La Rose de minuit

Oh, enfin, je te tiens, ma rose de minuit

Mon bien bizarre amant, aux pétales graciles

La corolle indolente et la tige docile

La peau pleine d'odeurs, de misc, de houx, de buis

Je prends ce que je veux, je trompe mon ennui

Je t'admire, ce soir, sous ton plus beau profil

Qu'il ne m'en veuille pas, ce fieffé imbécile

Je t'emprunte à Charon, juste pour une nuit

Ta sève s'est tarie, mais qu'à cela je tienne

Je te garde pour moi avant que le jour vienne

Il faut en profiter, avant que tu ne flanches

Je te prends tout entier, perdue dans tes délices

De ton silence noir et tes phalanges blanches

À ta branche tendue par la rigor mortis

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez