Le piège

Par Maud14

Quelques jours passèrent et la seconde semaine s'écoula tout aussi rapidement que la première. Le matin généralement, ils se rendaient au village ou aux abords du chantier qui violait bruyamment le calme et la sérénité des lieux. Tout en gardant une certaine distance. L'après-midi, la valse des e-mails et coups de téléphone reprenait, inlassablement. On reconnaissait la ténacité d'un bon reporter: ne jamais lâcher l'affaire. L'océan chatoyant les accueillait pour de longues pauses rafraîchissantes, pendant lesquelles leur corps se détendaient sous les rayons du soleil. 

Hyacinthe s'était dégotée une place de choix à l'ombre des grands bras velus d'un palmier, où elle aimait se réfugier aux heures les plus chaudes de la journée. Elle se plaisait à contempler les scintillements de l'eau émeraude, le doux clapotis de son mouvement sur le sable, les hommes, les femmes et leur poisson danser sur la plage. Les jolies pirogues colorées semblaient parer l'océan de joyaux. 

La clientèle de l'hôtel s'était renouvelée. Un petit groupe de trois femmes se prélassait sous le soleil indomptable de Tanzanie non loin de leur repère. Assise contre l'épais tronc du cocotier, Hyacinthe les observa contempler d'un oeil charmé la grande carrure d'Alexandre qui allait et venait entre l'océan et sa serviette, lorsqu'il n'était pas parmi les pêcheurs. 

Assis à côté de lui, Ali pianotait sur son ordinateur, peu attentif à ce qu'il se passait autour de lui. Le manège se répéta une seconde journée jusqu'à ce que l'une d'entre elle ne se lève et ne tente une approche au bord de l'eau. Sa longue chevelure blonde cascadait dans son dos nu. Ses longues jambes fuselées et dorées l'amenèrent jusqu'à l'albatros qui scrutait les flots. C'était la plus grande et la plus belle des trois nymphes. Hyacinthe vit son joli minois se tourner vers lui et sa bouche remuer. 

La haute silhouette d'Alexandre sembla tressaillir et il se tourna complètement vers elle. Ils discutèrent quelques minutes et la naïade regagna sa serviette, un sourire conquis illuminant son visage et ses gestes fluides et gracieux. Hyacinthe se leva à son tour et rejoignit Ali dont le visage concentré fixait l'écran de son ordinateur.

« Tu n'arrêtes jamais de bosser? », lui demanda-t-elle, agacée. 

Ses yeux roux se posèrent sur elle, blasés. La peau du reporter était désormais complètement brune ce qui faisait ressortir davantage le doré de ses iris. 

« Ca me stresse de pas avancer »

« Je sais... moi aussi », soupira-t-elle. 

« Va falloir qu'on finisse par y aller au culot. On se pointe à l'entrée du chantier et on demande à voir un responsable. On a quelques éléments déjà, ils peuvent réagir dessus ».

Hyacinthe soupira une seconde fois. Elle n'était pas certaine que cela suffirait. Les portes d'Alamar semblaient hostilement fermées à leur encontre. Il fallait une bombe, une grave accusation pour les faire sortir de leur caverne. Malheureusement, la plainte des habitants délocalisés et celle des organisations écologiques et humanitaires ne semblait pas suffisante. Elle joua avec le sable, distraitement, faisant glisser les milliers de grains contre sa paume, entre ses doigts. 

Une ombre gigantesque la cacha du soleil. Puis, Alexandre se laissa tomber près d'elle dans le sable chaud. Il s'allongea, étirant son long corps râblé et ferma les yeux, appréciant le contact brûlant de l'astre ocre sur sa peau. On aurait dit qu'une statue grecque venait de s'échouer sur son flanc gauche. 

« Qu'est-ce que c'est un rencard? », demanda-t-il soudain. 

Les mains joueuses de Hyacinthe se figèrent. Ali éclata de rire. 

« Un rencard? Pourquoi, on t'en a filé un? », demanda-t-il, hilare.

« La jeune femme aux cheveux blonds là-bas », dit-il simplement en pointant la nymphe du doigt. 

