La Passion d'Armazda

Notes de l’auteur : Salut et bienvenue dans cette histoire qui mélange les genres et qui j'espère saura vous surprendre par son aspect... atypique disons. Je précise que mon intention n'est aucunement de heurter une certaine communauté, il s'agit d'une fiction. Bonne lecture !

Kaeria, le monde des dragons, était une terre vaste et luxuriante, aux reliefs torturés, percés d’innombrables cavernes, offrant aux créatures ailées autant de refuges de pierre. Les vallées foisonnantes de vie et de proies faciles ne leur avaient jamais fait connaître la famine. Culminant au sommet d’une chaîne alimentaire maîtrisée, ils ne craignaient qu'une seule chose : l'ennui. C'est pourquoi, depuis des millénaires, les dragons se jetaient dans leurs deux passe-temps favoris : les querelles de clans, et l'étude approfondie des arcanes et des arts magiques, transformant certains d’entre eux en redoutables mages-guerriers. Chaque clan avait sa spécialité : changer de forme à loisir, donner vie à des créatures de pierre et de métal, manipuler matière et énergie et, surtout, créer des portails dimensionnels vers d'autres mondes.

Et de tous les mondes, celui des humains était de loin… le plus ludique. L’histoire de ces petites créatures sociales avait bénéficié, ou souffert – c’était selon – du joug draconique.

Mais les choses allaient bientôt changer…

 

Le Roi-dragon Armazda méditait dans sa grotte. Depuis peu, Ses sujets redoublaient d’arrogance et d’insolence, ignorant ses recommandations consistant à ne plus se frotter au monde des Hommes. Les incursions et les ouvertures de portails entre Kaeria et la Terre allaient toujours bon train, les dragons peinant à se sevrer de l’activité millénaire : malmener ces petites créatures, leur jouer des tours, brûler leurs villages, ou se faire passer pour l’un d’entre eux en jouant les pères bienfaiteurs… De grandes sources de satisfaction.

Pourtant cela devait cesser.

Car Armazda craignait pour l’avenir des dragons. Les Hommes prenaient de l'assurance, développaient des technologies guerrières et des stratégies de groupe qui s’avéraient plus efficaces de jour en jour. Cela avait commencé avec le dragon Kezalcoat, un de ses plus puissants sujets, ayant succombé dans l'empire Nazca suite à une embuscade. Puis Jujun, un dragon intelligent s’étant pris d'affection pour Confucius, avait péri sous les tirs de flèches des combattants Han en Chine. Les Celtes, les Germains, ou encore les Scandinaves n'étaient pas en reste et prenaient dorénavant leur revanche.

Armazda, ayant convoqué le Mage Suprême Baalshamen, le vit enfin se présenter dans la grotte royale en toute hâte. Le vieux dragon replia ses ailes et riva sur son souverain des yeux jaunes marqués par ses siècles d'existence. Il agita ses cornes ornées de centaines de runes, et anima les parois de la caverne de reflets jetés par ses écailles luisantes comme de l'obsidienne. Il était l'opposé chromatique du Roi-dragon, ce dernier étant connu pour sa cuirasse blanche immaculée. Baalshamen lâcha, obséquieux :

— Vous m'avez demandé, Seigneur ?

— J'ai besoin de toi.

— En quoi puis-je vous servir ?

— Les tiens ignorent volontairement mes conseils. Ils persistent à ouvrir des portails vers la Terre.

Baalshamen, agacé, souffla un jet de vapeur brûlante de ses narines :

— Vous devez comprendre que mon clan est harcelé par les autres dragons pour bénéficier de nos compétences. S'ils ne peuvent se rendre sur Terre, ils nous menacent, ou déversent leur frustration dans des combats sanglants. Vous savez que les guerres de clans s’intensifient…

— Peu m’importent ces querelles sans grave conséquence ! Sur Kaeria nous sommes à l’abri de la mort, ce n’est pas le cas sur Terre ! tempêta Armazda.

Il se redressa sur ses pattes postérieures et toisa le Mage Suprême :

— Les nôtres meurent dorénavant par centaines et je ne le tolère plus. Baalshamen, tu vas ouvrir, ici même, un dernier portail vers les Humains. Je vais m'y rendre personnellement pour faire ce qui doit être accompli.

— Mais, vous ne pouvez pas nous priver de…

— C'est un ordre ! coupa Armazda.

Le dragon noir défia son Seigneur du regard, mais l’abaissa vite, glacé par les iris bleus tranchés de pupilles droites menaçantes. Impatient, Armazda libéra de sa gueule entrouverte un sifflement incandescent, et claqua de ses dents pointues aiguisées comme des rasoirs. Baalshamen capitula devant le légendaire charisme royal.

Résigné, il tendit une patte aux griffes gravées de symboles et la fit danser dans la pénombre de la caverne, bientôt percée de petites étoiles lascives. Les lumières s'agglutinèrent en un cercle iridescent qui tournoya bientôt sur lui-même, accélérant jusqu’à éventrer l’espace vers d’insondables ténèbres. Le portail trouva sa destination : un paysage chaud et sec se dessina dans le néant.

— Je m'attendais à un décor différent, grommela Armazda.

— Vous connaissez l’imprécision des portails, Seigneur.

— Peu importe, maintenant laisse-moi.

— Je vous implore de ne pas partager votre sang ! Vous voulez condamner l’accès à la Terre !

Le Roi-dragon le fusilla du regard. Dépité, Baalshamen gagna la corniche, déploya ses ailes et s'élança dans les cieux. Il n’avait pas l’intention de s’avouer vaincu…

Enfin seul, Armazda détailla la destination du cercle dimensionnel. Un brûlant ciel bleu entourait d’arides collines aux nuances de grès. Au loin, des habitations sommaires abritaient quelques humains vêtus de tuniques de laine.

