bruit pour une journée. Mooie, plus conciliante, s'approcha de lui.

« Après tout, c'est le premier printemps de leurs vies.

– Pour lui aussi, crois-tu ? »

Ne connaissant pas d'ours vivant avant Berin, il était difficile de savoir en vérité quel âge il pouvait avoir. Les cinq louveteaux de la meute, eux, approchaient de leur première année de vie. Bientôt ils deviendraient des loups prêts à chasser pour la meute.

Si d'ordinaire le printemps signifiait la fin des soucis, celui-ci laissait à Svär un goût amer. L'Ennemi se rapprochait. Aucune véritable bataille s'était encore déclenchée ; comme deux chats ennemis, les deux clans grondaient, menaçaient, se mesuraient. Aucune des deux meutes n'étaient prête à se diriger au combat sans connaître l'ennemi. D'autres guetteurs furent envoyé, ils revinrent tous blessés, certains même plus en état de pouvoir combattre. Svär avait donc décidé d'être prudent. Hors de question de prendre le risque d'attaquer le premier. L'hiver, pour la première fois de sa vie, avait été une bénédiction ; aucun ennemi ne prendrait le risque de charger en cette saison. Elle était une saison bien assez complexe pour y rajouter toute la souffrance que peut être une bataille. Si les forces de la meute avait été réduite en cette saison, la fin du clan aurait peut-être été envisageable. Mais aucune attaque de front fut à déplorer. L'ennemi avait donc une réflexion stratégique mais également un jeu pas encore assez supérieur pour pouvoir outrepasser cette règle tacite de ne pas combattre en hiver. Celui-ci étant fini, des temps de combat pourrait donc bien arriver.

« J'espère qu'il grandira vite, murmura Svär. Nous avons besoin de sa force.

– Certes, il a perdu beaucoup de masse cette hiver, mais il n'est déjà plus le louveteau que nous avons adopté, assura Mooie. Garde patience, mon loup, rien n'est jamais autre qu'une question de temps. »

Svär se redressa, et d'un pas lent, marcha aux alentour du refuge. Depuis cette menace planante au dessus d'eux, il était plus méfiant. Plus maussade. Il se rendait compte à quel point il n'était plus dans cette zone de confort dans laquelle il avait vécu toute sa vie. Il n'avait jamais combattu d'ennemi autre que des loups, et ainsi n'avait été face à des créatures dangereuse dont il ne savait rien. Impossible de comprendre leur langage, ni leur mode de fonctionnement. Ils semblaient se servir d'armes externes, comme le feu qu'ils avaient pu apercevoir lors de la mort de l'ourse. Avant ce jour, Svär avait déjà vu du feu. Celui ci pouvait se déclencher de temps à autres les nuits d'orage. Dévastateur, il avait déjà pu forcer à l'exil la meute dans le passé. Il lui semblait impensable que ce feu, si imprévisible, si soudain, puisse-t-être apprivoisé. L'ennemi n'était pas encore dans la forêt, il ne pouvait y survivre, mais il se rapprochait, lentement ; Svär passait donc du temps à parler aux oiseaux, espérant contre nourriture gagner de meilleures informations.

 

De son coté, Volven était aux anges. En plus du retour du soleil tant attendu, son ami semblait enfin parfaitement réveillé.

« C'est vrai, tu ne te rendormiras plus ?

– Sans doute moins que toi. »

Elle poussa un jappement de joie et commença à sauter sur Berin. Le jeune ours, imperturbable, continua sa route. La faim se faisait sentir plus que d'habitude. Il marchait entre les loups endormis sans savoir quoi faire pour calmer sa faim. Volven le suivait, comme à son habitude. Les autres louveteaux, plus calme, restaient avec les Anciens. La meute était particulièrement calme. Sans doute parce qu'il n'avait jamais été complètement réveillé depuis un certain temps, il lui sembla n'avoir jamais vu les loups dans un tel état léthargique. Pour autant le silence étouffé des hivers était déjà disparu. Il sentait comme s'éveiller la terre, grouiller les insectes. La neige gouttait au sol. Le blanc commençait doucement à disparaître. Il entendit de loin le bruissement d'un cours d'eau. Il sembla raisonner jusque dans ses veines, et comme attiré par une odeur nouvelle, il s'y dirigea.

« Berin, qu'est-ce que tu fais ?

– Je vais manger.

– Quoi ? Mais, attends ! »

Devenue inquiète, Volven se mit en travers de la route du jeune ours.