Ali suivit son regard et ses yeux s'écarquillèrent légèrement. 

« C'est un rendez-vous galant, répondit Hyacinthe. Ça veut dire que tu lui plaît »

Alexandre l'avisa, pantois. 

« Que je lui plais, répéta-t-il. Comme la cliente rousse de Pierrot? »

« C'est ça »

« Eh dis donc, t'as besoin de cours pour draguer?! », s'exclama Ali. 

« Draguer? »

Ali le fixa, médusé.

« C'est ton amnésie qui te rend sot?! »

« Ali! », se récria Hyacinthe. 

« Excuse-moi, mais c'est quand même fort de café! »

Alexandre s'était tu. Son regard s'était perdu quelque part entre le ciel et l'océan. 

« Tu as un rencard avec cette fille? », reprit Hyacinthe d'une voix plus douce.

« Oui, ce soir »

« C'est bien », lâcha-t-elle du tac au tac.

Les yeux bleus d'Alexandre se posèrent sur elle, comme une chatouille. 

« Ah bon? »

« Eh... bin oui, elle est très jolie... tu ne trouves pas? »

L'homme redirigea son regard sur la sirène blonde.

« Sans doute », répondit-il, pensif. 

Hyacinthe se remit à creuser un trou dans le sable, machinalement.

« Ça consiste a quoi un rencard? », reprit-il.

Ali gloussa à côté de Hyacinthe.

« Tu bois des coups, tu séduis la nana, tu l'embrasse et tu finis avec elle au lit... t'as besoin d'un dessin? »

Hyacinthe lui lança une tape sur l'épaule. Pourquoi se comportait-il comme un con parfois avec lui? On aurait dit qu'il avait besoin de le rabaisser. 

« Tu n'es pas obligé d'aller jusque là, répliqua Hyacinthe. Tu passes simplement un bon moment en tête à tête avec une personne qui te plaît, et... plus si affinités »

« Mais... je ne la connais pas »

« Justement, c'est tout l'intérêt de la chose!, s'exclama Ali. T'as même pas besoin de la connaître! »

Alexandre fronça légèrement les sourcils avant de se lever. Le soleil disparut à nouveau de la peau de Hyacinthe le temps d'un instant. Puis, elle l'observa rejoindre les entrailles de l'océan et nager, nager, nager jusqu'à disparaître totalement.

« Il lui manque pas une case? », lança Ali. 

« T'es chiant, tu sais ça? »

« Oh, mais arrête d'être si susceptible! T'es quoi, sa mère? »

« Non, mais t'es pas obligé d'être con par contre », répliqua-t-elle en se levant à son tour. Elle ramassa ses affaires à la volée et prit la direction de l'hôtel. 

« Ohlala... », entendit-elle dans son dos. 

La jeune femme fila sous la douche et l'eau débarrassa son corps du sable, du sel et de la fine pellicule de crème solaire dont elle avait badigeonné sa peau. Après s'être enduite d'huile nourrissante à l'exquise odeur de fleur de Tiare, elle enfila une robe, chaussa ses sandales, releva ses cheveux en un chignon vaporeux, et coiffa ses cils de mascara. Prendre soin d'elle lui fit du bien. Depuis deux semaines elle n'avait mis une touche de maquillage et s'était trimballé en vêtements de toile conforts ou en maillot de bain. Près de son front, une mèche de ses cheveux s'était éclaircie avec le soleil et l'eau et tirait vers le blond vénitien. Ses tâches de rousseurs sur son nez court et ses pommettes hautes ressortaient particulièrement avec le hâle de sa peau. Hyacinthe avait besoin de se sentir belle, ce soir. 

