La ZAC ou le destin tragique des femmes-mousses

L’odeur de l’humidité emplissait les poumons essoufflés de Gaëtanne, dit l’Amanite. Ce surnom renvoyait aussi bien à la coloration carmin de ses cheveux qu’à son visage qui tournait à l’écarlate après un effort physique. Le soleil pointait à peine son nez à l’horizon et la lampe accrochée à l’avant de son vélo lui ouvrait le chemin. Elle pédalait à en rendre jaloux un coureur du tour de France. La situation l’exigeait : c’était une question de vie ou de mort. Le chemin abandonné tortueux et cabossé aurait pu faire chuter n’importe quel cycliste. Mélangeant un peu plus la boue et le sang dans cette zone de la ZAD (zone à défendre).

Lorsque son portable avait sonné vers cinq heures ce même matin, elle avait compris tout de suite que quelque chose se tramait. Enfilant des vêtements en quatrième vitesse, sautant sur son vélo, la jeune écologiste n’avait pas eu besoin de faire 100 mètres dans le village pour comprendre la gravité de la situation. Une colonne d’une cinquantaine de véhicules de CRS défilait sur la route communale. Afin d’éviter les blindés, elle pédala à travers les chemins de tracteurs dans les champs avoisinants.

Gaëtanne connaissait bien les dédales qui serpentaient entre les cultures et le bocage. En particulier ceux qui menaient à « la petite forêt ». Ses grands-parents l’y emmenaient souvent quand elle était enfant. Armé de son infatigable couteau à champignon, papi lui avait appris où trouver des bolets, des cèpes, des chanterelles et autres mycètes comestibles. Rien que d’y penser l’odeur des carpelles et de l’humus mouillé lui monta au nez dans l’air frais du matin. Mamie lui avait fait découvrir un monde encore plus fantastique que celui des champignons. Celui que les yeux des gens modernes ne voient pas, ou ne veulent pas voir.

Arrivant à la lisière du boisement, elle délaissa son engin pour courir entre les arbres jusqu’à une zone couverte d’une belle mousse verte ponctuée par la rosée du matin. Les oiseaux chantaient le réveil de la forêt. Un écureuil sauta d’une branche à une autre. Un chevreuil leva la tête à son passage. Les oreilles en alerte, il la regarda passer de son œil noir. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait passer cette bipède dans ce coin reculé.

Le cadre bucolique de cet endroit n’était qu’un trompe-l’œil. Des centaines de petites touffes de mousse se déplaçaient dans tous les sens. Certains s’entrechoquaient, restants étourdis quelques instants, puis reprenaient leurs courses. Dans un mouvement de rugbywoman, elle se jeta à genou sur l’humus. Comme une goutte d’huile dans l’eau, la mousse s’écarta d’elle.

— Brux ! Il faut partir, vite ! Ordonna la jeune femme, le visage écarlate couvert de sueur.

Une forme se dessina dans la mousse. Un petit corps féminin de couleur verdâtre émergea du sol. De la mousse lui couvrait la peau comme une doudoune confortable, ses cheveux ressemblaient à des radicelles blanches qui lui tombaient sur les épaules. Tremblante, elle s’approcha de Gaëtanne.

— Nous ne pouvons pas partir plus loin… nous nous sommes éloignés le plus possible.

Sa voix fluette caressait les oreilles de l’humaine. La réponse, elle, perfora son cœur.

— Si vous ne partez pas, ils vont vous écraser, vous arrachez et vous couler dans le béton !

Elle frappa du poing sur le sol. La petite créature décolla légèrement. Son équilibre retrouvé, elle vint poser des minuscules doigts sur ceux de l’humaine. La tendresse exprimée par la femme-mousse lui fit monter les larmes aux yeux. De rouge de l’effort, elle passa de rouge de chagrin.