Bien qu’incompétent en portails, le Roi-dragon s’enorgueillissait d’autres pouvoirs : métamorphose, psychisme, enchantements et transmutation. Yeux clos, il se concentra, sentant son corps rapetisser d’un tiers de sa forme draconique. Ailes blanches et queue se résorbèrent dans sa masse qui se couvrit d’une peau d'albâtre. Ses cornes se fondirent en une longue crinière argentée. De longs doigts fins remplacèrent ses pattes griffues.

Il se vêtit d'une peau de bête, vestige de son dernier repas, puis s'engouffra dans l’inconnu. Le froid humide de sa grotte laissa place à la canicule, ses pieds nus souffrant en se posant sur la brûlante poussière d'un plateau rocheux. D'un geste, il verrouilla et dissimula le cercle dimensionnel, puis se dirigea en contrebas, vers un chemin menant à un village.

Armazda se fit dévisager par une humanité hétéroclite qu’il n’avait jamais rencontrée auparavant : riches bourgeois, hères défroqués, bergers, femmes portant des jarres, et enfants jouant aux guerriers avec des bâtons. Mais il croisa bientôt deux soldats dont il avait déjà aperçu l’attirail familier en Gaule.

Des Romains.

Il fit usage de ses pouvoirs psychiques pour comprendre le latin et donner l'illusion aux légionnaires qu’il s’exprimait de même :

— Pardonnez-moi, hommes. Je suis un voyageur égaré. Pouvez-vous me renseigner sur le nom de cette terre ?

Les militaires le détaillèrent, incrédules, puis éclatèrent de rire :

— Par tous les dieux, d'où viens-tu, ainsi vêtu ? Et qui t'a enseigné notre langue ?

— On m’a tout volé, m’obligeant à revêtir une peau de bête. J’ai appris le latin en Gaule.

— Tu ressembles davantage à un Grec albinos qu’à un Gaulois ! Tu es dans la province Romaine de Judée, en Galilée. Trouve-toi de quoi t'habiller convenablement, sinon, en ville, tu vas te faire lapider !

Les deux militaires s’éloignèrent en s'esclaffant. Armazda les ignora, concentré sur sa quête, et poursuivit sa route en faisant fi des regards en coin empreints de pitié ou de répulsion. Il devait passer pour un mendiant puant la charogne. Parfait.

— Tout va bien, étranger ? retentit une voix dans le dialecte local.

Il se tourna vers un jeune homme de belle allure, vêtu d'une tunique de laine rayée de brun et de blanc. De longs cheveux noirs cascadaient sur ses épaules, encadrant un fin visage allongé orné d'une barbe naissante. Armazda réitéra le subterfuge magique pour entamer la conversation :

— Je me suis fait dépouiller. J’ai besoin de vêtements.

— Vous n’êtes pas un mendiant ? D'où venez-vous ?

— De très loin. Même le nom de mon pays ne vous évoquera rien.

D’abord surpris, l’homme afficha ensuite un bienveillant sourire :

— Peu importe. Voulez-vous m'accompagner chez moi ? Je vous offrirai une tunique et vous partagerez mon repas.

Armazda acquiesça, satisfait. Il avait trouvé le genre d'humain qu'il cherchait.

Quelques mètres plus loin, l’homme invita l’avatar du Roi-dragon à pénétrer dans une petite cour jonchée de bois, d'outils, et de meubles inachevés apposés contre le muret.

— Pardonnez le désordre, je suis menuisier, le seul de Nazareth, donc j'ai beaucoup de travail et peu de temps, ni d’envie, pour ranger.

— Pas de mal, vous êtes déjà fort aimable de m'accueillir.

— Je gagne bien ma vie, j’aide souvent plus malheureux que moi.

Son hôte était vraiment la personne idéale pour ses projets. Ils entrèrent dans la petite demeure où le menuisier lui apporta une tunique puis, une fois Armazda changé, il le pria de s'asseoir sur des coussins autour d'une table basse. Un doux fumet s’échappait d’un chaudron. Armazda accueillit avec bonheur le bol de soupe servi, où flottaient quelques morceaux appétissants de mouton. L’homme remplit son propre bol puis prit place en face. Rompant une petite miche de pain, il tendit une moitié à son invité :

— Mangez, mon ami.

— Merci beaucoup. Quel est votre nom ?

— Yehoshua. Et le vôtre ?

— Je n'ai pas de nom qui soit prononçable dans votre langue.

— Nous voilà bien avancés. Vous ne voulez me dire ni votre nom, ni votre pays d'origine. Allez-vous au moins me révéler votre activité ?

Armazda mâchouilla sa viande, déglutit, puis, pénétrant le regard de son interlocuteur, il lâcha :

— Je suis un mage, et je cherche un homme à qui transmettre une partie de mon pouvoir.

Yehoshua écarquilla les yeux et se figea, alors qu’il s'apprêtait à enfourner un morceau dégoulinant de soupe dans sa bouche. Reprenant ses esprits, il le jeta entre ses mâchoires et le mastiqua pensivement. La bouche pleine, il confia :

— J'ai accueilli bon nombre de personnes chez moi… et il est vrai que la solitude et le dépouillement peuvent en conduire certaines à développer des formes… d'originalité. Mais je n'avais encore jamais entendu une histoire pareille.

— Je vous pardonne votre scepticisme. Je vais vous faire une petite démonstration.

Armazda recouvrit de ses mains sa demi-miche de pain. Yeux clos, il se concentra. Quand il ramena enfin les bras, la miche était redevenue complète. Terrorisé, Yehoshua bondit de son coussin et dévisagea son invité, qui le rassura :

— Asseyez-vous, n'ayez pas peur. Je n'ai fait que créer du pain, je n'ai pas réveillé un mort.