La jeune femme décida d'aller boire un verre au bar intérieur de l'hôtel et se nicha sur l'un de ses tabourets hauts avant de poser son petit sac et son portable sur le comptoir. Elle commanda un verre de vin blanc et croqua dans les noix de cajou que le serveur lui avait disposé aimablement. Le liquide glacé lui fit du bien, mais bientôt la voix parasitaire d'un type qui s'était installé près d'elle au bar l'agaça profondément. Il empiétait sur son moment de tranquillité solitaire. L'homme parlait d'une voix grasse te forte au téléphone. Il portait une chemise blanche sur laquelle pendait une cravate à moitié défaite, un pantalon de costume bleu marine et la veste appareillée traînait sur le dossier de sa chaise. Sa peau blanche et son accent anglais le trahirent immédiatement. Un français. Des cheveux châtains coupés courts, un nez aquilin et des lèvres symétriques. Une barbe de trois jours. Le front marqué. L'homme devait avoir aux alentours de la quarantaine. Bien battit, il était accoudé au bar et discutait de façon animée, son portable collé à l'oreille.

« ...puisque je te dis qu'ils ont signé! On ne peut pas se permettre que les travaux prennent du retard. Prevost va nous tomber dessus! ».

Le coeur de Hyacinthe loupa un battement. Prevost était le nom du PDG d'Alamar.... Et il parlait de travaux...

« ... Ecoute je suis là pour trois jours, je dois rencontrer le ministre demain matin. Je lui en touche un mot. Les fondations de l'usine devraient déjà être coulées... non... ok. Je te fais un update demain. On fait un point. Ciao »

Il raccrocha et Hyacinthe bu une longue gorgée de vin. C'était sa chance. Sa fenêtre d'opportunité. Il était soudain tombé du ciel. Le destin l'avait amené jusqu'à elle. Elle lui jeta un rapide coup d'oeil. Cet homme devait être un haut placé d'Alamar, aux vues de sa prestance, du ton qu'il employait, et de sa future rencontre avec un ministre. 

Les yeux verts de l'homme rencontrèrent les siens, et lui sourirent. Il possédait une sorte d'aura autoritaire, tout en dégageant quelque chose de brute. 

« Bonsoir »

« Bonsoir », répéta-t-elle, se collant un sourire baratineur aux lèvres. 

« Je vous offre un verre? », proposa-t-il en désignant celui vide de Hyacinthe. Bon dieu, il s'offrait à elle si facilement... C'était inespéré, trop beau pour être vrai, elle se devait de ne pas laisser s'échapper l'occasion. 

« Volontier »

L'homme commanda une bouteille entière du vin blanc qu'elle avait choisi. Hyacinthe en profita pour activer l'enregistreur sur son téléphone portable qu'elle cala sous sa pochette. 

« Moi c'est Eliott. Et vous? »

« Louise »

« Enchanté, Louise »

Il lui offrit un sourire séduisant et lui tendit un verre. Ils trinquèrent. 

« Qu'est-ce qui vous amène ici, Louise? »

« Des vacances bien méritées, j'avais besoin de souffler un peu », minauda-t-elle.

« Que faites vous dans la vie? »

« Je suis... commerciale »

« Dans quel domaine? »

« Les prothèses médicales ».

Elle ne savait pas où elle piochait ses mensonges. Mais plus c'était gros, plus ça passait. 

« Et vous? », attaqua-t-elle avant qu'il ne lui pose une énième question. 

Eliott posa ses deux paumes sur le comptoir et sourit légèrement.

« Je bosse pour Alamar, je ne sais pas si vous connaissez »

Hyacinthe fit mine de réfléchir.

« Hum...ah oui! L'entreprise énergétique? »

« Exactement. Je suis dépêché ici pour superviser notre nouveau projet dans la baie de Mnazi »

« Ah? Et c'est quoi ce projet? »

« Oh, ça risque de vous ennuyer »

« Non, pas du tout! Je suis curieuse vous savez »

Eliott émit un petit son mi guttural mi satisfait et rapprocha quelque peu son tabouret du sien. Il lui expliqua ce qu'elle savait déjà: la construction d'une usine GNL, d'une autoroute, d'une piste d'avion, et d'un terminal offshore. 

« Ça va faire du bien à l'économie locale qui en a bien besoin »

Tiens? Il s'essayait à la politique? Et surtout du bine à l'économie d'Alamar, non? 

« Tout se passe bien? », tenta-t-elle. Elle su qu'elle avait mit le doigt sur un sujet sensible lorsque le visage d'Eliott s'assombrit subrepticement. 

