La vraie vie

Par Fosca01

Elle voyait des choses, des choses étonnantes, surprenantes, surnaturelles et fantastiques. Ce ne pouvait être réel mais pour elle ca l’était.

Des bonhommes enfantins aux personnalités et costumes uniques jaillissaient de sa tête. Quand elle s’ennuyait, elle jouait avec eux, les aider à s’habiller, elle s’occupait d’eux. C’était ses amis, ses seuls amis. Elle les aimait de tout son cœur.

Mais les autres n’étaient pas contents de la trouver affamé, déshydraté, négligé, discutant seul et rêvassant. Alors, il l’arrachait à ses amis et l’obligeait à manger et à participer à de longs dîners barbants ou elle devait bien se tenir, bien habillée. Ces dîners n’étaient que des illusions brouillées. Les autres y déblatéraient, parlaient sans cesse de choses ennuyantes, du nouveau mari de la commère, des nouvelles taxes, de la beauté du paysage, des dégâts que cause les loups, du manque de fruit, de l’installation d’un nouveau marchand, de la belle marchandise de ce marchand, de la mort de mère-grand, du plat mangé, du plat qu’ils mangeraient après,... Elle n’entendait pas. Elle comptait chaque seconde, et s’exaltait à l’idée qu’une seconde qui passe est une seconde qui la rapproche du moment où elle serait enfin libre. Elle pourrait alors retourner voir ses amis rigolos, retrouver sa vraie vie. Ses amis au moins, elle les connaissait. Les autres gens autour d’elle qui l’appelait « ma petite chérie », « mon cœur », lui paraissait étranges. Ils lui apparaissaient flou, dénués de sens et d’intérêt.

C’est pourquoi, un jour, après avoir était mené de force à table, elle décida la nuit tombée de partir, de s’enfuir, là-bas, dans l’immense et dense forêt. Là au moins, elle y serait tranquille. La forêt, cette idylle tant espéré lui permettrait de voir tout ses amis et d’en rencontrer plein d’autres. Alors, elle s’enfuit dans la forêt.

Mais elle manquait terriblement à ses parents. Ils la cherchaient partout et sans relâche, épiaient chaque recoin de chaque lieu, criaient son nom, dépensaient toutes leurs économies dans des charlatans qui n’avait que faire de leur perte. Ils pleuraient sans cesse, sans jamais s’arrêter. Tout ce qu’ils voulaient, c’étaient retrouver leur petite fille adorée.

Et puis, un jour, dans une nuit terrible et opaque, ou toute lumière mourrait, les loups hurlèrent et un cri strident déchira la nuit et les cœurs. Ensuite, plus rien. C’était fini. Un silence éternel remplaça ce cri de mort.

Ania ne revint jamais.

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