Le puits l'emportera

Par Liné
Notes de l’auteur : Sur la plage, la balade d’une mère et de son fils est interrompue par la découverte d’une méduse.

   Les pieds s’enfoncent dans le sable et c’est sans fin. Les grains ne manquent pas d’air : ils s’agrippent à ce qu’ils trouvent d’orteils, d’ongles et de peaux sèches, les recouvrent et les enfoncent sous terre. En douceur, les uns par-dessus les autres à la manière d’une colonie de fourmis, ils progressent. Avec finesse, qui plus est ; ils semblent croire que personne ne les voit ni ne les sent.

   Louis, pourtant, a tout vu et tout senti. Et pour cause : cela fait une éternité qu’il patauge dans le sable. Qu’il relève les genoux, dépêtre ses pieds du magma doré, les secoue – les grains s’immiscent jusque dans les angles morts de ses sandales grises - et avance. Tant bien que mal. C’est pénible : ses cuisses s’échauffent, sa peau brûle sous le soleil et ses yeux pleurent devant l’horizon à atteindre.

   Derrière lui, sa mère veille au grain. Entendez, elle chaperonne Louis et n’a que faire du sable. Toute son attention est concentrée sur son fils. Elle sourit. Elle ne se souvient plus de la dernière balade sur la plage, il y a tant d’années. Ou de jours. Ou de nuits, elle ne sait pas. Quelque chose la déroute ; l’impression fugace que le temps ne peut être mort, puisqu’il n’a jamais existé.   

- On s’arrête bientôt, dit-elle.

   Louis jette un œil par-dessus son épaule. Il la trouve belle. Elle pourrait porter des guenilles, au lieu de cette jolie robe blanche qu’elle réserve à l’été : rien n’atténuerait la délicatesse de ses traits ni la douceur de ses gestes. C’est sa mère.

   Il acquiesce et poursuit son combat contre le sable. Gauche, droite, gauche ; sous ses semelles, les grains frottent et crissent. Il se rappelle soudain qu’il tient, dans ses deux mains, une pelle et un râteau : l’une bleue et l’autre rouge, deux couleurs criardes, des couleurs de guerriers, qui s’affrontent de part et d’autre de son buste sans jamais se rencontrer. Louis en est soulagé, et même heureux. Ni une ni deux : il les enfonce à tour de bras dans le sable et s’appuie dessus comme sur des béquilles. Les grains rouspètent mais n’ont d’autre choix que de ployer sous la force herculéenne du garçon : ils esquivent la pelle, fuient le râteau et, enfin, laissent Louis tranquille. Il peut vaquer à ses occupations sans s’inquiéter du sable.

   Toutefois, sitôt ses pensées envolées loin du sol, il entend un bruit qui le dérange. Un bruit mou, gluant, l’un de ceux qui éclatent avant de dégouliner du creux de l’oreille. La mère pousse un cri d’effroi.

   Louis abandonne pelle et râteau et se retourne une nouvelle fois. Sa mère, penchée en avant, est immobile. Ses cheveux noirs cachent son visage et tremblent au gré du vent. Son genou s’est plié et ses bras, tendus, maintiennent l’équilibre. Le regard de Louis glisse le long de sa robe blanche, de ses jambes vacillantes, et s’arrête sur son pied nu : elle a marché sur le cadavre d’une méduse échouée. Ses orteils s’enfoncent dans la vase bleutée qui sert de corps au prédateur et se perdent dans ses dédales translucides. Louis retient un haut-le-cœur. Ainsi transpercée, la méduse dégage une odeur aigre, agressive ; des volutes nauséabondes s’éveillent, dansent et caressent les jambes de la mère.

   Elle retire son pied.

   C’est trop tard. Elle se redresse et, déjà, son regard n’est plus le sien. La pupille s’est obscurcie et l’iris, retranchée dans le brouillard des pensées sombres. Une ride fait des vagues par-dessus ses sourcils froncés. Louis se doute que quelque chose d’inquiétant se trame.

- Tout va bien ? demande-t-il.

   Pour toute réponse, la mère braque sur lui un regard absent et, yeux noirs et front crispé, essaie un sourire : le bord de ses lèvres sursaute, ses muscles s’étirent, les commissures vont chercher loin, loin, les pommettes rosies par le soleil. C’est faux, comprend Louis : tout est faux, ce sourire est forcé. Il voit bien qu’elle a mal, qu’elle cherche à cacher sa douleur comme on dissimule la poussière sous un tapis.

   Tout de suite, il sait quoi faire. Il n’y a pas trente-six solutions : il faut enterrer la méduse. Il le dit :

- Il faut enterrer la méduse.