– Tu ne peux pas faire ça ! Nous devons attendre que les chasseurs reviennent avec de la nourriture…

– Et nous contenter de ce qu'ils nous laissent, oui, je sais… Mais personne n'est réveillé, là. Personne ne verra qu'on part à la chasse.

– Tu pars chasser ? Toi ? »

La louveteau laissa échapper une sorte d'ululement dont Berin ne sembla pas y prêter d'intérêt. Le cours d'eau était rapide, fort. Pour autant beaucoup de pierres, de bois tombés, flottait tout autour. Volven arrêta de se moquer quand elle vit Berin toucher véritablement l'eau. La force du courant aurait facilement emporté un louveteau. Pour autant, Berin ne touchait qu'à peine la rivière. Une seule patte dans l'eau, solide, inébranlable, le reste restait au sec et lui permettait de garder l'équilibre. Sachant parfaitement comment s'appuyer, comment fonctionnait le courant, le jeune ours sentait en lui monter une sorte d'extase. Comme si il n'avait qu'à ressortir des informations qu'il avait déjà appris, comme si, quelqu'un, devant lui, lui avait déjà tout fait.

« Berin ! Reviens, c'est dangereux de s'éloigner ! »

Mais l'ours ne l'écoutait déjà plus. Sa vue, d'ordinaire si mauvaise en forêt, était parfaitement adaptée pour apercevoir tout ce qui vivait dans l'eau. Silencieux, le plus discret possible, ses mouvements lents ne dérangeait pas les batraciens qui ne remarquaient qu'à peine sa présence. Volven, partagée entre l'inquiétude entre son ami et la désobéissance, restait sur la berge. Sans un son, Berin l'appela.

« Volven ! Viens, ne t'inquiète pas, c'est pas compliqué ! »

Voyant la louve comme figée sur le bord de l'eau, il ne s'en préoccupa pas plus et tenta de s'aventurer plus loin, plus en vallée. Il savait d'instinct qu'il trouverait plus facilement ce qu'il cherchait. Le voyant s'éloigner progressivement, la jeune louve décida de le suivre, n'osant pas se mettre à dos son ami en appelant la meute. Prudemment, sur le bord de l'eau, elle restait derrière lui, cherchant à ne pas le perdre de vue.

Enfoncés dans un coin inconnu de la forêt, Berin était en pleine euphorie. Des poissons, partout, à portée de patte. Il ne souciait plus des arbres, des ennemis, du danger. Ce qu'il cherchait était devant ses yeux.

« Allez, Berin, viens, on rentre…

– Toi qui d'ordinaire veut toujours bouger, c'est rare de te voir aussi inquiète !

– La meute va le savoir, ce que nous faisons. On va se faire gronder.

– Rentre toi, si tu veux. Moi, j'ai à faire ici. Regarde. »

Toute son attention portée sur l'eau, le visage d'ordinaire si placide de l'ours sembla rayonner de joie. Bien ancré sur trois appuis, les deux pattes arrières dans l'eau, il souleva sa patte avant, la figea en l'air. Volven, jusque là peu encline à jouer, se laissa prendre d'attention par ce qu'il faisait. D'un coup vif, presque impossible à capter, la patte de Berin plongea et remonta aussi vite qu'elle était venue. Au bout de celle ci, un poisson s'envola sous les yeux ébahi de la louveteau. Se ressaisissant au dernier moment, elle l'attrapa au vol. L'admiration qu'elle vouait immédiatement à l'action de son compagnon se transforma presque immédiatement en dégout.

« Aaah, c'est horrible comme goût !!

– Attends, non, ne le lâche pas ! »

Presque désespéré, Berin prit la louveteau au dépourvu. Rapidement, il se dirigea vers elle et lui reprit son butin. A une vitesse effrénée Volven vit son compagnon dévorer le poisson comme si il n'avait rien mangé depuis des lunes.

– Tu ne sais pas ce qui est bon, grommela-t-il. »

Hésitante, elle ne répondit pas. Berin retourna à son coin de chasse, dans sensiblement la même posture qu'il y a un instant. A peine peu de temps après, un autre poisson s'envola vers la berge. Volven cette fois ci le laissa tomber à coté d'elle sans essayer de l'attraper. Le poisson rebondissait en desespoir de cause. La louveteau posa sa patte sur son corps frétillant. Elle vit mourir le poisson avec une étrange fascination. C'était la première fois qu'elle participait activement à la mort d'une proie. A peine la première victime arrêtait de bouger qu'une autre apparaissait au-dessus de sa tête. D'un coup de patte plus fort, elle le tua d'un coup sec.