Incrédule, le Galiléen détaillait alternativement la miche entière et sa propre demi-miche. Il plongea ses yeux dans ceux de l'étrange homme aux cheveux argentés et s'efforça de balbutier les mots qui s'entrechoquaient dans sa bouche :

— Vous êtes… réellement un mage ! Avez-vous vraiment le pouvoir… de réveiller les morts ?

— Si le décès est très récent, oui. Et je peux guérir la plupart des maux humains.

— Vous… n'êtes donc pas humain ?

— Je me suis mal exprimé…

— Vous êtes Dieu ! C'est ça ? Pauvre de moi ! Vous êtes venu me chercher, en vérité ! Je vais mourir !

— Ne soyez pas stupide. Je suis venu vous proposer de partager mon pouvoir. L’acceptez-vous ?

— Pour tout l'or du monde, non !

Armazda afficha un immense sourire :

— Alors vous êtes bien la personne que je cherchais. Apportez-moi un récipient vide.

Le menuisier s'exécuta à contrecœur, posant sur la table une coupe de céramique. L’avatar du Roi-dragon tendit un bras et retroussa la manche, puis effleura de l’index son poignet dénudé. Le Galiléen pâlit en voyant une plaie rectiligne se dessiner sous le trajet du doigt. Le sang coula dans la coupe. Quand elle fut remplie, Armazda repassa l'index en sens inverse pour refermer la blessure :

— Buvez !

— Qu… quoi ? Pas question ! protesta le menuisier.

— Ceci est mon sang, mais c'est aussi la source de mon pouvoir. Vous qui êtes si généreux, empreint d'empathie et de bonté, qui accueillez chez vous, sans hésiter, un parfait inconnu pour lui fournir le couvert et des vêtements, votre aura ne peut que s’étendre parmi les vôtres. En buvant mon sang, mon pouvoir va vous aider dans votre noble entreprise. Votre refus du don a prouvé votre intégrité, maintenant buvez !

Devant l’hésitation du Galiléen, Armazda poursuivit :

— Écoutez, si vous apportez votre aide et votre soutien aux plus nécessiteux, c'est que l'autorité locale faillit à ses devoirs. N'est-ce pas ?

Yehoshua réfléchit quelques instants, bouleversé par la tournure des événements. Finalement, il approuva l’étranger :

— Vous avez raison. La caste religieuse de mon pays s'enrichit sur le dos de ses habitants, prêchant des règles qu'elle trahit. Sans parler de Ponce Pilate et de ses Romains qui s’approprient le reste. Les plus démunis sont ignorés...

— Alors buvez, vous n'avez pas d'autre choix si vous voulez changer le cours de l’histoire. Sinon il empirera, soyez-en sûr.

Le menuisier fixa l'homme, dont la peau laiteuse intensifiait le bleu sans âge de ses yeux. Malgré son étrange aspect, la force qui en émanait lui inspirait confiance. Décidé, il se saisit de la coupe et la vida d'un trait en grimaçant. Essuyant le sang de ses lèvres, il jeta :

— Et maintenant ?

— C'est à moi de boire le vôtre. Rassurez-vous, l'opération n'est pas douloureuse.

Armazda exécuta le même rituel sur son hôte réticent et bu avidement à la coupe. Puis il s'approcha du Galiléen, enserra ses mains calleuses et ferma les yeux.

— Dorénavant, Yehoshua de Nazareth, vous êtes lié à moi et votre monde au mien. Mon pouvoir coulera dans vos veines et celles de vos héritiers et disciples, établissant un rempart aussi solide qu'immuable contre mes semblables animés de mauvaises intentions. Et ce, aussi longtemps que votre esprit vivra dans le cœur de vos semblables.

Dérouté, Yehoshua fut envahi d’un intense frisson, une étrange force colonisant sa chair. Dubitatif, il avoua :

— Mais je ne suis qu'un menuisier, je n'ai pas l'âme d'un meneur d'hommes.

— Le temps se chargera de vous inculquer tout ce dont vous aurez besoin. Retirez-vous d’abord dans un endroit calme et désert pour étrenner vos nouveaux pouvoirs : contrôler et modifier la matière et les éléments, vous rendre plus fort et plus résistant, lire dans le cœur des Hommes et entrevoir l'avenir, guérir les maladies et soigner les blessés…

Armazda désigna la coupe :

— À ce titre, conservez très précieusement cette coupe qui a recueilli notre sang, car quiconque y posera les lèvres pourra développer une partie de nos pouvoirs, guérir, et accroître sa longévité.

— Vous êtes Dieu, n'est-ce pas ? souffla Yehoshua.

— Le Divin est partout, mais surtout où on sait le voir. En vous aussi, peut-être...

Armazda lâcha les mains du menuisier et désigna les restes de pain sur la table :

— Essayez donc votre pouvoir.

Le Galiléen tendit les mains au-dessus des morceaux épars :

— Comment dois-je procéder ?

— Visualisez simplement ce que vous souhaitez réaliser.

Il imagina alors chaque débris de pain grossir et reformer une boule, sentant un courant piquant traverser son corps, et, abasourdi, vit ses cibles s'envelopper d'une croûte et gonfler, comme des champignons. Devant la table maintenant garnie d'une dizaine de miches identiques à l'originale, il s’exclama :

— C'est fantastique ! Je peux nourrir à volonté les nécessiteux ! Éradiquer la famine !

— D'autres auraient pensé à en faire un commerce très lucratif, non ?

— Mais ce ne serait pas juste.