   C’est d’une logique implacable : une fois le cadavre rendu aux poussières de la mer et de la terre, la douleur de la mère, elle aussi, disparaîtra. Louis est fier de son raisonnement. Avec l’âge, son esprit s’affûte et sa vivacité s’accroît. Et ce n’est pas l’effort qui l’effraie : après tout, il est venu avec sa pelle rouge et son râteau bleu.

   Il s’agenouille. Les grains se vengent : ils grignotent ses jambes et brûlent sa peau. Louis les ignore. Son poing se resserre autour des manches tandis qu’il donne dans le sable ici un coup de râteau, là un coup de pelle. Il n’a jamais fait ça avant, mais il apprend vite : bientôt, il parvient à dégager le sable chaud et atteint cette couche brune, plus moite, qui dort en-dessous.

   Il relève la tête : sa mère n’a pas bougé. Les bras ballants et le menton baissé, elle le fixe. Le vent emporte les pans de sa robe et ses cheveux noirs fouettent son visage fermé. Elle ne dit rien. Elle est ailleurs, ne paraît pas s’intéresser à la situation.

   Alors, Louis continue de creuser. Il poignarde, soulève et renverse le sable. Poignarde, soulève et renverse le sable. Encore et encore. Sous son joug, les grains remuent et glissent, impuissants. Ses outils se transforment en instruments de musique et, à force de frottements, égrainent dans l’air comme un son de cigales à l’agonie. Lorsque Louis décide de marquer une pause, il a déjà bien travaillé : il a creusé jusqu’à s’enfoncer à hauteur de nez. Il éponge son front du revers de la main. Au sol, à la frontière entre sable chaud et sable froid, ses yeux s’agitent telles les pinces d’un crabe.

   Elle a bougé, cette fois. Penchée par-dessus le cadavre de la méduse, elle en nargue les tentacules du bout du doigt. Louis l’observe : quelque chose chez elle a changé. Il n’arrive pas à saisir quoi.

- Regarde, j’ai beaucoup creusé ! se réjouit-il.

   Interrompue dans sa contemplation, la mère se tourne vers Louis. Sa nuque craque. Ses yeux s’écarquillent. Et, soudain, au milieu de cette figure figée, sa bouche s’ouvre, béante : elle hurle. Tout de suite, Louis se bouche les oreilles. Sa pelle et son râteau tombent dans le puits et disparaissent - il ne les retrouvera pas.  

   Au-dessus d’eux, le ciel a enfilé un manteau vert-de-gris. Le vent gronde ; une tempête menace de faire rage. La mère continue de hurler. Son cri est déchirant ; il emprunte à la folie ses vibrations vacillantes, et à l’horreur les sons rauques des torturés. Louis serre les dents et appuie fort, fort, ses deux mains contre ses oreilles. Il n’ose pas bouger.

   Enfin, elle s’arrête. Sa mâchoire se décrispe mais ses yeux restent grands ouverts. Elle voit autre chose, des mystères terrifiants que lui, il le sait, ne peut percevoir. Il ne demande pas si ça va. Il reste là, pétrifié, en proie à une panique glaçante. Et c’est alors qu’il constate avec horreur que les yeux de sa mère ont disparu. Volatilisés. Désormais, sous chaque paupière, deux cavernes rondes creusent un dédale d’ombres sans fin. Louis sent son cœur battre la chamade. Il a peur.

   La mère se détourne de son fils : son corps se met en branle, ses articulations grincent et les deux cavernes qui lui servent d’yeux balaient la mer. Aucune émotion ne la trahit. Comme un phare éteint, pense Louis. Elle s’en va ; à pas lents, les pans de sa robe flottant au gré du vent querelleur. Elle s’éloigne de l’eau et se dirige au loin, là où les dunes creusent à perte de vue des sillons secrets.  

   Il faut continuer. Coûte que coûte. Quand le puits sera prêt et la méduse ensablée, tout ira mieux. Derechef, Louis se concentre sur le sol. Maintenant que sa pelle et son râteau ont disparu, il n’a d’autre choix que de piocher à mains nues.

   Le temps file. Il ne sait plus si ses mouvements sont lents ou rapides. Ses bras répètent les mêmes moulinets, ses mains s’enfoncent avec une ardeur jamais fatiguée et ses ongles sont noirs, très noirs. La tombe est-elle prête ? Il se demande : que faut-il pour que l’antre de nos moments passés se dessine tout à fait, et qu’enfin on puisse y enfouir ce que notre vie contient de noirceurs ?