— Tu nous as déjà aidés il y a plusieurs saisons lorsqu’ils sont venus. Nous avons migré au plus loin de notre lui de naissance. Nous ne pourrons plus nous éloigner.

Une dizaine d’autres petites femmes-mousses vinrent se coller à leur amie humaine. Elle sentit leur fraîcheur sur sa peau échaudée par l’effort. La douleur dans sa poitrine s’adoucit le temps d’un battement.

La seconde suivante, une rage monta en elle. Ses yeux bleus s’enflammèrent.

— Je ne vous laisserai pas tomber. Je lutterai plus férocement que jamais ! Ils n’ont pas le droit !

Elle se releva avec précaution pour ne pas abîmer les petites créatures végétales. Brux resta accrocher à son doigt et se logea dans le creux de sa main.

— Je t’accompagne.

— Non, je ne veux pas, c’est trop dangereux. On va se battre.

Son téléphone sonna. Gaetanne ronchonna à l’idée que même perdu au milieu de nulle part, elle pouvait être dérangée. Le nom de « Le paysan » s’afficha.

Putain Amanite t’es où ? Ils en arrivent de partout ! Ils commencent à nous encercler.

— J’arrive.

Elle fourra le téléphone dans sa poche et voulut reposer la petite femme mousse au sol. Celle-ci se débattit pour rester avec elle, mais rien n’y fit. Gaëtanne l’abandonna avec les autres dans la clairière. La petite créature tenta d’attraper sa chaussure en vain.

La clarté de l’aube lui permit de traverser les champs laissés à l’abandon sans trop de difficultés. Des nuées d’étourneaux et des faisans s’envolèrent à son passage. Elle arrivera aux premières cahutes faites de briques et de brocs par des chemins de traverse. Le branle-bas de combat sonnait parmi les zadistes. Tout le monde courait entre les potagers, les zones de partage collectif et autres tables de jardin. Les lumières des camions de CRS clignotaient sur le ciel encore balbutiant.

Une barricade longue d’une centaine de mètres traversait un champ. Elle n’offrait qu’une faible protection contre les engins militaires. Les occupants du site, une espèce aussi bigarrée que dépenaillée, accumulaient toutes sortent de projectiles qui serviront à accueillir les forces de l’ordre.

— Mais tu étais où ? Ça fait des heures qu’on t’a appelé ! L’enguirlanda l’un d’entre eux.

— Garde ton énergie contre eux, répliqua Gaëtanne sèchement en collant une paire de jumelles sur ses yeux pour observer la ligne adverse.

Les hommes en tuniques et armures noires s’organisaient et préparaient leurs armes.

— On va prendre cher…

Un frisson la parcourut. Pas tant à cause de ce qui se trouvait en face d’elle que de la petite chose qui venait de se glisser sur sa jambe. Brux n’avait pas renoncé à l’accompagner. La petite créature montait le long de son mollet sous son pantalon en utilisant ses poils comme d’une échelle. La main de la jeune femme se fourra dans sa poche trouée pour se saisir de la petite femme-mousse au passage.

Elle ramena sa main vers son oreille en faisant mine de remettre en place une mèche. La créature se dissimula dans les cheveux de son amie.

— Je peux t’aider, murmura la petite créature. Je suis née dans ce sol. J’en ressens la moindre vibration.

— Brux, ils vont nous gazer, nous matraquer, nous massacrer… ou pire. Tu dois t’en aller. Loin.

— Je ne peux pas. Mon sol est ici. C’est la mort pour moi dans tous les cas…

Elle n’eut pas le temps de répondre qu’une voix au haut-parleur brisa l’air lourd de la matinée.

Gaëtanne n’écouta même pas. Elle connaissait la chanson : demande de quitter les lieux, et patati et patata, dans le calme et nia nia nia, et blablabla.

— Cause toujours ! Hurla-t ’elle envers son lointain interlocuteur. Les chances qu’il l’ait entendu étaient proches de nulles, mais elle s’en contre fichait.