— Yehoshua, vous êtes vraiment l’élu ! Vous savez, la cupidité et la soif de puissance pourraient bien conduire un humain doté de nos pouvoirs à s'élever bien au-dessus des autres, les asservir, créer un empire ! Et pourtant, croyez-moi, les empires tombent comme les hommes. Mais les idées nobles, les valeurs justes, sont éternelles… Maintenant, il est temps pour moi de partir.

— Non, je vous en prie, restez ! s’inquiéta le menuisier.

— Je dois me retirer, cependant j'interviendrai une dernière fois pour vous, très bientôt. Accompagnez-moi, discutons encore un peu.

 

L'effroyable chaleur post-méridienne qui enveloppait Nazareth de lassitude les saisit. Dans la rue, la population sombrait dans la somnolence, à l'ombre des murs de pierre ou des acacias.

— Où va-t-on ? Est-ce loin ? demanda le Galiléen.

— En haut de cette colline.

Armazda désigna le plateau rocailleux qui surplombait le chemin, un peu plus au Nord.

— Écoutez bien, Yehoshua. Vos pouvoirs vont vous rendre célèbre parmi vos semblables. Une foule de gens se ralliera à votre cause. Vous le devinez, cela attisera la jalousie et l’inquiétude des puissants et vous créera des problèmes. Ils voudront vous éliminer. Leurs luttes intestines cesseront le temps d’une alliance contre vous. S'il vous arrive malheur, je reviendrai vous sauver après la tempête.

— Je ne sais pas si je dois me réjouir de tout cela.

Arrivé au sommet du plateau, Armazda donna une bienveillante accolade au menuisier, puis, d'un geste, il fit réapparaître le portail donnant sur Kaeria, faisant sursauter le Galiléen. Incrédule, ce dernier fixait, les yeux ronds, l’intérieur du vortex lumineux qui laissait deviner, comme à travers une fine pellicule d'eau, une immense grotte aux couleurs fantastiques.

— Au revoir, qui que vous soyez, bredouilla Yehoshua.

Passant brusquement au tutoiement, Armazda répondit :

— Tu peux me considérer comme… ton père spirituel. Car je t’ai donné… une nouvelle vie.

— Alors au revoir, père.

Le Roi-dragon traversa le portail, le froid tenace de sa grotte le piquant aussitôt. Il s'était habitué à la chaleur de Judée et ne supporta pas longtemps la morsure glaciale. Sans tarder, il se métamorphosa. Retirant sa tunique pour laisser ses ailes immaculées reprendre leur place, il gonfla jusqu'à atteindre sa taille draconique, tandis que sa peau d'albâtre se couvrait d'écailles blanches et luisantes. Le Galiléen, assistant au spectacle à travers le voile, ne put que s'émerveiller devant l'éclatante beauté de la créature, vue de dos, dont les ailes se déployèrent en une allégorie de force et de puissance.

Un ange… pensa-t-il.

Armazda avait réussi. Tant que son sang enchanté coulerait dans les veines de Yehoshua et de ses descendants, tant que des hommes boiraient à la coupe et la transmettraient, d’autres incursions draconiques seraient impossibles sur Terre.

Le vortex lumineux se referma…

Le verrou dimensionnel était en place…

 

À moins que…

Indigné, l’avatar du dragon noir Baalshamen observait discrètement le Galiléen depuis la colline voisine.

Il ne pouvait pas toucher, directement, au sang de son Seigneur…

Mais il y avait d’autres solutions…

 

FIN

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
MbuTseTsefly
Posté le 21/10/2020
Sympa, Kévin, on retournerait volontiers à l'école du dimanche pour ce genre d'histoires. Dès le paysage planté j'ai pensé au Christ mais plutôt le dragon jusqu'à ce que tu mentionne le menuisier. Je ne pense pas que cette interprétation puisse beaucoup heurté mais oui, on sait jamais. Dans la première partie, j'aurais presque envie de voir un paysage plus vaste... astral... juste pour donner une idée de la taille des dragons et les sortir d'une image un peu trop terrestre. Le dragon noir à un nom qui rappelle Baal mais Armazda? Comment as-tu trouvé ce nom, est-ce qu'il vient lui aussi d'une référence?
Kevin GALLOT
Posté le 21/10/2020
Salut MbuTseTsefly ! Merci pour ta lecture et tes commentaires ! Oui la description du monde des dragons a dû être raccourcie pour rentrer dans les clous de la longueur imposée :D. Concernant les noms, celui du dragon noir est dérivé de Baalshamin, un ancien dieu phénicien, dont a dérivé Baal, à l'origine un dieu solaire, bon, mais diabolisé par le christianisme naissant à Rome.
Et Armazda vient du dieu ahura mazda, le dieu de la sagesse de la civilisation Perse, contemporain au zoroastrisme dont il est issu. Voilà :D j'ai volontairement déniché des anciens dieux pour ajouter une touche de crédibilité à leurs influences antiques avant cette histoire.
A+ !
MbuTseTsefly
Posté le 21/10/2020
C'est une bonne idée, je connaissais Baal et ses origines mais pas Ahura mazda
Tac
Posté le 18/10/2020
Yo Kévin !
J'ai subodoré assez rapidement qu'on allait apercevoir un avatar de Jésus et j'ai passé la nouvelle à me demander si j'avais eu du flair, et j'ai guetté les clins d'oeil en me demandant s'ils resteraient des clins d'oeil ou non. Finalement j'ai trouvé que tu avais atteint un bel équilibre entre les clins d'oeil à la mythologie biblique et ta propre histoire de dragons. (mais je veux pas dire, mais Armazda me paraît bien optimiste quant au bon fond des humains...)
J'ai eu un peu de mal à la transition "explication générale" vers le cas particulier d'Armazda, j'ai trouvé le changement de narration un peu brusque. Mais de façon générale j'ai un peu de mal à adhérer à ce genre de début d'histoire, donc c'est très personnel.
Plein de bisous !
Kevin GALLOT
Posté le 19/10/2020
Salut Tac merci pour ton commentaire. Oui Armazda a cherché la perle rare et l'a trouvée, conscient de la corruptibilité de la grande majorité de l'humanité, ce dont va profiter BaalShamen.
Prudence
Posté le 17/10/2020
Bonjour !

