Le monde d'après

Par Rimeko
Notes de l’auteur : (Thème : Quand les oiseaux ne volent plus, écriture à deux plumes) (les passages en italique ont été écrits par ma binôme, Sarah)

Désert du Wadi Ram, Jordanie, août 2023

“On annonce... qui va s'abattre sur… désert…”

Donya donne un petit coup dans son poste de radio pour qu’il arrête de grésiller. L’angoisse s’est emparée d’elle, serre sa gorge, noue ses intestins. Elle ne comprend pas ce que le présentateur tente d’annoncer, pas encore, mais sa voix tendue suffit à l’inquiéter.

“... sortir immédiatement.”

Sortir de quoi ? Du Wadi Ram ? La jeune reporter s’est tellement enfoncée dans le désert qu’elle en aurait pour une ou deux journées de marche pour revenir à la civilisation, à condition de ne pas se perdre. Elle sait qu’elle ne se perdra pas, toutefois. Elle connaît par cœur ces dunes de sable, et ce n’est pas pour rien qu’elle est une des seules personnes à oser s’y aventurer seule. Elle est une fille du désert, depuis toujours.

“… un cyclone de...”

Donya retint sa respiration.

“Je répète, un cyclone de catégorie cinq va atteindre le Wadi Ram dans quelques heures.”

La jeune reporter éteint d’un geste machinal le poste de radio et elle reste là, assise en tailleur sur son tapis en poils de chameau, pendant de longues minutes. Puis elle se lève, sort de sa tente, se redresse de toute sa taille une fois ses deux pieds enfoncés dans le sable. Elle plisse les yeux, met sa main en visière.

Oui, pas de doute, une tempête de sable se prépare – et elle emplit déjà tout l’horizon.

Calmement, Donya revient dans sa tente en tissu bleu, récupère sa caméra, se ravise – la carte mémoire risque bien de ne pas survivre au cyclone– et se saisit de son portable à la place. Une fois ressortie, elle active le partage en live sur Internet.

Elle s'assoit dans le sable. Démarre sa vidéo.

Une vidéo qui sera vue par des millions et des millions de personne tout autour du globe, dont le monde se souviendra comme l’un des rares témoignages de l’apocalypse imminente.

Donya filmera jusqu’à la fin.

 

*

 

Ma’an, Jordanie, octobre 2023

Il y a du sable jusque dans sa chambre.

Il s’infiltre sous la porte, par la fenêtre cassée, en-dessous des tuiles manquantes, vient souligner de rouge les interstices du parquet, se lover dans ses draps blancs. À chaque fois qu’elle prend une douche, l’eau sale le lave en rigoles de sang.

Sinaï est accoudée au rebord de l’unique fenêtre de son appartement encore intacte. Elle est occupée à ôter les petits grains écarlates de sous ses ongles. Ils se sont incrustés dans la moindre de ses rides, la faisant paraître plus âgée, et s’attardent à la racine de ses épais cheveux noirs. Dehors, ils ont recouvert la ville, cette même ville qui par le passé avait déployé mille moyens et astuces pour les tenir à l’écart.

Sauf qu’aujourd’hui il n’y a presque plus personne.

Sinaï se retourne, s’appuie contre le mur et se laisse glisser jusqu’au sol. Elle sait qu’elle est la seule vivante qui hante encore cet immeuble, parce que les autres ont fui, pourtant elle n’ose pas s’aventurer à l’extérieur. Ce n’est pas qu’elle craint un nouveau cyclone – non, celui-là, elle l’aurait presque accueilli avec délice, elle aurait pu enfin rejoindre les siens –, seulement… Le monde est si différent désormais. Elle a peur.

En réalité, elle a toujours eu peur du désert, de cette étendue aride et inhospitalière – ce piège changeant, mouvant – de ces dunes écarlates qui fascinent, attirent et dévorent des dizaines de caravanes chaque année, sous un ciel bleu à en faire mal aux yeux. Il lui a volé sa sœur. Debout devant le cercueil vide, elle a juré qu’elle n’y mettrait jamais les pieds.

Elle porte le nom d’un désert, pourtant – mais ce nom dérive du mot « haine ».

Elle a faim. Elle devrait sortir, affronter la ville transformée, le sable entassé dans les rues, la solitude. Les cadavres. Leur sang se confond avec ces monceaux de petits grains qui ne cherchent qu’à l’absorber, pour le faire disparaître, pour s’en nourrir. Bientôt ils auront recouvert les corps.