Elle retrouva le groupe de zadiste qui discutait avec vigueur de la situation et de ce qu’il fallait faire. L’éternelle même rengaine : rester ou affronter. La première solution était la plus sage. Mais s’ils s’en allaient, c’était la porte ouverte au bulldozer et autre tractopelle. Cette ZAD de champs, bocages et boisement se ferait bétonner pour laisser place à une zone d’activité commerciale. Après moult palabres, Gaëtanne monta sur la barricade avec le haut-parleur.

Son envie de hurler : « Allez-vous faire mettre » laissa place à la raison et un simple : « On ne partira pas. Non à la bétonisation ! »

Brux brailla : « Allez-vous faire moisir les mycorhizes ! »

Un sourire échappa à la jeune femme malgré la situation. Au loin, la ligne de véhicule antiémeute s’alignait devant les CRS. Le rutilement des moteurs et le crissement des bottes avaient fait fuir les perdrix et les faisant depuis belle lurette. Même mes insectes avaient cessé leur stridulation. Sans doute qu’ils étaient les derniers mammifères présents sur le site. Bientôt les détonations et les hurlements couvriraient ce matin de printemps silencieux.

Le pouls de Gaëtanne s’accéléra en même temps que les coups de matraque sur les boucliers des CRS. Une goutte de sueur dégoulina sur son front et une substance liquide lui humidifia l’arrière de l’oreille. Brux venait de lui vomir dessus.

La petite créature vibrait au rythme des bottes piétinant sa terre natale. Toutes les autres femmes-mousses dans le boisement à quelques kilomètres de là subissaient le même sort. La rage monta comme la ligne de force de l’ordre. Se saisissant d’un caillou qui traînait, elle fut la première à ouvrir les hostilités. Le projectile tomba à une distance ridicule. La réponse fut immédiate. Une volée de grenades lacrymogènes s’abattit sur les zadistes.

Foulards sur le nez et lunette de piscine, le ridicule tuait moins que la police. La panique s’installa. Les plus modérées s’enfuirent en courant de la zone enfumée pendant que Gaëtane et d’autres s’attachaient à réexpédier les grenades aux forces de l’ordre. Le vrombissement des moteurs couvrit les cris et le choc des engins anti émeutes avec la barricade fit voler en éclat cette faible défense.

Les détonations, la fumée, les zadistes fuyants, les policiers poursuivants, dans tout ce chaos Gaëtanne eu le tournis. Brux tira sur sa boucle d’oreille. Elle porta machinalement la main à son bijou et rattrapa juste à temps la petite créature désarticulée. Son petit corps si vert d’habitude avait pris une couleur marronne.

Le cri de douleur de Gaëtanne resta coincé dans sa bouche. Des larmes coulèrent dans ses lunettes de plongée. Elle n’osa pas creuser un trou pour y faire reposer le petit corps. Il finira sûrement piétiné par les uns ou les autres. Elle la glissa dans la poche de son pull à capuche.

De rage, elle saisit un nouveau pavé qui traînait près d’elle et l’envoya sur le premier CRS qui passa à sa portée. Le projectile atteignit sa cible. L’homme s’étala de tout son long.

Une détonation retentit. Un choc. Le néant.