J'ai apprécié la touche "biblique" (euh, ça se dit ?) de la nouvelle. Et les dragons, quelle bonne idée ! J'ai beaucoup aimé le personnage du roi et les échanges avec Baalshamen. Ils sont très sérieux et politiques... mais aussi humoristiques ! Aussi le décor orientale me plaît beaucoup et les idées sont originales.

Bonne continuation ^^
Kevin GALLOT
Posté le 19/10/2020
Salut Prudence ! Merci beaucoup pour ton retour ! Oui biblique ça se dit :)
RoseRose
Posté le 16/10/2020
Wow, je ne m'attendais pas du tout à ça, et j'avoue que je j'aime beaucoup ! En fait, ça va, je n'ai pas eu peur au moment où il a donné son sang au menuisier
( heureusement pour moi ; ) ).
Je n'aime pas les histoires de dragons d'habitude, mais celle-là est particulière... J'ai trouvé Yehoshua très gentil et confiant (peut-être un peu imprudent, non ?) de laisser entrer chez lui un parfait inconnu...
En tout cas, j'ai été agréablement surprise,
A+
Kevin GALLOT
Posté le 17/10/2020
Merci beaucoup RoseRose ! Je note que tu n'as fait aucun parallèle avec la religion, donc je pense que comme Fannie et d'autres, tu as fait abstraction du côté "Bible" de l'histoire :D
Fannie
Posté le 15/10/2020
Coucou Kevin,
Voilà une histoire originale et bien écrite ! J’aime bien le fait qu’elle permet une double lecture : on peut y voir une interprétation des croyances chrétiennes ou simplement une histoire mêlant les dragons et les hommes dans la lutte entre le bien et le mal, en faisant abstraction des références bibliques. Dans les deux cas, elle se tient, même si dans le second, la fin ouverte permet d’imaginer toutes sortes de suites. Personnellement, je ne saurais considérer cette histoire comme une interprétation de la Bible, ni considérer ton personnage Yehoshua comme étant Jésus, parce que tu pars d’une interprétation qui est déjà très éloignée de la mienne, mais ce n’est pas un reproche.
Remarques :
— Les vallées foisonnantes de vies et de proies faciles [de vie]
— Cela avait commencé avec le dragon Kezalcoat, un de ses plus puissants sujets, ayant succombé dans l'empire Nazca suite à une embuscade. [L’emploi du participe présent dans ce contexte ne me semble pas très judicieux, de même que celui de « suite à », qui est une locution très critiquée. Je verrais quelque chose comme : « qui avait succombé dans l'empire Nazca, victime d’une embuscade ».]
— avait péri sous les tirs de flèches des combattants Han, en Chine. [Je ne mettrais pas de virgule avant « en Chine » ; tu peux aussi le placer directement après « avait péri ».]
— métamorphose, psychisme, enchantements, et transmutation [Pas de virgule avant « et » à la fin d’une énumération.]
— Par tous les Dieux, d'où viens-tu, ainsi vêtu ? [Par tous les dieux ; « Dieu » ne prend une majuscule que dans les religions monothéistes (et donc jamais au pluriel).]
— Je vous offrirai une tunique, et vous partagerez mon repas. [Je ne mettrais pas la virgule avant « et ».]
— Il plongea ses yeux dans ceux de l'étrange homme aux cheveux argentés, et s'efforça de balbutier les mots [Je ne mettrais pas la virgule avant « et » ; en général, on ne la met pas quand les verbes ont le même sujet.]
— En buvant mon sang, mon pouvoir va vous aider dans votre noble entreprise. [Syntaxe : le sujet du participe présent devrait être celui du verbe conjugué. Je propose : « En buvant mon sang, vous acquerrez mon pouvoir pour vous aider dans votre noble entreprise » ou « Si vous buvez (Quand vous aurez bu) mon sang, mon pouvoir va vous aider dans votre noble entreprise ».]
— lire dans le cœur des Hommes et entrevoir le futur, guérir les maladies et soigner les blessés… [Ici, c’est plutôt « l’avenir » qui conviendrait. Voir ici : http://academie-francaise.fr/futur-pour-avenir.]
— Non, je vous en prie, restez ! s’inquiéta le menuisier. [S’inquiéter n’est ni un verbe de parole, ni un verbe auquel se superpose l’idée de parole, et il n’a pas de lien syntaxique avec la citation. C’est pourquoi une incise comme « s’écria le menuisier, inquiet » fonctionnerait mieux. Voici un lien vers un article intéressant : http://bernard-gensane.over-blog.com/article-de-l-incise-88684774.html.]
— tandis que sa peau d'albâtre se couvrit d'écailles blanches [se couvrait]
— Il est recommandé de mettre les accents sur les majuscules ; c’est même une règle de l’Imprimerie nationale française : « Éradiquer la famine ! / À moins que… ». Voici un lien intéressant : https://www.projet-voltaire.fr/culture-generale/accent-majuscules-capitales/]
Kevin GALLOT
Posté le 16/10/2020
Salut Fannie ! Merci pour tes commentaires, heureux que mon histoire t'ai plu ! Et merci pour les corrections, j'ai modifié en conséquence, sauf pour les 2 tournures de phrases que, même si elles sont très pertinentes, j'ai préféré ne pas toucher pour rester dans les clous par rapport au texte de base envoyé pour le concours.
Merci et à bientôt !
Elodie
Posté le 15/10/2020
Magnifique nouvelle! Je suis admirative de la fluidité de l'écriture, franchement bravo!! Et puis l'idée, wow! J'ai assez rapidement compris où on était emmenés mais cela ne m'a pas empêchée d'avoir de plaisir à savourer les parallèles avec la Bible et être surprise par la chute. J'étais sûre d'avoir décidé pour qui j'allais voter, j'ai maintenant un gros doute, argh! Dans tous les cas, merci pour ce bon moment et encore félicitations...
Kevin GALLOT
Posté le 15/10/2020
Waow merci beaucoup Elodie pour ton commentaire, ça me touche beaucoup ! Oui je me suis beaucoup amusé et parfois pris la tête pour trouver tous ces parallèles. Merci à bientot !
Herbe Rouge
Posté le 11/10/2020
Bonjour,