Les bras de Sinaï viennent se croiser sur sa poitrine, se presser contre son ventre hurlant. Des larmes lui montent aux yeux, brouillent sa vision. Elle ne sortira pas. Ses ongles s’enfoncent dans ses paumes. Elle ne mettra pas un pied hors de son appartement, de son refuge. Ses jambes se plient, ses genoux touchent presque son visage. Elle cherche à disparaître, à retarder le moment où, inévitablement, elle franchira le seuil de la porte. Elle ne veut pas mourir de faim, alors elle ira dans la rue, cherchera de quoi survivre. Elle brisera sa promesse.

Dehors, le vent rugit, charriant du sable, encore du sable, toujours du sable.

Le désert a gagné.

 

*

 

Doha, Qatar, Novembre 2024

Naïss marche. Encore et encore, elle avance, mais devient de plus en plus réticente à s'approcher de sa destination. Elle s’essouffle et décide de s’arrêter. Le choc émotionnel pourrait lui coûter cher, mais après tout, à quoi cela servirait de continuer à vivre ? 

Elle a fait le tour du globe, découvert de nombreuses contrées et appris à connaître divers paysages. Elle aimait sa vie, elle savait apprécier la diversité du monde. Partout, elle avait aimé voyager, découvrir, apprendre. Mais à vrai dire, si son premier voyage autour du monde lui avait laissé des étoiles dans les yeux, son périple de retour était un misérable état des lieux des dégâts. Les monuments historiques qu'elle avait adoré photographier n'avaient même plus de formes distinctes. Toute forme de vie était difficile à trouver, même dans des villes symboliques comme les capitales que sont Paris, Londres ou encore Washington.

Si elle avait voyagé et fait le tour du globe, ce n’était pas juste pour son désir d’aventure. Elle faisait surtout cela pour sa petite sœur aveugle qui ne pouvait découvrir d’autres horizons que ceux des récits de Naïss. Consciente des difficultés que sa sœur rencontrerait en voyageant, elle avait décidé d’entreprendre, elle, un grand voyage. Et à chaque expérience, elle envoyait des origamis à sa sœur, concrétisant alors en différents fragments sa promesse de lui transmettre la culture du monde. Elle avait pris plaisir à faire une petite tour Eiffel en papier quand elle avait visité la France et chaque fois qu'elle prenait connaissance d'une abondance de la nature, elle envoyait des origamis en fleurs. Au moins à travers cela, la petite sœur de Naïss pouvait sentir à travers le toucher. Et à chaque reprise, elle était touchée de cette attention si délicate. 

Mais désormais, Naïss ne plie plus de papiers. Elle n'a plus envie de voyager. Quand elle survécut à l'été 2023, elle apprit que quelques être humains avaient, comme elle, réussi à rester debout à travers la fin de l'ancien monde. Son premier instinct fut alors de revenir à sa ville d’enfance. En prenant cette décision de retourner à son origine, elle a décidé de faire exactement le même voyage qu’elle avait fait pour réaliser son rêve en faisant le tour du monde, mais cette fois en sens inverse.

Et là, elle arrive. Elle est effrayée. La peur la colle comme une seconde peau et même l’espoir n’ose pas s’immiscer dans ses pensées. Elle ne reconnaît rien. Elle sait. Elle sait que c'est ici qu'elle a grandi. C’est bien cet endroit qui lui a appris à marcher, appris à rire, appris à vivre. Tandis qu’elle continue d’avancer, ses pas sont entravés par une boîte. Sa forme est familière. Elle décide de voir ce que cette boîte cache. En l’ouvrant, de nombreux origamis floraux tombent à ses pieds. 

Elle lève ses yeux, regarde le ciel et pleure en silence. Le ciel qui autrefois possédait sa propre vie à travers les animaux qui y virevoltaient est désormais devenu un ciel vide de vie. Une partition sans note. Voilà ce qu'elle voyait sous ses yeux. 

 

*

 

Hal Jahra, Koweït, décembre 2040

Azur se lève. Son souffle est haletant, son corps transpirant. Encore une nuit d'angoisse, encore une journée sans sens. Comme à son habitude, il commence sa journée en chantonnant une chanson. Une ode à la vie, une ode à la nature. Et il marche vers son coin favori. 