   Tout à coup, une douleur le transperce : des filaments bleutés, électriques, pleurent sur ses mains sales et ses bras endoloris. Louis sursaute et lève vers le ciel un regard aux abois : une pluie de tentacules s’est abattue. Ils coulent par milliers, dégringolent sans gêne, se faufilent à travers les nuages lourds et éclatent, splash ! sur la plage. Ils brûlent la peau, écorchent la chair, dissolvent les cheveux. 

   Louis crie. Lutte. Frotte ses bras en sang et sa tête chauve. En vain : lorsqu’il parvient à chasser une poignée de tentacules, une nouvelle armée, déjà, l’assaille.

   Il panique. Crie plus fort. Hurle :

- Maman !

   Il ne réfléchit plus. Quelque part, nichée entre ses pensées de petit homme bientôt adulte, l’idée, sans doute folle, que sa mère l’entendra et viendra le sauver, l’empêche de perdre la raison ; un instinct primaire lui dit qu’elle est sa seule chance.

   Son appel traverse la pluie. Il l’espère, sa mère l’entend.

   Alors, une masse informe se précise entre deux dunes, grandit, grandit, et redevient la silhouette de sa mère. Elle court vers lui, à toutes jambes. Ses cheveux et sa robe claquent dans la tempête, ses contours se dissipent derrière elle ; on dirait que son corps, bientôt, se dispersera tout à fait dans l’air.

   Pour mieux la retrouver, il se hisse tant bien que mal hors de son puits et se met à courir vers elle. Les tentacules ont déjà mangé une partie de ses bras et de ses jambes ; il titube, craint de ne pouvoir enlacer sa mère.

   Elle court plus vite que lui. La pluie ne semble pas l’atteindre. Leurs deux corps se heurteront bientôt de plein fouet. C’est imminent : trois, deux, un… Mais, à la plus grande surprise du garçon, sa mère le contourne, poursuit sa course et bondit, toutes jambes devant, dans la tombe.

   Aussitôt, le sable s’ébroue. Tremble, gronde. Un son caverneux s’échappe des tréfonds du sol tandis que la tombe se referme sur la mère. Louis fait demi-tour et s’élance vers elle aussi vite que son corps diminué le lui permet. Elle tend les mains vers le ciel, vers son garçon.

   C’est trop tard. Elle glisse dans le caveau de sable, engloutie sous les grains et les tentacules. Il tente de l’en extirper, mais la terre possède une force qu’il ne connait pas. Bientôt, seul le tronc de sa mère demeure immergé, puis sa tête et, enfin, ses yeux vides. Elle cesse de se débattre.

   Et disparaît.

   Sitôt la tombe repue, la pluie, le son et les tremblements cessent. D’un coup d’un seul. Le soleil revient. Il a chassé les nuages de méduse en un clignement d’œil. Le sable est calme. Les vagues crépitent gentiment. La peau de Louis est lisse, vierge de toute écorchure, et ses cheveux ont repoussé. Même sa pelle bleue et son râteau rouge sont réapparus, intacts.

   Il avait raison. La méduse enterrée, tout redevient (presque) comme avant.

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Elodie
Posté le 07/01/2020
Quelle découverte magnifique que cette sombre nouvelle si envoûtante!
Je commencé à la lire avec ma passion de lectrice, n'ai pas pu décrocher avec mes tripes de maman, en sort épatée et les mains envieuses de ce talent d'écriture. Bravo et merci...
Elodie
Posté le 07/01/2020
J'ai commencé* pardon!
Liné
Posté le 10/01/2020
Bonjour Elodie, et merci beaucoup ! Ça me touche d'autant que tu es maman... !
MrIous
Posté le 29/11/2019
Ouah, franchement, je ne sais pas quoi. C'est poignant. Une telle symphonie d'événement dans parfois quelques pas, quelques regards, quelques bruits. Un mélange entre l'innocence d'un enfant et la violence de la réalité m'a pris aux tripes. Si puissant que j'en oublierais (presque) que cette triste est vraiment triste.
Beau travail en tout cas :D :) :) :D
MrIous
Posté le 29/11/2019
je ne sais pas quoi dire*
*que cette histoire est vraiment triste.
MrIous
Posté le 29/11/2019
je ne sais pas quoi dire*
*que cette histoire est vraiment triste.
Liné
Posté le 17/12/2019
Hello Mrlous, merci pour ce commentaire ! A très vite ;-)
Lucchiola
Posté le 28/10/2019
J'ai adoré lire cette nouvelle. Ton écriture est fluide et puissante, et je me suis vide retrouvée sur la plage à regarder le petit Louis s'affairer avec ses outils. La mère m'a beaucoup intrigué, j'ai eu le sentiment de la comprendre un temps (car je pense avoir eu ce même regard vague du fait de l'accumulation fatigue en ayant à m'occuper de mon fils nuit et jour). Bref, j'ai fait un sacré voyage.

