La troupe au complet

Par Bleiz
Notes de l’auteur : Bonne lecture !

Je tournais ma cuillère dans ma tasse avec bien plus de concentration que nécessaire. Je crois que même avec ma formule, je n’aurais pas pu prédire cette rencontre. Il semblerait que le Destin soit vraiment de mon côté !

J’observais le jeune homme à la dérobée. Malgré son apparence impressionnante, bardé de piques et de clous qu’il était, ses yeux baissés et ses mouvements maîtrisés dans tout ce qu’il faisait, reflétaient une sorte de calme intérieur qui me rassurait. Un physique effrayant de sorcier métalleux et la personnalité du hippie pacifiste : cela paraissait presque trop beau. Sans doute, il devait y avoir un défaut caché, un piège tendu, comme avec les autres. Le Héros parfait qui toque à ma porte pour présenter sa candidature ; un scénario pareil n’arrive jamais dans la vraie vie, seulement dans les contes ! Et encore, vu les tendances dépressives de certains et le plaisir qu’ils ressentent à faire pleurer leurs lecteurs… Même là, les heureuses collisions dues aux complots des Parques deviennent improbables. Non, décidément, plus j’y réfléchissais et plus cet inconnu me paraissait suspect… Hélas, avais-je le choix ? Les candidats au poste d’Assassin se font rares, pour ne pas dire inexistants. L’ennui me taraudait un peu plus chaque jour. Il me fallait prendre ce risque. J’avalais donc une gorgée de chocolat avant de me lancer comme un trapéziste sans filet :

—Vous ne m’avez pas dit votre nom…

—Élias, s’empressa-t-il de répondre, et vous pouvez me tutoyer. 

Je plissais le nez et reposais ma tasse dans un doux cliquetis de porcelaine.

—Dans ce cas, tutoies-moi aussi. 

Il détourna le regard, frottant entre ses doigts une tête de démon à la gueule béante qui pendait à son oreille :

—C’est que, vous êtes la Pythie. Comment pourrais-je…

—Oui, je vois, le coupais-je en me retenant de lever les yeux au ciel.

Certes, cette affaire de « lire l’avenir et protéger la populace » avait ses avantages, mais je devais parler à Charlotte de ma réputation. Je voulais qu’on puisse au moins me regarder dans les yeux quand on s’adressait à moi, enfin ! Je refuse de croire que je puisse effrayer les gens. C’est pas mon mètre 41 qui faisait fuir les foules. Non, nous allions devoir travailler sur la comm’ pour arranger ça ! Je repoussais ces considérations pratiques pour mieux me concentrer sur le dénommé Élias.

—J’aimerais savoir ce qui t’a guidé jusqu’à moi.

—C’est simple : j’ai été appelé. 

Oulà. S’il entendait des voix lui aussi, on était mal barrés. À moins qu’il n’essaye de m’entourlouper ? Mais non : mon instinct continuait à m’affirmer qu’il était digne de confiance. Bien sot de ma part, peut-être, néanmoins je me trompe rarement sur les gens. Sauf les Héros, certes, mais ils semblent taillés pour la tâche malgré tout, donc je n’avais pas si tort que ça ! Je frottais mon front du revers de la main : je me sentais mieux qu’avant, toutefois j’avais l’impression que ma température était trop élevée… Peu importe, cela pouvait patienter. J’attendis donc la suite des explications qui ne tarda pas à venir :

—Pendant longtemps, j’ai été seul. J’ai perdu mes parents très jeune… 

Un orphelin ! C’était bon, ça. Les passés tragiques pour arracher des larmes aux petits comme aux grands, ça ne ratait jamais. Regardez le nombre de personnages de romans sans famille ! Innombrables.

— …et bien que je me force à rester positif, cela fait plusieurs années que je me bats contre mes démons intérieurs. Je ne suis jamais parvenu à tisser des liens forts avec des gens autour de moi… 

Évidemment, un solitaire ténébreux ! Parfait pour l’Assassin !