Super cette revisite ! Non seulement il fallait y penser, mais en plus tout colle pile poil (le passage avec la coupe, les ailes d' "ange"...).

Bravo ! :)
Kevin GALLOT
Posté le 13/10/2020
Merci beaucoup Herbe rouge ! (ton pseudo me fait penser à la "drogue" utilisée par les druides dans le roman du même nom).
Herbe Rouge
Posté le 13/10/2020
Livre que je n'ai toujours pas lu (mon pseudo ne vient pas de là), mais ça viendra ! (j'ai trop de livres à lire) :)
VavaOmete
Posté le 11/10/2020
Cette revisite de la Bible et des pouvoirs de Jésus est juste de toute beauté =D j'avoue cependant avoir été un peu déçue de ne pas lire "Ceci est mon sang, donné pour vous" lors du partage de pouvoirs =D
Mais ça c'est mon côté fan de clins d'oeils qui parle.

Bref, une belle réussite que ce texte, jusque dans le ton très neutre utilisé pour raconter (même s'il m'a un peu gênée au début), qui se rapproche justement des récits bibliques.

Merci pour cette découverte et d'avoir participé à l'AT !
Kevin GALLOT
Posté le 13/10/2020
Merci VavaOmete !
Hugo Melmoth
Posté le 10/10/2020
Bonjour, Kevin !

Je viens de lire ton récit, et j'avoue que je suis époustouflé ! Tu as beaucoup d'imagination... Je me demande que pourrai être la suite (forcément, c'est un peu le but des fins ouvertes ;).
J'ai tout lu d'une traite, car cette nouvelle est vraiment très bien écrite, et c'est le genre d'histoire auxquelles j'accroche dès la première page !

A très bientôt, j'espère !
HM.
Kevin GALLOT
Posté le 10/10/2020
Salut Hugo, merci infiniment pour ton retour qui me fait très plaisir ! La suite existe déjà mais je ne l'ai pas écrite, tu trouveras les combats et les luttes entre les partisans de Jésus et de Baalshamen dans... la Bible ! Et libre à nous de concevoir le capitalisme actuel comme l'ultime création de Baalshamen pour détourner les croyants de leur foi, et enfin ruiner les plans d'Armazda !! Après plus de 2 millénaires, va-t-il enfin réussir ? Bref y'a matière à laisser libre court à toute hypothèse . Encore merci et à bientôt !
Esiolle Liac
Posté le 09/10/2020
Coucou !

J'ai beaucoup aimé ce récit et l'histoire est très bien écrite !
Je me suis complètement laissée happer du premier mot au dernier.
J'ai complètement fait abstraction du divin, mon esprit s'est concentré sur les dragons, la magie et la relation intéressante entre le Roi-dragon et l'humain.

La chute laisse le lecteur sur une interrogation. Le grand mage Baalshamen va-t-il tenter d'éliminer l'humain pour rouvrir les portails ? Je suppose que c'est une fin ouverte :)

Merci pour le partage !
Kevin GALLOT
Posté le 09/10/2020
Salut Esiolle, merci beaucoup pour ton commentaire !
Baalshamen ne peut pas porter directement atteinte à Yehoshua puisqu'il bénéficie de la protection du sang d'Armazda, par contre il peut pervertir d'autres hommes pour s'en prendre à lui et à son message. Il faut y voir le Diable en quelque sorte. Et du coup la suite, on la connait, elle est déjà écrite et c'est le plus grand best seller de tous les temps :D
Esiolle Liac
Posté le 09/10/2020
Ha oui d'accord !
Je n'avais pas fait gaffe à cette subtilité.
En effet, je comprends mieux les commentaires qui du dessous.
Bien joué en tout cas !
Soah
Posté le 07/10/2020
J'avoue ne pas avoir été jusqu'au bout : moi et les religions, nous ne sommes pas passés par la même porte ! Cela dit j'avoue que j'ai été dupée comme tout le monde et que c'est ma foi, très bien fait !
Pour ce que j'ai lus - jusqu'à ce que je comprenne que ça soit une réécriture du mythe chrétien, c'était très chouette, maîtrisé et surtout c'est une très bonne idée ! :)
Kevin GALLOT
Posté le 07/10/2020
Salut Soah, quelle dommage tu as loupé la chute ! Bah je ne t'en veux évidemment pas, je respecte ton choix et tes goûts, mais en un sens ma nouvelle remet justement en cause le mythe chrétien. Ce n'est pas vraiment une réécriture pour moi. Merci en tout cas pour les compliments ! A+
Filenze
Posté le 05/10/2020
Ah, j'ai vraiment beaucoup aimé la version draconique des mythes fondateurs chrétiens! Outre ton écriture qui est irréprochable, c'est fort quand on regarde tous les parallèles cohérents que tu as réussi à créer entre le christianisme et un monde paralèlle peuplé de dragon : trop fort! On peut même deviner la suite du récit, si on connait un peu l'histoire chrétienne; Notamment Baalshamen (un vrai nom de dieu antique :D) qui sera l'avatar humain de juda j'imagine, recoupant d'aillerurs la figure du dragon qui apparait comme l'incarnation du mal dans le christinisime... je m'emporte ! Je vais la relire et prêter attention à tous les petits détails :) Très très chouette idée, très bien amenée, bravo!
Kevin GALLOT
Posté le 05/10/2020
Wouahh merci beaucoup Filenze, tes commentaires me vont droit au coeur ! Bien vu pour BaalShamen :D
Oui tu as raison, il y a quelques petits détails par-ci par-là, beaucoup de parallèles, je me suis bien amusé à les créer, même si parfois c'était un sacré casse-tête :D
Personne n'a encore parlé de la coupe. Censée être le Graal. Revisité bien sûr.
Très heureux que l'histoire t'ai plu et merci encore pour tout ces compliments. A bientot
Filenze
Posté le 05/10/2020
Et que dire de ton choix de couverture pour la nouvelle : j'y vois la référence aux colombes en vitraux des autels baroques :) ... et bien sur le graal :)
Dragonwing
Posté le 04/10/2020
Hoho, sacrée nouvelle ! (sans mauvais jeu de mots) Dès le début, je ne vais pas m'en cacher, tu marques un point chez moi en partant sur des dragons. Oui, je suis prévisible.