J'ai eu tendance à me détacher un peu de l'histoire lorsque le surnaturel s'est invité, et d'ailleurs tu as su finement réunir les deux aspects. Surnaturel, ou pas d'ailleurs car il s'agit du regard d'un petit garçon qui laisse plus facilement parler son imagination et ses peurs que les adultes.

J'ai trouvé une petite discrète coquillette : "y enfouir ce que notre vit" -> "ce que notre vie" (à moins que je me plante sur le sens)

Au plaisir de lire d'autres textes avec ta griffe si belle et affutée !
Liné
Posté le 29/10/2019
Merci Lucchiola ! Je suis ravie que cette nouvelle t'aie plu :-) même si tu tu as décroché au moment du surnaturel (ça fait longtemps que je ne suis pas revenue sur cette nouvelle, faudra que je m'y replonge pour peaufiner 2-3 choses !)
clemesgar
Posté le 27/10/2019
Waow, ton histoire est très forte. Horrible et surréaliste mais à la fois, elle a l'air empreint de réalité. En tout cas, j'aime beaucoup ta manière de raconter cette promenade, on se croirait dans un cauchemar totalement fou.
Bravo et bon courage pour la suite.
Liné
Posté le 29/10/2019
Merci (et bienvenue) clemesgar !
Ça me touche beaucoup :-)

(Je ne sais pas si tu as vu que Plume d'argent était aussi composée d'un forum ?)

A très vite !
respoumpi
Posté le 22/10/2019
Coucou Liné, je suis sortie rincée de ta nouvelle. On ne sait plus où se situe la réalité, jusqu'à ce qu'on comprenne que, puisque tout est vu et ressenti du point de vue du petit garçon, la réalité est sa réalité, aussi fantasmagorique soit elle. Tu as le don de maintenir en haleine et dd faire monter la tension, chapeau ! A un moment donné, j'en ai même oublié la pelle et le râteau, la description de la mère, pour les imaginer tortues de mer. Bravo ! Une petite coquille, "vie" au lieu de "vit". La Bise
Liné
Posté le 25/10/2019
Ha, je suis contente ! Enfin, c'est cruel de ma part mais je suis satisfaite ;-)
Spilou
Posté le 16/01/2019
hiiiiiiiii ! mais c'est horrible !!!!
Une fois la lecture entamée, impossible de m'arrêter. Je ne sais pas si c'est ma fibre maternelle mais j'ai angoissé pour ce petit garçon du début à la fin. Il semble que sa maman et lui n'aient pas du tout l'habitude de ce genre de promenade, car leurs réactions vis à vis de la méduse et de son aspect venimeux défient l'imagination. J'ai eu un coup au coeur lorsque la maman s'est éloignée de Louis au lieu de le mettre en sécurité. Et puis les choses deviennent alors très surréalistes et la logique enfantine prend le dessus pour une chute vraiment atypique et bienvenue.
Ta plume m'avait manqué, LinE, c'est avec un plaisir certain que j'ai pu profiter de cette première nouvelle haute en couleur <3
Des bisous !! 
Liné
Posté le 16/01/2019
Spilou !! Spilou Spilou Spilou !
Ha, je suis trop contente de te revoir par ici ! Et très honorée de ce commentaire dithyrambique !