—Si bien que, quelques mois plus tôt, j’ai tenté de me suicider. 

J’avalais mon chocolat de travers. Pause, stop. Je ne m’y attendais pas, à celle-là. J’aurais dû, sans doute. Entre l’enfance tragique et la dose de fard à paupières, ce n’aurait pas dû m’étonner… Une sourde vague blanche me remonta le long du dos en réalisant ce à quoi il avait échappé. Je me forçais à me redresser. J’avais une idée d’où il voulait en venir et, pour une fois, je voulais avoir tort. Son regard croisa le mien et il s’illumina d’un sourire en poursuivant, l’air de rien :

—C’est à cette époque que j’ai entendu parler de vous. Une devineresse au XXIème siècle, jeune comme vous, partageant ses pouvoirs avec le reste du monde ! J’étais fasciné. 

J’esquissais un sourire grimaçant, me préparant pour ce que je savais venir :

—Je crois que j’ai lu tous les articles vous concernant, interviews comprises ! » rit-il. « En vous écoutant, j’ai compris que le Destin existait, que rien n’arrivait par hasard… Qu’il ne fallait jamais abandonner. 

Je plaide coupable sur celle-là. J’ai en effet sorti cette phrase mièvre, mais je n’ai aucun souvenir de quand. Que voulez-vous pour garder l’intérêt du public, il faut parfois sortir des banalités et des lieux communs. M’enfin, lecteurs, je n’avais jamais imaginé que ces sornettes mal rédigées sauveraient la vie de qui que ce soit ! Penchez-vous un instant sur la question et vous réaliserez à votre tour que ce genre de déclaration ont leur place sur des cartes postales avec des chiots dans des paniers de fleurs, pas gravés dans le cœur meurtri de pauvres adolescents gothiques ! 

Élias s’était tourné vers la fenêtre, l’air nostalgique, et pour cela, je lui en étais extrêmement reconnaissante : s’il avait vu ma tête , ç’aurait tout ruiné. 

—Et puis, un jour, vous avez annoncé la Quête. Ç’a été une révélation : j’étais vivant pour vous aider à accomplir votre prophétie. J’ai attendu longtemps. Vos Héros faisaient l’objet de rumeurs et de spéculations, annoncés les uns après les autres… Je perdais peu à peu espoir. Mais vous êtes ici, en face de moi ! Je savais que je ne m’étais pas trompé. 

Il me fixait, son enthousiasme teinté d’appréhension. Bon sang, oui, il fallait lui répondre. Que dire ?

—Le meilleur pour la fin, Élias. Je suis ravie de pouvoir te rencontrer en chair et en os.

—Vous m’aviez vu ? souffla-t-il, extatique.

—Bien sûr. Tous les cinq, côte à côte… des silhouettes tremblantes au début, mais de plus en plus solides à mesure que je me rapprochais de vous. 

Cette facilité que j’avais à débiter des bobards, incroyable. Molière qui ? Et ce cher Élias qui buvait mes paroles comme s’il s’agissait d’eau de Jouvence en bouteille. Ne me regardez pas avec cet air contrarié, descendez de vos grands chevaux ! Le garçon est suicidaire, je ne vais pas lui dire la vérité maintenant. Ce serait comme lui botter le train au bord d’un précipice, ça ne se fait pas. En plus, pour une fois que j’en avais un suffisamment motivé pour venir me trouver lui-même… Je fouillais la poche de ma veste et lui tendis un petit carnet et un stylo.

—Avec nos retrouvailles, nous allons bientôt pouvoir commencer la Quête. Écris ton nom et ton téléphone, je te contacterai le moment venu. 

Il s’exécuta aussitôt. Son innocente joie m’aurait presque fait me sentir coupable. Je chassais mes doutes en prenant sa main entre les miennes et lui promis :

—Nous allons faire de grandes choses, tous ensemble. Tu ne le regretteras pas. 

Boum ! Ça n’a pas manqué. 39°C de fièvre. Mes parents étaient furax. Voilà ma récompense pour tous mes durs efforts à patrouiller dans le froid parisien. Cela dit, je suis un peu rassurée : je ne suis pas encore totalement folle. J’ai bien cru perdre la tête pendant mes délires de ce matin ! Je ne suis pas faite pour les températures froides. Quel dommage, moi qui aime tant la neige… Il m’a fallu deux heures sous mon édredon et trois couvertures supplémentaires pour récupérer ma chaleur corporelle habituelle. Heureusement que je suis un génie : j’aurais été foutue si j’avais dû me créer un chemin dans la vie avec mes aptitudes physiques comme seul soutien.

J’entends ma mère rôder devant la porte. Si elle me voit avec mon téléphone, elle risque de m’achever. Je reprendrais la rédaction de ce journal de bord demain.

16 Janvier : Ma fièvre a considérablement baissé et je me sens beaucoup mieux. Hélas, avoir l’esprit clair signifie que mon cerveau entreprend à présent d’assimiler toutes les informations qu’il a reçu la veille… Et c’est pas la joie ! Oui, bien sûr que je suis enchantée d’avoir enfin mis la main sur mon dernier héros. Surtout qu’Élias correspond parfaitement au profil ! Quoique je n’ose plus trop m’avancer sur ce sujet, vu comment ont tourné les autres membres de la troupe… Je dressais rapidement une liste mentale des tâches à accomplir pour la journée. Ma priorité serait bien sûr de prévenir Charlotte que j’avais trouvé l’Assassin et le Voleur, puis de demander à Tristan quelques conseils pour préparer le lancement de la Quête. Une fois Charlotte informée, je me décidais donc à appeler Tristan. J’hésitais un peu avant de saisir mon téléphone. Mon pauvre gratte-papier préféré allait se transformer en confesseur, avec tous les secrets que lui confiais. Il décrocha rapidement :

—Allô ?

—Allô, Tristan ? Je crois que j’ai fait une bêtise…

—Encore ? s’exclama-t-il.

Je l’entendis attraper un crayon et jouer avec les boutons. Comment pouvait-il traiter à la légère mes inquiétudes ? Il était pourtant bien placé pour savoir que, si je jugeais la situation grave, c’est qu’il y avait vraiment un problème ! Je claquais la langue contre mon palais et repris en masquant à peine mon agacement :

—Non, sérieusement. Y a quelqu’un qui est tellement convaincu que je suis une vraie voyante qu’il s’est retenu de mourir.

—Miracle ! Ton mensonge aura enfin eu des conséquences positives !

—Oh, ça va, dis ! m’écriais-je en me laissant retomber sur mon matelas. Je poussais un soupir dramatique : Je fais quoi, moi ? Je suis responsable de lui, maintenant ! À chaque fois qu’il me regarde, tu verrais sa tronche, on dirait qu’il avait vu la Vierge ! Bon sang, si lui est comme ça, ça veut dire qu’il doit y en avoir d’autres ! Des gens qui attendent désespérément que je les appelle ! 

—Une armée de fanatiques sous tes ordres, ça fait effectivement froid dans le dos.

—Tristan, je ne plaisante pas ! grognais-je. Rends-toi utile, pour une fois !

Je réajustais mon gilet, tentant désespérément de me noyer dedans. Mettre en mots ce que j’avais réalisais hier rendait la situation beaucoup plus réelle. Il était impossible que je sois responsable d’un tas de gens ! Quoi, sous prétexte que je pouvais lire l’avenir, ma seule présence sauvait des vies et je devais les empêcher de faire le grand saut ? Et ceux que je n’avais pas contacté, les « oubliés », qu’est-ce qu’ils allaient faire ? Bon sang, si j’avais su, je n’aurais pas créé cette image de princesse parfaite !