Mais ta construction de l'univers et la manière dont tu raccroches les wagons à notre Histoire valent vraiment le détour, chapeau. Ma culture générale vis-à-vis du christianisme est extrêmement incomplète, donc je n'ai identifié Jésus qu'en lisant les commentaires, mais j'ai quand même compris sur quoi tu partais dès qu'il a été question de la création du pain.

Qui plus est, tu as une jolie plume, tes descriptions sont très plaisantes. Bravo.
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2020
Wouah merci Dragonwing !
Alors c'est un peu moins evident me concernant, mais les dragons sont mes animaux fantastiques préférés aussi.
Je marque un point avec toi, mais ça aurait pu être à double tranchant, tes exigences en matière de dragon doivent être assez élevées (c'est mon cas en tout cas) donc je suis d'autant plus heureux que l'histoire t'ai plu.
Merci encore, A+
Belisade
Posté le 03/10/2020
Bonjour Kevin,
Très surprenant mais très intéressant. Le début ne laisse pas augurer d'originalité particulière, ce qui m'a intéressé au départ ce sont les portails pour passer dans un autre monde. Mais évidemment le passage sur terre et la découverte du rôle que joue le dragon dans l'histoire de Jésus, c'est une super idée. Petit à petit tu dévoiles l'enseignement du 'père' pour former le fils, c'est très bien articulé, une histoire de manipulation pour arriver à ses fins qui peut nous faire réfléchir sur les fondements des croyances.
J'ai beaucoup aimé la fin quand le dragon repart par son portail et que Jésus le voit derrière le voile et le prend pour un ange, c'est très beau. D'ailleurs les descriptions des dragons sont magnifiques.
La présence du dragon noir fait bien sûr penser à Satan, alors le bien, le mal et la lutte incessante des pouvoirs, dans un monde ou dans l'autre, tout y est. Belle interprétation et bel imaginaire pour revisiter l'histoire de Jésus et l'intégrer dans le monde de la fantasy. Mais ton hypothèse est plausible, alors finalement, en réfléchissant bien, pourrions-nous être dans cette réalité ?
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2020
Merci beaucoup Belisade pour tes commentaires et remarques qui me font très plaisir. Surtout la fin : si mon récit est assez réaliste pour que mon hypothèse soit plausible, alors banco ! Peut-être que si le christianisme disparait, dès la mort du dernier des chrétiens on verra apparaitre par centaines des portails vomissant leurs hordes de dragons rendus fous par des siecles d'attente et de frustration... Ahaha faut que je la fasse celle-là ! Merci encore
Belisade
Posté le 04/10/2020
Bonjour Kevin, n'hésite surtout pas, le monde manque tellement de fantaisie ! je ne dis pas que nous ne mourrions pas de peur si des dragons survoltés arrivent, mais après tout on a désormais les drônes qui nous survolent et qui peuvent nous cracher du feu, alors on n'en est pas très loin !
Altin
Posté le 03/10/2020
Le texte est très bien écrit, le récit plaisant, et j'ai surtout beaucoup aimé le titre qui m'a paradoxalement dupé ! Je m'attendais dès le départ au thème christique revisité, mais finalement non, tu t'es orienté vers la transmission et l'acceptation du pouvoir divin, un thème ô combien passionnant. Les références au Nouveau Testament, entre la multiplication des pains, Lazare et bien sûr la Cène, viennent naturellement.
Je trouve que le revirement de Yehoshua, qui accepte (certes "à contrecœur") l'offre de Dieu juste après l'avoir rejeté, mériterait peut-être un traitement plus approfondi ? C'est , dans mon interprétation personnelle de ton récit, le moment central de l'intrigue.

En revanche, j'ai beaucoup apprécié la conclusion, tout en ouvertures ! On imagine les prémices de la lutte entre croyants et figures du mal, notamment les combats entre les saints, "descendants" spirituels de Jésus, et les démons souvent représentés dans l'iconographie religieuse sous la forme... de dragons. La boucle est bouclée, sans rien faire que laisser le lecteur à sa réflexion... Chapeau bas !
Kevin GALLOT
Posté le 03/10/2020
Salut Altin, merci beaucoup pour ces supers commentaires ! Oui l'acceptation du pouvoir, à la base, était plus développé, mais j'avoue que la contrainte du nombre de mots m'a fait tailler dans la chair du texte, et notamment là, peut-être à tort. Et merci aussi pour ta remarque sur la fin ! C'est exactement sur ces reflexions et projections que je voulais mener le lecteur
SerpaCooper
Posté le 02/10/2020
J'ai bien aimé. C'est vraiment subtil la manière dont tu introduis dans ton texte la réinterprétation de Dieu dans la croyance de l'Homme.
Le texte est vraiment bien écrit. J'ai particulièrement bien aimé Armazda, assez classique mais efficace et très bien utilisé.