J'ai vu que tu avais toi même posté un nouveau projet et j'ai véritablement hâte de le découvrir ! (Beaucoup de points d'exclamation dans cette réponse de commentaire mais c'est de la joie <3). Tu as vu qu'on avait un forum tout neuf ? Tu comptes y poser ta tente ?
À très vite !! 
Soldanelles
Posté le 08/08/2019
Je ressors de la lecture de cette histoire avec l'impression de sortir d'une sorte de rêve cauchemardesque et magnifique. Ton écriture est incroyable, onirique, sensible, elle m'a vraiment emporté. On vit le récit avec tous nos sens: les sons , les odeurs, les sensations tactiles et bien sur le visuel, tout est admirablement décrit avec de belles métaphores poétiques.
On plonge petit à petit dans le mystère au fur et à mesure de l'histoire et l'interprétation est laissée libre. Pour ma part j'y vois une métaphore de la maladie, qui s'incarne dans la méduse. Plusieurs éléments me font penser à cela: La maladie qui arrive sans crier gare, en marchant dessus par hasard. La mère qui tente de cacher sa douleur à son fils, l'enfant qui veut aider mais se sent désarmé (il perd ses outils dans le sable), la mère qui s'éloigne petit à petit, la douleur pour l'enfant de vivre la maladie de sa mère . Et enfin à la fin, lorsque la maladie a englouti la mère  (dans le sable) le retour à la normal , en quelque sorte, car il ne s'agit plus de lutter. Mais l'enfant doit apprendre à vivre sans sa mère.
J'imagine que chacun doit avoir sa propre interpétation suite à la lecture et c'est cela notamment qui rend ce texte magnifique!
Bravo et merci pour ce beau récit!!
Liné
Posté le 08/08/2019
Avec des compliments pareils, je ne sais plus où me mettre ! Un énorme merci Soldanelles (et ravie de faire ta connaissance !).
En effet cette nouvelle porte à interprétations. Si beaucoup de lecteurs sur ce site y ont vu une image du deuil, elle peut aussi apparaitre comme un symbole de la maladie - exactement comme tu le décris. Et mes intentions se rapprochent assez bien de ton interprétation !
Au plaisir de te revoir par ici, et de découvrir tes textes !
Liné 
Gabhany
Posté le 25/07/2019
Hello Liné !
Me voilà sur tes Synesthésies, et je dois dire que je ne suis pas déçue du voyage que tu nous offres! Tu as une plume absolument splendide. J'aime vraiment beaucoup ton style. Les descriptions du début donnent un autre regard sur une situation plutôt banale, c'est très beau.
J'ai été un peu déroutée par la suite. J'hésite entre le fantastique et le cauchemar d'enfant retranscrit subtilement. Mais j'étais emportée donc ça ne m'a pas arrêtée.
Je reviendrai bientôt pour reprendre une dose de ton style !
Bises
Gab  
Liné
Posté le 25/07/2019
Hello Gab, 
Je suis très contente de te voir par ici ! Et que de compliments <3
Tu l'auras deviné, mon univers est sans doute coloré mais laisse beaucoup de place au "noir" ! Pour Le puits l'emportera, je me suis effectivement inspirée d'un cauchemar que j'ai fait quand j'étais petite. Mais je te rassure, certaines de mes nouvelles sont un peu plus joyeuses (même si ça reste relatif)
A bientôt !
Liné 
 