Azur, dans son optimisme presque niais, se disait qu'il fallait perdurer une mémoire collective de ce qu'était l'ancien monde. À vrai dire, lui ne l'avait jamais vécu. Il n'avait que quinze ans et avait toujours subi ce désert chaotique. Jamais il n’aurait pu imaginer les références des paroles de ses chansons sans les livres qui étaient à la possession de sa mère. 

C’était assez étrange. D’un côté, Azur n'avait pas connu l'avant catastrophe. Mais d’un autre, il en avait connaissance à travers les récits qu’on lui avait contés ou qu’il avait découverts. C'était comme s’il avait des souvenirs qui n'en étaient pas vraiment. En tous cas, Azur avait la volonté de faire vivre cette mémoire. Et pour arriver à ce but, il s'essayait à l'écriture, la peinture. 

Son endroit préféré a un nom. Fontaine de création. C'est le terme qu’il aime employer quand il s'exprime à haute voix comme si quelqu’un pouvait l’entendre dans ce vide désertique. Nommer les choses est moyen pour créer une attache particulière à un objet, un endroit. Azur avait la conviction qu'attribuer cette expression à un bout de sable lui donnerait une force créative particulière. Mais une fois arrivé, il se rend compte qu'il n'a aucune inspiration. 

Quand il était plus jeune, Azur trouvait de l’inspiration dans les récits de sa mère. Cette dernière avait eu une enfance très heureuse, à l'époque dans laquelle la nature était encore abondante et où il y avait tellement d’espèces animales que toutes les connaître aurait été une tâche bien difficile même pour le plus grand des érudits. Azur s’inspirait donc des souvenirs de sa mère et de ses livres pour créer, et il y trouvait une quête qui était à son sens bien plus importante que sa propre vie. Mais une fois sa mère décédée, il s’était promis de ne plus s'inspirer de tout ce qui était relié à sa mère. C’était du vol. C’était illégitime de sa part de vouloir dépeindre un monde auquel il n'appartenait pas sans une personne de l’ancien monde pour vérifier ce qu’il faisait. Il voulait donc tirer son inspiration de sa propre vie, de son propre environnement. 

Mais voilà, aujourd’hui encore, Azur se rend compte qu'il n’arrive pas à créer. Son raisonnement est paradoxal : il veut faire perdurer une mémoire de l’ancien monde sans s’appuyer sur les seules sources qui le liaient à celui-ci. Mais il n’abandonne pas, il a espoir de trouver dans la nature actuelle ce soupçon d’élan qui le pousserait à créer de nouveau. 

Il n'y arrive pas. Même après des heures passées devant une feuille blanche, il en est incapable. Il ne peut ni peindre, ni écrire. Rien. Rien ne lui vient. Et ce rien est bien le reflet de la manière dont le monde est. Après tout, cet univers n’a plus de sens. Sans nature, sans inspiration, sans même l'essence humaine qui pousse à espérer. Les animaux décimés, les plantes disparues. Un présage de fin du monde qui pourtant n'en finit jamais. C’est bien cela. 

Quand le désert fait de son royaume la terre entière. 

Quand les hommes ne créent plus.

Quand les oiseaux ne volent plus. 

 

*

 

Saïda, Liban, août 2081

Michael est, du moins à sa connaissance, le dernier vestige de l’ancien monde.

Il est assis sur une chaise en plastique blanc sur la plage de son enfance. L’eau clapote autour des pieds de l’objet et de ses pieds à lui, s’enroule autour de ces obstacles, monte à l’assaut de ses jambes. Son pantalon est mouillé jusqu’aux genoux, frangé d’écume.

Il tourne résolument le dos au désert.

Devant lui s’étend l’immensité de l’océan et là-bas, tout là-bas, pour toujours hors d’atteinte, il y a l’Amérique. Son pays. Il a fui en 2022, il a fait partie des premiers réfugiés climatiques alors que le continent tout entier tremblait sous l’assaut des catastrophes. Un jour, il se souvient, il est revenu en panique de l’université après qu’un puissant séisme a secoué la ville toute entière. Le sol vibrait encore ses pieds quand il s’est immobilisé, muet d’horreur, devant le gouffre béant. La faille de San Andreas avait englouti la moitié de San Francisco et l’entièreté de son monde.