« Eh bien... vous gardez ça pour vous.. mais les travaux prennent du retard, on rencontre quelques problèmes avec... l'environnement »

« L'environnement? »

« Disons que nos impacts sont plus importants que prévus... Vous savez maintenant on nous impose tellement de critères à respecter pour être en accord avec l'écologie tout ça... parfois, ce n'est pas possible de tout allier, vous comprenez... », il l'étudiait, hésitant. 

« Ah oui l'écologie... Oh ils nous barbent avec leur combat! Parfois je me surprends à m'insupporter de leurs revendications bien-pensantes... je sais... je ne devrais pas mais... »

« Je vous comprends », la coupa-t-il, soudain plus à l'aise. Elle lui avait donné ce qu'il souhaitait entendre. Juste assez pour continuer. 

« Et qu'est-ce qu'il cloche avec « l'environnement » », demanda-t-elle en mimant de grossiers guillemets.

« Nos activités dérangent les fonds marins, on a eu quelques fuites de liquides aussi récemment... forcément, ça tue les animaux dans le coin. Et puis... forcément, vu que c'est une baie protégée, on est en pourparlers avec le gouvernement pour la déclassifier ». 

« Ah oui, ce doit être gênant pour vos activités.. ajouter des contraintes... Alors que le peuple pourrait bénéficier des retombées économiques. Entre avoir de quoi manger et protéger une minuscule espèce de poisson, le choix est vite fait ». Hyacinthe se faisait l'avocat du diable et chaque syllabe qu'elle détachait lui râpait la gorge. 

« On est bien d'accord », acquiesça Eliott qui leur réservait une verre.

La conversation bifurqua alors sur la vie personnelle de l'homme. Fraichement divorcé, il vivait à Paris, sans enfants, avec son chien Billy. Grâce à Alamar il avait voyagé tout autour du monde, rencontré des personnes haut-placées, dîné avec des cheiks, des ministres et des émirats. Joué au golf à Dubaï, pique-niqué dans les steppes du Kazakstan, et bien d'autres choses encore... L'homme avait la bougeotte et de l'ambition. Aujourd'hui, il opérait en tant que chef de projet pour celui de la Tanzanie qu'ils avaient renommé « Tanzanie LNG ». Posté à Paris, il effectuait régulièrement des allers et retours sur place pour se rendre compte des avancées et dialoguer avec le gouvernement et les autorités locales. Il travaillait de concert avec une petite partie de son équipe qui restait sur place quotidiennement. 

Ils avaient fini la première bouteille de vin et entamaient la seconde lorsqu'un filet d'air frôla la nuque de Hyacinthe. Elle se retourna inconsciemment et aperçut Alexandre, au loin, planté dans le hall, les yeux braqués sur elle. Interrogateurs. La main de la jeune femme bougea d'elle même et lui fit un signe discret qui signifiait « reste là où tu es ». Allait-il rejoindre la belle blonde? Probablement. Il fit demi tour et sortit de l'hôtel de ses grands pas. 

Eliott tapait frénétiquement sur son téléphone et s'excusa.

« J'envoie juste un mail et je suis à vous »

Ils reprirent leur conversation et Hyacinthe dû user de subterfuges malins pour éviter de trop creuser sur elle. L'homme était intelligent, mais n'avait que peu de principes. L'argent, le gain, le challenge le motivaient. Mais l'avenir de la Terre était bien le cadet de ses soucis. Le propre de l'égoïsme et de la société individualiste à l'excès que les humains avaient empruntée, et dont ils ne pouvaient plus se défaire. La nuit était déjà bien tombée, et Eliott avait la parole féconde. L'alcool rendait plus doucereuse sa voix, plus familière son attitude. Rapprochées, ses mains frôlaient celles de Hyacinthe qui ne cessaient d'esquiver. Trouvant l'excuse d'une mèche à replacer, d'une poussière invisible sur sa robe à épousseter. D'une soif irrépressible et soudaine à étancher. 