babouhw
Posté le 26/02/2019
Toi, tu as le genre de plume qui me parle <3 j'en suis à Blanche et je fais "pause" mais quel régal! J'aime le flou, le fouilli, l'absurde, la folie, ta capacité à te jouer des émotions du lecteur... j'ai eu tellement peur pour la petite et lorsque tu comprends enfin ce qui la répugne tant dans sa vie tellement de peine aussi, j'ai détesté ce gros vidal au point d'être presque soulagée par sa mort, je suis restée accrocher au rebord du puit sidérée par l'horreur qui se trâme dans le sable... bref, tu as une plume puissante, qu'est ce que ça doit donner en roman! (tu as un roman à lire sur fpa? steuplé steuplé???? )
des kro besos et bravos!
Liné
Posté le 26/02/2019
Que de compliments... ! Merci d'être passée par ici ! Si tu entames un jour d'autres textes de moi, j'espère qu'ils seront à la hauteur de tes espérances
À très vite et au plaisir d'échanger encore avec toi,
Liné 
Cliene
Posté le 09/01/2019
Coucou Liné !
Bon je te préviens tout de suite, ce commentaire ne va pas être d'un grand intérêt... 
Je suis bluffée par cette première nouvelle des synesthésies... Je ne m'attendais pas du tout à la tournure que ça a pris ! Et j'aime toujours autant ta plume... Je me rends compte à quel point ça m'a manqué de ne pas te lire depuis un moment.
J'ai juste relevé une toute petite faute de frappe, je pense : 
"qu’enfin on puisse y enfouir ce que notre vit contient de noirceurs ?"
J'ai très très envie de continuer à lire les autres nouvelles mais j'ai aussi envie de les déguster et de m'en garder un peu pour les soirées à venir !
A très vite,
Cliène
Liné
Posté le 09/01/2019
Merci Cliène ! <3 Et merci pour cette faut complètement honteuse...
Je t'en prie, "déguste" ces nouvelles à ton rythme, d'autant que certaines ne sont pas forcément très joyeuses...
A très vite !
MLdlG
Posté le 09/01/2019
Salut Liné !
Et me voilà enfin sur tes textes :)
Et je dois dire que je suis assez fan de ton écriture. Pour ne pas dire complètement ! J'aime énormément la personnification que tu emploies avec une justesse que je trouve formidable. Les atmosphères et les sensations sont délicieuses.
Pour ce texte-ci, si je peux me permettre et en tout honnêteté... je ne sais pas dire si j'ai aimé ou non l'histoire... Parce qu'elle dérange. Elle ne manque pas de style, ça non (<3, j'ai vraiment adoré tes descriptions et formulations, c'est très vivant, dynamique, sensuel (dans le sens éveil des sens ^^)), mais je dois dire qu'elle a éveillé chez moi quelque chose d'assez profond... ;)
J'y ai vu quelque chose autour de la relation enfant/parent, mais pas dans ce qu'elle a de magnifique (sauf au début), au contraire, dans ce qu'elle peut avoir de tristesse, d'incompréhension, de déceptions (et j'en passe). On ressent très fort l'amour et l'adoration de ce petit garçon pour la figure maternelle et vice versa, de la mère envers son enfant... puis, tout bascule. la mère rencontre sa peur la plus profonde et c'est la chute. Nos parents ont des failles. Misère... on tente tant bien que mal en tant qu'enfant de refuser, de nier tout défaillance possible... et même de chercher des solutions pour les aider à surmonter ce/s défaut/s... On cherche à revenir en arrière, comme quand on en savait pas autant... Sans succès comme en témoigne la fin. Mais finalement, n'est-ce pas pour avancer, pour s'en sortir...
Bon, je pars peut-être un peu loin là... :) Mais quoiqu'il en soit, même si je ne sais pas dire si j'ai aimé ou non, tu réussis un tour de force pour moi, c'est qu'avec ta superbe écriture, tu réussis à la fois à créér des images très parlantes mais également, tu souffles une incitation à la réflexion. En tout cas, ta nouvelle m'a fait cet effet là... :) (Et c'est ça c'est surper positif ;) )
à très vite, je passe à la suite :)
Liné
Posté le 09/01/2019
Hello MLdlG, et merci pour tous tes compliments ! (sur cette nouvelle mais aussi sur les suivantes !)
Je crois que cette nouvelle-ci est faite pour perturber. Elle s'inspire directement d'un cauchemar que j'ai fait étant gamine. Pas mal de plumes y ont vu une métaphore du deuil, une autre la maladie. Selon ton inerprétation (le rapport parent/enfant), tu as raison de dire que la chute est trop dérangeante et aurait certainement pu être moins pessimiste/mélodramatique. 
A vrai dire, l'histoire a une explication très précise pour moi et il est très dur pour les lecteur/trices de mettre le doigt dessus (si on se retrouve un jour IRL et que tu me poses la question, je t'en parlerai !). En revanche, au vu de mon explication toute personnelle, le dénouement se doit de reste sombre... 
BREF tu vois, moi aussi je suis capable de partir très loin =D
EleaL
Posté le 09/01/2019
Bonjour Line ! 
 