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respoumpi
Posté le 20/10/2020
Coucou Salynacushing, j'ai été très touchée et saisie par ton histoire. J'y ai trouvé une poésie forte mêlée au monde contemporain. La fin m'a parue abrupte cependant, même si inévitable. Merci pour ce beau partage. La bise
SalynaCushing-P
Posté le 20/10/2020
Merci pour ta lecture.
Elodie
Posté le 19/10/2020
Bonjour,
J’ai bien aimé ce texte et son engrangement et j’ai vraiment trouvé super l’idée des femmes-mousse qui, rien qu’avec leur appellation, stimulent l’imaginaire. À mon goût, il manquait le côté surprenant de la chute. Ou, même si ce n’est pas le but de surprendre car on est dans l’inévitable, quelque chose de plus percutant. Mais c’est une chouette nouvelle, merci!
SalynaCushing-P
Posté le 19/10/2020
Merci à toi pour ta lecture !
Tac
Posté le 18/10/2020
Argh mon coeur !
J'en oublie toutes mes politesses : salut Salyna !
Une nouvelle bien forte, je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi réaliste, et j'avoue qu'au plus fort de mes émotions j'aurais bien aimé une fuite vers quelque chose de plus fantastique, qui m'aurait permis d'avoir de l'espoir et aurait pu amener une fin heureuse... mais non, tu n'épargnes rien, et même si cela me rend toute chagrine, je trouve que c'est bien, c'est important. Je trouve très fort d'avoir réussi à mélanger le cru d'un réel avec des créatures fantastiques qui ne viennent pas adoucir le propos mais le souligner.
Au niveau de la forme, d'uatres l'ont déjà dit, certaines choses pourraient être améliorées, mais avec un fond pareil, je trouve que tu es déjà en très bonne voie !
Plein de bisous
SalynaCushing-P
Posté le 18/10/2020
Merci Tac (et j'espère que ton coeur se remet bien)
MbuTseTsefly
Posté le 18/10/2020
Un conte écolo fantastique. J'aime beaucoup l'idée des femmes-mousse, un nom poétique pour un petit peuple qui me rappelle cet autrefois dont font rêver les nombreux toponymes liés aux fées. Un peu de militantisme avec un problème réel mêlé de fantastique, ça change et ça marche bien.
SalynaCushing-P
Posté le 18/10/2020
Merci !
Fannie
Posté le 16/10/2020
Coucou Salyna,
En lisant le titre, je m’étais déjà faite à l’idée que ça ne se terminerait pas bien. Ces militants défendent une bonne cause, mais ils n’ont pas choisi la meilleure méthode. Cela dit, ce n’est pas facile de déterminer quelle est la meilleure méthode. Ces femmes-mousse sont tellement attachantes qu’on a aussi envie de les protéger.
J’aime bien ta manière de raconter les choses simplement, comme elles arrivent, sans explication, sans avoir l’air de prendre parti ; c’est immersif et l’émotion en est d’autant plus forte. Gaëtanne s’est battue avec l’énergie du désespoir et tout semble s’éteindre avec elle.
Coquilles et remarques :
D’abord une remarque générale : on ne met jamais de majuscule à une incise de dialogue, quel que soit le signe de ponctuation qui précède. Il faut résister aux correcteurs orthographiques.  ;-)
— de Gaëtanne, dit l’Amanite [dite ; « dit » dans le sens de « surnommé » s’accorde]