« Ils ne sont pas habitué à être pêché, ici. On me disait souvent qu'il fallait aller dans des endroits ou les poissons n'étaient pas traumatisé par des prédateurs, car des poissons habitués à esquiver les coups de pattes sont plus difficile à avoir.

– Qui t'as dit ça ?

– Qui m'a dit ça... »

Berin ne répondit pas, sans doute ailleurs. Un troisième poisson s'envola dans un grand silence. Sa patte retomba dans l'eau. Sa posture se détendit. Il se dirigea vers la berge où sa nourriture l'attendait. Volven l'observait avec un regard admiratif. Désormais Berin faisait une tête et demi de plus qu'elle, et ne manquait pas de muscle. Il semblait moins pataud, plus dégourdi. Pour autant son corps était encore presque frêle, comparativement à sa taille. La louveteau l'observa manger son poisson avec avidité et demanda alors.

« Je peux goûter ?

– Je croyais que tu n'aimais pas ça, fit-il

– Peut-être en le goûtant un peu plus... »

Sans broncher, Berin utilisa ses griffes pour couper le poisson en deux. Il donna la plus petite part à son compagnon. Celle-ci avala tout, même si cela sembla lui coûter. Elle lui demanda :

« Tu peux m'enseigner comment tu fais ? C'est vraiment génial ! »

Il acquiesça gentiment et commença a retourner sur son point de chasse de tout à l'heure. Volven sauta sur le rocher qui trônait au centre du cours d'eau mais ne semblait pas à l'aise avec le cours d'eau plus bas. Il lui sembla étrangement violent.

« N'aie pas peur, tu ne risques rien. Regarde comment je tiens et fais pareil ! »

les deux pattes arrières dans l'eau, une patte avant appuyé légèrement en hauteur, une patte à l'air libre, l'ours semblait capable de tout attraper.

Une fois en position, la louveteau tenta un premier essai, sans grand succès. Tous les poissons autour d'elle fuirent. Berin eut un grondement amusé.

« Tu dois imaginer que ta patte ne doit même pas être effleurée par l'eau. Tu ne dois pas briser son cours, sinon les poissons le sentiront de suite et s'en iront. Il faut que tu pénètres leur habitat sans même qu'ils s'en rendent compte. »

Volven leva sa patte plus haut, observa le tour des poissons. Les plus petits nageaient au bord. Néanmoins il ne semblait n'y avoir rien à manger dans ces maigres proies. Les poissons plus gros, plus appétissant, se trouvait plus au fond, plus à même de lutter contre le courant. Volven tenta de visualiser sa patte aller le plus rapidement possible au plus profond de l'eau. D'un geste vif, sa patte parti… Et son corps bascula.

Emportée par le courant, la louveteau n'eut a peine le temps de relever la tête vers la surface que son corps était déjà loin de Berin. En proie à la panique, il gronda de toute ses forces pour alerter la meute tout en poursuivant Volven. De sa course la plus vive, il tenta de l'appeler, mais il n'avait aucune idée de comment l'aider. Désespéré, il espérait que quelqu'un les entende.

La louveteau était progressivement en train de se noyer. Incapable de contrôler son propre corps dans le courant, elle peinait à garder la tête hors de l'eau. Elle sentit que, depuis la berge, Berin tentait en vain de communiquer avec elle mais il lui était impossible de comprendre quoi que ce soit. Elle avait l'impression que tout son corps se gorgeait d'eau. Les sons paraissaient de plus en plus étouffé, sa vue de plus en plus trouble. Il lui paraissait presque difficile de distinguer l'eau de la surface.

Berin sentait qu'ils s'éloignaient du refuge à vue d’œil. Comprenant qu'il leur était impossible d'avoir une aide immédiate de la part de la meute, il se concentra alors. Fixant le corps de Volven du mieux qu'il put, puis, se rappelant de son moment de chasse, tenta de se concentrer avec la même intensité, la même force. Il inspira grandement, et sauta. Comme par miracle, il saisit le louveteau au vol, et se jeta de l'autre coté de la berge en un bond. Déséquilibré par ce poids inhabituel, il tomba à la réception et les deux roulèrent le long de la berge jusqu'à arriver à une surface plane. Le cours d'eau s'arrêtait à un étang que Berin n'avait jamais soupçonné. Il se releva, palpa son corps à la recherche d'une quelconque blessure. Il n'avait rien. Sa solide constitution l'avait sauvé. A coté de lui gisait Volven, inconsciente. Paniqué, Berin la secoua de ses deux pattes avant. Sous la pression, La louveteau recracha de l'eau, trop faible pour le moindre signe. Se sachant que faire, Berin continua à la secouer inutilement en grondant de toute ses forces. Le désespoir commençait à le gagner. Un bruit étrange le fit se taire.