—Ok, respire, Ingrid. Tu as raison, tu n’es pas responsable d’eux…

—J’ai dit ça à voix haute ? Je le savais, je deviens complètement timbrée. Je pensais finir au Panthéon et au lieu de ça, je finirais six pieds sous terre dans le jardin d’un hôpital psychiatrique ! Ma tombe sera poussiéreuse et recouverte de ronces car tout le monde m’aura oublié, sauf ceux qui croyaient en moi et seront tellement déçus qu’ils viendront une fois par an pour cracher sur ma stèle ! hurlais-je.

Cette fois, j’étais au bord des larmes. C’était trop injuste ! Tristan, fidèle au poste, essayait de me calmer :

—Wouah ! Détends-toi, ça va aller ! Vois le bon côté des choses : des gens sont encore en vie grâce à toi. Et puis, si tu as peur de la responsabilité morale que la célébrité implique, je pense pouvoir te trouver un ou deux articles qui… 

—Pourquoi tu peux pas te comporter comme un pote normal ? Arrête de m’enfoncer tes papiers au fond de la gorge et dis-moi juste que je n’ai rien fait de mal, que tout va bien se passer ! m’écriais-je en sautant de ma chaise. C’est une tragédie, Tristan ! Je suis un monstre ! 

—OK, OK, respire, détends-toi !

—Mais ne me dis pas de me détendre, c’est pire que tout !

—Ça suffit, Ingrid ! 

Mon ami s’éclaircit la gorge et dit, un peu trop fort :

—Qu’on soit bien d’accord avant toute chose : je t’avais prévenu que ton mensonge du siècle était une mauvaise idée. Cela dit, fit-il en élevant la voix pour couvrir mes protestations indignées, ton plan a eu de bonnes conséquences. Des gens sont en vie grâce à toi, apparemment. Tu ne leur dois rien ! S’ils ont tiré de la force en écoutant tes bobards, on va pas s’en plaindre. Après, si tu continues à te faire du souci…

—Oui ! m’exclamais-je.

Je me sentais mieux. Son discours -ou son sermon, plutôt- m’avait quelque peu remise sur pieds. Cela dit, s’il pouvait me donner une solution concrète pour magiquement soulager ma conscience au lieu d’y réfléchir par moi-même, je lui serais encore plus reconnaissante. 

—Fais de bonnes actions ! 

J’aurais dû savoir que ce nigaud n’allait pas me pourvoir en idées digne de ce nom. Je grommelais :

—Si je voulais des conseils à deux balles, j’aurais demandé à mon frère. T’es pas censé être un génie, toi aussi ?

—Écoute, il y a plein de façons d’aider les gens. 

Comme si c’était la chose qui m’intéressait ! Cependant, je le laissais poursuivre. 

—Par exemple… prévoir des catastrophes naturelles ?

—J’ai la tronche de Miss Météo ?! J’y réfléchis toutefois un instant et concédait : Ouais, ça doit pouvoir se faire…

—Voilà ! 

Ce petit triomphant me tapait sur les nerfs. 

—Donne tes prédictions aux gens, travaille pour le bien public !

—Gratuitement ? m’étranglais-je. J’ai un train de vie à maintenir et une Quête à financer, tu sais ! Et si ça t’aurait échappé, la divination n’est pas un art facile. Pas avec ma méthode, en tout cas ! Ça pousse pas sur les arbres, ça prend du temps !

—Arrête ton char, tu m’as dit que tu dépensais presque rien. Je suis sûr que tu aimes t’asseoir sur ton tas d’or comme un dragon grincheux, hélas, c’est pas ça qui te fera te sentir mieux. 

Je me frottais le visage avec lassitude. Bon sang, qu’est-ce que je détestais quand il avait raison ! Je pris une feuille et un crayon et demandais :

—D’autres suggestions ?

