Le Chagrin est une Pièce

Je vis avec l’infinité d’un petit deuil 

Comme l’écran d’une comète 

A l’intérieur de la poitrine 

Au revers d’une artère 

Boursouflée 

Sous la chair 

Encore plus de plasma 

Encore plus de poussière 

Encore plus de néant 

Des kilomètres de doutes collés le long de ce réduit

Des nuits et des années agglutinées contre la vitre 

De la taille de mon pouce 

Les bords à vif 

Immobiles

Et qui menacent 

La peau de milles entailles 

Quelle serait la taille de l’hémorragie

Est la première question qui me harcèle le matin 

Inlassablement 

Comme une incantation 

Si pleine de promesses 

Je vois les autres 

Jouait à pile ou face  avec leur chagrin

Neuf 

Élavé 

Brillant

Sortie des chairs

Et qui scintille tout contre l’air 

En volant 

Ils le touchent de leur doigts gras 

Comme un jeu 

Un accessoire 

Le mien semble ne pas avoir de surface 

Je connais son emplacement précis

Mais mon index ne saurait l’approcher 

D’un izit 

Il est une Matière 

Noire et collante 

Qui pourrait me dévorer 

Il bat comme une deuxième cœur

Il pulse à travers ma peau 

C’est lui 

Qui joue avec moi

Comme une bulle de chewing-gum 

 

Sans cesse en aller retour

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Soul_i_an
Posté le 30/07/2020
J'adore ta première phrase, je ne sais plus quel auteur parle de "petite mort"... Poème assez déroutant, j'aime le fait que toi aussi, tu ne te fixe pas de règles et ne t'enfermes pas dans le classisisme. Il y a de belles images, brutes et fortes, de la lassitude et un rapport organique au chagrin. Très intéressant. 😊
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