« Tiens donc. Le petit Ourseteau. Un plaisir de te rencontrer, petit. »

C'était un corbeau, qui s'était perché près sur une branche basse d'un arbre. D'un mouvement étrange des pattes, il se décala sur sa branche pour mieux observer la scène.

– C'est ta première victime, ourson ?

– Ce n'est pas ma faute, elle est tombée et…

– Kss, kss, kss, fit le corbeau en claquant du bec. Tu n'as pas besoin de mentir avec moi. Moi seul connaît toute la vérité du monde. Alors tu n'as pas besoin de me la cacher.

– Je ne mens pas, gronda Berin. »

Il se tendit de colère. Détournant le regard du bruyant oiseau, il continua d'essayer de réveiller Volven. L'oiseau, en un battement d'aile, se posa devant les deux louveteaux.

– Allons, ne te vexe pas, petit. Je suis sans doute ton seul allié en ce monde.

– Qu'est-ce que tu veux ? Lança Berin avec un coup de patte.

– Je veux conclure un marché avec toi. Comme tu dois le savoir, la vie de corbeaux est dure. Nous sommes constamment rejetés, bannis, fuis, chassés. Pour autant, nous non plus, nous ne sommes pas des proies ; nous aussi, avons besoin de la viande. »

L'oiseau fit un léger bond en direction de Berin ; celui-ci eut un mouvement de recul.

– Les loups sont trop présomptueux, ne trouves-tu pas ? Ils passent le plus clair de leur temps à se pavaner. Ils pensent être les rois de la forêt. Pourtant, celle-ci pourrait parfaitement se passer d'eux. Ils sont trop fiers pour ce monde. Ils mériteraient bien d'être puni pour leur arrogance, tu ne trouves pas ?

– Je suis aussi un loup. Je fais partie de leur meute.

– Toi ? »

Le corbeau eut un cri funèbre, comme un rire sans vie.

– Tu es encore jeune. C'est mignon. À vrai dire, les loups ne sont rien. Quand ils meurent, ils sont mangés par des animaux comme moi. Toi aussi, peut-être que je te mangerais.

– Tu ne la touchera pas, gronda Berin. »

Sentant brusquement gronder une colère ancestrale, il avança d'un pas dur vers le corbeau. Ce fut à lui de reculer.

« Je ne suis pas intéressé par les plats à court terme, Ourseteau. Avant de te vexer, écoute-moi. Crois-tu vraiment que l'on t'as tout dit, sur ton adoption ? Ne trouves-tu pas étrange, que tu te retrouves avec ces créatures qui ont tué sans vergogne tous tes ancêtres ? Passe un marché avec moi, Ours. A chaque fois que tu trouveras de la nourriture, fruit, poisson, gibier, peu m'importe ! Préviens-moi. Donne-moi un peu de ta part et je te raconterais la vérité du monde. Je te dirais ce que te cache Svär. On ne te dit pas tout, petit ours. Souvins-t-en... »

Celui ci, brusquement, s'envola. D'un coup d'aile il était déjà haut. A l'instant ou était l'oiseau désormais se trouvait Svär, puissant, magnifique. Pendant un court moment Berin ne put s'empêcher d'admirer la beauté sauvage qu'émanait de leur chef. Une cicatrice le lança alors au visage, et son admiration fut remplacée par de la crainte. Le grand loup noir tourna la tête vers lui. Dans ses yeux jaunes vibrait une colère froide.

« Que t'a-t-il dit ? »

Paralysé par la peur, Berin ne put répondre de suite.

« Rien.

– Un corbeau ne dit jamais rien, Berin. Ils brassent du vent, s'enivrent de leurs propres chants… Ces bestioles ne savent se taire. En revanche, ils ne disent jamais rien qui ne soit pas dans leur propre intérêt. On ne peut que difficilement se fier à la parole d'un corbeau. Ce sont des animaux toxiques. Oublie tout ce qu'il a pu te dire. »

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Nora Malorie
Posté le 12/04/2021
Ce chapitre est tout aussi intéressant que celui d'avant. L'intrigue commence à trouver son rythme, et le style paraît de plus en plus fluide. C'est vraiment un plaisir de te lire, vivement la suite !
Pouiny
Posté le 12/04/2021
Merci beaucoup, moi je prend plaisir à lire tes commentaires vraiment encourageant :D
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