Le Liban lui rappelle ses très jeunes années, alors qu’il suivait sa mère engagée dans une mission humanitaire, sauf que maintenant il atteint les quatre-vingt ans et il sait qu’il mourra ici, dans ce pays qui n’est pas vraiment le sien.

Mais le reste du monde n’existe déjà plus.

Le Nord de l’Afrique n’est plus qu’un immense désert – et le dernier bastion d’une humanité agonisante. Les autres continents sont invivables, ravagés par d’inépuisables tempêtes, par la colère des volcans et les secousses du sol. Les vents arrachent la terre, la lave la consume, les séismes l’engloutissent au plus profond des entrailles d’un monde qui s'emploie à se détruire.

Là, sur sa chaise en plastique posée au milieu des vagues, les yeux perdus dans l’horizon, Michael peut encore prétendre que l’ancien monde n’a pas disparu. L’océan est immuable – toujours aussi bleu, toujours aussi beau. Là seul subsistent encore les espèces animales de jadis – là et au plus profond des sables du désert. Les Hommes mourront bien avant le dernier scorpion, la dernière étoile de mer, le dernier poisson. En attendant, ils ne doivent leur survie qu’aux richesses de la mer.

Le vieil homme ferme les yeux, essayent de faire remonter à la surface de sa mémoire l’image de prairies verdoyantes, de forêts d’une teinte si profonde qu’elles en paraissaient mouvantes, de champs s’étendant à perte de vue, poudroyant dans le soleil de la fin d’après-midi. La délicatesse d’une fleur. La majesté d’un arbre centenaire. Ses souvenirs s’estompent, les couleurs se fanent, l’encre coule, le bord des photos se racornit. L’âge a délavé les fragments de son passé, comme des polaroïds exposés trop longtemps à la lumière du soleil.

Et pourtant, chaque jour, les enfants du nouveau monde viennent s’asseoir tout autour de lui et de sa chaise en plastique. Il y a des yeux noirs et des yeux verts, des yeux couleur de ciel et d’autre de terre, d’ombre ou de lumière, larges, bridés, en amande – et tous sont tournés vers lui, avides d’entendre ses histoires. C’est devenu son rôle dans cette société encore toute jeune, et il l’accepte avec gratitude.

Des décennies plus tôt, les survivants se sont rassemblés dans ce petit bout de désert, et ils ont reconstruit, brique par brique, sourire par sourire. Ils ont fait ce qu’ils font le mieux ; ils se sont adaptés. Leurs villages se dressent à nouveau au milieu du sable, dans ce qui avait été le berceau de l’humanité et qui abritera de la même manière ces nouvelles générations. Chacun y a sa place. Et ainsi, chaque jour, depuis qu’il ne peut plus effectuer de travail physique, Michael devient conteur. Il fait revivre l’ancien monde, pour quelques minutes, au travers de ses mots choisis avec soin et des gestes de ses larges mains calleuses. Parfois, il se met à pleurer.

Au moins, ainsi, ce qui a été perdu ne l’est pas encore tout à fait.

Les traits de Berylle sont devenus flous, eux aussi. Il se raccroche aux morceaux qu’il lui reste – les boucles folles, le grain de beauté entre ses seins, ses longues mains de pianiste, l’espace rieur entre ses deux incisives – mais cela ne suffit pas. Des dizaines de femmes correspondent à ce signalement, et la sienne disparaît chaque jour un peu plus dans les méandres de l’oubli.

Au départ, il avait hâte de la rejoindre, puis il a appris à vivre à nouveau. Il était jeune, après tout – mais il n’est plus jamais tombé amoureux. Berylle et lui s’étaient mariés à dix-neuf ans, bien trop tôt de l’avis de ses proches, qui lui prédisaient une séparation prochaine. En un sens, l’apocalypse leur avait donné raison.

Michael agite l’un de ses pieds, regarde les petites bulles d’air échappées de sa chaussure se débattre pour retrouver la surface. Un petit poisson curieux, effrayé par le mouvement, disparaît dans un éclair argenté. Il se lève, lentement à cause de ses articulations vieillissantes, revient vers les habitations. Il laisse sa chaise derrière lui.