J'ai pas compris la fin par contre, il peut faire quoi Baalshamen ?

Et pourquoi Armazda au début dit qu'aller dans le monde des hommes est plus dangereux que les combats entre dragons ?
Kevin GALLOT
Posté le 03/10/2020
Salut SerpaCooper, merci pour tes appreciations ça fait plaisir !
Pour l'instant Armazda fait l'unanimité, c'est génial !

Pour répondre à tes questions :
Baalshamen ne peut pas porter directement atteinte à Jésus puisqu'il bénéficie de la protection du sang d'Armazda, par contre il peut pervertir d'autres hommes pour s'en prendre à lui et à son message. Il faut y voir le Diable en quelque sorte. Je pensais que ce serait facile à deviner, mais peut-être trop subtil je sais pas.

Pour la seconde question, j'ai précisé que les dragons, dans leur monde, sont à l'abri de la mort, mais pas sur Terre. Peut-être que j'aurais dû préciser "invincible" aussi. Qu'en penses-tu ?
merci encore, A+
SerpaCooper
Posté le 03/10/2020
Pour tes réponses à mes questions, je dirais que ça dépend du nombre de personnes qui ont rencontré mes incompréhensions. Si je ne suis qu'un rare cas isolé, tu n'as vraiment pas à t'inquiéter !
Isapass
Posté le 02/10/2020
Excellent ! Pourtant, même si ce n'est pas si courant, il y a d'autres œuvres qui "revisitent" la bible ou l'histoire chrétienne (Da Vinci code, Le pendule de Foucault, ou en BD, Le troisième testament, Le triangle secret... par exemple). Mais j'avoue que personne, à ma connaissance, n'avait osé le croisement avec le monde des dragons XD !
Alors déjà j'ai adoré la première partie, j'ai très bien visualisé le monde feu et de roche peuplé d'immenses créatures ailées un tantinet agressive, mais je n'avais pas vu venir la suite ! Quand j'ai compris (avec la mention de la Judée), j'ai applaudi !
Armazda est un souverain plus qu'éclairé ! J'aime beaucoup les préceptes qu'il pose et le choix qu'il fait. D'ailleurs, par rapport à ta note d'auteur qui précède la nouvelle, je trouve qu'il n'y a aucun problème : malgré tout, ça reste très respectueux.
Quant à la chute, l'ouverture sur la suite et la présence de Baalshamen qui va légèrement contrarier toute cette belle opération, je trouve très intelligent d'en avoir dit aussi peu : on connait tous la suite (jusqu'à nos jours malheureusement) !
Ta plume est fluide et agréable à lire.
J'ai vraiment passé un bon moment de lecture ! Merci !
Kevin GALLOT
Posté le 02/10/2020
wouaaaw merci pour ton commentaire Isapass ! Et encore davantage pour tes remarques sur les préceptes d'Armazda, j'ai énormément travaillé le personnage, le voulant sage et charismatique, et toi et Saltimbanque avez confirmé cet effet, rien ne me fait plus plaisir !
Très heureux que l'histoire t'ai plu !
Le Saltimbanque
Posté le 01/10/2020
Ce genre de concours peut souvent se résumer à un course à la meilleure idée. On cherche chacun L'idée du siècle qui propulsera nos textes au sommet, en espérant secrètement que les autres se foirent lamentablement les pieds dans le tapis (rassurez-moi, je suis pas le seul pas vrai ?!??!!!?).

Mais Jésus Marie Joseph on peut dire que ce texte a une idée de dingue !

Déjà les dragons qui jouent avec notre monde depuis la nuit des temps parce qu'ils s'emmerdent, c'est vraiment cool. Mais alors après... wouaw. ÇA c'est ce que j'appelle une exploitation excellente d'une idée qui l'est tout autant.

À côté, c'est bien écrit, bien rythmé, les personnages sont fort sympatoches, l'ambiance dragon+récit historique donne une certaine ambiance au tout. Mention spéciale à la description d'Armazda qui a un charisme fou et aux dialogues, très efficaces.

L'inconvénient du texte serait vers le dernier quart, qui n'a pour moi pas la même force du reste. Une fois qu'on comprend où tu veux en venir... et bien... on connait la suite. Je veux dire : on a tous vu le sketch des Inconnus ou le documentaire poignant de Mel Gibson sur le sujet. Il n'y a plus de surprise ni de conflits qui pourraient nous mettre en haleine (qui pourrait menacer Armazda de toute façon ?). Un peu dommage, mais c'est bien faible comparé à l'inventivité globale du texte.

Donc voilà. J'ai beaucoup aimé. Bonne chance pour le concours !
Kevin GALLOT
Posté le 01/10/2020
Salut le Saltimbanque. Wouaw merci pour ce fabuleux commentaire, ça me fait vraiment plaisir.
Effectivement je suis d'accord pour le dernier quart, j'ai essayé de contrebalancer avec la chute concernant Baalshamen, qui annonce une pseudo-lutte millénaire entre le "bien" et le "mal", mais effectivement tout le monde connait deja l'histoire de près ou de loin, c'est le risque en faisant une fanfiction biblique :D
Encore merci et A+
Kevin GALLOT
Posté le 01/10/2020
Et je suis entièrement d'accord avec ton premier paragraphe :D
Vous lisez