—Hmm, laisse-moi voir… Tu pourrais demander à tes héros de faire du bénévolat. Ou à tes fans, depuis ta plateforme. Oh, tu pourrais menacer de grosses compagnies de terribles dangers s’ils ne font pas d’énormes dons à des associations de charité…

—Quid de la morale ? relevais-je en levant un sourcil.

—C’est pas quelque chose de mauvais ! On serait comme… Robin des bois !

—Ouais, il a bon dos, Robin… marmonnais-je en continuant de gratter sur ma page. Allez, donne-moi tes idées ! »

Une heure plus tard, j’avais une feuille humide d’encre et le cœur léger. Si avec ça, je n’arrivais pas à me racheter une conduite !

—Ravie d’avoir pu t’aider, Pythie…

—Ah, t’en vas pas tout de suite. Il faut d’abord qu’on se mette d’accord sur une date. Maintenant que tous les héros sont là,  il va falloir peaufiner les détails du départ de la Quête. On avait bien bossé sur les étapes mais complètement oublié le début.

—Tu pourrais pas te débrouiller ? maugréa Tristan.

Loin de me laisser abattre par son manque d’enthousiasme, j’insistais en frappant mes couvertures des pieds :

—C’est crucial que Charlotte et toi soyez là ! Il s’agit de l’inauguration de mon plan en action, le couper de ruban !

—Tu l’appelles Charlotte maintenant ?

—Allez, je sais que tu veux venir, affirmais-je. Je préparerais des biscuits si tu veux… je te rendrai le livre que je t’ai emprunté !

—Après l’avoir lu et être prête à me donner tes impressions, j’imagine ? dit-il avec lenteur.

—Oui, oui, ça marche.

—Ah, si tu me prends par les sentiments ! 

J’ignorais tant bien que mal ses ricanements et finalement, nous parvînmes à trouver une date : dans une semaine, jour pour jour ! Pile ce dont j’avais besoin pour organiser mes surprises…

18 Février : J’avais oublié que ‘avais du travail. Navrée, lecteurs, mais je vais devoir vous abandonner ces prochains jours. Ma Quête a besoin de moi ! Et mes contrats refusent de se faire abandonner. Donc bon.

23 Février : Il est fort dommage qu’on ne puisse choisir que ses amis et pas sa famille. Car mon frère est un monstre et un tyran, et si l’on prenait mon opinion au sérieux dans cette maison, il serait déjà au pilori !

La raison de mon courroux est fort simple : le seul jour où j’invite des amis pour discuter de mon plan machiavélique pour manipuler les masses, il faut qu’il ramène ses amis du club de basketball ! Vous y croyez, vous ? Je suis déçue par cette attitude qui, néanmoins, ne me surprend pas. Cette raclure ! Je suis allée me plaindre à maman, mais elle n’a rien voulu entendre. Apparemment, être prophétesse ne veut pas dire que mon frère doit m’obéir à mes moindres désirs. « Il a le droit de s’amuser, comme toi, » qu’elle m’a dit ! On n’est jamais mieux trahi que par les siens, de toute façon.

Seul mon père a montré un peu de bonté à l’égard de ma pauvre personne. Je pointais un endroit sur une carte de l’Europe en discutant avec Charlotte et Tristan s’il fallait mieux en faire la deuxième ou troisième étape, quand il a toqué à ma porte et s’est glissé dans l’entrebâillement, plateau de biscuits et jus d’orange à la main. Si les anges daignaient prendre l’apparence d’un homme myope à moitié chauve avec un goût affreux en matière de cardigans, je jurerais que mon père en est un. Il a même poussé la courtoisie jusqu’à poser des questions sur le déroulement de notre séance !

—Pas trop mal, M. Karlsen, lui a répondu Charlotte en mastiquant un cookie. On s’est mis d’accord pour les deux premières étapes et les missions. D’abord, les Héros iront à Marseille, pour se battre, faire de bonnes actions etc, puis ils iront à Granada, en Espagne ! Les missions devraient y être à peu près pareilles. Mais faut que ça reste excitant pour le public !