À sa mort, on oubliera les animaux et les plantes, les champs et les forêts, on oubliera le parfum des fleurs et le chant des oiseaux, le bruit des vents dans les feuilles et l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, on oubliera le reflet du soleil sur la fourrure d’un chat, le goût de la viande et la saveur des fruits. On oubliera la beauté d’une nature que le sable a étouffée.

À sa mort, l’ancien monde disparaîtra pour de bon – mais en attendant, il lui reste encore quelques histoires à raconter...

 

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Vylma
Posté le 05/01/2020
C'est super riche en émotions ! Honnêtement je ne suis pas très bien après cette lecture, que je trouve très pessimiste, dans le sens où la fin de l'humanité semble inévitable et que, malgré la petite nouvelle société décrite à la fin, la vie semble dure et plus remplie de nostalgie, de deuils, de pertes que de renouvellement et de nouvelles créations (notamment avec l'histoire du jeune qui n'arrive plus à créer).

J'ai aimé chacun des petits paragraphes, je trouve que les personnages sont bien définis tout de suite dans leur individualité. J'ai été surtout touchée par la première histoire, la journaliste qui n'essaie même pas de sauver sa peau mais qui assure le partage de ce qu'elle voit, qu'elle affronte.

D'ailleurs, je trouve que vos deux écritures ne jurent pas, elles se fondent bien l'une dans l'autre :)

Et les souvenirs du conteur à la fin étaient émouvants aussi.

Bravo en tous cas !
Rimeko
Posté le 07/01/2020
Quand on était en train de se concerter pour savoir quoi écrire, le premier point sur lequel on s'est mises d'accord a été "centré sur les personnages / les émotions", donc... c'est réussi ? :P
C'est bizarre, moi je la voyais comme plutôt optimiste, au final... ? (Après c'était peut-être pas la vision de ma binôme, donc il y a moyen qu'on se soit un peu contredites dans l'ambiance générale, notamment avec le jeune que tu évoques...) Personnellement, j'ai fait dire cette phrase ("Ils ont fait ce qu’ils font le mieux ; ils se sont adaptés") à Michael, mais je la pense sincèrement. C'est ce qui me fascine le plus chez l'Homme, sa capacité à survivre, avec sa curiosité aussi (et les deux vont de pair)... Donc pour moi, ouais c'est l'apocalypse, mais les humains y ont survécu et ils vont reconstruire une société, peut-être toute petite et fragile, mais vivante, et peut-être même heureuse, malgré tout.
Petite note sur la journaliste : son prénom signifie "monde", donc sa mort coïncide avec le début de la fin du monde... :P Ouais, je me fais toujours un kif sur les prénoms. (Aussi avec Sinaï = désert / haine, et Michael comme l'archange, et Berylle vient de la Bible aussi...)
Ravie que ça t'ait plu en tous cas ! C'était très plaisant de faire ces courtes scènes, de développer un monde à travers des personnages... ;)
Vylma
Posté le 07/01/2020
Ah oui cool les noms des persos ! J'aime bien avoir une raison de leur donner leur nom aussi, même si généralement personne ne fait le lien XD
Avec cette lecture, j'ai eu du mal à voir ce qui pouvait donner espoir en l'avenir en tout cas ^^'
Liné
Posté le 16/11/2019
C'est vraiment joli - un mélange de nostalgie pour notre monde qui va disparaître, et l'assurance de savoir que malgré tout, l'humanité continue son bonhomme de vie.

Comment vous avez travaillé, toutes les deux ? Vous vous mises d'accord sur l'intrigue dès le départ, ou bien vous avez joué au cadavre exquis ?
Rimeko
Posté le 17/11/2019
Coucou ! Ça me fait plaisir de te voir toujours au taquet pour ces petites textes <3
On est quand même une des espèces avec le plus de capacités adaptatives génétiques, hein... :P (Bon, loin derrière le cafard, mais quand même !)
Dès le départ on voulait faire un texte centré sur les personnages et les émotions, et le thème nous évoquait une apocalypse, au départ on pensait partir sur du théâtre absurde (oui oui) puis on s'est dit que ça allait prendre trop de temps... Puis ça a stagné, et la deadline arrivait, alors j'ai écrit le passage de Sinaï en une demi-heure un matin, je lui ai envoyé, elle a bien aimé et après on a brainstormé quelques idées de personnages (la journaliste présente au moment des faits, l'artiste, la voyageuse qui revient, le dernier conteur...) avant de se mettre à écrire :)
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