— Elle pédalait à en rendre jaloux un coureur du tour de France [du Tour de France ; cette compétition célèbre a droit à une majuscule  :-)]
— Le chemin abandonné tortueux et cabossé aurait pu faire chuter n’importe quel cycliste. [Il faudrait mettre une virgule après « abandonné » / dans le sens de « tomber », « chuter » est familier ; je me demande pourquoi il se répand au détriment de « tomber »]
— Rien que d’y penser l’odeur des carpelles et de l’humus mouillé lui monta au nez [Il faudrait mettre une virgule après « d’y penser ».]
— Des centaines de petites touffes de mousse se déplaçaient dans tous les sens. Certains s’entrechoquaient, restants étourdis quelques instants [Certaines / étourdies ; on parle des petites touffes de mousse]
— elle se jeta à genou sur l’humus [à genoux]
— Brux ! Il faut partir, vite ! Ordonna la jeune femme, le visage écarlate couvert de sueur [ordonna / et couvert]
— De rouge de l’effort, elle passa de rouge de chagrin [rouge d'effort / elle passa à rouge]
— Tu nous as déjà aidés il y a plusieurs saisons lorsqu’ils sont venus. Nous avons migré au plus loin de notre lui de naissance. [Si ce sont toutes des femmes, il faut écrire « aidées » / notre lieu]
— Elle sentit leur fraîcheur sur sa peau échaudée par l’effort. [Ici, « échaudée » me semble impropre ; je propose échauffée, embrasée, enflammée]
— Brux resta accrocher à son doigt [resta accrochée]
— Gaetanne ronchonna à l’idée que même perdu au milieu de nulle part [Gaëtanne ; dans le résumé aussi, il manque le tréma / perdue]
— Putain Amanite t’es où ? Ils en arrivent de partout ! [Il faudrait placer « Amanite » entre deux virgules. / Il en arrive ; c'est une tournure impersonnelle.]
— La petite créature tenta d’attraper sa chaussure en vain. [Virgule avant « en vain ».]
— Elle arrivera aux premières cahutes faites de briques et de brocs par des chemins de traverse. [Elle arriva / de bric et de broc ; c’est une locution adverbiale]
— Tout le monde courait entre les potagers, les zones de partage collectif et autres tables de jardin. [Ici, tu ne peux pas mettre « et autres » parce que les potagers et les zones de partage collectif ne sont pas des tables de jardin. Je propose simplement : « entre les potagers, les zones de partage collectif et les tables de jardin ».]
— accumulaient toutes sortent de projectiles qui serviront à accueillir [serviraient ; dans un texte au passé, on emploie le conditionnel présent pour exprimer des actions et les faits futurs]
— Ça fait des heures qu’on t’a appelé ! L’enguirlanda l’un d’entre eux [appelée / l’enguirlanda]
— sous son pantalon en utilisant ses poils comme d’une échelle [« en utilisant ses poils comme une échelle » ou « en se servant de ses poils comme d’une échelle »]
— Cause toujours ! Hurla-t ’elle envers son lointain interlocuteur [hurla-t-elle : le « t » euphonique est toujours placé entre deux tirets ; quant à l’apostrophe, elle indique l’élision de « tu » (t’es où ?) ou de « te » (je t’invite).]
— Les chances qu’il l’ait entendu étaient proches de nulles, mais elle s’en contre fichait [« étaient proches de zéro » ou « étaient quasi nulles » / elle s’en contrefichait]