Je te découvre avec la nouvelle "Le puits l'emportera", et c'est définitivement un coup de coeur ! 
Ta plume est superbe; en quelques mots à peine, tu arrives à susciter l'intérêt, à créer une véritable tension. Le texte est relativement court, et pourtant, le panel d'émotions tellement varié ! 
Ta façon de "jouer" avec les descriptions est fascinante, tu arrives à suspendre le lecteur à tes lèvres rien qu'en décrivant des grains de sable ! C'est joli, fluide, et poétique à la fois.
J'ai hâte de lire l'ensemble de tes nouvelles, et de découvrir un peu mieux ton univers :) 
 
Belle soirée 
 
Eléa 
Liné
Posté le 09/01/2019
Bonjour Eleal, enchantée de faire ta connaissance et merci beaucoup pour ton passage sur Synesthésies !
Ton commentaire me va droit au coeur, je ne sais pas quoi te répondre ! J'espère que la suite te plaira tout autant - certaines nouvelles sont plus réalistes que celle-ci.
A très vite !
Liné
Rimeko
Posté le 22/08/2018
Coucou Liné !<br />J'ai lu tes nouvelles ce week-end dans la voiture, mais je procrastine toujours avec les commentaires :D<br /><br />Coquillettes :<br />"l’iris, retranchée (retranché) dans le brouillard des pensées sombres"<br />"que faut-il pour que l’antre de nos moments passés se dessine tout à fait, et qu’enfin on puisse y enfouir ce que notre vit (vie) contient de noirceurs ?"<br />"La méduse enterrée, tout redevient (presque) comme avant." Les parenthèses cassent un peu le rythme / l'ambiance... :/ À moins que ce soit intentionnel... ??
<br />
Elle est géniale celle-là !
J'adore comment tu oscilles toujours entre réalité et fantastique, surtout que du point de vue d'un enfant on peut se demander jusqu'à quel point son point de vue est fiable... (Par exemple, juste après la méduse, on pourrait croire que son idée de l'enterrer est juste une sorte de croyance sans fondement qu'il s'est bâtie, ou que sa mère paraît bizarre juste parce qu'une piqûre de méduse, c'est douloureux...) En plus, comme tout ton décor semble s'animer en permanence (toutes ces personnifications, surtout du sable <3), la frontière est d'autant plus fine...
Oh, et elle était flippante à souhait aussi XD Tu joues très bien avec l'angoisse, justement parce qu'on ne sait pas exactement à quoi s'en tenir, que tout semble familier mais en même étrange et menaçant... C'est toujours plus effrayant de voir l'horreur s'introduire dans ce qui ressemble à notre quotidien, je crois.
Et ce ne serait pas un peu une métaphore du deuil, cette nouvelle... ?
Liné
Posté le 22/08/2018
Tu es au moins la 2e plume à y voir une métaphore du deuil, et je ne vais pas te contredire (même si pour moi, l'interprétation va beaucoup plus loin - mais impossible pour le lecteur de savoir en quoi !)
Désolée de t'avoir fait flipper, même si c'était le but hinhiiiin *rire démoniaque*
Un grand merci à toi et à très vite (d'ailleurs, bonne rentrée ?)
Liné
Laure
Posté le 21/08/2018
Quelle nouvelle glaçante !
Je l'ai trouvée originale et très bien exécutée, et la chute fonctionne très bien à mon avis ! 
Le tout petit reproche que je ferais, et c'en est un très personnel, c'est qu'à mon humble avis, le début n'est pas tout à fait assez étrange. Cette nouvelle m'a déstabilisée surtout à partir du moment où la méduse apparait, mais au tout début, avant la méduse, c'est comme si je ne mesurais pas encore assez le niveau de bizarrerie du monde dans lequel je me plongeais, et je pense que j'aurais aimé en avoir une meilleure idée, juste un tout petit peu. C'est un peu abstrait ce que je dis là, je vais essayer d'expliquer mieux... Par exemple dans le premier paragraphe, quand ça parle d'orteils, d'ongles et de peaux sèches, là c'est bizarre et c'est pile ce que je trouve idéalement inattendu ! Puis après il y a : « En douceur, les uns par-dessus les autres à la manière d’une colonie de fourmis, ils progressent. Avec finesse, qui plus est » La colonie de fourmis, je trouve ça super comme image, mais j'ai du mal avec la douceur et la finesse, qui je trouve créent une image un peu trop rose, un peu trop lisse. 
Et il y a ça aussi : « Il la trouve belle. Elle pourrait porter des guenilles, au lieu de cette jolie robe blanche qu’elle réserve à l’été : rien n’atténuerait la délicatesse de ses traits ni la douceur de ses gestes. » c'est comme si je trouvais que "jolie robe blanche qu'elle réserve à l'été" était trop parfait avec juste après la délicatesse et la douceur.
Bon tout ça c'est juste une vague impression que j'essaie de traduire en mots sans savoir si ça marche... Et sans savoir non plus si ce que je te suggère est une bonne idée. Parce que je suis peut-être bien la seule à penser tout ça.
Dans tous les cas, j'ai beaucoup apprécié ton texte, que j'ai lu tout d'un trait et avec beaucoup d'intérêt ! Ta plume est toujours aussi agréable et délicate, j'adore. J'ai beaucoup aimé les images, et j'ai noté comme Rachael le sable poignardé, c'est génial.
Bref, une belle réussite ♥ 
 