—Le seul problème, c’est la fin, soupirais-je. Je n’ai aucune idée sur la manière de conclure la Quête ! Il faudrait que les héros mettent la main sur quelque chose de concret, un peu symbolique… mais où dénicher ça ? 

Tristan me jeta un coup d’œil désabusé par-dessus son verre de jus.

—Tu pourrais t’inspirer de la prophétie que j’ai écrite pour toi. Tu m’as tellement cassé les pieds avec ça !

—Oui, oui, je vais y réfléchir. 

Mon père balaya le gigantesque panneau de liège du regard, toujours aussi lourd de papiers et de fils, avant de suggérer :

—Pourquoi pas dans les montagnes ? Comme les Pyrénées ou les Alpes ?

—J’ai toujours été plus mer que montagne… commençais-je, mais Tristan, ce rustre, m’interrompit.

—Je ne comprends pas l’intérêt d’aller se perdre dans les Alpes pour la Quête.

—C’est vaste, expliqua mon père en redressant ses lunettes. On peut facilement y cacher des choses, surtout si on grimpe suffisamment haut. Et puis, je trouve ça héroïque, de jeunes aventuriers bravant une tempête de neige pour accomplir leur destin.

—Excellente idée, papa ! m’exclamais-je en tapant des mains. Est-ce que tu as un euro sur toi ? 

Il sortit une pièce de la poche de son pantalon. Je le pris et annonçais :

—Si c’est pile, ce sera les Pyrénées. Si c’est face, les Alpes ! Ça vous va ? 

Charlotte hocha vivement la tête, la bouche trop pleine pour parler, tandis que Tristan déclara que pour une voyante, c’était franchement ironique de s’en remettre ainsi au sort, mais il accepta à son tour. D’un coup de pouce, j’envoyais le sou voler dans les airs. Il retomba au sol, tournoya sur lui-même quelques secondes avant de finalement s’immobiliser. Nous nous penchâmes tous les quatre au-dessus. 

—Je suis incapable de dire quel côté appartient à pile ou face, avouais-je.

—C’est tombé sur pile… glissa Tristan.

—Les Pyrénées, dans ce cas ! s’écria Charlotte en brandissant son verre de jus d’orange.

Mon père se leva, nous laissant trinquer au futur succès de notre Quête, non sans nous avoir souhaité bonne chance. Enfin, tout était prêt. Ah, lecteurs, j’ai hâte de voir ce qui nous attend !

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Edouard PArle
Posté le 13/11/2022
Coucou !
Comme le dit le titre, la troupe est au complet et la quête peut commencer ! Ingrid commence à ressentir les effets de la pression et découvre quelles conséquences peuvent avoir la célébrité (même si c'est plutôt une positive dans ce chapitre).
Le père d'Ingrid est un personnage que je trouve vraiment attachant. Le passage sur ses cardigans était amusant. J'ai l'impression que c'est le personnage dont Ingrid est le plus proche alors qu'il ne participe pas du tout à la quête.
L'idée de partir en montagne est intéressante. Je suis curieux de voir ce qu'ils vont y faire. En tout cas, tu pourras décrire de beaux paysages xD
Une petite remarque :
"Mettre en mots ce que j’avais réalisais" -> réalisé
Un plaisir,
A bientôt !
Bleiz
Posté le 19/11/2022
Coucou,
Merci pour ton commentaire ! Oui, la relation entre Ingrid et son père est un élément de l'histoire sur lequel j'aime bien revenir. Il faut dire qu'ils se ressemblent beaucoup. Quant à la montagne, les chapitres concernant ce passage ne devraient pas tarder à sortir, donc tu pourras bientôt en juger toi-même x)

À bientôt ! :)
Vous lisez