— Elle retrouva le groupe de zadiste [de zadistes]
— L’éternelle même rengaine : rester ou affronter. [L’éternelle rengaine ; « même » est de trop]
— c’était la porte ouverte au bulldozer et autre tractopelle. [Un bulldozer n’est pas une tractopelle ; il faudrait mettre quelque chose comme « au bulldozer et à la tractopelle » ou « au bulldozer, à la tractopelle et autres engins (de chantier) »]
— Le rutilement des moteurs et le crissement des bottes [Le rutilement, c’est le fait de briller, de présenter des couleurs éclatantes ; le grondement, le ronflement, le vrombissement, peut-être ?]
— avaient fait fuir les perdrix et les faisant depuis belle lurette. Même mes insectes avaient cessé leur stridulation [les faisans / les insectes]
— Sans doute qu’ils étaient les derniers mammifères présents sur le site. [Je trouve qu’il faudrait préciser qui est « ils » (les zadistes, les militants) ; la dernière référence est trop éloignée]
— La panique s’installa. Les plus modérées s’enfuirent en courant de la zone enfumée [« modérées » : il n’y a que des femmes dans le groupe ?]
— et le choc des engins anti émeutes avec la barricade [antiémeutes ou anti-émeutes]
— dans tout ce chaos Gaëtanne eu le tournis [eut ; passé simple]
— Son petit corps si vert d’habitude avait pris une couleur marronne [marron ; quand un substantif est employé comme adjectif de couleur, il est invariable]
— Il finira sûrement piétiné par les uns ou les autres. Elle la glissa dans la poche [Il finirait / elle le glissa (le petit corps)]
— et l’envoya sur le premier CRS qui passa à sa portée [qui passait ; concordance des temps]
Fannie
Posté le 16/10/2020
Oubli : dans le résumé, il ne faut pas mettre de majuscule à « zadiste » et il manque le trait d'union à « femmes-mousses ».
SalynaCushing-P
Posté le 16/10/2020
Merci Fannie pour toutes tes remarques. J'espère que toutes ces coquilles ne t'aurons pas "trop" gênée à la lecture :s
Fannie
Posté le 18/10/2020
Quand je lis, je ne fais que surligner ce qui me semble bizarre pour ne pas trop me laisser distraire. Puis je m'occupe de ces passages après. Si ça peut te rassurer, tu n'es pas la seule à avoir une longue liste. :-)
VavaOmete
Posté le 11/10/2020
Aaah les petites femmes-mousse !
Je vais probablement te redire ici ce que je t'ai dis dans le mail d'acceptation, mais j'ai vraiment aimé l'idée que les ZAD ne soient pas seulement liées au côté "sauvons les plantes" mais aussi "sauvons les créatures fantastiques qu'elles abritent". Après tout en Europe, chaque forêt, chaque champ, chaque espace de verdure abrite une partie de notre imaginaire collectif.
Isapass est déjà revenue sur la question des problèmes de temps, du coup je n'insisterai pas dessus ^^ juste, n'hésite vraiment pas à demander des bêta lecture sur le forum, ou d'accepter sa proposition : sur Plume d'Argent, on travaille dans la bienveillance, pas dans le jugement =) personne ne t'en voudras jamais, ni ne te rabaissera, parce que les temps et toi vous êtes en mauvais termes !