Liné
Posté le 21/08/2018
Salut Laure, et merci beaucoup pour ces remarques !
Je t'avoue que je ne suis pas sûre de comprendre ce qui t'aa chiffonnée... Est-ce que c'est une question de manque d'étrangeté dans les premières lignes ? Ou bien que cette étrangeté n'est pas aussi âpre que la reste de la nouvelle (la finesse, etc.) ?
En tout cas, pour proposer un début de réponse, j'ai envie de te dire que ce début, justement, je le voulais plus "normal" et plus "lisse" que la suite. Histoire de créér un réél contraste avec le reste. Que le lecteur se dise au début "tiens, c'est une promenade mignonne d'une mère et de son fils" sans réaliser immédiatement que nous ne sommes pas dans la réalité telle qu'on l'a connaît... Autrement, je pense que le choc prend moins. Idem pour la mère : je voulais qu'elle passe du statut de jolie maman qu'on aime à créature terrifiante que l'on ne comprend pas. Qu'en penses-tu ?
Quoiqu'il en soit, merci d'avoir lu cette nouvelle ! Je suis contente de savoir que malgré ce petit couac que tu as ressenti, tu en as apprécié la lecture <3
Rachael
Posté le 16/08/2018
Ah, ah, voilà un texte qui remue le lecteur ! On s’y embarque à ses risques et périls… J’y retrouve ta plume avec plaisir, il me semble en effet que ce format te sied.
J’ai failli ne pas laisser de commentaire, parce que bah, je ne savais pas quoi dire de pertinent… Alors je vais quand même essayer : je n’ai pas très envie de m’essayer à des interprétations, mais je l’ai ressenti comme un texte sur le deuil et le poids qu’il peut faire peser sur les vivants. (et la façon de le surmonter). Pour moi la mère est morte et il faut que le fils accepte de la laisser partir.
Je m’arrête là pour les interprétations. J’ai bien aimé le travail sur le sable qui se creuse facilement, mais dans lequel on s’enfonce facilement aussi. La tempête est effrayante, mais on la sent nécessaire pour que le personnage mette un terme  de son « creusage » sans fin. Le terme de poignarder pour creuse le sable est très indicateur d’une façon symbolique de « tuer ».
Bref, c’est un texte qui ne laisse pas indifférent et que je viendrai surement relire dans quelque temps…
Détails
Puit : puits (et oui, toujours un s à puits)
une tempête menace de faire rage : lourd. Une tempête menace ? (tout simplement ?)
mollusque : je ne suis pas très calée en bio, mais il me semble bien qu’une méduse n’est pas un mollusque. A voir…
Liné
Posté le 16/08/2018
Hello Rachael,
Je suis très heureuse que ce texte t'aie rémuée - à vrai dire, sans vouloir forcément créer le malaise chez le lecteur, je souhaitais en tout cas faire naître différents degrés d'interprétation.
D'ailleurs j'ai la mienne, d'interprétation (forcément ^^), qui quelque part se rapproche aussi du deuil.  Mais qui est j'espère un peu trop personnelle et alambiquée pour que, sous couvert de la fiction, le lecteur parvienne à la découvrir :-)
Je te rassure, si tu souhaites poursuivre la lecture de ces nouvelles : les suivantes ne seront pas aussi cauchemardesques !
Merci encore pour ton soutien sans faille, et à très vite <3
Liné
itchane
Posté le 03/11/2018
C'est bôôôôô !
J'adore, Liné, c'est magnifique, je comprends ce que tu veux dire pour les multiples interprétations, il y a beaucoup de choses à voir/interpréter ; chacun se laisse mener pas ses propres sensibilités. J'y vois aussi la maladie, physique ou mentale, le fait de "tuer le mal", mais bon... c'est peut-être la méduse qui me fait penser au crabe par association.
Je n'ai pas pu m'empêcher, en lisant ce texte, de penser aussi au court-métrage "Pépé le morse" que je ne retrouve malheureusement nulle part en entier sur le web (pour des questions de droits sans aucun doute), on peut juste en voir quelques images via son trailer. J'aimerais tellement que tu puisses le regarder en entier, mince. Peut-être pourras-tu le trouver par d'autres moyens ; )
En tout cas bravo, j'ai adoré, j'ai hâte de découvrir les nouvelles suivantes ^^ 
Liné
Posté le 03/11/2018
Hello itchane,
Merci pour tous ces chaleureux encouragements ! Je suis très heureuse que ces trois premières nouvelles t'aient touchée. Elles sont en effet assez différentes les unes des autres, je crois que je cherche encore un style bien à moi (ou alors ce n'est pas grave d'écrire des nouvelles diversifiées ?)
En tout cas, pour Le puits l'emportera, je suis très contente de voir que tu as une interprétation légèrement différente de celle de Rach et Laure (la maladie plutôt que le deuil). Ça montre que j'ai quelque part réussi à décrire quelque chose d'un minimum universel !
Quant à Pepe le morse... Moi qui travaille dans le cinéma, j'en ai beaucoup entendu parlé et j'ai même rencontré les deux réalisateurs, qui préparent actuellement leur premier long métrage ! Mais malheureusement, mauvais concours de circonstances, je n'ai jamais réussi à le voir... quoique j'ai vu qu'ils projetaient une série de courts métrages dans au moins une salle a Paris ("ta mère en short(s)" ça s'appelle) et tu m'as donné une nouvelle excellente raison d'y aller !
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