Intérieurement, Hyacinthe jubilait. De la situation, de son piège. Des informations qu'elle avait récolté et qui était enregistrées sur son téléphone, et de façon audible. Même si elle n'appréciait pas spécialement user de ce stratagème, parfois celui-ci restait la seule voix possible pour avancer dans une enquête. A aucun moment il ne s'était douté qu'elle était journaliste. Comment aurait-il pu? Elle revêtait son rôle avec beaucoup de rigueur et de détermination. Elle était Louise. Une jeune commerciale du Sud de la France qui se prenait des vacances au bord de l'océan en Tanzanie... Rieuse et un peu naïve. 

En face d'elle, Eliott flanchait sous les énormes verres qu'elle lui servait. Elle faisait précautionneusement attention à lui mettre le double à chaque fois. A la troisième bouteille, ses yeux se mirent à briller. Pouvait-elle encore lui soutirer des informations? Sa vache à traire avait-elle encore du lait dont elle pouvait s'abreuver? Ils discutaient des belles plages du pays.

« J'y pense, les organisations écologiques ne vous embêtent pas trop? », demanda-t-elle, comme une fleur.

« Oh... ils n'ont aucun pouvoir. Personne ne les écoute. Ils ne savent rien non plus d'ailleurs », gloussa-t-il. 

« Et les gens déplacés non plus? »

« Les pauvres bougres devraient s'estimer heureux qu'on leur file une baraque en échange! Si tu avais vu l'état de leurs village avant, ils ont upgradé et ils trouvent quand même le loisir de se plaindre! »

Ils étaient passés au tutoiement. Hyacinthe refoula une grimace de colère et opta pour un sourire enjôleur. 

« Oui, j'ai cru voir le village, ils ont l'air d'être bien »

« Mais oui! Bon, il se trouve que le sol n'est pas cultivable partout dans la nouvelle zone, mais ils n'ont qu'à marcher un peu! Un peu de courage ne fait pas de mal, ils s'attendaient à ce que tout leur tombe dans les mains. De vrais fainéants, je te jure ».

Les entrailles de Hyacinthe continuèrent petit à petit à s'embraser face à l'attitude révoltante de l'homme. Mais sa façade restait lisse comme un galet poli par l'érosion de l'océan. Elle jeta un oeil à son téléphone qui continuait d'enregistrer et remercia spirituellement et contradictoirement l'existence de ces engins. 

Son instant d'inattention lui valu un rapprochement rapide d'Eliott qui avait posé sa main sur sa cuisse. Stupéfaite et gênée, Hyacinthe mit trop de temps à réfléchir. L'homme fondit sur elle et s'empara de ses lèvres médusées qui se choquèrent et se durcir pour se libérer. D'une main sur le torse elle le repoussa. 

« Pa...pardon, j'ai sauté les étapes », bafouilla l'homme, le regard voilé par le vin. 

Il était temps pour elle de décoller, la situation devenait épicée. 

« Je vais aller me coucher », dit-elle en sortant sa carte bancaire pour régler sa part. La main d'Eliot se posa maladroitement sur la sienne.

« Non, vraiment, c'est pour moi », murmura-t-il comme une excuse. 

Hyacinthe lui offrit un léger sourire contrit, le remercia et prit congé, une pointe de vague à l'âme. 

Elle s'engagea vers les escaliers qui la menaient au premier étage où se trouvait sa chambre. Mais, avant qu'elle ne monte sur la première marche, elle remarqua une présence sur le côté, au niveau du petit salon près de la porte d'entrée. Assis autour d'un verre dans un fauteuil aux côtés de la nymphe, Alexandre l'observait de son regard azurin. Le visage impassible, il ne détacha pas ses yeux d'elle jusqu'à ce qu'elle ne disparaisse dans le virage, éhontée à en blêmir.

 

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joanna_rgnt
Posté le 06/05/2021
Oh put*in ! Alexandre était là trop drôle! J'adore la façon dont elle s'est joué d'Eliott ! Enfin, si ça se trouve, ce n'est pas son vrai prénom hein ! mais bien joué Hyacinthe tu as géré, attention à surveiller les baisers volés la prochaine fois ahah
Maud14
Posté le 06/05/2021
C'est pas faux... ahaha!
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