Merci d'avoir eu l'audace de proposer un texte engagé à l'AT !
SalynaCushing-P
Posté le 11/10/2020
Merci VavaOmete. Ca me touche beaucoup.
Kevin GALLOT
Posté le 09/10/2020
Salut ! J'aime beaucoup ce texte et il parle à mes principes, merci. Globalement bien écrit à part quelques coquilles, mais c'est surtout la chute qui manque selon moi.
Merci et A+
SalynaCushing-P
Posté le 09/10/2020
Merci Kevin.
Herbe Rouge
Posté le 07/10/2020
Bonjour,

Un texte engagé, cela change un peu des autres récits. Bien mené, avec une fin sans surprise et très triste comme on pouvait malheureusement s'y attendre.

Bien écrit.
SalynaCushing-P
Posté le 07/10/2020
Merci Herbe rouge ! J'avoue que vu son engagement, j'avais peur de rebuter les gens. Visiblement pas tant que ça !
Isapass
Posté le 05/10/2020
Hello,
Bon, je vais commencer par les choses désagréables (désolée), mais ce sera pour finir par du positif : il y a quelques coquilles et problèmes de concordance de temps (notamment l'utilisation du futur de l'indicatif, alors que le futur dans un texte au passé est en principe exprimé par le conditionnel présent). Mais rien qu'une relecture ne pourrait corriger.
Voilà pour les pinaillages. Il reste que ce texte est très fort et qu'il m'a fait beaucoup d'effet : le sujet et ton style simple qui va droit au but m'ont laissé le goût amer que, je pense, tu souhaitais amener. Aucune trace de jugement pourtant, tu laisses les faits parler d'eux-mêmes, et c'est bien plus poignant que d'exposer une opinion abstraite. Je sors de ma lecture avec une impression de non-retour et de mélancolie, renforcée par la personnification très poétique que tu as donnée à la nature à travers ces adorables femmes-mousses.
Bravo et merci pour ce texte fort en sensation.
SalynaCushing-P
Posté le 05/10/2020
Merci Isapass ... et désolée pour les coquilles et problèmes de concordances de temps ... et ce malgré mes nombres relectures. Quand on est pas doué ... on est pas doué ...
Isapass
Posté le 05/10/2020
Ah mais il ne s'agit pas d'être doué ou pas doué ! J'étais un peu intransigeante sur l'orthographe avant, mais maintenant, j'ai un chéri dyslexique, Du coup, j'ai mis beaucoup d'eau dans mon vin. Franchement, par rapport à l'émotion que véhicule ton texte, les quelques fautes de syntaxe ne sont pas grand chose. Et quand je disais "relectures", je pensais aussi "relecture par quelqu'un d'autre". Parce que là dessus, tu peux demander de l'aide, beaucoup de personnes peuvent t'aider.
En revanche, savoir faire passer un message qui va droit au but dans un texte riche en émotions et d'une longueur imposée, tout le monde n'en est pas capable. Toi tu l'es ;)
SalynaCushing-P
Posté le 05/10/2020
Merci. Je demande peu d'aide (j'ai mes raisons, qui sont longues à expliquer), je sais que je devrais mais bon...
Isapass
Posté le 05/10/2020
Ecoute, si tu veux que je te fasse un petit passage de correction sur ce texte, ce sera avec plaisir ;) Voilà, la proposition est lancée, tu en fais ce que tu veux, avec ou sans explications.
Altin
Posté le 03/10/2020
Je ne m'attendais pas à lire un texte de ce genre pour Octobre Imaginaire ! Tu as réussi à marier le regard amoureux que tu portes sur la nature et la violence de l'affrontement et de la mort dans un si petit format, c'est un tour de force. On sent le changement de rythme dans la tournure et la longueur des phrases, et le sentiment d'urgence, puis de panique qui gagne Gaëtanne, jusqu'au drame. Vraiment bravo.

Pour le titre, je ne sais pas si j'ai raté quelque chose, pourquoi ZAC et pas ZAD ?
SalynaCushing-P
Posté le 03/10/2020
ZAC = zone d'activité commerciale
ZAD = Zone à défendre
C'est la ZAC qui entraine cette fin tragique et non pas la ZAD ;)
Sissi84
Posté le 03/10/2020
Chouette un texte engagé. Oh lala ! ça me rappelle ma jeunesse cette affaire-là. Je n’ai pas rencontré les femmes-mousses et je crains aussi qu’elles ne soient plus en vie. C’est le combat de David contre Goliath, encore et toujours. Mais c’est encourageant de savoir qu’il y a encore des batailles qui se mènent pour sauver ce qui reste de notre planète.
À la manière d’un reportage, tu as su créer une ambiance telle qu’on la ressent dans cette situation. Je me demande si toi aussi…
SalynaCushing-P
Posté le 03/10/2020
si par "cette situation" tu veux dire en face de CRS pret à charger : la réponse est oui. Je précise toute fois : je ne suis une casseuse, ni une violente.
Le Saltimbanque
Posté le 02/10/2020
Mélange entre Miyazaki et Gilet Jaune...

Très bon texte, qui va droit à l'essentiel et évite tout ce qui est superflu. Le renversement est très bien amené, et en plus n'est jamais platement expliqué, mais subtilement transmis par la narration, ce qui le rend encore plus fort. Tu as aussi évité le pathos larmoyant pour plus se consacrer sur la réalité brute, qui donne un aspect quasi documentaire à l'ensemble.

Félicitations !
SalynaCushing-P
Posté le 02/10/2020
Bonjour le Saltimbanque,
merci beaucoup ! Ton commentaire me touche beaucoup.
Xian_Moriarty
Posté le 01/10/2020
J'adore ce texte ! Même si je te l'ai bêta-lu, j'avoue que c'est un plaisir à relire ! Mais c'est si triste ToT .
Puis, je trouve ca bien que tu écrives un texte qui montre de manière moins subtile ton engagement militant ;)
SalynaCushing-P
Posté le 02/10/2020
merci Xian !
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