La Genèse

Par Sabi
Notes de l’auteur : À écouter pendant votre lecture, sur Youtube : Chant des mystiques: Divine Chant grégorien "Signum Magnum"

Il est dit qu'Adam fut le premier homme à avoir marché sur notre Terre. Son existence n'a rien de prouvé. Pourtant, sur cette autre terre dont je me souviens, un ancêtre commun à l'ensemble de l'humanité a bel et bien existé.

Je me souviens très bien d'elle, elle car il s'agit d'une femme. Elle s'appelait Orcelia.

Comment elle est apparue, c'est un secret qu'elle seule peut connaître. Elle ne nous en a jamais parlé. Nous ne le lui avons jamais demandé par crainte et respect. C'était notre mère. Elle nous avait portés, moi et mes frères et soeurs. Elle nous avait élevés. Et plus que tout, elle savait.

 

Elle nous disait qu'avec elle était né le monde, qu'elle était le monde, et que le monde était elle. Par conséquent, aucune chose en ce monde ne lui était inconnue. Elle connaissait les secrets des plantes, des minéraux, de l'air et des océans. Elle connaissait chaque animal vivant sur la terre ou dans les mers. Elle connaissait chaque recoin du monde, jusqu'au tréfond des entrailles de la terre.

C'était un enseignant remarquable, qui prenait plaisir à nous transmettre son incroyable savoir.

Mes cours préférés portaient sur l'astronomie. J'aimais sa façon de nous parler des réactions nucléaires se produisant dans le coeur de toutes les étoiles ; des constellations et des trous noirs.

Tous les secrets de la technologie lui étaient connus. C'est grâce à des matrices artificielles qu'elle nous avait donné la vie.

Nous étions une Famille constituée de 7 branches à 40 bourgeons, ce sont ses propres termes. Elle nous avait expliqué que pour nous donner la vie, elle avait créé sept variantes différentes de son ADN qu'elle avait déclinés chacun de quarante façons possibles.

J'avais donc trente-neuf faux-jumeaux et deux cent quarante frères et soeurs différents.

Orcélia était notre mère bien-aimée. Elle s'était donné une famille, nous, et en prenait soin. Nous l'aimions tous. Nous la craignions tous. Nous souhaitions lui plaire, faire en sorte que tout ce que nous faisions lui plût. Nous prenions grand soin du monde qui était né par elle. Nous plantions des forêts là où il nous semblait bon. Nous dressions des montagnes. Nous embellissions les rivières et les cours d'eau. Nous imaginions des chants et des poèmes célébrant ce que nous voyions.

Un jour, une branche de notre Famille imagina quelque chose de nouveau : créer d'autres êtres humains à notre ressemblance afin qu'ils puissent peupler ce monde, l'habiter, le remplir. Ce seraient des peuples différents dont chaque branche prendrait soin.

Orcélia nous avait donné la vie. Nous la donnâmes au reste de l'humanité.

Oh, combien était belle la terre dont je me souviens.

Comme Orcélia était belle à l'aube du temps.

 

Ces jours se sont enfuis depuis fort longtemps, ne laissant que de la nostalgie derrière eux.

Moi qui suis la mémoire de ce monde oublié, j'ai peine à m'en souvenir.

Combien de siècles maintenant, depuis que j'ai vu notre mère sourire pour la dernière fois ?

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Zoju
Posté le 18/05/2020
Salut ! J’ai lu ton chapitre avec la musique que tu as conseillé. Ils vont très bien ensemble. Écrivant moi-même avec de la musique, je suis toujours curieuse de voir comment font les autres. Ton début est intrigant. Je n’arrive pas à tout saisir, mais cela ira sans mieux après. J’aime bien l’idée des bourgeons. Je trouve qu’Orcelia est un beau nom. Je suis curieuse de voir où tu vas nous emmener. Courage ! :-)
Sabi
Posté le 19/05/2020
Merci.
Je n'écris pas systématiquement avec de la musique. Souvent je préfère le silence pour me concentrer. Mais de temps en temps, j'écris en me laissant porter par une musique, et cela donne quelque chose.
Il s'agit d'une histoire que je travaille depuis 2013. J'espère un jour pouvoir la terminer.
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